MON TAN 1ER
tait considéré comme cause des maladies des femmes en couches. Paris, 1808, in-S°. — III. Traité ds l'apoplexie (avec son frère). Paris, 1811, in-8°. — IV. Mém. sur les changements qui surviennent clans les organes, la constitution et le tempérament après l'amputa ■ tion des membres. In Bull, de la Soc. méd. d'émulat., t. VIII, p. 209 ; 1811. — V. Traité de de la cataracte et des moyens d'en opérer la guérison. Pans et Lyon, 1812, in-8°. — VI. Quelques observations sur l'heureuse influence de la vaccination dans diverses affections autres que la variole In Journ. qén. de méd., t. XLV, p. 384 ; 1812. — VII. Considérations sur la tumeur cl la fistule lacrymales, et description, etc. lbid., t. XLVII, p. 161 ; 1813. — VIII. Mémoires sur divers points cl' anatomie, de chirurgie et de l'art des accouchements. In Journal de Corvisart, t. XXXVIII, p. 350 ; 1817. — IX. Obs. d'une déchirure de la fourchette, du périnée, du sphincter et de la cloison recto-vaginale à la suite d'un accouchement laborieux, guérie par la suture cnchcvillèc. In Bull, de la Soc. méd. d' émulai , 1821. p. 189. — X. Accouchement opéré par l'incision de la vulve. Ibid., p. 193. — XI. Mém. de thérapeutique médico-chirurgicale, médecine pneumatique, etc. Paris, 1836, in-8°, pi. — XII. Quelques considérations sur le tabac. Lyon, 1841, in-8°, et 2" édit. sous ce litre : Physiologie du tabac, de son abus, etc. Paris, 1842, in-32. E. Bgd.
MOXTAKA DE MOXSERKATE (Bernarding), un des premiers auteursespagnols qui aient écrit sur l'anatoniie. On ignore la date et le lieu de sa naissance; un biographe espagnol ïorres y Ainat le dit d'origine catalane, D'un autre côté, comme dans son ouvrage, publié en 1551 , il assure l'avoir écrit après quarante-cinq ans de pratique, on peut en conclure qu'il est né vers 1482 ou 1485. Dans ce même livre, il déclare que pour savoir l'anatoniie, il faut l'avoir étudiée soit à Montpellier, en France, soit à Bologne, en Italie, soit à Valladolid, en Espagne, où elle est cultivée depuis peu ; or, comme il Tait connailre également que dans sa jeunesse il a voyagé hors de l'Espagne, il est permis de croire avec Morejon et Chinchilla qu'il a fait au moins ses études anatomiques en France ou en Italie. Du reste, tel était son amour pour cette science que, sur ses vieux jours, ne pouvant marcher à cause de ses infirmités, il se faisait porter en litière au cours d'anatoraie que professait Alfonso Rodriguez deGuevara, à Valladolid. Il parait avoir passé la plus grande partie de sa vie dans cette ville.
Son ouvrage, devenu très-rare, a été soigneusement analysé par les deux historiens de la médecine espagnole que nous citions plus haut, et il résulte de leur examen que non-seulement le traité d'anatomie de Montana était au courant de la science à l'époque où il a été écrit, mais qu'il était même en avance sur beaucoup de points de physiologie. Voici le titre de cet ouvrage :
Libro de la anatomia del hombre, nuevamente compuesta, muy util y necesario a los medicos y cirujanos, etc. Valladolid, 1551, in-fol. E. Lgd.
movtanier (Joseph-Henry). Né à Mauvezin (Gers), le 25 juin 1824. II vint à Paris faire ses études médicales, et prit le grade de docteur le 10 janvier 1849. Très-instruit, très-laborieux, il ne se borna pas à la pratique de la médecine, mais il consacra ses loisirs à des recherches scientifiques, à des travaux d'érudition; c'est ainsi que nous avons mis sa plume à profit pour nos biographies. Malgré l'apparence extérieure d'une vigoureuse constitution, Montanier portait le germe d'une affection tuberculeuse des poumons, qui fit irruption d'une manière inattendue et suivit une marche rapidement latale à laquelle il succomba, le 11 mars 1872, dans la ville de Pise, où il était allé chercher le rétablissement de sa santé.
