‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.61Chapitre 23 sur 114 · CÉSAR. PAVILLON. MAPELI INE. RAMOND. RIGNY · texte numérisé non relu

CÉSAR. PAVILLON. MAPELI INE. RAMOND. RIGNY

l Bicarbonate de soude 0,5561 0,;i432 0,5562 0,5362 0,5575

potasse. . . . 0,0212 0,0509 0,0009 0,0212 0,0232

— chaux 0,5209 0,5142 0,5423 0,2720 ' 0,5092

— magnésie . . . 0,1076 0,1676 0,1757 0,1647 0,1628

— protox. de fer. 0,0258 0,0235 0,0207 0,0317 0,0250

— manganèse . . j

— rubidium. . . I

> traces. traces, traces. traces. traces.

— cœsium. ... i

— lithium. ... |

Chlorure de sodium 0,3o87 0,3630 0,3685 0,5578 0,5599

Sulfate de soude 0,0756 0,0761 0,0761 0,0737 0,0751

Ar.-éniale de soude 0,00095 0.00096 0,00096 0,00096 0,0(1096

Acide silicique 0,1552 0,1686 0,1604 0,1550 0,1653

Alumine 0,0083 0,0094 0,0112 0,0065 0,0101

lodure et fluorure de sodium, borate de soude, matière organique et animale traces. traces. traces. traces. traces.

Total des matières fixes. 1,67035 1,79916 J. 74206 1,62076 1,66906

(oxygène Occ.98 Occ.77 Occ.65 0cc.75 0cc,7l

Gaz ] azote 9 25 10 45 8 64 10 01 9 25

( acide carbonique libre.. Ogr.5967 0gr.38l0 Ogr. 3522 Ogr.4997 lgr.3644

6° Source d'Exportation ou Source Boycr. Le bassin de cette source est a dix mètres du pavillon de la source de la Madeleine. Un petit aqueduc emporte l'eau de cette source dans la pièce du rez-de-chaussée de l'hospice où se font l'embouteillage, le bouchage et le capsulage des flacons de l'eau du Mont-Dorc destinée à être transportée. La température de l'air de la salle où la source d'Exportation ou source Royer, a sou point d'émergence étant de 36° centigrade, celle de l'eau à sa sortie du tuyau adapté sur son griffon parfaitement enchambré est de 45°, 5 centigrade. La réaction de l'eau de cette source gazeuse, claire et limpide, quoique tachant à la longue les parois des vertes ou des bassins dans lesquels elle est reçue, est très-manifestement acide. L'eau de la source Royer n'est employée à aucun usage intérieur ou extérieur .à l'établissement du Mont-Dore, et elle est la seule dont les eaux soient exportées. L'analyse chimique de l'eau de cette source n'a point encore indiqué exactement sa composition élémentaire.

7° Source Sainte-Marguerite. Son point d'émergence est sur le versant occidental de la montagne de l'Angle, si connue des baigneurs et des touristes au Mont-Dore, à 50 mètres au-dessus du sommet des bâtiments de cette station du Puy-de-Dôme, et on s'y rend en gravissant un sentier escarpé ; son puits de captage, à ciel ouvert, fait de quatre pierres rapprochées à angle droit, e^t situé sur un plateau circulaire. Son trop-plein descend par un petit ruisseau creusé dans Je sol de la montagne, dans le réservoir de la source Sainte-Marguerite qui est à droite de la terrasse du pavillon des sources César et Caroline, sous laquelle est établi le bassin principal contenant l'eau de ces deux sources. L'eau de la source Sainte-Marguerite n'est pas complètement limpide dans son réservoir qui contient

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une certaine quantité de conferves verdâtres. A la source, des bouillonnements intermittents agitent la surface de l'eau ; aussi semble-t-elle assez gazeuse, et des bulles grosses et nombreuses se de'posent sur les parois des verres. Cette eau n'a pas d'odeur ; sa saveur est aigrelette, piquante et agréable au premier moment, mais légèrement amère à l'arrière-goût. Sa réaction est acide. Sa température est de 14°, 1 centigrade, celle de l'air ambiant étant de 25° centigrade. Aucun sédiment ne se dépose sur les parois intérieures de la fontaine Sainte-Marguerite. Cette source est utilisée en boisson, et beaucoup de baigneurs la trouvent trèsagréable aux repas lorsqu'ils l'ont coupée de vin. Elle sert aussi à alimenter les robinets d'eau froide des baignoires et des douches. Voici le résultat de l'analyse chimique faite par M. J. Lefort qui a trouvé que 1,000 grammes de l'eau de cette source renferment les principes suivants :

Bicarbonate de soude 0,0125

— chaux 0,0198

— magnésie ]

— potage /

— protoxyde de fer > traces.

