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MOUSSERON

An^arics se montrent dans les bois au premier printemps et sont répandus surtout en Languedoc, dans le centre, en Champagne et en Frauclie-Comté. Dans la même tribu et non loin des précédents, la plupart des mycologues rangent un mousseron particulier au sud-ouest de la France, appelé Palomet, Paloumetto (de Paloumo, palombe) et rapporté à VAg. amethystinus Scop , bien que Tliore et quelques autres auteurs en aient fait une Russule. Paulet a indiqué comme portant le nom de Mousseron d'arraas (en provençal armas ou ermas signifie hçrmes, friches, terrain inculte), un agaric commun en Provence qui n'est antre que VAg. [ArmiLlaria) scruposus Fr., connu des ItaUens sous le nom de Berlingo^zino de Prati. Un Hygropbore édule, VAg. virgineus Jacq., serait, d'après BuUiard, désigné dans quelques contrées sous le nom de Mousseron; son odeur lappelle celle du vrai mousseron, il se récolte surtout en Touraine. Un agaric répandu sous toutes les latitudes et qui vient surtout en automne « ubiqne circinatbn vel seriatim nascens », suivant l'expression de Fries, VAg. oreades Boit., qui appartient à la tribu des Marasmius {voy. Marasme), fournit le mousseron connu sous les noms de Faux-Mousseron, Mousseron-Godaille, Cheville, de Dieppe, d'automne, et eu lanfiuedocien Sécadoun (propre à sécher), il n'est guère employé qu'à l'état sec. Son arôme le fait rechercher, bien que le chapeau soit peu cliarnu et que le stipe doive être rejeté à cause de sa dureté qui le fait quelquefois appeler Mousseronpied-dur.

Tous les Agarics que nous venons de mentionner ont des spores blanches ; on donne encore le nom de Mousseron à quelques espèces d'Agarics Chromospokes (voy. ce mot), à spores rosées [Hyporhodius), tels que VAg. orce//a Boit, et VAg. priinulus Scop. Ces agarics ont une forte odeur de farine fraîche, ils sont fins et délicats; on les désigne, eu Toscane, sous le nom de Prugnolo, en Languedoc sous celui de Moussaïrigo ou Moussalrico; il y a quelques années, on les vendait sur un marché du sud-ouest, à l'état sec, 10 à 12 francs le 1/2 kilogramme {Lespiault).

D'après M. Pérard, dans le département de l'Allier, on étendrait encore la désignation de mousseron à VAg. campestris, si connu partout ailleurs sous le nom de Champignon de couches.

Les Mousserons sont utilisés pour l'alimentation, surtout en Italie et dans la France méridionale et centrale; un seul, le Faux-Mousseron, i(/. oreades, est aussi commun dans les pays du T'Jord ; on en fait même une plus grande consommation en Angleterre qu'en France. Si l'on consulte le petit nombre de nos flores locales où l'on signale l'usage des espèces fongiques, on remar([uera que VA(j. albellus est plus commun dans le Midi, et que VAg. primulus l'est peut-être davantage dans le Nord jusque dans la Meurthe, oîi V albellus €st rare.

Il y a sans doute plus d'un Agaric dont la ressemblance avec les espèces mentionnées ci-dessus pourrait occasionner des méprises fâcheuses pour la santé, mais nous avons à ce sujet des renseignements moins précis que sur les Oronges ou les Lactaires. Paulet a signalé quelques Agarics délétères pris pour des Mousserons : le Faux-Mousseron blanc que Léveillé rapporte à VAg. (Cortmarius) cristallinuii Fr. ; le Sphinx ou Faux-Mousseron pleureux, appelé Ag. cerasinus par Léveillé et que cet auteur incline à regarder comme luie simple forme de VAg. {Lepiola) cristatus; enlin le Mousseron sauvage des bois. Mousseron blanc aussi, qui est VAg. albus de Fries, le leucocephalus deBulliard; on l'apportait, en 1782, sur les marchés de Paris, il causa plusieurs accidents, Paulet le signala

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