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millimètre. Les noyaux du tissu cellulaire et la matière amorphe les composent presque exclusivement, surtout sur les femmes grosses. Cette dernière substance forme toujours à leur surface une couche hyaline relativement assez épaisse. Ou trouve néanmoins des fibres lamineuses, proprement dites à la base ou dans le pédicule de ces papilles et le long de l'anse vasculaire, unique le plus souvent, qui les pénètre (voy. dans le Journal cVanat. et de physiol., année 1864, p. 386, pi. XIU, une bonne indication, par M. Cornil, des faits alors connus sur ce point et sur les glandes du col). Partout où manquent ces papilles, la muqueuse est lisse, et nulle part elles ne sont noyées dans la couche d'épithéUum, contrairement à ce qu'ont avancé quelques auteurs.
La grossesse ne fait que déterminer une augmentation d'épaisseur de la muqueuse du col qui va de la moitié au double, au delà de l'épaisseur ordinaire. Mais sa mollesse devient beaucoup plus grande. L'écartenient des éléments figurés dans la musculeuse comme dans la muqueuse, observé comparativement à ce qu'il est hors de l'état de grossesse, montre cjue l'augmentation de quantité de la substance amorphe est pour beaucoup dans ce ramollissement (voy. sur ces questions Robin et Cadiat, Journal tVanaloinie et de physiologie, 1874, p. 609).
Muqueuses génitales de V homme. Le tissu de la muqueuse de Vutricule prostatique est assez mou. Sa trame ressemble à celle de la muqueuse de l'urèthre; pourtant bien que les fibres élastiques y soient un peu moins nombreuses, plus flexueuses, rarement fasciculées, anastomosées en toutes directions, elles sont encore l'élément prédominant et le réseau qu'elles y forment est très-net, élégant et serré sur beaucoup de sujets. Entre leurs mailles sont les éléments du tissu cellulaire dont les fibres sont presque toutes encore reliées à des cellules iusifornies et étùilées. Outre les noyaux de ces cellules, il y a aussi des noyaux libres du tissu cellulaire ou embryo-plastiques, en grand nombre, qui concourent à dilférencier nettement l'aspect de ce tissu de celui des parties ambiantes. Ces noyaux sont particulièrement abondants au voisinage de la surface épithéliale même.
La substance amorphe du tissu de la muqueuse dépasse ces éléments, et Ibnne la surface même de la membrane, la couche hyaline limitante sur la()ucllii repose la rangée épithéliale la plus profonde. Cet épithélium est prismatique, sans cils vibratiles, analogue h celui de l'urèthre, mais à cellules plus minces. et il forme une couche un peu moins épaisse que dans l'urèthre.
La face interne de la muqueuse de l'utérus mâle est absolument dépourvue de papilles et d'orifices sur les fœtus, les nouveau-nés et les enfants. A compler delà puberté, elle prend un aspect velouté, ou mieux, finement alvéolaire, comme le montrent aussi, et à un degré un peu plus marqué, les muqueuses des canaux éjaculateurs et déférents et surtout des vésicules séminales. Cet aspect du reste est plus ou moins prononcé d'un sujet à l'autre ; la largeur et la profondeur, ainsi que la forme et le nombre des expansions, de ces petits alvéoles varient notablement des uns aux autres dans un même utricule.
Ces dépressions ou cavités sont limitées, non par des adossements de la muqueuse à elle-même comme pour les valvules couuiventes de l'intestin, mais par des élevures de la trame muqueuse même, qui conserve sa texture propre, comme si les alvéoles étaient un trou creusé directement dans son tissu. Leur fond est plus large que leur orifice ; cela est surtout évident lorsqu'ils présentent de deux à six courtes expansions latérales, et particulièrement quand ils renferment des calculs semblables à ceux des culs-de-sac prostatiques. Quand la coupe passe par le milieu de ces alvéoles ou sinus {voy. p. 417) muliilobés, elle leur
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donne l'aspect de courtes glandes en grappe simple, tandis que celle des autres ofire l'apparence d'un follicule.
La largeur de ces dépressions, de leur orifice à la snrface de la muqueuse, est de Qmm 1 environ pour le plus grand nombre, mais s'élève jusqu'à un tiers de millimètre pour plusieurs. Leur profondeur ne dépasse pas les trois quarts ou au plus les quatre cinquièmes de l'épaisseur de la muqueuse, sans jamais atteindre tout à fait sa face adhérente, bien que leur fond en approche beaucoup quand ces dépressions renferment des calculs.
Toutes ces particularités, du reste, se retrouvent sur la coupe des dépressions alvéolaires des canaux éjaculateurs et déférents de la vésicule séminale et même de certaines parties de la trompe de Fallope ; mais avec des différences de grandeur et de forme variant d'un sujet et d'un âge à l'autre.
Non-seulement les alvéoles de la muqueuse de l'utérus mâle sont de giandeur et de formes plus irrégulières que les glandes proprement dites de l'urèlhre, que les follicules de l'intestin ou de l'utérus, mais ou ne peut pas y déceler la présence d'une paroi propre, comme on le peut faire sur les mêmes piéparalions pour les glandes précédentes et pour les acini prostatiques \oisiiis. Toutes ces dispositions leur donnent un aspect général autre que celui qu'ont des glandes quelconques et qui frappe au premier coup d'œil. De plus, l'épithélium qui les tapisse est semblable à celui qui recouvre les portions non déprimées du reste de la muqueuse, contrairement à ce qu'on observe dans le cas des glandes proprement dites.
Enfin, fait important, tandis que, dès l'âge fœtal et à la naissance, ces glandes uréthralcs et prostatiques sont déjà nettement apparentes, quoique n'ayant pas encore tous leurs culs-de-sac, la muqueuse de l'utérus mâle est tout à fait lisse; elle est dépourvue de toute glande folliculaire ou autre, aussi bien que des dépressions décrites plus haut, dont l'apparition n'a lieu que quelques années plus tard; à la condition, bien entendu, que l'utérus mâle ait persisté.
Les sinus ou lacunes urétrhrales de Morgagni, les alvéoles des canaux déférents et éjaculateurs, des vésicules séminales et des trompes utérines ne se montrent aussi que plus ou moins tard après la naissance, avec des variétés d'un sujet à l'autre que ue présentent pas les glandes d'un typedéterminé et d'ongiue embryonnaire.
Tous ces faits prouvent que ces sortes de dépressions et d'excavations de la muqueuse de l'utérus mâle ne sont pas des glandes, mais des dispositions anatomiqucs d3 môme ordre que les sinus de l'urèthre; car ces derniers sont creusés également dans la muqueuse, qui là seulement est dédoublée, en quelque sorte, sur une plus grande étendue, pour un certain nombre de ces organes. Comme tous ces sinus encore, ceux de l'utérus mâle siègent dans l'épaisseur de la muqueuse dans laquelle ils sont creusés à une protondeur très-variable de l'un à l'autre, tandis que les glandes uréthrales et prostatiques, de même que toutes les autres glandes en grappe, siègent sous la muqueuse à laquelle elles sont annexées et nullement dans son épaisseur.
De l'absence de glandes dans l'utérus mâle il ne faudrait pas conclure à l'absence de sécrétion par sa muqueuse. Celle-ci sécrète en tant que muqueuse comme toutes les autres membranes de cet ordre, comme celle de la vessie en particulier.
La muqueuse des canaux éjaculateurs dans l'âge adulte a une épaisseur
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de 0°"",! à 0"'™,2. Son tissu est mou, transparent et bien plus riche en libres lamiueuses qu'en fibres élastiques. Beaucoup de ces fibres lamineuses sont à l'état de cellides fibro-plastiques, et surtout elles sont accompagnées d'un ^rand nombre de noyaux libres. Le tissu de la muqueuse du conduit se contiime directement par sa face profonde avec la couche élastique propre sous-jacente, c'est-ù- •dire qu'il ne glisse pas sur elle et n'en est pas séparé par du tissu laraineux. Elle -est absolument lisse à sa face interne sur les enfants. Sur les adultes, cette face interne montre au contraire un état aréolaire, mais à un degré plus ou moins iprononcé d'un homme à l'autre. Cet état, analogue à celui que présentent •aussi les canaux dé féi'ents elles vésicules séminales, ne se se rencontre sur •quelques-uns que vers l'origine des canaux éjaculateurs, ainsi que le disent les .anatomistes qui l'ont signalé ; le reste delà muqueuse est alors lisse.
