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PHARMACIE

Chimie et physique médicale Un premier professeur.

Histoire naturelle et matière médicale ... Un professeur. Pharmacologie Un professeur.

Ces places étaient données au concours; pouvaient y prendre part, les officiers de santé des différents grades, depuis celui d'aide-major jusqu'à celui de major ou d'ordinaire de première classe.

Les cours, répartis en semestre d'hiver et semestre d'été, du 1" octobre au 31 août, suivaient un programme identique pour les trois hôpitaux ; les élèves étaient forcés d'y assister et de prendre des notes. Tous les trois mois, ils devaient répondre à un examen portant sur les matières étudiées pendant le trimestre, et, à la fui de l'année, subissaient un examen général donnant lieu à un classement, en vertu duquel les élèves de première année étaient admis à passer en seconde, ceux de seconde à passer à l'hôpital de perfectionnement. Des prix étaient délivrés aux candidats classés en tête de la liste.

Soumis à la discipline militaire, portant l'uniforme, les élèves étaient néanmoins admis à loger en ville, trois aides-majors demeurant chargés des détails de la surveillance, sous la direction du président par quartier. On désignait, sous ce titre, l'un des trois premiers-prolesseurs chargé, sous le contrôle du sousintendant militaire, de la direction de l'hôpital au point de vue des études et du fonctionnement général ; mais, au lieu de maintenir dans ces fonctions le plus ancien des trois premiers professeurs, on les faisait alterner tous les trimestres, d'où le nom de par quartier, donné à celui qui était chargé de la présidence. Au point de vue militaire, ce système ne laissait pas que de paraître assez irrégulier, mais on le jugeait indispensable, en raison de la division du corps en médecins, chirurgiens et pharmaciens.

Au début delà troisième année d'études, les élèves admis aux examens de fin d'année, passaient à l'hôpital de perfectionnement établi à Paris, au Val-de-Grâce. Le personnel de cet hôpital, recruté parmi les professeurs des hôpitaux d'instruction, comprenait onze titulaires, neuf pour des chaires analogues à celles des hôpitaux d'instruction, et, en plus : un professeur-médecin ou chirurgien pour la physiologie et l'anatomie pathologique, un professeur-chirurgien pour la médecine opératoire.

Les cours, également divisés en deux semestres, se terminaient par un classement général des élèves et leur admission dans le corps avec le titre de chirurgien sous-aide. Pourvus de ce grade, ils étaient dirigés sur les hôpitaux militaires, et le plus généralement en Algérie, à l'exception toutefois des quatre premiers de chaque promotion, admis à retourner immédiatement dans les hôpitaux d'instruction et, deux ans plus tard, à subir le concours pour le grade d'aide-major.

Leurs camarades, au contraire, ne revenaient en France qu'à une époque indéterminée, dans la proportion de deux tiers à l'ancienneté et un tiers au choix. Admis enfin à reprendre leur scolarité, ils devaient passer un an dans les hôpitaux de Metz, Lille et Strasbourg, puis un an dans les hôpitaux de Paris, année pendant laquelle ils avaient également à subir leurs examens de doctorat et à concourir enfin pour le grade d'aide-major.

C'est là qu'était le grand vice du système des hôpitaux d'instruction ; sauf les quatre premiers de chaque promotion, les chirurgiens sous aides, disséminés avant que leur scolarité fût terminée, avant que les bases de leur instruction fussent suffisamment solides, se laissaient aller trop souvent à la pente assez natu-

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relie à leur fige, oubliaient plus ou moins ce qu'ils avaient appris; ils gagnaient, il est vrai, au point de vue pratique, mais, en somme, ne se préparaient point aux examens de doctorat qu'il leur restait à subir. Rappelés enfin dans les hôpitaux d'imtruction, souvent après cinq ou six ans d'absence, ils devaient presque reprendre leur instruction ab ovo; ils se pliaient moins facilement à la discipline de l'école, après ces années d'existence libre, indépendante, aventureuse qu'ils avaient menée en Afrique et dans les expéditions. Un grand nombre parvenaient cependant à subir leurs examens probatoires, mais d'autres retardaient indéfiniment ces épreuves, prenaient une commission d'aide-major, et n'obtenaient le brevet que longtemps après , lorsqu'enfm ils pouvait acquérir le diplôme de docteur.

Ces faits, consignés dans les rapports de l'époque, sont signalés avec précision par Bégin [Éludes sur le service de sanlé militaire en France, Paris, 1860, p. 254) et sont encore présents à la mémoire de tous ceux qui y ont assisté. Des règlements assez précis tendaient cependant à imprimer une certaine activité scientifique au corps de santé ; c'est ainsi que, dans les hôpitaux de l'intérieur ou de l'Algérie, autres que les hôpitaux d'instruction, les jeunes sous-aides ou aides-majors devaient suivre, pendant l'hiver, un cours d'anatomie fait par le chirurgien en chef, un cours de physiologie fait par le médecin en chef, pendant l'été, des exercices pratiques de chirurgie, de médecine opératoire, de pharmacologie, pendant toute l'année, des cliniques avec applications de thérapeutique et d'hygiène. Il est malheureusement plus facile d'inscrire ces cours dans un règlement que de les faire professer et de les faire suivre. Le professorat, même le plus élémentaire, exige une somme de travail et des facultés toutes spéciales que l'on ne peut trouver chez tous les médecins. On peut être excellent praticien et très-médiocre professeur, et véritablement il semble que, pour exiger des services pareils de tous les chirurgiens ou médecins des hôpitaux militaires, il fallait ignorer absolument ce qu'est en réalité l'enseignement. Puis enfin, les sous-aides étaient disséminés en Afrique, dans les petits postes, les ambulances, et c'est tout au plus si, dans les grands hôpitaux d'Algérie, on parvint à donner quelque régularité à cet enseignement, qui bientôt cessa même d'exister.