Sulfate de chaux I

Alumine, matière organique J

Chlorure de sodium 0,0274

Acide silicique 0;0ô76

Total des matières fixes 0,0973

Gaz acide carbonique libre lgr.1938

« La source Sainte- Marguerite, ajoute M. Lefort, a une origine bien différente de celle des eaux thermales près desquelles elle est située. Elle résulte sans doute des infiltrations plus ou moins superficielles des eaux: douces qui s'épanchent continuellement de la montagne de l'Angle. On comprend alors que sa température toujours inférieure en été à celle de l'air ambiant, n'est pas constante à toutes les époques de l'année, puisque la source est sujette à recevoir les eaux douces pluviales. L'eau de Sainte-Marguerite est donc, à proprement parler, une eau douce de source, mais qui se sursature de gaz carbonique pendant son transport à travers les fissures du sol et par le fait seul d'une véritable compression naturelle. »

8° Source de l'hôtel Boyer. Elle a les mêmes propriétés physiques et chimiques que celles de la source de la Madeleine, dont elle paraît cependant indépendante. Elle n'en diffère que par sa température, qui est de 40° centigrade, et par son débit, qui est de 40 litres à la minute ou de 57,600 litres en 24 heures. Cette eau est conduite au réservoir, dans lequel elle se mêle à l'eau des autres sources employée aux usages extérieurs.

L'établissement du Mont-Dore contient soixante cabinets de bains ainsi répartis : sept clans la division Saint-Jean que l'on connaît déjà, dix-huit dans la Grande salle, vingt dans la galerie du Nord, quinze dans la galerie du Midi, et trois grandes baignoires ou piscines de famille, dans une pièce située entre les deux grandes piscines. Il contient encore deux grandes piscines avec huit appareils de douches descendantes, quatre salles d'aspiration, deux salles de pulvérisrtion et seize cabinets de douches de vapeur dans un pavillon spécial.

Buvette de la Madeleine. Les deux fontaines qui l'alimentent se trouvent à quatre mètres l'une de l'autre sous la galerie extérieure de l'établissement thermal. L'une constitue la buvette, proprement dite, tandis que i'eau de la seconde sert en gargarismes seulement. La fontaine de la buvette verse par un robinet de cuivre l'eau minérale apportée du bassin de la source de la Madeleine. Ce robinet

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scellé à la partie antérieure d'une pyramide quadrangulaire occupe le fond d'une niche voûtée ; un bassin de lave, au-dessus duquel se trouvent les flacons de sirop et les verres des buveurs, a été établi pour recevoir leur trop-plein qui s'écoule dans le conduit de décharge. La fontaine des gargarismes est derrière le vestibule extérieur. Son installation est exactement la même que celle de la fontaine de la buvette. La température de l'air du péristyle étant de 16° centigrade, l'eau delà fontaine de la buvette fait monter le thermomètre centigrade à 45°, 9, et celle de la fontaine des gargarismes à 43°, 4.

Grande salle. Elle occupe le premier étage, elle est fermée par une belle grille de fer et elle forme une vaste galerie éclairée par six fenêtres, dix-huit cabinets de bains, neuf pour chaque sexe s'ouvrent sur cette galerie. Ils sont tous munis d'appareils de douches descendantes qui ont six mètres de pression, ils ont les mêmes dimensions et la même installation, ils sont entre la Grande salle et deux petites galeries parallèles. Les dalles de ces galeries, recouvertes d'un plancher mobile, laissent passer les conduits d'eau thermale et d'eau minérale froide qui alimentent les baignoires et les appareils de douches ; chacune des petites galeries est soutenue par des colonnes, et des croisées établies entre ces colonnes servent à les éclairer ainsi que les cabinets ; six de ceux-ci sont pourvus d'appareils de douches ascendantes.