Le plus souvent, cet état aréolaire s'étend le long du verumontanum, jus- •qu'à leur abouchement dans l'urèthre. Là seulement les plis auxquels est dû cet état, tout en lestantà pende choses près aussi nombreux qu'ailleurs, sont moins •élevés, moins saillants.
Ces plis ou saillies minces se continuent les uns avec les autres, d'où l'aspect .aréolaire, ou mieux, alvéolaire sus-indiqué. L'orifice delà dépression qn'ds limitent est parfois plus étroit que le fond de celle-ci, comme dans l'utéius mâle; «omme dans celui-ci également ce fond est rendu muUilobé par des saillies secondaires de la muqueuse, limitant des dépressions d'une profondeur moindre, proportionnelle à la hauteur de ces plis. La coupe de ces alvéoles et de leurs dépressions secondaires leur donne comme dans celui-là, l'aspect: général des glandes ■en grappe simple; la coupe des dépressions limitées par des plis simples donne rou contraire l'aspect d'un follicule. Leur profondeur et leur largeur sont du ^uart à la moitié et même aux trois quarts moindres que dans l'utérus mâle. .Mais là comme dans l'utérus mâle il est facile de constater que ce ne sont pas des glandes que l'on a sous les yeux.
La muqueuse des canaux déférents reste semblable à ce qu'elle était dans les jéjaculateurs; elle est épaisse de 0""",1, riche en noyaux libres, tout à fiit privée jde fibres lamineuses et élastiques complètement développées. Là, comme dansles vésicules séminales, elle semble d'abord entièrement composée de matière amorphe -dans laquelle seraient plongés des noyaux libres seulement. Mais un fort grossissement fait reconnaître autour d'un petit nombre d'entre eux de courts et fins prolongements leur donnant un aspect étoile et ayant des caractères qu'offrent les cellules d'origine des fibres élastiques au début de leur développement, tels ./ju'on en trouve quelques-unes dans les cloisons séparant les faisceaux tendineux •et d'autres organes encore.
Dès qu'on passe des canaux éjaculateurs dans les déférents, on voit la dilataition de ceux-ci présenter à sa l'ace interne l'état aréolaire on mieux alvéolaire ■jdécrit et figuré ici depuis longtemps. Au-delà, cette muqueuse est plissée en long par le retrait des canaux, mais n'est plus alvéolée. Eu mesurant de la face interne Ae la couche musculaire à la face libre de la muqueuse, on voit, que chez rbomme l'épaisseur de cette membrane, y compris son épithélium, n'atteint qne rarement 0""",10, sauf au niveau des saillies ou épaississements iamelleux, qui délimitent les alvéoles. Au fond de celle-ci elle ne mesure généralemement que O'^^OS.
Ce sont ces alvéoles qu'avec Weber et beaucoup d'autres anatomistes (Ch. Robin, Programme du cours d'histologie. Paris, 1870, 2'^ édit.), j'ai pris pour des iollicules [voy. aussi Cruveilhier et Sée, Anat. descript. 1865, 4" édit., t. Il,
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p. 574). Sauf un peu plus de largeur et parfois de profondeur et des plis ou dé[)ressions secondaires plus nombreux ou un peu plus profonds, la disposition alvéolaire de la dilatation du canal déférent est la même que celle qui a été indiquée à propos des éjaculateurs. Dans le reste du conduit déférent, la muqueuse non alvéolée, tout à fait lisse, sauf les plis dus au retrait du canal, a une épaisseur de 0'""",05 à 0""",05 seulement. Sa mollesse, sa transparence et les autres particularités de structure indiquées à propos de la muqueuse des éjaculateurs distinguent nettement cette membrane- de la couche musculaire du canal à laquelle elleadlicie. Comme celle des éjaculateurs, du reste, cette muqueuse est tout à fait dépourvue de papilles ou de villosités.
On sait que la muqueuse de cette portion du canal et des vésicules séminales est remarquable par sa coloration brune particulière, due elle-même à des granules spéciaux (entrevu'î déjà par Valentin, 1835, et par Henle), rempliss;uit les cellules épithéliales {voy. Cli. Robin, Observations sur les suppliciés. Journal d'anat. et de physioL, année 1869, p. 69 et surtout p. 464, et Gadiat et Ch. Robin., Sur les muqueusesde l'utérus mâle, des canaux déférents, elc.,ibid. 1875, p. 85). On sait qu'un liquide gris opalin, parfois légèrement brunâtre, remplit sur le vivant et sur les suppliciés les alvéoles précédents ainsi que les vésicules ; on le trouve ordinairement ]ilus ou moins Ojiaque et brun jaunâtre sur le cadavre par suite de la desquammation de ces épilhéliums ; la destruction cadavérique de certaines d'entre elles met en liberté leurs granules.
La muqueuse des vésicules séminales a la même structure propre que celle descanauv détérents ; elle est molle, riche comme elle en noyaux embryoplastiques. Elle est du double environ plus épaisse. Les cellules épithéliales, plus courtes, plus chargées de granules jaunâtres foncés, sont plutôt polyédriques que prismatiques. Elle diffère surtout de la précédente par une plus grande hauteur des saillies lamelleuses limitant les alvéoles. Ceux-ci offrent, par suite, plus de profondeur, sont plus larges, à fond subdivisé un plus grand nombre de fois par des plis on des alvéoles secondaires de leur fond. Aussi, sur les coupes, l'aspect aréolaire, qui résulte pour elles de la section de ces dépressions et de leurs enfoncements secondaires est-il habituellement des plus compliqués. Comme pour les éjaculateurs et les déférents, les sections des plis réels et des saillies lamelleuses ont souvent la figure de filaments villiformes qu'il faut se garder de prendre pour des villosités réelles.
Muqueuse des trompes. Henle a bien fait connaître la disposition des saillies lamelleuses longitudinales, souvent si compliquées, que présente hmuqueuse des trompes et qui deviennent très-grandes sur le pavillon {voy. aussi Gruveilhier et Sée, lac. cit., 1865. t. IV, p. 465).
Ces saillies limitent, en outre, dans la trompe, des alvéoles analogues à ceux du canal déférent, mais plus larges, plus irréguliers, de formes et de dimensions moins constantes, avec des variétés nombreuses d'un sujet à l'autre à ces divers égards. Ces alvéoles ne se voient qu'au fond des sillons que limitent les plis ; là ils s'enfoncent parfois obliquement dans l'épaisseur de la muqueuse, de manière à former des siiius ou lacunes analogues à ceux qu'on trouve dans la muqueuse uréthrale, et dont la coupe faite perpiMidiculairement à leur grand axe se |)résente, comme pour ceux-ci, sous la forme d'orifices si les tranches sont minces. Ces enfoncements sont souvent remplis par du mucus que colorent en jaune purulent des épithéliums prismatiques desquames. La texture propre de cette muqueuse de la trompe ne diffère pas de celle des
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canaux éjaculateurs et déférenls ([>. 242). Partout où elle est lisse, sou épaisseur est ordinairement de U""",l à 0""",2; elle est double et plus là oii le retrait la fait plisser, en dehors de toute présence des saillies feuilletées dont il vient d'être parlé ; saillies qui là encore sont des épaississements lamelleu.v du lissu propre de la muqueuse et non des replis à la manière des valvules conniventcs. La muqueuse forme, au contraire, des plis de ce genre partout oii elle est lisse, mais avec contact de tous les points de sa face interne par suite du retrait de la paroi propre, ainsi qu'on le voit dans son trajet utérin et dans le voisinage. Ces épaississements lamelleux bien plus développés que dans les voies génitales mâles sont aussi bien plus riclies en capillaires et en veinules assez larges.
Tiiche en noyaux libres du tissu cellulaire et en cellules fibro- plastiques éloilées, dépourvue de glandes et de fibres élastiques, cette muqueuse est molle; dans les coupes, elle tranche par sa transparence sur la tunique musculeuse à laquelle elle adhère d'une manière immédiate sans interposition de tissu cellulaire. Rien n'est plus inexact que de dire que cette muqueuse renferme des fibres-ceihdes longitudinales, car son aspect et sa texture tranchent de la manière la plus nette sur celle de la musculeuse, dès qu'on les examine à un grossissement de 100 diamètres ou au delà.
11 n'y a pas de trace dans les trompes de la tunique élastique propre, qui est si nettement observable dans les déférents. La muqueuse et la musculeuse sont en f;iit les seules tuniques de la trompe ; car le tissu cellulaire abondant qui sépare celle-ci du péritoine n'offre pas là les caractères d'une paroi propre.
Dans les autres muqueuses dérivant du feuillet blastodermique externe, les fibres élastiques ne restent pas à l'état de cellules étoilées, comme rlans les membranes citées plus haut. Elles y sont, au contraire, complètement développées pour la plupart et fort abondantes, autant au moins que dans la peau.