Une autre anomalie de ce système consistait dans la faculté laissée aux sousaides de concourir soit pour le grade de pharmacien, soit pour celui de chirurgien aide-major. De même, les pharmaciens aides-majors étaient également admis à concourir, avec les chirurgiens aides-majors, pour les grades de médecins-adjoints. C'est en elfet, à cette période de la carrière, que l'on optait définitivement pour la médecine ou la chirurgie. Les médecins appartenaient tous au cadre des hôpitaux et jouissaient de chances d'avancement beaucoup plus grandes, ainsi qu'il est facile de s'en assurer sur le tableau du cadre donné plus haut (ordonnance du 19 octobre 1851), mais moins prononcées que celles des pharmaciens qui, dans toutes les organisations du corps de santé ont généralement été les plus fevorisés. Le service des régiments était absolument dévolu aux chirurgiens; ils ne pouvaient passer au service des hôpitaux qu'après trois ans de service dans un corps de ligne, et à la condition d'appartenir à la première classe de leur grade. Les chirurgiens principaux étaient choisis parmi les chirurgiens-majors du service hospitalier ayant au moins quatre ans de grade.

La période qui s'étend de 1841 à 1848 fut marquée par une polémique de plus en plus vive entreprise entre les membres du corps de santé et leurs défenseurs d'une part, de l'autre, les membres de l'intendance militaire, polémique engagée

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le plus souvent sous forme de brocliures ou d'articles anonymes, lorsqu'ils émanaient démembres du corps de santé, forcés de se taire ofliciellement sous peine de manquer à la discipline. Ils trouvèrent du reste un vigoureux et cloquent défenseur dans la personne d'un député, le colonel d'état-major Cerfbeer, auteur d'une brochure restée célèbre dans les corps (Colonel Cerfbeer. De la 7iécessité de constituer le corps des officiers de santé dans V armée et pour l'armée. Paris, 1847). Nous ne voulons pas reprendre ici la discussion de tous les faits soulevés à cette époque, car ils demeurent presque entiers aujourd'hui, et nous aurons à y revenir naturellement en parlant de l'état de choses existant.

G. Organisation du o mai 1 848. L'administration de la guerre, sentant qu'il fallait cependant accéder à des vœux trop persistants pour ne pas être légitimes, avait résolu de faire examiner celte grande et importante question, lorsque se produisit le mouvement de 1848 et la Révolution du 24 février. Le conseil de santé . renouvela ses instances, ses raisons furent écoutées et le gouvernement provisoire nomma une commission composée du général Schramm, président, du général Fontaine de Cramayel, de l'intendant militaire Melcion d'Arc, remplacé plus tard par l'intendant Daignan, du lieutenant-colonel d'état-major de Margadel, remplacé plus tard par le capitaine de Coynard, enfin des inspecteurs médicaux Moisin, Brault et Bégin, le premier remplacé par M. Alquié. Cette commission présenta, le 6 avril, son projet au ministre, et après un mois de nouvelles délibérations et d'ét:udes,'le ministre le fit transformer en décret-loi, à la date du 5 mai 4848.

L'importance toute particulière de ce décret nous engage à le reproduire littéralement :

Au NOM DU Peuple Français

Le gouvernement provisoire :

Considérant qu'il est urgent de reconstituer le service de santé sur des bases plus favorables à l'intérêt général, aussi bien qu'à la dignité des hommes de science et de dévouement auxquels ce service est conflé.

Considérant que les lois et décrets de la République ^loi du 21 septembre 1792, décrets du 7 août et du 3 septembre '1795 et du 24 lévrier 1794, arrêté du t8 août 1795) avaient constitué pour le service de santé des armées, un corps de santé distinct, ayant ses chefs spéciaux et sa hiérarchie propre ; qu'ils avaient indiqué plutôt que réglé l'assimilation de ces grades à ceux des autres olliciers de l'armée.

Considérant que c'est à ^ ^ principes, non législativement abrogés, mais oubliés ou faussé i dans leur application, qu'il convient de donner force et vigueur,

Prenant en outre en considération : 1° l'organisation du sei'vice de santé de la marine qui a été acceptée avec un assentiment général, et qui a reçu la sanction de l'expérience; 2° l'avis motivé des comités consultatifs de l'infanterie et de la cavalerie, en date du 10 octobre 1855 ; 5° les mémoires et les propositions du Conseil de santé en date du 10 octobre 1847.

Décrète :

Article premier. Les officiers de santé de l'armée de terre forment un corps distinct sous le titre de corps des officiers de santé militaires. Ce corps fonctionne par l'action de ses chefs directs, suivant l'ordre hiérarchique des grades sous l'autorité du ministre de la guerre et des officiers investis du commandement. Il est soumis au contrôle administratif de l'intendance militaire, comme tous les autres corps de l'arniée, et conformément aux dispositions particulières qui seront déterminées dans le règlement à intervenir.

Art. II. La hiérarchie du corps des ofliciers de santé comprend dans les trois branches du service, les grades ci-apr^'S : Elève sous-aide, sous-aide, aide-major (2 classes), major (2 classes), principal, principal-inspecteur, inspecteur général.

Art. III. Les grades dans le corps des oificiers de santé militaires sont assimilés comme il suit aux grades des olficiez-s des autres corps de l'armée ;

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