Galerie du Nord. Elle se trouve au rez-de-chaussée et son entrée principale est sur la grande place. Elle est éclairée par des fenêtres pratiquées dans sa partie supérieure; vingt salles de bains, dix de chaque côté pour chaque sexe, s'ouvrent sur cette galerie; deux de ces salles, l'une à droite, l'autre à gauche, possèdent un appareil de douches ascendantes, système Rogier-Mothes. Les cabinets de bains de la galerie du Nord sont éclairés chacun par une croisée garnie de carreaux de verre dépoli. L'eau arrive par le fond de leurs baignoires de zinc quand on tourne un robinet dont la clef n'est point à la disposition et à la portée des baigneurs.

Galerie du Midi. Parallèle à la précédente, cette galerie éclairée par une hollandaise avec bas-côtés, a son ouverture principale sur la grande place du Mont- Dore. Les quinze cabinets qui s'ouvrent sur la galerie du Midi sont éclairés comme ceux de la galerie du Nord par des fenêtres à carreaux de verre dépoli : on les désigne sous le nom de salles de marbre, parce que leur aire en damier blanc et noir et leurs baignoires se trouvant au fond de chacune d'elles sont de marbre. Cette salle, très-fréquentée depuis que les baignoires ont été agrandies, n'a pas d'appareils de douches.

Grandes baignoires ou piscines de famille. La pièce qui contient ces trois baignoires ou piscines éclairée par la grande porte du milieu de l'établissement à laquelle elle fait face, est partagée par des cloisons qui divisent ces grandes baignoires en deux compartiments. Les baigneurs peuvent s'isoler au moyen de rideaux de toile qui laissent autour de la piscine un espace suffisant pour leur servir de vestiaire. Ces piscines, au-dessus desquelles existe un appareil complet de douches descendantes, sont fréquentées surtout par les gens du pays qui leur prêtent plus de vertus et d'effets qu'aux autres bains de toutes les divisions de cette station thermale.

Grandes piscines. Les deux grandes piscines occupent deux salles pareilles comprises entre les galeries du Nord et du Midi, et sont séparées de la pièce des baignoires de famille, qu'il faut néeessaiiement traverser pour se rendre de l'une des piscines principales à l'autre. La granle piscine qui se rapproche le plus de

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la galerie du Nord est destinée aux femmes ; la plus voisine delà galerie du Midi est réservée aux hommes. Les grandes piscines n'ont pas assez de profondeur, ce qui oblige les malades à s'asseoir sur des bancs de pierre qui, dans le sens de la longueur, n'offrent qu'une hauteur insuffisante, tandis que ceux qui occupent la largeur sont convenablement installés. Lorsque les malades ne prennent que des -demi-bains, ce qui est fréquent à la station du Mont-Dore, les bancs servent à appuyer les pieds. Ces piscines réservées aux malades de l'hôpital seulement, n'ont pas de marches pour y descendre, ce qui est très-incommode. Chaque salle renferme quatre appareils de grandes douches de cinq mètres de pression, placées deux en bas et deux en haut des grandes piscines, dans deux compartiments entourés d'un rideau. Deux malades reçoivent en même temps des douches dans chacune de ces tentes qui devraient être séparées par une cloison solide.

