‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.61Chapitre 14 sur 114 · Monas cholerica. Voy. Cercomonas nrinarius · texte numérisé non relu

Monas cholerica. Voy. Cercomonas nrinarius

5. Monas Caviœ. C. Davaine. Corps de grosseur un peu variable suivant les individus, de forme spbérique, irrégulière; long. 0mm,01 ; filament un peu épaissi à la base, presque deux fois aussi long que le corps ; locomotion rapide.

Trouvés en quantité considérable dans le gros intestin de plusieurs cobayes examinés aussitôt après la mort. Par leur nombre et par leurs mouvements, ils donnaient au liquide soumis au microscope, un bouillonnement singulier. Chez un cobaye, mort du charbon le 22 août 1864, la température atmosphérique étant de 20° c. , un grand nombre de ces monades avaient conservé des mouvements très-appréciables, quoique bien ralentis, dix heures après le premier examen.

4. Monas anatis. C. Davaine. Corps ovale oblong, transparent ; long de 0mm,008, large de 0,00 i ; filament plus long que le corps.

Trouvés dans le caecum d'un canard examiné aussitôt après la mort ; quatre autres canards examinés de même n'en avaient point. Des monades très-peu différentes ont été trouvées plusieurs fois dans le gros intestin de la poule. Toutes ces monades mouraient peu après le refroidissement des matières.

MONADIENS. 123

5. Monas intestinalis . Dujardin. Corps très-allongé, de forme incessamment variable ou arrondie à une extrémité et s'amincissant peu à peu pour se terminer en un long filament à l'autre extrémité ; mouvement d'ondulation sur tout le contour. Long. 0mm,017.

Observé par Dujardin dans les excréments d'un triton palmipes (Ouv. cit., p. 284).

Dujardin ajoute les remarques suivantes : « Dans les excréments d'un triton palmipes que je nourrissais de lombrics depuis le 21 mars, j'ai trouvé abondamment le 8 avril 1838 des monades allongées et très-remarquables par les changements continuels de forme que présentait leur corps qui s'agitait tout entier d'un mouvement ondulatoire sur les bords; le filament qui terminait l'amincissement d'une des extrémités était bien visible, mais je ne puis le nommer filament antérieur, parce que le mouvement était très-irrégulier et que j'ai cru avoir aperçu un filament beaucoup plus délié à l'autre extrémité. Si cette observation était vérifié, cet infusoire serait un cercomonas ; dans tous les cas, je crois que c'est une des espèces de Bodo indiquées par Ehrenberg comme se trouvant dans l'intestin des grenouilles. »

Cette espèce me paraîtrait plutôt devoir être rapportée au Trichomonas, observé par Perty dans l'intestin de quelques batraciens. Vid. infrà.

6. Monas prodigiosa. Ehrenberg. Corps subarrondi, hyalin, formant par leur agglomération des amas d'apparence sanguinolente; filament plus court que le corps. Longueur 1/8000'" à 1/5000'". Multiplication par division transversale. D'après Erhenberg, on peut estimer de 46, 656, 000, 00U, 000 à 884,756,000,000,000 le nombre qu'il en existe dans un pouce cube.

Cet infusoire se produit sur des substances alimentaires en quantité te'le qu'elle forme des taches comme gélatineuses jet de couleur de sang. Ces taches réputées sanguinolentes, ont plusieurs fois occasionné de grandes émotions chez les observateurs et parmi le vulgaire. Le fait s'est présenté particulièrement à Patloue en 1819. Un savant, Sette, qui nous en a donné la relation, a pu reconnaître heureusement la cause de ce phénomène. Il a été observé de nouveau à Berlin en 1848, à Haies en 1849, en Australie en 1849, à Rouen en 1852, à Bristol en 1855. Plusieurs observateurs ont pu propager cette monade en la plaçant sur diverses substances humides. Montagne, à Rouen et à Paris, l'a vue successivement, sur une volaille rôtie, sur un melon, sur des choux-fleurs, du riz, etc.

Diesing donne de toutes les observations connues la bibliographie suivante: Zaogalactina imelrofa Sette : Memoria sulV arrosimento straordinario di alcune sostanze alimentose osservato nella provincia di Padova Vanno 1819. Venezia, 1824. — ■ Ubers. Von Nées v. Esenbek, in Schiueiggers. Jahrb. d. Chemie und Physik f. 1827, 596. — Mucor sanguineus de Col apud Selte, l. c. — Seltene physikalische Erscheinung : Prager Zeitung 20. August 1822 (de ingenti hujus copia ad cibos varios et prœsertim ad tubera Solani coda per dies 1-2 servata. 22 augusto). — 24 sept. 1821, in molina ad Mosellam; fusius Noeggeralh in Schweiggers Jahrb. d. Chemie und Physik XLV (1825), 31 1. — Mittchell. On the Cryptogamous Origin of Malarious and Epidémie Fevers (ol Ehrenberg, in Monatsber. 1850, 225). — Tekuphah à Landau. Rabbinistischaramàisches Wôrterbuch, 1824 (notitiae historicae de guttulis sanguine is in cibis). — Monas prodigiosa Ehrenberg, in Bericht Verhandl. Akad. Berlin, 4848, 249-562 (descript. etnotit. numerosœ historicœ et litterariœ). -Idem.

124 MONADIENS.

in Abnandl. d. Alcad. Berlin, 1849, 527-395 (partira) et. 418. — Idem in Berlin, loc. cit., 1849, 102-116 (de propagatione a Septembri usquead finem Januarii peracta, a Januario frustra tentata et de corpusculis similibus ex regno vegetabili; continnatio notit. literar. et historié.). — Colin apud Ehrenberg, l. s. c.

1850, 5-7 (cum. notit. historié.). — Ehrenberg, ibid. 7-0 (observ. cl. vir. Holland et Marchand), 215-246 (cum multis notit. literar. et historJj, 564 {expérimenta nova de propagatione), 1851, 271 (observ. cl. Otto Schomburgk, Adelaidae, 1840, institut.). — KoJlar, in Sitzb. d. k. Âkad. Wissensch. Wien, 1850, II, 18. — Palmella prodigiosa Montagne, Bullet. Soc. d'Agricult., 2. ser. VII, 727 et Compt. rend. Soc. biol., 1852, 119. — Stephens, Ann. nat. hist., 2. ser. XII (1855), 409. tab. XVII (Diesing, Revis, p. 26).

7. Monas vinosa. Ehrenberg. Corps ovoïde, arrondi également aux deux extrémités, rougeàtre vineux, mouvement lent, tremblotant. Long. 0miu,002o; filament aussi long que le corps ; multiplication par division transversale.

Signalé pour la première fois en 1852 par Erhenberg à Berlin, qui la trouva -dans des eaux où séjournaient des matières végétales corrompues ; de nouveau par M. Morren, dans de l'eau conservée depuis deux mois avec des végétaux, en Belgique; puis en 1844 par Schmarda à Vienne, dans des eaux de macération conservées depuis longtemps et dans des eaux du Mississipi conservées et envoyées ù l'auteur. Je l'ai observé moi-même en 1864, dans de l'eau conservée depuis plusieurs mois avec des matières intestinales de l'homme où se trouvaient des œufs d'ascaride lombricoïde. J'ai vu distinctement leur filament flagelliforme, qui n'avait été signalé par aucun des observateurs précédents (Ehrenberg, In Abandl. cit. 1831 (1832), 58; id. Infusionsthierken, 1858, p. 11, pi. I, fig. 0. — Aug. et Ch. Morren. Rech, sur la rubéfaction des eaux, p. 70, in-4°, Bruxelles, 1841. — Biess : Beitr, z. Fauna d. Infus., 28. — L. Schmarda. Kleine Beitr âge z. naturg. d. Infusorien, p. 5 et 25, in-4°, Wien, 1846).

8. Monas rosea. Morren. Corps ovoïde, atténué aux deux bouts, l'extrémité antérieure un peu plus rétrécie, souvent sinueux au milieu, une fois plus long que large, tournoyant sur son axe, et vacillant, rose. Social ; long. 0IUU',005 ; filament ?

Trouvé par Morren dans des eaux sulfureuses de la province de Louvain, aux mois de juin, juillet, août, puis par Diesing dans des eaux sulfureuses thermales de la Basse-Autriche, à diverses époques de l'année.

Ces monades sont agglomérées et forment des plaques muqueuses roses qui tapissent les bords de la source sulfureuse ; ces plaques auraient pu être regardées comme des palmella (Morren, Ouv. cit., p. 73, pi. V, fig. 25-27. — Diesing, Stjst. Helminthum, t. I, p. 24, Vindobonœ, 1850).

9. Monas sulphuraria, Fontan et Joly. Corps elliptique ou ovoïde-oblong, souvent sinueux au milieu, tournoyant sur son axe en allant et vacillant, rose ou plus souvent rouge vineux ; filament ?

Trouvé dans des eaux sulfureuses à Salies (Haute-Garonne) et à Enghien, près Paris. Cette espèce ne semble dilférer de la précédente que par une coloration plus foncée ; elle ne forme probablement qu'une variété (Joly et Fontan, Sur une nouvelle espèce d'infusoire qui colore les sources sulfureuses de Salies et d'Enghien. Mém. Aead. des se. de Toulouse, 1845, p. 116, fig.).

10. Monas erubescens Ehrenberg. Corps ovale, rose; mouvement lent, continu, longueur 1/14)4'"; filament ('?).

Dans un lac salé près d'Astrakan (Ehrenberg, Op. cit., 1850-1851).

MONADIENS. 125

11. Monas Okenii. Ehrenberg. Corps cylindrique, étal, un peu courbé, trois ou quatre fois plus long que large, arrondi aux deux extrémités, rouge, long. 1/192"'; filament ayant la moitié de la longueur du corps. Social.

Se trouve dans les eaux douces dans des lieux divers, à Iéna et à Berlin (Weisse et Ehrenberg), à Saint-Pétersbourg, dans une eau bourbeuse, en juillet (Eichwald). (Ehrenberg, Infusionsth, 15. — Eichvvald, Bulletin des naturalistes de Moscou, XVII, 704, XX, il. tab. VIII, fig. 1, a. f.).

12. Monas Dunalii ( Joly) . Corps ovale ou oblong, incolore chez les trèsjeunes sujets, verdàtre plus tard et enfin d'un rouge ponceau chez les adultes. Deux trompes fiagelliformes plus longues que le corps.

Se trouve dans les eaux des salines de la Méditerranée qu'elle colore en rouge.

Cet infusoire n'appartient point aux monadiens proprement dits ; c'est un diselmis, comme le fait remarquer Dujardin (Joly, Ann. des sciences nat., 2e série t. XIII, p. 272, tab. VIII, fig. 5-8. Comptes rendus, Acad. des sciences, t. XI, p. 290. — Dujardin, Ouv. cit., p. 544).

D'autres monades colorées ont été observées et décrites par divers auteurs : telles sont : les monas viridis. grandis, bicolor, deses, tingens et pulvisculus d'Ehrenberg ; hilla, botulus et farcimen de Perty qui sont plus ou moins vertes; les monas violescens et weissei de Perty qui sont violettes ou brunes ; la monas ochracœa d'Ehrenberg qui est jaunâtre.

13- Monas rediviva. C. Davaine. Corps sphérique, incolore, long. 0m,005r filament très-mince, environ six fois plus long que le corps, long de 0m,027 ; locomotion très-rapide.

