‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.61Chapitre 4 sur 114 · MOISISSURES · texte numérisé non relu

MOISISSURES

est très-variable et dépend des espèces qui les forment; elles ont souvent une odeur carai téi istique connue de tout le monde sous le nom d'odeur de moisi. Dans certaines conditions de température et surtout d'humidité, les moisissures apparaissent sur des corps d'origine organique non-succulents, tels que le bois, le cuir, les tissus artificiels, le papier, ou même sur des corps inorganiques, pierre, plâtre, etc. Elles peuvent dans ce cas fournir au médecin des indications sur les conditions d'humidité surabondante et, par conséquent, d'insalubrité de& habitations à l'intérieur desquelles on les rencontre.

La présence des moisissures dans les matières alimentaires indique des altérations souvent profondes, intéressantes au point de vue chimique, mais dont le degré de nocuité est dans l'état actuel de la science, difficile à apprécier, soit parce que l'odeur et le goût désagréable des moisissures empêchent le plus souvent l'usage des substances moisies, soit à cause du grand nombre de genres et d'espèces diverses comprises sous la qualification très-vague et très-élastique de moisissures et dont les qualités respectives ne sont pas déterminées. La plupart des cas dans lesquels on a cru reconnaître une action malfaisante ont été contestés. Dans certaines contrées pauvres et montagneuses, dans beaucoup de localités de la Lozère, par exemple, on fait usage d'un pain de seigle dense et chargé d'eau qui est rapidement envahi par le Pénicillium glaucum, Lk. Son action n'est pas immédiatement nuisible; l'action laxative qu'il peut exercer sur ceux qui n'y sont pas habitués ne saurait en effet se distinguer de celle que produit souvent le pain de seigle non moisi ; mais il est probable que la présence de cette moisissure enlève au pain une partie de sa valeur nutritive, ainsi que l'a remarqué M. Payen pour le pain envahi par l'Oïdium aurantiacum. On connaît des micromycètes qui ont une action toxique évidente, et des observations précises nous amèneraient sans doute à reconnaître les mêmes faits que nous retrouvons chez les Champignons supérieurs, chez lesquels des espèces toxiques se rencontrent à côté d'espèces inoffensives ; mais nous manquons encore à cet égard d'un nombre suffisant d'expériences.

L'action chimique produite sur les substances envahies par les moisissures se rapproche de celle des ferments. Quelques espèces : Pénicillium glaucum, Aspergillus niger, décomposent le paratartrate acide d'ammoniaque en tartrates droit et gauche en détruisant le tartrate droit, ou dédoublent le tannin en acide gallique et en glycose; des conidies de Mucor provoquent la fermentation alcoolique; on voit aussi les moisissures couvrir des matières en putréfaction, toutefois quand les agents spéciaux de la fermentation putride se développent rapidement les moisissures sont peu abondantes. La chair musculaire abandonnée à elle-même à une température suffisamment élevée pour se putréfier porte bien rarement des moisissures, mais si par une coction prolongéee on a détruit les agents bacléridiens de la fermentation putride, elle ;e couvre très-facilement de moisissures au contact de l'air, ainsi qu'on peut le constater dans les conserves alimentaires.

Dans tous les cas, l'action exercée par les moisissures est la suite des phénomènes de nutrition de ces végétaux, et nous sommes très-porté à conclure, avec notre collaborateur M. le docteur Bertillon (art. Champignon, p. 165), qu'il y a la plus grande analogie entre l'action des Mucédinés et celle des Champignons supérieurs sur les milieux qui les nourrissent. Chez les uns comme chez les autres on rencontre une prédilection pour tel ou tel terrain. Les moisissures se succèdent quelquefois régulièrement sur le même substratum nourricier, parce que les actions chimiques exercées par certaines espèces ont rendu les conditions

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d'existence plus iavorables pour d'autres. Ce fait si simple a conduit plusieurs auteurs à supposer entre elles une filiation polymorphique contredite par une expérimentation plus rigoureuse.

