‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.59Chapitre 26 sur 74 · COMBIEN · texte numérisé non relu

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dénommée) ne sauraient supposer une immigration annuelle de moins do 30 000 personnes, si ces immigrants étaient définitivement fixés sur notre territoire, et davantage, si, comme il est certain, beaucoup n'y viennent que temporairement .

44. Quant au.x migrations intérieures de la population française, c'est encore uniquement les dénombrements qui nous en informent. En général, en 1866, on trouve que, par lOO habitants recensés des deu.x sexes, 88, îs sont nés dans le département, 11,56 au dehors, et i,6ï à l'étranger. Mais, dans le département de la Seine, il n'y a que 34, 6î habitants qui sont vraiment Parisiens par la naissance, et sur les 65,33 restants 59,8 sont Français et 5,53 étrangers; dans le Rhône, 68,08 sont nés dans le département, 30,5 sont nés au dehors mais Français, et 1,42 sont étrangers; dans les Bouches-du-Rhône, qui vient après par le moindre nombre de ses natifs, les trois nombres ci-dessus sont : «3,08 — 19,33

— î,ï; dans Seine-'èt-Oise : ï3,59 -- 34,64 — 1,79 ; dans le Nord : 80,54

— 6,19 — 13,39 ; dans la Gironde : 83,38 — 15,63 — 3. Les départements qui ont le plus de natifs sont : les Hautes-Alpes : 94,6 — 4,Oî — 1,33; la Corse : 94,V1 — 2,3 — 3,09 ; l'Isère : 94,î4 — 5,Ol — 0,35 ; et les Hautes- Pyrénées : 94,9 — 4,33 — 0,î"ï '.

45. Émigration française. La seule donnée que nous possédions sur ce point résulte donc du mouvement des passe-ports. H est clair que, à mesure que les exigences de l'administration, vaincues par la résistance du public, ont été se relà-

* Si au lieu de considérer les deux sexes ensemble, on ne relate que ce qui concerne les hommes, on trouve que, par 100 Français mâles, il y a dans la France entière 88,4, qui sont nés dans le département où ils sont domiciliés ; mais seulement 35,6 dans le département de la Seine; 70 dans le Rhône; 73 dans Seine-et-Oise ; 89 dans la Seine-Inférieure ; le plus souvent il y en a 91,5 comme dans la Haute- Vienne, la Sarthe, le Cher ou 92 comme dans le Jura, etc.

chant sur l'obligation du passe-port, ce moyen d'appréciation, qui n'a jamais été exact, a été perdant de sa valeur, et c'est surtout pour les émigrants à titre définitif que cette cause d'erreur est plus marquée*. Cette réserve faite, à défaut d'une autre enquête, nous ne négligerons pas celle-là, qui nous fournit au moins des valeurs minimums. Or, dans la période de 7 ans (1854-60, il a été délivré 40 900 passe-ports par année moyenne pour le passage en pays étrangers de 53 800 personnes. Mais, sur ce nombre, 15 920 seulement (ou 29,6 pour 100) ont déclaré vouloir se fixer à l'étranger, et, sur iOO de ces émigrants déclarés, il y avait 34,8» femmes, 60 célibataires, et 18, a enfants au-dessous de 15 ans. Au point de vue des professions, 7,1 étaient domestiques ; 34,62 artisans ou industriels; 21,2 cultivateurs; 8,î commerçants; 9,4 avaient des professions libérales; 21 sans profession (dont 6,6 rentiers).

Sur ces 16 000 émigrants avoués chaque année, près de 3 500 (21,85 pour lOO), déclarent vouloir s'établir en Algérie; 2 760 (lî,3 pour lOO), dans l'Amérique Sud; 2 450 (15,3 pour lOO), dans l'Amérique Nord; I 950 (12,2 pour IOO), en Espagne ou en Portugal ; I 1 20 (ï pour lOO), en Italie ; 970 (6,1 pour lOO), en Angleterre; 802 (5,04pour lOO), en Allemagne; 730 (4,6 pour lOO), en Suisse; 485 (9,05 pour lOO), en Russie; 480 (3 pour lOO), en Belgique et Hollande; 175 (l,l pour lOO), dans les diverses colonies françaises; et 580 (3,64 pour lOO), ailleurs. Mais il est manifeste que ces 16 000 émigrants, moyen annuel, déclarés dans la période 1854-60 (nombre qui en 1854 s'est élevé à 18 500 et à 20 000 l'année suivante), ne sont qu'une valeur minimum.