En faisant des recherches, en 1856, sur les conditions de l'existence ou de la non-existence de la reviviscence chez des espèces d'animaux appartenant au même genre (Comptes rendus, Acad. des sciences, 1859), j'ai trouvé cette monade dans de la mousse qui poussait entrç les pavés d'une cour à Paris; elle s'y trouvait en très-grand nombre et ne sembl lit nullement différer du monas lens. Des parcelles de cette mousse ayant été placées sur une table dans un appartement bien sec, étaient, après huit jours, aussi desséchées qu'elles puissent l'être à l'air libre. De petits fragments lurent alors placés sous le microscope dans de l'eau préalablement bouillie, puis refroidie. Après dix minutes quelques monades apparurent ; après une demi-heure, on en voyait un grand nombre circulant dans le liquide.

B. CïCUDIUM... C ClIILOMD.NAS... D. TriîPOMONAS. . . E. HliTÉIiOMlTA...-

— F. Amphiuonas... — G. Cercomoxas. Dujardin-. Bodo. Ehrenberg.

1. Cercomonas homims Davaine. — Cercomonas intestinalis. Lambl. — Cercomonas Davainei. Moquin-Tandon. « Corps piriforme, variable, long de 0,um,01 àOmm,012; extrémité amincie se terminant par un filament caudal épais, aussi long que le corps ; filament flagclliforme antérieur, situé à l'extrémité obtuse, opposé au précédent, très-long (deux fois aussi long que le corps) et mince, toujours agité, très-difficile à voir; trait longitudinal vers l'extrémité antérieure donnant l'apparence d'un orifice buccal? point de nucléus bien appréciable. Locomotion assez rapide, quelquefois suspendue par l'agglutination du filament caudal aux corps environnants ; l'animalcule oscille alors, comme un pendule, autour du filament. »

Observé dans les évacuations intestinales des cholériques.

Variété. « Plus petite que la précédente ; corps moins piriforme, à con-

426 MONADIENS.

tours moins arrondis, long de 01U,U,008 ; deux fdaments l'un antérieur, l'autre caudal situé un peu latéralement; locomotion très-rapide. »

Observée dans les évacuations d'un malade atteint de fièvre typhoïde.

J'observai ces infusoires en 1855-1854, chez les cholériques dont les évacuations étaient récentes et encore chaudes ; après le refroidissement ces animalcules perdant le mouvement, il devient impossible de les distinguer des cellules plus ou moins altérées qui se trouvent dans les matières intestinales.

Le docteur Lambl, médecin à Prague, a observé en 1859, des monadiens qui appartenaient probablement à nos cercomonades ; ils se trouvaient dans des excrétions muqueuses, semblables à de la gelée, rendues par des enfants. Le siège de ces animalcules était, suivant cet observateur, l'intestin grêle. Lambl n'a pas vu le filament flagelliforme, mais comme le fait observer Leuckart, c'est aux mouvement de ce filament qu'on doit attribuer les ondulations remarquées par l'auteur en avant du corps de l'infusoire. Longueur 0m,u,01 8 à 0mm,021 dont 0mm,004 à 0'1,n',005 reviennent à la queue.

(C. Davaine. Sur des animalcules infusoires trouvés dans les selles de malades atteints du choléra et d'autres maladies (Comptes rendus Société de biologie, 2e série, t. I, p. 129, 1854. ld. Traité des entozoaires, p. 64-67, et synopsis, p. 6, fig. 1. — Lambl, In Prager Vierteljahrschr, 1859, 1-51. Aus dem Franz Joseph Kinderspitale, I, 561 . — Leuckart, Mensch. Parasit, 1. 1, p. 145, fig. 18).

2. Cercomonas saltans. Bodo. s. Ehrenberg. Corps ovalaire, élargi en dessus, hyalin; filament caudal court. Long., 1/1000"', ou 0mn\006.

Vu par Ehrenberg à Berlin ; par Schmarda, en août 1844, dans des lagunes maritimes, près de Murano ; par Weisse et Eichweld, dans des eaux stagnantes à Saint-Pétersbourg ; par Primer, dans l'eau du Nil ; enfin, par Wedl, chez l'homme sur des ulcères sordides, assez fréquemment (Ehrenberg. Abhand., cit. 1851-65. Id. Infusionsth., 55, pi. H. 10. — Riess. Beitr. z. Fauna d. Infus., 29. — Schmarda. — Weisse. Bull, physico-math, de l'Acad. des se. de Saint- Pétersbourg, III, p. 555. — Eichwald. Bidl. des natur. de Moscou, XVII, p. 488. — Primer. Krankh. d. Orients., p. 56, 1847. — Wedl. Grund-ziïge der patholog. Histologie, p. 796, cité par Leuckart. Mensch. Parasit, t. I, p. 144).

5. Cercomonas urinarius. — Bodo. u. Hassall. Corps ovale ou subglobaleux, granuleux; filament flagelliforme 1, 2 ou 5; filament caudal (?). Long. 1/150"'; multiplication par division spontanée.

Trouvé par Hassall, dans l'urine des cholériques, dans des urines alcalines ou albumineuses, souvent accompagnées par des vibrioniens (Hassall. The Lancet, novembre 1859. — Schmidt's Jahrb. CIX, 157, 1861).

Les caractères de ce cercomonas ne sont point, suffisamment déterminés.

D'autres animalcules trouvés aussi dans les urines chez des malades atteints du choléra ont été regardés comme de simples monades. Voici l'indication des faits observés, en 1854, dans les hôpitaux de Londres, tels que les rapporte Hassall dans un précédent mémoire.

Sur vingt-neuf échantillons d'urine qui avaient été rendus au plus tôt vingtneuf heures après la suppression. Th. Richardson, à l'hôpital Saint-Nicolas, trouva dix fois des monades. Sur quinze échantillons d'urine, William Stevens, à l'hôpital Saint-Thomas, trouva sept fois un grand nombre de monades. Dans un échantillon d'urine, examiné par John Brandon, à l'hôpital Saint-Thomas, il y avait un grand nombre de monades. Dans deux; échantillons d'urine, Patrick Reilly, à l'hôpital Saint-Bar thol orné, trouva un grand nombre de monades

MONADIENS. 127

(Arthur-Hill Hassal. Results ofthe Microscopical and Chemical Examination of Sevenlyhvo Samples of the Urine of Choiera Patients. In gênerai Board of Health. London, 1855, p. 295).

4. Cercomonas canis (?) Gruby et Delafond. « Corps piriforme terminé par une petite queue; surface supérieure du corps convexe, inférieure, aplatie. Mouvements très-vifs. Long. 0mm,01; largeur 0mm,02. »

Dans l'estomac du chien. G. et D., mém. cit., p. 824.

5. Cercomonas gallinarum. C. Davaine, Corps ovoïde très-allongé ; long de 0,nm,051 ; large deOinm,005. Filament flagellilbrme situé au gros bout, presque deux fois plus long que le corps; filament caudal, plus court que le corps.

Trouvés en grand nombre dans le caecum d'une perdrix adulte, nourrie depuis huit jours exclusivement de pain et d'avoine et tuée pour l'examen.

6. Cercomonas intestinalis. Ehrenberg. Corps oblong, obconique, plus large au-dessus, hyalin. Filaments flagelliforme et caudal plus courts que le corps. Long. 1/144'".

Il existe, à l'état parasitaire, dans le mucus du rectum des grenouilles, des crapauds et de la salamandre des marais où il a été observé par Gœze et par Bloch (1782), puis par Ehrenberg. Il a été trouvé aussi dans le rectum du bafo americanus, à Philadelphie, par Lcidy ; dans l'intestin de la rana temporaria au mois d'octobre et du triton cristatus au mois de mai, en Suisse, par Perty.

On doit peut-être rapporter à cette espèce le monas intestinalis de Dujardin.

Cette cerco-monade a été observée aussi à Y état de liberté dans des eaux salines, par Schmarda, et dans des eaux stagnantes ou de puits en été à Saint- Pétersbourg, par Eichwald et Weisse (J.-A. Gœze. Versuch einer ISaturgesch. d. Eingeiveidewurm, p. 429, 451, Blankenburg, 1782. — Bloch. Générât, des vers des intestins, 1782. Trad. Strasbourg, 1788, p. 79. — Ehrenberg. Infusionsth, 54, pi. II, 15. — Leidy. in Proced. Acad. Philad., 228, 1849. — Perty. Kleinste Lebensf., 171, pi. XIV, 17. — Mùller ? (cercaria gyrinus?) Animale, infus., 119, p. XVIII, 1. — Schmarda, Icc. cit., p. 24. — Eichwald, loc. cit., XVII, 488. — Weisse, loc. cit., V, 40).

7. Cercomonas ranarum. Ehrenberg. Corps subovoïde, atténué aux deux extrémités, hyalin ; filament caudal plus court que le corps, filament flagelliforme...? Long. 1/i 20"'.

Observé, à l état parasitaire, d'abord par Gœze et par Bloch (1782), sans doute avec l'espèce précédente, puis par Ehrenberg dans le mucus intestinal des grenouilles et des crapauds ; en février, dans l'intestin de la rana esculenta par Schmarda; dans l'intestin de la rana temporaria, en octobre, par Perty en Suisse; dans une grenouille à Boston, par Burnett, et chez diverses espèces de grenouilles et de crapauds, à Philadelphie, par Leidy.

A Y état de liberté, par Weisse, dans l'eau d'un puits, à Saint-Pétersbourg, avec l'espèce précédente, et par Perty, en Suisse, dans de l'eau où vivaient des anodontes et des unios (Gœze, loc. cit., p. 429. — Bloch, loc. cit. — Ehrenberg, loc. cit., p. 54, pi. II, 14. — Schmarda, loc. cit., p. 25. — Perty, loc. cit., p. 172, pi. XIV, 15. — Burnett in Boston. Journ. nat. hist., VI, n. III. 1852, 525. — Leidy, loc. cit., VIII, 42, 1856. —Mùller? (cercaria gibba?) loc. cit., 120, pi. XVIII, 2. — Weisse, loc. cit., V, 40).

8. Cercomonas colubrorum (Bodo. c). Hammerschmidt. Corps ovoïde, lancéolé, hyalin ; filament caudal presque aussi long que le corps, filament flagelliforme plus long. Long. 1/288-1/240'".

128 MONADIENS.

Trouvé par Hammerschmidt dans le cloaque du tropidonotus natrix, en Europe, et par Leidy, dans celui du tropidonotus sirtalis, en Amérique (Hammerschmidt in Heller's. Archiv. f. physiol. u. pathol., I Heft, 85, pi. 1, 7, 8. — Leidy, loc. cit., VIII, 42, 1856).

9. Cercomonas Helicis — (Bodo. h.). Leidy. Corps allongé, elliptique, fusiforme ou ovoïde, hyalin ; filaments candal et flagelliforme sensiblement égaux, plus courts que le corps. Long. 1/125-1/100'".

Trouvé par Leidy dans les canaux séminaux de l'Hélix alholabris, H. tridentata et H. alteraata, à Philadelphie, et de l'Hélix nemoralis, à Vienne (Cryptobia et Cryptoicus helicis. Leidy. Proceed. cit. 1816, III, 100 et 101,% —Bodo. h. — lbid. V, 1851, 284 et VIII, 1856, 42). — Ann. andmagaz. of nat. hist, 1847, 209, fig. — Jonrn. acad. Philad new séries, I, 67.

10. Cercomonas Lymncei. Ecker. Corps piriforme, hyalin; filament caudal très-mince, aussi long que le corps; fdament llagelliforme presque aussi long que le corps. Long, jusqu'à 1/100"'.