Muqueuse vaginale Dès que de la cavité ou conduit du col utérin on arrive sur les lèvres du museau de tanche, l'épithélium, les papilles et la trame muqueuse changent brusquement de caractère ; une étendue d'un à deux millimètres suffit à cette transition. Les saillies et dépressions microscopiques ou autres de l'intérieur du col disparaissent avec passage à l'état lisse et arrondi de la surface des lèvres. L'épithélium jirismatique, mou, facile à dissocier, est remplacé par un épithélium pavimentenx, tenace, épais, dans lequel sont noyées les nombreuses papilles du museau de tanche, ne faisant aucune saillie libre à la surface épithéliale.
Dès qu'on passe de l'orifice aux lèvres de l'utérus, se montrent brusquement de nombreux vaisseaux sous-muqueux qu'on ne voyait pas sous la muqueuse du col. Ici au contraire on les trouve depuis le niveau même de l'orifice du col jusqu'au vestibule. Ils existent entre la muqueuse du museau de tanche et la musculeuse, bien que le tissu cellulaire qui les unit soit là très-dense, tenace, et ne permette pas le glissement des organes les uns sur les antres, comme dans le vagin proprement dit. Ces vaisseaux se continuent en partie seulement ave-, les conduits plus contournés, s[)iroïdes,à parois épaisses, qui passent entre les faisceaux bien reconnaissables des fibres-cellules composant les lèvres du museau de tanche.
En même temps, la texture du chorion des lèvres du col change notablement. Quoique restant riche en noyaux du tissu cellulaire, sa trame le devicn.': pourtant notablement moins que ne l'est celle de la muqueuse du col ; mais le nombre des fibres lamincuses, tant isolées que fasciculées, augmente beaucoup. Ce qui, en
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outre, frappe surtout, c'est l'apparition des fibres élastiques fines, flexueiises, assez souvent anastomosées en réseau, à mailles polygonales. Beaucoup toutefois sont encore reliées par une de leurs extrémités à leur petit centre cellulaire d'origine, pourvu d'un noyau, souvent petit et peu régulier.
Ces particularités donnent à cette trame élastique, ici et dans tout le vagin, un aspect particulier qu'on retrouve à l'état rudimentaire en quelque sorte dans la muqueuse vésicale, mais non dans celle de l'urèthre, ni dans la peau. Dès la sortie de la cavité du col aussi, la surface du chorion se montre couverte de papilles c\liudriques ou coniques, grêles, rarement à sommet bifurqué ou trifurqué; presque toutes sont longues de0'"'",2, rapprochées les unes des autres, entièrement noyées dans l'épithélium, de telle sorte que celui-ci ne forme qu'une couche peu épaisse au niveau de leur sommet, ou indique leur siège par une légère saillie à ce niveau.
Ces diverses particularités se retrouvent dans tout le reste de l'étendue de la muqueuse vaginale. Les fibres élastiques y deviennent seulement plus nombreuses, mais en conservant toujours les mêmes caractères de finesse, d état flexueux, etc. Le tissu cellulaire sous-jacent devient plus mou, et d'une richesse remarquable en vaisseaux, en veinules particulièrement. Plus profondément se voient nettement les couches musculaires lisses, à faisceaux minces, nettement délimités, séparés par une certaine proportion, variable d'un sujet à l'autre, de tissu lamineux assez riche en fibres élastiques complètement développées, fines et onduleuses.
Le chorion considéré seul est épais de 1 millimètre et même 1 millimètre et demi, sur les femmes mortes en couche particulièrement. Il est remarquable par le nombre des capillaires qui le traversent perpendiculairement à ses faces pour arriver aux papilles ; capillaires bien plus fins que ceux plus nombreux encore et flexueux qui parcourent le tissu cell daire sous-jacent. Les papilles miuces, grêles, longues, cylindriques, riches en noyaux du tissu cellulaire, parcourues par une anse vasculaire unique sont néanmoins plongées dans l'épiderme; celui-ci passe en formant une surface plane au-dessus de leur sommet, ou indique la place de ce sommet par une petite élevure ; l'ensemble de ces élevures donne à la surface muqueuse un aspect finement grenu, au moins à la loupe.
D'autre part, sur le haut des colonnes vaginales, l'état relativement rugueux de leur surface muqueuse est dû tant à l'écartement des papilles par places, qu'au grand volume et à l'état bi ou trilobé de celles-ci. La longueur de beaucoup d'entre elles est en effet de 0'"'",5.
Toutes ces dispositions restent, à peu de chose près, les mêmes jusqu'au bord libre de l'hymen ou des caroncules hyménales; mais à partir delà, ou au moins du bas de leur face vestibulâire, elles deviennent plus courtes, coniques, à base phis large, comme les papilles cutanées.
Généralement l'épithélium devient tenace, sa couche cornée plus é})aisse, moins facile à dissocier comme sur l'épiderme cutané, dès que la muqueuse vaginale arrive à 5 ou 4 midimètres de la base de l'hymen ou de ses restes. Sur beaucoup de sujets il s'amincit plus ou moins et devient assez facile à dissocier au devant de l'hymen ou des caroncules dans toute la fosse naviculaii^e et tout le pourtour vestibulâire, sur une étendue de 2 à 4 millimètres aussi, au moins dans les points où se forment des plis permanents.
Une particularité très-frappante est celle qui s'observe sur le derme en examinant le vagin vers la peau. De 5 à 4 millimètres environ avant d'arriver à l'hymen
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ou aux caroncules, les coupes minces montrent que les noyaux du tissu cellulaire diminuent de nombre, tandis que les faisceaux de fibres du tissu cellulaire et les libres élastiques moins llexueuses, plus épaisses, réticulées, devenant abondantes, donnent à la trame tégumentaire une opacité trcs-m;irquée, une plus friande épaisseur et les caractères ordinaires du derme. Le nombre des vaisseau-, dus veines surtout est toutefois plus considérable ici que dans le reste de Ju peau. L'bymen et les caroncules se présentent sous forme d'un épaississement de ce tissu dermique dont ils ont très-nettement la texture.
La muqueuse vaginale tout entière, au delà des portions des lèvres indiquées plus baut, est absolument dépourvue de glandes (voy. Littré et Robin, Dict. de médecine, édit. de 1855 et suivantes, article Vagik, et Sappey, Anatomie descriptive, i"^^ et 2'^ édit., Gadiat et Ch. Robin, Journal danat. et de physiologie, 1874, p. 617).
Henle admet comme existant exceptionnellement, et MM. Cruveilhier fils et Sée figurent des follicules clos analogues à ceux de l'intestin dans la partie supérieure d\i vagin et sur le col de l'utérus. 11 nous a été impossible, malgré des recherches multipliées, de trouver traces de glandes de ce genre, dont Huguier avait le premier, croyons-nous, supposé l'existence dans les termes suivants :
« La muqueuse vaginale présente, disait-il, deux ordres de follicules, les uns ■superficiel-, placés dans l'épaisseur du derme ou immédiatement au-dessous de lui, s'ouvrant à la surface libre par im simple orifice ou un petit conduit; ils occupent plus particulièrement la partie inférieure du vagin. Les autres, plus profonds, sont logés dans l'épaisseur de la tunique cellulo-vasculaire du vjgin; on les rencontre surtout dans les deux lèvres supéiieures de celui-ci; ce sont de véritables follicules c\os,'7ia7jant pas plus de conduit excréteur que ceux du col de l'utérus et de la voûte palatine, dont ils se rapprochent, taudis que les premières seraient les analogues des follicules sébacés des grandes et des petites lèvres légèrement modifiés en raison de leur siège (Huguier, Mém. sur les kystes de la matrice et du vagin ; Mém. de la Soc. de chirurgie, Paris, 1847, t. l,in-4", p. 526, et Mém. de l'Ac. de médecine, 1850, t. XV, p. 528).
Cette description est certainement fondée sur de simples déductions tirées de l'observation de kystes des parois du vagin et dans le but de s'expliquer l'apparition de ces derniers dans cet organe.
Les particularités anatomiques précédentes permettent de se rendre compte de l'état de sécheresse, avec insensibilité relative, etc., dit état de cutisation, que prennent les nuiqueuses vaginale, et des lèvres du col lorsqu'elles se trouvent graduellement et longtemps exposées à l'air, à la suite des prolapsus utérins.