Salles d'aspiration et de pulvérisation. Cabinets de douches de vapeur. Les salles d'aspiration et de pulvérisation, les cabinets des douches de vapeur se trouvent dans un pavillon donnant sur la Grande-Place et sur la Grande-Rue, un peu plus bas et plus à gauche que l'établissement thermal. Ce pavillon se compose de trois étages : un sous-sol, un rez-de-chaussée et un premier étage qui ont chacun leur destination spéciale. Le rez-de-chaussée se compose de deux salles d'aspiration précédées chacune d'un ve:>tiaire, destinées l'une aux hommes, et l'autre aux femmes de l'hôpital du Mont-Dore et aux pauvres du département. Au rez-de-chaussée aussi, deux galeries, l'une à l'ouest pour les hommes, l'autre à l'est pour les femmes, conduisent chacune à huit salles où se prennent des douches de vapeur, ei à deux pièces renfermant les générateurs pour les salles d'aspiration et de douches de vapeur. Le premier étage est occupé par deux salles d'inhalation, une pour chaque sexe, éclairées par trois fenêtres, dont diux à •vasistas, précédées d'un vestiaire et d'une pièce d'attente chauffée et suivies d'une pièce plus petite réservée aux malades qu'incommode la chaleur et où ils respirent une vapeur moins épaisse; cinquante malades au moins peuvent demeurer, en même temps et à l'aise, dans chacune des salles, debout ou assis, sur trois rangs de gradins, les pieds appuyés sur une planche munie d'ouvertures, par lesquelles disparait la vapeur condensée. La température n'est pas la même sur tous les gradins; ainsi, au moment de notre visite dans la salle des hommes, le thermomètre marquait 57°, 5 centigrade à trois mètres de hauteur, 28° centigrade à cinq centimètres des dalles et 50° centigrade à une hauteur de deux mètres dans la seconde salle d'inhalation tempérée, communiquant avec la salle d'aspiration proprement dite par une large porte qui laisse passer la vapeur nécessaire pour chauffer à volonté cette pièce supplémentaire.

Mode d'administration et doses. Les eaux du Mont-Dore sont employées eu boisson, en bains, en douches d'eau et de vapeur, en pulvérisation et en inhalations. On commence ordinairement par un demi-verre, et l'on finit par quatre verres par jour tout au plus. Presque toujours la dose est de deux ou trois verres pris le matin à jeun de demi-heure en demi-heure et par demi- verres. La durée •des bains et des douches d'eau et de vapeur et des inhalations ne peut être indiquée d'une manière générale.

Emploi TiiÉrAPEUTiQuE. Le plus souvent, les eaux du Mont-Dore n'ont pas d'action physiologique plus marquée que l'eau douce ordinaire élevée à leur température et administrée dans les mêmes circonstances ; mais quelquefois elles don- -iicnt lieu à des phénomènes qui leur sont propres et sur lesquels nous devons

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appelei Tatlcntion. Quelques personnes trouvent l'eau de la buvette de la Madeleine assez difficile à digérer pendant les premiers jours de la cure. Il suffit alors d'y faire ajouter une cuillerée de lait ou même d'un sirop pectoral pour diminuer les pesanteurs d'estomac. Lorsque les buveurs sont accoutumés à son usage, elle augmente l'appel it à ce point qu'ils altendent avec une grande impatience le moment du déjeuner. Il arrive assez fréquemment amsi que la diarrhée, accompagnée de coliques, de borborygmes, etc., survienne, vers le cinquième ou le sixième jour de l'ingestion de l'eau thermo-minérale et force d'interrompre la cure pendant deux, ou trois jours au moins. A ce dérangement de corps succède presque toujours de la constipation qui persiste jusqu'à la fin du traitement, et même après que les malades ont quitté l'établissement. D'autres fois, la diarrhée et la constipation alternent pendant la fréquentation de la buvette de la Madeleine. Il est rare que vers le vingtième jour du traitement, les buveurs n'éprouvent pas un dégoût insurmontable pour cette eau; le médec.n constate alors les phénomènes propres à la saturation minérale qui, contraignant de suspendre le traitement, en ont fait assigner la durée ordinaire. Ceux qu'affecte un état pathologique d'un point des voies aériennes, et qui éprouvent une toux suivie d'expectoration abondante, voient le plus souvent cette toux diminuer progressivement, les crachats devenir plus faciles et moins épais et disparaître même tout à fait. Tels sont les effets principaux des eaux de la source de la Madeleine en boisson.

