‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.59Chapitre 9 sur 74 · J MËSENrK RIQUES (GAM.L10NS) ^païuologie · texte numérisé non relu

J MËSENrK RIQUES (GAM.L10NS) ^païuologie

luoius aoiubreux, très-rarement ramollis. Cruveilliier insiste également siir ce développement par points sépai^és, et il compare l'envahissement du ganglion à l'envahissement d'un lobule pulmonaire. La description de Virchow est presque absolument identique à celle de Louis : « Les altérations les plus précoces, dit-il, reconnaissables à l'œil nu, consistent en quelques taches grisâtres, d'aspect nébuleux, qu'on voit sur la coupe du tissu glandulaire, àpeineliyperplasié. Ces taches sont tantôt éparses, tantôt réunies, de telle sorte que les endroits atteints paraissent opaques et finement pointillés. Mais,' dans ce cas encore, la glande entière n'est pas contaminée; l'altération ne porte souvent que sur un ou plusieurs segments du corps glandulaire, et frappe aussi bien les parties centrales que la portion périphérique. Les autres parties du tissu glanglionnaire présentent une consistance plus molle que d'habitude ; les tissus paraissent plus imbibés ; parfois ils sont quelque peu rougis par l'hypérémie, tandis que, habituellement, ils sont gris et transparents. » On ne confondra pas les granulations tuberculeuses avec les follicules lymphatiques ; ceux-ci sont mous et ne s'élèvent pas au-dessus de la surface de section du ganglion, tandis que les granulations sont très-dures et font saillie sur la coupe. Les taches grisâtres, siège de la production tuberculeuse, deviennent blanchâtres et jaunâtres quand Vallération caséeuse se produit, tîmtôt limitée et disséminée, tantôt s'étendant à la totalité du ganglion. En même temps l'atmosphère conjonctive péri-ganglionnaire est le siège d'un travail phle'^'masique qui s'étend plus ou moins loin et donne lieu à tous les pliénojnènes de la périadénite, adhérences, perforations, conglomération des ganglions, etc. ; d'autre part la capsule, elle-même, s'épaissit et s'indure pendant que le réseau trabéculaire émajié de sa face profonde, soumis au même processus irrilatif s'indure également, formant, dit Virchow, « autour des parties caséeuses une induration grisâtre, souvent très-distincte à l'œil nu, sorte décapsule encourant les masses caséeuses (tubercule enkysté de Bayle).» Quant au volume total du ganglion tuberculisé, en lui-même, il s'est accru, mais dans des proportions en général restreintes, et la caséitication tuberculeuse peut être complète dans des ganglions qui ont à peine dépassé les dimensions normales.

L'adénopathie mésentérique scrofuleuse n'est plus, comme la précédente, le résultat du développement d'un produit morbide hétéroplasique dans la trame conjonctive du ganglion, les follicules restant étrangers à la lésion, mais simplement le produit d'un processus irritatif spécial portant sur la glande tout entière, une prolifération exubérante s'accompagnant d'une hypérémie sanguine manifeste et amenant une augmentation rapide et souvent considérable du volume de la glande; à cette période le ganglion est d'aspect assez uniforme <i médullaire quelquefois, gris pâle blanchâtre ou rougeàtre, légèrement transparent; quelquefois, il a une certaine humidité qui donne à la coupe un aspect brillant en même temps que plus flasque et plus mou (Abercrombie, Virchow). Les éléments nouveaux peuvent subsister un certain temps, puis subir une trawsformation graisseuse complète et être résorbés; mais cette évolution ne paraît pas être la plus commune ; la transformation graisseuse n'est pas complète, les éléments nouveaux subissent la transformation caséeuse qui peut envahir la tota- Htéou diverses parties seulement du ganglion.

La transformation caséeuse des gangUons du mésentère n'a, par elle-même, rien de spécitique, puisque, indépendamment de la scrofulose et de la tuberculose, elle peut encore se produire dans les adénopathies irritatives simples, dans les udcnopathies leucémiques, typhiques, syphilitiques, etc., mais dans 'ces ditlé-

MÉSEiNTKUIOUK s (GANGLIONS) (pathologie). iZ:»

rentes circonstances elle est, en général, beaucoup plus limitée, et n'atteint pas les proportions considérables que présentent les ganglions scrofnleux du carreau. Pour ce qui concerne la dégénérescence caséeuse propre aux adénopathies tuberculeuses, nous avons vu qu'indépendamment des caractères histologiques du ganglion tuberculeux, parfliitement appréciables à une période de son évolution, la dégénérescence pbymo-caséeuse était plus souvent partielle, à kystes multiples, et ne formant pas ces masses blanclies volumineuses si communes dans les ganglions scrofuleux. Toutefois, la question est singulièrement compliquée par la coexistence fréquente des deux diathèses et par la possibilité de la réunion des doux lésions chez le même sujet, de sorte qu'un tuberculeux pourra présenter ou des ganglions simplement tuberculeux, ou à la fois tuberculeux et scrofuleux, et que, d'autre part, un sujet atteint de carreau scrofuleux pourra offrir comme phénomène ultime une pbthisie aiguë, miliaire ou une méningite ou une pleurésie granuleuse; c'est à l'observation ultérieure à mettre de l'ordre dans cette confusion de mots et de choses, à reviser les faits, et à en fixei; définitivement la valeur et l'interprétation. Aujourd'hui les observateurs les plus compétents et les plus autorisés en sont encore à constater que : « dans un bon nombre de cas le diagnostic différentiel entre un ganglion tuberculeux et un gaTiglion scrofuleux est impossible, soit à l'œil nu, soit au microscope (Gornil et Ranvier, 1873). »

