MOLE
MOLE (Orlhagoriscus). C'est un genre de poisson de mer ayant une forme très-bizarre, dont le nom vulgaire est poisson lune, en France du moins, car en Angleterre, on l'appelle poisson-soleil (sun-fish). Le corps est court, discoïde, garni en dessus et en dessous, d'une paire de longues nageoires qui se joignent à la queue, laquelle est au contraire très-courte, et simulent avec elle une sorte de croissant ; la peau est dure et de consistance cartilagineuse ; elle est comme recouverte d'une belle couche d'argent, ou, au contraire, en partie rouge, ce qui a pu faire comparer les moles tantôt a la lune et tantôt au soleil. Les chairs sont molles et infiltrées; les os sont légers et flexibles, et la moelle épinière présente cette curieuse particularité qu'elle dépasse à peine le cerveau en longueur.
Les poissons de ce genre ont été l'objet de quelques observations anatomiques pleines d'intérêt, et ils pourraient en fournir de plus précieuses encore. Ce sont pour Cuvier des plectognathes. Ils se rapprochent particulièrement des diodons par la forme de leurs dents supérieure et inférieure, qui constituent par leur rapprochement une sorte de bec doué d'une lorte résistance. On ne mange pas la chair des moles qui est aqueuse, de mauvaise apparence et rendue plus répugnante encore par la présence de nombreux parasites les uns épizoaires, les autres épizoïques. Aussi ces poissons ne sont-ils pour les pêcheurs qu'un simple objet de curiosité ; ils ne les recherchent pas. Quand ils en prennent, ils les rejettent le plus souvent à la mer.
L'espèce de nos côtes est la mole-lune (orlhagoriscus mola), que l'on prend dans l'Océan ainsi que dai\s la Méditerranée ; dans cette dernière mer, elle se montre de préférence au moment de la pêche du thon. Quelques auteurs en distinguent YO. longus, aussi nommé 0. truncatus. Les mers australes nourrissent des espèces certainement différentes des nôtres. P. Gerv.
mou', (Obstétrique). Rien n'est plus obscur, encore aujourd'hui, que l'étvmologie de ce mot. La plus naturelle est celle qui consiste à le faire dériver du mot latin moles qui signifie masse.
Une dénomination aussi mal définie s'explique par l'ignorance dans laquelle se trouvaient nos devanciers sur la nature de certains corps qui sortent parfois de la cavité utérine. Il suffit de lire les observations qui nous ont été laissées par les auteurs anciens, pour se convaincre que, n'ayant à leur disposition que des moyens grossiers d'investigations, ils se laissaient guider par des apparences trompeuses ou entraîner par l'amour du merveilleux, qui a longtemps enrayé le progrès des sciences.
On peut dire que toutes les tumeurs ou que tous les corps s'en rapprochent, pouvant se développer dans la cavité de la matrice et s'en détacher à un certain moment, ont été décrits sous le nom de moles.
Que dans une grossesse multiple, l'un des fœtus devenu malade subisse des transformations incomplètes et n'arrive qu'à une ébauche plus ou moins informe de l'être organisé qui l'a produit, on le considère comme une mole, alors qu'on aurait du y voir un fait de tératologie facile à comprendre; qu'un fibrome d'abord interstitiel, plus tard proéminant dans la cavité utérine, finisse par s'en séparer spontanément et par être chassé à l'extérieur,, on déclare encore qu'il s'agit d'une mole, alors que la connaissance plus complète de certaines évolutions que peuvent subir les corps fibreux intra-utérins, aurait donné une explication toute naturelle de ce qui s'était passé.
Qu'une maladie des villosités choriales caractérisée par le développement vési-