Collaborateur assidu de la Gazette des hôpitaux, à laquelle il a fourni une foule d'articles intéressants de critiques et d'études historiques, il était devenu le nôtre, et la rectitude du jugement, associée chez lui avec celle du sens moral,.
wct. enc. 28 s. IX. 18
274 MONTBRISON (eaux minérales de).
donnait à ses articles nu caractère remarquable de netteté et d'indépendance que
nos lecteurs ont pu apprécier.
On a de lui :
I. De la maladie de Bright. Th. de Paris, 1849, n° 8. — II. Traité pratique des maladies vénériennes (avec Maisoxneuye . Paris, 1855, in-8°. — III. Des conditions patkogcniqu.es et de la valeur séméiologique de l'albuminurie. Th. de conc. (agreg. méd.). Paris, 1857, in-4°.— IV. Un très-grand nombre d'articles dans la Gaz. des hôpitaux. Nous citerons seulement les suivants: Considérations sur la vaccine (lb65) ; Yitalismeet organicisme (1865) ; considérations sur le traitement de la syphilis (1807) ; les Facultés de médecine avant la révolution (18U8), etc , etc. E. Bgd.
MONTANiNE. Principe amer ds l'écorce de Sainte-Lucie (Exostemma loribunda).
MONTAI*© (Jean-Baptiste), né à Vérone en 1488 ; fit ses études médicales
à Padoue, et fut nommé très-tard, en 1539, professeur de médecine à l'université
de cette ville, il passait pour l'un des praticiens les plus habiles de son temps. Il
mourut à Terrazo en 1551, et est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages parmi
lesquels nous citerons :
1. De differentiis medicamentorum. Wittemberg, 1551, in-8°. — II. Lecliones in prïmum canonem. Avicennœ. Venise, 155i-1556, 2 vol. in-8°. — III. De excrementis aller de fecibus aller de urinis. Padoue, 1554, in-8° et Paris, 1555. — IV. Explanaliones in Galeni artem curandi. Venise, 1554, in-8°. — V. De meclica mentis simplicibus. Venise, 1555, in-8°. Ses ouvres diverses ont été réunies et publiées à Bàle, 1558 et 1565, in-8°, et à Frankfort, 1587, jn-fol. A. D.
MONTANTE (Apophyse). Voy. Maxillaire supérieur.
MONTANUS (Thomas) ou, de son nom véiitable, Van den Berghe (Berghe signifie montagne), né le 7 juin J 61 7 à Dixmude, où son père, qui exerçait la
édecine, lui servit de maître et de guide ; il prit le bonnet de docteur à l'Université de Louvain, en 1639. Après quelques voyages en Allemagne et en Italie pour perfectionner ses connaissances, il revint pratiquer sou ait dans la ville de Gand. Vers 1656; Montanus s 3 fixa à Bruges et obtint les places de médecin en chef de l'hôpital civil et de médecin pensionnaire de la ville. Le zèle et le talent dont il fit preuve pendant la peste qui désola la ville de Bruges, en 1666, lui méritèrent l'honneur d'être mis à la tète du conseil de santé. C'est également par son initiative que fut créée la Société médicale de Saint Luc. Ce praticien distingué mourut le 5 avril 1685, à l'âge de soixante-huit ans.
Voici le titre de l'ouvrage qu'il a laissé sur la peste de 1666 : Qualitas loimodea sive pestis Brugana anni MDCLXVI, hippocratico-hermetice discussa, etc., Brugis Flandrorum, 1669, in-i°.
N'oublions pas de mentionner pour éviter toute confusion que son père (Robert van den Berghe), également connu sous le nom de Montanus, a publié l'ouvrage suivant :
Diœtema, sive salubris victus ratio novo-antiqua. Per controversias digesta, etc. Accessit ejusdem nutritio fœtus in utero matris. Lovanii, 1657, in-12 et Ibid., 1040, in-12.