Les adénopathies scrofuleuses et tuberculeuses du mésentère sont-elles toujours symptomatiques ou secondaires, ou bien, au contraire, peuvent-elles se développer spontanément, c'est-à-dire en dehors d'une lésion appréciable ayant son siège dans les tissus d'oià émanent les lymphatiques afférents à ces ganglions. C'est là une question de grande importance, mais qui ne peut être résolue encore que d'une manière approximative. Pour l'adénopathie tuberculeuse, Louis est disposé ù voir une liaison étroite entre les tubercules mésentériques, l'état de la membrane muqueuse, et les ulcérations de l'intestin grêle par ce fait que, dans tous les cas où les glandes mésentériques étaient tuberculeuses, il a trouvé des ulcérations dans l'intestin, et que lorsqu'il y avait des tubercules dans une portion du mésentère seulement, c'était dans la partie voisine du caecum, celle à laquelle correspondaient, le plus ordinairement, les grandes ulcérations. Cependant, il constate qu'il n'existe pas de rapport de proportion entre l'étendue de la lésion intestinale et le degré de la tuberculisation mésenlérique, et il fait remarquer cette singulière particularité que, précisément, le seul malade chez qui il ait trouvé une tuberculisation absolument complète de la totalité des ganglions mésentériques, avait la muqueuse de l'intestin grêle parfaitement saine, à l'exception d'une ulcération arrondie de deux millimètres de diamètre, située dans le voisinage du caecum. Des constatations analogues ont été faites par Andral et par d'autres anatomo-pathologistes, et, tout récemment encore, par Léon Cohn qui rapporte, dans ses remarquables études de médecine militaire, trois observations de tumeurs « tuberculeuses » énormes du mésentère, sans lésion intestinale. Virchow considère la tuberculisation mésentérique comme presque toujours secondaire, et procédant de l'entérite tuberculeuse par une lymphangite tuberculeuse ; dans les cas cille tissu dans lequel le ganglion puise sa lymphe ne contient pas de tubercules, il admet la qualification de primitive pour l'adénite tuberculeuse, en tant que, tuberculeuse, mais il la repousse pour Y adénite, celle-ci devant 'toujours puiser son j^rocessus irritatif dans un foijer. Pour l'adénopathie scrofuleuse, il est assez vraisemblable qu'il existe, d'ordinaire, un foyer dans lequel les lymphatiques afférents puisent les éléments du processus irritatif dont il s'agit, et que c'est là

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la règle pour toutes les adénopathies scrofuleuscs ; mais c'est là uu sujet sur lequel on a plus écrit et disserté qu'observé, et qu'il faut remettre eutièremeut à l'étude. Dans l'état actuel, ou peut admettre, cependant, que, chez les sujets prédisposés aux affections scrofuleuses par hérédité, ou par les conditions hygiéniques dans lesquelles ils vivent, les adénopathies scrofuleuses peuvent se développer dans le mésentère sous l'influence de conditions irritatives simples, émanées du tube digestif, au même titre que, dans de semblables conditions, les adénopathies externes surviennent sous l'influence de causes en elles-mêmes peu accentuées. Et, d"autre part, de semblables causes se produisant, même avec plus d'intensité, chez des sujets non prédisposés, ou placés dans des conditions défavorables au développement de la scrofulose, ne donneront lieu à aucune lésion ganglionnaire; c'est ainsi qu'aux Antilles, par exemple, bien que les affections du tube digestif soient communes et intenses, on n'observe que très-rarement les adénopathies mésentériques, parce que la scrofulose est à peu près inconnue dans ces régionsj, le docteur Rufz de Lavison dans son importante Chronologie pathologique de la Martinique fait remarquer la rareté de la tuberculisation mésentérique dans ces régions; et l'un des médecins les plus distingués qui aient exercé aux colonies, le docteur Saint-Yel, interrogé par nous sur ce sujet, nous a confirmé l'excessive rareté du carreau aux Antilles.

C'est dans Vétat diathésique ou constitutionnel des sujets, bien plus que dans les lésions intestinales qu'il faut chercher les conditions pathogéniques premières des adénopathies en général, etdu carreau en particulier ; il est possible que, l'existence d'un foyer irritatif spécial, suivant l'opinion de Virchow, soit néces?airo pour devenir le point de départ des adénopathies, mais cette constatation ne doit pas faire perdre de vue la cause diathésique ou constitutionnelle supérieure qui tient, en réalité, sous sa dépendance, hnature même de l'adénopathie. Il ne faut pas oubher, dans le cas même oiî la lésion intestinale primitive serait spécifique, que l'adénopathie peut être spécifique également sous la même influence générale, sans que la lésion locale ait joué d'autre rôle que celui de foyer irritatif. Lors donc qu'on fera intervenir les affections intestinales des enfants comme causes du carreau, on ne devra pas oublier que ces causes n'ont qu'un rôle secondaire, que la condition pathogénique première réside dans la scrofulose et que c'est elle, et non pas seulement la lésion intestinale, qui doit être l'objet des préoccupations thérapeutiques du médecin. « Pour nous, dit Bazin, le catarrhe, le carreau, la péritonite tuberculeuse, sont trois affections qui, toutes trois, reconnaissent avant tout, une cause principale, la diathèse scrofuleuse ; les autres influences ne sont que des causes tout à fait accessoires. » Quant à décider s'il existe des cas oîi la tubercuhsation ou la scrofulisation des ganglions du mésentère soit primitive dans le sens absolu du mot c'est là une question dont la solution ne peut être donnée directement, alors surtout qu'on a recours à l'argumentation de Virchow qui pense que, dans les cas de scrofulose abdominale où les ganglions sont altérés sans que Ton rencontre trace de lésion intestinale, c'est que le catarrhe a été trop léger pour attirer l'attention, ou parce qu'il est passé quand l'autopsie fait découvrir des lésions anciennes des ganglions mésentériques ; c'est exactement l'argumentation appliquée par Velpeau à la théorie des scrofuloses ganglionnaires des tissus cellulaires extérieurs. En présence de ces incertitudes, Bazin en est arrivé a admettre que, dans beaucoup de cas, « le tubgrcule, spontanément développé dans les glandes, agit sur elles comme corps étranger, en provoque l'inthmmation, laquelle se propage ensuite à l'intestin correspondant ? » Ceci ne peut

