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constituent de sérieux indices. Blumenbach avait insisté sur l'importance du signe, fourni par cet aplatissement des fesses et du dos. La décoloration des muqueuses, des j)laies, des ulcères, des exanthèmes, forme le complément des signes qui annoncent la vacuité complète du système capillaire. Des chances d'erreur se rencontreraient dans la congélation et le choléra.
7° Les lividités cadavériques , phénomènes d'hypostase^ commencent à se montrer vers la cinquième heure, puis elles vont en augmentant; au bout de douze à quinze heures, elles atteignent leur maximum. C'est un des signes les plus prompts et les plus certains de la mort; nous l'avons vu, même chez des vieillards, précéder la rigidité cadavérique. Sur les parties déclives du corps, apparaissent des colorations rougeàtres et blanchâtres, sous forme de plaques, de taches, de vergettures isolées, confluentes, striées, irrégulières, modifiées parla pression des objets qui supportent. le cadavre, la peau restant blanche aux endroits comprimés. Quand on incise ces vergettures, on voit paraître la ligue bleuâtre des veines sous-cutanées, distendues par du sang liquide, au-dessous du derme souvent piqueté, sans aucune extravasalion du sang ; plus tard seulement la sérosité plus ou moins colorée transsude dans les tissus. 11 est impossible de confondre la lividité avec une lésion traumatique quelconque, avec une affection pétéchialeou exanthématique. Ce qui fait la valeur de ce signe, c'est sa constance; nous l'avons vu se produire chez des individus morts d'hémorrhagie, chez des vieillards, chez des entants, épuisés par une maladie chronique et qui semblaient exsangues. Des doutes s'étaient élevés sur la formation de lividités à la suite dhémorrhagies foudroyantes ; Casper affirme aussi les avoir toujours rencontrées. Ce phénomène ne manque jamais, dit M. Devergie (1874), il a été observé sur les 15,146 corps que M. Mollaut inspecteur des décès a examinés dans le contrôle de la vérification, pour deux arrondissements de Paris. Certes il est des cas où les lividités sont moins apparentes que dans d'autres, la mort par hémorrhagie, par exemple ; mais jamais la peau n'a été si complètement dépourvue de sang que ce caractère n'ait pu se montrer à un degré quelconque et toujours apparent.
Nous avons vu les lividités se produire quatre heures et demie et cinq heures après la mort; des différences assez notables existent suivant les sujets pour l'intensité du phénomène et pour l'époque de son apparition, mais l'hypostase est certainement un des signes caractéristiques de la mort qui se produisent le plus tôt. Dans les premiers moments, on peut déplacer le siège des lividités par des changements d'attitude, les atténuer sur un point, les faire paraître sur un autre, les rendre très-faibles aux deux faces opposées du corps retournées successivement. On réussit même en incisant les lividités et en les comprimant, à les faire disparaître, mais ces modifications ne sont guère possibles que dans les douze ou quinze premières heures ; onze ou douze heures après la mort, tout en atténuant les lividités dorsales, et en produisant quelques rougeurs en avant sur le cadavre retourné, on ne détruit pas les stigmates attestant qu'il avait d'abord été couché sur le dos.
Les résultats de ces quelques expériences ne diminuent pas la valeur du signe ; une objection plus grave, est que les lividités cutanées, comme tous les phénomènes d'hypostase, peuvent déjà commencer pendant l'agonie. Pour l'hypostase des poumons aucun doute n'est possible, et on remarquera que les déplacements du cadavre après la mort modifient peu ce caractère qui reste la meilleure preuve de l'attitude dans les derniers moments. On affirme que des lividités de ce genre ont été observées sur le corps de personnes qui ont cependant survécu à l'asphyxie
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par la vapeur de charbon (Josat), qu'elles se présentent sur dos régions habituellement comprimées par des cordons, des lacets, des bandages. Une distinction doit èlre laite entre les phénomènes de congestion cutanée qui accompagnent l'asphyxie et se produisent sur divers points, et les rougeurs occasionnées par l'accumulation et la stase du sang dans les régions déclives. Dans le choléra, on aurait aussi vu, les lividités dorsales paraître avant l'extinction complète de la vie. Il faut une agonie de bien longue durée et une liquidité particulière du sang pour que les lividités puissent devancer la mort; dans ce cas tout exceptionnel, on sera averti par les circonstances mêmes du fait, et ce n'est point à la suite d'une mort subite qu'on pourra rencontrer cette chance d'erreur.
La lividité cadavérique est un signe constant et un des plus prompts à se produire ; c'est aussi un de ceux qui persistent le plus longtemps, et qui se prononcent de plus en plus. En théorie, sa valeur est grande, il montre que les liquides de l'économie n'obéissent plus qu'aux lois de la pesanteur, et que le sérum du rang commence à se séparer du caillot. En pratique, ce signe a l'avantage d'être d'une constatation facile, et d'être constant.
8° Effet des ligatures. Un lien est appliqué à la partie supérieure de i'avantbras ; si la circulation capillaire n'est pas arrêtée, le sang revient dans les veines superficielles du membre qui se dessinent sous la peau, en même temps que celle-ci se colore, prend un aspect d'un rouge plus ou moins violacé et que les doigts et la main se tuméfient. Mais si tous ces phénomènes ne se développent pas après l'application du lien, la circulation capillaire est évidemment éteinte. Ce signe présenté par un des concurrents au prix fondé par le marquis d'Ouches, a certainement une grande valeur, lorsque l'expérience se prolonge. Magnus propose l'épreuve suivante : une ligature, une simple ficelle est liée autour d'un doigt, dont l'extrémité se gonfle et devient bleue, si l'individu est vivant; la coloration disparaît, quand on enlève la ligature. Sur le cadavre, rien de semblable ne se produit. Si l'on opère au moment même de la mort, on observe une légère teinte bleue. La trace de la ligature reste pâle, sur le mort ; la peau reprend sa couleur naturelle, sur le vivant. Si l'épidémie épaissi des doigls ne permet pas de reconnaître ce signe, on applique la ligature autour du pavillon de l'oreille. On objectera que le cœur peut battre faiblement, sans influencer sensiblement la circulation capillaire, et qu'en définitive l'épreuve démontrant l'absence de circulation, est sujette aux restrictions qui s'appliquent à l'auscultation du cœur.
9° V Empreinte parcheminée. Cette empreinte est le résultat de la dessiccation de la peau privée d'épiderme; en frictionnant la peau d'un cadavre avec un corps dur, à surface inégale, on développe assez promptement sur les points frottés une plaque jaunâtre, sèche et épaisse, parcourue par des vaisseaux et analogue à celle qui recouvre après la mort la surface des vésicatoires ; une brosse produit rapidement ces plaques, comme on le voit sur les cadavres des noyés. En frottant avec une corde rude les poignets et le cou d'un cadavre, on produit l'empreinte parcheminée comme dans la suspension ; un choc oblique amène de semblables effets. La pression exercée sur le tissu contribue à ce dessèchement, en exprimant les liquides de la peau, et en rapprochant ses couches, mais elle n'est pas nécessaire. La dessiccation du derme est le signe caractéristique de la destruction de la couche cornée qui le protège contre les effets de l'évapoiation. Sur le vivant, la surface excoriée ne se dessèche pas, elle reste humide, se couvre de sang ou d'exsudation séreuse, qui forme une croûte. Le derme ne se parcheminé pas. Ce signe a une grande valeur, c'est l'épreuve de Weber et de Kluge, par l'excoria*
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tion. L'épiderme peut être enlevé , soit à l'aide d'une brosse, soit en raclant la peau avec un scalpel, soit par l'ammoniaque caustique. "Weber considérait cette épreuve faite avec soin comme dispensant d'attendre la putréfaction.
La peau commence assez promptement à se dessécher sur les bords d'une excoriation ; au bout de six heures au moins, de douze heures au plus, la plaque parcheminée est complète. Ce signe a été indiqué dans le concours pour le prix d'Ouches ; il a été proposé comme pouvant être reconnu même par de simples villageois ; la commission, par l'organe de M. Devergie, y attache une grande importance. La peau est frictionnée pendant, une ou deux minutes, avec une brosse, un linge grossier, le dos d'un couteau; si la circulation capillaire existe encore, la réaction provoque un afflux de sang, avec rougeur et gonflement des tissus ; si elle a cessé, l'évaporation amène une dessiccation rapide. « Ce signe est d'autant plus certain qu'il est positif, quand il apparaît, et que toutes les fois qu'on ne peut pas amener la dessiccation de la peau, on doit douter de la mort; dès lors on retarde l'inhumation, afin de recommencer l'expérience plus tard, » Nous ne croyons pas que l'on ait observé l'empreinte parcheminée dans la mort apparente; la friction d'ailleurs est utile comme moyen de traitement, et le temps nécessaire pour que ce signe se produise est une garantie.