E. Bgd.
MONTBRISON (Eaux mlnérales de), athermales , bicarbonatées sodiqites moyennes, ferrugineuses faibles, carboniques fortes. Dans le département de la Loire, dans l'arrondissement et à huit kilomètres de Montbrison, à deux
MONTBRUN (eaux minérales et boues de). 275
kilomètres de la source de Moingt (voy. ce mot), émergent trois sources qui se ■nomment : la source Romaine, la source de V Hôpital et la source de la Rivière. L'eau de ces sources a des caractères physiques et chimiques qui leur sont communs ; ainsi elle est claire, transparente et très-limpide ; elle laisse déposer sur les parois intérieures de ses bassins de captage une couche jaune rougeàtre assez épaisse qui forme comme une sorte d'émail ; elle est traversée par un nombre considérable de bulles assez volumineuses qui viennent constamment s'épanouir à sa surface. Elle n'a pas d'autre odeur que celle du gaz acide carbonique ; sa sa- Teur est piquante, alcaline et pourtant agréable. Sa température est de 12°, 7 centigrade. L'analyse chimique de l'eau des trois sources de Montbrison a été faite par M. Denis, qui a trouvé dans 1,000 grammes les principes suivants :
SOURCE i SOURCE SOURCE DE DE LA
ROMAINE. L'iIOriTAL. RIVIÈRE.
Carbonate de soude '2,4-25 2,755 2,025
— chaux 0.422 0,340 0,535
— magnésie 0,207 0,150 0,150
— fer 0,098 0,035 0,075
Chlorure de sodium 0,195 0,175 0,175
Acide silicique et terre végétale. . . 0,065 0,120 0,075
Matière végétale et animale 0,0:'5 0,075 0,035
Pêne 0,025 0,010 »
Total des matières fixes .... 3,462 3,660 2,870
Gaz acide carbonique libre Dit, 190 2 lit. 110 1 lit. 140
Les essais entrepris par M. Grimer, ingénieur des mines, pour découvrir l'iode, le brome et la matière organique dans l'eau des sources de Montbrison et de Moingt ont été négatifs. M. Grùner, après avoir constaté par une analyse spéciale des eaux de la source de Moingt et des sourees de Montbrison qu'elles avaient à peu près la même composition élémentaire, conclut que ces quatre griffons ont une origine commune et viennent de la même nappe souterraine. Nous ne nions pas les rapports étroits qui existent entre les eaux de Montbrison et de Moingt, mais nous sommes moins affirmatif que M. Grùner en constatant la différence de la température de ces eaux minérales qui est de près d'un degré centigrade.
Ces sources, connues depuis une époque très-reculée, sont, exclusivement employées en boisson. Elles sont très-peu suivies maintenant; quelques dyspeptiques, quelques dysuriques et quelques personnes qui souffrent ou qui ont souffert de coliques hépatiques avec ou sans jaunisse, visitent encore les sources de Montbrison. A. R.
MOXTBRix (Eaux minérales et boues de), athermales, sulfatées calciques moyennes, sulfureuses faibles. Dans le département de la Drôme, dans l'arrondissement de Nyons, dans le canton et à seize kilomètres de Carpentras, dans un joli vallon, mais dans un point d'un accès difficile, émergent deux sources qui se nomment : la source des Rochers et la source des Plâtrières. La première sort ■d'une roche gypseuse qui borde le petit chemin situé à peu près au milieu de la cote; la seconde a son griffon au point le plus déchiré de la vallée. Les caractères physiques et chimiques de l'eau de ces deux sources ne diffèrent que par la quantité de leur dépôt, par leur température et par leur degré sulfhydrométrique. L'eau des sources de Montbrun, situées à 500 mètres l'une de l'autre, est claire, limpide et transparente; celle de la source des Rochers donne naissance à une boue argileuse à la fois sulfatée et sulfureuse. Elle a une odeur tranchée d'oeufs pourris; son goût est fade et hépatique ; la température de la source des Rochers
27t> MONTCEL (eau minérale de).
est de 12°, 9 centigrade, celle de la source des Plàtrières est de 15°, 2 centigrade. M. Henry (Ossia.i) a fait en 1853 l'analyse chimique de l'eau des deux sources de Montbrun; il a trouvé dans 1,000 grammes les principes suivants :
SOCRCE SOUitCE
DES IIES
ROCHERS. PLÀTRIÈRES.