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évidemment être que l'exception, car, même dans cette Inpotliesc, on devrait encore rencontrer avec les lésions les plus considérables des ganglions mésentériques les lésions les plus avancées de l'intestin ; or ce n'est pas là ce que démontre l'observation; toutefois, sans attacher à la supposition formulée par Bazin aucune portée générale, il n'y a rien de paradoxal à considérer certaines lésions intestinales comme secondaires aux lésions des ganglions mésentériques, ceux-ci pouvant dans leur développement pathologique apporter de graves perturbations dans l'appareil artériel avec lequel ils sont en rapport; Léon Colin, ayant observé, dans un cas de « tuberculisation mésentérique » aiguë, des ulcérations intestinales taillées à pic, sans indice de travail actif de destruction par iuflammation locale sur les bords de l'ulcère, correspondant, alors qu'elles étaient considérées isolément, à la distribution périphérique d'un rameau de l'artère mésentérique, se demande si ce n'est pas à la compression de ces petites branches vasculaires par les masses tuberculeuses du mésentère que l'on doit rapporter les moditications coirespondautes de la muqueuse.

La condition pathogénique essentielle des adénopathies tuberculeuses et scrofuleuses étant la diathèse elle-même, les causes proprement dites ne jouent qu'un rôle absolument secondaire ou indirect ; c'est dans Vâge de la scrofule et de la tuberculose que les adénites caséeuses seront le plus fréquentes ; ce sont les causes qui favorisent l'évolution de l'une et de l'autre diathèse qui favorisent l'évolution du carreau. De nouvelles recherches sont nécessaires pour préciser l'influence des affections des voies digestives, des causes trauraatiques, des fièvres éruptives, etc., dans le développement de l'adénopathie mésentérique.

II n'est pas possible, non plus, dans l'état actuel de nos connaissances, de fixer d'une manière précise le degré de fréquence absolue ou relative des adénopathies scrofuleuses ou tuberculeuses du mésentère ; les études contemporaines, et notamment celles de Louis, deBarthez et de Rilliet ont éliminé du cadre de ces affections toute une série d'états pathologiques qui y avaient été, à tort, rentermés; mais il est certain aussi que la dénomination de tubercules apphquée à toutes les adénopathies chroniques tuberculiformes, a laissé subsister encore un certain degré de confusion que des recherches nouvelles peuvent seules faire disparaître. Cette réserve faite, voici les résultats invoqués par Louis et par Rilliet et Barthez, résultats d'un grand intérêt : Louis n'a rencontré de « tubercules » mésentériques que chez les phthisiques ; sur 102 sujets tuberculeux dont il a examiné avec soin les ganglions mésentériques, il en a trouvé 23 chez lesquels ces ganglions étaient tuberculeux ; chez un seul d'entre eux la totahté des ganglions paraissait atteinte. Observant exclusivement sur les enfants, Barthez et Rilliet trouvèrent « des tubercules » dans le mésentère, chez près de la moitié des enfants « tuberculeux ; » mais ils ont soin d'ajouter que, sur ce nombre un septième seulement présentait l'altération des glandes mésentériques à un de»ré considérable. Rien de précis n'a été établi relativement au sexe, et nous considérons comme tout à fait insuffisantes les statistiques sur lesquelles on a basé cette assertion que le carreau était plus fréquent chez les garçons que chez les filles.

Il ne faut pas oubher que les statistiques dont nous venons de donner les résultats, sont des statistiques mortuaires, et que, dans la plupart des cas dont il s'agit, la lésion pulmonaire, tuberculeuse ou pseudo-tuberculeuse, a, le plus ordinairement, occupé le premier plan ; elles conservent donc leur valeur au point de vue de l'anatomie pathologique générale, mais elles ne peuvent servir à établir le degré absolu de fréquence de la maladie. Il est facile de comprendre

iSfi MÉSENTÉRIQL'ES (ganglions) (p \Tiior.oGiE).

que ces résultais seront vraisemblablement modifiés d'une manière profonde par l'observation ultérieure qui seule pourra fixer ; 1° la nature exacte des lésions pulmonaires qui ont été, depuis Laëunec, confondues sous la dénomination commune de tubercules; 2° établir le degré de fréquence relative des adénopathies tuberculeuses ou scrofuleuses, et des adénopatbies mixtes ; o° préciser les rapports qui existent entre les lésions pulmonaires et abdominales. Il ne suffit pas, en effet, d'avoir distingué en principe un carreau scrofiileux et ini carreau tuberculeux ; il ne suffit pas d'avoir précisé les caractères bistologiques du ganglion scrofuleux et du ganglion tuberculeux ; il faut encore féconder ces données théoriques et pratiques par l'observation clinique positive, dégagée de toute préoccupation doctrinale.

