‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.61Chapitre 11 sur 114 · MOL Y · texte numérisé non relu

MOL Y

Le Molucella lœvis a une odeur aromatique particulière, qui rappelle un peu le parfum du melon. Sa saveur est à la fois aromatique, acre et ainère. Elle donne aux. liqueurs un goût et un arôme agréables. On l'emploie comme céphalique, cordiale et vulnéraire. Elle a aussi des propriétés astringentes, qui la font utiliser en Orient contre les hernies.

Le Molucella spinosa, L. dont les calices sont beaucoup plus épineux, est une

plante des Moluques, qu'on a appelée au seizième siècle Métissa moluccana, d'où

paraît être venu le nom de molucca, moluccella. Elle n'a pas du reste d'intérêt

pour la médecine.

C. Bauhin. Pinax, p. 229. — Lobel. Icônes, 517. — Tournefort, p. 187, lab. 88. — Linné. Gênera et Species plantarum, 821. — Exolicher. Gênera planlarum, n° 3068. — De Cancolle. Prodromus, XII, p. 515. — Lauahck. Dictionn. Encyclop., IV, 232. Pl.

MOLY. Homère raconte dans l'Odyssée, qu'au moment d'arriver au palais de l'enchanteresse Circé, Ulysse reçut de la main de Mercure une plante nommée Moly, qui devait être pour lui un antidote c.rtain contre les sortilèges de la déesse. Cette plante avait, d'après le poëte, une racine noire, des (leurs d'un blanc de lait, et l'on ne pouvait l'arracher qu'à grand' peine. Ces indications assez vagues ont été le point de nombreuses discussions des commentateurs, s'exetçant à déterminer le véritable mol;/ d'Homère. Théopliraste, entrant dans quelques détails de plus, attribue au moly une racine arrondie, analogue à celle de l'oignon, des feuilles semblables à celles de laScille ; il le regarde comme un excellent antidote et lui assigne, comme patrie, Phénée en Arcadie et Cyllène.

Pour Dioscoride, les feuilles sont étroites et la racine assez exiguë ; la fleur reste blancbe. Il y a dans ces diverses descriptions des nuances assez marquées ; mais Pline, on ne sait trop pourquoi, apporte dans la description des différences capitales: la racine devient énorme, el les fleurs ne sont plus blanches, elles ont une belle couleur jaune.

Des données aussi incohérentes devaient naturellement amener bien des divergences parmi les botanistes, curieux de découvrir le moly. On l'attribua à une foule de plantes, très-dilfércntes les unes des autres : au colchique, à la pivoine, à l'hellébore, au nénuphar, etc. ; mais le cerne de plantes qui réunit le plus de suffrages en sa faveur fut celui des Allium, dont les racines bulbeuses, les feuilles» plus ou moins analogues à celles de la scille et les fleurs jaunes ou blanches, rappelaient un peu la description des anciens. Clusius donna le nom de moly à certaines espèces d' Allium (Allium rotundum L., Allium oie raceum L., Allium nigrum L.,etc); mais il appliqua surtout la désignation de moly à un ail à fleurs jaunes de la région des Pyrénées, sur le versant espagnol, Y allium Moly, L. Cette idée, admise par Jean Bauhin, et plus tard par Linné (au moins d'après le nom spécifique de moly, donné par le célèbre botaniste à cette espèce), faisait du moly de Pline le vrai moly des anciens. Mais la plante primitive, celle d'Homère et de Théopliraste, ne pouvait pas répondre à cette espèce ; aussi est-ce à V Allium nigrum (Allium Monspessidum : Gouan) que Clusius lui-même rapporte le moly de Théopliraste. Racine noire, assez difficile à arracher, feuilles radicales assez larges, fleurs blanchâtres : tels sont les caractères qu'on retrouve à la fois dans la plante des anciens et dans notre espèce actuelle. Ajoutons, avec Sprengel, que cet Allium croit dans toute l'Europe australe et dans les iles Baléares, dans le groupe desquelles se trouvait très-probablement le palais de Circé.

Nous bornons à ces conjectures, qui ne peuvent acquérir évidemment aucun

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caractère de certitude, l'histoire du Moly, qui est bien plutôt du domaine de l'érudition que de la médecine.

Homère. Odyssée, livre X, vers 503. — Théophraste. Historia plantàr., liv. IX. p. 115.

— Dioscomde. Materia medica, lib. III, c. liv. — Pline. Historia naturalis, lib. XXV, c. iv.

— Clusids. Stirpium Historia, II, xxxvji, p. 191. — Appendix alter ad stirpium rariorum in Exolic. —Jean Bauhin. Historia plant . , II, p. 562. — Lishé. Species, 450. — Sprengel. Historia Bei herbariœ, I, p. 25. — Méuat et De Lens. Dict. de matière médicale, IV, 458.

Pl.

