MORIN
cloisons descendantes et ondulenses; et plus encore par sa nuance plus claire, jaune ocracé, pâle ou livide (Quélet), ou rosée (Kr.); enfin par la sapidité de sa chair.
II. «HTROpnoBA Lév. Morilles dont les bords du chapeau ne sont pas soudés nu stipe, mais en sont séparés dans une hauteur variable.
Ce groupe est un passage en les Morilles vraies et les Verpa dont le chapeau n'est adhérent à son sommet (et la surface lis-e ou à peine ridée).
7. Mit. patula P. et Lév. (Chev., pi. 85-6). chapeau globuleux ou ovoïde, enfin légèrement conique, à bord peu épais, très-éloigné du stipe, libre jusqu'à la moitié de la hauteur du chapeau creusé d'aivéoies grandes, en rhombes arrondis, et porté sur un stipe cylindrique, lisse, furfuracé, égale ou plus court que le chapeau, cuieur fauve, quelquefois teintée de roussâtre sur le chapeau et de blanchâtre sur le stipe.
8. Mit. gigas P. et Lév. (Mich., pi. 84, § 1). Grande espèce à chapeau conique, couvert d'aivéoles grandes, rhomboïdales, à côtes ondulées, mais descendantes; stipe lisse, atténué en haut, squamulé. La couleur du chapeau est grisâtre, sombre, et celle du stipe est blanc jaunâtre. Espèce italienne non signalée en France.
9. Mit. undosa P. et Lév. (Mich., pi. 8i, § 2). Autre grande espèce italienne à chapeau conique et roux, avec aiveoies grandes, irréguliéres, onduleuses, par leurs cloisons serpentant s'anastomosant dans toutes les directions, à stipe réticulé et atténué en bas.
10. Mit. semi-libera DC. et Lév. [hybrida P. Kr.). chapeau bien conique, plutôt court et évasé en bas. ayant environ 3 centimètres de lorg; «uéoies formées par des cloisons descendant du sommet, plutôt épaisses, reliées par des côtes transversales souvent irrégulières «t circonscrivant des alvéoles allongées; le bord, appliqué dans la première jeunesse, et bientôt libre jusqu'à la moitié de la hauteur de la mitre. Le stipe, de longueur variable, le plus souvent plus long que la mitre, est atténué en haut ; lisse, furfuracé en haut, puis glabre, couleur brune, gris fauve, mais quelquefois jaunâtre ocracé. Spores elliptiques (Quélet). Stipe blanc. Odeur spéciale, saveur fade et coriace.
11. Mit. rimosipes DC. et Lév. Ressemble à la précédente, mais s'en distingue par son stipe plus fort, trois ou quatre fois plus haut que la mitre, et, le plus souvent, épaissi vers la base et irrégulièrement crevassé par des fissures longitudinales. Sa mitre semble plus petite et moins aiguë; sa couleur varie d'ocracéroux au brun, le stipe blanchâtre, céracé.
12. Mit. fusca P. et Lév. Mitre presque globuleuse, membraneuse, brune; trouvé une seule fois par Persoon sur des morceaux de bois!
15. Mit. bohemica Kromb. (taf. 15, f. 1-13). Belle espèce, plutôt grande, bien distincte par sa mitre ocracée, plus ou moins brunie et adhérente seulement far le sommet du stipe; à cause de cela, rangé par Léveillé dans le genre Verpa. Mais chez toutes les autres Verpa, la mitre est lisse ou presque lisse; chez bohemica, elle est abondamment sillonnée, alvéolée par des côtes épaisses, descendantes mais ramifiées, nombreuses, partant généralement du sommet; les alvéoles nombreuses sont seulement plus étroites et plus pressées. Parla nous pensons qu'on doit la laisser avec les morilles mitrophores. Commune en Bohème, elle paraît avoir été trouvée en France par M. Bouteille et nommée par SIérat M. dubia (add. à la Flore, Par., 1846.
