‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.60Chapitre 24 sur 45 · MORTS · texte numérisé non relu

MORTS

d'intoxication.

Almaden

Almadenesos

Tolaux

Les précautions à prendre pour se soustraire autant que possible aux accidents que nous venons de signaler, et qui sont, en général, très-bien observées parles ouvriers habitants d' Almaden sont les' suivantes : ne pas emporter d'aliments dans les mines; avoir soin, au moment des repas, de se laver Irèssoigneusement la bouche et les mains ; après la tache et avant le repas du soir, se laver tout le corps à l'eau tiède, changer de vêtements, faire un C( rtain exercice au grand air, de manièi'e à provoquer la transpiration. Une condition très-importante, et bien observée par les liommes d'Alm.ideu, c'est de triompher du dégoût |;our la viande dont ils sont ordinairement atteints et de prendre une alimentation réparatrice. Les ouvriers employés aux pompes devraient avoir un capuchon avec collet eu tissu imperméable, de manière à être soustraits à l'eau qui dégoutte incessam-'

2'(j MINES.

rneiil sur eux. Un usage très-ljon adopté là, c'est de ne faire travailler à la mine que quatre ou cinq jours par semaine ; le reste du temps, les ouvriers sont occupés à des travaux extériîurs, au cliam'age des matériaux. Knlin, ajoutons que la durée du travail dans la mine n'est que de quatre à six heures [voy. Mercure (hygiène)].

E. Mines de plomb. On observe là les accidents de l'intoxication saturnine. Dès que des portions de filon de la mine de plomb, souvent argentifère, sont détacbées et abattues, elles sont soumises, sur place, à une première opération, le triage, les ouvriers séparent, à coups de marteau ou de masse, la plus grande paitie des matières terreuses. Ces matières sont constituées par la gangue ou roche, et sont utilisées pour remblayer les excavations déjà exploitées. Quant aux morceaux de minerai métallifère, on les place dans des caisses de bois, qui sont enlevées du fond jusqu'au haut de la mine par des machines appropriées; puis on les soumet à un nouveau triage, au bocardage, au lavage, etc. {voy. Mîtallurgie) . Cette opération du triage a pour effet de donner lieu à la pulvérisation et à la dissémination dans l'air de poussières ténues qui, absorbées par les ouvriers, déterminent les phénomènes bien connus de l'intoxication plombique.

Le meilleur moyen de mettre obstacle au développement de ces accidents, c'est d'établir une ventilation active dans les localités où l'on pratique le triage, hes galeries peuvent être assainies au moyen de cheminées d'appel et de puits d'aérage, par lesquels les poussières détacbées du minerai sont entraînées avec facilité. L'usage d'épongés humides, mouillées avec de l'eau légèrement acidulée au moyen de l'acide sulfurique et placées au devant de la bouche, s'opposerait très-bien à l'introduction de la poussière toxique dans les voies respiratoires.

A la sierra de Gador, au sud de l'Espagne, existent des mines de plomb (sulfure de plomb) très-considérables, où l'on emploie environ 12,000 ouvriers, qui présentent tous les ans, par centaines, les accidents saturnins. Ces phénomènes sont spécialement caractérisés par la colique, qui revêt quelquefois un caractère inflammatoire. Contrairement à ce qui se passe dans les fabriques de céruse, là les ouvriers n'ont pas la maigreur et l'aspect cachectique ordinaire, mais leur physionomie normale. Les animaux qui habitent aux alentours de la mine, les chats particulièrement, sont fréquemment atteints d'accidents plombiques.

Rien ne prouve mieux l'influence favorable de l'hygiène sur des hommes livrés à des professions insalubres, que ce qui se passe en Angleterre dans les mines de plomb d'Arkendale et de Swaledale dans le Yorkshire, et dont le docteur Jackson nous a tracé le tableau, si on le compare à l'état des mineurs du Derbyshire que Webb a mis en parallèle. Dnns les mines de plomb du Yorskhire, le gain est médiocre, la durée du travail de six à sept heures alternativement de jour et de nuit. La malpropreté des ouvriers permet aux particules plombiques de s'attaclier à leur peau, outre celles qu'ils respirent. La chemise de laine, souvent foute mouillée, qu'ils changent en arrivant chez eux, est mise à sécher dans leur chambre, et devient encore la source d'émanations malsaines. Leur nourriture habituelle est composée de thé, de café, de lait, de pommes de terre, de pain, auxquels ils ajoutent parfois un peu de lard.

Les mineurs du Yorskhire commencent vers l'âge de dix àdouzeansleurpéuible métier; d'abord occupés à faire tourner les ventilateurs, ils entrent vers quatorze ans dans l'intérieur de la mine. Outre les maladies ordinaires dans les travaux souterrains, ces ouvriers sont surtout sujets à lapbtbisie, qui revêt souvent une marche aiguë; dans quelques localités le goitre est assez commun chez les femmes, et dans ce cas. leurs enfants sont fréquemment atteints de surdi-mutité et d'idiotisme.

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Les accidents saturnins sont assez rares chez eux parce que le métal qu'ils airacheiit du sein de la terre est à l'état de galène ou sullVire de plomb, lequel n'est pas aussi facilement absorbé que le carbonate. Les accidents traumatiques sont plus rares là que dans les mines de houille. M. Jackson évalue la durée de leur vie de quarante-cinq à cinquante ans.

Bien que soumis aux mêmes conditions professionnelles, aux mêmes causes d'insalubrité, les mineurs du Derbysbire sont généralement vigoureux et jouissent d'une bonne santé, que M. Webb attribue aux circonstances suivantes : 1° la durée assez courte du travail, au plus six àhuit heures ; 2° les occupations habituelles au grand air (chaque mineur a un petit champ qu'il cultive, une vache qu'il nourrit) ; 5° une grande propreté individuelle et une vie régulière; 4" une nourriture saine et substantielle, renfermant beaucoup de matières grasses qu'ils regardent comme un contre-poison du plomb ; 5" la bonne disposition de leurs demeures, propres et bien tenues ; 6° enfin la situation salubre du pays*

F. MliNES DE HOUILLE. Limporiauce de ce genre d'exploitation Gu Angleterre, en Belgique, en Allemagne et en Fi aiice, le nombre considérable d'ouvriers qui y sont employés, les travaux importants publiés sur cette question dans les différents pays que nous venons de ciier, nous obligent à entrer ici dans quelques détails.

Et d'abord, nous devons rappeler que la houille est disposée, dans le sein de la terre, à des profondeurs variables, formant des couches plus ou moins épaisses et uUeriunit avec des bancs de schiste et de grès. Ces couches sont rarement isolées et parallèles, elles marchent dans différenles directions, s'intléchissent en différents sens, en suivant les inégalités, les irrégularités des bancs schisteux qui les environnent; enhn elles se rapprochent quelquefois de la verticale. C'est ce que l'on voit surtout en Angleterre. On rencontre quelquefois dans ces exploitations des interruptions, des tissures, c'est ce que l'on désigne sous le nom de failles. La profondeur de ces gisements est, avons-nous dit, très-variable. On exploite, en Belgiiiue, jusqu'à six ou sept cents mètres au-dessous du sol. Dans les mines de houille, comme dans les autres, et suivant la nature des terrains, on est exposé à rencontrer dans le creusement des infiltrations des eaux de surface ou même des cours d'eau, et des espèces de lacs souterrains, qui exigent des travaux d'endiguement très-considérables. Ces eaux, comme nous l'avons dit plus haut, peuvent faire irruption dans la mine et amener des accidents formidables.