Trouvé par Stiebel et Karsch dans les œufs altérés d'une lymnée et dans les œufs de la lymnée des étangs, près de Bàle (Stiebel in MeckeVs deutsch. arch. f. Physiol., II, 520. — Karsch in Erichsons Archiv., XII, I, 255, 256. — Ecker in Zeitschr. f. vissensch. Zool, III. 412, 415, tab. XIII, 1-4 (de Evolut.).

il. Cercomonas muscœ domesticce — (Bodo. m. d.) Burnett. Corps allongé: filament caudal quatre à cinq fois plus long que le corps ; fdament flagelliforme...? Un nucleus a été quelquefois observé. Long jusqu'à 1/180'".

Trouvé dans l'intestin de la mouche domestique par Burnett et Leidy, en Amérique (Burnett, loc. cit., VI, n. III, 325, 1852, — Leidy, Proceed. cit., VIII, 42, 1856).

12. Cercomonas melolonthœ ■■ — (Bodo. m.). Leidy. Corps sphérique, filament caudal aussi long que le corps; filament flagelliforme...? Long, jusqu'à

Trouvé dans l'intestin du hanneton (melolontha quercina et bruimea), par Leidy, à Philadelphie (Leidy in Proceed. cit., VIII, 42, 1858).

15. Cercomonas juli — (Bodo.j.). Leidy. Corps variable par sa mollesse, globuleux, ovale ou piriforme, granulé en vieillissant? (obsolète granulatum), d'un vert pâle ; filament caudal deux fois plus long que le corps, agile, quelquefois roulé en anneau au sommet; filament flagelliforme...? Long jusqu'à 1/250'" (Leidy in Transact. amer, philos, soc, 2 sér., X, 244, pi. XI, 51 , et inProceed. cit.,y, 100, 1850. VIII, 42, 1856).

H. Hexamita. Dujardin.

1. Hexamita duodenalis. C. Davaine. Je place ici avec beaucoup de doute un animalcule très-singulier que j'ai vu en nombre considérable dans le mucus du duodénum d'un lapin récemment tué et tout chaud (24 septembre 1864).

Le corps est transparent, arrondi ou piriforme (après la mort), terminé par un filament caudal épais à sa base que j'ai vu quelquefois double (?). La partie antérieure du corps, pendant les mouvements rapides, rentre, comme par invagination, plus ou moins dans la partie postérieure et alors l'animalcule prend la forme d'une coupe plus ou moins évasée, dont l'ouverture est toujours dirigée en avant. La grosseur de ces monadiens varie beaucoup : ils ont depuis 0mm,01 jusqu'à 0mm,02 de diamètre; l'appendice caudal qui semble parfois articulé avec le corps et inséré un peu obliquement, est moins long que celui-ci.

Cet animalcule est doué d'une locomotion extrêmement rapide et décrit de

MONADIEXS. 129

nombreux circuits qui rendent l'examen fort difficile. Il meurt et s'altère aussitôt après le refroidissement.

Je pense que la locomotion rapide de cet animalcule est due à des cils vibratiles situés à la partie antérieure. Son corps prolongé en queue bifide (?) se rapproebe de Yhexamita intestinalis de Dujardin. 11 est possible que cette espèce soit une de celles qu'on a observées dans l'estomac des ruminants.

2. Hexamita intestinalis. Dujardin. Corps fusiforme prolongé en queue bifide. Long. 0"im,012.

« Cet infusoire se rencontre très-fréquemment dans l'intestin et dans la cavité péritonéale des batraciens et des tritons. Les deux filaments de sa queue sont assez distincts; il se meut suivant une direction rectiligne, en vacillant décote et d'autre » (Dujardin, ouvr. cit., p. 297. Suivant Diesing, Dujardin aurait pris deux amphimonades agglutinées accidentellement pour un seul individu dont il aurait fait son Hexamita intestinalis. Diesing, ouv. cit., p. 49).

.1. TmciiOMOiN'AS. Dujardin.

1. Trichomonas vaginalis. Dujardin. Donné. Corps glutineux, noduleux, inégal ; filament caudal non constant, variable ; filament flagelliforme flexueux, trois ibis plus long que le corps ; sept ou huit cils vibratiles situés à la base en série; mouvement vacillant. Longueur du corps 0mm,01, filament flagelliforme 0'mi\028 à 0"'m,055.

Se trouve dans le mucus vaginal chez la femme. Souvent cinq ou six individus plus ou moins sont réunis par groupes, dans lesquels on ne voit de distincts que quelques appendices llagelli formes en mouvement. Ils adhèrent aussi quelquefois à des cellules de mucus ou de pus ou bien au porte-objet et, continuant à s'agiter, ils étirent en manière de queue une portion de leur substance. Cet infusoire ne se rencontre jamais dans le mucus vaginal sain et normal. Toutes les fois qu'il existe, le mucus renferme des bulles d'air qui lui donnent un aspect écumeux; ce caractère est constant (Donné). L'existence du trichomonas vaginal n'a aucune relation avec celle de la syphilis.

J'ai observé cet animalcule (une fois en grand nombre), dans l'urine de femmes atteintes d'écoulement leucorrhéique abondant. Je l'ai vu vivre dans cette urine au moins pendant huit heures, en été, par une température de 28° c.

Le trichomonas vaginal a été découvert par M. Donné en 1844, et déterminé par Dujardin. Plusieurs savants tels que Gluge, Valentin, de Siebold, Vogel ont émis des doutes sur l'animalité de ce petit être; ils ont pensé qu'on avait pris pour des animalcules des cellules d'épithélium vibratile ; mais depuis lors, Kolliker et d'autres observateurs ont confirmé l'exactitude des faits annoncés par M. Donné et par Dujardin.

M. Donné. Recherches microscopiques sur la nature du mucus et la matière des divers écoulements chez l '.'homme et chez la femme, Paris, 1857, id. Cours de microscopie, in-8°, Paris, 1844, p. 157, pi. IX, fig. 53. — Dujardin, ouv. cit., p. 500, pi. IV, fig. 15. — Leblond, in Bremser. Traité des vers intestinaux, Atlas, p. 59, pi. XIV, fig. 19-20, Paris, 1857. — J. Vogel, Icon. hist. path., pi. XI, fig. 9. Id. Anat. path. génér., trad. Paris, 1847, p. 595 et Frorieps n. noliz., 11-88, 1857. — Siebold, in Wagner s Handwôrterb de plujsiol.^ II, 66. — Kolliker, und Scanzoni in Scanzonis Beitrag Geburtskunde, 1855* II, 151-157, pi. III, fig. 2. L'Institut, 1115, 1855, 167. Comptes rendus AcaiL des sciences, t. XL, p. 1076, 1855. Gaz. médic, n° 20, p. 315, 1855 —

DICT. ENC. 2° S. IX. 9

130 MONADIENS.

Kolliker, Report assoc. at Glasgow, 125, 1855. — Diesing, Revision der Prothelmintlien, p. 61, Wien, 1866.

2. Trichomonas Caviœ. C. Davaine. Corps variant pour la grosseur suivant les individus et de forme très-variable par sa mollesse, assez souvent ovoïde et s'amincissant peu à peu pour se terminer par un filament plus épais à sa base ; mouvement ondulatoire rapide sur le contour, paraissant du à des cils vibratiles sans cesse agités et dont la base plus épaisse se laisse seule apercevoir de temps en temps. Longueur des individus les plus gros 0mm,02; largeur 0mm,01; filament au moins aussi long que le corps.

Trouvés en grand nombre, à Paris, dans le gros intestin d'un cobaye tué tout récemment et encore chaud.

5. Trichomonas suis (?) Gruby et Delafond. « Animalcule de forme ovale, aplatie, et la partie postérieure terminée par une queue conique ; bord aplati du corps garni de cils vibratiles ; mouvements très-vifs. Long. 0mm,02 ; largeur 0mm,01. » Dans l'estomac du porc. G. et D., mém. cit., p. 865.

4. Trichomonas batrachorum. Perty. Corps ovoïde, quelquefois élargi en avant; dos presque toujours en forme de carène; filament caudal court ; filament flagelliforme plus long que le corps. Long. 1/200 à 1/110'".

Trouvé dans le mucus intestinal du Bufo vulgaris et de la Rana temporaria de juin à octobre, par Perty en Suisse. — Perty, ouvr. cit., p. 170, pi. XIV, f. 14.

5. Trichomonas limacis, Dujardin. « Corps ovoïde, lisse, prolongé en pointe aux deux extrémités et terminé en avant par un filament flagelliforme, de la base duquel part une rangée de cils vibratiles dirigés en arrière. Mouvement assez vif en avant et tournoyant sur son axe. Long. 0mm,015.

Trouvé par Dujardin dans l'intestin de la Umax agrestis (Dujardin, Ouv. cit., p. 300, pi. IV, fig. 14). C. Davaine.

Bibliographie. — Wrisberg. Observ. de animale, infusoriis satura. Gœttinguœ, 1764. — Mui.LER(Othon-Fréd.). Verni, terrest. etc. hist., t. I, p. 25, in-4°; 1775. — Gleichf.x. Diss. sur la génération des anim. sperm. et ceux des infusions. Trad. en français, an VII. Passim. — Mùller (O.-F.). Animalcula infusoria fluv. et marina, in-i° ; 1786. — Bory de Saint- Vincent. Essai d'une classification des animaux microscopiques, in-8°. Paris, 1826. — Hemprich et Ehrenberg. Symb. phys. I, Phytozoa polyaslr., 1850. — Ehrenberg. Abhandl. der Akad. der Wissenschaft. in Berlin, 1829-1852 (Organ. des infusoires). — Du même. Die Infusionslhierchen, etc. Les animaux infusoires considérés comme des êtres organisés parfaits. Leipsick, 1858. — Dujardin (Félix). Annales des sciences naturelles, 2e série, t. V, 1856. — Du même. Sur les infusoires munis d'un double filament locomoteur In Annales des sciences naturelles, 2e série, t. VIII, p. 505; 1858. — Du même. Histoire naturelle des zoophytes [Infusoires], in-8°, atlas. Paris, 1841. — Lurent (J.-A.). De animalcuhs infusoriis, in-4°. Mannhemiis, 1857. — Schmvrda (Ludw.-K.). Zoologie, Bd. I, p. 186. Wien, 1871. — Diesixg (Car.-Maur.). Revision der Prothelmint/ten. Abth.- Mastigophoren, in-8°, 1866. — Davaine [C). Traité des Entozoaires, in-8°. Paris, 1860. — Schoch (Uust.). Die mikrokopischeu Thiere des Susswâsser-Aquariums, in-8°. Leipzig, 1868. G. D.

jiox.iNiDES. Voy. Amides.

movamixes. Voy. Alcaloïdes.

moxaroe. Monarda, L. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Labiées. Les espèces, qui le composent, sont des herbes à feuilles simples, opposées, à fleurs assez belles, disposées en verticilles axillairts qui forment quelquefois des têtes terminales. Les caractères essentiels sont : un calice persis.

tant, à cinq dents sensiblement égales ; une corolle, partagée en deux lèvres, dont la supérieure étroite, linéaire, droite et entière, et l'inférieure partagée en trois lobes, dont le médian plus grand que les autres ; deux étamines, à filaments sétacés, enveloppés par la lèvre supérieure de la corolle.

Les Monarda croissent dans l'Amérique septentrionale et particulièrement dans les États-Unis. Nous citerons comme intéressantes par leurs usages :

1° Le Monarda fistulosa L. (Monarde velue). Elle se distingue facilement pur la pubescence, molle, blancbâtre, dont sont recouvertes toutes ses parties; les feuilles sont cordiformes lancéolées ; les fleurs forment des espèces de tètes ses- •siles, entamées immédiatement à leur base de bractées sessiles, ciliées ; les corolles sont d'un blanc rougeàtre.