L'hymen ou les caroncules, ainsi qu'une zone delà peau du vestibule (souvent dite muqueuse vestibulaire) , dans tout le pourtour de l'orifice vaginal, sur une largeur de 10 à 15 millimètres, sont absolument dépourvus de follicules pileux, de glandes sébacées et sudoripares, aussi bien que de glandes mu<;ipares, quoiqu'on ait affirmé l'existence dans cette région de ces diverses sortes de glandes. Le même fait s'observe quand de la ligne dentelée de l'anus on descend vers la peau du périnée et des fesses {voij. p. 456).
Cette zone sans traces de glandes et cette zone péri-anale, dont il sera question plus loin, doivent être rangées parmi les parties de la peau qui sont absolument dépourvues de tout organe annexe, tant sous-cutané qu'intra-dermiqiie, aussi bien que la muqueuse du prépuce et du gland. Nous nous sommes assurés
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aussi après MM. Martin et Léger, etc., de l'absence de glandes dans la parlie snpérieure du vestibule, les sinus qui entourent le méat uriiiairede la femme n'étant aucunement des glandes.
La zone vestibulaire de peau ou muqueuse sans glandes ne se distingue de la peau avec laquelle elle se continue sur les petites lèvres que par l'apparition vers celles-ci des glandes sébacées, puis au périnée, au delà de la fourchette, par celle de quelques glandes sébacées accompagnées pour la plupart de follicules du duvet.
Tous ces faits ont une certaine importance physiologique en ce qu'ils montrent que chez les hommes les odeurs anales et vulvaires ne sont pas dues à des produits sécrétés par des glandes spéciales comme dans certains genres de carnassiers et de rongeurs, mais uniquement au produit des glandes .'^ébacées ordinaires se décomposant dans certaines conditions particulières d'humidité et de température (voy. sur ces questions : De la Structure intime de la muqueuse et des glandes nréthrales de V homme et de la femme, par MM. Cadiat et Ch. Hoh'm, Journal de ranat. et de la physiologie, 1874, p. 567).
Muqueuse uréthrale. Elle est manifestement, parmi toutes, celle dont la trame oftre le plus de fibres élastiques, et cela d'une manière Uniterme dans toute son épaisseur et toute sa longueur, depuis le voisinage du méat jusqu'au niveau du sphincter vésical. Les fibres lamineuses ne représentent guère plus d'un ou deux, dixièmes de la masse des fibres qui composent cette trame ; celles qui sont à l'élat de cellules fibro-plastiques, ainsi que les noyaux libres du tissu cellulaiie, y sont peu abondants, surtout comparativement à ce que l'on voit dans la muqueuse vésicale.
De là vient que cette muqueuse, uniformément épaisse d'un demi-millimètre dans loutc sa longueur, offre sur sa coupe, et vue par sa face libre, une couleur d'un blanc jaunâlre analogue à celle de la face interne des artères, pourvu que ses capdlaires propres soient vides. Lorsqu'au contraire ceux-ci sont remplis, elle est rouge ou d'un rouge violacé plus ou moins intense, uniforme ou seulement dans les régions prostatique et naviculaire. Pourtant les plus superficielles de ces mailles capillaires sanguines ne sont pas sous-épiihéliales. Elles sont toujours séparées de l'épilhélium par la couche amorphe hyaline dile intermédiaire. Ces mailles son polygonales à angles arrondis ; les plus superficielles laissent apercevoir des artérioles et des veinules afférentes rampant ta la face profonde de la muciueuse. Sur les pièces injectées, elle piend la couleur de matière à injection, et, à l'oeil nu, semble être entièrement composée de vaisseaux.
Malgré quelques variétés individuelles à cet égard, la richesse en fibres élastiques très-minces est telle du reste dans la portion membraneuse que souvent elle a franchement le ton jaunâtre mat particulier, propre au tissu élastique; cette, teinte s'étend à 3 à 4 millimètres sur la portion membraneuse et un peu moins sur la portion jiroslaiique.
Entre les mailles des fibres élastiques passent les fibres lamineuses, disposées en minces écheveaux ou nappes plutôt que fasciculées, comme elles le sont au contraire dans les tissus sous-jacents. Cette partie constituante de la trame da chorion muqueux est pauvre en noyaux du tissu cellulaire relativement aux autres muqueuses génito-urinaires. Comme l'a spécifié M. Sappey, les fibres élastiques y sont toutes très-fines, d'un diamètre de 0™'",002 à 0""",00o, peu llexueuses, souvent anastomosées ensemble; en deliors de ces anastomoses leur direction générale est parallèle au grand axe de l'urèthre. La muqueuse, ainsi constituée adhère dans toute sa longueur aux organes qu'elle tapisse, se plisse avec eux.
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quand ils reviennent sur eux-mêmes dans l'intervalle des mictions et éjaculations ; elle ne glisse pas sur ces derniers quand on la tire ou la pousse dans tel ou tel sens. On voit là qu'elles sont les causes à la fois de la dilatabilité du canal et de sa tendance |!ermaneiite au reirait à la manière des artères.
Les fibres ébistiques de la trame se continuent avec celle du tissu spongieux et de la couche musculaire des portions membraneuse et prostatique; mais il est facile devoir 1° que ces organes sont immédiatement sous-muqueux et qu'ici il n'y a pas, à proprement parler, de couche de tissu cellulaire sous-rauqneuv comme dans la vessie, l'oesophage, etc.; 2" que les fibres élastiques prenant part à la constitution de ces organes, bien que nombreuses encore, surtout dans les régions prostatiques supérieure et membraneuse, le sont bien moins pourtant qued;nis la muqueuse et forment des mailles plus larges, limitées par des fibres de volume moins uniforme. Au niveau de la prostate surtout, cette unification de la muqueuse et de la glande est remarquable, bien que la direction, principalement longitudinale, des fibres de la muqueuse fasse distinguer aisément celle-ci de la trame musculaire prostatique, distinction rendue plus nette encore par les culsde-sac glandulaires dont le fond s'avance uniformément jusqu'au contact de la muqueuse, c'est-à-dire à une distance deO'^^"\04 à0""",05dela superficie même. 11 en est ainsi sur tout le pourtour de la muqueuse de la région prostatique 011 la glande circonscrivant tout l'urèthi-e, celui-ci forme mi canal qui traverse de part en part cet organe.
Rien de plus net dans la muqueuse urétlirale que sa couche byaline limitante. Transparente, à peine grenue, sans noyaux, elle est épaisse de près de 0'"'",01. Sur elle reposent les noyaux ou les petites cellules épitliéliales de la première rangée. Cette substance hyaline amorphe se continue entre les éléments de cette trame en diminuant de quantité à mesure qu'on l'examirie plus ])rofondément. Ces faits sont surtout évidents sur la coupe des portions uréthrales oîi les papilles sont soit tout à fait absentes, soit écartées les unes des autres.
Quant aux faisceaux de fibres-cellules qui prennent part à la constitution de l'urèthre, ils sont plus on moins immédiatement sous-muqueux, mais nulle de ces fibres n'entre dans la constitution de la muqueuse même. Le nombre et le volume de leurs faisceaux rendent bien compte du rôle que joue leur constriction plus ou moins permanente dans la production des rétrécissements de l'urètbre dits spasmodiques ou temporaires.
En fait, la muqueuse uréthrale de l'Iiomme est une muqueuse à trame principalement formée de fibres élastiques, plus encore que la muqueuse trachéale. Non-seulement cette particularité rend compte de la couleur propre à cette membrane quand elle est exsangue, mais encore de son élasticité si remarquable, qui permet de la dilater et de l'étendre considérablement (surtout quand on l'a isolée par dissection) avec retrait immédiat dès que cesse l'effort distensif. Elle rend compte surtout de ce fait que, comme pour les ligaments élastiques et les artères, une fois détruite par ulcération, elle ne se régénère que lentement et ne se régénère que ti ès-mal ; c'est-à-dire que les fibres élastiques ne se reproduisent que lentement et imparfaitement, et ce n'est que du tissu lamineux cicatriciel dit inodulaire qui se produit, lequel forme épaississement, avec tendance à un retrait incessant, comme dans le cas des cicatrices du derme et autres tissus à trame élastique abondante. La cause de l'incurabililé du rétrécissemenl, esl en outre, et surtout, dans ce que celte cicatrice des ulcérations se produit iui'vitabiement pendant le retrait et l'oblitération complète du canal, ce qui Hiit quelle
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tend toujours à n'avoir que les dimensions correspondant à cet état et non celles <}ui sont en rapport avec son état de dilatation, c'est-à-dire celles qu'elle a aux périodes interiuiLtentes de courte durée, et de son fonctionnement émissif {voy. sur ce point Ch. Robin, art. Rétbaction et Urèthrosthénie dans Liltré et Robin, Dictionnaire de médecine dit de Nysten, 1868, et éditions suivantes; et art. LaîU-NEUX, Dict. encyclopédique des se. médic, 1869, p. 249).
