SUR 100 INDIVIDUS
De 15 à 19 ... .
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"70 et au-dessus.
Dans ce tableau, plusieurs faits nous frappent, dont quelques-uns sont conformes à ceux que nous avons observés dans d'autres catégories professionnelles ; tel est en particulier l'accroissement général, avec l'âge, des trois conditions suivantes: 1° de la durée moyenne des cas de maladie ; 2° du nombre proportionnel des malades ; 5° de la moyenne de morbidité totale. Pour acquérir la conviction de cet accroissement, il suffit d'un coup d'œil sur les trois dernières colonnes du tableau. La durée moyenne des cas morbides, 20 jours, correspond à la durée moyenne des maladies des sociétés de secours mutuels de France.
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Mais, en revanche, il ressort de ce même tableau certains faits, différents de ceux que nous avons constatés jusqu'ici dans les autres corporations, et qui ont une grande importance par leur similitude avec la morbidité d'une profession, qu'il nous reste à étudier : la profession militaire.
Dans le tableau de Finger, nous voyons, dès la 4e colonne, que le minimum de durée des maladies, au lieu de correspondre aux périodes d'âge les plus jeunes,, répond aux périodes comprises entre 30 et 59 ans. 11 ne faut pas oublier que le personnel, qui a servi de base à la statistique de Finger, est composé de charpentier, forgerons, bateliers, etc., dont les travaux professionnels sont accomplis, avec le moins de fatigue et de morbidité, par ceux qui ont atteint l'âge de complet développement des forces, et dont le travail est alors facilité par une suffisante habitude. La durée moyenne des maladies, au lieu d'augmenter avec l'âge, subit donc, après l'âge de 29 ans, un mouvement de déclin, pour se relever après 40 ans, et suivre, dès lors, un mouvement de progression continue ininterrompu.
Ce n'est pas seulement par la durée moyenne des maladies que se manifeste Ja morbidité plus grande, chez ces ouvriers, aux périodes de la vie comprises entre 20 et '29 ans; c'est encore par la prédominance, durant ces périodes, du nombre proportionnel des malades ; cette prédominance se prononce brusquement quand l'individu franchit l'âge de 20 ans, à partir duquel, au lieu de 57 chances de maladies sur 100, qu'il avait de 15 à 19 ans, il en offre 54, pour retombera 42 entre 50 et 54 ans ; puis la morbidité demeure à peu près stationnaire pendant 10 ans, et s'accroît de nouveau après 45 ans.
Après la puberté donc, les maladies se développent plus nombreuses, et plus longues ; c'est l'époque par excellence, comme l'indiquent les autres recherches de Finger, et des maladies contagieuses fébriles et des maladies contagieuses apyrétiques, c'est-à dire des affections vénériennes, dont la fréquence alors correspond naturellement à la période des passions les plus fougueuses.
Cette statistique est une de celles qui prouvent le mieux le non-parallélisme de la morbidité et de la mortalité; cette dernière condition, la mortalité, va toujours croissant, sans subir d'oscillations comme la morbidité. L'inégalité entre ces deux termes, nombre des malades et chiffre des décès, est le résultat des différences de pronostic des maladies aux divers âges de la vie; tandis que, chez ces ouvriers de Copenhague, le chiffre des décès ne s'élève qu'à 1 sur 1 50 malades de 15 à 19 ans, il monte à 1 sur 41 de 50 à 59 ans ; à 1 sur 19, de 40 à 49 ans; à 1 sur 15 de 50 à 59 ans ; à 1 sur S de 60 à 69 ans; et enfin à 1 sur 4 à 70 ans et au dessus.
Nouvelle preuve que l'homme adulte résiste, non pas à la maladie, mais à la mort, d'autant mieux qu'il est plus jeune.
