‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.61Chapitre 77 sur 114 · MORPHÉE · texte numérisé non relu

MORPHÉE

Nous citerons de lui :

I. Études anatomiques et pathologiques sur les grandes lèvres. Th. de Paris, 1851, plan, lith. — II. Arrachement de l'œil du fœtus dans V accouchement. In Gaz. /feM.,1855, p. Ô66. — III. Division congénitale du clitoris. Ibid., p. 436. — IV. Trad. du traité de Remak, intitulé: Galvano-Thérapie, etc. Paris, 1860, in-8°. — V. Lettres obstétricales de Sieeold véd. Casp.), traduction de l'allemand, avec introduction et notes de Stoltz. Paris, 1867, in-18.

E. Bgd.

MORPHÉE. Morphea. Il existe dans la langue médicale un certain nombre de mots autrefois communément employés, tombés maintenant en désuétude, sorte de débris fossiles que la science abandonne dans son cours, et qui portent l'empreinte d'idées ou de théories depuis longtemps disparues. Tel est le mot morphée, dont il faut rapprocher Yalfoç et la leucé, expressions à peu près inconnues ou inusitées de nos jours, et que l'on rencontre à chaque instant dans les livres qui nous \iennent du moyen âge.

Le mot morphée est, selon toutes probabilités, d'importation orientale. On le voit paraître pour la première lois dans les livres des médecins arabes, puis se vulgariser rapidement en Europe vers le onzième siècle de notre ère, c'est-à-dire à l'époque où ces livres, traduits et commentés, se répandent dans tout l'Occident, et y renouvellent la face de la médecine.

Le mot morphée, morphea, vient évidemment du grec [xopyv, qui signifie forme, aspect. La morphée du moyen âge consistait en effet principalement en une altération de l'aspect et de la couleur de la peau : Morphea est cutis defœdatio maculosa, dit Gordon. Mais quelle était la nature de cette modification? A quelle affection de la peau répondait-elle ? Telle est la question que nous avons premièrement à résoudre.

Rappelons d'abord en quelques mots les caractères essentiels de la morphée, telle qu'elle a été généralement comprise et décrite par les Arabes et lesArabistes.

On désignait sous ce nom une maladie caractérisée j ar des taches cycloïdes ou arrondies, et qui se divisait en deux espèces principales : la morphée blanche et la morphée brune.

La première espèce, ou morphée blanche, morphea aïba, la seule qui présente véritablement quelque intérêt, était constituée par des taches disséminées en forme de gouttes à la surface de la peau. Ces taches étaient blanches, bien distinctes les unes des autres, nullement proéminentes, quelquefois même légèrement déprimées. Le prurit était nul ou insignifiant. Les poils conservaient leur coloration normale.

A un degré plus avancé, la morphée ou l'a^oç (car ces deux termes étaient généralement pris comme synonymes) devenait la leucé; affection plus sérieuse, plus invétérée, non plus bornée à la superficie, du tégument, mais s'étendant aux parties plus profondes, à la chair, pour parler le langage des arabistes. Deux signes distinguaient la leucé de la morphée : 1° l'altération des poils, qui devenaient minces, grêles, lanugineux, et prenaient la teinte blanche de la peau ; 2° l'espèce d'atonie de cette membrane, qui ne rougissait plus par le frottement, et ne donnait à la piqûre qu'un liquide sanieux au lieu de sang.

Enfin, un dernier caractère de la morphée et de la leucé se tirait de l'insensibilité de la peau sur les points occupés par les taches ; et alors, comme aujourd'hui, on avait recours à l'épingle pour constater ce signe important.

Tout le monde a sans doute reconnu, dans ce tableau, sous les noms de morphée blanche, d'atyoç et de leucé, les premières phases delà lèpre, ou plutôt

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certaines manifestations cutanées de cetle maladie si commune au moyen âge. Mais la lèpre est-elle bien la seule maladie qui ait servi de base aux descriptions qui nous ont été laissées de la morphée? Le désordre et la confusion qu'on remarque dans les différents auteurs qui en ont parlé témoignent suffisamment du contraire. Tout porte à supposer, par exemple, que le vitiligo,simpleaffection dyschromateuse, et peut-être aussi la chéloïde blanche, ont apporté tour à tour leur contingent à l'histoire de la morphée.