Suirate de chaux 1.050 1,400
— soude
— magnésie
Bicarbonate de chaux
— magnésie
Chlorure de sodium
— magnésium / 0,380 0,355
— calcium )
Silice, alumine, phosphate terreux,
oxyde de fer 0,060 0,070
Sulfure de calcium 0,030 0,180
— magnésium )
Sel ammoniacal, traces de potasse, ma- j traces. traces,
tière organique bitumineuse. ..."
Total des matières fixes 2,190 2,765
Degrés sulfhydrométriques 7°,8 4",6
Les eaux de Montbrun sont employées en boisson, surtout parles habitants des environs; cependant, quelques baigneurs viennent s'installer, chaque année, àl'établissement de Montbrun qui a vingt cabinets de bains et de douches. Les maladies chroniques catarrhales, surtout des voies aériennes, digestives et urinaires, sont celles qui sont le plus habituellement traitées par les eaux de Montbrun prises à l'intérieur ; les affections cutanées exigent de plus l'administration des bains et des douches. Les paysans qui ont de vieux ulcères atoniques, des engorgements ou des roideurs articulaires d'origine traumatique, s'en tiennent le plus souvent au traitement externe ; ils font principalement usage des applications topiques de la boue de la source des Rochers. A. R.
Bibliographie. — Henry (Ossian). Analyse de l'eau sulfureuse de Montbrun [drame). In Journal de pharmacie et de chimie, t. XXXIII, 1858 et in Bibliographie des Annales de la* Société d'hydrologie médicale de Paris, 1858-1859, t. V, p. 23 de la bibliographie.
mo\tcel (Eau minérale de), athermale, bicarbonatée sodique moyenne, carbonique moyenne. Dans le département du Puy-de-Dôme, dans l'arrondissement de Riom, dans la commune de Montée!, sur la route de Gombroside ta Saint- Pardoux, un peu avant le pont de la Morge et à gauche de ce pont, au milieu des terrains de Laschamps, émerge une source limpide sous une pellicule mince et blanchâtre, qui n'a aucune odeur autre que celle du gaz acide carbonique dont les bulles la traversent à intermittences assez rapprochées. Sa saveur est aigrelette et un peu lixivielle, mais nullement ferrugineuse. Su température est de 13°, 5 centigrade; son analyse qualitative a été faite par Mosnier. Ce médecin a trouvé que 1,000 grammes de cette eau contiennent 3 grammes de principes fixes. Le bicarbonate de soude y entre pour la majeure partie. Les bicarbonates de chaux et de magnésie, le -sulfate de soude, la silice et l'oxyde de fer sont les autres substances qui minéralisent l'eau de la source de Montcel.
L'eau de cette source est exclusivement employée en boisson par les paysans du voisinage, qui ont des aigreurs et des digestions lentes et difficiles. À. R.
Bibliographie. — Mosnier. Essai et analyse des eaux minérales de Montcel et de Joserand. — Nivet (V.). dictionnaire des eaux minérales du département du Puy-de-Dôme. Clermont- Ferrand, 1846, p. 145, in-8° A. R.