L'adénopathie mésentérique tuberculeuse des phthisiques passe presque toujours inaperçue pendant la vie ; malgré sa minutieuse observation, Louis déclare n'avoir pu recueillir aucun symptôme qui puisse être rapporté à la tuberculisation mésentérique, et il fait remarquer que, dans un cas où toutes les glandes raésentériques étaient com]ilétcment tuberculeuses, le malade n'avait point eu de douleur à l'ombilic, la pression convenablement exercée n'avait fait sentir aucune tumeur ; l'obscurité générale qui couvre toutes les affections profondes de l'abdomen , la coexistence fréquente de lésions du péritoine ou de l'intestin l'endent facilement compte de ces résultats négatifs. D'autre part, la cachexie mésentérique scrofuleuse ou tuberculeuse se confond, dans son expression symptomatique, avec les diverses cachexies de même ordre, quelle qu'en soit la localisation, et s'il est quelque caractère véritablement spécial, il a passé inaperçu ou il est perdu au miUeu des descriptions artificielles données par la plupart des auteurs. Voici le résumé des principaux phénomènes rapportés au carreau: émaciation progressive, anémie, pâleur et sécheresse de la peau; altération du caractère et des facultés affectives; phénomènes de dyspepsie gastro-intestinale avec perversions de l'appétit, diarrhée ou constipation; fièvre et hecticité aux périodes avancées; intumescence progressive du ventre qui est dur, tendu, et qui contraste, par son volume, avec l'émaciation des membres et du Ironc; quelquefois ascite , œdème des bourses et des membres inférieurs ; puis tumeur abdominale, en général mais non toujours indolente, marronnée, péri-ombilioale ; circulation supplémentaire par les veines dilatées des parois abdominales.

Dans les cas où les tumeurs mésentériques ne sont pas appréciables à la palpation, le diagnostic sera souvent impossible, et il ne pourra être établi que d'une manière approximative après exclusion des affections locales ou générales auxquelles pourraient être rapportés et l'état cachectique du malade, et les symjv tômes abdominaux; entérites chroniques, tympanite, ascite, péritonites chroniques, cirrhose du foie, etc. {voy. ces mots) — et pour le diagnostic des tumeurs mésentériques le mot Mésentère (tumeurs du).

La gravité du pronostic à porter dans les diverses variétés d'adénopatliies scrofuleuses ou tuberculeuses dépend surtout de la considération de l'état général du malade, et de l'existence des lésions concomitantes, notamment des lésions pulmonaires. Considérées en elles-mêmes, les adénopathies raésentériques assez considérables pour avoir été positivement diagnostiquées constituent toujours un fait pronostique grave, par ce seul fait qu'elles indiquent une période avancée et une manifestation profonde do la diathèse ; de plus, les tumeurs ganglionnaires peuvent donner lieu directement à des accidents locaux graves, perforations, phlegmasies, compression des viscères ou des vaisseaux, etc.; elles peuvent enfin

MÊSENTÉP.LQUES (ganglions) (pathologie). i'^7

devenir le point de départ de généralisations secondaires dans les séreuses, l.i pie-mère, ou le poumon. On se rappellera cependant que la lésion en elle-mènv n'est pas incurable, et la guérison du malade devra être considérée comme possible, tant qu'il n'existera pas d'autre localisation irrémédiable de la diatlièse.

La prophylaxie et le traitement des adénopatliies raésentériques scrofuleusos ou tuberculeuses ne sont autres que la propliylaxie et le traitement de la scrofulose et de la tuberculose, appropriés aux cas particuliers : analeptiques, toniques, ferrugineux; insolation, atmospbère maritime, eaux minérales salines, hydrothérapie ; préparations et applications locales d'iode et de ciguë ; hygiène alimentaire appropriée à l'état des voies digestives ; médications diverses appropriées aux indications qui peuvent se présenter.

N. B. Le lecteur trouvera au mot Lymphatique (système) par Robin etPotain, (2* série, tome lll, p. o86-5o7), tous les éléments nécessaires pour compléter sous le rapport de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie, cet article dont nous avons dû réduire considérablement les proportions pour ne pas faire double emploi. Ernest BESiNiEK.

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138 MÊSENTÉRIQUES (vaisseaux).

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Voy. la bibl. des mots; Lymphatiques (ganglions), Mésentère, Scrofulose et Tcbercltose.

Ernest Besnier.

MÉSEIVTÉRIQL'ES (Plexus). Voy. SïMPATHiQUE (Graud).

MÉSCIVTERIQIJES (Vaisseaux). Artères. Les jinatoniistes désignent sous ce nom les artères qui se distribuent à la portion du tube digestif comprise entre le duodénum et l'extrémité inférieure du rectum. On en distingue deux: la niésentérique supérieure et la mésentérique inférieure.