Quant à la morphée brune ou noire, a}?o; pda; des Grecs, elle ne présente, comme je l'ai dit plus haut, que fort peu d'intérêt. Les affections les plus diverses de forme et de nature ont vraisemblablement été décrites sous ce titre, l'ecchymose, les extravasations sanguines, le mélasma, des lésions de la peau crustacées et impétigineuses, etc.

Je viens de décrire la morphée du moyen âge. Mais franchissons un intervalle de plusieurs siècles, et nous allons retrouver une autre morphée, celle-là toute moderne, bien différente d'ailleurs de la précédente, et que l'on pourrait appeler morphée anglaise pour l'en distinguer. Un médecin anglais, Erasmus Wilson (Lectures on Dermatology, page 101), a cru en effet devoir faire revivre cette ancienne dénomination pour l'appliquer à une dermatose que j'ai moi-même depuis longtemps fait connaître et décrite sous le nom de chéloïde blanche (voy. notamment l'article Chéloïde de ce Dictionnaire). Toute la différence qui existe entre l'opinion de l'auteur anglais et celle que je professe réside donc dans ce fait, qu'il décrit comme distincte, sous le nom de morphée, une affection que je rattache comme simple variété de forme à l'histoire de la chéloïde. Quant à l'affection cutanée considérée dans ses caractères essentiels, le tableau qu'il en trace est de tout point conforme à celui que j'en ai donné moi-même. II est donc inutile de revenir ici sur des détails que l'on trouvera à l'article Chéloïde. Je ferai seulement remarquer, relativement au diagnostic à établir entre les taches de lu chéloïde blanche ou morphée anglaise, et celles de la lèpre ou morphée du moyen âge, que, si les unes et les autres présentent le caractère anesthétique, ce phénomène est toujours limité, dans la chéloïde, aux taches elles-mêmes et souvent à leur partie centrale, tandis que, dans la lèpre, l'insensibilité existe encore en dehors des macules, et sur des points où la peau paraît complètement saine. D'ailleurs, l'anesthésie du centre des taches, en supposant même qu'elle existât dans tous les cas de chéloïde blanche, ne pourrait servir au diagnostic de cette variété de chéloïde, puisque, dernièrement encore, j'en ai constaté l'existence chez un homme atteint, sur le devant du thorax, d'une chéloïde rouge, véritable type de la kéloïde d'Alibert (voy. Chéloïde, Lèpre, Vitiligo). Bazin.

MORPHÉE (Mycologie). Voy. Fuïiagine.

KIORPHÉTINE. C'est un produit mal connu, résultant de l'action du peroxyde de plomb et de l'acide sulfurique sur la morphine ; c'est une masse brune, amorphe, incristallisable, amère, se dissolvant dans l'eau en la colorant en rouge ; cette solution rougit le tournesol. La morphétine n'est que peu soluble dans l'alcool et insoluble dans l'éther. En définitive, c'est une substance mal déterminée. L.

MORPHINE et APOMORPIIIXE. § 1. Chimie et Pharmacie. La formule de la morphine est C34H19Az06. -P- 2110. L'opium renferme plusieurs alcaloïdes dont les principaux sont la moiyhine, ■codéine, hnarcéineet \&narcotine, quelques autres moins importants, ou qui

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n'y existent qu'en petite quantité, sont : la thébaïne, la papavérine, la pseudomorphine, la porplnjroxine ; ces alcaloïdes sont combinés, dans l'opium, soit à l'acide méconique, soit à l'acide sulfurique, soit à des matières résineuses acides. L'opium renferme de plus des matières extractives brunes et du caoutchouc. Les meilleurs opiums de Smyrne renferment de 10 à 12 pour 100 de morphine ; et dans certains opiums indigènes on en a trouvé jusqu'à 18 et 20 pour 100.

On a proposé plusieurs procédés pour l'extraction de la morphine, nous ne donnerons ici que les deux principaux.