10° La brûlure. Celte épreuve a pour but de démontrer l'absence de la sensibilité et de certaines lésions caractéristiques, telles que la phlyctène séreuse et l'auréole inflammatoire autour des tissus brûlés. Cesigne a une grande valeur : il a été expérimenté par Duncan, Christison, Leuret, Champouillon, Bouchut, Mandl, Chambert, etc., et est connu depuis longtemps, bien qu'il ait donné lieu à des discussions de priorité. On se sert de la cire à cacheter brûlante, de l'eau bouillante, du marteau de Mayor, du fer rouge , de la flamme d'une bougie, d'un charbon ardent, d'éther enflammé. Le calorique est appliqué soit immédiatement, soit à distance. Dans l'application immédiate sur le cadavre, l'épiderme se crispe, jaunit, se sèche, se soulève et laisse à nu le derme de couleur blanclie, qui bientôt se dessèche et jaunit, en formant l'empreinte parcheminée. Avec l'eau bouillante, l'épiderme se ramollit et se dissout et le derme éprouve le même ehangement. Aucune coloration ne paraît autour de la brûlure, on ne parvient pas à déterminer les caractères du second degré. Quand le calorique désorganise les tissus, l'eschare est jaunâtre, brunâtre, desséchée, sans auréole inflammatoire. Ici encore on ne développe aucune trace de réaction vitale. L'épreuve est surtout caractéristique, quand on se borne au second degré; on constate à la fois l'absence de phlyctène et d'injection de la peau.
Le calorique à distance donne une réaction très-nette, et doit être préféré à l'application immédiate. La flamme d'une bougie, à un demi-centimètre de la peau, dessèche, crispe, jaunit, l'épiderme de la peau, qui tout à coup se soulève sous forme d'une phlyctène gazeuse qui crève et s'affaisse. M. Martenot de Cordoue a proposé une épreuve caractéristique qu'on peut désigner sous le nom de la phlyctène explosible. On place a un demi-centimètre de la pointe d'un doigt ou d'un 01 teil la flamme d'une bougie ; peu à peu on voit l'épiderme jaunir, se crisper, puis se soulever tout à coup sous forme d'une phlyctène qui éclate, avec un bruit sec; l'explosion est quelquefois assez forte pour éteindre la bougie. C'est une expérience dramatique, d'un succès infaillible, nous l'avons répétée; la petite explosion, entendue à distance, annonce la mort. Mais pour pratiquer cette opération, il faut être bien sûr de la réalité du décès ; le réveil serait cruel avec la pulpe des cinq doigts brûlés. M. Plouviez a vérifié le fait, mais il croit que la
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phlyctène explosible peut aussi se former sur le vivant; dans ce dernier cas, on aurait sans aucun doute une certaine quantité de sérosité et une réaction inflammatoire. La phlyctène sèche, avec gaz ou vapeur, appartient au cadavre. On peut la reproduire par l'approche de la bougie sur d'autres régions du corps, elle se soulève et s'ouvre, mais sans bruit, l'épiderme étant plus mince; le signe est tout aussi caractéristique.
Peut-on produire la phlyctène séreuse sur le cadavre? Christison, dix minutes après la mort, n'a pu réussir à le faire, ni par l'eau bouillante, ni par la cire à cacheter ; Wright a obtenu quelques vésicules, sur des membres amputés, après une demi-minute et au plus après quatre minutes et demi. C'est évidemment un des phénomènes qui cessent le plus rapidement de se produire après la mort. Dans un cas de mort subite, à l'instant même où la vie s'éteint, on pourrait sans doute en faire naître. La ligne rouge que la pression n'efface pas est encore un signe caractéristique. Il suffit de la plus légère attente, après le décès, pour s'éloigner du moment où la phlyctène peut encore se former. On sait que chez les sujets infiltrés, le calorique à distance soulève de larges ampoules, bien différentes par les dimensions et par la forme, des phlyetènes multipliées de la brûlure, différentes aussi par la composition chimique du contenu à peine chargé d'albumine, et par l'absence de toute réaction inflammatoire. Le fait de l'hydropisie est d'ailleurs évident. L'erreur est impossible, et, fût-elle commise, elle n'entraînerait aucun préjudice; on attendrait.
Une objection plus sérieuse, c'est que la phlyctène pourrait ne plus se produire pendant la vie, chez des sujets épuisés et amaigris et dans une agonie qui se prolonge (Bouchut, Josal). Il faudrait ici un arrêt complet de la circulation capillaire, ce qui doit être bien exceptionnel; nous accepterions plutôt la conclusion de M. Devergie : « Lorsqu'au lieu de sérosité, la phlyctène ne renferme que de la vapeur, c'est un indice certain de mort. » On ne se décidera pas uniquement par ce signe, mais il concourt puissamment au diagnostic.
On a encore indiqué ces signes douteux : la coloration par le nitrate d'argent délayé, tache ovale par l'injection sous-cutanée d'ammoniaque (monte-verdi), nulles ou moins prononcées sur le cadavre.
11° L'application des ventouses scarifiées est un des meilleurs moyens de reconnaître la persistance ou l'abolition de la circulation capillaire. Fodéré avait déjà parlé de ce signe : « Si le gonflement des verres se fait sous la ventouse, et que les scarifications produisent du sang, ce sera une preuve que la vie n'est pas tout à fait éteinte, et qu'il existe encore dans les vaisseaux capillaires un reste de mouvement. On attendra une preuve contraire, si tout cela n'a pas lieu. » M. Levasseur, de Rouen, par ses recherches, a donné beaucoup d'importance à cefte épreuve. La vie s'accuse, dit-il, dans l'ordre organique par la circulation du sang dans les capillaires. La possibilité d'amener ce liquide en dehors des vaisseaux, établit la preuve matérielle certaine de la vie; la disposition contraire révèle, avec non moins d'assurance, la présence de la mort. » L'opération est on ne peut plus simple, à défaut d'instruments spéciaux, un verre ordinaire, dans lequel on brûle une feuille de papier ou que l'on trempe dans de l'eau bouillante, développe, aussitôt appliquée sur la peau, une large ampoule; et deux ou trois incisions pratiquées sur cette ampoule, donnent en réappliquant la ventouse, la preuve demandée. Du sang a été obtenu dans des cas de catalepsie et de syncope; la peau soulevée restait pâleetexsangue,dansla mort subite, après une prompte application. Chez une malade, l'opéiationayantété pratiquée dansles derniers moments
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de la vie, comme moyen de traitement, les deux premières ventouses donnèrent du sang, les autres restèrent exsangues; l'opérateur étonné regarde, la personne venait de succomber. C'est à l'épigastre, au voisinage de la région où la chaleur se conserve le plus longtemps, que la ventouse doit être appliquée.
Ce signe dans l'ordre chronologique viendrait après l'extinction des bruits du cœur ; les ventouses ont fourni du sang, dans des cas même où l'auscultation ne percevait pas les battements de cet organe. L'interruption de la circulation dans les capillaires, et la vacuité de ces vaisseaux, sont bien mieux démontrées ainsi que par une simple incision, qui ne prouve l'état exsangue de la peau que sur un point limité. Après la mort, sur le trajet des incisions, on remarque quelques points noirâtres très-petits, dus à la formation de caillots microscopiques dans les capillaires de la peau.
L'objection théorique à ce signe est que la circulation capillaire peut s'arrêter,, chez une personne en état de mort apparente, puis se rétablir; mais ce fait évidemment exceptionnel ne peut se prolonger longtemps. Dans la plupart des morts apparentes, la circulation capillaire existe. On a encore supposé que les ventouses ne fourniraient pas de sang chez un individu anémique, à la fin de l'agonie, dans la congélation ; le diagnostic tiendra compte de ces circonstances, mais on peut dire qu'en général l'application de la ventouse scarifiée à l'épigastre est un moyen simple et facile qui donne des résultats immédiats.
On a dit que les sangsues ne prenaient pas sur le cadavre et que c'était un signe de la certitude du décès. Nous avons constaté le fait suivant : On applique des sangsues au cou d'un homme de 53 ans frappé de congestion pulmonaire; elles prennent, bien que la mort soit réelle ; et le lendemain, à l'autopsie, les sangsues tenaient encore, trois de chaque côté ; il fallut les arracher, pour les détacher du cou ; c'était au mois de juillet, 25 heures après la mort, la rigidité cadavérique était complète.
12° La transparence de certaines régions du corps , des doigts et des oreilles, disparaissant avec la mort, est encore une épreuve qui a pour base l'état delà peau et dos capillaires. Lorsque l'on place ses doigts, entre l'oeil et la lumière, on aperçoit une couleur rouge très-éclatante, due à la transparence de la peau et la plénitude des capillaires. L'intensité de celte coloration, dit M. Bouchut, est en rapport avec l'éclat de la lumière derrière la main et avec l'activité de la nutrition des personnes; on peut même à volonté, par un régime convenable, augmenter cette transparence et la rendre complète, résultat fort ambitionné parles boxeurs anglais qui se font entraîner avant de combattre. Cette transparence varie donc 5 l'état physiologique; elle diminue, elle peut même cesser pendant les maladies, lcrs du frisson de la fièvre intermittente, dans le choléra, dans les maladies chroniques, pendant l'agonie. Elle n'existe pas pour des doigts amaigris, pour ceux dont l'épiderme est épaissi ou altéré. Cette transparence disparaît habituellement au moment de la mort, par suite de la vacuité des capillaires et de l'affaissement de la peau. Ce signe anciennement connu était très-usité en France •, Bonnafousun des premiers l'a décrit (Fodéré). : « Les doigts, dit-il, rapprochés et opposés à la lumière présenteront un état de transparence très-sensible, si la mort n'est qu'apparente, et une opacité complète, si elle est réelle ; la mort refroidissant, figeant, décomposant le sang, qui doit sa transparence, son homogénéité et sa fluidité à sa vitalité. » On explore ainsi les doigts, la main ou les oreilles. Orfila a constaté la transparence des doigts un et deux jours après la mort; elle persiste souvent sur le cadavre de jeunes femmes ou d'enfants, f.t
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sur des sujets infiltrés. Ce caractère si variable n'est guère à conserver parmi les signes de la mort, même pour le diagnostic immédiat.
