MIRABILIS
Jalapuim de Blackwell, le Nijctago Jalapœ de De Candolle {FI. franc., III, 425) et le N. horlensis de Curtis (in Bot. Mag., t. 571) et de Pleack {Icon. plant, medicin., t. 157). On lui a jadis attribué l'origine du véritable Jalap que d'autres ont pensé aussi provenir du M. dichotoma L. {Spec, 252) et du M. longiflora L. Le premier a même été nommé par Martin {Cent., I, t. 1) Jalapa officlnarmn; c'est aussi le Nyctago dichotoma J., assez souvent cultivé en Europe sous le nom vulgaire de Fleur de quatre heures. Le M. longiflora est le Jalapa longiflora de Mœnch. Plenck l'a représenté dans la planche 158 de son ouvrage précité sur les plantes médicinales. C'est YAlzoyaté d'Hernandez {Mex., 170, fig. 2). Aujourd'hui, on sait que le bon Jalap tubéreux est produit par une Convolvulacée, que nous avons nommée Exogonium Jalapa (E. Purga Bentii.), et que tous ces Mirabilis ne donnent que des racines de laux jalaps, à coupe polie, grisâtre ou noirâtre, marquée de couches concentriques. Cette racine est, d'aprèg Guibourt, « dure, compacte, très-pesante, d'une odeur faible et nauséeuse et d'une saveur douceâtre, laissant un peu d'àcreté dans la bouche. » Elle n'en paraît pas moins douée de propriétés purgatives assez énergii(ues, et on l'a jdusieurs fois employée comme telle, notamment dans son pays natal. On lit dans le Diciionnaire de matière médicale de Mérat et Delens (IV, 401) : Les fruits du M. Ja' lapa (( sont remplis d'une farine ou fécule très-abondante, dont les Japonais forment, dit-on, une espèce de fard (Thunberg, FI. japon., 91), mais dont on pourrait tirer un meilleur parti, car nous ne doutons pas qu'à l'aide de moyens convenables on ne puisse en extraire une fécule nutritive abondante, ces grains étant nombreux et la plante très-robuste. La Nyctage est réputée purgative à dose de 40 grains de sa racine, au dire deChambertin; mais, d'après M. Desvaux, cet effet est incertain, et 2 gros, suivant lui, n'ont procuré qu'une selle {Journ. de Bol., VI, 202). L'extrait alcoohque, à 40 grains, a produit six selles (Coste et Willemet, Mat. méd. indig., 46). Le M. dichotomaL. purge mieux que le M. Jalapa. » Gilibert a guéri du tsenia avec 8 grammes de la racine. Bodart a vu beaucoup d'affections cutanées céder à son emploi, à la dose répétée de ls'',50, avec adjonction de fleur de soufre et de racine de Grande-Patience. Roques recommande comme vermifuge et comme purgatif léger pour les euf;ints et les personnes délicates, un mélange de l8'',50 de racine de Belle-de-Nuit et de 15 grammes de sucre blanc dans une tasse de thé léger ou de quelque autre infusion. Cazin {Tr. des pi. méd. indig., éd. 3, 185) dit que a la Belle-de-Nuit naturalisée dans nos climats peut nous dispenser de faire venir le jalap du Mexique. » D'après lui (et il s'agit de racines récoltées dans son propre jardin), « en ajoutant 60 centigrammes d'extrait résineux alcoolique de cette racine à l'extrait aqueux, on obtient un purgatif qui peut convenir dans tous les cas où le jalap et la scammonée sont indiqués. Nous devons dire toutefois que cet extrait alcoolique est très- actif et qu'il doit être administré avec circonspection.- La racine en poudre, à la dose de 2 à 4 grammes dans un verre d'eau sucrée, est beaucoup plus sûre et m'a parfaitement réussi; elle a produit quatre à six selles chez trois adultes auxquels je l'ai administrée à la dose de 4 grammes ; à doses proportionnées à l'âge, elle a agi à la fois comme purgatif et vermifuge chez des cnflmts lymphatiques, lourds, à gros ventre. » Nées d'Esenbeck {Plant, medic., Suppl., t. 35) a admis que le M. Longiflora produit la Bacine de Méchoacan gris ou Radix Metalistœ des officines, drastique énergique. On rapporte à la même espèce le M. suaveolens H- B. K. et le M. odorata de nos jardins, qui sont considérés au Mexique, de même que le M. Jalapa, comme de bons remèdes contre les rhumatismes et la
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diarrhée, dms ce dernier cas, ces purgatifs agissent sans doute comme substitutifs. H. Bn.