MOLYBDATES. L'acide molybdique MoO3 étant un acide bibasique, forme deux séries de sels, dos sels neutres et des sels acides; on obtient les premiersr en dissolvant l'acide mol\bdique dans un excès d'alcali, potasse soude ou ammoniaque, par une évaporation lente le molybdate cristallise. Les molybdates acides, s'obtiennent en faisant bouillir l'acide molybdique en excès avec la lessive alcaline. Pendant le refroidissement de la solution, le molybdate acide cristallise. Tous les molybdates étant insolubles dans l'eau, à l'exception des sels de potasse de soude et d'ammoniaque, tous les autres molybdates peuvent être obtenus par double décomposition.

Le molybdate neutre d'ammoniaque, est employé avec avantage, pour déceler des petites quantités d'acide phosphorique ou d'un phosphate soluble. Lorsqu'on ajoute du molybdate d'ammoniaque à une dissolution d'un phosphate, rendue acide par un excès d'acide chlorhydrique, ou mieux d'acide azotique, et qu on chauffe, la dissolution se colore en jaune, et, au bout de quelque temps, il se dépose un précipité jaune renfermant de l'acide molybdique, de l'acide phosphorique et de l'ammoniaque, ce précipité est soluble dans l'ammoniaque ainsi que dans un excès de phosphate. L.

MOLYBDÈ\E (Métal découvert en 1778, par Scheele). On l'obtient facilement en réduisant l'un quelconque de ses oxydes par l'hydrogène; on place J'oxyde dans un tube de porcelaine, on chauffe au rouge pendant qu'on fait traverser le tube par un courant d'hydrogène; il se forme de l'eau, et l'oxyde est réduit. Le molybdène se présente, ainsi obtenu, sous la forme d'une poudre gris. amorphe, qui prend l'éclat métallique sous le brunissoir. On peut l'obtenir à l'état fondu, présentant l'aspect de l'argent mat, en réduisant l'oxyde dans un creuset brasqué à la température la plus élevée qu'on puisse obtenir dans un fourneau de forge.

La densité du molybdène est de 8,62 ; c'est un métal très-oxydable ; à l'état de division tel qu'on l'obtient de sa réduction par l'hydrogène, il se transforme au contact de l'air, et à la température ordinaire en un oxyde brun ; à une température élevée, \\ devient incandescent, et se transforme en acide molybdique. Les acides chlorhydrique etsulfurique dilués ne l'altèrent pas sensiblement, l'acide azotique, au contraire, le transforme immédiatement en acide molybdique avec dégagement de vapeurs nitreuses.

Le molybdène, en se combinant à l'oxygène, forme trois composés, deux basiques, le protoxydeMoO, et le.tioxyde MoO', et un acide, l'acide molybdique MoO3.

Le protoxyde s'obtient, en versant de l'acide chlorhydrique dans une dissolution de molybdate de potasse, jusqu'à ce que l'acide molybdique, qui s'est d'abord précipité se soit de nouveau redissous; on plonge ensuite une lame de zinc dau< la liqueur ; ce métal ramène le perchlorure de molybdène qui s'était formé par l'action de l'acide chlorhydrique sur l'acide molybdique, à l'état de protochlorure

MOMIFICATION. Hf

qui reste en dissolution avec le chlorure de zinc formé ; en ajoutant avec précaution de l'ammoniaque jusqu'à ce que la liqueur soit décolorée, le protoxvde deniolybdène se précipite le premier. Il faut laver le précipité rapidement, et, autant que possible, à l'abri de l'air, cor il absorbe l'oxygène avec avidité.

Le bioxyde se prépare en calcinant le motybdate d'ammoniaque à l'abri du contact de l'air ; c'est une poudre d'un brun rougeitre, il forme un hydrate de même couleur, qni ressemble à l'hydrate de sesquioxyde de fer. L.

MOLYBDIQUE (Acide) MoO3. Onl'obtient en traitant le minerai de molybdène,, qui est un bisulfure, par l'eau régale, il se forme de l'acide sulfurque et de l'acide molybdique. On évapore à sec, et l'on fait dissoudre le résidu dans de ', l'ammoniaque ; par l'évaporation de la liqueur, le molybdate d'ammoniaque cristallise, en versant de l'acide chlorhydrique dans la dissolution de ce sel, l'acide molybdique se sépare sous forme d'un précipité blanc; on le lave et on le fait sécher.

L'acide molybdique se présente sous la forme d'une poudre blanche, 11 est volatil à la température rouge et se sublime en paillettes cristallines blanches,, cependant la sublimation ne se fait bien que dans un courant de gaz. 11 se dissout facilement dans les lessives alcalines, et forme les molybdates; il se dissout aussi notablement dans les acides. L.

MOLYBOOMANCIE. On appelait ainsi la divination par le plomb fondu. (Voy. Divination.) D.

MOMZA. Nom donné par Hippocrate à un ail cultivé. Pl.

Mérat et DeLens. Dictionnaire de matière médicale, IV, 440. Pl.

MOMIE. Voy. Embaumement.

momification. Ce mot désigne la conversion d'un cadavre en momie (Littré), et, dans un sens plus général, l'application, aux tissus animaux, des procédés de dessiccation ou d'embaumement qui s'opposent à la putréfaction et transforment ces tissus en une masse sèche, résistante, telle qu'on l'observe dans les momies.