Sur les coupes comprenant un peu de la surface du gland, les lèvres plus ou iinoins amincies du méat, et la muqueuse uréthrale sur une longueur de 2 à 5 centimètres, on constate nettement les faits suivants: Le chorion mince, à vaisseaux volumineux envoyant de gros capillaires dans les papilles et à trame élastique réticulée d'après le même type que dans le derme, ce chorion et ses papilles se suivent dans le canal au delà du bord même des lèvres sur une étendue qui, d'un sujet à l'autre, est de 5 à 8 millimètres. Dans toute cette étendue i'épilliélium est pavimenteux à couche cornée très-nette ; passant par-dessus le sommet des papilles, celle-ci rend la muqueuse très-lisse. Tenace et difficile à dissocier jusque-là, cet épithélium cliange de caractères assez brusquement et à 1 ou 2 dixièmes de millimètres plus loin ses cellules superficielles ont les caractères de l 'épithélium prismatique ; là il devient mou, glissant, et ses éléments se dissocient aisément dans toute son épaisseur. En même temps aussi le chorion s'amincit un peu, sa trame élastique perd l'état réticulé à mailles de largeur égale presque en tout sens pour prendre les caractères indiqués plus haut.
Les papilles deviennent un peu plus grêles, ainsi que leur capillaire, à sommet saillant ou non à la superficie de la couche épithéliale et plus rares; elles disparaissent même tout à fait sur une certaine étendue chez quelques sujets, au moins à la face inférieure du conduit. C'est de 10 à 15 millimètres au delà du remplacement de l'épithélium pavimenteux par le prismatique qu'on voit les «orifices du premier des sinus ou lacunes de l'urèthre.
Dans le reste de l'étendue de cette muqueuse, l'épithélium qui la tapisse offre inie épaisseur de 0'"'",08 à 0""",10 sur l'adulte et de O-^^SOS à O'"'",0o seulement dans les derniers mois de la vie inira-utérine. Sa couche profonde est nucléaire ou individualisée en très-petites cellules polyédriques, sur une ou plusieurs rangées selon l'épaisseur de l'épithélium ; mais la couche superficielle est bien formée ■dans toute son étendue, comme le disent KoUiker, Sappey et autres, de cellules prismatiques. Reaucoup sont pyramidales, à base parfois large, ou bipyramidales iiisiformes. 11 en est aussi qui sont polyédriques, un peu anguleuses, aussi épaisses que larges ou à peu près, surtout près du méat et du sphincter vésical ; elles tendent alors à prendre une forme pavimcnteuse. Toutes sont dépourvues de plateau.
La rangée épithéliale superficielle est prismatique dès l'âge fœtal aussitôt que l'urèthre est fermé en dessous, en canal.
Dès qu'on arrive au niveau du sphincter vésical, la muqueuse change de caractère. La couche hyaline superficielle sans noyaux reste telle qu'elle était, bien qu'un peu plus mince. Mais sur le trigone vésical môme, la muqueuse cesse d'avoir une trame proprement dite de fibres élastiques, elle est formée de tissu lamineux riche en noyaux du tissu cellulaire, pauvre en fibres élastiques flexueuses ; mais elle en renferme beaucoup à l'état de cellules éloilées, à prolongements fiiiiillaires courts, c'est-à-dire restées à un état de développement incomplet. La couche du tissu cellulaire sous-muqueux au contraire, au niveau du trigone surtout, est très-riche en fibres élastiques fines, et se continue en cou-
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servant ce caractère dans la couche musculeuse, entre ses faisceaux. La muqueuse même du trigone adhère assez fortement à cette couche, glisse diflicilement sur elle, et c'est à celle-ci plutôt qu'à la première que cette région de la vessie doit sa fermeté el sa couleur d'un blanc jaunâtre, mat, quand elle n'est pas congestionnée.
Les noyaux libres du lissu cellulaire [cyloblastions, corpuscules hjmphoïdes, etc.), sont rares dans cette portion de la muqueuse; mais ils sont nombreux bien que plus ou moins d'un sujet à l'autre, dans le reste de la muqueuse vésicale. Us le sont surtout près de lu couche hyaline superficielle, dans laquelle pourtant ils n'empiètent pas. U est des points dans lesquels ces noyaux sont assez nombreux pour être presque contigus. On sait que Burckhardt les a le premier décrits {Das Epithel der ahleitenden Harnwege, in Arehiv fur pathol. Anat, Berhn, 1859, in-8°, t. XVII, p. 94), dans ia trame des muqueuses urinaires et les a considérés comme jouant \m rôle dans les phénomènes inflammatoires d'une part et comme matrice de Vépilhélium, qui remplacerait celui ([ui se desquame à la surface de ces muqueuses.
De plus, à compter du niveau du sphincter vésical, la partie superficielle de l'épilhélium est formée de deux ou trois rangées de cellules épithéliales nettement pavimenteuses. Dans toute l'étendue du trigone, cet épithélium recouvre des papilles moitié plus courtes que celles de l'urèthre, écartées les unes des autres de 0""",0i au moins, et davantage eucoie chez la femme. C'est la seule portion de la vessie dans laquelle on eu trouve. Au-dessous de cette couche épi- Ihéliale pavimenteuse se trouvent 2 à 4 rangées de cellules épithéliales de plus en plus petites dont beaucoup sont, soit réellement prismatiques, soit bipyramidales fusiformes, soit polyédriques proprement dites, à noyau souvent lelativement volumineux [épithélium mixte). Dans certains cas de calculs vésicaux,. cet épithélium peut passer à l'état de véritable épiderme tout à fait sembluLle à celui (le la main ; c'est-à-dire avec couche dite cornée, composée de larges cellules minces, lametleiises, polygonales à 5 ou 6 pans, très-adhérentes entre elles sans noyau ; puis au-dessous il y a des cellules semblables pourvues d'un noyau et enlhi ])lus profondément des cellules nucléées polyédriques de plus eu plus petites et pliis grenues conduisant jusqu'au choriou vasculaire. Cette couche, pouvant avou- jusqu'à un millimètre d'épaisseur, offre alors lu coloration d'un blanc opalin un peu nacré, la flexibilité avec déchirure lamelleuse assez facile que montrent les couches é[)idermiques cutanées et linguales macérées. J'ai observé i"écemment un cas de ce genre avec M. Reliqiiet sur un calculeux de sa clientèle.
MJL Sappey et .larjavay ont bien montré que les papilles de la muqueuse uréthrale sont rares dans les deux dernières portions de l'urèthre et même parfois déjà dans la portion bulbeuse. Cependant il y a des sujets qui, dès l'âge de cinquante à cinquante-cinq ans et au delà en possèdent là un assez grand nombre. Elles deviennent nombreuses à partir surtout de la fosse naviculaire à mesure qu'on appioc!)!^ tlu méat. Elles sont comme disposées en séries longitudinales dans lesquelles plusieurs sont rapprochées les unes des autres et un certain espace en est dépourvu de chaque coté. Toutes sont simples. Les plus longues, à sommet parlois aigu et effilé le long de la crête des saillies longitudinales dont la production est amenée par le plissement habituel de l'urèthre levenu sur luimême qu'elles s-niblent prolonger. Elles, sont longues de 0'"™,10 à I)-"'",16. Elles sont molles et flottantes, se couchent à la surface de la muqueuse. Les plus courtes descendent à une longueur de 0""",04 ; celles-ci sont à peu près
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tout à fait enterrées dans la couche épithéliale, parfois au nombre de deux, trois ou davantage. Assez larges à leur base, elles deviennent rapidement grêles pour se terminer en pointe mousse ou effilée. Pourtant il en est quelques-unes qui sont tout à fait cylindriques, grêles, à extrémité arrondie ou même plus ou moins j-enlïée en massue.
Ces particularités se retrouvent dans l'urèthre de la femme, où les papilles sont seulement plus longues et un peu plus grêles, surtout dans le voisinage du méat. Elles deviennent rares à mesure qu'on approche du sphincter. Les plus longues peuvent atteindre, mais ne dépassent pas 0™'",0o; même dans ce cas-là elles restent toujours simples, non ramifiées à l'état normal. Elles sont essentiellement formées par la substance de la couche superficielle hyaline, avec quelques noyaux embryoplastiques, qui n'arrivent jamais à toucher la superficie même de la substance homogène ou fondamentale delà pa[)ille, c'est-à-dire la surface sur laquelle repose la couche épithéliale prolonde, nucléaire ou de régénération.
