HOMME D'EFFECTIF
Il est important de noter que, dans ce tableau, dont nous avons emprunté les bases principales à la statistique médicale de l'armée pour 1869, le chiffre des malades est rapporté non plus à calui des présents, mais à celui de l'effectif qui est toujours représenté par un nombre plus considérable; car beaucoup des hommes (souvent un quart) inscrits sur les contrôles d'effectif ne figurent pas dans les corps. En sorte que les proportions de malades et de morbidité sont naturellement moins élevées, étant ainsi formulées relativement à une somme plus grande d'individus.
Il faut tenir compte, en outre, avant de conclure d'après ces éléments de comparaison, des différences d'organisation du service de santé des différentes armées ; les proportions, si avantageuses, en apparence, des armées austro hongroises et. portugaises reposent sans doute sur cette circonstance que les statistiques n'ont fourni que les chiffres des malades traités à l'hôpital et à l'infirmerie, sans tenircompte des malades à la chambre.
C. Durée de la morbidité par malade. La moyenne de durée du traitement. des malades de notre armée à l'intérieur varie entre 7 et 9 journées, chiffre comparable, on le voit, à la durée des maladies dans certaines associations, spécialement dans le personnel des chemins de fer.
Dans l'armée, ce chifire est assez stable, comme l'établissent les documents suivants :
Eu 1862-67 (7 ans), la moyenne des journées de traitement de chaque malade a été de 8 jours 1 dixième, dans nos garnisons de France.
En 1868, elle a été de 8 jours.
En 1869, — de 7 jours 8 dixièmes.
En 1872, — de 8 jours 8 dixièmes.
Mais il est nécessaire d'analyser ces chiffres en les décomposant suivant les catégories spéciales de malades. La différence de la durée du traitement des malades suivant' leur admission à l'hôpital, à l'infirmerie, ou à la chambre, correspond parfaitement au degré de gravité des affections qui déterminent l'une ou l'autre de ces admissions.
Bien que la proportion des malades admis aux hôpitaux ne représente guère, année moyenne, que le huitième de la tolalilé des soldats malades, le chiffre des journées d'hôpital dépasse constamment, chaque année, la somme des journées de traitement à l'infirmerie et à la chambre.
Ainsi: en 1868, sur 7,365,780 journées de traitement, il y en a : 5,951,623 à l'hôpital; 1,191,946 à l'infirmerie; 2,174,326 à la chambre. En 1869, sur 6,521, 218journées de traitement, il y en a : 3,581,750 à l'hôpital ; l,181,485à l'infirmerie; 1,962,087 à la chambre. En 1872, sur 6,648,932 journées de traitement, il y a: 5,565,965 journées d'hôpital; 1,285,602 à l'infirmerie; 1,960,779 à la chambre.
Des 50 à 60 hommes chaque jour malades sur 1 ,000 présents, il y en a de 25 à 55 a l'hôpital, de 10 à 15 à l'infirmerie, de 15 à 20 à la chambre.
Ces différences nous l'ont prévoir de grandes variations dans la durée du traitement suivant la catégorie à laquelle appartient le malade.
La moyenne de la durée du traitement dans les hôpitaux militaires français est de 26 jours par malade ; celle de la durée du traitement à l'infirmerie est de 10 à 12 jours par malade; à la chambre, elle n'est que de 5 à 4 jours.
Je réunis dans le tableau suivant l'indication de la proportion du nombre des journées de traitement dans chacune de ces trois catégories, pendant les trois années 1868, 1869, 1872, proportion établie relativement: 1° aux malades euxmêmes; 2° au chiffre des hommes présents. Il ne s'agit ici encore que des garnisons de l'intérieur.
NOMBRE DE JOURNÉES
NOMBRE DE JOURNÉES
NOMBRE DE JOURNÉES
d'hôpital.
d'infirmekie.