Hygiène intrinsèque. Travail dans les mines de houille. Ce que nous avons dit des moyens de descente dans les travaux souterrains, s'applique entièrement ici; nous n'avons pas à y revenir; reste le mode d'exploitation, qui présente quelques particularités dont nous devons tenir grand compte.

Le piqueur on haveur (en allemand Hàuer), qui entame la houille, la détache et l'abat est obhgé de travailler tantôt debout, quand la couche est assez élevée pour le permettre, tantôt à genoux quand elle est moins épaisse ; et enfin étendu sur le sol, quand elle n'a que quelques décimètres d'épaisseur. Quand la couche est assez considérable pour être travaillée à hauteur d'homme, l'ouvrier doit avoir grand soin lorsqu'il enfonce les coins pour détacher un bloc, de se tenir prêt à fuir au moment où la niasse qu'il a isolée va tomber sur le sol et se briser en éclats. Dans le travail à genoux, il faut avoir soin d'interposer entre ceux-ci et le sol une peau épaisse, une sorte de coussin en cuir, pour empêcher une pression douloureuse et la formation d'hygromas, ou intercepter l'humidité qui expose aux hydarthroses {voy. plus haut, p. 226). Comme nous venons de le dire, dans certaines localités où les couchôs n'ont guère que 50 à 60 centimètres d'épais-

seur, le mineur est obligé de se tenir sur le ventre ou sur le coté, la tête appuyée sur une sorte de b 'quille ou sur une petite plandielte ; on comprend les inconvénients d'un pareil travail, surtout quand le sol est humide; dans ces cas l'iaterposilioii d un tablier de cuir est indispensable.

Les houleurs ou hiercheurs transportent les blocs détachés jusqu'au puits d'extraclion, ils les emmènent sur de petits chariots. Ce travail était autrefois trèspénible dans les galeries basses où il fallait marcher courbé ou en se traîmmt sur les genoux. Aujoui'd'huiona établi presque partout des petits chemins de fer sur lesquels les chariots glissent avec la plus grande facilité, on a même assez souvent recours à la force des chevaux. On sait qu'autrefois, en Angleterre particulièrement, de malheureux enfants de six, huit et dix ans étaieut chargés de ce travail; il leur fallait pousser ou traîner ces chariots dans des conduits étroits où ils ne pouvaient s'avancer qu'en rampant, et monter ensuite par les échelles et jusqu'à l'extérieur de la mine, le charbon renfermé dans de petites hottes qu'ils portaient sur le dos et que maintenait une bande de cuir passant sur le front. M. Ducpétiaux a tracé ce lamentable récit d'après des documents anglais. Grâce au ciel, de pareils abus sont deveuus à peu près exceptionnels. Aujourd'hui les hiercheurs sont habituellement déjeunes garçons de seize à vingt-cinq ans.

De l'air des mines de houille. Outre les autres causes de violation de l'air éuumérées plus haut, il se présente ici un gaz spécial, l'hydrogène carboné et surtout proto-jsarboné, qui, en sa qualité de gaz inflammable et explosible, constitue assurément le,plus grand danger de ces sortes d'exploitations. C'est le gaz qui est connu sous les noms de grisou, hrisou, feusauvage, etc., et très-différent des mofettes, qui ne sont autre chose que l'acide carbonique dont nous avons parlé.

Voici, d'après M. Kuborn, une analyse de l'air d'une mine de houille dans des conditions ordinaires pendant la durée du travail : Oxygène, 18,40 ; azote, 79,47; hydrogène carboné, 1,05; acide carbonique, 1,08.

L'hydrogène carboné se forme dans la houille elle-même, d'où il sort en plus ou moins grande abondance, suivant l'espèce de houille ; celle qui est grasse et friable en fournit beaucoup plus que celle qui est maigre et sèche. Ce gnz est sans couleur et sans odeur, et cependant quand il existe eu quantité assez consi^ dérable dans les galeries, il détermine sur la muqueuse nasale une sensation excitante, particulière, bien connue des mineurs. Plus léger que l'air, il occupe la partie supérieure des galeries. L'hydrogène carboné n'est explosilde que par son mélange avec l'air qui lui fournit l'oxygène nécessaire à sa combustion, laquelle exige la présence d'un corps en ignition. Cette déflagration produit de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau, et, par conséquent, diminue la proportion d'oxygène de l'air, en même temps que celle d'azote augmente. Ainsi cette production de gaz délétères peut asphyxier ceux qu'aurait épargnés l'explosion. On pense qu'il faut au moins 5 pour 100 d'hydrogène carboné dans l'air, pour amener le phénonème dont nous parlons et qui a souvent lieu alors que l'air de la mine est encore respirable. « Si le grisou, dit M. Riembault, est en proportion moindre, la propriété explosible du mélange va diminuant. Mus elle persiste tant que la dose du grisou reste au-dessus de 5 ou 6 pour 100. De même si la proportion du gaz augmente, le mélange devient moins explosible, mais il s'enflamme encore. C'est dans ce cas qu'il se produit des phénomènes aussi curieux que bizarres ; le grisou brûle seulement dans la partie qui est en contact avec l'air. L.i chaleur développée par la combustion dilate les gaz environnants qui se heurtent en tour-

Jjilloiuiaiit. Il s'en fait, sur certains points, un mélange qui a les qualités nécessaires poiu" faire explosion. Gilte explosidu détermine à son tour une pertnibUion dans les gaz environnants, et ainsi de suite, de sorte qu'on entend des détonalions successives avec les elfets les plus variés et les plus singuliers. Lorsque le grisou est dans la proportion de 20 à 25 pour i 00, l'explosion n'a plus lieu ; ce gaz est alors irrespiiable et impropre à la combustion.. . Dans les galeries où le grisou se dégage, on perçoit quelquefois un bruit qu'on a heureusement comparé à celui d'une pluie serrée et fine sur une mare d'eau, et accompagnée de petits sifflements aigus, mais ce bruit ne se produit que quand le grisou se dégage en notable quantité. »

Suivant M. Devaux, ingénieur des mines en Belgique, le développement du gaz explosible aurait surtout lieu, dans les houillères de ce pays, pendant les mois de mars, avril et mai; à ce point, dit-il, que dans ce quart de l'année, il y a autant de couijs de feu que daus les trois autres quarts réunis. On a remarqué aussi que les accidents sont plus communs après l'interruption des travaux que pendant leur cours. Le lundi, par exemple, après le repos du dimanche, le gaz s'est souvent accumulé pendant cet intervalle. On avait autrefois la coutume d'en provoquer l'explosion par le procédé suivant. Un homme auquel on donnait le nom de « canonnier », vêtu d'un costume de cuir, ou entouré de linges mouillés, et muni d'une longue perche au bout de laquelle était attachée une lumière, pénétrait eu rampant dans les galeries suspectes et, portant sa lumière à la partie supérieure occupée par le grisou, il en provoquait l'explosion ; mais il pouvait en résulter des accidents terribles, et plus d'une fois le canonnier a succombé dans l'accomplissement de cette redoutable fonction. Aujourd'hui on a soin, avant la rentrée des ouvriers, de mettre en œuvre une ventdation très-énergique qui délaye et entraîne les gaz nuisibles.