On coupe l'opium en tranches que l'on fait macérer pendant quelque ternes avec huit fois son poids d'eau ; quand la matière est ramollie, on l'écrase, et on exprime la pâte claire dans des sacs à l'aide de la presse et l'on soumet le tourteau à un second traitement semblable ; on ajoute à la liqueur 100 grammes de marbre hlanc finement pulvérisé, pour un kil. d'opium employé, et on l'évaporé en consistance sirupeuse au bain-marie, à la température de 70° à 75°. On dissont le résidu refroidi dans trois kil. d'eau, et on filtre pour séparer l'excès de marbre, le méconate de chaux formé, et les matières colorantes qui l'accompagnent. La liqueur filtrée est de nouveau évaporée en consistance sirupeuse, et on la précipite par de l'ammoniaque. La morphine encore impure se précipite, on la lave avec de l'alcool à 40° centigrades, qui ne dissout pas sensiblement la morphine, mais qui enlève presque entièrement la matière colorante et résineuse qui la salit. On fait dissoudre alors le résidu dans de l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique ; la solution de chlorhydrate de morphine est décolorée à l'aide du charbon animal, filtrée et précipitée à froid par l'ammoniaque, en évitant d'en ajouter un excès. Il faut éviter de chauffer la morphine en présence du chlorhydrate d'ammoniaque, tonné, car à chaud, ce sel serait décomposé par la morphine avec dégagement d'ammoniaque et formation de chlorhydrate de morphine qui rentrerait en dissolution. Après avoir bien lavé le précipité, on le tait dissoudre dans de l'alcool bouillant, la morphine cristallise par refroidissement dans un parfait état de pureté. Par la concentration des eaux mères on en obtient de nouvelles quantités.

Un procédé qui donne d'excellents résultats est le suivant. Ont traite un kil. d'opium par plusieurs macérations successives ; on évapore les liqueurs réunies, au bain-marie en présence de 100 grammes de marbre blanc pulvérisé, en consistance d'extrait. On reprend l'extrait par l'eau, on filtre, et on évapore en consistance de sirop clair ; dans la liqueur encore chaude on ajoute 1 20 grammes de chlorure de calcium fondu dissous dans 250 grammes d'eau. Les méconates et sulfates de morphine et de codéine sont décomposées par le chlorure de calcium, il se forme du méconate et du sulfate de chaux insolubles qui, en se précipitant entraînent une grande partie des matières colorantes et résineuses de l'opium. On délaye le tout dans de l'eau froide, et on sépare le précipité formé par le filtre. En évaporant le liquide au bain-marie, il se précipite du méconate et du sulfate de chaux ; on s'en débarrasse par le filtre, puis on finit l'évaporation jusqu'à consistance de sirop ; on y ajoute une petite quantité d'acide chlorhydrique, de manière à donner à la liqueur une légère réaction acide. Cette addition a pour but de rendre la matière colorante plus soluble. On abandonne ensuite le tout à la cristallisation pendant quinze jours dans un endroit frais. Au bout de ce temps, la liqueur se prendra en une masse cristalline, formée principalement des chlorhydrates de morphine et de codéine, imprégnée d'une eau mère noire; on l'exprime dans un linge, et cela à plusieurs reprises, après

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l'avoir à chaque fois délayée clans une petite quantité d'eau froide. On fait dissoudre alors le tourteau cristallin dans la plus petite quantité possible d'eau bouillante, et on abandonne la solution à elle-même jusqu'à ce qu'elle se soit prise de nouveau en une ma-se cristalline. On sépare les cristaux par expression, et on évapore l'eau mère pour en obtenir encore des cristaux.

Les cristaux qui constituent un double chlorhydrate de morphine et de codéine ne sont pas encore purs ; on les fait dissoudre dans l'eau chaude et on décolore . la solution à l'aide du charbon animal. Par l'évaporation de la solution filtrée, on obtient des cristaux parfaitement blancs.

Pour retirer la morphine de ce sel, on le fait dissoudre clans de l'eau chaude, et on précipite par de l'ammoniaque ; la morphine se précipite et la codéine reste en dissolution. Le précipité est lavé avec de l'eau froide, desséché et dissous dans l'alcool bouillant ; la morphine cristallise par le refroidissement.