Nous ajouterons à ces descriptions spécifiques : que toutes ces morilles, Mor ■Chella et Mitrophora, croissent au printemps (avril et mai), toutes se plaisent sur la terre humide et ombragée (Mit. fusca exceptée) ; elles ne sont relativement nombreuses et bien développées que si le mois d'avril a été assez humide ; si toutes sont comestibles, il s'en faut de beaucoup qu'elles soient également savoureuses; la qualité varie avec les espèces, les variétés, le sol sur lequel elles végètent, et le degré d'humidité de la saison. Leur tissu, riche en azote (voy. art. Champignon, p. 175), permet de penser qu'elles fourniraient un aliment aussi nourrissant qu'agréable si on parvenait à les cultiver, mais jusqu'à ce jour malgré des essais et des espérances plusieurs fois annoncées, nous ne croyons pas que l'on ait réussi; et les Morilles restent encore un champignon trop rare, et d'un prix trop élevé, pour être autre chose qu'un aliment de luxe.
Bertillon.
MORIN. Matière colorante du bois jaune de Cuba. D.
474 MORINDA.
MORIXDA. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Rubiacées. Établi par Vaillant, accepté par Linné et les botanistes qui l'ont suivi, ce genre contient un certain nombre d'espèces frutescentes, qui viennent dans les régions tropicales. Leurs feuilles sont opposées, rarement verticillées par 3 ou 4; des stipules membraneuses se trouvent à la base des feuilles. Les fleurs sont le plus souvent sessiles sur un réceptacle subglobuleux . Elles ont un calice à tube obovale, à limbe à peine denté; une corolle infundibuliforme, à cinq, rarement à quatre lobes; des étamines en même nombre que les lobes de la corolle et alternant avec elles. Le fruit est une nuculaire à deux ou quatre loges, renfermant dans chaque loge une graine aplatie J'un côté, convexe de l'autre. L'embryon est cylindroïde au milieu d'un albumen charnu.
Les morinda ont presque tous l'écorce de la racine d'une couleur jaunâtre, qui peut être utilisée dans la teinture. En outre, cette partie de la plante a une saveur slyptique prononcée. Nous n'indiquerons que quelques espèces intéressantes :
1° Morinda citrifolia L. C'est une espèce du Malabar et du Pégu, qu'on cultive partout dans les Indes orientales. Sa tige, qui atteint 2 à 3 mètres de haut, porte des rameaux tétragones et des feuilles ovales, atténuées aux deux extrémités, luisantes, rappelant les feuilles des citronniers. Les capitules des fleurs sont portés sur des pédoncules gros et courts, opposés aux feuilles. Les baies forment, par leurs rameaux, une masse, de la grandeur et de la forme d'un œuf, pendante sur le pédoncule. Cette espèce est le Cada-pilava de Rheede. Les naturels mangent volontiers le fruit, cuit sous la cendre. On l'emploie contre la dysenterie, l'asthme, les vers et aussi comme emménagogue.
2° Le Morinda tinctoria Roxb., espèce voisine de la précédente, à feuilles oblongues, presque sessiles, lisses mais non brillantes, à capitules portés sur des pédoncules plus longs que les pétioles des feuilles. Elle est cultivée fréquemment dans les Indes. L'écorce de la racine y est employée et y donne une couleur rouge ou noire.
3° Le Morinda Roioc L. est une plante de Saint-Domingue, de Cuba, de la Guyane et du Mexique, qu'on trouve aussi clans la Cochinchine et dans la Chine. Cet arbrisseau rappelle les précédents; il en diffère par ses rameaux sarmenteux, sa tête de fleurs beaucoup plus petite, sa corolle divisée en quatre. La racine est employée en teinture et pour la préparation de l'encre. Son extrait purge à la dose de 1 gros : il est aussi réputé vermifuge, stomachique, etc.
4° Le Morinda umbellata L. Espèce encore assez peu définie, qui croît dans les Indes orientales, dans la Cochinchine et dans l'archipel Indien. Les fruits sont un ensemble de petits drupes, qui, réunis, forment une sorte de fraise jaunâtre.
La pulpe est aromatique, d'une saveur amère; on la donne aux enfants comme vermifuge. Les feuilles, qui sont lancéolées, entières, aiguës aux deux extrémités, rudes au toucher, sont données par les médecins indigènes dans les cas de dysenterie.
Le bois de la partie inférieure de la tige et de la racine est d'une couleur jaune rouge, ainsi que la partie interne de l'écorce. Les naturels, en faisant bouillir ces racines, en obtiennent une couleur jaune safran, qui devient d'un beau rouge, si on l'associe au bois de sappan ou à un autre bois de cette couleur. C'est probablement la plante qu'Ainslie appelle Noona.