Quels sont ceux des bains et des douches d'eau et de vapeur, ou plutôt de cesdivers modes d'administration combinés ? L'action physiologique des bains du Pavillon ou de la division Saint-Jean peut être prise pour type des effets des eaux c!e ce po>te thermal sur l'homme eu santé, ne différant guère, comme on va levoir, de ceux des bains très-chauds pris dans Peau commune. On éprouve une sensation de brûlure au moment où l'on y entre, aussi est-il difficile de s'y plonger brusquement. 11 survient bientôt une certaine gêne de la respiration, de la céphalalgie, qui doit être combattue par des applications de compresses imbibées d'eau froide et appliquées sur la tête ; les mouvements du cœur s'accélèrent; les battements artériels sont tumultueux et surtout précipités; on en compte souvent 150, 140 par minute, et même davantage. Si le bain se prolonge, ce qui est toujours très-exceptionnel d'ailleurs, des bourdonnements d'oreilles, des éblouissements, des symptômes non-équivoques de congestion cérébrale, des syncopes même, avertissent que les baigneurs doivent être promptement retirés de l'eau pour ne pas éprouver d'accidents dont la mort pourrait être la suite. Au sortir de ces bains, la peau de toute la surface du corps est rouge, recouverte d'une sueur abondante et profuse qui doit être favorisée encore par remmaillottement dans une chemise de laine et la chaleur artificielle du lit où les malades sont promptement reconduits dans une chaise à porteur hermétiquement fermée. Un grand sentiment de bien-être suit toujours cette transpiration forcée qui rend aux malades leur souplesse et leur élasticité. Les effets physiolologiques des bains hyperthermaux du Pavillon ne se manifestent pas de la même façon, quels que soient l'âge ou le tempérament des baigneurs. Les vieillards et les sujets lymphatiques et torpides supportent assez aisément la température de ces bains, tandis que les adultes et les jeunes gens ont une grande difficulté à y rester pendant quelques minutes seulement. Les demi-bains, d'un emploi fréquent au Mont-Dore, donnent à peu près lieu aux mêmes phénomènes, mais ils sont moins marqués. Il arrive souvent que, pendant les quatre ou cinq derniers-

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jours de l'emploi extérieur de l'eau du Mont-Dore, les malades se plaignent d'une extrême lassitude, allant même jusqu'à la brisure douloureuse, principalement dans les centres de flexion des membres inférieurs. C'est un avertissement qui indique formellement au médecin que le traitement doit être suspendu. Si quelques-uns persistent à vouloir continuer, malgré de sages prescriptions, la bouche est pâteuse, sèche et chaude, la langue saburrale, la salive fait défaut, la gorge est aride, et les urines deviennent rares, épaisses, bourbeuses, très-acides, quand primitivement elles étaient abondantes et claires ; l'appétit se perd complètement, une soif inextinguible se montre ; en un mot, la fièvre thermale s'allume, accompagnée quelquefois d'une des éruptions qui caractérisent la poussée. Lorsque ces accidents se produisent prématurément, du cinquième au dixième jour du traitement par exemple, il faut interrompre, pendant trois ou quatre jours au moins, l'usage tant interne qu'externe des eaux du Mont-Dore, et ne reprendre la cure qu'autant qu'ils ont complètement disparu. On le voit, les bains hyperthermaux du Mont-Dore portent à la congestion, ce qui explique pourquoi les bains de pieds sont une partie importante du traitement hydrominéral de cette station du Puy-de-Dôme. L'action physiologique des douches de la vapeur forcée de l'eau du Mont-Dore est la même que celle des douches de vapeur ordinaire.

La durée des séances d'inhalation est, en général, d'une demi-heure à une heure.

Les phénomènes qui s'y observent à peu près constamment sont : une certaine répugnance à entrer dans une atmosphère d'une température assez élevée, un serrement de poitrine, un grand étouffement, une dyspnée très-pénible, un accès de toux et une céphalalgie quelquefois assez intenses, persistant longtemps même après que les malades ont quitté les salles d'aspiration ; de sorte que quelquesuns sont obligés de renoncer à ce moyen thérapeutique, auquel presque tous s'habituent cependant. Quelques expériences semblent prouver qu'au bout d'un certain temps, de séjour dans les salles d'aspiration du Mont-Dore, les malades deviennent glycosuriques, ce qui s'explique par la gêne de la respiration des personnes soumises à ce genre de traitement. 11 est remarquable que ceux qui souffrent d'un asthme nerveux ou d'un catarrhe bronchique supportent facilement le séjour dans les salles d'inhalation, et que plusieurs y respirent plus aisément qu'à l'air libre. Il est à noter aussi que la peau des malades qui fréquentent ces salles depuis un certain temps est plus douce et comme onctueuse au toucher.