13° Sueur froide, odeur, émigration des parasites. La peau est souvent couverte d'une sueur visqueuse et froide qui s'est produite pendant l'agonie et qui augmente le refroidissement ; elle est générale ou bornée au front; elle a été considérée comme un signe de mort. Vhorripilation de la peau, la chair de poule, existe dans différents genres de mort, notamment chez les noyés, mais c'est un phénomène variable. Nous n'attacherons pas de valeur à la non croissance de la barbe, fraîchement faite, puisque des observateurs prétendent qu'elle continue à pousser dans les premières heures qui suivent la mort.
V odeur -particulière des morts, odor cadavericus, a été signalée comme pouvant se développer au moment même du trépas. Cette odeur, a-t-on dit, n'existe pas une minute avant, elle s'exhale avec le dernier soupir, pour se prolonger quelques heures ; elle ne dépend pas de la putréfaction et cesse quand la décomposition commence. Thierry parle de cette odeur sui generis, mais il admet en même temps qu'elle peut commencer pendant la vie et it en cite un exemple. L'odorat reconnaîtrait d'une manière instinctive ce signe mystérieux. M. Josat fait très-bien remarquer que ce signe n'existe pas dans la mort subite. Le cadavre, au début, exhale l'odeur qui s'est développée dans les derniers moments de la vie et qui imprègne l'atmosphère qui l'entoure ; cette odeur dépend de la nature de la maladie et de l'absence de soins de propreté, elle est souvent trèsfétide, elle dépend aussi de la sueur. L'imagination frappée l'interprète comme un signe de mort. Mais bientôt et avant tous les autres indices de la décomposition, l'odeur putride, la véritable odeur cadavérique se développe. Hermbstaedt a proposé de constater par une réaction chimique le développement de l'ammoniaque à la surface de la peau, une baguette mouillée d'acide hydrochlorique étant tenue à une certaine distance du corps. On pourrait, se servir d'un papier imbibé du réactif de Nessler, indiquant par la couleur jaune paille ou brune la présence de l'ammoniaque ; mais la sensibilité excessive de cette réaction exige des précautions. Les causes de l'odeur sont d'ailleurs variables, elle change de nature et d'intensité suivant les époques, elle appartient à l'histoire de la putréfaction.
L'émigration des parasites, pediculorum capitis et pubis, peut être aussi celle des vers intestinaux qui gagnent des régions où on ne les trouve pas d'habitude, a été indiquée comme une des conséquences de la mort. C'est au moment où le corps se refroidit que les pediculi s'éloignent des parties couvertes de poils, pour gagner d'autres régions et même s'éloigner du cadavre, se transmettant avec facilité aux personnes voisines. Si les uns s'éloignent, d'autres se rapprochent ; Zacchias rapporte que d'après Hérodote, les Perses ne permettaient l'inhumation qu'après que les oiseaux et les chiens s'étaient approchés du corps pour le dévorer, comme si l'instinct des animaux fournissait le meilleur signe de la mort, instinct trompeur, car ils n'attendent pas ce moment, et de nombreuses larves se déposent sur les malades agonisants ou aflaiblis
14° La perte de connaissance. La perte de connaissance est le premier des effets de la mort, mais elle a commencé déjà pendant l'agonie et il est inutile d'énumérer les états morbides qui la produisent. Les sensations ne sont plus perçues, les idées ne s», forment pas, la mémoire s'éteint, les sentiments s'affaiblissent et s'éteignent. Ce qui importe à étudier, c'est l'ordre dans lequel les facultés disparaissent, l'intelligence d'abord, puis la sensibilité et la motilité ; la première par exception, pouvant survivre aux autres.
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15° V insensibilité tactile a été mise en évidence par des épreuves multipliées, qui ont été longtemps considérées comme un des moyens les plus sûrs de prévenir l'inhumation d'individus vivants. La section d'un doigt chez les Romains, avant l'incinération, l'avulsion d'une dent, pratiques superstitieuses, avaient aussi pour but de démontrer que toute sensibilité était éteinte. Dans combien de testaments n'a-t-on pas recommandé l'incision de la plante des pieds comme un moyen infaillible d'éviter le péril ! Les épreuves qui s'adressent à la sensibilité ont une utilité très-réelle et doivent être mises en usage, avec les précautions nécessaires puisqu'en cas de survie, elles peuvent laisser des blessures cruelles, comme on l'a vu trop souvent, ou des traces ineffaçables. On se défiera surtout des sinapismes qui sans action apparente sur une peau inanimée, développent plus tard une inflammation douloureuse ou produisent de profondes eschares. Plus d'une fois une épreuve douloureuse a ranimé le mourant ; on fera usage d'un excitant rapide et énergique, placé sur les régions du corps qui réagissent le plus longtemps. Les moyens proposés sont, les frictions avec une brosse ou un linge rude, les liniments ammoniacaux, les sinapismes, les vésicatoires, les piqûres, les incisions, les brûlures avec la cire à cacheter, l'eau bouillante, le marteau de Mayor, l'amadou, le moxa, la cautérisation avec le fer rouge, les ventouses sèches ou scarifiées, l'acupuncture, l'électricité, l'urtication, la flagellation, etc.
Les régions choisies seront les suivantes : la partie supérieure et antérieure du thorax; la cautérisation linéaire et superficielle de cette région, recommandée par Faure, semble un des meilleurs moyens de ranimer la sensibilité ; les extrémités des doigts et des orteils ; on a réussi en enfonçant des aiguilles sous les ongles, notamment sous le gros orteil; comme moyen plus innocent, mais très-efficace chez les animaux anesthésiés, nous conseillerons de presser fortement avec une pince l'extrémité des doigts et des orteils. La plante des pieds serait le lieu de sélection d'après les anciens auteurs ; Rhazés faisait frapper vigoureusement la plante des pieds avec des verges; le chatouillement, l'incision superficielle de cette région ont aussi été recommandés. Les tempes sont frictionnées avec un liquide irritant, on applique sur Yépigastre un moxa superficiel.
Le mamelon a été signalé comme étant le siège de la sensibilité la plus vive et la plus facile à réveiller. Desgranges, de Lyon, a conseillé l'application de ventouses scarifiées sur les mamelles, ou au-dessous, suivie d'une torréfaction avec de l'huile bouillante; Frank recommande l'application de ventouses sèches. 51. Josat insiste sur la sensibilité particulière que présente cet organe, quel que soit l'âge ou le sexe, plus peut-être chez l'homme que chez la femme ; la stimulation du mamelon produit rapidement des mouvements réfl xes. M. Josat a inventé une pince particulière dont les bords sont pourvus d'aiguillons qui s'enchevêtrent, en pénétrant dans le mamelon. La morsure de la pince, s'il reste un rayon de vie, détermine une grimace, un frémissement, un mouvement, lorsque tout autre stimulant est sans effet ; il dissipa ainsi une mort apparent» et il déjoua la ruse d'un magnétiseur, dont la force de volonté résistait à tous les autres moyens douloureux.
Quelle que soit l'efficacité de ces épreuves douloureuses, est-il besoin de dire qu'elles ne donnent pas une certitude absolue ? Des analgésies locales, soit naturelles, soit pathologiques, peuvent les. rendre inutiles. Diverses affections éteignent complètement la sensibilité; l'apoplexie, l'épilepsie, les fièvres graves, l'asphyxie, suspendent cette fonction, et dans l'agonie elle cesse plus ou moins rapidement. On citait autrefois cette observation si caractéristique de Fodéré . Lu
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hémiplégique s'endort ; sa femme lui applique sur l'épaule une rouelle brûlante de gaïac, le bras et l'épaule sont à demi-brûlés, avec une partie de la cbemise et des draps du lit, sans qu'il soit détourné de son sommeil ; quand on le réveille, il n'éprouve pas la moindre douleur. L'application des moyens aneslhésiques a tranché la question, en montrant tous les jours que la vie est compatible avec l'abolition la plus absolue de la sensibilité. La même remarque s'applique à la sensibilité des muqueuses.
16° Organes des sens. Pour ïodorat et le goût, la sensibilité tactile semble se confondre avec la sensibilité spéciale ; ces deux fonctions s'éteignenf de bonne heure. Du papier et de la corne brûlés, du vinaigre, de l'éther, de l'ammoniaque, de la poudre de tabac, un steruutatoire, la vératrine, la stimulation à l'aide d'un stylet, d'un poil de sanglier (Bruhier), démonticnt l'insensibilité de la muqueuse nasale. Les sternulatoires passaient autrefois pour avoir une action souveraine. Zaccliias relate cette opinion : « Si item prœter midta experta ad excitandum œgrotum, sternutatoria narïbus applicata fuerint et ïlle non sternutaverit, omnium consensu pro mortuo judicandus. » On a proposé d'exciser un petit lambeau de la muqueuse, afin de constater l'absence des mouvements vibratiles de l'épithélium; ce signe est infidèle et peu pratique; le mouvement se prolonge pendant une dizaine d'heures et souvent au delà, jusqu'à vingt-quatre et quarante-buit heures, chez des suppliciés ; nous l'avons vu éteint après vingt-quatre heures chez trois asphyxiés par la foudre; l'éther semble le détruire. Ce mouvement d'ailleurs paut persister quelque temps sur un lambeau de muqueuse séparé du corps.