MONT-DORE (eaux minérales du) 277
MONTCDAïVSON (Eau minérale de) , athermaU, bicarbonatée ferrugineuse, ^carbonique faible. Dans le département du Cantal, dans l'arrondissement de Saint-Flour, dans la commune de Faverolles, à une petite distance du château de Montchansnn, émerge d'une roche granitique une source minérale. Son eau est claire, limpide et transparente, mais elle laisse déposer une couche notable de rouille sur les parois intérieures de sa fontaine et du petit ruisseau qui la conduit dans le Rioumon, un peu au-dessus du point où il se jette dans le Bex. Des bulles gazeuses d'un assez gros volume s'élèvent du fond de sou bassin et le traversent ^à intervalles assez rapprochés. Elle n'a d'odeur que celle que lui donne l'acide carbonique; sa saveur est piquante, acidulé et ferrugineuse. On n'a jamais fait son analyse chimique exacte. Elle sert en boisson seulement aux habitants du -voisinage qui lui reconnaissent pour vertu d'être tonique et reconstituante, et de rétablir leurs forces épuisées par une maladie qui les a profondément affaiblis.
novr de venus. Voy. Vulve.
mont-dore (Eaux minérales du), athermciles ou hyperthermales, amétallites, arsenicales, carboniques moyennes ou fortes. Dans le département du Puyde-Dôme, dans l'arrondissement de Clermont-Ferrand, à 1,046 mètres au-dessus du niveau de la mer Méditerranée, est la station thermale la plus élevée du département du Puy-de-Dôme et même de la France après Baréges, celui de tous les postes de l'Europe qui est situé à la plus grande altitude. (De Paris on va par le chemin de fer jusqu'à Clermont-Ferrand, d'où partent plusieurs fois par joui des voitures publiques qui mettent six ou huit heures pour se rendre au Mont-Dore, en suivant soit la route nalionale, et alors la distance à parcourir est de 55 kilomètres, soit le chemin de moyenne vicinalité qui traverse les montagnes et offre un raccourci de 1 1 kilomètres. On peut encore arriver au Mont-Dore par la ligne <\e Brioude jusqu'à Issoire, où l'on trouve une voiture qui, pendant la saison, effectue le trajet deux fois par jour en cinq ou six heures.)
Le Mont-Dore, certains écrivent Mont-d'Or (Mons Duranius), est bâti au milieu de la chaîne des montagnes de la basse Auvergne, dans un vallon de 400 mètres de largeur, ouvert au nord-est et au sud-ouest; c'est un bourg de 660 habitants, -composé d'une rue principale et de plusieurs petites places. M. le docteur Goupil -a remarqué que les vents du nord-nord-est et de l'ouest-sud-ouest y régnent ordinairement pendant le mois de juillet ; ceux de l'est-nord-est et ceux de l'ouestsud-ouest pendant le mois d'août. R a observé aussi que la température moyenne de neuf heures du matin à siv heures du soir pendant ces deux mois de l'année est de 17° centigrade (de 9° à 26° centigrade) dans le premier, et de 21°, 5 centi- . grade (de 18° à 25° centigrade) pendant les dix-huit premiers jours du second. Les journées les plus chaudes sont toujours tempérées par la grande agitation de l'air, mais les malades doivent se couvrir de vêtements épais, matin et soir, pour se garantir de la fraîcheur ou même du froid. L'établissement et les sources appartiennent au département. Les baigneurs trouvent au Mont-Dore des sites intéressants et variés, et de nombreux sujets d'études s'ils ont quelque goût pour les sciences naturelles. Rs ont d'ailleurs à visiter les ruines de châteaux féodaux et les sommets du voisinage : le Pic-de-Sancy ou Mont-Dore proprement dit, le Puy-Ferrand, les rochers du Capucin, les gorges d'Enfer, les cascades du Que- .reillt et de la Vernière, la vallée de la Cour et du Chambon, le château de Mu»
278 MONT-DORE (eaux minérales du).
rois, etc., et le bas -fond où prennent naissance la Dore et la Dogne qui, aprèsleur réunion, forment la Dordogne, bien éloignée d'avoir alors l'importance qu'elle acquiert plus loin.
Le nombre des sources ayant leur point d'émergence dans la vallée du Mont- Dore est considérable. Nous n'allons nous occuper que de celles qui sont employées aux usages thérapeutiques ; il y en a huit : la source César et la source Caroline, la source du Pavillon, de Saint- Jean ou du Grand bain, la source de la Madeleine, la source Ramond, la source Rigny, la source d'Exportation ou source Roger, la source Sainte-Marguerite et une source trouvée pendant l'hiver 1873- 1874 dans l'hôtel Boyer. Les six premières, situées dans l'intérieur de l'établissement, vont être décrites- successivement en allant de l'ouest à l'est ; la source athermale ou de Sainte-Marguerite et la source de l'hôtel Boyer coulent en dehors de la maison de bains.