Voici encore à cet égard une idée assez ingémeuse qui avait été mise en avant par un Anglais, il y a déjà plus de quarante ans. Ce système est destiné à détruire le grisou pendant les intervalles où les travaux sont en chômage. Le système est constitué par un appareil d'horlogerie auquel est attaché un poids qui descend dans un temps donné. Arrivé au terme de sa course, il rencontre un levier adapté à un appared spécial, et qui, mis en mouvement, détermine une émission de lumière qui allume une torche. 11 est évident que s'il y a là du grisou celui-ci fera explosion. La mine étant alors vide d'ouvriers, on n'aura à redouter que des accidents purement matériels. Cette n)éthode a, dit-on, été employée avec beau* coup d'avaatiige dans les mines de Newcastle (The Lond. and Paris Observer, 1827, 28 octobre).

D'un autre côté, on a cherché à neutraliser les gaz nuisibles à l'aide de réactions chimiques, et le gaz explosible étant tout particulièrement constitué par de l'hydrogène carboné, on a àù songer au corps le plus avide d'hydrogène, au désinfectant par excellence, au chlore, en un mot. Mais, chose assez singulière, l'idée n'en est venue qu'assez lard et les expériences n'ont pas été suivi-^s avec une grande persévérance. Ainsi, suivant M. Chevallier, un manufaciuiier, M. Cartier lils, se trouvant à Mons, en 1825, employa le chlore avec succès pour détruire le grisou qui se dégageait dans diverses fosses. Deux ans plus tard, un Anglais, M. Fin. cham, fabricant de chlorures, a eu recours au mémo, moyen dans qmlques mines de Bradfort, où le gaz explosible se dégngeait en grande abondance. Du chlorui'e de cliaux ayant été répandu dans les parties les plus dangereuses, les ouvriers purent travailler là, sans accident, avec une lampe ordinaire; seulement ils se

plaignirent de l'odeur du chlore. Ces expériences furent continuées pendant quel(|ue temps, mais depuis lors il n'en a plus guère été question (Chevallier, Traité des désinfectants, p. 74. Paris, 1862, iu-8°).

Suivant J. Buddle, célèbre ingénieur anglais, les chances de trouver des atmosphères explosibles dans les galeries des mines de charbon de terre sujettes au grisou, sont fort grandes quand le baromètre est bas. Ces atmosphères offrent au contraire des traces à peiue perceptibles du gaz inflammable, lors(iue le mercure est très-haut. En effet, dit-il, quand la pression de l'atmo.-phère est égale à la force élastique du gaz carboné contenu dans les pores et les fissures du charbon, les deux fluides se balancent l'un l'autre, mais si la pression atmosphérique dimiime, l'équilibre est détruit, la force élastique du gaz prend le dessus, et il se dégage.

Cejiendant il n'en est pas toujours ainsi que le pense M. Buddle. La pression sous laquelle l'écoulement du gaz dangereux commence à se produire, n'est pas la même pour toutes les mines, et, dans quelques-unes, cette pression peut dépasser de beaucoup la moyenne barométrique sans s'opposer à l'émission de l'hydrogène carboné. C'est ce qui a été établi par M. Combes. Le même ingénieur a reconnu que, dans les mines sujettes au grisou, dans le voisinage des points où la couche perd de sa régularité soit par un resserrement, soit par une faille, la houille devient généralement plus tendre et laisse dégager du gaz en quantité beaucoup plus considérable. Le meilleur moyen de prévenir le danger, dans des cas semblables, consiste à percer dans la bouille, dès qu'on s'aperçoit qu'elle change de nature, plusieurs trous de sonde de quelques mètres de profondeur; le gaz s'écoule par ces trous et il est entrahié par le courant d'air. Cependant il ne l'ejette pas l'observation barométrique dans les mines, et il croit, comme M. Buddle, qu'elle peut être utile et donner l'éveil quand la pression vient à diminuer d'une manière notable.

Au total, rien de plus terrible que ces explosions : bien souvent les travaux sont bouleversés, les étais en bois arrachés, tordus, brisés, des portions de galeries s'écroulent, les maçonneries elles-mêmes sont renversées, des blocs de charbon s'éboulent, et les maliieureux exposés à cette tempête de feu, sont ou brijlés ou asphyxiés par les gaz irrespirables qui succèdent à la déflagration du grisou.

Hygiène extrinsèque du houilleur. Comme celui des mineurs en général, le genre de vie des ouvriers dont il s'agit ici offre de grandes diiférences, non-seulement suivant les pays, mais encore suivant les différentes parties d'un môme pays. Si, comme le dit!\l. Boëns-Boissau, les mineurs sont souvent mal logés, mal nourris, mal vêtus, ils le doivent à eux-mêmes, à leur inconduite, aux orgies du dimanche, car il est peu d'ouvriers qui gagnent d'aussi bons salaires. L'ivrognerie et la débauche, dit, de son côté, M. Kuborn, portent d'autres fruits encore. La criminalité enregisti'e, pour les centres industriels, plus de crimes et de délits parmi les mineurs que parmi les autres ouvriers. A ce tableau du genre de vie des mineurs, nous pourrons opposer celui que nous a donné le docteur Wdson, des bouilleurs du Northumberlaud et du comté de Durhani, et qui forme un contraste consolant. Là, les habitations sont généralement proj)res, saines et conlortablement aménagées. Les ouvriers ne se rendent presque jamais à leur travail sans avoir pris quelques aliments : du crowdy, sorte de soupe formée de gruau, d'eau chaude et de beurre; du thé ou du café avec du pain et du beurre ; quelques-uns dînent réellement. Au retour, leur appétit est vivement aiguisé : ils font alors un bon repas composé de bœuf ou de mouton rôti, accompagne de

nommes de terre et d'un dumpling- gras ou de poudding, qu'ils mangent eu premier. Ils prennent donc de la viande une fois par jour, bien qu'en proportion assez modérée eu égird surtout à la somme de force qu'ils dépensent ; ils ne boivent que rarement delà bière à leur diiier. Après le repas, ot avant de se coueber, ils ont soin d; se laver. Un baquet rempli d'eau cbaude est placé devant le feu, et l'ouvrier, assis sur un siège bas, les jambes de cbaque côté du baquet, prend un morceau de savon et commence par se laver les mains, puis les bras, la poitrine, la tête, la face et le col, et termine par les extrémités inférieures. Pendant leur séjour chez eux, les ouvriers emploient leur temps de dinérentes manières. Plusieurs possèdent auprès du village une petite pièce de terre qu'ils convertissent en jardin; d'autres l'ont annexée à leur cottage. Quelques-uns élèvent de la volaille ou nourrissent un porc, et préparent eux-mêmes leur lard, leur jambon, etc. Ce n'est, en gcnéial, que le samedi après la paye qu'ils se livrent à la boisson, et ils ne boivent guère (jue de l'aie. Mais il faut que tout le monde soit à son poste lu lundi, sous peine d'être renvoyé, si bien que les ivrognes de profession sont sûrs de perdre leur travail.