Les noyaux embryoplastiques sont environ deux fois plus nombreux dans les papilles de l'urèthre de la femme que dans celles de l'homme. Sur les plus grosses papilles, mais non sur les petites, quelques nappes de libres lamineuses avec ou sans libres élastiques très-fines s'avancent plus ou moins loin dans la base et dans le centre de ces petits organes.
Dans cliaque papille pénètre une seule anse du réseau superficiel des capillaires; placée au centre de celle-là, elle approche plus ou moins de son somme sans jamais l'atteindre, sans même jamais empiéter dans la couche hyaline superficielle, sans jamais par conséquent arriver jusqu'au contact de la rangée la plus profonde du noyau ou de très-petites cellules de Tépithélium.
Nous n'avons jamais rencontré de papilles ui'éthrales atteignant une longueur d'un millimètre et perdues dans l'épithéhum, même chez la femme, contrairement à ce qu'avancent quelques auteurs (Cruveilhier fils et Sée, Anat. descript., t. II, p. 344, 1865) ; les plus petites seules, longues de 0'"'",n4 à 0"'"',06, sont dans ce cas, comme dans l'urèthre de l'homme, où cette disposition est commune. Les papilles manquent sur le verumontanum, sont souvent petites et trèsécartées dans les régions membraneuse et prostatique; mais elles y sont toutefois rarement tout à fait absentes.
Leur nombre est plus grand sur les sujets de cinquante ans et au-delà qu'antérieurement. Alors parmi elles il en est souvent qui sont plus longues du quart à la moitié qu'auparavant, non-seulement là, mais sur toute la longueur du conduit. La mu([ueuse est lisse, sans papilles pendant toute la vie intra-utérine, excepté au voi.'?inage de la fosse naviculaire.
Tout en conservant la structure indiquée plus haut, les papilles sont remarquables par leurs variétés de formes, conique, effilée, cylindrique, en massue ou même presque globuleuse avec un pédicule court et mince.
D'autres variétés d'aspect, dans les régions membraneuse et spongieuse seulement, sont dues aux plis, ou saillies longitudinales permanentes de la muqueuse, d'une hauteur de 0'"™,02 à 0""",04, épais ou non à leur base, parfois très-minces; ils sont surmontés de papilles rares ou nombreuses de formes diverses, rapprochées ou écartées, flottantes ou parfois réduites à un simple mamelon, haut de 0"'"',04 à 0'"'",08, sur une épaisseur égale ou au contraire plus considérable. Des papilles de cette forme se trouvent aussi çà et là sur les parties lisses de la muqueuse.
Sur les vieillards il est do ces plis qui sont parcourus dans toute ou une partie
DICT. ENC. 2° s. X. 28
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de leur longueur par plusieurs veinules relati\ement volumineuses, variqueuses ou non; elles réduisent parfois à de très-minces cloisons la Irame de la muijueuse, soit celle qui est interposée aux vaisseaux, soit celle qui, à la surface, porte les papilles. 11 est de ces plis dans lesquels s'enfoncent des lacunes ou qui contiennent des glaudujes. Dans l'un et l'antre cas, de ces dispositions il résulte pour leur coupe transversale des dispositions aréolaires très-démoustralivcs et d'aspects variés, suivant que les conduits glandulaires sont affaissés ou dilatés, et alors cylindriques.
Sur les femmes quand les vaisseaux de l'urètlire ne sont ni injectés ni congestionnés, la surface de cette muqueuse est éloignée en moyoïnic d'un millimètre à 1™"',3 de la couche de fibres-cellules longitudinales. La muqueuse proprement dite forme au plus la moitié de cette épaisseur. Le reste est constitué par -C tissu lamineux à veinules nombreuses, larges, à parois minces. et très-congestibles de cette région. D'un sujet à l'autre ces veines empiètent plus on moins, si l'on peut dire ainsi, dans la face profontlc de la muqueuse proprement dite, et rendent par suite cette membrane plus mince et d'une épaisseur plus difiicile à préciser.
D'une femme à l'autre aussi, ce tissu cellulaire sous-muqneux riche eu veines est plus ou moins gli&sant, d'une texture plus ou moins serrée, plus ou moins distincte de celle de la muqueuse proprement dite.
Lépaisseur totale de la muqueuse est plus grande, au niveau des enfoncements en cul-de-sac, appelés sinus ou lacunes que présente la muqueuse, surtout près du méat et en nombre différent d'un sujet à l'autre. Toujours, comme chez l'homme, ils sont creusés dans la muqueuse même qu'ils dédoublent en quelque sorte et non dans le tissu sous-Jacent.
La muqueuse uréthrale de la femme est moins riche en fibres élastiques que celle de l'homme, quoiqu'elle le soit encore beaucoup. Ces fibres sont plus line^ que celles de la muqueuse du vestibule et du vagin. Enfin ce léseau s'étend san.^ discontinuité dans le tissu cellulaire sous-muqueux rempli de veinules et dans celui de la couche musculaire, sans être beaucoup moins riche, c'est-à-diic à mailles beaucoup moins serrées; seulement ici les mailles sont de largeur et tit configuration îi peu près semblables dans le sens longitudinal et dans le sens. transversal du conduit.
Les papilles, plus longues que sur la muqueuse uréthrale de l'homme, sont semblables quant à la structure. Partout elles sont rares, c'est-à-dire isolée-, écartées d'un et parfois de 4 à 5 millimètres les unes des autres. Elles manquent sur toute la muqueuse vésicale à partir des bords du trigone.
Comme le dit M. Sappey, il y a absence absolue de glandes, tant follieuleuses qu'en grappes simples dans le trigone à partir du niveau du spliiucteir, contrairement à ce qu'avaient avancé lluschke, Kôlliker, Yirchow et autres.
L'épitliélium uréthral chez la femme a, comme sur 1 homme, sa couche superficielle composée de cellules prismatiques, fait déjà induiué par Vcrueud pour certains cas pathologiques (Verneuil, Sur quelques polypes papUlaires de Vurèthre de la femme. Comptes rendus et mémoires de la Société tie biologie^ Paris, 1855, p. 1 '23); il n'est pas pavimenteux comme l'indiquent queLpi es aulcni s (Kôlliker, etc.). La distinction entre cet épitliéliumetrépilhcliimi pavimentenv il' la vulve est des plus nettes à compter de 1 à 5 millimètres environ au delà des lèvres du méat, en observant du dehors vers l'intéiieur du canal. 11 se desquame très-facilement et d'assez bonne heure sur le cadavre.
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Les orifices que l'on peut apercevoir à l'œil nu ou aiilé de la loupe à la surface tic la muqueuse uréthrale sont de trois sortes.
Ce sont :
l"Les orifices des Sinus ou lacunes de Morgagni et AGHaller,i[\i\ se distinguent des glandes tant par leur largeur que par leur profondeur, et {iarce que leur épithélium est le même que celui de la surface générale de la muqueuse; il en est parfois, bien que rarement, qui, sur l'homme seulement, reçoivent des glandes soit à leur fond, soit sur leurs côtés. Le nom de sinus convient mieux à ces conduits ([lie celui de lacune, ainsi que nous le verrons ci-après;
2*> Les orifices des follicules, soit simples, soit bilobés, soit trilobés vers leur fond, qui se rencontrent dans l'urètlire des deux sexes, mais surtout sur riionime ;
5" Les orifices des glandes en grappe simple ou proprement dites, la plupart à culs-de-sac irréguliers et couchées obliquement, plus rarement à culs-de-sac réguliers dirigés perpendiculairement à la surlace de la muqueuse. Ces dernières ne se rencontrent guère que dans l'urètlire de l'homme, tandis que les premières se rencontrent aussi bien cliez la femme que sur l'homme, mais non toujours couchées obliquement chez celle-là.
La quantité des uns et des autres de ces organes microscopiques varie beaucoup sur tel ou tel sujet dans les deux sexes, ainsi que l'ont toujours indiqué les iiiiatomistes ; très-nombreux sur quelijues-uns, ils sont rares sur d'autres, sans pourtant manquer jamais. Nous n'avons à parler ici que des sinus, les seuls des organes énuniérésici qui appartiennent eu propre à des muqueuses.