Il est difficile de donner une précision scientifique à la dénomination de moisissures: les Champignons auxquels on donne ce nom sont compris dans le groupe aujourd'hui très-artificiel des Mucédinés.

Quelques-uns des Champignons qui s'attaquent à nos plantes cultivées, Peronospora, Érysiphe, Vstilago, ne semblent pas se distinguer des moisissures, dont ils ont l'apparence extérieure ; mais il faut ici faire intervenir la distinction déjà posée par M. Bertillon (art. Champignon, p. 167), entre les Mucédinés parasites se développant aux dépens de végétaux vivants, et les Mucédinés saprophytes qui végètent sur des substances désorganisées, « sur des tissus manifestement morts ou se préparant à la mort. » C'est à ce dernier ordre de végétaux qu'appartiennent ceux auxquels convient la désignation vulgaire de moisissures; ils ne se rencontrent qu'accidentellement à la surface de corps vivants et n'y jouent que le rôle de pseudo-parasites. On peut citer parmi les genres les plus répandus dont quelques-uns font ici l'objet d'articles spéciaux et sont précédés d'un astérisque :

*Aspergillus, *Botrytis, Chœtomium, Chrysosporium, *Dnctylium, Empusa, *Eurotium, Glyciphila, Fusarium, Fusisporium, Haplaria, Haplotrichum,* Helminthosporium, Himanlia, *Mucor, Myxotrichum, *Oïdium, Ozonium, *Penieillium, *Saprolegnia, Sepedonium, Sporendonema, Sporidesmium, Sporocybe, Sporolrichum, *Torula, TricJioderrna, Trichothecium, Verticillium, *Zasmidium.

Parmi ces Champignons, les uns, Ozonium, Himantia, sont de simples mycéliums sans fructification. D'autres moins incomplets ne représentent que l'état conidien d'un Champignon plus élevé, d'une Sphérie ou d'un Discomycète, c'est le plus grand nombre; d'autres, Aspergillus, Mucor, Pénicillium, végètent à l'état de moisissure sous leur forme conidienne et à l'état parfait thécasporé ou zygosporé : ce sont là les moisissures -par excellence, celles qui se répandent le plus communément sur les objets qui servent à notre consommation : sirops, confitures, fruits crus, cuits ou secs exposés à l'humidité ; pain, préparations féculentes, conserves de viandes ou de légumes, etc.

Les indications bibliographiques qui se rapportent à cet article sont données aux articles spéciaux qui traitent des genres auxquels s'applique la dénomination de moisissures. J. de Seynes.

MOIZIX (Claude-Joseph), né à Bagé-le-Chàtel (Ain), le 21 octobre 1782. Reçu docteur en l'an XI, il entra dans le service de santé de l'armée, où il parcourut assez rapidement les différents grades, et se distingua surtout en Espagne, au milieu de graves épidémies de typhus.

Après la chute de l'empire, il fut nommé à une chaire à l'Hôpital militaire d'instruction de Metz, où, par ses qualités de clinicien et de professeur, il rendit à l'enseignement de grands services. Retraité en 1848, il ne jouit pas longtemps d'un repos si chèrement acheté ; il succomba à ses nombreuses fatigues le 2 septembre 1849.