L., Gen., n. 159. — G^rtn., De fnict., II, 207, t. 127. — Lamk, Dict. encijcl, IV, 481 ; suppl, IV, 84; llliistr., t. 105. — Endl., Gen. plant., n. 2003. — Ciioisy, in DC. Prodr., XIII, sect. II, 427. —Payer, Organog., 297. — Guibourt, Tr. des Drog. siinpL, éd. 6, II, 444, lig 487. — RosENTH., Syn. plant, diaphor., 227. — H. Bâillon, Histoire des plantes, IV, 1, 16, 18, fig. 1-10.
MIRitfiË. Phénomène d'optique, en vertu duquel l'observateur croit voir les objets lointains, les nuages, les arbres, etc. , retlétés dans une nappe brillante, comme dans un miroir. Le mirage dit inférieur se produit princi[ialement dans les plaines sablonneuses échauffées par un soleil ardent. Les couches d'air les plus voisines du sol, qui sont les plus chaudes, ayant perdu de leur densité, les rayons lumineux partis d'un objet déterminé, d'un nuage par exemple, subissent en traversant ces couches une réfraction qui les dirige vers l'œil de l'observateur et lui porte ainsi l'image de l'objet, en même temps qu'il voit déjà cet objet par les rayons directs. Le mirage supérieur est inverse du précédent, et se produit souvent le matin, sur la surface de la mer, quand, l'eau étant moins refroidie que l'air, la densité des couches d'air diminue de bas en haut. Enfin, le mirage latétal, qui peut s'observer partout, se produit quand la réfraction des rayons lumineux est moilifiée par réchauffement d'une surface plus ou moins verticale, telle qu'un mur. Une image de l'objet est portée à l'œil de l'observateur par les rayons réfractés an voisinage du mur, tandis que le même objet est vu directement.
MIRAL (Eaux minérales du) athermales, chlorurées sadiques fortes, chlorU' re'es caîciques et magnésiennes moyennes, non gazeuses, dans le département de la Drôme, dans l'arrondissement et à 18 kilomètres de Die, à 2 kilomètres et dans la commune de Luc-en-Diois, émergent du flanc d'une montagne et d'un terrain calcaire les deux sources du Miial. La première, la plus anciennement connue, se nomme la source du Cerisier; elle a un débit de 4,000 litres d'eau en 24 heures. En creusant les tranchées nécessaires pour le captage et l'aménagement de cette source, et après avoir pratiqué une galerie, d'une profondeur de 50 mètres environ, dans une sorte de grès superficiel et une épaisse couche de cailloux roulés, on trouva une nouvelle source sortant d'un schiste marneux, doublé d'une couche argileuse, à laquelle on donna le nom de source de la Galerie.
1" Source du Cerisier. On lui a donné ce nom parce qu'elle émerge entre les racines de trois ou quatre arbres de ce nom. Son eau est claire, limpide et transparente, elle est onctueuse au toucher, d'un goût salé, sans amertume marquée, fraîche à la bouche et d'une digestion facile. On ne connaît exactement ni sa température ni sa densité. M. Henry (Ossian) en a fait l'analyse chimique dans le laboratoire de l'Académie de médecine, en 1857, il a trouvé les substances suivantes dans 1,000 grammes d'eau de la source du Cerisier.
Chlorure de sodium S,730.