L'artère mésentérique supérieure fournit à tout l'intestin grêle et à la moitié droite du gros intestin. Elle naît sur la face antérieure de l'aorte abdominale, à une petite distance au-dessous de l'origine du tronc cœliaque. D'abord contenue entre les deux lames du mésocôlon transverse, elle se dirige en bas et en avant, le long de la face postérieure du pancréas. Puis, elle s'engage sous le bord inférieur de cette glande et croise perpendiculairement la face antérieure de la troisième portion du duodénum dont elle marque la limite inférieure. Elle pénètre ensuite entre les deux feuillets du mésentère et suit le bord adhérent de cette portion du péritoine jusqu'à sa terminaison. Dans cette dernière partie de son trajet, elle décrit une légère courbe convexe à gauche et en avant, et marche vers le point de réunion de l'intestin grêle avec le caecum. Son calibre est d'abord presque aussi considérable que celui du tronc cœliaque, mais il diminue rapidement, en raison du nombre des bi^anches collatérales ; à tel point que le tronc, devenu très-grêle, se perd, pour ainsi dire, au voisinage de la valvule iléo-csecale. En somme, on peut dire que le trajet de l'artère mésentérique supérieure, mesure toute la longueur du bord adhèrent du mésentère.

Parmi les nombreuses collatérales fournies par cette artère, nous mentionne rons ;

1" Des rameaux pancréatiques qui naissent derrière le pancréas et s'anastomosent avec les rameaux pancréatiques émanés des artères hépatique et splénique ;

1" Sur un certain nombre de sujets, mais seulement à titre d'anomalie, l'artère hépatique ;

o" Des rameaux duodénaux et une petite branche qui naît sur le côté droit du tronc, au niveau du bord inférieur du pancréas, se porte de gauche à droite, et s'anastomose avec la pancréatico-duodéonale sur la deuxième portion du duodénum ;

A° Les branches de l'intestin grêle. Celles-ci prennent toutes leur origine sur le côté gauche de la mésentérique supérieure, c'est-à-dire sur sa convexité. Elles sont au nombre de 15 à 20 et ne portent point de nom spécial. Les premières sont à peu près du volume de la radiale ; les autres ont un calibre de plus en plus petit, à mesure que l'on s'éloigne de l'aorte. Après un trajet de 6 à 8 centimètres dans l'épaisseur du mésentère, chacune de ces branches se bifurque. Les deux rameaux qui en proviennent se recourbent, s'anastomosent avec les rameaux voisins et forment ainsi des arcades dont la convexité regarde l'intestin et dont la concavité est tournée vers le bord adhérent du mésentère. De la convexité de ces arcades naissent un très-grand nombre de branches qui se bifurquent à leur tour et forment une nouvelle série d'arcades plus petites que celles de la première

MÊSENTÉRIQUES (vaisseaux). 139

série, semblable ment disposées, mais infiniment pl\is nombreuses, car on en compte toujours une quarantaine au minimum. Les petites arcades sont plus rapprochées du bord concave de l'intestin et décrivent, dans le mésentère, une cotu'be plus étendue que les arcades de la première série. De leur convexité se détachent une foule débranches qui constituent, par leurs anastomoses, une troisième série d'arcades très-nombreuses, très-petites et très-rapprochées des tuniques intestinales. Il e3t rare que l'on trouve plus de trois séries d'arcades au commencement et à la fin de l'intestin grêle ; mais au milieu, on en rencontre quelquefois quatre et même cinq sur quelques points. ^

C'est de la convexité des arcades les plus rapprochées de l'intestin que partent les branches qui gagnent, les unes la moitié droite, les autres la moitié gauche du cylindre représenté par le tube intestinal. Leurs rameaux superficiels ou souspéritonéaux se subdivisent dans le tissu sous-séreux et vont, en définitive, s'anastomoser, sur le bord libre de l'intestin, avec les rameaux semblables venus de la face opposée. Leurs rameaux profonds traversent les tuniques intestinales et vont former ce riche réseau sous-muqueux à' où partent les artérioles destinées aux villosités.

5" Les brandies du gros intestin aussi désignées sous le nom de colujnes droites, au nombre de deux ou trois, une supérieure, une moyenne et une inférieure. Elle naissent sur la concavité de l'artère mésentérique supérieure, entre les deux feuillets du mésentère qu'elles abandonnent bientôt pour passer dans l'épaisseur du mésocôlon lombaire droit. La colique droite supérieure marche de haut en bas, la moyenne horizontalement et l'inférieure de bas en haut. Arri\ées au voisinage du gros intestin, ces artères se bifurquent et leurs brandies forment, en s'anastomosant, de très-grandes arcades dont la convexité regarde l'intestin. Enfin, ces arcades fournissent directement les rameaux destinés aux tuniques intestinales, rameaux superficiels et profonds, dont la distribution est identique à celle des rameaux analogues émanés des arcades de l'intestin s.Yè\e. Dans certains points, tels que les angles formés par la réunion des différentes portions du gros intestin, où les arcades artérielles sont à une assez grande distance du tube intestinal, on trouve ordinairement une seconde et même une troisième série d'arcades avant d'arriver aux rameaux terminaux.

La colique droite inférieure fournit au caecum, à l'appendice vermiculaire et au commencement du colon lombaire droit ; son rameau le plus inférieur s'anastomose avec le tronc de la mésentérique supérieure, devenu très-grêle à ce niveau. La colique droite moyenne, quand elle existe, donne au côlon lombaire droit. La colique droite supérieure se distribue à la moitié droite du côlon transverse et s'anastomose avec la branche supéi'ieure de bifurcation de la colique gauche supérieure venue elle-même de la mésentérique inférieure.