Si la morphine obtenue par l'un ou par l'autre de ces deux procédés, contenait un peu de narcotine, ce qui arrive quelquefois, on pourrait séparer celle-ci au moyen de l'éther qui la dissout facilement, et qui ne dissout pas sensiblement la morphine.

La morphine cristallise en prismes incolores assez courts transparents et brillants, doués d'une saveur amère. Elle est à peine soluble dans l'eau froide ; 500 parties d'eau bouillante en dissolvent une partie, qui par le refroidissement de la liqueur s'en sépare à peu près complètement à l'état cristallin. Elle est assez soluble dans l'alcool froid; l'alcool bouillant en dissout davantage. L'alcool à 80° la dissout beaucoup mieux que l'alcool absolu-; ainsi tandis qu'il faut 40 parties d'alcol absolu froid, et 50 parties du même alcool bouillant pour dissoudre une partie de morphine, il ne faut que 20 parties d'alcool froid de 80°, et que 13 parties de cet alcool bouillant pour dissoudre la même quantité. La morphine est àpcu près insoluble dans l'éther, cette propriété permet de la distinguer et de la séparer de la narcotine ; elle est insoluble aussi dans les huiles essentielles.

Les alcalis caustiques en dissolution dans l'eau, même l'eau de chaux la dissolvent aisément, cette propriété permet de la séparer très-exactement de la codéine et de la narcotine, ces alcaloïdes sont insolubles dans les lessives alcalines. L'ammoniaque ne dissout que des traces de morphine.

En dissolution alcoolique, ou en dissolution dans l'eau à l'état de chlorhydrate, elle dévie à gauche le plan de polarisation de la lumière; son pouvoir rotatoire moléculaire est (<x)r = — 88,04.

Soumise à la chaleur elle fond, perd ses deux molécules d'eau de cristallisation ; la masse fondue devient cristalline et radiée par le refroidissement. Une plus forte chaleur la décompose et la charbonne.

La facilité avec laquelle la morphine enlève l'oxygène aux corps oxygénants peut servir à la faire reconnaître. Ainsi l'acide iodique, même en solution étendue, en est réduit, et l'iode mis en liberté colore la liqueur en brun ou en jaune; si on a eu soin d'ajouter un peu d'empois d'amidon, il se produit une coloration bleue d'iodure d'amidon qui indiquera immédiatement la mise en liberté de l'iode; l'acide per-iodique se comporte de la même manière. Le chlorure d'or est réduit également par la morphine, et l'or réduit, très-divisé colore la liqueur en bleu.

Cette propriété réductrice se manifeste d'une manière caractéristique pour la morphine, quand on met celle-ci en contact avec le perchlorure de fer , il faut pour que l'expérience réussisse, que le perchlorure de fer soit à l'étal de solution

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concentrée aussi neutre que possible ; sitôt qu'on introduit une parcelle de morphine ou de l'un de ses sels dans cette solution, il se produit immédiatement une belle coloration bleue foncée; cette coloration disparaît par un excès d'acide, par l'action de la chaleur, et même par le contact avec l'alcool.

Si l'on fait bouillir la morphine avec de l'acide sulfurique étendu et du peroxyde de plomb, elle est oxydée et transformée en un nouveau corps, la morphétine (voy. ce mot).

L'action que l'acide nitrique concentré exerce sur la morphine est également caractéristique ; cet acide mis en contact avec une parcelle de morphine la colore immédiatement en rouge orangé, cette teinte passe peu à peu au jaune. 11 se forme dans cette circonstance un acide qui bouilli avec de la potasse, dégage un alcaloïde volatil. La brucine étant également colorée en rouge par l'acide nitrique concentré, on pourrait confondre ces deux bases ; mais la coloration rouge produite par la brucine devient violette si on la touche avec une goutte d'une solution de protochlorure d'étain, tandis que la coloration rouge de la morphine traitée de la même manière, ne présente rien de semblable.

Les éthers mélhyl et éthyliodhydriques chauffés avec de la morphine, la transforment en iodhydrates de méthyl et d'éthyl-morphine (voy. ces mots).

Polymères de la morphine; apomorphine. Sous certaines influences, la morphine est susceptible de se combiner une ou plusieurs fois à elle-même pour former de polymères qui, par leur action physiologique complètement différente de celle de la morphine méritent de fixer l'attention; en effet ces composés sont des émétiques des plus énergiques; une dose de 0&r,005 à 0gr,005 est suffisante pour produire des vomissements chez un homme en bonne santé.