Maladies des houilleurs. Avant les améliorations introduites dans le travail des mines, les ouvriers appartenant à cette industrie formaient comme une race à part, ayant sa pbysionomie et sa pathologie spéciales. Voici le portrait que M. Boëns-Boissau trace de l'ancien mineur belge :

« Taille inférieure à la moyenne, avec une grosse tête, des cbeveux courts et souvent très-clair-semés ; face large, épanouie, sans expression, sans mobilité, d'un teint bistré ou blafard, maculé en une foule d'endroits, surtout sur le nez, les tempes et autour des yeux, de taches bleuâtres ou noires, les unes irrégulièrement linéaires, les autres ponctuées ; trapu, mais fortement constitué, épaules larges, cou court et gros, narines ouvertes, mains carrées, bras assez longs et généralement bien conformés, jambes courtes, cambrées de telle façon que les pointes des pieds regardent en dedans, les talons et les mollets en dehors, genoux rapprochés, hanches plates, bassin évasé vers le bas, etc. »

Grâce aux progrès des procédés industriels et surtout à cette circonstance que les jeunes entants ne sont plus admis dans les mines, ce type tend de plus en plus à disparaître dans les nouvelles générations. Cependant le bouilleur, même celui qui a commencé tard, est encore reconuaissable à son teint mat, à sa démarche lente et appesantie.

Quant aux'maladies dont ils peuvent être atteints, ce sont d'abord toutes celles dont nous avons parlé plus haut et qui leur sont communes avec les autres mineurs soumis, comme eux, aux mêmes causes générales, et, de plus, ils présentent quelques particularités dont nous allons bientôt parler.

Relativement au degré de fréquence, Wilson, que nous \enons de citer, a reproduit une statistique sanitaire des houilleurs présentée au Congrès international de statistique. D'après ce tableau, les ouvriers des 19 districts bouillers de la Grande-Bietagne ont fourni pour les cinq années 1 849-55, le chiffre de 7,454 décès ainsi répartis : variole, 81 ; choléra et diarrhée, 810 ; affections typhoïdes, 554 ; et autres maladies zyrnotiques, 101 ; maladies du cerveau, 504 ; maladies du cœur et hydropisi'S, 561 ; pbtbisie, 1663; maladies diverses du poumon, 790; maladies de l'estomac et du foie, 260; maladies des reins, 71 ; maladies articulaires, 37; violences extérieures, 1815; causes diverses, 709. Nous ferons d'abord remarquer la fréquence des décès occasionnés par des accidents et qui s'élèvent à 1813 ou 24,57 p. 100 ! D'un autre côté se présente la pbtbisie, qui DICT. ENC. 2° s. Vlll. 16

compte poiu- 1665 ou 22,37 p. 100. Ce chiffre est, très-remarqualilc, car dans plusieurs localités on a, au contraire, remarqué la rareté de la phtliisie proprement dite, et Wilson lui-même déclare qu'elle est très-rare dans les mines de charbon du nord de l'Angleterre. 11 est très-probable que, dans ce chilfre de 1663 phtliisiques, il se trouve un grand nombre de cas qui doivent être rapportés, soit à l'anthracose, laquelle, on le sait, se présente plus spécialement dans certaines mines que dans d'autres ; soit à différentes formes de l'affection catarrhale.

Cette rareté de Ja phthisie tuberculeuse chez les bouilleurs est affirmée par le plus grand nombre des observateurs. Ce fait avait déjà été signalé par quelques personnes, M. Yalat pour les mines de Decise (1824), M. Gedduis pour l'Amérique du Nord, etc., quand, en 1856, le docteur François en fit l'objet d'une communication à l'Académie de médecine de Belgique. 11 déclara que, depuis 1818, son attention avait été attirée sur cette question, et qu'il avait constamment observé l'immunité presque complète dont jouissent les bouilleurs à l'égard de la tuberculisation pulmonaire. Il fit observer qu'il y a bien là réellement une immunité professionnelle, puisque lui et beauconp d'antres médecins ont observé, dans le pays, des familles dont tous les membres avaient été emportés par la phthisie, à l'exception de ceux qui étaient emplo\és dans les houillères. La plupart des médecins belges ont appuyé cette manière de voir, à l'exception de M. Boulvin ; ce médecin a fait observer que le fait pouvait être vrai pour le bassin de iMous, oii M. François et ceux qui pensent comme lui ont pratiqué, mais il a certifié qu'il n'en était pas de môme dans le bassin de Charleroi, et que, dans cette partie, la phthisie était aussi connriune chez les bouilleurs que dans toutes les autres classes de la so( iété. Du reste l'observation de M. François a été confirmée par MM. Boëns-Boissau, Kuborn, Demarquette, etc. Quelle peut être la cause du privilège dont semblent jouir les ouvriers attachés aux cliarbonnages ? On a invoqué la présence de l'iode, du brome, des matières bitumineuses dans la poussière de houille; M. Demarquette a insisté sur la propriété cicatrisante de cette même poussière, etc. M. Boëns- Boissau a résumé comme il suit les conditions du problème. Ainsi les conditions prédisposantes de la phthisie se rencontrent assurément chez les mineurs : anémie, lymphatisme, scrofule même, excès débihtants, mauvaises conditions hygiéniques, d'alimentation, de vêtement, d'habitat; mais, d'un autre côté, ils travaillent habituellement dans un milieu tiède et humide, ils ne fatiguent pas les organes de la voix ; les bronchites légères et fréquentes qu'ils épro^ivent s'opposent aux congestions pulmonaires, enfin l'asthme serait, dit-on, en une sorte d'antagonisme avec la phthisie. Quoi qu'il en soit de ces explications, le fait subsiste ; et s'il n'y a pas immunité complète à l'égard de la tnberculisation pulmonaire, celle-ci est au moins ti'ès-rare, ce qui est déjà fort remarquable.

Suivant M. Wilson, les 19 districts houillers de l'Angleterre peuvent être partagés en quatre groupes : 1° Cornouailles ; 2° Staffordsbire ; 5° Northumberland et Diirham ; 4° sud du pays de Galles. De ces quatre groupes, c'est celui du Northumberland et Durham qui est le plus salubre. Sur 100 mineurs appartenant à chacune de ces quatre sections, la moyenne annuelle des décès est de 1,814; or pour les districts de Northumberland et' de Durham le rapport est seulement de 1,112 p. 100, alors que dans ces mêmes localités pour les sujets mâles, non compris les mineurs, le rapport de la mortalité est de 1,855 p. 100. Dans le sud du pays de Galles, les chiffres sont, pour les mineurs 2,618, et pour les autres liabilants de 2,314. La durée probable de la vie pour les individus âgés de 20 ans est, dans toute l'Angleterre et le pays de Galles, de 59 ans

en nombres ronds, et pour 63 districts Irès-salubres, de 43 ans. Or cette probabilité de survie est la suivante pour les quatre groupes houillers : Goriiouailles, 3-i ans ; Staffordsliire, 35 ans ; Durbam et Northumberland, 42 ans ; sud du pays de Galles, 30 ans. On voit que le chiffre de la contrée étudiée par M. Wilson est plus favorable que le chiffre moyen de toute l'Angleterre, et se trouve presque égal à celui des districts choisis. L'auteur attribue ces heureuses conditions au genre de vie des ouvriers du nord de l'Angleterre, aux soins hygiéniques qu'ils observent, à leur bonne conduite, due surtout à la stricte observance des principes religieux de la secte méthodique à laquelle ils appartiennent.