« Moizin a peu écrit, mais plus d'une publication médicale et administrative a été inspirée par ses savantes conversations. Personne n'a contribué plus que lui à vulgariser les grandes questions des épidémies militaires, des ravages de la phthisie pulmonaire et de la fièvre typhoïde dans l'armée; de l'aération des

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casernes et des hôpitaux;, de l'alimentation de la troupe. Ce fut dans ses entretiens avec M. Moizin que le général Paix'hans puba la première idée de ses remarquables investigations sur la mortalité du soldat, et nos propres recherches, sur Its pertes des diverses armées en paix et en guerre n'eurent pas d'autre origine. (Boudin, Notice, etc., in Rec. de mém. de mcdec. milit., 2e série, t. V, p. 534. 1850). »

Nous connaissons de lui :

I. Obs. et réflexions sur les effets d'un coup de pistolet tiré dans la bouche. Th. de Paris, an XI, n° 538, in-8°. — IL Éloge de M. Rampont. In Rec. de mém. de méd. milit., \*° sér., t. XXXIII, p. 586 ; 1852. — III. Disc, prononcé aux obs. du baron Larrey, ibid., t. LUI, p. 551; 1842 • E- Bgd.

MOJOBAMB4. Nom donné à une liane des bords de l'Orénoque, dont les sauvages se servent pour empoisonner leurs tlèches. C'est probablement une Ménispermée.

Mérat et De Lens. Dict. de matière médic, IV, 456. Pl.

mojov Nous devons parler des différents membres de cette famille dont l'un surtout a joui d'une réputation aussi grande que méritée.

îiojoii (Benito) était né, en 1752, à Villarejo de Fuenles, dans la province de Cuença en Espagne, et exerçait la pharmacie; chassé d'Espagne avec les Jésuites à la société desquels il était affilié, il se réfugia à Gènes. C'était un omme fort instruit et il obtint bientôt, dans sa nouvelle patrie, une chaire de chimie à l'Université, c'est alors qu'il publia un ouvrage très-estimé,. intitulé : Pltarmacopœa manaalis reformata. Geuova, 1784, in 4° J'ignore l'époque de sa mort.

Mojon (Giusei'Pe), lils aîné du précédent, né à Gènes, eu 1775, suivit la même carrière que son père et s'adonna particulièrement à la chimie médicale. Docteur en médecine de l'ancienne Université impériale de Gênes, il y devint professeur de chimie; président de la Faculté des sciences et lettres, membre du proto-médicat ; associé à une foule de sociétés scientifiques, ce savant distingué qui jouissait, en Italie et à l'étranger, d'une réputation légitimement acquise, succomba le 22 mars 1857, à une affection aiguë de la poitrine à l'âge de soixante -deux ans.

11 a publié divers mémoires dont quelques-uns, par l'inattention de certains bibliographes, ont été attribués à son frère.

Voici la liste des publications de Giuseppe Mojon que nous avons recueillie:

I. Ijcggi di fisica c matematica. Genova, 1799. — II. Dcsrrizione mineralogica àclla Liguria. Genova, 181)2. — III. Sopra il solfato di Magnesia. etc. Genova, 180 », in-8° et Extr. par Guïtonde Morveau, in Ann. de chim., lre sér., t. XLVIII, p. 79, an XII. — IV. Mém. sur l'épidémie de catarrhe, qui a régné dans la Ligurie en 1805 (avec Differari et V. I.andeau), trud. de l'italien in Ann. de la Soc. de méd. de Mont/)., t. VII, p. 102 ; 1800. — V. Cor.-o analitico dichimica. Genova, 1806, in-8°, trad. de l'italien par Comtois. Paris, 1809, 2 vol. in-8°. — VI. Obscrv. sur l'acide muriatique oxygéné. In Ann. de chim., lre sér., t. LXIV, p. 264; 1807. — VII. Sur une source naturelle de Pétrole à Amiano. In Joum. de méd. de Corvisart, etc., t. VII, p. 534. — VIII. Analyse des eaux sulfureuses therr.alcs d'Acqui Gênes, 1808, in-8°.