La polymérisation de la morphine s'obtient en chauffant le chlorhydrate de cette base pendant plusieurs heures avec une solution de chlorure de zinc telle, qu'elle n'entre en ébullition qu'à 200°. On la chauffe à 125° et on y ajoute le chlorhydrate de morphine, on maintient cette température pendant 5 ou 6 beures ; la proportion du produit obtenu est d'ailleurs d'autant plus grande que l'on opère à une température plus basse, et que la solution de chlorure de zinc est plus concentrée. On fait dissoudre le produit dans de l'eau, on précipite par du carbonate de soude, et on traite le précipité, après dessication, par l'éther; l'éther qui ne dissout pas la morphine dissout au contraire son polymère ; le polymère est Y apomorphine; elle se combine à l'acide chlorhydrique pour former un chlorhydrate cristallin. L'apomorphine (tétrapodimorphine) résulte de la condensation de deux molécule* de morphine en une seule, et si on adopte pour la morphine (G^H^AzO^ HO) le symbole M, l'apomorphine serait M2 -+- 4110. (C68IFAz201241IO).

Le môme produit polymère peut être obtenu en chauffant la morphine avec 5 ou 6 fois son poids d'acide chroihydrique concentré dans des tubes scellés à la température de 150°. On opère comme avec le chlorure de zinc; la partie soluble dans l'éther, est l'apomorphine. Le procédé par l'acide chlorhydrique permet d'obtenir une polymérisation plus complète, en opérant à une température plus élevée (à 208°) et en prolongeant plus longtemps l'action de la chaleur; on obtient ainsi la trimorphine M5 et son chlorhydrate M3 -f- 2HC1 — 2HO. La trimorphine n'étant pas soluble dans l'éther peut, par cette propriété, être séparée de l'apomorphine, et enfin, la tétramorphine M4, et son chlorhydrate M4-h2HCl.

Les mêmes produits pement être obtenus par l'action de l'acide sulfurique sur

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la morphine, seulement ces produits sont anhydres. D'ailleurs l'action physiologique de tous ces polymères est sensiblement la même.

Sels de morphine. On les obtient facilement en traitant la morphine réduite en poudre par les acides dilués ; presque tous sont cristallisables, ils sont solubles dans l'eau et dans l'alcool, mais complètement insolubles dans l'éthcr. Leur saveur est très amère et désagréable. Traités par les carbonates alcalins et par l'ammoniaque, toute la morphine en est précipitée. Le tannin et l'infusion de noix de galle les précipite en blanc ; le précipité est soluble dans l'ammoniaque ; l'iodhydrargyrate de potassium les précipite également en blanc. Les réactifs que nous avons indiqués pour la morphine servent également à les faire reconnaître. Les sels de morphine ne donnent aucun précipité si on les additionne d'acide tartrique, et qu'on les sursature par le bicarbonate de soude.

Chlorhydrate de morphine. On réduit la morphine en poudre fine, on la délaye dans une petite quantité d'eau chaude, et on y ajoute de l'acide chlorhydrique étendu de son volume d'eau en quantité strictement nécessaire pour dissoudre la morphine ; il est même préférable de laisser une trace de morphine indissoute pour n'avoir pas à craindre l'acidité du sel. On filtre et on concentre la liqueur au bain-marie jusqu'à cristallisation, et on laisse cristalliser dans un endroit frais.

Le chlorhydrate de morphine cristallise en fibres soyeuses solubles dans 20 parties d'eau froide et dans moins de son poids d'eau bouillante, l'alcool le dissout aussi très-bien. 11 renferme 6 atomes d'eau de cristallisation qu'il perd à 130°. 100 parties de chlorhydrate renferment 75,9 de morphine.

La solution aqueuse de chlorhydrate de morphine est employée en collyres et pour injections sous-cutanées, dans tous les cas, il faut qu'elle ne contienne aucun excès d'acide; la dose est généralement de 1 à 2 grammes pour 100 gr. d'eau distillée. La solution doit toujours être filtrée.

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