Kuborn, en Belgique, a dressé des tableaux très-détaillés d'après les malades qu'il a soignés dans la circonscription qu'il habite, et dont le chiffre s'élève à 540. En voici les principaux résultats : maladies des voies respiratoires, 113, dont 8 phtlusies seulement ; anémie, 81 ; scrofule, 18 ; affections des voies digestives, 83 ; rhumatismes, affections dorsolombaires, 51 ; affections du système nerveux, 50; du système cutané, 36; des yeux, 19; hygromas, hydarthroses, tumeurs blanclies, 14 ; etc.

Comme maladies imputables aux ouvriers des mines de houille, nous devons citer l'anthracose, dont il a été traité avec assez de détails pour que nous n'ayons pas à y revenir ici ; remarquons seulement les différences qui séparent cette maladie de celle que Brockmann a décrite sous le nom de pneumo-mélanose {voy. p. 225). Viennent ensuite les vices de conformation produits par de longues années de travail et, surtout, quand celui-ci a été commencé de bonne heure. Les plus âgés, dit M. Kuborn, ont le dos plus ou moins voûté, les épaules peu symétriques, l'une sur un plan postérieur à celui de l'autre, la clavicule d'un côté plus saillante que celle du côté opposé. Ces effets sont dus à une position habituelle prise de bonne heure, comme chez ceux qui travaillent un genou fléchi, reportant sur l'autre le poids du corps, sojt à cause d'une espèce de paralysie des intercostaux consécutive à un éboulement, soit d'une douleur qui a duré longtemps ; bref, le tronc se trouve incliné d'un côté, etc.

Chez les femmes qui travaillaient aux mines de charbon, on avait noté des vices de conformation portant particulièrement sur le bassin : saillie anormale du promontoire; rétrécissement obhque, ovalaire ; étroitesse générale du détroit infé^ rieur ; de là des accouchements très-laborieux, la nécessité fréquente du forceps, quelquefois même de l'embryotomie ou de l'opération césarienne. Faisons remarquer que le travail des femmes a toujours été repoussé en France par l'habitude, en Angleterre, depuis 1843, par une loi, en Prusse également par la législation, etc.

in. Règles d'hygiène pour l'exploitation des mikes. Avant d'aborder l'ensemble des précautions conseillées pour épargner aux ouvriers les graves inconvénients que nous avons lait connaître, nous devons entrer dans quelques détails sur deux moyens ap|)artenant à la prophylaxie dans laquelle ils jouent un grand rôle ; je veux parler de Véclairage et de la ventilation.

Éclairage DES mines. Dans les exploitations souterraines qui ont pour objet l'extraction des métaux, et dans certaines houillères privilégiées qui ne sant pas sujettes à la production de l'hydrogène carboné, on a recours, pour l'éclairage, à des lampes ordinaires ; les seuls reproches qu'on ait à leur adresser, c'est la consommation de la quantité d'oxygène nécessaire à leur combustion, et la formation d'une fumée plus ou moins épaisse, double circonstance qui contribue pour une bonne part à la viciation de l'air. Il y aurait heu de se demander, à cet égard, si l'on ne pourrait pas leur substituer avec avantage l'éclairage électrique.

l'ik MINES.

Dans les mines de houille où le grisou se monire en certaine quantité, la propriété si redoLitalile de ce gaz de s'enflammer au contact d'un corps en igmlion, rend al solumcnt iinpossible l'nsage des lampes ordinaires. C'est pour remédier aux accidents si graves et si fréquents occasionnés par rex[dosion de l'Iiydrogène carboné, que Davy (quelques-uns disent Stephenson) a imaginé la lampe qui porte son nom.

Nous n'avons pas l'intention de reproduire ici la longue et minutieuse instruction publiée, en 1824, par l'autorité, sur l'emploi de la lampe de Davy, on la trouvera tout au long dans l'excellent Dictionnaire d hygiène de M. Tardieu, et dans rou\rage déjà plusieurs fois cité de M. Hiembault. Nous nous contenteions de donner ici les considérations suivantes , éminemment pratiques, que nous empruntons à ce dernier auteur :

« Celte liimpe, dit-il, ne difi'ère des lampes ordinaires qu'en ce que sa flamme, au lieu de brûler à l'air libre, est enfermée dans une enveloppe formée par une toile métallique à réseaux très-fins.

« La merveilleuse propriété dont jouit cet appareil, de pouvoir maintenir un corps en ignition au milieu de gaz détonants sans les enflammer, repose sur ce fait : les gaz brûlant dans l'intérieur du tamis à une très-haute température, sont refroidis par leur contact avec la face intérieure du tamis métallique qui, en raison de sa conductibilité, subit la température plus basse des gaz extérieurs ; il s'ensuit que les gaz contenus à l'intérieur, après avoir traversé le tamis, n'ont plus une température suffisante pour enflammer ceux de l'extérieur. En d'autres termes, ce treillis laisse passer l'air nécessaire à la combustion et les produits de la combustion, s;uis qu'un gaz qui s'enflammerait à l'intérieur puisse communiquer la flamme à l'extérieur.

« Quand on pénètre, avec la lampe de Davy, dans une atmosphère contenant du grisou, la combustion se ralentit d'abord et la flamme donne moins de clarté ; si le grisou est en quantité suifisante, il pénètre bientôt dans l'intérieur du treillis et y brûle sous la forme d'un dard bleuâtre qui s'allonge à l'extrémité de la flamme et grandit plus ou moins, suivant la quantité plus on moins considérable du gaz ; elle peut arriver à occuper toute la longueur du treillis qu'elle échauffe et qu'elle rougit. Enfin, si le grisou est en trop forte proportion, la lampe s'éteint.

« Lors donc qu'on voudra s'assurer si la galerie dans laquelle on séjourne contient du giisou, on fera pénétrer la lampe de Davy dans la partie supérieure; car, en vertu de sa grande légèreté, par rapport à l'air atmosphérique, il occupe les couches les plus élevées. Mais cette introduction de la lampe de Davy dans un milieu délétère doit être entourée de précautions : la moindre secousse capable de produire un mélange d'air et de giisou dans des proportions qui le rendent détonant, peut occasionner l'exjjlosion, car la flamme de la lampe s'allonge et rougit bientôt le treillis. Il faut donc procéder avec lenteur et surtout avec sangfroid.