La muqueuse buccale est excitée par quelques gouttes d'eau-de-vie, par du poivre, par de l'essence de menthe en potion ; Winslow lit usage avec succès de l'eau salée introduite dans la bouche. On titille la luette, le pharynx, la partie supérieure du larynx, avec une barbe de plume, la langue étant tirée en avant; c'est toujours la même épreuve, sujette aux mômes restrictions.
La cavité buccale fournit d'autres signes plus importants. On a donné comme preuve de la mort l'écume à la bouche et celle qui sort par les fosses nasales. « Les sujets dans un état de suffocation et de résolution générale, dont la mort n'est qu'apparente, ne reviennent point à la vie, quand ils ont eu de V écume a la bouche. » (Aphorisme d'Hippocrate, section II, 43. Traduction de Dezemeiris, p. 201.) Zaccliias, tout en admettant que ce signe est le plus souvent funeste, exitialissimum, constate que Galien et d'autres ne le considèrent pas comme absolument certain. Le regorgement des liquides de l'estomac dans la bouche a été indiqué aussi comme un signe de mort ; c'est fréquemment un effet de la putréfaction.
La sécheresse de la cavité buccale, l'absence de salive dans la bouche, d'après M. Josat, sont considérés en Chine comme un des signes les plus sûrs de la mort. On nettoie la cavité buccale jusqu'à dessiccation, et si la bouche redevient humide, la mort n'est pas certaine ; la sécheresse persistante prouve le décès. On a aussi attaché beaucoup d'importance à la sécheresse de la langue, qui se prolonge pendant quelques heures ; des médecins ont proposé de faire passer par cet organe un courant électrique pour réveiller sa sensibilité et ses contractions. Une stimulation a aussi été exercée sur la muqueuse rectale par des lavements irritants, et interprétée dans le même sens.
l'extinction de Vouie est constatée par diverses épreuves. En appelant à haute voix un supplicié, au moment où la tête était séparée du tronc, on a reconnu
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que cette fonction s'était éteinte instantanément. Elle persiste ou peut être réveillée dans divers cas de mort apparente. Mais l'ouïe a beau résister aux conc'amations, aux appels pathétiques, aux instruments de musique, au tam-tam, aux bruits secs et éclatants, aux détonations; si ces excitants de l'organe ont souvent amené des résurrections, ils ne constituent pas, quand ils restent sans effet, un signe certain de la mort ; trop de causes peuvent fermer cette voie aux ondes sonores : le sourdmuet et les personnes qui ont l'oreille dure auraient le droit de protester contre l'importance exagérée attribuée à ce signe.
17° L'œil (Thanatophthalmologie). Cette étroite région présente les signes les plus nombreux et les plus sûrs, depuis l'instant même du décès, jusqu'à une époque avancée de la décomposition.
a. Nous n'avons pas à parler de V extinction de la vue; elle devance l'agonie, souvent annoncée par le malade; « un voile sur mes yeux, des ombres dans ma chambre. » (Lamartine.) La pupille est contractée dans le sommeil qui précède la mort, les axes des deux yeux sont divergents, le globe oculaire se cache sous la paupière dont la situation est d'ailleurs assez variable, et tout à coup, au moment même delà mort, les signes caractéristiques se produisent.
p. Les paupières sont à demi-ouvertes, avec le regard fixe ; l'occlusion des yeux doit même faire naître un doute, si elle n'a été artificiellement opérée. A toutes les époques, on avait remarqué qu'on mourait les yeux entr'ouverts. La mort de Socrate est ainsi décrite : « Il ne répondit rien, et un peu de temps après, il fit un mouvement convulsif ; alors l'homme le découvrit tout à fait ; ses regards étaient fixes; Criton s'en étant aperçu, lui ferma la bouche et les yeux. » L'orbiculaire des paupières innervé par le facial se paralyse avant le r Jeveur de la paupière supérieure, qui reçoit ses nerfs d'une branche de l'oculaire commun.
Les larmes de V agonie ne sont qu'un signe équivoque et qui peut manquer, malgré l'image populaire, le larmier se rompt au moment de la mort. Cet écou- Jement de larmes existe même chez les animaux, les larmes du cerf sont célèbres.
y. Attitude du globe de l'œil. Entre les paupières à demi ouvertes, on aperçoit les globes de l'oeil dont les axes optiques sont devenus parallèles. Souvent même, ce parallélisme est dépassé, et les yeux ont une tendance au strabisme externe, qui s'explique par la diversité d'origine des racines nerveuses de l'oculo-moteur externe et de l'oculo-moteur commun. L'oeil a subi, en outre (Mùller, Thèse de Strasbourg, 1870), une légère rotation de l'oeil de bas en haut, de sorte que les individus morts et couchés sur le dos, paraissent souvent regarder au plafond un objet situé derrière leur tête.
S. L'insensibilité' de la conjonctive et de la cornée transparente. Cette région e>t la dernière où se révèle la sensibilité tactile ; le contact du doigt, une goutte d'eau salée projetée dans l'œil, constatent l'absence des dernières traces de sensibilité. On explore séparément la cornée et la conjonctive, leur sensibilité ne s'éteint pas en même temps. La cornée reçoit des nerfs ciliaires provenant du ganglion ophthalmique, c'est elle habituellement qui reste le plus longtemps sensible ; la conjonctive est animée par des nerfs ciliaires provenant de la cinquième paire, dont la vie s'éteint plus promptement. La sensibilité disparait d'abord dans l'une ou dans l'autre, suivant le genre de mort, et suivant la portion du système nerveux qui cesse la première d'agir. Ainsi dans la mort par le froid, par la strychnine, la cornée serait insensible d'abord, la conjonctive conservait,
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surtout vers l'angle interne, une sensibilité évidente. La conjonctive serait, au contraire, 'a première insensible, après la section du bulbe, dans l'anesthésie pai l'éther, dans l'empoisonnement par le curare, dans la mort par strangulation. Les inspirations d'hydrogène paralyseraient aussi la conjonctive avant la cornée (C. Bernard): On a vu dans une hémiplégie, toute une moitié de la face être insensible, à l'exception de la cornée. Cette séparation de la fonction fournirait un indice du genre de mort. L'insensibilité absolue des deux surfaces ne prouve pas la mort réelle. Dans l'anesthésie, dans l'asphyxie notamment, la conjonctive et la cornée deviennent toutes deux insensibles, et le retour à la vie n'en est pas moins obtenu, mais ces deux signes restent comme une des meilleures preuves de l'extinction de la sensibilité.
s. La dilatation de la pupille. Contractée pendant l'agonie, la pupille se dilate au moment de la mort, tel est le fait le plus général et qui fournit à la fois un signe d'agonie et de mort. La pupille s'ouvre, comme si elle était la fenêtre de l'âme, suivant l'expression de Guéroult et prend un diamètre qui varie entre 5 et 7 millimètres : dilatatur in ipsâ morte, dit Haller, qui l'a vue tellement élargie, qu'elle semblait ne pas exister. M. Bouchul a insisté sur la valeur de ce signe immédiat de mort : il se produit dans les maladies les plus diverses, dans la mort violente, dans l'asphyxie, la décapitation, la congélation, l'empoisonnement. À l'instant de la mort, tantôt avant les derniers battements du cœur, tantôt après, la pupille s'ouvre brusquement ; nous avons vu cette dilatation instantanée chez une femme qui succomba devant nous à la rupture d'un anévrisme de l'aorte. Les fibres circulaires formant le sphincter de l'iris, sont innervées par le moteur oculaire commun (racine motrice du ganglion ophthalmique; qui meurt le premier ; les fibres radiées, innervées par le grand sympathique, survivent et dilatent la pupille. Sans doute le signe peut manquer, la dilatation existe avant la mort dans certaines affections cérébrales, dans l'hydrocéphale chronique, à la suite de l'empoisonnement par la belladone. Les adhérences de l'iris, les opacités de la cornée, s'opposent à son développement ou ne permettent pas de le constater. Mais en tenant compte de ces exceptions faciles à reconnaître, la dilatation instantanée delà pupille est un des bons moyens du diagnostic immédiat.
Cette dilatation ne persiste que pendant quelques heures ; de 6 à 7 millimètres, le diamètre descend à 5 ou à 4; une diminution de 3 à 4 millimètres est très-ordinaire (voy. Cadavre). La dilatation peut être inégale dans les deux yeux et se réduire pour chacun dans des proportions différentes. La pupille se rétrécit au moment où le dilatateur cesse d'agir; le rétrécissement se continue ensuite sous l'influence de la rigidité, et de l'évaporation de l'humeur aqueuse. La ponction de l'œil a même été indiquée comme fournissant un signe de mort aussi inutile que périlleux.
Ç. Immobilité de Viris. L'iris ne se contracte plus par l'action de la lumière, c'est un des premiers signes de mort. On a cependant vu dans le choléea, la lumière conserver quelque temps son influence : « Pupillas luci expositas lente contrahi, dum pupillœ quœ in tenebris essent, magis adhuc dilatarentur. » Sommer, qui relate ce fait, a constaté que, dans les cas assez fréquents où les pupilles étaient inégales, il pouvait, d'une à quatre heures après la mort, par l'action de la lumière, faire varier leurs dimensions relatives : « Pupillam majorent minorent factam et vice versa inveniebam. »
Les fibres restent sensibles au galvanisme, pendant une ou deux heures, dit
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Nysten, et souvent davantage. L'atropine et la calabarine exercent aussi leur action caractéristique très-évidente dans le premier quart d'heure qui suit le décès. M. Bouchut a proposé d'utiliser cette propriété comme signe de mort. On instille dans l'œil quelques gouttes d'une solution d'atropine ou d'ésérine, ou bien on y introduit un papier imbibé d'une de ces substances ; si au bout d'une heure lu pupille n'est pas dilatée dans le premier cas, contractée dans le second, on peut admettre la réalité de la mort. C'est une ou deux heures après la mort que l'iris reste immobile, limite habituelle, non absolue. L'atropine, dit M. Bouchut, l'emporte sur l'opium et produit la mydriase chez les animaux empoisonnés par cette substance ; l'usage de l'opium n'empêcherait pas le signe de se produire; ce caractère a une réelle importance, mais il peut être annulé par une altération préalable
de l'œil.