A partir du méat, c'est de 18 à 27 centimètres en arrière de lui qu'on commence avoir les orifices de ces organes chez l'homme, ainsi que l'ont noté divers auatomistes. Jusque-là, la muqueuse ne présente que des papilles souvent courtes, rares et même nulles sur quelques sujets, jusqu'auprès des premiers orifices qu'on rencontre, et qui sont toujours ceux d'un ou de plusieurs sinus; on ne trouve ensuite des glandes que ({uelques millimètres plus loin. Le premier de ces orifices est souvent celui du grand sinus de la partie supérieure de la fosse aaviculaire, dont la paroi superficielle forme valvule (A. Guérin) ptir son bord libre.
Les sinus sont de simples dépressions, des continuations de la muqueuse en creux ou conduits terminés en cul-de-sac, à une profondeur de 0"'"',2 à 10 ou 15 millimètres (et même plus de 27 millimètres d'après Gruveilhier), avec une largeur variant de 0'"'",1 ou 0'""\2 à 2 ou o millimètres pour les plus profondes, près de la fosse uaviculaire surtout. La plupart s'enfoncent obliquement, puis horizontalement dans l'épaisseur du chorion muqueux au dessous des papilles et des follicules; d'autres sont dirigées d'abord perpendiculairement à la superficie de la muqueuse, pour ensuite devenir obliques. La forme du conduit varie naturellement selon l'état de distension ou d'aifaisement de sa paroi.
Gelle-ci est représentée par le tissu même du chorion dans lequel les lacunes sont creusées directement, sans distinction d'une tunique propre ; mais la couche superficielle hyaline se trouve sur toute leur surface comme sur celle de la muqueuse générale. L'épithélium est tout à fait semblable aussi, sauf un peu plus de minceur dans quelques-unes, mais non dans toutes.
Il n'y a pas de sinus (jui soient formés par un enfoncement de la muqueuse entre les aréoles du tissu spongieux de l'urèthre.
A la surface de certaines des plus grandes lacunes, mais près de leur orifice
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seulement, il y a quelques papilles, généralement courte s, noyées dans l'épithélium ou libres. Le reste de la surface muqueuse du sinus est lisse, sans papilles. C'est le bord de la paroi superficielle de ces sinus qui forme valvule dans l'iirètlire •quand ils sont larges et bien visibles.
Dans l'urètbre de l'iiomme ces lacunes se rencontreiit surtout vers la partie jspongieuse du canal. Sur quelques sujets, mais non chez tous, dans la portion membraneuse elles existent presque seules à l'exclusion des glandes et celles-ci en moindre nombre, ne sont plus alors que des follicules à cul-de-sac lobé ou non. Sur d'autres ils sont rares et ce sont des follicules et des glandes en grappe simple, régulières ou non, qui prédominent. On ne peut rien dire à cet égard qui soit commun à tous les individus, lellement ^ont nombreuses les variétés individuelles. Dans la région prostatique, les sinus sont d'un sujet à l'autre, soit rares, soit nombreux, même à la face supérieure du canal, et profonds de (J"'",2 à 0™'^, 3 seulement avec une largeur égale ou moindre. A la l'ace inférieure ils manquent sur hvertimontaniim, mais se retrouvent çà et cà sur ks côtés de prolongement ou freins et dans la muqueuso de la face opposée de cette région du canal. Ils disparaissent tout à fait au niveau du sphincter.
Que la muqueuse de l'urètbre de la femme offre ou non des colonnes ou plis superficiels réticulés, peu ou très-prononcés, des papilles rares (ce (\u\ est assez ordinaire) ou nombreuses, on y trouve des sinus constitués sur le même type que ceux de l'urètbre masculin, quanta la structure de leurs parois, l'absence de .glandes et de papilles, sauf près de leur orifice. Leur nombre varie notablement d'un sujet à l'autre; il en est qui n'en montient que fort peu ou n'en [l0^sèdent que dans le quart antérieur de l'urètbre. Leur profondeur varie aussi de quelques dixièmes de millimètre à 5 ou 0 millimètres, avec une largeur en rapport avec celle-ci. Parmi les moins profonds il en est qui sont presque aussi larges (|ue longs. Ils ont du reste été bien décrits par- M. Richet {Anatomie médico-chirurgicale) et par MM. A. Martin et Léger. Comme sur l'homme, on peut parfois faire suinter par la pression des plus profonds une gouttelette de mucus rendu grisâtre ou puriforme par les cellules épithéliales qu'il tient en suspension. Ce jnucus a déjà été indiqué par Haller dans l'excellente description des sinus qu'il a donnée ; il considère ces organes comme pouvant être le siège de la gonorrliée et le lieu de production des fils qu'on trouve dans l'urine pendant et après -cette maladie.
MM. A. Martin et Léger, qui appellent cryptes muqueiix ces sinus, ont bien montré : 1" que ce sont des organes semblables qu'on trouve au nombre de seize à dix-huit sur les côtés du méat, sur son tubercule médian inférieur et au-dessus -dans la portion du vestibule la plus voisine de cet orifice (valvulœ, seu lacunœ superiores de Haller); 2" que ce ne sont pas des glandes, comme l'avaient cru de Graaf, Robert et Huguierqui, antérieurement, les ontégalement bien décrits sous le nom de follicules mucipares ; ils ont montré que, dirigés parallèlement ou obliquement par rapport à l'urètbre, il en est qui peuvent attchidre une profondeur de 15 à 25 millimètres et une largeur qui permet la( ilcment l'introduction d'un slylet; 3" que le vestibule et le méat ne sont pourvus d'aucune glande sébacée ni mucipare (A. Martin et Léger. Des appareils sécreleurs des organes génitaux externes chez la femme. In Archives gêner . de médecine. Paris, 1802, t. XIX, p. 76).
^'ous ajouterons seulement qu'il e?t des femmes sur lesquelles ces sinus sont jéduits à uns profondeur de quelques dixièmes de millimètres et à une largeur
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de quelques centièmes; parfois au contraire leur lirgeur est à peu près égale à leur [irolondeur. 11 en est même qui n'eu ont pas du tout. Au pourtour de leur origine comme autour dumôat proprement dit, l'épithélium du vestibule, quoique relativement mince et tenace, à cellules difliciles à dissocier, nettement pavimenteux, enterre de minces et relativement longues papilles dermiques,, dont le sommet s'avance jusqu'auprès de la couche cornée de cet épiderme. Eu pénétrant dans les sinus ou voit, comme en pénétrant dans l'urètlire, les papilles devenir libres et flottantes sur une partie de leur longueur et en même tempsré[jitliélium devenir mou, facile à dissocier, plus mince, et composé de cellules dont les plus superficielles prennent la forme prismatique. Dès iju'ou est dans le sinus ou conduit lui-même, l'épilliélium ne change pas, mais la muqueuse ne porte plus de papilles. Au pourtour de leur orifice et surtout au pourtour du méat urinaire même, ces papilles sont parfois assez nombreuses et volumineuses ((|Uoique toujours simples) pour donner aux lèvres de ces orifices, ordinairement, milices, la forme d'un petit bourrelet d'aspect velouté. On peut du reste, au delà de celui-ci, trouver la muqueuse uréthrale presque dépourvue de pa|)illeset présentant des sinus qui n'en montrent aucune près de leur orifice, non plus, que dans leur intérieur.
L'élal libre des papilles sur les lèvres du méat et des orifices des sinus fait distinguer aisément ces parties, dans les préparations microscopitiucs, de la coupe des plis assez profonds, à épithélium pavimenteux pro[irement dit, que préscuLe. kl peau ou muqueuse du vestibule sur quelques femmes.
Jamais au fond ni sur la longueur des sinus uréthraux et du méat urinaire de la femme, non plus qu'avec eux dans le vestibule, on ne '.rouve ni des follicules ni des glandes en grappes analogues à ceux del'urètbre, contrairement à ce qu'ont avancé quelques auteurs.
Ici encore nous devons dire qu'il ne serait pas exact de répéter avec Kolliker {Hislologie. Paris, 1868, p. 752) que des glandes muqueuses en grappe de forme ordinaire, de0'"°\7 à 3'"'", 5 de diamètre seraient en nombr^' très-variable au pourtour du méat urinaire dans le vestibule et sur les parties latérales du vagin, qu'autour du méat et à Ventrée du vagin il ij a des follicules semblables à ceux des petites lèvres. Nous avons déjà spécifié, avec il .VI. A. Martin et Léger, qu'il, n'y a que des sinus autour du méat, pas de glandes sébacées ni glaïuk s muqueuses. Quant au reste du vestibule et au pourtour du vagin, ils ne possèdent ni glandes quelconques ni sinus. Nous nous sommes assuré que pour le vagin il fait s'éloigner de 8 à 10 millimètres de la face antérieure des caroncules ou de riiynieu avant de trouver des glandes, qui sont les glandes sébacées, se retrouvant sur les petites lèvres; vers la fourchette, c'est de 10 à 15 millimètres seulement de cette face antérieure que se montrent ces glandes sébacées, puis un peu plus loin des poils plus ou moins rares avec leurs glandes sébacées ,
Ajoutons : i" que la manière dont ces sinus sont creusés dans l'épaisseur de la tnune même de la muqueuse, sans présenter de jaroi propre distincte de celle-ci, quelle que soit leur largeur et leur profondeur, tant sur l'homme que sur la femme, 2" que la similitude de leur épithélium avec celui de la surface de la muqueuse et les différences qui le séparent de répithélium des glandes décrites ci-après constituent autant de faits importants à signaler.