Toute la partie aérienne de la plante a une saveur très-àcre et très-piquante. ■On l'emploie comme tonique, nervine, résolutive et fébrifuge.

2° Le Monarda didyma L. (Monarda purpurea Lam.). C'est l'espèce qui olfre les plus grandes et les plus belles fleurs. Les bractées, à l'aisselle desquelles elles se trouvent, les calices et les corolles sont teintes d'un rouge vif, fort éclatant. Les deux étamines sont accompagnées de deux filets stériles, qui représentent, les étamines qu'on trouve en plus dans la plupart des autres labiées. Les feuilles sont larges, ovales, acuminées, comme perforées lorsqu'on les regarde par transparence.

L'odeur de ces feuilles est très-agréable. Aussi les emploie-t-on fréquemment dans les États-Unis en infusions théiformes. De là le nom de thé d'Osive'go ou de Pensylvanie, qu'on leur a donné.

3U Le Monarda punctata L. croît abondamment autour de Philadelphie. C'est une plante herbacée, à feuilles étroites linéaires, lancéolées, à limbe obscurément perforé. Les Heurs viennent par verticilles axillaires, munis chacun à leur base d'une collerette de 6 à 8 bractées, plus longues que les fleurs. Les corolles sont jaunes, ponctuées de pourpre.

La Monarde ponctuée contient beaucoup d'huile essentielle. On l'emploie, en Amérique, comme tonique, et aussi pour combattre les nausées et les vomissements.

Linné. Gênera et Speciesplantarum. — Coenuti. Canad, p. 13, 1. 14, — Lamarck. Diction. Encyclopédie, IV, 255. — Endlicher. Gênera plantarum, n° 3600. — De Candoixe. Prodr., XII, 301. Pl.

MONARDES (Nicolas), né à Séville, en 1493, ainsi qu'il résulte d'un document que possédait Morejon. On ignore où il fit ses études. Nicolas Antonio dit que ce fut à Alcala de Henarès. Cela est probable, puisque Séville n'a pas possédé d'école de médecine avant 1572. Ce qui paraît certain, c'est que Monardes a pratiqué pendant la longue durée de sa vie à Séville, où il jouissait d'une belle réputation. C'est là qu'il mourut, en 4588, à l'âge de quatre-vingt-quinze ans. Ce médecin a publié d'assez nombreux ouvrages, tant sur la médecine que sur les sciences naturelles. Ainsi il a pris part à la fameuse discussion qui a si vivement partagé les médecins au commencement du seizième siècle, sur la doctrine de Brissot, relativement à la veine qu'il faut ouvrir dans la pleurésie ; il s'est beaucoup occupé de l'emploi en médecine des diflérentes substances minérales et végétales, qui provenaient de l'Amérique tout nouvellement découverte. Il s'est également beaucoup occupé de l'usage de l'eau froide et de la neige, dont les propriétés étaient alors en question parmi ses compatriotes.

152 MONBIN.

Voici la liste de ses écrits :

I. De secanda xena in pleuritide inter Grœcos et Arabes concordiez, ad hispanenses medicos. Sevilla, 1539, in-4J ; Amberes, 1564, in-8°. — II. De rosa et partibus ejus ; de succi rosarum temperatura, etc. Amberes, 1568, in-8°. — III. Dos libros, el uno que trala de todas las cosas que traen de nueslras Indias occidentales, y el otro qui trata de la piedra bezoary de la yerba escorzunera. Sevilla, 1565, in-8° ; Ibid., 1509, 1580, in-4°, etc. Trad. en latin, en italien, en français. — IV. Libro que trata de dos medicinas escclentisimas contra todo veneno (le bezoar et la scorzonère). Sevilla, 1569, in-8°, et 1850, in-4°. — V. Dialogo del hierro y de sus grandezas, y cômo es mas escelente métal de todos, etc. Sevilla, 1571, in-S°; 1580, in-i°, trad. lut. et ital. — VI. Libro que trata de la nieve y de sos propriedades, y del modo, etc. Sevilla, 1571, in-8* et 1580, in->, trad. lat. et ital. — VU. De vanos secretos y esperiencias de medicina, lib. III, trad. du latin de Carlos Clacio. Leyden, 1605, in-fol. — VIII. Tradato del cj'ccto de varias yerbas. Sevilla, 1571, in-8°. — IX. On lui doit la publication en langue vulgaire de la Medicina hispanense de Juan Avinon, dédiée au chapitre de Séville. Sevilla, 1545, in-4°. E. Bgd.

MONARDES (Juan-Bautista). Ce médecin vivait, comme le précédent, à Séville et dans le même temps ; de là une confusion qui a fait attribuer un livre composé par lui à Nicolas Monar.les. Cet ouvrage qui traite de la matière médicale, sous forme de dialogue, a pour but de faire connaître aux pharmaciens les propriétés des productions propres à l'Espagne, de leur inspirer de la défiance à l'égard des substances exotiques qui arrivent si souvent falsifiées, et enfin de leur inspirer le goût de la saine érudition qui va s'abreuver aux sources premières. Cet ouvrage est intitulé: Pharmacodilosis, 6 declaracion médicinal, Sevilla, 15Ô6",. in-fol. E. Bgd.

mon as. Voy. Moinadiens.

MONASTE. Voy. Araignée.

MONBIN (Spondias L.). Genre de plantes, de la famille des Térébinthacées, qui a donné son nom à une tribu ou série de cette famille, celle des Spondiées- Leuis fleurs sont hermaphrodites ou polygames, régulières, et leur réceptacle convexe porte un calice à cinq divisions, cinq pétales valvaires ou un peu imbriqués, dix étamines disposées sur deux vertkilles et généralement cinq carpelles,, nuis dans une étendue variable et entourés d'un épais disque hypogyne. Le style est représenté par cinq branches libres, à extrémité stigmatifère plus on moins renflée. Dans l'angle interne de chaque loge ovarienne il y a deux ovules descendants, à micropyle supérieur et extérieur; l'un d'eux avorte souvent. Le fruit est une drupe dont le noyau est à deux, trois, quatre ou cinq loges, en partie stériles et vides, en partie fertiles et contenant dans ces cas une graine dont les téguments mêmes renferment un épais embryon charnu, rectiligne, sans albumine. Il y a des Monbins à loges nombreuses (8-15) dans le noyau. Ce genre, tel que nous l'avons limité dans notre Histoire des plantes, comprend une dizaine d'espèces, originaires de toutes les régions tropicales du globe et dont plusieurs sont Iréquemment cultivées dans les pays chauds. Ce sont des arbres à feuilles alternes, composées-imparipinnées et à fleurs de petite taille, très-nombreuses, rassemblées au sommet des rameaux en grappes composées de cymes et très-ramifiées dans le plus grand nombre des cas. La plupart ne sont utiles qne par leurs fruits, formés généralement d'un noyau épais, très-dur, lisse ou très-inégal, rugueux en dehors, parfois même prolongé dans la pulpe en longues saillies inégales, et d' une chair (mésocarpe) plus au moins épaisse, jaunâtre, sucrée, succulente, avec une saveur acidulé ou astringente. Le Monbin pune (Spondias lutea L ) a-

MONDIERE. 153

comme beaucoup d'autres espèces, un fruit qui ressemble à une prune et qui partage avec celui de plusl urs autres les noms de Prune d'Amérique, P. de la Nouvelle-Espagne, P. d'Espagne. C'est cette môme espèce qui avait été nommée S, Myrobalanus par Linné (Syst., 557, nec Jacq.) ; S. Monbin par Jacquin ; S. aarantiaca par Schumacher et Thônning, dans leur travail sur la Flore de Guinée; S. pseudo-myrobalamis par Tussac, dans sa Flore des Antilles; S. microcarpa par A. Richard, dans ]eFlorœ Senegambiœ Tentamen. C'est aussi le S. Zanzee de Don, vulgairement nommé Hobo, Caja, et par les Taïtiens Hobo et Caja. Sa chair est sucrée, astringente, aigrelette ; on en prépare aux colonies des tisanes rafraîchissantes pour les fébricitants, des conserves. Le tannin abonde dans l'écorce, la racine et l'embryon qui sont pour cette raison employés comme astringenls, antidiarrhéiques.

Les fleurs sont odorantes ; on en prépare des infusions aromatiques, usitées contre les affections des yeux, du larynx, etc. Le M. Pomme de Cvthère est aussi un fruit recherché, celui du S. dideis Forst., ou Cytherœa dulcis WiGirret Arn. C'est YEvia dulcis deBlume, YE. amara de Commerson, dont les noms vulgaires sont: Arbre de Cythère, Monbin de Malabar, Loy, Vy, Amara. Le M. bâtard ou Ramboustan, Plum-tree des anglais, est le fruit du Spondias purpurea L. (S. Myrobalanus Jacq., nec L., ou S. Monbin L., nec Jacq.); il a le mésocarjie charnu, aromatique, acidulé; on en préparc un sirop contre la diarrhée. Plusieurs Monbins sont peu recherchés parce que leur chair a une odeur et un goût désagréables de térébenthine. Les tiges de tous contiennent une gomme soluble, dite G. Hucare ou Hycaya, qui, dans les pays chauds, sert aux mêmes usages que la Gomme arabique.

Le M. Birr, de l'Afrique tropicale occidentale, est l'un des types du genre Sclerocarya. H. B.\.

L., Gen. plant., n. 577. — T., Gen., 272. — G.ertn., De fruct., II, t. 103, 104. — Lamk, Dict.encycl., IV, '259; Suppl., III, 727; III., t. 584. — Kunth, in Ann se. nat., sér. 1, II, 563. — DC , Prodr ., Il, 75. — Turp., in Dict. des se. nat., Atlas, t. 263. — Endl., Gén., n. 5920. Mkrat et Del., Dict. Mat. méd., VI, 510. — Gmbourt, Traité des drog. simpl., éd. 6, III, 49i. — Rosenth., S'jnops. plant, diaphor., 857, 1156. — Bentii. et J. Hoor., Gen. plant., I, 426, 1001, n. 56. — L. Makcii., liévis. des lérébinthac. [Anacard.], 21, 151, 158. — H. Bâillon in Paijer Leç. sur les fam. nat., 408; Histoire des plantes, V, 257, 505, 308. H. Bn.

