MONTPELLIER
MONTPELLIER (station d'hiver et bains de mer). La ville et les environ- de Montpellier doivent attirer pendant peu de temps notre attention, parce qu'ils tiennent une place très-restreinte comme station hivernale et marine. Nous allons voir, en effet, par la topographie et la climatologie du chef-lieu du département de l'Hérault, que son séjour convient médiocrement aux malades qui craignent les vents violents et les transitions subites de la température; nous montrerons aussi, en parlant des Cabane», que Montpellier ne peut être rangé dans les postes marins qu'en y mettant une certaine complaisance.
Montpellier (Mons puellarum, nions Pessulanus), est une des grandes et belles ■villes de France, bâtie sur une colline au pied de laquelle coule la petite rivière du Lez qui se jette dans la mer Méditerranée ; elle a 51 ,865 habitants ; elle est le chef-lieu de la 10e division militaire, son évêché est suffragant de celui d'Avignon ; son académie universitaire avec facultés des lettres, des sciences et de médecine, était principalement remarquable dans le siècle dernier et le commencement de celui-ci, parles idées dogmatiques de ses professeurs, etc., etc. Une citation textuelle, empruntée au traité de la phtbisie pulmonaire du professeur Baumes, l'une des gloires de la Faculté de Montpellier, justifiera ce que nous avons dit de peu favorable du séjour de cette ville pendant les mois de la saison d'hiver : « Le vent du nord, dit cet auteur, règne le plus ordinairement en hiver et au printemps ; sa violence est souvent très-incommode, parce qu'il est trèsfroid, pour avoir passé sur la neige des montagnes voisines. Il faut avoir la poitrine bien constituée pour résister à ses impressions. »
Muret rapporte aussi, dans la topographie qu'il publia en 1810, qu'il y eut à THôtel-Dieu de Montpellier, dans l'année 1763,2,750 admissions et 154 décès sur lesquels on ne comptait pas moins de 55 poitrinaires, plus du tiers des individus décédés, c'est-à-dire, la même quantité qu'en Angleterre.
La moyenne de la température de l'année tout entière est, à Montpellier, de 13°, 6 centigrade ; celle de l'été est de 22° centigrade; celle de l'automne est de 14°, 5 centigrade; celle de l'hiver est de 5°, 8 centigrade, et celle du printemps de 12° centigrade. La moyenne annuelle de la pluie est de 182mm,7 ; celle de l'été est ^e 105mm,25 ; celle de l'automne est de 303mm,2 ; celle de l'hiver est de 252mm,7 ; et celle du printemps de 183 millimètres. Le nombre moyen des jours de pluie ■par année est de 67. La fréquence relative des vents est la suivante : le vent du nord-ouest (magistraou) souffle pendant 89 jours par an ; le vent du sud-est pendant 62 jours ; celui de l'est (ponant) pendant 62 jours ; celui du sud (marin) pendant 52 jours; celui du nord-est (grec) pendant 49 jours; celui de l'est pendant 35 jours; celui du nord (tramontane) pendant 13 jours, et celui du •sud-ouest pendant 5 jours.
Quoique la ville de Montpellier ne présente pas toutes les conditions d'une bonne station d'hiver, il s'y rend cependant, chaque année, un certain nombre de malades des départements du nord de la France ou des contrées septentrionales de l'Europe; pour eux, le climat de Montpellier est relativement favorable ; mais ils ne retirent pas tous les bénéfices de leur déplacement, lorsque surtout ils tombent sur des années où les froids sont très-vifs et les alternatives de température •très-accentuées.
L'établissement des bains de mer, dits de Montpellier, est à huit kilomètres de la ville, aux Cabanes, à l'embouchure du Lez. La plage y est très-belle et les bains de mer ont les avantages et les inconvénients de ceux de la Méditerranée. Ainsi ils ont peu de vagues et ils peuvent, en raison d'un climat méridional, être