Les moyens de momification, ayant pour but la conservation des cadavres,, seront exposés à l'article Embaumement (voy. ce mot).

La momification des tissus se produit quelquefois spontanément dans les cas de gangrène sèche; elle est, en général, bornée aux extrémités des membres, aux orteils, aux doigts ; elle peut comprendre le pied et même la jambe; on l'observe au nez, aux oreilles. La momification est quelquefois consécutive à la gangrène par brûlure, par congélation, et même par contusion ou par compression (voy. Gangrène).

Dans diverses circonstances on cherche à produire la momification des tissus dans un but thérapeutique ; c'est principalement dans la gangrène sèche des extrémités et dans certains cas de contusions graves des doigts ou des orteils qu'on emploie les moyens qui permettent d'obtenir la momification des tissus désorganisés, dans le but d'attendre que le travail d'élimination ou de séparation des tissus sains d'avec les tissus gangrenés, indique l'étendue de la lésion et, par suite, le lieu où doit être pratiquée la régularisation des lambeaux. On emploie, dans ces cas, diverses substances qui agissent à la fois comme agents de

U2 MOMORDIQUE.

dessiccation et comme antiputrides. Les substances ordinairement employées sont les poudres absorbantes et antiputrides, la poudre de charbon, de quinquina, de coaltar; on les applique directement sur les parties sphacéiées. On leur associe souvent diverses substances antiputrides, telles que l'acide pbénique, le permanganate de potasse, ou astringentes, telles que l'alun, le tannin et des baumes. Sous l'influence de ces agents, les gaz, les parties liquides sont absorbés ; les tissus prennent l'aspect raccorni, sec et dur des tissus embaumés, et ils peuvent rester longtemps au contact des parties molles voisines, sans constituer des foyers de putréfaction; mais la momification est toujours suivie d'un travail d'élimination, qui sépare les parties vivantes des tissus momifiés. Ce processus, assez rapide pour les parties molles, est, au contraire, très-lent pour les tendons, les fibro-cartilages et les os, de sorte que, le plus souvent, l'art doit intervenir, la momification n'étant utilisée qu'au titre de moyen de temporisation. A. IIénocque.

IMOMORDIQL'E. Komnrdicah. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Gucurbitacées. Ce genre n'a plus fout à fait l'extension primitive, que lui avait donnée Linné , on en a séparé quelques espèces, entre autres le Momordica Elaterium, L... qui est devenu le type du genre Ecballium. Mais tel qu'il e^ limité, il contient encore plusieurs plantes intéressantes : ce sont des herbes annuelles ou vivaces, qui s'enroulent autour des autres plantes. Les feuilles sont glabres, simples, entières ou lobées; elles sont accompagnées de vrilles simples. Les fleurs sont monoïques, plus rarement dioïques. Les mâles sont solitaires, formées d'un calice quinquéfîde, à tube très-court ; d'une corolle qniiKjuéparlite, de cinq étamines soudées en trois faisceaux. Les femelles sont aussi solitaires, formées d'un calice et d'une corolle semblables à ceux des fleurs mâles. Trois glandules remplacent les filets des étamines. Le style est grêle et supporte trois gros stigmates. Le fruit est une baie indéhiscente ou s'ouvre en trois vahes. Les semences renflées ou aplaties sont tantôt lisses, tantôt diversement chagrinées ou sculptées à la surface.

Les espèces intéressantes sont :

1° Le Momordica Balsamina; Momordique lisse; Balsamine mâle ou rampante. Cette espèce, originaire des Indes orientales, a des feuilles d'un vert gai, orbiculaires dans leur contour, profondément divisées en cinq ou sept lobes, incisés dentés. Les fleurs sont grandes, évasées, d'un jaune pâle, marquées de veines nombreuses de couleur foncée. Les fruits ont la grosseur d'un œuf de pigeon et sont d'une belle couleur rouge ou orange. Ils peuvent, à cause de leur belle apparence, porter le nom de Pommes de merveille. A la maturité, ces fruits se crèvent latéralement et lancent, avec élasticité, leurs nombreuses semences.

Les fruits du Momordica Balsamina sont vénéneux, d'après Descourtilz. Ils sont très-purgatifs, et on en emploie l'extrait contre l'hydropisie. Mis dans l'huile d'olive, à la chaleur du bain-marie ou du soleil, ils donnent un baume qu'on emploie contre les piqûres des tendons, les. chutes du rectum et les hémorrhoïdes; encore contre les engelures, les brûlures et les gerçures des mamelles. Ce baume est aussi souvent employé en injections vaginales pour combattre les ulcères du vagin ou de la matrice. Les feuilles ont une saveur amère ou acre. On les emploie comme rafraîchissantes et vulnéraires, en application sur les plaies;

2° Le Momordica Charantia, L. Cette espèce rappelle la précédente, mais elle a les feuilles moins glabres, d'un vert plus sombre, plus grandes et moins orbiculaires. En outre, les bractées, qu'on remarque sur les pédoncules des fleurs,

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