Mojon (Bei\edetto), frère puîné du précédent; naquit à Gènes en 1784, et après avoir reçu de son père les premières notions de l'art médical, il se trouva forcé par les événements dont l'Italie était alors le théâtre, de prendre du service bien jeune encore, dans la chirurgie militaire; à peine âgé de seize ans, ilse trouva à la kt-iille de Marengo, dont le souvenir ne s'effaça jamais de son esprit. Ayant

MOLAR (EL) (eau minérale de). 77

ensuite complété ses études médicales àPavie et à Gènes, il se fit recevoir docteur dans cette dernière ville en 1806. Puis dévoré du besoin de s'instruire, il vint d'abord à Paris, passa ensuite à Montpellier, en Angleterre, à Berlin et enfin à Vienne où il se lia d'amitié avec le célèbre Procbaska, qu'il seconda dans ses belles recherches d'anatomie. De retour à Gènes, on se hâta d'utiliser son savoir et ses qualités de professeur en lui confiant une chaire d'anatomie et de physiologie, et la place de médecin en chef de l'hôpital militaire. Après vingt ans d'exercice, Mojon avait quitté cette brillante situation pour un engagement qui enchaînait sa liberté; mais rendu à lui-même, au bout de quelques années, par un jugement qui avait hautement reconnu sa parfaite loyauté', il se fixa définitivement à Paris et prit des lettres de naturalisation. Pouvant disposer deson temps à sa volonté, il occupa ses loisirs de travaux de littérature médicale, et conquit en peu de temps l'estime et l'affection de ses confrères de la capitale. 11 était membre correspondant de l'Académie de médecine, et de plusieurs sociétés savantes, notamment de la Société médicale d'émulation dont il eut l'honneur d'être président ; il appartenait aux Académies de médecine de Berlin, de Vienne, de Philadelphie, etc. et à presque toutes les sociétés scientifiques de l'Italie. Mais une mort cruelle et inopinée vint l'arracher aux charmes d'une existence si douce et qu'il savait si bien remplir. Il succomba le 8 juin 1849, emporté par une attaque de choléra qui faisait alors à Paris de si terribles ravages, et deux heures seulement après que sa femme, la compagne dévouée de toute sa vie, atteinte en même temps que lui, avait rendu le dernier soupir.

Mojon était un savant d'un esprit fin, élégant et distingué. Toutes ses œuvres portent l'empreinte de cette philosophie douce et aimable qui donnait tant de charmes à sa conversation. On lui doit d'ingénieuses considérations sur l'utilité de la musique, sur celle de la douleur physique et morale; son opinion sur le miasme cholérique qu'il regardait comme constitué par des particules vivantes, est encore celle de beaucoup de médecins. L'idée d'injecter le placenta pour en faciliter le décollement dans certains cas, est assurément très-ingénieuse, et elle a été adoptée par les accoucheurs, etc.

Voici la liste de ses principales publications :

I. Lcggi fisiologische. Genova, 1800, in-8°, trad. franc, par Michel de Tretaigne. Paris, 1834, in-8*. — II. Mém. sur l'utilité de la musique, trad. par Mugetti. Paris, 1803, in-8°. — III. Mém. sur les effets de la castration sur le corps humain. Montp., 1804,in-4°, trad. en différentes langues. — IV. SulV epidemia catarrale che a regnala en Parigi ncl 1803. Genova, 1804. — V. SulV utilita del dolore. Genova, 1811, in-4°, tr. fr., par Michel de Tretaigne. Paris, 1845, in-8c. — VI. Mem. sull' irritabilita délia fibra animale. Genova, 1814. — VII. Osserv. anatomico fisiologicke sull' epidermide. Pavia, 1810. — VIII. SulV injezione placentate. Livorno, 1826. — IX. Congetture intorno lanaturadel miasma choleroso-asiatico. Lueca, 185l2, in-8°, trad. fr. par Julia de Fontexelle. Paris, 1832, in-8°. — X. Recherches sur la menstruation. In Rev. méd., 1850, t. I, p. 503. — XI. Traduction (avec Piognetta) du Traité philosophique et expérimental de matière médicale et de thérapeutique de Giacomini. Paris, J83L», in-80. — XII. Diverses communications à des sociétés savantes et notamment à la Société médicale d'émulation. E. Bgp.