•/;. Déformation de l'iris. Cette déformation est naturelle ou provoquée; elle commence souvent au moment où la dilatation diminue, on la constate en mesurant les diamètres de l'iris qui ne sont plus égaux. Plus tard cette déformation augmente par suite de l'affaissement de l'œil, et de l'évaporation de l'humeur aqueuse; l'iris a moins de place, il est moins tendu el commence à flotter. C'est un caractère très-sûr, mais qui paraît à une époque tardive, où l'évidence s'est déjà faite autrement. Une lésion de l'iris, une opération de cataracte peut avoir occasionné cette déformation. M. Ripault a proposé de hâter la production de ce phénomène, en exerçant une pression avec le doigt sur la paupière inférieure, de manière à refouler le globe de l'œil en haut, vers l'autre main qui lui fournit un point d'appui; la pression peut aussi êlre horizontale. L'ouverture de la pupille devient alors elliptique ou irrégulièrement circulaire, suivant la force de la pression. Ce caractère a une réelle valeur, mais il n'est pas toujours trèsfacile à produire dans les premières heures qui suivent la mort. M. Deschamps a déterminé chez une hystérique une déformation oblique qui s'est effacée après l'attaque. M. Josat comprimant l'œil dans un cas de syncope crut voir une déformation se produire sous l'influence de la double pression ; l'homme qui revint à lui avait été opéré de la cataracte. Avec ces restrictions, c'est un signe utile pour le diagnostic définitif.
6 Décoloration de la rétine. Ophthalmoscopie. L'exploration de la rétine fournit un des premiers signes de l'arrêt de la circulation capillaire ; le fond de l'œil se modifie subitement; rosé et criblé de vaisseaux pendant la vie, il se décolore tout à coup, et l'on voit à la circonférence de petits caillots de sang, interrompus dans les vaisseaux affaissés. M. Bouchut, qui a le premier appelé l'attention sur ce signe important, au point de vue scientifique surtout, le résume ainsi : disparition de la papille du nerf optique, vacuité complète de l'artère centrale du nerf optique et de la rétine, vacuité par places desveines de la rétine, décoloration grisâtre de la choroïde. « L'œil étant le seul point où l'on puisse voir une artère à découvert et remplie de sang, c'est là où l'on peut aussi constater la vacuité du système artériel que produit la mort. » La colonne veineuse est interrompue, affaissée par places, avec des restes de colonnes sanguines ou des caillots à la circonférence. La choroïde est décolorée, blanchâtre ou grise, par suite de la vacuité instantanée de ses capillaires. Dans la mort apparente, il y a toujours un contraste absolu entre la blancheur de la papille et la rougeur de la choroïde. La présence de l'artère centrale de la rétine et des veines rétiniennes est un caractère de la vie. M Bouchut n'a rencontré dans aucun état pathologique une semblable interruption de la circulation capillaire. Une embolie
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■de l'artère centrale de la rétine, amenant la vacuité des vaisseaux, pourrait produire un aspect analogue, mais c'est une bien faible restriction à la valeur du signe complété par la pneumatose des veines rétiniennes.
M. Poucet, de Strasbourg, a signalé en 1870 un nouveau caractère, l'opacité de la rétine ; il a constaté que la choroïde devenait grisâtre chez les blonds et restait, noire chez les bruns. Il appelle l'attention sur le nombre variable et la disposition des caillots veineux qui fournissent un des indices les plus probants. L'objection contre ces caractères, c'est non pas qu'ils exigent une certaine dextérité manuelle, chaque médecin aujourd'hui doit chercher à l'acquérir, mais c'est qu'ils échappent à l'observation, au bout d'un temps souvent trèscourt, aussitôt que la cornée et les milieux de l'œil ont perdu leur transparence. Quelques heures suffisent et souvent moins pour rendre le phénomène moins net; divers états pathologiques s'opposent, aussi à cette constatation ; malgré ces réserves, l'ophthalmoscopie a sa place dans le diagnostic immédiat de la mort.
t Etal de la cornée, toile glaireuse. La perte de transparence de la cornée, la toile glaireuse, la plicature, disait Winslow, la flaccidité, le ramollissement, le plissement de cette membrane, sa séparation facile, constituent une série de signes qui se développent successivement et qui conduisent à la certitude.
La cornée perd son éclat normal assez rapidement, souvent quelques minutes suffisent; elle devient comme rugueuse, sablonneuse, granuleuse, elle n'a [dus son poli, et bientôt sa transparence s'altère. M. Poncet propose de l'humecter avec une goutte d'eau pour lui rendre cette propriété ; chez les noyés en effet, on constate que l'œil conserve son éclat. Il y a certainement sur la cornée un premier effet dû au dessèchement ; en dirigeant avec persistance sur cette membrane un courant d'air sec, on hâte son opacité qui survient en moyenne en quatre ou cinq heures.
L'épiderme se soulève, se ramollit, la cornée se couvre de la toile glaireuse, formée des débris de cet épithclium, de la matière albumineuse qui transsude, de "rains de poussière qui se déposent sur l'œil. C'est un effet d'imbibition et d'altération de la surface de la cornée. Il est bien avéré que cette toile glaireuse peut se produire pendant la vie, on l'a constatée dans le choléra ; nous l'avons observée dans l'agonie, à la suite de la méningite cérébro-spinale et de !a fièvre typhoïde ; elle peut n'exister que sur un seul œil ; elle se produit plus facilement lorsqu'il existe une ulcération de la cornée; mais ce sont des cas trèsexceDtionnels et la toile glaireuse, dans toutes les morts rapides, est un excellent
signe.
La cornée se ramollit, se plisse, devient flasque, par suite de la diminution de la tension de l'œil et de l'imbibition de son tissu par l'humeur aqueuse ; ce ramollissement est un des premiers effets de la putréfaction. On a proposé de le bâter par l'application de compresses mouillées sur l'œil. Bientôt la cornée est assez ramollie pour conserver l'empreinte du doigt. ; elle se déchire et se détache avec facilité.
x. État de la sclérotique. Tache noire. La sclérotique prend une teinte jaunâtre, quelques heures après la mort, et pins rapidement si les paupières restent ouvertes ; cet effet est attribué à la dessiccation. Bientôt cette coloration jaunâtre s'accentue davantage sur un point de la sclérotique, elle devient de plus en plus foncée, et elle se transforme en une tache bleuâtre, tirant plus ou moins sur le noir. C'est la tache noire de la sclérotique, indiquée par Sommer, sous le titre de : Livor scleroticœ nigrescens. Il appelle l'attention sur ce signe,
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qu'il n'a trouvé mentionné dans aucun livre. La plupart des hommes, dit-ilr meurent les paupières entr'ouvertes, et, au bout d'une à trois heures, la partie* de la sclérotique exposée à l'air, prend une teinte jaunâtre, qui tire vers le noir. C'est un phénomène de dessiccation et non d'imbibition ; aucune exsudation de pigment ne se fait sur la sclérotique; en humectant l'œil, tenu clos, on retarde l'apparition de la tache.
M. Lai cher a décrit ce signe avec un soin minutieux, en 1862 et 1866, et il en a fait un des caractères les plus intéressants de la mort. C'est d'abord une tache bleuâtre peu apparente, puis elle s'étend et devient plus foncée ; la tache,., une fois formée, est noire, de forme ronde ou ovale, rarement triangulaire, ajant alors la base du triangle adjacente à la cornée. Elle apparaît presque toujours du côté externe de l'œil ; plus tard une autre tache de même nature et moins prononcée occupe le côté interne ; plus tard encore les deux taches se rapprochent et forment un segment d'ellipse à convexité inférieure. Quelquefois, dit M. Larcher, les lividités de la peau précèdent cette tache, plus souvent elles apparaissent avec elle, plus souvent encore elles n'apparaissent pas beaucoup plus tard. Il nous a paru que les lividités dont l'apparition est si prompte, précédaient ce phénomène, qu'il pouvait être même devancé par la rigidité ; il n'en est pas moins certain que la tache noire se place à une époque peu éloignée de la mort, et qu'elle précède fréquemment la coloration verdàtre de l'abdomen. Ce fait est d'ailleurs connu et d'une application vulgaire, c'est par l'état de l'œil que l'on juge de la fraîcheur du gibier et du poisson. Le développement de la tache noire est plus ou moins rapide suivant les cas ; il est activé par une température chaude ; il est prompt chez les enfants, chez les phthisiques, chez ceux qui succombent à une fièvre typhoïde.