L'artère mésentérique inférieure, sensiblement plus petite que la mésentérique supérieure, est destinée à la moitié gauche du gros intestin. Née sur la face antérieure de l'aorte, à 4 ou 5 centimètres au-dessus de la bifurcation de ce vaisseau, elle descend d'abord dans l'épaisseur du mésocolon iliaque, puis dans le raesorectum, où elle se termine par deux branches, les hémorrhoidales supérieures. Sa face postérieure recouvre l'aorte et passe ensuite au devant de l'iliaque primitive gauche. Pendant tout son trajet, l'artère mésentérique inférieui^e ne donne aucune branche sur sa face droite. Sa face gauche fournit deux ou trois collatérales, les coliques gauches, dont le trajet et la distribution, par rapport à la moitié gauche du gros intestin, ressemblent, de tout point, à la disposition des

liO . MESITE.

artères coliques droites. La supérieure est la plus volumineuse ; sa bronche supérieure s'anastomose avec la branche supérieure de la colique droite supérieure. Quant aux deux hémorrhoïdales supérieures, branches terminales de la mésentérique inférieure, elles se distribuent à toute la portion du rectum située au-dessus des sphincters. Leurs rameaux supérieurs pénètrent l'intestin par sa face postérieure; les moyens plus longs arrivent jusqu'aux faces latérales du rectum; les inférieurs, plus petits, mais plus nombreux, perforent la tunique musculeuse sur tout son pourtour. Toutes ces branches s'anastomosent avec les branches des hémorrboïdales moyennes, fournies par l'hypogastrique.

Veines. Les troncs veineux, chargés de ramener au centre circulatoire le sang venu de l'intestin grêle et du gros intestin, n'aboutissent pas directement à la veine cave inférieure. Réunis aux veines splénique, coronaire, stomachique, etc., ils forment les origines de la veine-porte et se dirigent vers la face inférieure du foie. Toutes ces veines suivent rigoureusement le trajet des artères correspondantes ; mais en présentant cette disposition spéciale que chaque tronc artériel n'est accompagné que par une seule veine satellite. On décrit ordinairement deux veines mésentériques : la mésentérique supérieure et la mésentérique inférieure, auxquelles on donne aussi les noms de grande et petite mésaraïques.

La veine mésentérique supérieure ou grande mésardiqne, lire son origine de l'intestin grêle et de la moitié droite du gros intestin, ses premiers ramuscules, situés dans le tissu sous-muqueux, font suite aux veinules des villosités et forment des rameaux qui embrassent les deux moitiés de l'intestin et gagnent le bord intestinal du mésentère. Là, tous les rameaux veineux forment deux ou trois séries d'arcades accolées aux arcades artérielles et vont enfin constituer un tronc unique qui suit le bord adhérent du mésentère et qui reçoit, sur sa face droite, les trois veines coliques droites. Ainsi formée, la grande veine mésaraïque se dirige de droite cà gauche et de bas en haut; elle passe au devant de la troisième portion du duodénum, puis sous le bord inférieur du pancréas, et va, derrière cette glande, s'unir à la veine splénique pour constituer la veine-porte. Dans ce trajet, elle est située à droite et un peu en avant de l'artère mésentérique supérieure. Derrière le pancréas, elle reçoit des veines pancréatiques, des veines duodénales et la veine gastro-épiploïque droite qui se jette aussi quelquefois dans la veine colique droite supérieure.

La veine mésentérique-inférieure ou petite mésaraïque naît par des branches qui correspondent aux trois artères coliques gauches : 1° sur les parois du rectum oii ses rameaux d'origine communiquent avec les veines hémorrhoïdales moyennes et inférieures, branches de l'hypogastrique; 1° sur les parois de l'S iliaque du côlon ; 5° sur le côlon descendant ; 4" sui' la moitié gauche du côlon transverse, où la première veine colique gauche s'anastomose avec la grande mésaraïque par l'intermédiaire de la veine colique droite supérieure. Ainsi constitué par la réunion des trois veines coliques gauches, le tronc de la petite veine mésaraïque suit l'artère mésentérique inférieure. Arrivée au niveau de l'aorte, cette veine abandonne l'artère et continue seule son trajet ascendant sous le péritoine, sur le côté gauche de la colonne lombaire, jusqu'au bord inférieur du pancréas, sous lequel elle s'engage pour se jeter dans la veine splénique, à l'angle de réunion de celle-ci avec la grande mésaraïque, quelquefois un peu eu dehors de cet angle. y. Paulkt.

MÉSITE, Substance peu connue, composée de carbone, d'hydrogône et

MESMKR. 141

d'oxygène, et que l'on liouve paniii les nombreux produits provenant de l'action de l'acide sult'urjque sur le lignone. Le mésite est une huile très-iluide, d'une odeur éthérée, bouillant au-dessus de 70 degrés, et soluble dans trois parties d'eau. Sa formule n'a pas encore été déterminée. [Annales de Poggendorf, t. LXXXIV, p. 101). M.

inÊistITÊl\'E. Huile oxygénée, très-fluide, bouillant à 63 degrés et solubJc dans trois parties d'eau, il se forme en même temps que le mésite (voy. Mésiie).

MÉSITIC-ALDÉIIVDE (Aldéhyde mésitique). CWO'. Un des produits del'aclion de l'acide azotique concentré sur Vacélone. Cette substance est plus légère que l'eau, d'une odeur douce et pénétrante et peu soluble dans l'eau. Elle se dissout immédiatement dans les lessives alcalines en donnant un liquide brun jaunâtre.

