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D'après ce tableau, l'on peut voir que le coton est, de toutes les étoffes, celle qui a le moindre pouvoir absorbant ; la toile de chanvre vient ensuite, son pouvoir absorbant est intermédiaire entre celui du coton et celui de la laine ; il s'ensuit naturellement que, si le corps en sueur n'est séparé de l'air ambiant que par une étoffe de coton ou de toile, cette dernière ne pouvant absorber une quantité suffisante de liquide, l'évaporation sera rapide, surtout si l'air est agité ; au contraire, si une étoffe de laine est disposée de façon à servir d'écran, elle absorbera une grande partie de la sueur, et l'évaporation sera beaucoup moins rapide. Cette eau hygrométrique, qu'elle absorbe, finit cependant par disparaître, mais lentement et sans produire par conséquent de refroidissement.
MILITAIRE (hygiène). 757
L'emploi de tissus de laine pour le vêtement du soldat n'exclut certainement pas l'usage de linge de corps en toile ou en coton, pourvu que celui-ci ne soit pas en contact direct avec l'atmosphère. Le linge de corps est indispensable, au con- " traire, ainsi que nous le verrons plus loin.
. Quant à la couleur dont doivent être teintes les étoffes, leur nuance doit être également fixée au point de vue de leur plus ou moins grande faculté de perception aux grandes distances. Alors que l'on engageait l'action à courte distance, que l'infanterie combattait à cent ou cent cinquante mètres au plus, il était assez indifférent de donner aux soldats des babils de telle ou telle nuance; l'ennemi les distinguait toujours fort bien. Mais depuis que l'infanterie, pourvue d'armes à longues portées, ouvre le feu à huit cents mètres, que l'artillerie de campagne envoie ses projectiles à quatre mille mètres avec la plus par/liite précision, il n'est pas inutile de donner au soldat un vêtement de la couleur la moins apparente; dans le combat de tirailleurs, chaque individu sera isolément moins nettement perçu, et les masses d'infanterie se fondant avec la teinte générale du terrain, il deviendra beaucoup plus difficile aux artilleurs ennemis de bien apprécier les distances, et j'ar suite de donner à leur feu une plus grande efficacité.
Le tableau suivant, dressé par Jules Gérard et l'armurier Devismes après de longues expériences faites sur des cibles de différentes couleurs, montre que le gris et le brun sont les couleurs les moins facilement perçues aux grandes distances {voy. p. 746, "tableau XXX).
D'après ces données le gris et le brun doivent être préférés à toute autre nuance dans l'habillement du soldat ; le bleu foncé vient ensuite ; le rouge et le blanc doivent être proscrits comme très-visibles à toutes les distances et dans presque toutes les conditions. La plupart des armées de l'Europe sont habillées d'après ces principes; le gris et le bleu dominent chez les troupes allemandes, italiennes, espagnoles, autrichiennes ; cette dernière vient d'abandonner récemment la couleur blanche, pendant longtemps dévolue à son infanterie; les couleurs voyantes sont encore dévolues à quelques troupes de cavalerie légère, oiî l'esprit de tradition l'emporte sur celui de progrès ; seules, la France et l'Angleterre ont persisté jus- ■ qu'à présent, la première, à conserver la garance pour les pantalons et les coiffures, la seconde, l'écarlate pour la tunique de l'infanterie et d'une partie de la cavalerie. Chez nous, la question de nuance du pantalon est en discussion ; on tient au pantalon rouge comme souvenir, comme encouragement à l'industrie de la garance, presque localisée en Alsace et dans la vallée du Rhône. On ajoute enfin, ce qui est exact, que le rouge-garance est une couleur très-tenace, peu salissante. Néanmoins il paraît logique de se baser uniquement en pareilles matières sur l'intérêt bien entendu du soldat; nos képys , nos épaulettes, nos pantalons rouges, tranchant avec le jaune du collet, infligent à nos soldats une bigarrure que l'habitude seule nous rend acceptable, et surtout ils les rendent visibles à de grandes distances. La raison d'économie milite enfui en faveur du drap gris, le prix de revient d'un pantalon garance dépassant de 1 fr. 88 celui d'un pantalon gris de fer bleuté (décision <lu 6 mars 1868).
Une fois admis que le vêtement extérieur du soldat doit être en laine et de couleur sombre, bleu, gris ou marron, il convient de fixer les principes qui doivent présider à la forme et à la coupe de chacune de ses pièces.
IL Coiffure. Les différents types de coilfures militaires adoptés dans les armées ont varié à l'infini; en France principalement on a multiplié les essais sans arriver
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