‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.61Chapitre 21 sur 114 · MOXTAIN (LES DEUX FRÈRES · texte numérisé non relu

MOXTAIN (LES DEUX FRÈRES

Montait! (Jean-François-Frédéric), né à Lyon, le 2 mai 1778; à l'exemple de la plupart des médecins de ce temps, il servit dans les armées comme officier de santé, et vint terminer ses études à Montpellier, où il se fit recevoir docteur en 1805. De retour dans sa ville natale, il y obtint de légitimes succès et conquit, en 1809, la place de médecin titulaire de l'Hôtel-Dieu. Victime des violences réac-

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tionnaires qui signalèrent les premières années de la Restauration, il fut condamné à cinq ans de prison et 2,000 francs d'amende comme coupable de n'avoir pas dénoncé une conspiration ourdie à Lyon par un certain Rosset, et qui n'avait pas même eu un commencement d'exécution. Sauvé, comme nous le dirons plus bas, par le dévouement de son jeune frère, Frédéric Montain se réfugia en Belgique où il exerça Ja médecine pendant quelques années. L'apaisement des passions politiques lui ayant permis de rentrer en France, il se fixa de nouveau à Lyon, où il continua ses succès dans la clientèle. Enfin, pendant les dernières années de sa vie, il fit plusieurs campagnes en Algérie, comme médecin attaché à l'état major de 1 armée. Ce médecin distingué est mort à Paris, à la fin de l'année 1851, à l'âge de soixante-quatorze ans.

L'œuvre capitale de Frédéric Montain, qui lui est d'ailleurs commune avec son frère, c'est le Traité de Vapoplexie. Les idées exclusives, mais très-nettes de Roclioux sur le sens du mot apoplexie, qu'il l'ait expressément synonyme d'hémoniia^ie cérébrale, n'étaient pas encore connues ; les frères Montain, d'accord avec la plupart des anatomo-pathologistes du temps, regardent l'apoplexie soit comme l'effet d'une compression du cerveau par une congestion ou un épanchement sanguin, soit au contraire comme l' effet d'une sorte d'anémie (apoplexie nerveuse asthénique), ou d'une suffusion séreuse qui constitue pour eux l'apoplexie nerveuse sthénique.

On a de lui :

I. Quelques propositions sur la méthode expeclante appliquée à la chirurgie. Thèse de Montp., an XII, n° 15. — II. Obs. d'une fièvre adgnamique avec rechutes. In Bull, de la Soc. rnéd. d'émul.. t. I, p. 271 ; 1807. — III. Le guide des bonnes mères. Lyon, 1807, in-12.

IV. Des effets des différentes espèces d'évacuations sanguines artificielles. In Mémoires

cour, par la Soc. de méd. de Bordeaux Lyon, 1810, in-8°. — V. Mémoires sur différentes espèces d'apoplexie. In Journ. gén. de méd., t, XL, p. 241; 1811. — VI. Traité de l'apoplexie (avec son frère). Paris, 1811, in-8°.

Montnin (Gilbert-Alpiionse-Clal'dius), frère cadet du précédent, chirurgien qui a joui à Lyon d'une grande réputation ; il était né dans cette ville, le 21 décembre 1780; il fit là ses premières études médicales. Il était déjà désigné par concours comme chirurgien eu chef de la Charité, quand il vint se faire recevoir docteur à Paris, le 17 août 1808. Les frères Montain étaient destinés, comme leurs compatriotes les frères Martin, à donner les plus louchants exemples de l'amitié fraternelle. Comme nous venons de le dire, Frédéric, l'aîné, ayant été condamné à cinq ans de prison, devait subir sa peine, à Paris, dans la prison de Suinte-Pélagie; parti pour celte destination, dans le mois de janvier 1817, son frère Gilbert avait obtenu l'autorisât. on de l'accompagner. Pendant le trajet, •celui-ci parvint à tromper la vigilance des gendarmes qui formaient l'escorte, et prenant la place de son frère, il se laissa conduire à Sainte-Pélagie, où lorce fut bien de le mettre en liberté, tandis que le condamné s'enfuyait en Belgique. De retour à Lyon, il reprit ses fonctions de chirurgien en chef de la Charité, puis il passa professeur de thérapeutique et de matière médicale à l'école secondaire. Sa prodigieuse activité lui faisait concilier les soins d'une très-nombreuse clientèle avec lis exigences de ses fonctions publiques, volontairement augmentées encore par les consultations gratuites que deux fois par semaine il donnait aux indigents. Cet homme de bien, cet habile et laborieux médecin mourut à Lyon, le 17 juin 1853 (Brachet, Eloge de Gilb. Montain, Lyon, 1855). 11 a laissé les ouvrages suivants : '

J. Quelques propositions sur les maladies laiteuses. Th. de Paris, 1808, n° 77. — II. Du

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