MO\ti>IÈise (J.-T.), né à Laval (Mayenne), fit ses éludes médicales à Paris, conquit le titre d'élève de l'École pratique, et se fit recevoir docteur en 1829. Après avoir pratiqué quelques années à Paris, il alla se fixer à Loudun, et là il devint bientôt médecin de l'hôpital, médecin des épidémies, etc. Mondière était un homme excessivement laborieux, et malgré les soins d'une clientèle urbaine et rurale très-étendue, il trouvait encore le temps d'analyser et d'extraire tout ce qu'il rencontrait d'important dans les divers recueils français et étrangers. Il forma ainsi une vaste bibliographie par ordre de matières, sur cartes et cataloguée sur registres, que nous possédons à la bibliothèque de la Faculté. Observateur exact et attentif, il comparait les faits recueillis par lui à ceux que lui fournissaient ses nombreuses lectures, de là cette série de mémoires remarquables sur tant de sujets nouveaux, ou intéressants, particulièrement sur les maladies de l'œsophage, sur celles du pancréas et tant d'autres qui ont assuré la réputation dont il jouissait. Ces travaux de littérature médicale lui méritèrent le titre de membre correspondant de l'Académie de médecine. Ce médecin qui présentai l'association si rare du praticien consommé et du savant, mourut jeune encore

134 MONDINO.

au mois de janvier 1847, laissant pour honorer sa mémoires les travaux suivants :

I. Recherches sur l'inflammation de l'œsophage et sur quelques points d'anatomie pathologique de cet organe. Th. de Paris, 1829, n° 118. — II. Obs. sur les accidents déterminéspar le séjour des corps étrangers dans l'œsophage. In Archiv. gêner . de médecine, lre sér., t. XXIV, p. 388; 1850. — 111. Recherches pour servir à l'histoire de l'œsophagite aiguë et chronique. Ibid.. t. XXIV, p. 543; t. XXV, p. 558 ; t. XXVII, p. 494, 1831 ; t. XXX, p. 481, 1832. — IV. Recherches sur l'œsophagisme ou spasme de l'œsophage. Ibid., 2e sér., 1. 1, p. 465; 1853. — V. Note sur quelques maladies de l'œsophage. Ibid., t. II, p. 504 et t. III. p. 2>i ; 1835. — VI. Considérations sur quelques-unes des méprises que l'on peut commettre dans le diagnostic des hernies. Ibid., t. VI, p. 34; 1854. — VII. Quelques faits de médecin: pratique. Ibid., t. VII, 185; 1855. — VIII. Recherches pour servira l'histoire pathologique du pancréas. Ibid., t XI, p. 56, 265; t. XII, p. 133; 1836. — IX. Mém. sur la sueur habituelle des pieds. In l'Expérience, t. I, p. 482; 1838. — X. Mém. pour servir à l'histoire de la perforation des intestins par les vers ascarides. Ibid., t. II, p. 65; 1853. — XI. Note sur le traitement de la dysenterie par l'albumine en boissons et en lavements. Ibid., t. III, p. 97, 113 ; 1839. — XII. Note sur la courbure accidentelle des os longs chez de jeunes sujets. Ibid., t. III, p. 225 ; 1839. — XIII. Note sur le séjour prolongé des corps étrangers dans les voies aériennes. Ibid., t. V, p. 243; 1840. — XIV. Quelques remarques pratiques sur la fissure à l'anus. Ibid., t. III, p. 264 : 1859. — XV. Recherches sur la guérison spontanée de l'ascite et de l'anasarque. Ibid., t. VII, p. 417, 453; 1841. — XVI. Analyse des journaux anglais, français et italiens. In l'Expérience, à partir de 1858. E. Bgû.

MOXDiftO ou MOXDIM de Luzzi ou de Liuci (Mu.ndiinus de Lentiis). Le fameux Mondino, le restaurateur de l'anatomie dans l'Europe occidentale, est né, vers le milieu du treizième siècle, très-probablement à Bologne où résidait sa famille, bien que plusieurs villes se soient disputé l'honneur de lui avoir donné naissance. Cette incertitude tient sans doute à ce qu'il y eut plusieurs médecins de ce nom (abréviation de fiaimondo ou Raimondino), et notamment Mondino de Frioul, dont nous allons parler. Guy de Chauliac, qui vivait peu de temps après celui qui nous occupe et qui avait étudié en Italie sous un de ses disciples, l'appelle Mundinus bononiensis. Quoi qu'il en soit, ce célèbre professeur avait d'abord tenu, pendant plusieurs années, une boutique de pharmacie qui lui avait été laissée en héritage. On raconte aussi, et Renzi tient le fait pour certain, qu'il fut envoyé, avec son oncle Liucio, comme député auprès du prince Jean, fils du roi Robert de Naples, pour lui adresser des excuses au sujet d'une insulte faite à l'un de ses agents. Il est très-positif qu'il a longtemps enseigné à l'Université de Bologne, et Fantuzzi a démontré que l'époque de sa mort, fixée par quelques auteurs en 1518, doit être reculée jusqu'en 1326.

Il fut, avons-nous dit, le restaurateur de l'anatomie en occident ; en effet, on avait bien pratiqué avant lui, en Italie, quelques ouvertures de cadavres, et à Salei'iie particulièrement, on avait pu se livrer à quelques études anatomiquessur des corps humains ; mais c'est. Mondino qui, pour la première fois, à Rologne, en 1315, fit de cette science l'objet de leçons publiques. L'anatomie de Mondino esta proprement parler une splanchnologie ; l'auteur examine les différents viscères contenus dans les trois grandes cavités, en commençant par le ventre qui se corromprait trop promptement, et finissant par la tète. En dépit de ce qu'il avait sous les yeux, il décrit les organes plutôt d'après Galien et les Arabes que d après la nature ; il va même jusqu'à conserver les appellations arabes ; les parois de l'abdomen, c'est le myrach ; le péritoine, c'est le siphac; l'épiploon, c'est le zirbus. Cependant on s'accorde à reconnaître que sa description des intestins est assez bonne, notamment celle du caecum ; il constate l'existence des cellules du côlon, mais il n'ose rejeter les cinq lobes dont on gratifiait l'organe hépatique. Ses

MONDINO. lôo

descriptions des différents viscères sont souvent accompagnées de quelques remarques physiologiques ou pathologiques. Quant aux nerfs, aux vaisseaux qui se distribuent dans les différentes parties du corps, et surtout quant à la forme, à la situation, aux attaches des muscles, cette partie si importante de la topographie du corps humain est à peine esquissée. Quoi qu'il en soit, le livre de Mondino eut un immense succès ; pendant plus de deux siècles, il servit de manuel, et les professeurs, dans leur enseignement,. étaient tenus de le suivre et de le commenter devant les élèves.

Cet auteur, d'ailleurs fort instruit, a encore écrit d'autres ouvrages; il a commenté les Canones universelles de Mesué ; il y a à la bibliothèque de Paris un manuscrit intitulé : de Arboribus communibus et aromaticis qu'il dit avoir composé en 1505 ; à la bibliothèque Malatesta de Cesena, un autre manuscrit intitulé : Tractatus ad inveniendam dosim cujuscunque medicinœ, et un autre encore renfermant des commentaires sur Galien. Quant à l'ouvrage Synonyma medica, il appartient à Mondino de Frioul.

Dans ses commentaires sur Mesué, Mondino établit qu'en matière médicale l'indication la plus importante est celle des évacuants, parce qu'ils éliminent la cause des maladies et en préviennent ainsi les effets.

Voici l'indication de ce qui a été imprimé des œuvres de Mondini :

I. Anathomia Mundini prœstantissimi docloram almi studii ticinensis cura diligentissime emendata, etc. Papiœ, 1478, in-fol.; Bononi;e, 1482, in-fol. ; Paduse, 1484, in-4°, etc., etc., très-nombreuses éditions. — II. Canones unioersales divi Mesue de consolatione medicinarum simplicium, etc.. cum lucidenlis&ima expositionc prœstantis medici Mundini de Lentiis. Dans les diverses éditions de Mesué.

mondino de Foro-Julio ou de Frioul (Mundunus friulensis). Ce nom a induit en erreur beaucoup de bibliographes et de littérateurs qui ont confondu l'auteur dont nous parlons avec le célèbre anatomiste de Bologne qui vivait dans le même temps. Celui qui nous occupe actuellement était de Cividale, dans le Frioul, fils d'un certain Guglielmo, professeur à Padoue, et c'ejt dans cette ville que Mondino vécut et pratiqua à la fin du treizième et dans la première partie du quatorzième siècle. Henschel fixe l'époque de sa mort en 1340. Un très-ancien document conservé dans les archives de Padoue montre son nom, accolé à celui de Pierre d'Abano, sur un diplôme de maître donné à un certain Aymeric de Pologne. Il a composé un ouvrage qui n'est autre chose que le Clavis sanationis de Simon de Gênes avec des additions; cet ouvrage fut terminé en 1521, comme en témoigne un manuscrit de Turin qui porte en post-scriptum : « Hic finit Mundinus de Foro Julio, etc. Synonyma breviata cum additionibus quibusdam, anno 1521 die 11 Augusti. » Ce travail, dont il existe plusieurs manuscrits dans quelques autres bibliothèques, à Paris, à Césena, au Vatican, n'a jamais été publié. D'après Tommashii, Mondino de Frioul aurait encore composé un traité De Physiognomia qui aurait péri dans l'incendie de la bibliothèque Saint-Antoine, à Venise. Enfin Mazzuchelli lui attribue une exposition sur Mesué (Scrit. d'ital., I, part. 1, p. 9), mais il est probable qu'il y a ici confusion avec Mondmo de Luzzi qui a, en effet, écrit un commentaire sur les Canones wiiversales de Mesué (Henschel, Janus, 2e sér., t. II, p. 591). E. Bgd.

inox do. On désigne sous ce nom un arbre cultivé à Java, dont le fruit, du volume d'une orange, contient, au-dessous d'une écorce jaune dorée,, une pulpe

156 MONDORF (eau minérale de).

agréable, d'un goût vineux. Ce fruit se rapproche beaucoup du Mangustan (Yoy. Garcinia).

JlÉrtAT et De Lexs. Dicl. de matière médicale, IV, 445. Pl.

MOXDORF (Eau minérale de). Hypothermale, polymétallite, chlorurée sodique forte, chlorurée calcique moyenne, sulfatée calcique moyenne, bromoiodurée, carbonique et azotée faible. Dans le grand-duché de Luxembourg, à 14 kilomètres de la ville de ce nom, à 4 kilomètres de Sierck (voy ce mot), émerge une source découverte en 1841 à la suite d'un forage pratiqué dans le terrain triasique de la Lorraine et du grand-duché de Luxembourg. Son eau, claire et limpide, laisse déposer sur les parois intérieures de son bassin de captage une légère couche de rouille; elle est inodore; sa saveur est salée, amère; son arrière-goût est légèrement ferrugineux; des bulles gazeuses d'un assez gros volume, mais assez rares, la traversent sans cesse et viennent s'épanouir à sa surface; recueillies sous une éprouvette, elles n'éteignent pas complètement les corps en iguition. Sa température est de 24°, 7 centigrade; sa densité est de 1.0145. Son débit, d'après M. Eydt, architecte de l'établissement de Mondorf, est de 872,040 litres en 24 heures. MM. Reuter et van Kerkhoff ont l'ait son analyse. Nous donnons les résultats qu'a obtenus ce dernier chimiste après son examen de l'année 1848. M. van Kerkhoff a trouvé dans 1,000 grammes d'eau les principes suivants ;

Chlorure de sotlium 8,8197

— calcium 5,2017

— magnésium 0,428$

— potassium 0,2082

Bromures 0,1000

Iodures 0,0001

Sulfate de chaux 1,600

Carbonate de chaux 0.0865

— magnésie 0,0.65

— protoxvde de 1er 0,0227

Silice 0,0072

Acide arsénieux 0,0002

— ar.limonieux 0,0001

Manganèse, cuivre, étain et matières organ. traces.

Total des matières fixes 14,5417

Gaz! aci?ecarb°nique j trace6

| azote )

La station de Mondorf, située près du village de ce nom, se compose d'une buvette, d'une Trinkhalle, d'une salle d'inhalation où M. le docteur Marchai, médecin inspecteur actuel des eaux de Mondorf, fait respirer, dans les bronchites chroniques et dans l'asthme, les gaz acide carbonique et azote ; et de plusieurs maisons où l'on trouve des baignoires et des ajutages pour les inspirations gazeuses.