46. Un nombre certainement considérable quitte la France sans passe-port, surtout parmi les habitants des frontières, et notamment des départements alpins et pyrénéens, surtout vers l'âge du tirage, pour éviter la conscription. C'est ainsi que, dans les Basses-Pyrénées, en 1871 et en 1872, plus du quart des inscrits pour le tirage ont manqué à l'appel (914 en 1871 et I 050 en 1872) par suite de leur émigration à la Plata ; que, dans certains cantons, de Mauléon, de Bayomie, d'Oloron, de Saint-Jean-pied-de-Port, Baigorry, etc., les manquants se sont élevés à la moitié des inscrits (343 absents sur 684); et, fait anormal, bien affligeant et absolument contraire à ce qui se passe ailleurs (Palatinat, Suisse, etc.), où l'émigration stimule la natalité, ici la natalité reste misérable, de sorte quedans les Hautes et Basses-Pyrénées et dans les Landes, qui payent également un gros contingent à l'émigration, la population de 1866 à 1872 a diminué de 30 à 21 pour 1 ooo. Il est évident que ces conscrits fugitifs ne réclament pas de passe-ports et que notre essai d'enquête a fourni des résultats beaucoup trop faibles. Cependant nous pouvons peut-être nous faire une idée de l'influence de cette cause d'erreur en comparant notre comptabilité des sorties d'après les passe-ports avec l'inscription des entrées des Français immigrant aux Etats-Unis dans la même période 1854-60. Or, pendant ces sept années, le mouvement des passe-ports a enregistré en France 17 150 Français ayant déclaré avoir l'intention de se fixer dans l'Amérique du Nord (États-Unis, Canada, Mexique, etc.), tandis que, dans le même temps, les seuls États-Unis ont enregistré 38 700 Français immigrant chez eux, c'est-à-dire plus du double (lOO: 226) de ceux dénoncés par leurs passe-ports ! A ce compte, ce ne serait pas 1 6 000 émigrants annuels que nous aurions eus dans la période 1854-60, mais bien 36 000, ce qui commence à devenir un chiffre im-

* Depuis 1860 l'obligation du passe-port étant tombé en désuétude en temps ordinaire, l'administralion a cessé cette publication.

perlant, et un coefficient d'émigration d'environ i pour l OOO. Cependant, d'après nos recherches (§ 57), une telle émigration constituerait une population française à l'étranger d'environ 720 000, tandis que les 16 000 émigrants annuels, dénoncés par leurs passe-ports, ne supposent que 320 000 Français résidant à l'étranger ; c'est vraisemblablement entre ces deux limites, mais plus près de la première, qu'il faut placer la vérité.

Al. En effet, en 1861, le. ministre a donné ordre aux chancelleries de lui faire connaître le nombre des Français fixés dans le ressort de leur résidence respective. Le tableau suivant résume cette enquête; mais, en le publiant, l'administration a eu soin de prévenir qu'il est fort incomplet, attendu que beaucoup de Français négligent ou même évitent de se faire inscrire à leur consulat. Encore ici ce ne sont que des valeurs minimums qui nous sont livrées, d'autant plus qu'elles ne comprennent pas les Français qui, nés sur le sol de la patrie, sont allés fixer leur résidence dans nos colonies, et notamment en Algérie.

FRANÇAIS QUE LES CONSULS ONT FAIT CONNAÎTRE COMME RÉSIDANT A L'ÉTRANGER EN 1861.

ECROPE.

Angleterre

Irlande . ,

Ouest de l'Ecosse

Ile de Jersey

Belgique

Daneraarck et duchés . . .

Suède et Norwège

Russie (Riga, Moscou, Odessa) Allemagne (incomplet) . . . Prusse (approximation). . .

Suisse

Italie

Espagne

Portugal

Turquie d'Europe

Total: Europe 127,456

AFRIQDE.

Egypte 14,207

Tripoli 76

Maroc 103

Le Cap SI

Pointe de Galles 19

Total : Afrique . .

Non compris l'Algérie.

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