Les eaux du Mont-Dore ont une spécialité d'action contre les maladies chroniques des voies respiratoires, selon tous les praticiens qui ont écrit sur les vertus de ces thermes. Leur réputation contre la phthisie et contre l'asthme est connue de tous les médecins ; mais, avant d'aborder ce sujet, nous devons indiquer leur eflicacité dans plusieurs autres états morbides, et particulièrement dans ceux qui affectent les membranes muqueuses. Dans le coryza chronique avec ulcération de la membrane de Schneider, dans les pharyngites chroniques et granuleuses, dans les laryngites et les trachéites chroniques, alors même qu'elles sont le résultat d'une diathèse syphilitique nécessitant un traitement spécifique, les bains généraux, les douches loco dolenti, les douches cervicales extérieures, les pulvérisations, les inhalations, les bains de pieds, les gargarismes et l'eau en boisson, finissent presque toujours par triompher du mal; mais le médecin doit prévenir que, dans tous les cas, l'affection va revenir à l'état aigu, et que les eaux du Mont-Dore agissent à la façon des médicaments substitutifs. Les bronchites avec expectoration abondante, les bronchon bées, les catarrhes bronchiques, enfin, les

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pneumonies et les pleurésies chroniques avec épanchement même, sont rapidement modifiés par l'eau de la Madeleine à l'intérieur, par le séjour dans les salles d'aspiration, par les pulvérisations, par les pédiluves thermaux, et quelquefois par les douches de vapeur minérale. L'asthme, lorsqu'il ne reeonnail pour cause ni une affection organique du coeur ou des gros vaisseaux, ni un emphysème pulmonaire très-avancé, est utilement combattu par les eaux du Mont-Dore, puissamment secondées, d'ailleurs, par l'air pur de cette station et son élévation au-dessus du niveau de la mer. Les séances prolongées, et même au besoin répétées plusieurs fois dans la journée aux salles de pulvérisation et d'iuhalation, l'eau en boisson, les demi-bains au Pavillon, donnent des résultats trèsremarquables qui ont assurément beaucoup contribué à la juste réputation des eaux du Mont-Dore. Les douches rachidieimes ne sont pas, à tort peut-être, habituellement mises en usage à ce poste hyperthermal. Les succès remarquables obtenus ailleurs en semblable circonstance attireront sans doute l'attention des praticiens qui exercent près de ces sources, et les engageront à employer un mode d'administration que n'exclut aucunement la durée des accès d'asthmes les plus intenses et les plus effrayants. La phthisie pulmonaire au premier degré, ou plutôL les signes rationnels de cette maladie trop connus pour qu'il soit besoin de les rappeler, semblent être heureusement modifiés par la fréquentation des salles ■de pulvérisation et d'aspiration et par l'usage de l'eau de la Madeleine à l'intérieur, à la condition expresse que les antécédents dis malades et leur état actuel ne fassent aucunement redouter la production d'hémoptysies. Les eaux du Mont- Dore, principalement administrées comme nous venons de le dire, sont surtout utiles dans la seconde période des complications catarrhales de la phthisie laryngée ou pulmonaire. Elles agissent alors sur la production et la nature des sécrétions anormales. Elles facilitent l'expectoration, changent la qualité, diminuent la quantité des crachats, de sorte que, de purulents et d'opaques qu'ils étaient avant la cure thermominéralè, ils deviennent muqueux, filants, beaucoup moins abondants, et cessent même quelquefois complètement dans le troisième degré, pourvu qu'il n'y ait ni colliquation, ni fièvre hectique. L'application des moyens hydrominéraux réunis à l'établissement thermal du Mont-Dore améliore souvent et a semblé guérir quelquefois la phthisie du poumon, alors même qu'une légère hypertrophie du cœur coexistait. Nous disons a semblé, car les médecins savent combien on réussit rarement par tous les moyens connus, et combien il est difficile d'attribuer avec certitude, au traitement seul, les résultats heureux dont tout praticien a rencontré des exemples. Les erreurs de diagnostic sont difficiles, sinon impossibles à éviter alors, malgré les données presque toujours certaines de l'auscultation et de la percussion ; et l'on peut se demander si les temps d'arrêt dans l'évolution tuberculeuse, qui surviennent quelquefois sans cause apparente, n'ont pas souvent fait illusion sr.r les vertus curatives des eaux. Nous ne voulons pas, assurément, trancher la question d'une manière absolue, dire qu'un séjour aux eaux thermo-minérales est indifférent ou nuisible aux poitrinaires, et traiter légèrement l'opinion de médecins qu'une longue pratique a conduits à penser que la phthisie, arrivée à son dernier degré même, est encore assez souvent curable ; mais nous ne pouvons nous empêcher d'exprimer des doutes et d'appeler l'attention de ces confrères sur un diagnostic plus précis que celui dont on se contente souvent aux établissements thermaux, de façon à éclairer d'un plus grand jour une question d'autant plus difficile à résoudre que la pratique ordinaire a aussi des succès que l'on semble