Le mesitic-aldéhyde absorbe le gaz ammoniac avec beaucoup d'avidité, et se traiislorme en une niasse brune et résinoïde, qui, dissoute dans l'eau, doinie, par l'évaporation spontanée, des cristaux d' ammonialdéliyde mésitique. Lorsqu'on ajoute du nitrate d'argent à la solution de ces cristaux, il se produit un précipita; jaune qui noircit parla chaleur. L'argent métallique se dépose alors à l'état d'une poudre noire, sans produire de miroir, comme les véritables ammonialdéhydes.

MÉSITICULORAL (Ghloral mésitiquë). Substauce mal comme que Robert Kane a obtenue en faisant passer du chlore sec dans l'acétone jusqu'à ce que tout dégagement de gaz chlorhydrique ait cessé. Ce corps possède une odeur très-pénétrante, qui excite le larmoiement; appliqué sur la peau, il y détermine une véritable vésication; sa densité est égale à 1,33 ; bout à environ 71*^ on se décomposant.

La formule théorique du chloral mésitique est C*fPGl^O^ Mais les analyses de Kane et de Liebig ne se prêtent pas à cette formule. Aussi peut-on dire (jue cette substance n'a pas encore été bien étudiée. M.

MÉSITILOL. Voy. MÉSITYI.ÈiNE.

MÉiSiTlQlJE (Alcool). Voy. Acétone.

MÉSITIXÉ^'E (Mésitylol). C^«H^^ Produit de l'action de l'acide sullurique sur V acétone.

Le mésitylène est un liquide incolore, très-léger et d'une odeur faiblement alliacée ; il brûle avec une flamme blanche et fuligineuse. La densité de sa vapeur a été trouvée, par l'expérience, égale à 4»,3 et à 4»,28 correspondant cà i volumes d'après -la formule ci-dessus [Comptes rendus de l Académie, t. XXIV, p. 555). M.

inE§]«l£R (Antoine) . Dans le courant du mois de juin 1 778, un médecin allemand, mûri déjà par l'âge, il avait quarante-cinq ans, arrivait à Paris. Il se déclarait ouvertement auteur d'une découverte qui allait bouleverser non-seulement l'exercice de la médecine, mais encore les lois ordinaires de la physique universelle. Il soutenait qu'il existe une influence naturelle entre les corps célestes, la terre et les corps animés; que cette influence a pour agent un fluide, universellement répandu, d'une susceptibilité incomparable, et apte à recevoir, à prO'

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pager, à communiquer toutes les impressions du mouvement; que son action peut être comparée à un flux et reflux, et que d'elle dépendent les propriétés de la matière et des corps organisés ; que, grâce à ce fluide, qu'il pourra manier à volonté, le médecin sera éclairé sur l'usage des médicaments, qu'il perfectionnera leur action, et qu'il provoquera et dirigera les crises salutaires, de manière à s'en rendre le maître. L'art de guérir parviendra ainsi à sa dernière perfection.

Cet homme, ce charlatan, ou cet illuminé, se nommait Antoine Mesmer.

Né à Mershourg, en Souabe, le 29 mai 1755, et docteur de Vienne, il ne fut pas plus tôt coiffé du honnet, qu'il laissa voyager son imagination dans les déserts de l'inconnu et du mysticisme. Dès l'année 1766, dans une dissertation qui révèle hien ce qu'il sera plus tard, et qu'il intitule : De planetarum inflexu, Mesmer soutient qu'il existe dans l'atmosphère un flux et reflux, pareils à la marée, et produits par la même cause ; que le soleil et la lune exercent aussi une action directe sur toutes les parties constitutives des corps animés, particulièrement sur le système nerveux, à l'aide d'un fluide qui pénètre tout, et que le magnétisme animal est (( la propriété du corps animal, qui le rend susceptible de l'action des corps célestes et de la terre. »

Puis, quelques années après, le -même Mesmer se met à la place desdits corps célestes et de la terre, et il manie son fameux fluide avec la dextérité d'un joueur de gobelets. La réputation du prodigieux innovateur s'était déjà répandue, dans son propre pays, à vingt lieues à la ronde. Mais il fallait un autre théâtre pour l'honune étonnant qui avait fait un aussi beau rêve. Mesmer vint donc à Paris, comme nous venons de le dire, en février 1778. Il y passa environ sept ans, ballotté entre des adeptes ardents et enthousiastes, et des incrédules, mieux pensants, qui rejetèrent la prétendue découverte, et ne cachèrent pas le jugement sévère qu'ils portaient sur le médecin allemand.

Ces sept années du règne mesmérien à Paris n'en sont pas moins très-curieuses à suivre, et démontrent, une fois de plus, qu'une idée nouvelle, telle absurde, telle insensée qu'elle soit, est sûre de faire son chemin au milieu d'une société avide de nouveautés, courant aveuglément au-devant de tout ce qui touche au merveilleux, et plus accessible à la sentimentalité qu'à la raison. Du reste, on trouvera ci-après l'histoire critique du mesmérisme {voy. Mesmérisme).