— calcium 1,400
— ijiagnésium 1,380
— pota>i-ium 0,930
Bicarbonates de chaux et de magnésje. . . 0,400
Sulfates de soude et de chaux 0,330
Sesquioxyde de fer 0,030
lodure et bromure alcalin évalués à . . . 0,007
Silice ou silicates, matière organique. . . . 0,045
Total ces maiiëhes fiiies 10,'iâ2
'250 MIRAL (eaux minérales du).
2" Source de la Galerie. Son eau sort goutte à goutte de la profondeur du tunnel dont nous avons p:irlr, elle et recueillie dans un bassin auquel viennent aboutir les tuyaux qui la conduisent dans de gra des cuves, adossées à la partie inférieure de l'établissement. L'eau de cette source est claire, transparente et limpide ; elle est inodore, quoiqu'il se dégage d'une certaine partie de la galerie une odeur que rappelle celle des vapeurs iodées. Son goût est très-salé et en même temps il impressionne la bouclie comme les prépai ations d'iode ou mieux comme une solution assez concentrée de bromure de potassium. L'eau de la source de la Galerie, pas plus que celle du Cerisier, n'est traversée par des bulles gazeuses. On ne connaît pas non plus sa tem|iérature, mais sa densité est de 1,0055426, d'après M. Roux, pharmacien à Montélimart.
M. Villol, ingénieur en chef des mines à Marseille, a trouvé en 1861 dans 1000 grammes de l'eau de la source de la Galerie les principes suivants:
Chlorure de sorlium 1S.952
— calcium 5, loi
— magrirsium ......... 0,264
— potassium 0,oR7
Birarbonate de cUan\ et de magnésie . . . 0,547
Sulfate de chaux anhydre 0,0S5
Oxyde de fer et silice 0,010
Iode 0,00«
Brome. ...'.... indiqué
Matières organiques, pas d'acide phospho-
rique
Total des matières fixes 20,1!S7
Emploi thérapeutique. L'eau des sources du Mirai est employée en boisson, en bains, en douches et en applications topiques, par les habitants du voisinage qui, pour se guérir ou guérir leurs enfants des maladies occasionnées par un tempérament lymphatique exagéré ou par une scrofule confirmée, viennent tous les matins ingérer ou l'aire prendre d'un à six verres de l'eau de la source du Cerisier ou d'un à deux verres de la source de la Galerie. Les effets physiologiques principaux de ces eaux sont ceux des chlorurées froides et fortes, c'est-à-dire, qu'à petites doses, elles constipent, et qu'elles purgent employées en quantité plus considérable. Cette double propriété explique comment elles sent opposées avec succès contre certaines diarrhées et en même temps contre les constipations opiinalres et leurs conséquences. L'eau du Mirai, comme ses congér.ères, forliOe tout en purgeant, ce qui permet son administration dans les états pathologiques qui, comme l'anémie et la chlorose, léclament le bénéfice de ces deux propriétés. Mais c'est contre les manifestations ganglionnaires, péri-osseuses et osseuses de la scrohde que Lusage niterne et externe assez longtemps continué de l'eau du Mirai a l'elficacité la mieux marquée.
Si l'on veut bien se reporter au tableau de la composition élémentaire des Ciiux du Mirai, et surtout de celle de la source de la Galerie, on reconnaîtra sur-lechamp que la proportion de ses chlorures alcalins, de ses iodures et de ses bromures est en quantité suffisante pour expliquer aisément les résultats qu'on en obtient et qui sont aussi satisfaisants que ceux de sources beaucoup plus célèbres.
La durée de la cure est de 25 jours en général.
On exporte et l'on exportera sur une grande échelle l'eau des sources du Mirai.
A. RoTUREAU.
BiEUOGPAi'HiE. — Henry (Ossian). In Bulletin de l'Académie de médecine, t. XXVI, p. 101. — Du MÊME. In Revue bibliographique des Annales de la Société d hijdrologie médicale de