Emploi thérapeutique. Les eaux de Mondorf se boivent pures et souvent coupées de petit-lait. Leur dose varie d'un quart de verre à cinq ou six verres pris le matin à jeun et à un intervalle d'un quart d'heure ou d'une demi-heure, suivant les effets que le médecin veut en obtenir. La durée des bains, dont on élève à l'air libre la température de l'eau, est d'une heure en général; celle des inhalations gazeuses est de 19 à 20 minutes.

L'effet physiologique le plus fréquent et le plus important à signaler est la purgation, lorsque l'eau de la source de Mondorf est ingérée en quantité notable, de deux à six verres; tandis que les personnes qui ne la boivent qu'en proportion

MONESIA. 157

minime, de un quart de verre à un demi-verre pris en deux fois et à jeun, sont presque toujours constipées. Quel que soit leur mode d'emploi, elles excitent l'appétit et elles le ramènent lorsqu'il était perdu. Prises en boisson, elles activent la circulation sanguine, tandis qu'en bains elles la dépriment au contraire. Elles font éprouver, au bout d'un certain temps, une sensation de chaleur épigastrique qui rayonne bientôt dans toutes les parties du corps; elles ne sont ni diurétiques, ni diap'.iorétiques, c'est-à-dire qu'elles n'augmentent les urines ou la transpiration qu'en raison de la quantité qu'on en a bu et alors qu'elles ne provoquent pas de selles liquides ou féculentes. Elles ne sont excitantes de l'innervation que chez un petit nombre de buveurs. Les bains méso-thermaux diminuent sensiblement le nombre des battements cardiaques et artériels; ils ne produisent qu'accidentellement la poussée. Une toux légère et fugace, un sentiment de fraîcheur suivi bientôt d'une chaleur assez vive, une céphalalgie quelquefois violente sont le? phénomènes les plus ordinaires que les malades éprouvent à la suite des inh dations des gaz de la source de Mondorf.

Le lymphatisme trop marqué et les diverses phases de la scrofule sont les états diathésiques qui se trouvent le mieux d'une cure par les eaux en boisson et en bains de la source de Mondorf. Il faut les administrer alors à la dose de trois verres par jour et les donner en bains de trois quarts d'heure à une heure. Sous l'influence de cette médication, les malades ne tardent pas à voir augmenter leurs forces, quoiqu'ils soient purgés tous les matins. Leurs manifestations ganglionnaires se résorbent peu à peu et disparaissent tout à fait; car c'est sur les engorgements glandulaires cervicaux que l'eau de Mondorf a le plus de prise, bien qu'elle ait aussi une action marquée sur les membranes muqueuses si souvent affectées chez les scrofuleux. Ce sont les eaux en boisson et les inhalations qui sont employées avec le plus de profit chez les personnes qui viennent à Mondorf se débarrasser de catarrhes laryngo-bronchiques qui durent depuis longtemps et qui coexistent avec un tempérament où les vaisseaux blancs sont manifestement prédominants. Les eaux en boisson, en bains, en applications topiques et en douches gazeuses locales *ont conseillées aven succès enfin chez les rhumatisants, les névralgiques, chez ceux qui soulfrent de tumeurs blanches ou au moins d'engorgements péri-articulaires provenant de la molesse de leur constitution, chez ceux qui ont des blépharites, des kératites ou même des iritis qui reconnaissent la même cause, et enfin chez ceux qu'une maladie de peau locale ou généralisée, une scrofulide enfin, comme on dit aujourd'hui, a amenés à Mondorf.

La durée de la cure est de 25 à 30 jours.

On exporte déjà beaucoup l'eau chlorurée forte, bromo-iodiirée de la source de Mondorf. A. Rotui;eau.

Bibliographie. — Van Kerkhoff. Analyse chimique de l'eau de Mondorf [Grand-Duché de Luxembourg). Luxembourg, 1849. — Helft (H.). Handbuch der Balneotltcrapie Berlin, 1857, p. 483, in-8°. — Seeg-n (Joseph). Compuidium der allqemeinen und spcziellcn Heilquellenlehrc. Wien, 1857, in-S°, pag. 1 ï 1—142, zweiter Theil. — Marchvl (de Mondelange, Charles). Etudes sur les eaux minérales de Mondorf, suivies d'un coup d'œil sur le traitement hydrothérapique. Paris, 1807, in-8°. — Du même. Observations cliniques sur l'action des eaux de Mondorf, employées isolément ou associées à l'hydrothérapie rationnelle Paris, 1870, iu-8°. A. R.

HO\Esi v (Ecof.ce de). § I. Botanique. On désigne sous ce nom une éeorce compacte de saveur douce et astringente, qui est produite par une Sapolée, du genre Chrysoihïlmjm (voy. ce mot). Pl.

138 MONÉSIA (emploi médical).

§ II. Emploi médical. I. Pharmacologie. Le monésia ou la monésia (nous préférons le masculin, comme pour ses analogues : le ratanhia, le cachou, le kino) est uu produit du Brésil, nouvellement importé dans la matière médicale européenne. C'est un nom donné à la fois à l'écorce et à l'extrait de l'écorce d'un arbre, anciennement décrit par Pison sous le nom de Ibirace, ou de plusieurs arbres pénétrés du même suc astringent ; car, comme on va le voir, les opinions diffèrent sur l'origine de ces produits.

Le monésia porte au Brésil les noms d'écorces de Buranhem ou deGuaranhem, de Buranhé. D'après Guibourt, il a été introduit en Europe sous le nom de Mohica qui, par euphonie, se serait transformé en France en celui àemonésia. Il a été rapporté, par Biedel, au Chrysophillum Buranhem; par Virey, au Chrysophyllum glycyphlaeum ; par Casarelti, au Chrysophyllum leucophlœum: ces deux dernières espèces paraissent être identiques ; toutes trois appartiennent à la famille des Sapotacées. Mais, comme le relate V. Guibert, certains auteurs attribuent le monésia au Mohica des Brésiliens, d'autres auPalétuvier (RhyzopJiora Gymnorhyza. L.), d'autres enfin à Y Acacia Cochleocarpa, Mari;., à Y Acacia Virginalis, au Cainito Chrysophyllum. D'après Mérat, et sur le rapport du docteur Guillemin, l'arbre qui fournit le monésia est connu au Brésil sous le nom de Paocolher, croît au mont Corcavado près de Bio-Janeiro, et serait un Syderoxylon, des Sapotacées. C'est en définitive cette famille, et plus particulièrement l'espèce signalée par Yirey et Casaretti, qui paraissent fournir le monésia.

Cet écorcese trouve dans le commerce delà droguerie sous forme de fragments plats, atteignant la gr.mdeur de la main, de -4 à 6 millimètres d'épaisseur; elle est formée d'une substance uniforme, non fibreuse, brune, dure, compacte, pesante, toute gorgée d'un suc à la fois sucré, astringent et amer.

On trouve également dans le commerce un extrait de cette écorce, provenant, du Brésil ; il est noir, sec, en masses plates enfermées entre deux feuilles de papier; sa cassure n'offre ni l'aspect terne du cachou, ni le brillant du kino ; il possède une saveur d'abord sucrée, puis successivement astringente, amère, trèsacre et très-persistante. C'est un extrait aqueux, soluble dans l'eau. Celui que l'on prépare en France offre les mêmes caractères.

Analyse chimique. L'écorce de monésia a été analysée par Heydenreich, Bernard-Derosne, 0. Henry et Payen. Elle contient :

Matière grasse cristalline (stéarine), cire et chlorophylle. . . 1.2

Monésine, principe acre -4.7

Glycyrrliizine, principe sucré 1.4

Tannin, principe astringent, bleuissant le fer 7.5

Matière colorante rouge (acide rubinique), analogue à celle du

quinquina et du cachou 9.2

Malate acide de chaux 1.3

Sels de potasse, de chaux, de magnésie, de ter, de manganèse;

silice 5

Pectine et ligneux 71.7

La monésine a beaucoup d'analogie avec la saponine. Elle se présente sons la forme de plaques transparentes très-friables; elle se dissout très-bien dans l'alcool et dans l'eau, mais à peine dans l'acide sulfurique. Elle communique à l'eau la propriété de mousser assez fortement. Elle cause une première sensation d'amertume, bientôt suivie d'un sentiment d'âcreté très-prononcé à l'arrièrebouche.

Formes pharmaceutiques; moles d'administration, doses. Vécorce peut

MONESIA (emploi médical). 13i>'

être employée en infusion, en décoction, comme celle de ratanhia et pour les mêmes usages.

L'extrait se donne en pilules, depuis 50 centigrammes jusqu'à deux grammes. Réduit en poudre, on l'a conseillé pour saupoudrer les ulcères.

Sirop de monésia. Extrait de monésia, grammes 25 ; sirop de sucre, 975. 20 grammes de ce sirop contiennent 0,50 d'extrait de monésia (Codex), doses : 20 à 60 grammes dans une potion. Bonne préparation pour les enfants.

Teinture de monésia. Monésia, 1 ; alcool à 56°, 5 ; 4 à 8 grammes dans une potion. Elle sert plus souvent pour l'extérieur, plus ou moins étendue d'eau, pour lotions, injections, lavements.

Pommade de monésia. Extrait de monésia, 1 ; eau, 1 ; huile d'amandes, 4; cire blanche, 2 (Soubeiran).

La monésine a été proposée par Martin-Saint-Ange pour application à l'état pulvérulent sur les ulcères atoniques. Elle peut aussi servir de base à une pommade, comme ci-dessus. Elle a été administrée à l'intérieur à la dose de 1 à 5 centigrammes [Uispens. of the United States, p. 1451).

IL Action physiologique. Le monésia est un médicament qui semble participer à la fois des astringents et des amers. Ne contenant qu'une proportion assez modérée de tannin, il produit moins d'astriction sur la muqueuse gastrique que d'autres astringents qui en contiennent davantage; son action astrictive paraît en outre atténuée par son principe sucré. Mais son principe acre, la monésine, est irritant; l'estomac néanmoins ne paraît pas s'en offenser. Le monésia dans son ensemble exercerait sur cet organe, d'après Payen, Derosne, Guibert, des propriétés toniques, stomachiques, apéritives, tout en tendant à établir du côté des intestins un peu de constipation. Guibert trouve qu'il ne dessècbe pas autant la bouche que les autres astringents.

Toutefois, l'action topique de ce médicament sur les plaies dénote une certaine irritation. L'extrait de monésia, dit Guibert, détermine sur les plaies, les ulcères, une première impression douloureuse ; le plus souvent, c'est de la chaleur; quelquefois les malades éprouvent des picotements lancinants ; bientôt la solution de continuité devient moins humide, les bourgeons charnus prennent plus de consistance, et la cicatrisation marche à grands pas. Ce ne sont point là les effets d'un astringent pur, mais d'un astringent quelque peu compliqué d'un excitant, il est possible du reste- qu'il en résulte des avantages, et que ce médicament convienne spécialement dans les cas où il ne s'agit pas seulement d'astringenter les tissus, mais encore de combattre l'atonie dont ils sont frappés. Il y aurait donc en lui quelque chose de comparable à l'action des toniques amers.

Sous ces réserves, le monésia apar ailleurs une grande analogie avec le ratanhia, le cachou el le kino. 11 répond, dans la médication astringente, aux mêmes indications, surtout à celles du premier ; mais il parait moins astringent que les deux derniers.

III. Action thérapeutique. Forget considère le monésia comme un utile succédané des toniques astringents déjà connus, sans aucune propriété spéciale comme tel. Guibert, après avoir compulsé les travaux assez nombreux dont il a été l'objet, arrive à la même conclusion. 11 serait donc oiseux de passer en revue tous les cas auxquels il pourrait convenir, et il nous suffira de rappeler les principaux où il a été employé.