« Quelquefois les gaz s'enflamment dans l'intérieur du treillis en produisant une détonation très-légère qui peut faire croire, tout d'abord, que le feu s'est communiqué au giisou, et cependant la main qui tient la lampe ne doit pas lui conimuniquer de mouvements saccadés, ne doit pas trembler, sous peine de provoquer le mélange fatal. Dès que la lampe de Davy a révélé la présence du danger, on doit prendre les plus grandes précautions, et, bien que l'expérience ait prouvé ei prouve encore tous les jours que le treillis sullit à prévenir reyplosioiij

il faut néanmoins user de prudence, se garer des courants d'air un peu violents. Davy lui-même avait constaté que la fhinime peut traverser le treillis, si elle est poussée par une vitesse de 1™,50 par seconde. Aussi avait-il proposé de munir la lam| e d'un écran. »

Cet appareil n'e.^t donc pas parfait, et, malgré ses propriétés si remarquables, il ne met. pas complètement à l'abri des accidents. Mais ce n'est pas tout; les ouvriers, dans leur mépris du danger, parviennent à ouvrir les lampes pour voir plus clair, pour allumer leur pipe ou pour le simple plaisir de braver un règlement. De là, bien souvent, des malheurs terribles que l'on aurait pu éviter.

On a donc cherché à perfectionner de dilTérentes manières la lampe de Davy, tout en lui conservant ce qui fait son principal caractère, le treillis métallique. Ainsi Mueseler a introduit quelques modifications complétées par M. Arnoux et qui ont fait adopter son appareil dans beaucoup de mines de Belgique. 11 conserve, cela va sans dire, la toile de Davy, à laquelle il ajoute un diaphragme également en trediis, et que surmonte une cheminée par laquelle s'échappent les produits de la combustion, et, pour s'opposer aux imprudences des ouvriers, on a placé audessus de la mèche un petit opercule à bascule qui retombe et éteint la lampe aussitôt qu'on enlève le verre.

De son coté, un industriel de Lille, M. Dubrulle, a proposé quelque chose d'analogue. Quand le mineur veut ouvrir sa lampe, la mèche rentre dans le l'éservûir d'huile et s'éteint. Mais, comme l'a fait observer M. Combes, l'ouvrier porteur d'une telle lampe et qui voudrait l'ouvrir ne mauquei'ait pas de le faire, il en serait quitte pour la rallumer à l'aide d'une allumette chimique qu'il aurait dans sa poche.

Dans le même but, M. Laurent Lermusiaux a imaginé un nouveau système d'ouverture : l'embase qui sert d'attache à la toile métallique est retenue par une tige qui se loge dans une cavité correspondante ; cette tige se termine par un piston pressé par un ressort, et le tout est renfermé dans un petit cylindre de cuivre dont la partie inférieure est percée d'un trou de 2 millimètres de diamètre environ. Ce petit cylindre, soudé dans le corps de la lampe elle-même, se termine en de>sous par une saillie que l'on engage dans un tuyau en caoutchouc ; puis, faisant le vide au moyen d'une pompe pneumalique, en posant le pied sur une pédale, on force le pistou à redescendre. On prend alors la bimpe par les tringles en tournant le couvercle de gauche à droite, celui-ci se dégage entièrement de ses rainures.

Ici se place un système tout à fait difféi^ent et qui laisse entièrement de côté le treillage métallique ; c'est la lampe de M. Chuarl. La lumière n'étant pas obscurcie par la toile métallique, donne un éclairage huit fois plus <;ousidérable, et elle peut brûler pendant 24 heures en consommant seulement pour 5 centimes d'huile. L'air arrive à cette lampe au moyen d'un orifice percé dans la paroi latérale et qui communique avec quatre tuyaux concentriques où l'air circule et dont les dimensions ainsi que réchauffement activent le tirage. Auprès de la double mèche se trouve le piston d'une petite soupape retenue seulement par un cheveu. Si de l'air chargé de grisou pénètre dans la lampe, il s'entlamme, le cheveu brûlé laisse retomber la soupape et la lampe s'éteint. Cet appareil est complété par nn autre qui permet à l'ouvrier de s'éclairer en se retirant. Cette autre lampe est alimentée par l'oxygène pur provenant de la décomposition du nitrate d'ammoniaque placé dans une petite cornue située au-dessus du foyer de celte lampe chimique.

Les dangers qui résultent de l'emploi de lumières constituées par un corps en ignition, ont fait songer à l'emploi de la lumière électrique qui peut exister dans le vide et qui, par conséquent, ne saurait enflammer les gaz combustibles. Ainsi M. Boussingault a établi un courant entre deux pointes de charbon disposées soit dans le vide, soit sous l'eau, et il en a obtenu une lumière très-brillante. M. de la Rive, le savant physicien de Genève, a fait, de son côté, beaucoup de recherches sur cette question, et il est parvenu à fabriquer des appareils dans lesquels la lumière électrique, occupant l'intérieur d'un petit ballon de verre hermétiquement fermé, ne saurait agir sur l'atmosphère environnante.

Il serait bon d'établir de petits systèmes portatifs qui serviraient à l'ouvrier pour son travail, comme le fait la lampe de Davy, mais avec un pouvoir éclairant plus considérable. C'est d'après les propriétés bien constatées du pouvoir éclairant de l'électricité, qu'a été construite, par MM. Dumas, ingénieur aux mines de l'Ardèche, et Benoît, docteur en médecine, la lampe nommée par eux photo-électrique. Elle se compose d'une petite pile, constituée par un élément de zinc amalgamé, sous forme de cylindre, un vase poreux en porcelaine et un prisme de charbon de cornue à gaz ; le tout renfermé dans un vase de gutta-percha, et les choses disposées de manière à ce que les liquides que contient cette lampe ne puissent s'épancher au dehors. La pile est mise en activité par l'introduction dans le vase poreux d'acide sulfurique à 18° et de bichromate de potasse. Le courant est transmis par la bobine d'induction de Ruhmkorff; enfin, le tube éclairant oîi se trouvent les tubes de Geissler est rempli de gaz raréfié (surtout l'acide carbonique, qui donne une lumière blanche). Un interrupteur mù par un bouton arrête ou rétablit à volonté le courant. La lampe se porte et se met sans difficulté dans toutes les positions ; la longueur des fils permet ces déplacements. H y a deux modèles principaux de ces lampes, le plus grand peut fonctionner pendant 24 heures et le plus petit pendant 12 à 15 heures. Cet appareil, proposé depuis une dizaine d'années, n'en est pas à faire ses preuves ; on l'a employé déjà avec succès dans plusieurs circonstances graves (Guérard).

Il est bien à désirer qu'on obtienne enfin un système d'éclairage exempt des inconvénients reconnus à tous les systèmes proposés jusqu'à ce jour, car, il ne faut pas l'oublier, la vie de centaines d'ouvriers est incessamment à la merci d'un accident, ou de l'imprudence d'un seul.