1° Source César et source Caroline. Ces deux sources ont leur point d'émergence à cinquante centimètres l'une de l'autre dans le même bassin circulaire ; elles ont un débit de 111,000 litres en vingt-quatre heures. Pour arriver au pavillon voûté, de construction romaine, à fronton semi-circulaire qui a été élevé au-dessus de leur bassin, il faut, en sortant par la porte nord de l'établissement, monter un escalier et traverser une plate-forme de lave du Mont-Dore, toujours chauffée par l'eau du réservoir de ces sources qu'elle recouvre immédiatement. L'intérieur de ce bassin est tapissé par une couche épaisse d'un sédiment jaune rougeàtre assez semblable, quoiqu'un peu moins foncé, à celui qui seremarque dans les sources de Saint-Alyre, de Boyat et de Saint-Nectaire. Pendant le service des bains et des douches, le niveau de l'eau des sources César et Caroline reste ordinairement à 45 centimètres au-dessous des bords du réservoir qui, à tout autre moment, verse son trop-plein dans un aqueduc de dégorgement. L'eau de ces sources, claire, limpide, transparente, inodore et incolore, a une saveur piquante, légèrement salée, sensiblement bicarbonatée, qui n'est aucunement désagréable malgré sa chaleur. Au centre du bassin de captage, elle est agitée, à intermittences rapprochées, par des bouillonnements produisant un bruit tantôt sourd et tantôt plus clair, qui s'entend du milieu de la terrasse. Aussi cette eau est gazeuse, mais les bulles qu'elle contient sont très-petites, montent promptement à sa surface, et ne se déposent sur les parois des verres qu'après le refroidissement de l'eau. La température de l'air du pavillon étant de 15°, 5 centigrade, cille de l'eau est de 45°, 7 centigrade. Sa réaction est très-acide; elle rougit manifestement le papier bleu de tournesol, et ce papier rougi ne reprend: point à l'air sa coloration première. Il n'est point altéré lorsqu'on le laisse séjourner au milieu de la couche de gaz interposée entre la surface de l'eau et la: partie supérieure du réservoir ; il n'y éprouve de modification qu'autant qu'il est mouillé. Cependant des bougies allumées ou tout autre corps en ignition s'éteignent à trente-deux centimètres de la surface du bassin. Cette eau n'a aucune in^ fluence sur le papier de curcuma. Ces deux sources, qui ne sont pas employées à> l'intérieur, alimentent les baignoires et les appareils de douches de la grande salle, les douches et les piscines des pauvres, après avoir séjourné dans deux réservoirs. L'un, établi sous la plate-forme, peut s'ouvrir par trois points recouverts de dalles mobiles à anneaux de fer, qui se trouvent : le premier au centre de la terrasse, le second au haut de l'escalier et le troisième à 60 centimètres du mur du pavillon. Les parois intérieures sont doubles et espacées par un intervalle rempli d'air chaud et de vapeur; aussi la thermalité de l'eau y est-elle plus longtemps.
MONT-DORE (eaux minérales du). 279
conservée. Le second réservoir, qui n'a été construit que par suite de l'insu Ifisance du premier, se termine en cône au-dessus des dalles de la terrasse supplémentaire; sa capacité est de 90 mètres cubes. Ces deux réservoirs communiquent entre eux par des tuyaux de plomb, et leur eau est emportée aux diverses parties de l'établissement. La densité de l'eau des sources César et Caroline est de 1,00 190 pour la première, et de 1 ,00218 pour la seconde. Nous réunissons dans un même tableau l'analyse cbimique des sources du Mont-Dore.