Rdmphios. Herbarium ambonense, II, p. 158, tab. 99. — Rheede. Malabar., I, p. 97, tab. 52. — Vaillant. Ad. Acad., Paris, 1722, p. 275. — Lixné. Gcnera, n" 235. — Loueeiko. Flora
MORINGA. 475
Cochinchinensis, p. 175 et 174. — De Candoixe. Prodromus. IV, 446. — Endlicher. Gmcra Plantarum, n° 3183. — Ainjlie. Materia indien, II, p. 253. — Guibourt. Drogues simples, 6«édit.,II, 86. PL.
raORi\EsiXE Principe cristallin retiré par Anderson de l'écorce de la racine du Morinda citrifolia, et qui donne à cette écorce ses propriétés tinctoriales.
jtioati\E. Principe cristallin blanc jaunâtre, qui existe dans le bois du mûrier à teinture. Quand ce principe est exposé à l'air, il se transforme, par oyxdation, en moréine, qui se présente sous forme de cristaux d'un beau jaune.
MORB.\ga Gsertner. Genre de plantes dicolylédones, dont les affinités ont été très-discutées et dont on a fait maintenant une petite famille des Moringées, rapprochée des Capparidées. Quelques auteurs le font même entrer dans la famille des Capparidées. Les plantes de ce groupe sont des arbres à feuilles bipinnées ou tripinnées, avec impaire. Les fleurs sont hermaphrodites et irrégulières, en grappes paniculées. Le calice est monosépale, découpé en cinq lanières presque égales, à préfloraison imbriquée. La corolle est formée de cinq pétales, insérés sur le calice, oblongs linéaires, inégaux, les deux postérieurs étant un peu plus longs, ascendants. Les étamines sont au nombre de huit a dix, insérées sur un disque glanduleux, à bord saillant et libre. Les filets sont aplatis à leur base, libres à leur naissance, soudés au-dessus de leur milieu et distincts de nouveau au sommet. Ils sont opposés les uns aux sépales, et souvent courts et stériles; les autres aux pétales; ils sont plus longs et fertiles. Les anthères sont biloculaires, ovoïdes, oblongues. L'ovaire est attaché au fond du disque, pédicellé, uniloculaire, à trois placentas pariétaux. Les ovules sont nombreux, pendants et anatropes. Les fruits sont des capsules siliquif ormes, à trois angles, tondeuses, à trois valves portant les graines sur leur milieu. Les graines sont plus ou moins séparées entre elles par un tissu fongueux; elles sont unisériées, ovoïdes, trigones, tantôt aptères, tantôt ailées Elles sont marquées à leur extrémité élargie d'un hile fongueux et portent le long de l'un des angles un raphé, qui aboutit à la chalaze située à l'extrémité opposée. Elles contiennent, au-dessous de deux enveloppes, un embryon droit, sans albumen, formé de deux gros cotylédons blanchâtres, huileux, réunis par une radicule supère très-courte.
Les Muringa sont des arbres de l'Asie tropicale, de l'Arabie et de l'Afrique boréale. On en connaît deux ou trois espèces dont la principale est le Moringa aptera, qui donne les Semences de Ben aplère. Cette plante vient de l'Afrique dans le Sennaar ; on la cultive en Egypte et en Arabie. Son fruit a la forme d'un légume trigone, bosselé, sillonné longitudinaltment et à six côtes. Les semences sont ovées, trigones, longues de 15 à 20 millimètres, sans ailes sur les angles, grisâtres à la surface. L'embryon a une saveur amère, acre ; il est purgatif, mais on ne l'emploie plus pour cet usage, au moins dans nos pays. Par expression, ces graines donnent une huile blanche ou légèrement jaunâtre, sans odeur marquée, et qui rancit difficilement; aussi est-elle très-estimée dans les pays d'Orient. Elle sert à préparer un certain nombre de parfums. Les horlogers employaient jadis fréquemment cette huile, ou plutôt la portion limpide de l'huile, qui au bout d'un certain temps, se sépare d'une partie plus épaisse et coagulable. Elle est moins usitée maintenant pour cet usage, depuis qu'on a pu trouver,