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oublier trop souvent près des sources thermo-minérales. Une statistique rigoureuse et des observations méthodiquement prises et scientifiquement contrôlées pourront seules renseigner utilement. Quoi qu'il en soit, les séances de pulvérisation et d'inhalation, l'eau de la Madeleine à l'intérieur, les bains de pieds,, plus rarement les bains tempérés généraux de 55° à 35° centigrade et d'une demi-heure de durée, quelquefois même les bains entiers à 44° centigrade, et de trois à quatre minutes seulement, sont les moyens habituels que l'on oppose aux. progrès de la phthisie, en faisant attention de modifier ou de suspendre le traitement hydro-thermo-minéral, suivant les indications, les périodes de l'affection, le tempérament et la force des malades. Le médecin qui dirige la cure ne doit. jamais perdre courage tant qu'il ne survient pas d'accidents qui le forcent d'interrompre la médication. Il préviendra les malades que, le plus souvent, les bénéfices du traitement hydro-minéral ne s'obtiennent pas immédiatement, ne se montrent qu'après la cure, et il ne perdra pas de vue que les tuberculeux éréthiques, c'est-à-dire, qui sont prédisposés aux lu'moptysies, se trouvent en général assez mal de l'excitation produite par les eaux du Mont-Dore, qu'il faut appliquer surtout à ceux chez lesquels une réaction trop bru?que ne peut pas être redoutée. Ces eaux ont pour action alors de ramener à l'état normal les fonctions de la peau, en modelant les sueurs, ou en les rétablissant, au contraire, et d'empêpècher la production des rhumes que les phlhsiques contractent si aisément.

L'action excitante des eaux du Mont-Dore devient une action tonique chez lesjeunes gens des deux sexes, qu'une convalescence difficile ou une croissance trop brusque a rendus chloro-anémiques. Dans les cas de ce genre, il faut prescrire l'eau de la Madeleine à petites doses, les bains frais, et surtout les douches en pluie sur le dos et le long de la colonne vertébrale. Lorsque la chlorose coïncide avec une aménorrhée, une dysménorrhée ou une leucorrhée, ou lorsque ces états morbides en sont les effets, ces symptômes cèdent promptement au traitement hydro-minéral qui vient d'être formulé. Des malades souvent arrivés à l'établissement du Mont-Dore avec des dyspepsies qui, ayant n'si^té à toule la série desmoyens thérapeutiques employés, faisaient craindre un commencement de maladie organique de l'estomac ou, au moins, l'existence d'ulcères simples ou même rongeants, s'en sont retournés complètement débarrassés d'une affection si grave en apparence. Certaines gastro-entéralgies, surtout produites par un rhumatisme, sont encore heureusement modifiées et quelquefois guéries aux sources du Mont-Dore. Ajoutons que des malades ayant eu des hémorrhoïdes fluentes qui, en disparaissant, ont occasionné des accidents divers, voient d'une manière à peu près certaine revenir l'écoulemen1, pendant leur traitement hydro-thermal. L'eau de la Madeleine en boisson, les bains généraux tempérés ou hyperthermaux, les douches générales, les douches ascendantes, et quelquefois les demi-bains, doivent faire la base de la médication contre les troubles des organes qui siègent dans l'abdomen.