MOLAIRES. Yoy. Dexts.

molaîxga. uiOLAfcO-coBJi. Noms donnés sur la côte de Malabar au poivre noir (b'iper nigrum, L.). ?L-

molar (el) (Eau minérale de), protothermale , amétallite, sulfureuse et azotée faible. Dans la province et à 35 kilomètres de Madrid, dans le district de Colmenar-Vieux,est une ville de 1,500 habitants, à 665 mètres au-dessus du

'78 MÛLAR (EL) (eau minérale de).

niveau de la mer (chemin de fer de Paris à Bayonne et de Bayonne à Madrid). Les hôtes accidentels d'el Molar passent ordinairement leur soirée en promenade sur les chemins qui rayonnent autour de cette station, vers Talamanca, et les restes de son pont romain, la ïejera, Pedrezuela et Bellon, près des collines duquel s'élèvent les antiques atalayes ou tours à signaux construites par les Arahes. La saison commence le 15 juin et finit le 15 septembre.

Une seule source émerge à el Molar d'un terrain granitique ; elle a un débit de 108,000 litres en vingt-quatre heures. Elle se nomme la fuentedel Toro (source du Taureau). Son eau est limpide lorsqu'elle est en petite quantité, mais elle est louche et légèrement laiteuse lorsqu'on la voit dans son bassin de captage dans lequel nagent des flocons gélatineux ; elle a une odeur et une saveur sulfureuses ; i elle est onctueuse au toucher. Sa température est de 18°, 7 centigrade. MM. Lletget ; et Masarnau ont publié son analyse chimique en 1846; ces chimistes ont trouvé dans 1,000 grammes de l'eau de la source du Taureau les principes suivants :

Chlorure de sodium 0,1898

— magnésium 0,1195

Sulfate de magnésie 0,0813

— chaux 0,0542

Carbonate de magnésie 0,0815

— chaux 0,0379

Acide silicique 0,1085

Gaz |

Total des matières fixes 0,6725

azote Olit.012

acide sulfhydrique 0 062

Total des gaz 0 lit. 074

D. Melchor Sanchez y Toca a trouvé au sulfhydromètre de Dupasquier, dans un litre d'eau, 0 lit. 003 de gaz acide sulfhydrique.

L'établissement minéral d'el Molar se compose d'un édifice formant un polygone dodécaèdre avec deux prolongements latéraux. Dix arcades ayant chacune leur porte partitulière conduisant à la galerie principale soutiennent les murs de la maison de bains. Quatorze arcades pareilles avec douze fenêtres et une porte de chaque côté, qui accède aussi aux diverses sections de l'établissement, complètent la description sommaire des bâtiments affectés au service des bains, des douches, aux logements et aux salons des baigneurs. La fontaine du Taureau est en face de la porte principale de la maison de bains d'el Molar, qui renferme quatorze cabinets de bains avec baignoires de marbre, quatre cabinets de douches de toutes formes et de deux pièces qui ont été converties en réservoirs d'eau minérale. Le prolongement du sud sert de salon de repos pour les hommes, celui du nord est occupé par les bureaux de l'administration et par un petit boudoir pour les dames. Nous avons donné avec quelques détails l'installation de l'établissement d'el Molar pour montrer qu'il est plus confortable et sa distribution mieux entendue que cela n'arrive, en général, en Espagne. La proximité de Madrid et l'intelligence de sa direction expliquent les améliorations qui ont été réalisées à el Molar avant celles qu'ont obtenues ou qu'attendent plusieurs autres stations de la péninsule hispanique.