Ventilation des mines. Les causes si nombreuses qui altèrent la pureté de l'atmosphère des mines ont nécessairement excité le zèle des ingénieurs, et de nombreux travaux ont été entrepris dans le but de faire pénétrer de l'air pur jusqu'au fond des galeries les plus reculées, soit en l'y poussant directement, soit en le forçant d'y arriver par différentes voies pour remplacer les gaz nuisibles entraînés au deliors par un appel énergique. L'air est projeté dans les mines par des machines soufflantes d'une grande puissance, dirigé par des tuyaux dans les différentes parties où sa présence est nécessaire. L'Académie des sciences, sur un rapport de M. Rolland, a décerné, en 1872, à M. Guibal, ingénieur des mines du Hainaut, un prix de 2,500 francs pour son ventilateur, employé avec un succès bien constaté, depuis une douzaine d'années, dans différentes mines de Belgique, de France, d'Angleterre et d'Allemagne. Ce ventilateur rentre dans la classe des ventilateurs à force centrifuge ; il ditlère des appareils de ce genre, usités antérieurement par ses proportions considérables, par la simplicité de son installation, et l'économie très-réelle qui en résulte. Sa puissance permet de porter son action dans les galeries de mines à des profondeurs plus considérables que par le

passé. Un ventilateur de ce syslème, dont la roue h pahMles, a un dianièlic de 12 mètres et une largeur de 4 mètres, et qui est mù directement par une machine de 120 chevaux, n'a coûté à établir que 50,000 francs seulement. Quand on a recours à l'aspiration, on place des foyers incandescents dans des puits creusés à cet effet ; ces foyers attirant fortement l'air des régions souterraines, l'obligent à monter par les puits, tandis que d'autres ouvertures, communiquant également au dehors, laissent passer l'air extérieur qui va prendre la place de celui qui a été aspiré par les conduits d'évacuation.

M. Combes a fait voir les dangers des foyers dans les mines de houille sujettes au grisou ; ces foyers peuvent enflammer le gaz explosible et amener des accidents terribles. 11 leur préfère des machines qui dépenseraient moins de combustible ; d'un autre côté, suivant lui, les machines souiflantes l'emportent de beaucoup sur les machines aspirantes, malgré le préjugé contraire qui règne parmi les mineurs. Elles exigent une somme de force motrice beaucoup moindre que les secondes foutes les fois que l'air ne se refroidit pas dans le parcours des galeries souterraines, ce qui n'a presque jamais lieu dans les mines de houille d'une grande étendue.

Le savant ingénieur que nous venons de nommer admet l'influence de faibles variations atmosphériques sur la quantité de gaz inflammable qui se répand dans les mines de houille {voy. plus haut, p. 240), quoique, comme nous l'avons vu, ce gaz puisse se dégager sous des pressions qui dépassent de Leaucoiip ia pression atmosphérique. 1/influence des variations dépression est considérablement accrue par l'existence de vieux travaux abandonnés, que l'on isole des travaux en activité par des barrages qu'il est impossible de rendre imperméables à l'air, et dans lesquels le courant d'aérage ne pénètre pas directement. Ces vastes cavités remplies d'hydrogène carboné seul ou mélangé d'air, versent une partie de leur contenu par les tissures des barrages dans les travaux de la mine, lorsque la pression barométrique vient à diminuer, et reçoivent, au contraire, l'air extérieur, quand la pression augmente. Leur existence amène donc des variations très-considérables dans la quantité de gaz inflammables que le courant d'air amené dans la mine doit délayer et entraîner au dehors. La néceï^silé d'activer la circulation, quand le baromètre baisse, fait que la pression de l'air en mouvement dans les galeries souterraines varie plus ou moins que la pression atmosphérique extérieure, suivant que l'on emploie, pour déterminer le courant d'air, des machines aspirantes ou soufflantes ; ces dernières auraient donc encore l'avantage de resserrer les variations de pression de l'air qui parcourt les galeries entre des limites plus étroites, ce qui est un nouveau motif de les préférer aux autres. Du reste, M. Combes approuve l'emploi de baromètres placés en différents points de la voie d'aérage, afin d'évaluer à chaque instant la pression de l'air.

Jusqu'à quel point les données de la science peuvent-elles répondre à l'application pratique ? On a dit que la ventilation entrauiant les gaz dangereux à mesure qu'ils se forment, tout péril devait disparaître. M. Kuborn voit là de grandes difficultés, quel que soit le système employé. D'abord la disposition des anciennes mines avec leurs voies étroites, anguleuses, irrégulières, ne permet pas un aérage facile et surtout complet ; mais même avec les galeries nouvelles, plus larges, mieux aménagées, le renouvellement de l'air laisse encore à désirer.

Suivant un habile ingénieur belge, M. Hamal (De l'aérage, etc. Liège, 1858), avec une ventilation active, bien conduite et bien distribuée, on peut, « si?ion éviter les accidents, du moins en diminuer beaucoup le nombre et la gravité.

Le même auteur dit encore qa'il est prouvé par l'expérience que la diffusion complète du grisou est loin de se faire instantanément, lors même qu'elle est favorisée par le cour.int. 11 constate que, même aujourd'hui, la sectioa des voies 'de retour de l'air échappé et chargé de gaz, ne se trou\e que rarement avoir les dimensions suffisantes, eu égard à celle des voies d'entrée. 11 faut encore que l'air fourni par les ventilateurs ne trouve d'autre issue que celles qui le conduisent à destination. « Or, pour quiconque connaît les travaux souterrains, il est certain que cette condition ne se trouve pas satisfaite; quelque soin que l'on apporle au ramblayage, à la confection et à l'entretien des portes ou des ouvertures qui les remplacent, etc., il reste toujours des passages par où l'air peut couper au court, en donnant lieu à des pertes qui réduisent d'autant l'effet de la machine. » Un autre ingénieur bien connu, M. Brard, a confirmé les mêmes assertions. Et d'ailleurs, comme le fait judicieusement observer M. Kuborn, qui insiste sur ces détails, on s'est plus occupé du grisou, plus léger que l'air, et auquel on s'efforce de donner une marche ascensionnelle, que de l'acide carbonique, plus lourd que l'air et qu'il faudrait dis]>erser par des courants descendanls. Le renouvellement de l'air ne peut jamais être complet dans ces boyaux étroits où l'ouvrier respire les émanations de la houille, celles qui proviennent de la déflagraiion de la poudre et les siennes propres ; et d'ailleurs une foule de circonstances viennent neutrahser en partie les effets de l'aérage. Lorsque l'espace où travaille le mineur est trèsresserré, que celui-ci veut se soustraire au courant d'air vif et chargé de poussières qui le frappe au visage et l'aveugle, il obstruera lui-même la voie à l'air du dehors pour ne pas en être incommodé ; l'encombrement amène aussi ce résultat, « et lorsqu'il faudrait, ici surtout, une ventilation active, le courant d'air sera divisé, brisé, arrivera au fond de la mine divisé et affaibli ; son action sera presque nulle. Il en est, à plus forte raison, de même, lorsque la houille abattue intercepte le passage à l'air. Les ouvriers qui travaillent aux étages supérieurs, respirent constamment un air chargé des principes luiisibles balayés des étages inférieurs. Le contraire aurait lieu, c'est-à-dire que ce seraient les ouvriers des étages inférieurs qui se trouv^raient dans ce cas, si le courant, au lieu d'être ascensionnel, était descendant. Enfin, la ventilation a peu de )uissance sur les gaz accumulés dans les fissures ou cavités, comme il s'en rencontre à chaque instant dans les mines de houille » (Kuborn).