2° Sources du Pavillon, de Saint-Jean ou du Grand bain. Ces sources, au nombre de cinq, ne servent pas non plus à l'intérieur; elles alimentent cinq salles de bains de la division de Saint-Jean, situées au deuxième élage de l'établissement. Cette division se compose de sept salles. Les cabinets n° 6 et n° 7, faisant face au n° 1 et au n° 5, reçoivent des réservoirs de la plate-forme les eaux des sources César et Caroline. Du pavillon de ces dernières sources, il faut pour arriver à la division Saint Jean descendre l'escalier extérieur et entrer par la porte nord qui s'ouvre sur un palier communiquant avec la grande salle de l'établissement. Les cabinets latéraux 1 et 5 sont voûtés et clos, ainsi que tous ceux de cette division, par des portes vitrées. Au fond et dans le sens de la largeur est installée une baignoire de lave ayant à l'une de ses extrémités une issue par laquelle s'échappe l'eau, sans cesse renouvelée du bain, pour se rendre par une rigole pratiquée dans le dallage de la pièce à l'aqueduc de dégorgement. Les trois salles du milieu sont moins larges, moins élevées et plus profondes que les deux premiers cabinets. L'eau de chacune des cinq sources arrive directement par le fond de la baignoire qu'elle alimente exclusivement, et sort par l'ouverture pratiquée à son bord supérieur. Toutes les salles de la division Saint-Jean renferment un appareil de douches descendantes. L'eau de ces cinq sources est légèrement trouble, recouverte de gouttes huileuses s' étendant peu à peu, formant une couche trèsmince, de couleur irisée, se reconnaissant d'autant mieux que l'on regarde moins obliquement la surface de l'eau. Elle laisse un dépôt jaunâtre à l'intérieur des baignoires et dans les rigolles creusées sous les dalles. Des bulles gazeuses viennent s'épanouir à son niveau, et surtout dans la source de la salle n° 5. Cette eau est chaude au palais; elle n'a aucune odeur; sa saveur est alcaline et légèrement ferrugineuse. Elle ternit promptement les parois des vases qui la contiennent. Puisée avec un verre, elle semble plus claire lorsqu'elle a été traversée par une multitude de petites bulles de gaz qui, en gagnant successivement ses couches supérieures, rendent plus sensible sa limpidité. La température de l'air du palier étant de 25°, 5 centigrade, celle de la source correspondant à la source n° 1 est de 42°, 6 centigrade; celle de la source de la salle n° 2 est de 45° centigrade; celle de la source de la salle n° 3 est de 42°, 8 centigrade; celle du n° 4 de 41°, 7 centigrade, et enfin celle du n° 5 de 42°,4 centigrade. La réaction de l'eau des sources du Pavillon est acide, celle de la salle n° 3 rougit surtout le papier bleu de tournesol, tandis que l'eau de la salle n° 1 lui laisse à peu près sa couleur première. Elles ne modifient ni les unes ni les autres le papier de curcuma. L'analyse chimique des sources du Pavillon, de Saint-Jean ou du Grand bain se trouve au tableau général qui suit.
3° Source de la Madeleine. Cette source se trouve au rez-de-chaussée de l'établissement, sous uii pavillon voûté situé au bout de la galerie du midi, qui s'ouvre sur la grande place. Cette source est captée sous une cage de béton et de ciment, surmontée d'une première pyramide creusée de lave du Mont-Dore, dans laquelle l'eau ne peut s'élever qu'à lœ,25 au-dessus de la surface de son bassin,