M. Larcher attribue cette tache à Timbibition cadavérique ; il pense que la coloration foncée provient du pigment de la choroïde, devenue transparente et laissant voir le pigment choroïdien. M. Sommer, M. Niderkorn, M. Muller (thèse de Strasbourg, 1870) l'expliquent par la dessiccation de la sclérotique; ils font remarquer que la tache ne se développe que sur la partie du globe de l'œil qui est exposée à l'air. M. Muller a fait varier son siège en cachant ou en découvrant successivement telle ou telle région de la conjonctive ; en incisant les paupières, perpendiculairement à leurs bords libres, il a obtenu une tache en forme de croix ;. si la tache commence par le bord externe d'un des yeux, c'est par celui qui est placé plus haut que l'autre, l'écoulement des liquides vers la partie déclive permettant une dessiccation plus facile.
Ce signe peut-il se développer pendant l'agonie? Cela ne paraît pas impossible. Cette tache aurait été observée dans la période ultime du choléra; dans un cas de ce genre, M. Blain aurait constaté sur les sclérotiques quelques petites taches noires. M. Duchaussoy distingue deux espèces de taches sur les yeux des cholériques, les unes véritables ecchymoses sous-conjonctivales que la dissection enlève avec la conjonctive, les autres occasionnées par le dessèchement de la sclérotique, qui permet de voir le pigment choroïdien, ou le laisse transsuder. En rendant à la sclérotique son humidité naturelle, par les injections d'eau qui. ont ranimé le malade, on a fait disparaître les taches noires effet de son dessèchement (Netter). Il y aura donc toujours une question de diagnostic à résoudre à l'occafion de ces taches. Sont-elles pétéchiales? Existe-t-il un état morbide qui ait pu les produire? Mais ce diagnostic ne présente pas de difficultés, et la tache noire de la sclérotique est certainement un des bons signes de la mort, appa—
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laissant dans la seconde période et secondant le diagnostic, an moment où il s'agit de l 'inhumation. Une putréfaction avancée, d'après Sommer, fait disparaître cette tacite.
Éclat de l'œil. Transparence des milieux. L'œil, au moment de la mort, perd son éclat. « Constans est observatio morienlium oculos suum amittere splendorem » (Haller). L'arrêt subit de la circulation et l'affaissement qui en .résulte, sont la première cause de ce phénomène qui augmente bientôt par l'altération des surfaces et des milieux. La réflexion et la réfraction sont modifiées; .l'aspect général est terne et l'intérieur de l'œil perd peu à peu sa transparence ; ce changement commence par la cornée et se continue dans les humeurs et le cristallin. L'humeur aqueuse diminue de quantité et devient louche, il en est de même de l'humeur vitrée ; le cristallin est promptement opaque. La transparence peut persister une douzaine d'heures après la mort.
L'épreuve des trois images, deux droites et une renversée, réfléchies par l'œil, a été appliquée par M. Legrand au diagnostic de la mort. Peu de temps après le décès, les trois images se voient encore, mais elles sont déjà moins nettes. La troisième image disparaît la première, puis la seconde; les deux images postérieures s'éteignent parfois pendant l'agonie ; la troisième persiste davantage ; d'abord confuse, elle cesse d'être réfléchie par la cornée, six ou douze heures après la mort. Il s'est produit une altération de l'œil incompatible avec la vie ; ce signe n'est à rechercher que sur un œil exempt de toute lésion palhologique.
f*. Affaissement et flaccidité du globe de l'œil. L'affaissement de l'œil se fait au moment même de la mort, par suite de l'interruption de la circulation ; on sent le globe oculaire moins dur et moins tendu. L'évaporation des liquides, notamment de l'humeur aqueuse qui diminue de quantité, détermine bientôt la flaccidité de l'organe. Ce caractère est d'une grande importance; il a été considéré par Louis comme un des signes certains de la mort, comme un effet de putréfaction qui ne peut laisser aucun doute. « Tant que le globe de l'œil conserve sa fermeté naturelle, dit Louis, on ne peut pas prononcer que la personne -est morte, quelles que soient les autres marques qui conduisant à le penser ; l'affaiblissement des yeux dispensera d'attendre la putréfaction. C'est une observation que j'ai faite pendant plusieurs années sur un très-grand nombre de sujets d'âge et de sexe différents, morts de maladies différentes et dans toutes les ■saisons de l'année. La perte du brillant des yeuv et la formation de la toile glaireuse ne sont pas des signes certains de la mort; car on a remarqué que les veux se ternissent dans plusieurs occasions, et j'ai vu souvent un enduit de matière glaireuse sur la cornée transparente dans certaines maladies de la paupière, mais les yeux sont flasques et mous, en très-peu d'heures. Il n'y a aucune maladie, aucune révolution dans le corps humain qui puisse opérer un pareil changement; ce signe est vraiment caractéristique, j'ose le donner comme indubitable. » La putréfaction gazeuse peut rendre momentanément au globe de l'ail un degré remarquable de tension et de rougeur, mais la déformation de la pupille, l'opacité de la cornée, l'état trouble des milieux, ne permettront jamais de supposer une turgescence vitale, contre laquelle proteste tout l'extérieur du cadavre. La flaccidité et le ramollissement de l'œil ont donc leur place parmi 'les premiers caractères de la putréfaction et les preuves les plus sûres de la mort.
18° Absence de respiration. Pour constater ce signe, on a proposé diverses -épreuves; les unes démontrent l'immobilité du thorax, les autres, l'absence de
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tout courant d'air s 'échappant du poumon. L'expérience du miroir est la plus populaire, une glace .ipprochée des lèvres se ternit ou reste brillante, on en conclut que la respiration persiste ou a cessé. Il est inutile de dire combien cette expérience est trompeuse. La glace a conservé son éclat, dans des cas où les malades ont été rappelés à la vie, chez des asphyxiés, chez des femmes hystériques. Dans le fait si curieux de la mort apparente du colonel Townsend, la glace ne s'était pas ternie. M. Josat raconte l'histoire d'un assassin qui fut trompé j ar cette épreuve et qui revint plus tard achever ses victimes. Si le miroir est plus froid que la chambre, il se ternit, sans que la personne ait respiré ; s'il est plu& chaud, la respiration peut rester insensible. Les mêmes restrictions s'appliquent à l'épreuve des corps légers, du duvet, de la plume, de la flamme d'une bougie, approchés des lèvres ou des narines. Le plus léger mouvement, une agitation de l'air produiront les apparences de la vie. M. Josat parle d'une sorte d'appareil inventé pour rendre cette épreuve commode ; il était tellement sensible qu'il semblait que le trépas des mourants ne dût jamais se réaliser.
L'immobilité du thorax est reconnue par une observation attentive. L'épreuve du verre d'eau a été proposée par Winslow et Thierry. On place le vase sur l'appendice xyphoïde, l'immobilité du liquide annonce l'absence de respiration. Winslow propose « de mettre le sujet sur le côté, de façon que l'extrémité du cartilage de l'ava ut-dernière côte fût la partie la plus élevée et sur laquelle on placerait le verre plein d'eau ; il y serait mieux que sur le cartilage xyphoïde pour apercevoir le plus léger mouvement qui se ferait dans la poitrine. » Mais le corps ne tient pas facilement dans cette situation, et il est bien difficile qu'en le soutenant, on ne lui imprime pas une légère oscillation qui suffit pour agiter le liquide. Winslow lui-même ne se fait pas d'illusion sur la valeur de celte pratique: « Le repos de la liqueur n'est pas une preuve, dit-il, que les fonctions vitales soient abolies, et même l'agitation de cette liqueur ne prouve pas qu'elles subsistent. » La mensuration du thorax par le stéthomètre, par le cyrtomètre sont des moyens superflus ; l'auscultation donne certainement la preuve la plus efficace de l'extinction de la respiration, sauf les difficultés qui résultent d'un état pathologique.
La chance d'erreur, c'est que la respiration soit ralentie et affaiblie, au point de devenir insensible ; il est certain que dans quelques cas de mort apparente, aucune trace de cette fonction n'a pu être constatée. Elle s'éteint le plus souvent avant la circulation ; l'auscultation perçoit encore les bruits du cœur, lorsque tout mouvement respiiatoire a cessé. Le temps seul fera distinguer la suspension de l'abolition complète ; tout ce qui se rapporte à la durée possible de la mort apparente concerne aussi l'interruption des phénomènes respiratoires; ils pourront rester longtemps insensibles, ralentis ou nuls, moins sans doute qu'on ne le dit, les observations très-précises faisant ici défaut. La recherche de la respiration a beaucoup plus pour but de mettre en évidence les dernières traces de la vie, que de donner la preuve certaine de la mort.
18° L'oxidation dans les tissus; l'épreuve de l'aiguille. Cloquet avait déjà fait remarquer la prompte oxydation des aiguilles à acupuncture. M. Liborde a constaté qu'une aiguille d'acier bien poli, plongée dans les tissus ou dans les masses musculaires, d'un homme ou d'un animal vivant, perdait son éclat au bout d'un temps variable, mais généralement très-court, et s'oxydait dans une partie de son étendue. Lorsque l'opération était exécutée sur le cadavre, l'aiguille restait enfoncée dans les tissus pendant un temps assez long, vingt minutes à
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une heure, sans présenter de traces d'oxydation. L'oxydation cessait quand la température était descendue à 28 ou 30°, et l'on n'obtenait pas de rouille, en réchauffant artificiellement, le corps. Les deux aiguilles, réunies par un arc de métal, donnaient au galvanomètre un courant qui ne se produisait pas sur le cadavre. M. Vangheel a répété ces expériences sur onze cadavres, plongeant 25 aiguilles, a des températures de 22 à 16°, 24 à 48 heures après la mort; il a trouvé 10 aiguilles très-oxydées, 3 qui l'étaient peu, 12 qui ne l'étaient pas. Sur un même corps, une aiguille était oxydée, 5 étaient restées brillantes. Sur 43 expériences sur le vivant, 29 aiguilles étaient oxydées, 14 ne l'étaient pas. En présence de ces résultats, on ne peut attacher une grande importance à ce signe, variable et si facilement remplacé par d'autres.