Dans un autre tableau, l'auteur énumère les causes de la morbidité aux différents âges, pour les ouvriers des arsenaux de Copenhague; on y voit : 1° que certaines affections sont à peu près également réparties sur les diverses périodes de l'existence (maladies locales et traumatiques) ; 2° que certaines autres prédominent d'une façon remarquable chez les plus jeunes ; telles sont les pyrexies (15,8 atteintes sur 100 vivants de 20 à 24 ans ; 6,7 seulement sur 100 de 50 à 70 ans) ; 5° qu'un troisième groupe d'affections enfin est l'attribut plus spécial des périodes avancées de la vie (maladies chroniques du poumon, du c,i ur, de l'abdomen, rhumatismes, alcoolisme).
Nous trouvons enfin, dans ce travail, certains faits intéressants, mais qui se rattachent à une influence spéciale de la localité Malgré la latitude élevée de Copen-
hague, les maladies y sont plus communes au printemps et en été qu'en automne et en hiver. La fréquence des fièvres, en particulier, est parallèle aux oscillations saisonnières du thermomètre, et leur minimum tombe en décembre. En revanche, la durée des maladies est plus considérable en hiver (25,5 jours en moyenne) qu'en été (17,9 jours en moyenne). Cette • différence qui nous rappelle d'autres faits signalée plus haut, tient, suivant nous, à la prédominance en été des affections fébriles dont la durée, relativement aux autres maladies internes, est en général la plus courte : les fièvres intermittentes (Voir, pour de plus amples détails le travail de Finger : Quid faciant œlas, annique tempus ad frequentiam et diuturnitatem morborum liominis adulti, disquisitio medico-statistica, auctore E. Finger, Hawniae, 1840). .
Les faits que nous venons d'exposer nous fournissent, en somme, un ensemble considérable de données au moyen desquelles on peut arriver à déterminer, avec de grandes probabilités, les conditions générales de morbidité, dans nos climats, aux périodes de la vie postérieures à l'enfance et à la première jeunesse.
Les documents font absolument défaut, au contraire, pour une étude suffisamment exacte de la morbidité aux premières périodes de la vie; il n'existe point de collectivités d'enfants, analogues aux sociétés précédentes, qui nous permettent une pareille étude. Nous savons combien, en certains milieux, est misérable l'existence des enfants; et il suffit de comparer l'aspect chétif, les stigmates scrofuleux empreints sur la physionomie des pensionnaires des orphelinats, l'apparence de bien-être et de santé des élèves de nos lycées pour reconnaître l'importance exceptionnelle, à cet âge, des conditions hygiéniques et morales où s'accomplit l'évolution organique.
D'une manière générale, nous croyons cependant pouvoir émettre l'opinion, qu'au point de vue du chiffre de la morbidité, la première enfance se rapproche de la vieillesse; elle n'est point, comme celle-ci, l'époque des longues souffrances, mais celle des souffrances fréquentes et variées, souffrances dont la somme va diminuant à mesure qu'on s'éloigne de la première année, pour atteindre son minimum dans les années suivantes. Cette amélioration progressive semble, du reste, parallèle à la diminution de la mortalité, qui, du chiffre énorme de 73 à 74 sur 1000 enfants de 1 à 5 ans, tombe, de 5 à 15 ans, à la proportion de 7 environ sur 1000 (voy. Bertillon, Études sur la mortalité comparée à chaque âge. In Annales d'hygiène, t. XXVIII, 2e série, 1867). Léon Colin.
MORBIDITÉ MILITAIRE. Nous abordons enfin la question de la morbidité dans le milieu où en apparence elle semble devoir se présenter dans les conditions ks plus susceptibles d'analyse, les plus dégagées de toute étiologie complexe, les plus simples en un mot.
Ayant franchi la période tumultueuse de l'enfance, n'offrant, grâce à leur âge, aucune des dispositions morbides non-seulement du vieillard, mais des catégories relativement jeunes qui contribuent à l'ascension rapide de la morbidité à partir de 45 ans , il semble tout d'abord que les soldats vont nous fournir, entre tous le type de la morbidité la plus facile à étudier. En cas de maladie, nous ne verrons se manifester chez eux ni les troubles extrêmes de la réaction infantile, ni les tendances adynamiques de l'affaiblissement sénile ; grâce à la sélection qui les a {iris parmi les plus forts, grâce à l'épuration constante de l'armée par les renvois et les réformes, on se laissera même aller à prévoir que, relativement aux civils du
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même âge, le solda tsubira une somme relativement faible de morbidité, et jouira, pendant la durée de son service, de circonstances exceptionnelles de santé.