280 MONT-DORE (eaux minérales du).
divisé par une cloison formant un bac de 40 centimètres de profondeur qui devait constituer la buvette de cette souice. Cette séparation est devenue inutile depuis l'installation de la nouvelle buvette de la Madeleine alimentée par l'eau de la source qui lui a donné son nom et par celle que donne la source de l'Exportation pendant la nuit. L'eau de la source de la Madeleine alimente les baignoires des galeries du rez de-chaussée, dites du nord et du midi : elle est en même temps montée, au moyen d'une pompe aspirante et foulanle, à un vaste réservoir supérieur situé à 4 mètres au-dessus de l'aire dallée du pavillon de la Madeleine. Deux tuyaux partant de la base de la pyramide conduisent l'eau thermale au réservoir inférieur et aux baignoires des galeries du nord et du midi. D'autres tuyaux, enfouis sous les dalles, aboutissent à une seconde colonne d'où ils emmènent l'eau à la buvette et aux chaudières alimentant les bains, les douches de vapeur et les salles d'aspiration. L'eau de la source de la Madeleine est claire, limpide et transparente à son griffon ; mais elle devient trouble, d'un blanc laiteux, et se recouvre d'une pellicule irisée lorsqu'on la laisse pendant un certain temps exposée à l'air. Elle n'a d'odeur que celle du gaz acide carbonique qui s'en échappe avec des bouillonnements moins bruyants et plus sourds que ceux de la source César. Sa saveur est alcaline, faiblement gazeuse, mais nullement désagréable. La température de l'air du pavillon de la Madeleine étant de 26°, 5 centigrade, celle de l'eau prise à une soupape distante de 20 centimètres du griffon de la source est de 44°, 9 centigrade. Sa réaction est sensiblement acide. L'analyse chimique de l'eau de la source de la Madeleine se trouve au tableau qui suit la. description de la source Rigny.
4° Source Ramond. Le griffon de cette source est à 20 mètres à gauche du bassin de la source de la Madeleine, et sous le tunnel établi sur le canal de dégorgement dans un embranchement au fond duquel se trouve le captage de la souice Ramond. Les parois et la margelle de cette fontaine n'ont éprouvé aucune modification depuis l'occupation romaine, et les deux morceaux de fer scellés dans la lave et servant au fermoir n'ont pas été remplacés. L'eau du puits Ramond est louche, mais elle paraît moins trouble et moins blanche que l'eau du bassin de la Madeleine. La couche de sédiment qu'elle laisse déposer sur les parois intérieures de son bassin de captage est d'un jaune plus rougeàtre que dans l'eau des autres sources du Mont-Dore. Elle n'a aucune odeur; de rares bulles de gaz montent à sa surface, et pourtant on croirait cette eau très gazeuse en la regardant au travers d'un verre. Son goût est agréable, quoique sensiblement ferrugineux. Sa réaction est franchement acide, et la température de l'air du souterrain étant de 28°, 2 centigrade, celle de l'eau de la source Ramond est de 44°, 5 centigrade. Des tuyaux de plomb conduisent l'eau de cette source aux trois baignoires installées entre les deux piscines. On trouvera l'analyse de cette eau après la description du captage et de l'aménagement de la source suivante.
5° Source Rigny. Elle est à 25 mètres de la source Ramond, sous une voûte et à droite du souterrain, où passent les tuyaux qui portent les eaux aux baignoires des cabinets de la galerie du Nord. Les parois intérieures du puits Rigny, de lave du Mont-Dore, sont de l'époque romaine, mais sa margelle est moderne. Cette eau est non-seulement trouble dans le puits, mais aussi dans le verre, aux parois duquel s'attache très-peu de gaz ; elle ressemble à du petitlait qu'agiteraient l'ascension et le dégagement de bulles peu nombreuses. Elle est inodore; sa saveur très-légèrement ferrugineuse est sensiblement alcaline; sa .réaction est très-acide, et l'air de la galerie souterraine où elle se trouve mar-
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quant 32°, 7 centigrade, la température de l'eau de la source Rigny est de 42°, 7 centigrade. Des conduits de plomb, semblables à ceux de la source précédente, emportent l'eau de la source Rigny aux trois grandes baignoires ou piscines de famille qui sont dans la salle intermédiaire aux deux grandes p-scines auxquelles l'eau des sources de la Madeleine, Uamond et Rigny peut arriver aussi par des crises d'eau ^'effectuant au moyeu de robinets adaptés à leur tuyau de distribution. M. Jules Lefort a publié les analyses chimiques de l'eau de ces sources, en 1862 ; il a trouvé dans 1,000 grammes les principes suivants :
SOCRCË SOURCE