La ventilation dans les mines, de même que dans nos grands édifices publics, hôpitaux, prisons, etc., rencontre donc, dans la pratique, une foule de difficultés que la théorie n'avait pas pu prévoir, et, pour le cas particulier qui nous occupe, elle peut bien atténuer, mais non détruire entièrement les inconvénients et les dangers qu'elle a pour mission de combattre.

Précautions et règles à recommander. iNous avons assez longuement insisté, dans le courant de cet article, sur les diverses causes, tant intrinsèques qu'extrinsèques, qui peuvent menacer la santé et la vie du mineur, sur las conditions avantageuses à l'aide desquelles on est parvenu à les maîtriser dans certaines localités, pour que nous ayons ici besoin de beaucoup de détails. Nous nous bornerons donc à faire remarquer que ces conditions d'amiliorations et de sécurité dépendent: 1° de l'autorité gouvernementale ; 2° de l'ailministration des mines ; d° des médecins attachés à ses exploitations, et enfin 4" des ouvriers eux-mêmes.

1" L'autorité doit exiger : une bonne et exacte ventilation des mines ; la suppression des boyaux étroits et tortueux, et leur remplacement par des galeries suffisamment larges et élevées. Un enlretien soigneusement exécuté, des étais,

cnvebges, barrnges, miiraillcments, elc. ; un assèchement complet des galeries à l'aide de rigoles, conduisant les eaux dans un point déterminé d'où il sera facile de les extraire à l'aide de machines d'épuisement ; le remplacement des échelles par les systèmes à paliers mobiles dont nous avons parlé. L'autorité devra encore interdire formellement le travail dans les mines aux femmes et aux jeunes garçons âgés de moins de douze à treize ans. Ces derniers ne seront admis que sur présentation d'un certificat attestant qu'ils ont suivi l'école primaire pendant quatre années (l'école doit être gratuite). La durée du travail ne doit pas excéder huit heures avec des intervalles.

2" \j administration doit veiller à l'exécution de certaines mesures hygiéniques recommandées aux ouvriers et dont nous allons parler ; interdire rigoureusement l'entrée des mines à tout individu eu état d'ivresse et rayer des contrôle,-; les ivrognes de profession ; favoriser par tous les moyens possibles la construction de petites habitations avec jardin, et dont l'ouvrier pourrait devenir propriétaire (voy. iM.4NUFACT0REs, p. 64'2) ; favoriser également l'établissement d'écoles où le mineur pourrait acquérir des connaissances professionnelles, et d'autres écoles où les enfants d'ouvriers puiseraient l'instruction primaii e. M. Kuborn propose très-judicieusement d'établir, les années de cherté de vivres, des magasins de substances alimomaires, dans lesquels l'ouvrier pourrait se procurer au prix de revient les denrées qui lui sont nécessaires.

5" Aux médecins incombent d'autres devoirs. Ils devront s'assurerque les individus qui veulent se livrer au travail des mines ont la sanlé, la constitution et la vigueur nécessaires ; examiner soigneusement, avant de délivrer un certificat d'aptitude, les organes dont les l'ouctions peuvent être altérées par le genre de travail qui nous occupe ; les voies digestives, mais surtout les organes de la respiration et de la circulation, et cela d'après le genre d'occupation auquel l'ouvrier se destine ; exiger qu'il soit réparli à chaque ouvrier une somme de travail proportionnée à ses forces; surveiller attentivement l'état de santé de chacun et saisir, dès le début, les différents états pathologiques signalés plus haut, afin d'être en mesure de les combattre à temps.

i" L ouvrier, de son côté, a diverses précautions à prendre et qu'il sera bien difficile de lui faire adopter quand il n'en a pas l'habitude. 11 ne doit pas sortir sans avoir pris quelque aliment chaud, et sans emporter avec lui quelque nourriture pour prendre pendant la durée de son travail. Il évitera, en allant à la mine, toute marche précipitée, toute course qui le fatiguerait à 1 avance ; de même à la sorjie. Quand il mange dans les galeries, il doit avoir grand soin de se laver les mains, la bouche, suivant la nature de la substance qu'il doit extraire ; nous en avons déjà parlé. Mous ne répéterons pas non plus ce que nous avons dit vingt fois dans le courant de cet article sur les autres soins de propreté, sur l'alimentotion, le vêtement, les habitations, etc., etc. E. Beaugrand.

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MINES (bibliographie). 251

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:i52 MIQUEL.

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MIKETARIS (les). Nation amcricaine, qu'on rencontre entre le Mississipi elles montagnes Rocheuses {voy. Amérique, p. 618).

MIIVGRELIEIVS. Tribu géorgienne {voij. Gaucasiques [provinces], p. 582).

MIIVIIJI!!. Deutoxyde de plomb {voy. Plomb).

milVORATIFS (de minorare., diminuer, amoindrir). On donne ce nom aux substances qui ont la propriété de purger très-doucement [voy. Laxatifs et Purgatifs).

miIWYAIVTHE. Nom employé quelquefois à la place de Wé^yamthe [voy. ce mot). Pl.

MilWYANTiiiE. Voy. Inuline.

MIQUEL (Map.cel-Marie). Né à Villefranche en 1803, mort à Nice le 9 octobre 1847. Reçu docteur en médecine à Montpellier, Miquel vint bientôt à Paris, où Laënnec le choisit pour son chef de clinique ; à la mort de celtii-ci, il fut attaché, an même titre, au service de M. Cayol. Le nom de ses chefs indiipie suffisamment les tendances médicales de Miquel; il fonda, en 1831, le Bulletin général de thérapeutique, où il s'efforça tout à la fois de combattre la doctrine physiologique, de remettre en honneur le système vitaliste, et de réorganiser une thérapeutique violemment ébranlée par la médecine de Broussais. Dans cette lutte, souvent ardente, il déploya beaucoup de talent et une grande vigueur. On pourrait citer de lui un grand nombre d'articles remarquables, entre autres : De l action médicale c/j l'organisme, de l empirisme et du rationalisme en thérapeutique ; De la vanité des systèmes en thérapeutique; Discussions de l'Académie sur la fièvre typhoïde et la méthode numérique, etc., insérés dans le Bulletin; De l'angine couenneuse et du croup (Gaz. de santé, 1829); Mémoire sur quelques maladies du cœur et des gros vaisseaux (iXouvelle bibliothèque médicale), etc., etc. ; Essai physiologique et médical sur les calculs des voies urinaires (Thèse inaugurale). Miquel avait élé secrétaire de l'Athénée de Médecine, de la Commission de salubrité du quartier de la Banque, et médecin de la Société philanthropique. H. Mr.

miquel (Antoine). Né à Béziers le 6 mars 1796, mort dans la même ville le 17 juin 1829. Il commença ses études médicales à Béziers, et les termina à Montpellier, où il fut reçu docteur en 1818. Il vint d'ubord à Paris, où, dès 1821, il devint rédacteur de la Gazette de santé. U se fit remarquer par une polémique ardente contre Broussais et sa doctrine. Sasauté chancelante l'obligea à aller ensuite s'établir à Montpellier, oi'i il prit une part brillante à un concours pour l'agrégation. U mourut presque immédiatement, et sans avoir pu donner la mesure de toute sa valeur. On a de lui ;

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