19° La circulation. C'est dans cette fonction que nous trouvons les signes les plus importants et les plus sûrs; elle forme la base du diagnostic immédiat; les signes sont fournis par le cœur, par la circulation artérielle, par les circulations veineuse et capillaire, par les modifications du sang.
a. Etat du cœur. « Cor primum vivais, ultimum moriens, » a dit Haller; « Tant que le cœur est en mouvement, le corps est en vie. » « La première lecberebe que l'on doit faire auprès d'un homme réputé mort, a dit Louis, c'est de lui tàter le pouls; » M. Bouchut ajoute, pour compléter cette pensée, la première cluse à faire est d'ausculter le cœur. On peut s'étonner que la découverte de Laënnec ait été appliquée si tard au diagnostic delà mort réelle. On se contentait de la palpation, de la région du cœur, moyen beaucoup moins sensible et qui ne donne aucun résultat, quand les battements sont très affaiblis. La palpation cependant est utile, comme moyen préliminaire, en même temps qu'on tàte le pouls. Brachet signale un procédé particulier de palpation pour les nouveau-nés ; il propose d'introduire la pointe des doigts entre le foie et le diaphragme, pour reconnaître des pulsations hépatiques qui, suivant lui, existent encore, quand les mouvements du cœur ne sont plus distincts.
b. L auscultation du cœur est évidemment le moyen le plus sûr de constater l'état de cet organe, elle donne des résultats, quand les autres procédés d'exploration sont restés inutiles. Les recherches de M. Bouchut, récompensées par le prix Manni, sanctionnées par le rapport de l'Académie de médecine, ont démonlré ce fait d'une manière incontestable, et ont introduit l'auscultation comme procédé usuel dans le diagnostic de la mort apparente. D'autres médecins, Mende, Sommer, avaient déjà appelé l'attention sur ce signe; M. Deschamps, en 1830, avait employé l'auscultation comme moyeu de constater la mort sur trente-quatre victimes rassembl'es au marché des Prouvaires; en 1835, il appliqua l'auscultation à un cas d'Iiystérotomiepost morlem. Les observations deM. L'ouchut, maintes fois vérifiées, ont montré que dans la mort subite, dans l'agonie chez l'homme, dans la strangulation, la submersion, l'intoxication chez les animaux, les bruits du cœur s'éteignent au moment de la mort. Après deux ou trois minutes de silence, le cœur avait irrévocablement cessé de battre et la mort était un fait accompli. « Les observations recueillies chez l'homme et les résultats de nombreuses expériences sur les animaux prouvent d'une manière incontestable, que la vie existe là ou l'on perçoit les battements et les bruits du cœur, tandis que, au contraire, la mort coïncide toujours avec leur cessation. » C'est cette dernière partie de la conclusion qui a été justement contestée et qui a dépassé le but,au moins en ce qui concerne la perception des bruits.
« Nul état morbide chez l'homme ou chez les animaux, les plus élevés dans
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l'échelle, n'a donc la puissance de suspendre les battements du cœur; leur interruption est impossible et au delà d'une ou deux minutes, elle doit être considérée comme le signe de leur cessation définitive. » La commission de l'Académie a pensé que l'absence des battements du cœur constatée à l'auscultation pendant l'intervalle de cinq minutes, ne pouvait laisser aucun doute sur la cessation définitive des battements et par suite sur la réalité de la mort. La question de temps a ici une importance capitale, c'est le seul moyen de distinguer la suppression de l'abolition complète, et certes nous n'hésitons pas à conclure que, dans la plupart des cas, une auscultation attentive et. pratiquée dans de bonnes conditions, n'ayant perçu aucun bruit pendant quatre ou cinq minutes, la mort est réelle. Mais on possède un certain nombre d'observations de cessation complète des bruits cardiaques, pendant une demi-heure et plus, pendant six heures même, et dans lesquelles les malades ont été rappelés à la vie. MM. Guersent et Josat ont rencontré cette absence de bruits dans un cas de narcotisme, MM. Josat et Depaul chez des nouveau-nés, MM. Josat, Dieffenbach, pendant le choléra; M. Girbal, de Montpellier, dans un état hystérique a\ec hémoptysie; pendant une ou deux minutes, les battements cessèrent; une interruption de cinq minutes a été constatée par M. Duchène, à la clinique d'Andral, chez un malade asphyxié par le chloroforme et qu'on finit par rappeler à la vie. Le cas le plus remarquable est celui de la femme d'un médecin, traitée par Andral; la mort apparente dura six beures ; l'auscultation avait donné des résultats négatifs. Brachet, pendant vingt minutes, n'avait entendu aucun battement du cœur, chez un adulte atteint de syncope. Dujardin rapporte un cas analogue. D'Outrepont faillit pratiquer l'opération césarienne sur une femme qui ne présentait ni pouls, ni battement du cœur, et qui cependant revint à la vie. Van Hasselt ajoute à ces faits ceux de Plagge, à Dannstadt, qui ranima, par l'insufflation, des nouveau-nés, bien que l'auscultation eût été négative, et de François, de Bruxelles, qui reconnut l'absence des bruits du cœur, sur une femme atteinte de fièvre intermittente syncopale. Tournié, chez un asphyxié, aurait cessé, pendant six heures, de percevoir les bruits de cet organe. L'erreur est facile dans ces constatations négatives, au milieu de 'émotion que produit la mort apparente, mais il n'en est pas moins certain que des médecins compétents ont reconnu que l'interruption des battements du cœur pouvait se prolonger au delà des quatre à cinq minutes qui forment la limite habituelle.
Sans nier la possibilité de l'interruption absolue de la circulation, nous pensons que dans la plupart de ces cas le cœur battait encore, mais trop faiblement pour être entendu. On en a la preuve directe dans les expériences sur les animaux : que l'on ouvre le thorax d'un lapin anesthésié, au moment où. l'auscultalion ne perçoit plus aucun bruit, on verra le cœur continuer à battre. Chez un supplicié, une heure après la mort, l'oreillette droite se contractait encore, toutes les deux ou trois secondes, et le ventricule droit avait une contraction pour cinq ou six des oreillettes. Il y a des mouvements trop faibles pour produire des bruits perceptibles ; quand le cœur en est là, c'est l'indice habituel de la fin ; mais on ne peut déterminer le degré d'épuisement au delà duquel l'organe ne se ranime plus ; il est probable que dans ces cas de résurrection exceptionnelle, la circulation n'avait point cessé, mais avait diminué, au point de ne plus impressionner l'oreille. Il est d'ailleurs reconnu que chez des asphyxiés ou des personnes empoisonnées, on parvient, par l'insufflation de l'air dans les poumons, à rétablir les battements du cœur, même quand ils ont entièrement cessé.
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L'interruption des bruits du cœur n'est doue pas une preuve absolue de la mort, mais c'est un signe d'une grande valeur, et dont la certitude augmente à mesure que cet état se prolonge. L'auscultation sera pratiquée sur divers points, pour éviter l'erreur que produirait un déplacement du cœur. On tiendra compte des états physiologiques ou pathologiques qui peuvent rendre les bruits moins sensibles, de la présence d'une lame de poumon devant le péricarde, des épanchements dans le péricarde, de l'atrophie, de l'état graisseux, qui diminuent les bruits, de l'arrêt volontaire des battements. 11 faut une exploration attentive, et une oreille exercée, puisqu'il s'agit d'apprécier des bruits rapprochés de leur minimum; tel médecin entend ce qui échappe à un autre; la finesse de l'ouïe fait la valeur du signe. Quand on a pu arriver au moment même de la mort, la manière dont les battements cessent éclaire le iliagnostic; la lenteur, la faiblesse, l'irrégularité des pulsations précédent leur arrêt-définitif ; au lieu des deux bruits, on n'en entend plus qu'un seul, « le tic-tac est représenté par un simple tac ; » ce dernier se répète deux ou trois fois et tout s'éteint. L'auscultation sera renouvelée à plusieurs reprises; elle durera chaque fois assez de temps, une ou deux minutes, pour tenir compte des intermittences. Les quatre ou cinq minutes théoriquement nécessaires seront dépassées, et l'auscultation pratiquée avec ces précautions constituera le meilleur moyen du diagnostic immédiat.
c. Akidopéir astique. Réunissons sous ce titre bizarre les expériences qui constatent, par la vue et par le toucher, l'immobilité du cœur. Joubert, dit Fodéré, habile chirurgien de Paris, persuadé que le cœur est Xultimum moriens, ne se livrait jamais à des dissections avant d'avoir fait préalablement une incision entre deux côtes, à l'endroit où l'on pratique l'opération de l'empyème, pour porter ensuite un doigt sur le cœur, et s'assurer si ce muscle avait absolument perdu son mouvement; précaution qui ressemblait beaucoup à une autopsie. Middeldorf a proposé l'akidopéirastique qui se pratique ainsi : On enfonce une aiguille trèsfine, longue de 10 centimètres, au milieu du point où ordinairement on perçoit les battements du cœur, dans le cinquième espace intercostal, à trois travers de doigts du sternum, à deux au-dessous du mamelon ; l'aiguille est poussée par un mouvement de rotation, dans la paroi du ventricule gauche, cinq centimètres au plus de l'aiguille doivent pénétrer dans les tissus ; on observe alors si elle est agitée par un mouvement oscillatoire, par un simple tremblement, ou si elle reste immobile. C'est l'expérience que l'on fait dans les cours, en plongeant dans le cœur d'un lapin une aiguille surmontée d'un pavillon, pour montrer qu'à l'instant précis delà mort, l'appareil s'arrête tout à coup. L'innocuité habituelle des plaies du cœur faites chez les animaux, au moyen d'instruments piquants trèsminces, a donné l'idée d'appliquer l'acuponcture, à la découverte et à l'excitation des mouvements de cet organe (Plouviez, Bourgeois). On a même proposé de piquer la veine jugulaire externe et d'y introduire un stylet qui descendrait presque dans le cœur, pour explorer et ranimer sa contractilité, moyens excessifs ou périlleux qui n'ont point leur place dans la pratique.