Après son déboire, Mesmer quitta la France, honni et vilipendé par la population, maudit par ses partisans, bafoué à l'Opéra de la rue Mauconseil. Et après avoir parcouru l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, il alla se fixer en Suisse, sur les bords du lac de Constance, pour y passer dans une paix opulente les dernières années de sa vie, grâce aux 543,764 livres, qu'il avait gagnées dans ce négoce d'un nouveau genre. Il mourut à Merspurg, le 15 mars 1815, âgé de quatre-vingt-un an, ne se doutant guère, sans doute, à son lit de mort, que sa découverte, tombée alors en pleine décrépitude, trouverait plus tard de nouveaux adeptes (voî/. Mesmérisme).

Les ouvrages appartenant en propre à Mesmer sont les suivants :

1. De planetarum influxu. Vienne, 1766, in-12. — II. Mémoire sur la découverte du magnétisme animal, par M. Mesmer, docteur en médecine de la Faculté de Vienne. Genève et Paris, 1779, in-12. Avec un beau portrait au lavis de Mesmer. — m. Précis historique des faits relatifs au magnétisme animal jusqu' en avril 1781. Londres, 1781, in-8°. — IV. Histoire du magnétisme en France, de son origine et de son influence, pour servir à développer l'idée qu'on doit avoir de la médecine universelle. Paris, 1784, in-8°, brocliure. ~ V. Lettres de M. Mesmer à Messieurs les auteurs du Journal de Paris, et à M. Franklin, 1784, brochure in-8°. — VI. Lettre de M. Mesmer à M. Vicq-d'Azir et à Messieurs les au-

teurs du Journal de Paris, 1784, brochure. — VU. Lettre de M. Mesmer à M. le comte de C"', 1784, in-4°. — VIII. Lettre de l'auteur de la a Découverte du magnétisme animal •> à l'auteur des « Réflexions préliminaires, » pour servir de réponse à un imprimé, ayant pour titre : « Sommes versées entre les mains de M. .Mesmer, pour acijuérir le droit de publier sa découverte, » in-4°, brochure sans date. — IX. Mémoire de F. -A. Mesmer... sur ses découvertes. Paris, an VII, in-S". A. Ch.

MESMÉRISME. Nous le disons dès en commençant, la question du mesraérjsme, si l'on ne regardait qu'à l'intérêt scientifique, pourrait être, selon nous, écartée de ce Dictionnaire, ou tout au moins n'y tenir qu'une place e.ttrèmement restreinte. II ne faudrait pas pourtant que cette déclaration, parce qu'elle est préliminaire, fût considérée comme l'expression d'un parti pris, comme une sorte de lin de non-recevoir, motivée uniquement par des considérations pliilosopliiques. Non ; elle sort d'une conviction réfléchie et basée tout à la fois sur la raison et sur l'expérience. C'est ce que nous essayerons de montrer plus loin.

Mais les erreurs de l'esprit humain font partie de son histoire tout autant que ses progrès; et, quand une de ces erreurs a passionné uiie époque; quand elle est en filiation avec d'autres croyances dont les siècles se sont tour à tour épris, le curieux, l'érudit, le philosophe même ne sauraient s'en Jésintéresseï'. Et comme le magnétisme animal, dans ses développements successifs comme dans son état rudiraentaire, dans ses applications comme dans sa partie spéculative, est un objet très-répandu de curiosité, nous croyons utile de nous étendre assez longuement sur les différentes phases de son histoire.

I. Théories et faits. Au commenceme.it de l'année 1778, arrivait à Paris un docteur de Vienne, nommé Antoine Mesmer. C'était un homme assez instruit, plus physicien que médecin, doué d'un certain talent littéraire, actif, remuant, — enthousiaste? nous ne le croyons guère, — mais vain et avide de renommée, H quittait un pays où l'antique doctrine de l'Émanation reprenait faveur, où le gnosticisme d'un Swedenborg montrait. des légions d'esprits incessamment échappés du sein de la Divinité sans l'épuiser ni la diminuer jamais, régissant pour leur bien ou pour leur mal l'àme et le corps de l'iiomme, arbitres conséquemment de sa santé physique et morale, mais accessibles à la prière et aux conjurations ; — où un prêtre du pays des Grisons, Gassner, après avoir pendant plusieurs années exorcisé les malades à Ratisbonne et ailleurs, venait à peine de rentrer dans sa cure sur l'ordrede l'empereur Joseph. De ce miheu cabalistique, Mesmer tombait dans un autre, où le culte de plus en plus exclusif de la raison et de l'expérience ne mettait aucunement, comme on est déjà trop porté à le croire, l'esprit public en garde contre les surprises et l'appât naturel du merveilleux. Sous le rè^ne de l'expérience, l'expérience décide de la crédibilité aux faits de toute nature ; et, se trouvant être un des instruments les plus difficiles à manier de la connaissances cientifique, elle peut, le plus aisément du monde, conduire à de grossières erreurs. Peu d'années avant Mesmer, le prétendu comte de Saint-Germain, qui avait eu l'honneur de vivre en commerce familier avec les plus grands hommes des siècles passés, voire avec Jésus-Christ, n'avait guère eu moins de succès à la cour sceptique de Louis XV que Swedenborg à Stockholm ou Gassner dans la rêveuse Allemagne. La folie des rose-croix n'était pas plus guérie à Paris qu'elle ne l'était en Allemagne, où, comme on sait, elle avait sévi avec une intensité particulière dans la pi^emière moitié du dix-septième siècle. Le chef de la secte des Élus, Martinez Pasqualis, était peut-être encore à Paris, où il avait établi un rile cabalistique ; et son digne disciple, Saint-Martin, distillait dans les salons

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