Action thérapeutique. Pendant longtemps, on ne se servait de l'eau d'el Molar qu'en boisson ; maintenant, elle est employée en bains, en douches et en bains d'étnve. Sa dose en boisson varie de trois à quatre verres en moyenne, pris le matin à jeun et de quart d'heure en quarl d'heure. Cette eau est modérément excitante, aussi certàius buveurs l'ingèrent-ils en quantité beaucoup plus considé-

MOLDAVIQUE. 79

ïable que celle que nous venons d'indiquer, principalement dans les affections des voies urinaires, qu'il faut laver le plus possible par l'eau minérale. La durée des bains est d'une heure, celle des douches de dix à quinze minutes; la durée des bains d'étuves est d'une demi-heure.

Les effets physiologiques et thérapeutiques de l'eau de la station d'el Molar, fréquentée par 500 baigneurs environ chaque année, s'expliquent par sa température protothermale et par la proportion assez minime des gaz azote et acide sulfhydrique qu'elle renferme. Les affections catarrhales des voies aériennes et urinaires, les affections cutanées, et principalement celles que des sécrétions liquides de la peau accompagnent, sont celles que l'on traite le plus souvent et qui se trouvent le mieux de l'eau d'el Molar en boisson, en bains et en douches d'eau ou de vapeur.

La durée de la cure est, en général, de quinze jours.

On exporte l'eau d'el Molar dans les pays environnants, et surtout à Madrid.

A. Rotureau.

Bibliographie. — Rubio (D. Pedro Maria). Tratado completo de las fuentes minérales de Espana. Madrid, 1853, p. 560-563. — Joaxne (Ad.) et Le Pileur (A.). Les bains d'Europe, ■guide descriptif et médical, etc. Paris, 1860, p. 182-184. A. R.

MOLDAVIE. Voy. Danubiennes (Provinces).

MOLDAVIQUE. Ou désigne sous le nom de Moldavique, de Mélisse de Moldavie ou de Mélisse turque une plante de la famille des Labiées, appartenant au genre Dracocephalum L. Ce genre comprend un certain nombre d'espèces, dont deux habitent la France et qui présentent les caractères communs que nous indiquerons à l'article Dhacocéphai.e. Quanta la Mélisse de Moldavie (Dracocephalum Moldavica L.) ainsi nommée du pays qui la lournit, elle est fréquemment cultivée dans les jardins, et vulgairement employée dans certaines régions, surtout en macération dans l'alcool, comme base de liqueurs toniques et stimulantes. Dans le midi de la France son nom de Moldavie s'est altéré en Mortanvie, ou Mort-envie, expression qui fait allusion aux propriétés très-énergiques, qui lui sont généralement attribuées.

La plante a une tige haute de 60 à 70 centimètres quadrangulaire, ramifiée, glabre . Les feuilles, aussi glabres, sont opposées, comme dans toutes les Labiées, ovales lancéolée^, crénelées sur les bords. Les fleurs sont bleues, parfois purpurines ou Manches ; elles sont groupées en cymes axillaires, dont l'ensemble forme une longue grappe de 15 à 50 centimètres. La corolle a un tube renflé ou ventru à la partie supérieure ; un limbe à deux lèvres, dont la supérieure voûtée est échancrée, et l'inférieure formée de trois lobes inégaux, le moyen dépassant de beaucoup les trois autres. Les étamines sont au nombre de quatre, didynames et ascendantes.

La Mélisse de Moldavie a une odeur agréable et très-pénétrante, qui rappelle -celle de la Mélisse officinale; elle est employée comme cordiale, céphalique et vulnéraire ; on en fait des infusions théil'ormes.

Les autres espèces de Dracocephalum employées en médecine sont la Mélisse des Canaries (Dracocephalum canarienseL.), la Mélisse de Virginie (Dracocephalum virginicum L.) ou cataleptique. Nous les décrirons à l'article Dracocéphale (Voy. ce mot).

Linkée. Gênera planlarum, 729. — Specics plant., p. 830. — ? Enhucher. Gênera plant., 5058. — De Candolle. Prodromus, XII, 5%. — Giibourt. Drogues simples, 6me édition, t. II, p. 470. Pl.

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