En première ligne, on peut citer la diarrhée ; quelles qu'en soient les causes et

iiO MON ÉSIA(emploi médical).

les formes variées, c'est à elle que l'on a le îilus opposé le monésia; c'est dans les formes séreuses, atoniques, qu'il paraît avoir le mieux réussi; Trousseau s'en louait beaucoup dans le traitement des diarrhées chroniques chez les enfants. Adrien, de Crécy, dit en avoir obtenu d'excellents effets contre la cholérine.

Il s'est montré utile contre diverses hémorrbagies, notamment l'hémoptysie et la ménorrhagie.

Aug. Bérard l'a employé avec avantage dans le cours de la bronchite chronique et de la plilhisie ; le monésia rendait l'expectoration plus facile, moins abondante, la respiration plus libre, et relevait en même temps les forces affaiblies de l'estomac.

HalLout a eu recours avec succès, contre les angines pharyngées et laryngiennes, à des gargarismes avec 50 à 60 grammes de sirop de monésia ; contre le muguet, contre la diphthérie, à des collutoires et à des potions à l'extrait de monésia.

Adrien recommande ces mêmes moyens contre la stomatite mercurielle avec salivation etuleérations des joues et de la langue.

Préconisé un moment contré la chlorose par Riffault, le monésia n'a pas tardé à être reconnu peu propre à modifier sérieusement cette maladie.

Son emploi externe, dans les diverses circonstances qui comportent l'emploi des astringents, est mieux justifié en principe et par les résultats. Ainsi, en injections, le monésia a réussi dans le traitement de la leucorrhée et de la blennorrhée; sous forme de pommade ou de suppositoires, contre les hémorrhoïdes ; en onguents, lotion<, poudres, contre les excoriations, plaies, ulcères rebelles, engelures ulcérées. Payen et .Manec (Gazette médicale) disent avoir substitué avec avantage les lavements de monésia à ceux de ratanhia contre la fissure de l'anus. Trousseau maintient la supériorité, en pareil cas, du ratanhia ; mais il reconnaît celle du monésia pour le trail émeut des excoriations et des fissures du mamelon, contre lesquelles d'autres auteurs recommandent spécialement aussi l'écorce de Buranhem.

Le monésia, malgré son utiliLé incontestable, est un peu délaissé de nos jours. 11 subit le sort des produits exotiques, qui n'éclipsent jamais d'une manière durable nos médicaments usuels, et qui n'ont aucun droit surtout à remplacer les agents de la matière médicale indigène, lorsque l'expérience démon! re qu'ils ne valent pas mieux. Delioux de Savignac.

Eiuliograi'hie. — Derosne (B.) et Henry (0 ). Tableau synoptique, présentant l'essai analytique, l'indication de quelques préparations pharmaceutiques et les propriétés médicinales d'une substance végétale nouvellement importée de l'Amérique du Sud, et connue sous le nom de Monésia. Un tableau in-fol. Paris, 1859.— Forget (Prof.). Recherches chimiques et cliniques sur un nouveau médicament, appelé monésia. In Bull. gén. de thér., t. XVI, 1859. — Deroske, Henry et Payen. Examen chimique et médical du monésia. Paris, 1841, in-8°. In Juum. des conn. méd. chir., janv. 1851. — Adrien. Du monésia contre les flux intestinaux et contre la stomatite mercurielle. In Journ. des connaiss. méd. chir., octobre 1842. In Bull. gén. de thérap., t. XXIII, 1842. — Boireau. Un mot sur l'emploi de l'extrait de monésia dans la chlorose. In Bull. gén. de thérap., t. XXVI, 1844. — Pifkallt. De l'emploi du monésia dans la chlorose. In Revue méd. chir., mars 1844 et in Journ. des conn. méd. chtr. — H.\LiiouT. Sur les effets thérapeutiques du monésia. In Journ. des connaiss. méd. chirurg , juillet 1845. In Bull. gén. de thérap.. t. XXIX, 1845. — Guibert (V.). Hist. nat. et ■méd. des nouveaux médicaments. Bruxelles, 1860. D. he S.

1UOXEST1ER (LE) DE BRIAXÇOIt (Eau MINÉRALE DE). YotJ. Le MoMBS- TIER DE BniAiNÇOX.

MONKERET. 141

MOXESTIER (LE) DE CLERMOXT (Eau MINÉRALE de). Voy. Le MoNES- TIEI! DE ClERMONT.

MONUELLAZ (Pierre-Joseph). Né à Flumet (Savoie), en 1795, se fit recevoir docteur en médecine à Paris, en 1820; puis, deux ans après, docteur en médecine et en chirurgie à Turin. Mongellaz s'était d'abord fixé à Paris, mais vers lSo1-], à la suite d'une grave maladie, il retourna dans son pays natal, et là, il remplit avec une raie indépendance des fonctions politiques dans le Sénat sarde, où les suffrages de ses concitoyens l'avaient envoyé cinq fois de suite. Ce médecin distingué mourut d'un anévrysme de l'aorte, le 9 mars 1860. Élève de Broussais, profondément attaché aux doctrines du célèbre réformateur, il avait choisi, pour sujet de thèse, une question qui, on peut le dire, devait l'occuper toute sa vie, les « irritations » intermittentes.

On a de lui :

I. Propositions sur les irritations intermittentes. Th. de Paris, 1820, n° 214. II. Essai

sur les irritations intermittentes, ou nouvelle théorie des maladies périodiques, etc. Paris, 1821, 2 vol. in-8°. — III. Réflexions sur la théorie physiologique des fièvres intermittentes, et des maladies périodiques, faisant suite, etc. Paris, 1825, in 8°. — IV. L'art de conserver

la santé et de prévenir les maladies héréditaires ou l'hygiène, etc. Paris, 1828, in-8°.

V. De la nature et du siège de la plupart des affections convulsives, comateuses, etc. Paris, 1828, in-8°. — VI. Monographie des irritations intermittentes, ou Traité, etc. (2° édit. de l'Essai sur les irritations intermittentes). Paris, 1839, 2 vol. in-8°. E. Bgd.

MONGOLIE. Voy. Tau ta rie.

ho\*>ori ou MO^GORIUJM. Synonymes de Mocori, Mogorium (Voy. cesmots).

MOXGOS OU MO\GO. Voy. MlJNGOS OU MoNGO.

HOXVllE DU PAPE. On donne quelquefois ce nom au Liinaria annua L. dont les fruits sont grands, arrondis et aplatis à peu près comme une monnaie (voy. Lunaire). Pl.

MO\xeret (Jcles-Au&uste-Edouard), né à Paris, en 1810, était d'abord entré dans la chirurgie militaire. A peine âgé de vingt et un ans, il était aidemajor, mais ayant abandonné cette carrière, il se fit recevoir docteur en 1855, et parles avis d'un maître illustre et vénéré, M. Andral, il se livra à l'enseignement et aux travaux scientifiques, en môme temps que par son infatigable activité il se créait une nombreuse clientèle. Nommé en 1858 agrégé à la Faculté de médecine, après un premier concours, et médecin des hôpitaux en 1840, il donna à l'école pratique des cours de pathologie très-suivis. Il ne lui restait plus, dès lors, qu'à atteindre le but suprême de l'ambition bien légitime des hommes de sa trempe, le professorat. C'est par la voie honorable du concours qu'il voulait y parvenir, et la manière brillante avec laquelle il avait déjà figuré dans quelques tournois de ce genre, montrait bien évidemment qu'il devait prochainement arriver ainsi, quand le concours fut aboli. Mais Monneret avait trop solidement établi ses droits par ses leçons, ses travaux antérieurs pour qu'il fut possible de les méconnaître, et c'est au suffrage de ses pairs qu'en effet il dut sa nomination à la chaire de pathologie interne. Mais il ne jouit malheureusement pas longtemps d'une position si laborieusement conquise; le 14 sep'cmbre 1808, une mort subite l'enle-

142 MONMERIA.

vait à la science et à ses nombreux amis, dans toute la vigueur de son talent; il avait à peine cinquante-huit ans.

Animé d'un zèle incessant pour les progrès de la science, Monneret ne se bornait pas à l'enseignement par la parole, il a donné au public médical des ouvrages aussi nombreux qu'importants, en même temps qu'il faisait paraître, dans les recueils scientifiques, d'intéressantes recherches sur des points circonscrits de pathologie. Ce n'était pas un esprit original, un trouveur, mais un observateur exact et surtout consciencieux, mettant au service d'une intelligence nette et sévère toutes les ressources que la science du diagnostic possède aujourd'hui, ^'oublions pas d'ajouter, car la chose est assez rare pour qu'elle mérite d'être rappelée, que Monneret possédait un caractère terme, profondément indépendant, et qu'on le trouvait toujours prêt à sacrifier ses intérêts à son devoir.

On a de cet estimable et laborieux médecin :

I. Considérations générales sur les épidémies. Th. de Paris, 1833, n° 213. — II. Compen- ■diutn de médecine 2>ratique (commencé avec Delaberge, continué et achevé a vue Flecbt). Paris, 1856-47, gr. in-8", 8 vol. — III. Déterminer la part des causes occasionnelles dans la production des maladies. Th. de conc. (agrég. méd.). Paris, 1838, in-4°. — IV. Mémoire pour servir à l'étude de l'hygiène. In Bévue méd., 1859, t. III, sept. — V. Note sur le bruit d'expiration et sur le souffle bronchique dans les épanchements de la plèvre. In Gaz. des hôp., 1842, p. 849. — VI. Nouvelles observations pour servir à l'histoire de la morve chez l'homme. In Arch. gén. de méd., 4e série, t. XV, p. 181 ; 1847. — VII. Mém. sur l'ondulation pectorale dans l'état physiologique et dans les maladies. In l\ev méd.-chirurg., t. IV, p. 129, 195; 1848. — VIII. Etudes sur les bruits cardiaques et vasculaires dans l'état physiologique. Ibid., t. VII, p. 129, 193 ; 1850. — IX. Description et valeur seméiotique de quelques maladies du foie. In Bull. acad. de méd., t. XVI, p. 71, 881 ; 1850-51. — X. Sur le pneumo-thorax et les phénomènes acoustiques auxquels il donne lieu. In Arch. génér. de méd. 4e sér., t. XV, p. 257 ; 1851. — XI. La goutte et le rhumatisme. Th. de conc. (chaire de path int ). Paris, 1851, in-i°. — XII. Étude clin, sur la maladie qui a reçu le nom de cirrhose du foie. In Arch. gén. de méd , 4e sér., t. XXIX: p. 385 et t. XXX, p. 56; 1852. — XIII. Des hémorrhagies produites par les maladies du foie. In lbid., 5e sér., t. III, p. 6il ; 1854. — XIV. Remarques sur le bruit lympanique dans les épanchements. In Bull, de la Soc. de méd. des hôp., t. II, p. 251 ; 1851. — XV. Du cancer du foie. In Arch. génér. de méd., 5e sér., t. V, p. 515, 658; 1855. — XVI. Traité de pathologie générale. Paris, 1857- 1861, in-8°, 5 vol. en 4 part. — XVII. Des congestions dans les fièvres. Rapp., etc., in Actes ■de la Soc. de méd. des hôp., fasc. V, p. 216; 1861. — XVIII. Programme des cours de path. int. Paris, 1861-65, in-8°. — XIX. De l'hypérémie en général. In Arch. génér. de médec., 6e sér., t. I, p. 385; 1863. — XX. Congestion non-inflammatoire du foie. In Act. de la Soc. de méd. des hôp., fasc. VI, p. 257; 1864. — XXI. Traité élémentaire de pathol. int. Paris, 1864-66, in-8°, 5 vol. — XXII. De la puerpéralité, leç. réd. par Ferrand. In l'Union méd., 3e sér., t. IV, p. 215, 228, 275; 1867. E. Bgd.

mowsfbsi a ou MOXXERIA. Genre de plantes dicotylédones, dont les affinités ont été longtemps douteuses, que quelques auteurs plaçaient près des Borraginées, mais que A.-L. de Jussieu a rapportée au groupe des Rulaeées.