d. Circulation artérielle. L 'absence du pouls est le premier indice de l'affaiblissement ou de l'arrêt de la circulation, mais c'est le signe le plus incertain de l'abolition de cette fonction. Dans l'agonie, le pouls remonte, devient insensible à la radiale ; les pulsations peuvent cesser avant que la connaissance ne soit éteinte. Une artère très-petite, très-profonde, ossifiée, n'ayant pas sa disposition normale, empêche la constatation du pouls. La circulation semble continuer par un mouvement insensible sans réaction systolique des artères. Le pouls caro-
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tidien a plus d'importance ; Legallois considérait la vacuité des artères comme un signe certain de la mort, cependant il constate que leurs battements peuvent ne plus être perceptibles, lorsque le cœur se meut encore. Les artères peuvent aussi, ajoute— t-il, contenir un filet de sang, quoique la circulation soit arrêtée. Les anciens ont signalé des pulsations des artères carotides et temporales dues au bouillonnement de la putréfaction gazeuse ; mais il est de toute évidence qu'il n'y a pas là de cause d'erreur.
On a utilisé à un autre point de vue la circulation artérielle pour le diagnostic du décès. La mensuration des artères fait voir qu'au moment de la mort, elles subissent un rétrécissement, suivi vingt-quatre heures après d'une dilatation ; un médecin a proposé de mettre à nu l'artère carotide pour la mesurer deux fois, à quelques heures d'intervalle, moyen périlleux qui ne sera pas appliqué.
e. L' artériotomie a trouvé plus de partisans. L'absence d'hémorrhagie et la vacuité du vaisseau incisé démontrent que la circulation est éteinte. Si l'on voulait recourir à ce moyen, dit Van Hasselt,on devrait n'ouvrir que l'artère temporale. Legallois, Eschenbach ont recommandé cette épreuve. M. Vergne, dans un mémoire adressé à l'Académie de médecine, en avril 1874, a insisté sur l'utilité de 1' 'artériotomie temporale ; l'hémorrhagie, quelque légère qu'elle fut, indiquerait la vie ; la vacuité serait une preuve ultime et in éfragable de la mort du vaisseau. Ce médecin propose de rendre cette épreuve obligatoire pour tous les vérificateurs de décès, avant d'autoriser l'inhumation.
f. La circulation veineuse offre aussi des signes : Les veines des membres ne se gonflent pas après une ligature. Les frictions dirigées dans le sens du cours du sang peuvent encore amener un peu de sang dans les grosses veines, mais piquées une fois, elles se vident et ne se remplissent plus. Dans une forte syncope, l'ouverture •de la veine peut ne pas donner du sang; la saignée d'ailleurs est souvent contreindiquée parla cause même de la mort apparente. Sur le cadavre, comm? sur le vivant, il faut bander avec soin la plaie de la veine ; une hémorrhagie consécutive peut être le résultat de la putréfaction gazeuse et donner lieu à des soupçons et même à des poursuites, comme Fodéré en rapporte un exemple.
g. L'extinction de la circulation capillaire est démontrée par la décoloration de tous les corps et par diverse- épreuves que nous avons indiquées en parlant de la peau. Une des plus importantes est l'application des ventouses scarifiées; elles ne fournissent plus du sang, malgré une application de longue durée ; M. Levasseur, par de nombreuses recherches, a démontré la valeur de ce signe, qu'il propose de généraliser. La ligature des doigts offre un indice.
21. État du sang. Les modifications du sang fournissent des signes qui ne sont pas sans importance. La coagulation s'opère dans les vaisseaux quelques heures après le décès, de quatre à six heures ordinairement. M. Donné a proposé l'épreuve suivante : inciser une des veines du pli du bras, recueillir le sang sur un verre de montre; s'il se coagule, la mort est douteuse ou du moins toute récente ; si au contraire, il ne se coagule pas, c'est que la modification s'est déjà produite, la mort est certaine et date d'un moment assez éloigné. On peut objecter à ce signe que des différences très-grandes existent pour l'époque de coagulation, suivant les sujets et suivant la région dont on examine le sang. Quand les veines du cadavre sont remplies, la coagulation se fait assez promptement dans les couches centrales du liquide, qui sont les plus éloignées de la paroi, tandis que les parties périphériques du contenu des veines mettent quelquefois vingt ou vingt-quatre heures à se coaguler. On peut extraire des vaisseaux d'un cadavre
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déjà en rigidité un liquide sanguin qui, placé dans un vase au contact de l'air, se coagule bientôt, presque comme du sang extrait d'un animal vivant (Duval). 11 est possible encore que pendant la vie le sang ait déjà perdu la propriété de se coaguler, d'une manière assez sensible au moins pour que ce signe ne puisse plus se produire.
Nous attachons plus d'importance à V examen histologique du sang. 11 résulte d'expériences que nous avons faites avec M. Feltz et qui sont exposées à l'article cadavre de ce dictionnaire, que le sang présente successivement les modifications suivantes, indices de la réalité et de la date de la mort : 1° la persistance des globules en pile et de la forme nummulaire, pour les premières heures du décès ; 2° la disparition des piles, la déformation des globules qui deviennent rugueux, ridés, parsemés à leur surface de petits grains blancs fibrineux, après une douzaine d'heures ; l'addition d'une goutte d'eau rend aux globules altérés leur forme sphérique et fournit un indice de la durée par la facilité avec, laquelle ils se restaurent ; 3° la réunion en masses irrégulières de ces globules altérés, mêlés, fondus, avec quelques globules blancs distincts, après quarante-huit heures et plus ; 4° l'apparition des bâtonnets dont quelques-uns sont mobiles, la destruction des dernières traces d'organisation. La présence de ces bâtonnets constitue une des phases de la destruction qui durait en été et en automne du cinquième au douzième jour; 5° la dissolutien du liquide en granulations fines, avec des globules de graisse et des cristaux de formes diverses. A cette époque avancée, la structure du sang n'est plus à reconnaître. 11 nous a paru que ces modifications pouvaient être utilisées comme indices de l'époque de la mort.
22° Abaissement de la température, thanatomélrie. La température s'abaisse pendant l'agonie, elle diminue plus rapidement après la mort; bientôt en plaçant la main sur le front, sur les extrémités, on a la sensation de ce froid glacial, de ce froid de marbre, que n'oublie pas celui qui l'a une fois perçu ; la peau devient plus dure, les organes affaissés diminuent de volume. Ce froid est comme un signe naturel qui ne manque jamais et dont la certitude augmente à mesure qu'on s'éloigne de l'époque du décès, jusqu'au moment où l'équilibre est rétabli avec la température extérieure. Bichat, Nysten, se sont occupés des modifications de la température dans les parties externes du corps, mais pendant longtemps on a attaché peu d'importance à ce signe, par le motif, disait-on, que bien des états morbides amenaient un refroidissement analogue. Depuis que la précision a été introduite dans ce genre de recherches et qu'on ne se contente plus d'une sensation trompeuse, l'abaissement de la température au-dessous d'un certain degré, constaté par le thermomètre dans les parties internes ou du moins au tronc, constitue un des meilleurs signes de la mort.
Le premier point à déterminer, c'est l'ordre dans lequel la température s'abaisse et le temps nécessaire pour rétablir l'équilibre avec l'air extérieur. Les extrémités et la face se refroidissent d'abord ; il y a souvent une différence de 12° à 15° entre les membres et le tronc ; la chaleur se conserve longtemps sous les masses musculaires du rachis; l'épignstre et l'hypochondre droit sont les régions extérieures qui se refroidissent le plus lentement ; la température maximum paraît être dans le foie et dans le sang veineux qui en sort. Le thermomètre baisse plus rapidement à l'aisselle que dans l'anus ; l'équilibre se rétablit peu à peu entre les diverses parties du corps et entre celui-ci et 1^ objets extérieurs. Pour que cette égalité soit complète, il faut, en moyenne, de seize à vingt-
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quatre heures. Dans les expériences de Taylor et Wilk (voy. le tableau, à l'article Cadavre), au bout de deux ou trois heures, la température du cadavre descendait entre 18° et 54° ; au bout de quatre à six beurcs, elle était entre 16° et 50° ; -après six ou huit heures, c'était 18° et 26°; en douze heures, 15° et 2G°, maxima et minima; après quinze ou vingt heures, l'équilibre était établi.
C'est la température ambiante qui influe sur la promptitude du refroidissement; que le corps soit couvert ou non, il y a peu de différence; le grand abaissement, dit Seydler, se produit entre dix et vingt heures ; dans les cinq premières heures, c'est environ 0°,61 par heure, total 5", 05. Le tableau suivant indique la marche de ce rétablissement :