Il semble au premier abord que, d'après les améliorations actuellement introduites dans le recrutement et l'installation de l'armée, tout concourt à rendre la morbidité de la profession militaire beaucoup moins considérable que celle de toute autre profession. Au bénéfice des visites médicales qui éliminent du contingent tant d'individus faibles ou déjà malades, s'adjoignent les soins réels apportes au casernement, à l'alimentation, à la répartition hygiénique des exercices et du repos, soins qui semblent devoir faire de cette classe une société d'élite au point de vue de son état sanitaire ; que d'individus enlevés, par leur entrée dans l'armée, à des professions, à des milieux bien plus insalubres que celui-là !
Si l'on considère en outre que l'âge du soldat avoisine, au moment de son incorporation, la période de la vie où la morbidité est à son minimum, que de plus il correspond à l'époque où les maladies accomplissent leur cours avec le plus de régularité, on présumera tout d'abord que de toutes les professions, celle-ci e<t une des moins chargées au point de vue du nombre et de la durée des maladies.
Nous venons, en cet article, combien souvent sont démenties d'aussi favorables prévisions.
Il suffit de jeter un coup d'oeil sur les statistiques qui révèlent la fréquence des maladies et des décès des soldats non-seulement en campagne, c'est-à-dire dans des conditions où ils cessent d'être comparables à la population civile, mais en temps de paix dans les garnisons de l'intérieur, pour reconnaître immédiatement une large prédominance de la morbidité dans l'armée. Cette prédominance a soulevé bien des discussions. On sait combien ont été sévères les conclusions formulées par différents auteurs profondément émus delà comparaison des dangers de la vie militaire et de la vie civile, et ne pouvant admettre qu'en un siècle •et en un pays comme le nôtre, il existât « une classe d'hommes, l'honneur et le soutien du pays, tous jeunes, dispos, vigoureux, dont le régime est sain, dont la vie s'écoule en paix au mileu de nos cités, » (Benoiston de Ghàteauneuf), «lasse vouée cependant à des imminences morbides exceptionnellement nombreuses.
1° Morbidité des armées a l'intérieur. Afin de ne pas trop multiplier les chiffres indispensables en pareille matière, nous nous limiterons, pour cette première étude, aux documents renfermés dans les trois derniers volumes publiés de la Statistique médicale de l'armée, et relatifs surtout aux années 1868, 1869 et 1872, documents d'après lesquels nous résumons les deux éléments principaux de la morbidité : A, nombre des malades, B, nombre de journées de traitement, comparé au nombre de journées de service ; C,«et comme complément à cette double étude, nous indiquerons la durée moyenne de la morbidité non plus par homme présent, mais par malade.
A. Nombre des malades. On sait que dans l'armée française, suivant la gravité de l'affection, le traitement du soldat malade a lieu soit à la chambre, soit à l'infirmerie, soit à l'hôpital. Le tableau suivant (p. 357) indique combien, sur \ OOOhommes présents à leurs corps, il en a été traité annuellement dans l'une de ces trois conditions.
Ce tableau met en évidence la morbidité de notre armée dans les garnisons de l'intérieur, durant uiip période assez longue (dix ans) pour nous permettre d'arriver à des conclusions suffisamment autorisées, au point de vue du nombre moyen des individus malades dans cette armée.
1° Nous constatons d'abord, en examinant 1a dernière colonne, celle des totaux de malades, que constamment le chiffre des atteintes a été supérieur au chiffre
MORBIDITE MILITAIRE.
ANNÉES
PROPORTION
sUtl 1,000 IIOMMES PRESENTS DANS LES GARNISOiNS DE FIUNCE DES ADMISSIONS DE MALADES
A L'iIOPITAL.
a l'infirmerie.