Deux espèces appartiennent à ce genre ; elles habitent toutes les deux l'Amérique méridionale, et ont pour caractères communs : un calice irrégulier â cinq divisions; une corolle gamopétale, irrégulière, presque à deux lèvres; cinq étamines soudées en deux filets, dont le supérieur porte deux anthères et l'inférieur trois ; cinq capsules monospermes.

La plante la plus intéressante est le Monnieria trifoîiah., qui croît dans la Guyane et au Brésil. Sa tige herbacée est droite, cylindrique, et porte des feuilles opposées au bas de la tige, alternes au sommet. Ces feuilles sont composées de trois folioles, ovales, oblongues, aiguës, entières, velues sur les deux faces, contenant de nombreuses glandes très-fines, qui les font paraître perforées. La foliole moyenne est plus grande que les deux autres ; les fleurs sont généralement pla-

MONOBENZOYCINE. 143

■cées en inflorescences axillaires ; le pédoncule commun de l'inflorescence se divise en deux rameaux divergents, qui portent les fleurs sur leur côté convexe, interne •ou supérieure. Ces fleurs sont blanches, petites, portées sur de très-courts pédicelles et présentent les caractères communs, que nous avons indiqués ci-dessus. Le fruit est formé de cinq petites capsules ovales, qui s'ouvrent longitudinalement en deux valves. Ils contiennent chacun une semence ovale, noirâtre, finement chagrinée ou tuberculeuse.

D'après Pison, la racine de cette espèce a une odeur et une saveur très-àcres. Prise à l'intérieur, elle provoque des sueurs abondantes et des émissions d'urine copieuses. Elle est, dit-il, alexipharmaque; le nom de Jaborandi, qu'il lui donne est exactement celui d'une plante de régions analogues, qu'on préconise en ce moment même comme un puissant diaphorétique. Nous faisons ce rapprochement sans vouloir rien conclure au point de vue de l'origine du nouveau médicament.

Linné. Gênera, n" 850. — Aublet. Plantes de la Guyane, II, p. 751. — Pison. Historia naturalis Brasil., p. 215. — Jussieu. Gênera planlarum, p. 421. — Lamarck. Illustrations des genres. Encyclopédie, t. 596. — Dictionnaire Encyclopédie, IV, p. 2(51. — De Candolle. Prodromus, I, 729. — Endlicher. Gênera plantarum. — Bf.ntham et Huoker. Gênera plantar , I, h, m. Pl.

itiowoyèbe. Nom donné à la Lysimachia nummularia L. (Voy. Nummuxaire). Pl.

MONOACÉtine G10H1008. Composé découvert par M. Berthelot, en chauffant à 100° pendant cent quatorze heures un mélange de glycérine et d'acide acétique cristallisable.

C'est un liquide neutre, d'une odeur légèrement éthérée. Sa densité est égale à 1,20. Elle forme, avec un demi-volume d'eau, un mélange limpide qui se trouble par l'addition de deux nouveaux volumes du même liquide; cependant la monoacétine ne se sépare pas.

Traitée par l'alcool et l'acide chlorhydrique, la monoacétine fournit de la glycérine et de l'éther acétique (Ann. de chim. et phys., t. XLI, p. 277, 5e série).

MONO ut u hi\e CwHl608. Cette substance s'obtient en chauffant l'acide arachique avec de la glycérine, pendant huit heures, à 180°.

C'est une matière blanche, presque insoluble dans l'éther froid, peu soluble dans l'éther bouillant, d'où elle se dépose en fines granulations. Fondue, elle présente l'aspect de la cire (Annales de chimie et de physique, 3e série, t. XLVU, p. 357). M.

noxoBEXZOYtiXE C20II1208. Composé obtenu par M. Berthelot en chauffant la glycérine avec l'acide benzoïque, soit entre 120° et 150°, pendant quarante-quatre heures en présence d'un excès d'acide, soit vers 200e avec un excès de glycérine, soit à 275° pendant quinze à vingt heures.

C'est une huile neutre, blonde, très-visqueuse, presque inoxydable, d'un goût amer et aromatique, douée, surtout à chaud, d'une légère odeur balsamique, extrêmement soluble dans l'éther, dans la benzine et dans l'alcool, peu ou point soluble dans le sullure de carbone. Sa densité, déterminée à 160,5, est égale à 4,228.

144 MONOCHLORHYDRINE.

Soumise à l'action de la chaleur, elle commence à bouillir à 520° en se décomposant, et fournit de l'acroléine et de l'acide benzoïque en abondance. Traitée par la potasse à chaud, elle reproduit l'acide benzoïque, et traitée par l'ammoniaque, elle se change en benzamide {Annal, de chimie et de physique, 5e série, t. XL1, p. 290). M.

MOXOBRO.hhi »RI*E C6H7BrO*. MM. Berthelot et Deluca ont trouvé cette substance parmi les produits de l'action des bromures de phosphore sur la glycérine.

C'est un corps neutre, liquide, huileux, soluble dans l'éther, doué d'une saveur pénétrante et aromatique.

Chauffée à feu nu, la monobromhydrine développe une odeur désagréable et se décompose; elle distille dans le vjde vers 180° sous une pression comprise entre 0m,01 et 0m,02. Traitée par la potasse aqueuse à 100°, pendant cent douze heures, elle se décompose avec formation de bromure de potassium et de glycérine [Annales de chimie et de physique, 3e série, t. XLV1I1, p. 504). M.

MOXOBUTYRIXE CuHu08. En chauffant à 200°, pendant trois heures, l'acide butyrique en présence d'un excès de glycérine, 31. Berthelot a obtenu un liquide dont la densité déterminée à 17° est égale à 1,088, et qui exposée à 40° au-dessous de 0° conserve sa fluidité.

Ce liquide est la monobutyrine. Cette substance peut être mélangée à l'eau et former une émulsion stable dans des proportions quelconques. Saponifiée par l'eau de baryte, elle se réduit en glycérine et en acide butyrique. Traitée à froid par l'alcool et l'acide chloi hydrique, elle se change en éther butyrique et en glycérine (Ann. de chim. et de phys., oe série, t. XLI, p. 261). M.

ihoxocéphalien. Par ce mot, on a désigné, comme l'indique Fétyniologie, des monstres doubles qui n'ont qu'une seule tête.

Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire a donné ce nom à une famille de monstres doubles autositaires, dont les deux composants ont un ombilic commun, deux corps plus ou moins distincts et une seule tête qui n'offre extérieurement aucune trace de duplicité. Il a divisé cette famille en trois genres :

1° Le genre Déradelphe, caractérisé par une tête unique, deux troncs séparés au-dessous de l'ombilic et réunis au-dessus possédant trois ou quatres membres thoraciques ;

2° Le genre Thoradelphe caractérisé de même, mais avec deux membres thoraciques seulement ;

5° Le genre Synadelphe dont les troncs réunis dans toute leur étendue, ne sont point séparés au-dessous de l'ombilic, et sont néanmoins distincts. Les membres sont au nombre de huit (voy. l'histoire particulière de chacun de ces genres et l'article Diflogenèse). C. Davaine.

NOXOCULORniDRliVE C6H7C104. La monochlorhydrine s'obtient en saturant de gaz chloihydrique la glycérine légèrement chauffée, et en maintenant la dissolution à 100° pendant trente-six heures. D'après M. Berthelot, la monochlorhydrine a une densité égale à 1,31, bout à 227°; exposée à un lroid de — 55°, elle conserve sa fluidité ; elle est neutre, son odeur est fraîche et éthérée, sou goût est d'abord sucré, puis piquant ; elle se mêle à l'eau et à l'éther, ne précipite

MONOGENÈSE. 145

point le nitrate d'argent et brûle avec une flamme blanche bordée de vert, en mettant à nu de l'acide chlorhydrique. Enfin l'oxyde de plomb saponifie la monochlorhydrine très-lentement (Annales de chimie et de physique, 5e série, t. XII, p. 296). M.

MONOCLE. Voy. Bandages.

I»IOXOC'OTlLÉDO\ÉES (Pl.ANTEs) {VoiJ. BOTANIQUE, p. 131).

MOXO»ELPnES. Dénomination rappelant que les mammifères auxquels on l'applique n'ont qu'un seul utérus ou plutôt qu'une seule gestation, celle qui se passe dans l'utérus ou dans les trompes utérines. De Blainville, qui en est l'auteur, l'étendait à tous les animaux de cette classe qui ne sont ni didelphes ou marsupiaux, ni ornithodelphes ou monotrèmes. Les monodelphes, aussi nommés placentaires, parce qu'ils sont seuls munis d'un placenta véritable, constituent l'une des trois sous-classes établies, par le savant que nous venons de citer, parmi les mammifères (voy. Mammifères). P. Gerv.

mo\ODORA. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Anonacées. Ce genre a été établi par Dunal par deux espèces à'Anona, dont une seule a quelque intérêt, c'est le Monodora Myristica, Dunal (Anona Myristica, Gœrtner). C'est un arbre de la Jamaïque dont les fruits sont des baies subglobuleuses, lisses, contenant un grand nombre de graines, placées au milieu d'une masse pulpeuse. Ces fruits rappellent la muscade, dont ils ont l'odeur. De là le nom de muscade américaine qu"on leur a donné vulgairement et de myristica que les botanistes leur ont appliqué comme dénomination spécifique.

Dunal. Monographie des Anonacées, p. 80. — Gartner. De fructibus et semmibus, II, p. 194, tab. 125, fig. 1. — De Candolle, Prodromus, p. 87. — Endlicher. Gênera Plantai'., n° . — Bentham et Hooker. Gênera Plantarum, I, 27. Pl.

MOXOGENÈSE. Tous les animaux vertébrés se reproduisent directement par une génération sexuelle. Sortis de l'œuf avec la forme qu'ils auront à l'état adulte, ou bien avec une forme différente mais qui se modifie par une métamorphose, ils produisent à leur tour des œufs d'où sortira la génération ■subséquente.

Il n'en est pas de même pour tous les animaux invertébrés ; parmi ces derniers, un grand nombre se reproduisent en outre par scission ou par gemmation. Dans ces cas, les individus appartenant à la génération non sexuelle ne possèdent point toujours la forme de leur parent immédiat. Ce n'est qu'après une ou plusieurs de ces générations non sexuelles que reparaît la forme du parent primordial. Ce mode de génération a reçu de Steenstrup le nom de génération alternante.

Plus tard, M. Van Beneden qui l'a étudié particulièrement chez les vers intestinaux, lui a donné le nom de Digenèse.

Jusqu'alors la génération directe, qui était seule connue, n'avait point eubesoin d'une désignation propre; mais les notions acquises sur le nouveau mode de génération qui fut appelé digenèse, exigèrent qu'on désignât le premier par un nom particulier. Le mot monogenèse a donc été formé par opposition à celui de digenèse.

Ces deux expressions sont prises aussi adjectivement ; on dit la monogenese ou

DICT esc 2e s. IX 10

Page 1