Dans le rhumatisme articulaire ou musculaire chronique, dans les névralgies causées par une transition trop brusque de température, par l'habitation dans un lieu froid et humide, par l'exposition prolongée dans un courant d'air, dans le* sciatiques, les bains et les douches avec l'eau la plus chaude, les bains et surtout les douches de vapeur minérale, le séjour dans les salles d'aspiration sont principalement recommandés. Mais les malades doivent éviter, avec le plus grand soin, les refroidissements pendant toute la durée de leur traitement. Le mal vertébral de Pott eït combattu avantageusement aussi par l'eau en boisson, par les

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bains et par les douches. Il convient de faire la même observation en ce qui concerne les accidents scrofulenx, consistait dans une altération du (issu osseux ; mais ces indications sont complètement secondaires. Les eaux chlorurées, bromoiodurées fortes, thermales et potables, sont de beaucoup préférables, et celles de Saint-Nectaire, de La Bourboule, de Cluvtelguyon, pour ne parler qne des eaux de l'Auvergne, doivent être placées bien avant les eaux du Mont-Dore, de l'avis même de MM. les docteurs Bertrand, qui ne conservaient jamais près de leurs sources les malades atteints de ces états pathologiques. Ils les adressaient, en effet, toujours à La Bourboule, station dont les eaux sont beaucoup plus actives alors (voy. ce mot).

L'afropbie musculaire localisée, les paralysies sine matériel, celles mêmes qui reconnaissent pour cause une hémorrhagie cérébrale, pourvu que cet accident soit ancien, les contractures dites essentielles, c'est-à-dire celles qui surviennent après les fièvres continues, les embarras gastriques, les rhumatismes, etc.; la gène du mouvement, suite de blessures, de cicatrices vicieuses, de fractures, de luxations, etc., reçoivent encore une heureuse influence par l'administration extérieure des eaux du Mont-Dore appliquées surtout en bains généraux et en douches sur la région rachidienne ou sur les points atrophiés, paralysés, contracturées, privés de mouvements enfin, d'une manière absolue ou incomplète. Dans les affections utérines, dans l'engorgement du corps et du col de la matrice, dans les granulations et les excoriations du col, les douches ascendantes vaginales, les grandes douches sur les lombes, déterminent le plus souvent un heureux résultat. L'expérience a prouvé aux médecins qui ont pratiqué et pratiquent aux eaux du Mont-Dore que certains kystes uniloculaires de l'ovaire, arrivés même à un assez grand développement, ne sont pas complètement curables par l'application des moyens hydro-minéraux de cette station tbermale, mais que le liquide qu'ils contiennent se résorbe en partie sous l'influence des douches de vapeur dirigée sur le point le plus saillant de la tumeur. Les eaux du Mont-Dore sont aussi une excellente pierre de touche servant à distinguer si les douleurs ou d'autres accidents ne sont pas dus à une syphilis larvée, et les grands bains de la division Saint-Jean, les douches descendantes très-chaudes, un séjour prolongé dans le sadatorium, et l'eau de la Madeleine en boisson, suffisent, dans l'immense majorité des cas, pour rappeler à la peau des taches pathognomoniques de l'affection que l'on pouvait seulement soupçonner auparavant.

On disait autrefois que les eaux minérales n'avaient guère d'autre efficacité que celle d'agir utilement sur le moral des malades; il n'est plus question aujourd'hui de combattre ces idées. Cependant, s'il restait encoie quelques partisans d'un tel système, une visite au Mont-Dore les ferait assurément revenir de leur erreur ; car les vétérinaires, les paysans mêmes des environs, ont cent fois constaté, dans la pousse des chevaux, les avantages de ces eaux administrées en boisson et blanchies avec une certaine quantité de son.

Durée de la cure : de quinze à vingt jours, en général.

On exporte beaucoup l'eau de la source Boyer ou de l'exportation.

A. Rotureau.

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