Ils montrent : 1" que ces sinus ne sont pas des organes glandulaires, mais des orgunes muqueux; 2" que, par conséquent, ce ne sont pas ces sinus (qui, du reste,,
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manquent quelquefois), qu'il faut décrire comme représentant h prostate de la femme, contrairement à ce qu'ont avancé de Graa!, Leuckart {Das Webers'che Organnnd Metamorphosen. Illustrirte med. Zeit., 1852, t. 1, p. 2) et Virchow {Prostata-Concretionen beim Weibe. Archiv fur patJiol. Anat. Berlin, 1854, in-8°, t. V, p. 3).
Tandis que les glandes uréthrales proprement dites et prostatique, apparaissant (comme toutes les autres espèces de glandes) plus ou moins tôt pendant la vie intra-utérine, sont très-nettement développées déjà au moment de la naissance, les sinus précédents ne le sont pas encore. Ce n'est que plusieurs années plus turd, plus ou moins près de l'époque de la puberté, que ces en'oncements se montrent et ils continuent à se développer, à s'agrandir pendant tout le reste de la vie. {Voy. Cadiat et Ch. Robin, loc. cit., 1874.)
Texture des muqueuses cÉruALO-THORACiQUES. D'une manière générale la texture du chorion de ces muqueuses se rapproche bien plus de celle de la peau que celle du chorion des précédentes, mais pourtant avec des différences notables de l'une à l'autre. Dans la muqueuse buccale en génér.il, la trame élastique forme presque partout des mailles polygonales anguleuses, plus ou moins étroites selon leur nombre et de diamètre à peu près égal dans les deuv sens de chacune d'elles comme dans la peau. Ce sont aussi des fibres élastiques pro]iremeiit dites, complètement développées et non de minces et courts prolongements aiitourd'un iioyau comme centre {voy. p. 431-452). Partout aussi les fibres lamineuses enchevêtrées dans ces mailles élastiques sont pour la plupart disposées en faisceaux, comme dans le derme {voy. Lamineux p. 220), quelque mince que soit la muqueuse.
Le pressa ^ ■ 'In la peau des lèvres à la muqueuse de leur partie exposée à l'iiir se manifeste par la disparition des follicules pileux et des glandes sudoripares par un amincissement brusque du derme et de l'épiderme au même niveau et à ce niveau égalemeu, par une diminution de volume des papilles qui devieinicnt moitié jiiuj cou. Les et notablement plus minces. Partout elles sont noyées dans l'épiderme et leur sommet s'avance presque jusqu'au contact de la couche cornée. L'épiderme ne change pas de texture, mais sa couche cornée s'amincit particulièrement beaucoup sur les lèvres. Les rapports de la face profonde du derme avec le tissu adipeux sous-jacent restent les mêmes jusqu'à ce qu'on arrive à la •couche glandulaire sous-muqueuse, où cependant beaucoup d'acini sont séparés •de la membrane par le tissu graisseux.
La muqueuse buccale tout entière jusqu'aux bords et à la pointe de la langue (ne diffère delà muqueuse labiale que par plus de minceur de toutes ses parties •et un peuplus de brièveté des papilles (pour la muqueuse linguale do?/. Langue). La structure propre des papilles est la même que celle qui est indiquée ci-après à propos de la nmqueuse pharyngienne. Le nombre de ces prolongements est tel, que toutes se touchent par leur base et qu'à proprement parler nul point de la superficie du chorion ne reste à l'état de surface libre. Néanmoins un examen attentif fait reconnaître à la base et sur toute létendue des papilles une mince couche hyaline limitante sur laquelle n'empiètent ni les noyaux libres, ni les capillaires.
Dans toute cette muqueuse et celles à épithélium parvimenteux décrites ciaprès la vascularité résulte de la présence d'un riche réseau sous-muqueux d'artérioles et de veinules, celles-ci souvent bien visibles à l'œil nu, qui de la face profonde de la membrane envoit et reçoit des rameaux plus fms.
MUQUEUX (anatomie). 459
Ceux-ci traversent le cliorion perpendiculairement à sa surface on à peu près en •s'y anastomosant plus ou moins, surtout à sa partie profonde; dès le milieu du cliorion, une artériole capillaire se dirige presque directement au sommet de la papille en passant près de son axe, puis se replie à angle aigu on en décrivant une petite courbure. Le vaisseau revient aussi sous forme de veinule qui reste simple ou se subdivise en deux ou trois branches avant d'être arrivée à la base de la papille, toutes les lois que celle-ci est un peu grosse.
Au voile du palais le cliorion épais d'un cinquième à un tiers de millimètre est tapissé d'un épithélium pavimenteux dont l'épaisseur égale ou dépasse un peu les nombres précédents.
Des papilles grêles, cylindriques, un peu et inégalement écartées les unes des autres sont plongées dans cet épithélium sans détermmer des saillies à sa superficie. Kendu peu transparent par ses nombreuses fibres élastii|ues, eu chorion tranche sur les coupes, sur le tissu cellulaire plus ou moins adipeux et sur les glandes sous-jacentes. Sa face profonde, nettement limitée, envoie cependant dans les tissus sous-jacents d'assez nombreux faisceaux riches en fibres élastiques qui se disséminent dans ces parties. Cette particularité s'observe aussi sur toute la muqueuse des lèvres et des joues, sur celle des gencives particulièrement. En arrivant sur la luette, l'épaisseur de cette muqueuse se réduit à un tiers de millimètre en y comprenant son épithélium. Toutefois son chorion reste nettement distinct du tissu cellulaire sous-jacent parsemé de cellules adipeuses et d'acini glandulaires. Il n'y a plus dans la trame que de rares fibres élastiques proprement dites et des cellules étoilées, centres de quelques prolongements de cette nature non anastomosés entre eux.
Les noyaux du tissu cellulaire sont peu nombreux dans cette trame et de plus sa face libre est lisse, dépourvue de papilles au moins dans lapins grande partie de la lonaueur de cet orirane.
Les particularités précédentes ne sont pas sans intérêt lorsqu'on se reporte à la facilité avec laquelle la luette se laisse distendre par l'oedème et combien peu sa muqueuse réagit contre ce gonflement.
Muqueuse du pharynx. Quand des joues ou du voile du palais on suit la muqueuse dans le pharynx, on rencontre un certain nombre de particularités analomiques qu'on s'étonne de ne pas voir signalées dans les traités classiques, bien que depiiis longtemps elles aient été décrites par moi, en 1855 [Dict. de médecine, dit de Nysten, 1855 et édit. suiv. art. Pharynx) et mieux encore par Luschka en 1860 et surtout en 1868 {voy. Luschka, Journal de l'anatomie et de la physiologie, 1869, p. 225). J'avais fait ces recherches à l'occasion de pièces anatomiques demandées par Nélaton à Lorain et à moi, dans le but d'étudier le mode de formation des polypes du pharynx.
La voûte du pharynx ou portion supérieure répondant au sinus sphénoïdal et surtout à l'apophyse basilaire représente au point de vue de la constitution de la muqueuse lisse la portion terminale des fosses nasales. La et un peu sur les côtés jusqu'au bord postérieur du pavillon des trompes d'Eustache, elle est grise ou d'un gris rosé, adhérente au tissu fibreux blanc qui forme périoste à l'apophyse basilaire et devient souvent le point de départ des polypes. En arrière et sur les côtés dans toute la portion dite nasale du pharynx, à partir de la ligne oii les parois de celui-ci deviennent verticales, sa muqueuse diftère tout à fait de la précédente, avant même le huitième mois de la vie intra-utérine.
Elle en diffère : 1° par sa couleur plus foncée, plus rouge, plus riche en vais-
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seaux ; 2° ])ar l'aspect de sa surface, qui, au lieu d'être unie, est anfractueuse et forme des espèces de circonvolutions régulières qui descendent à peu près jusqu'au niveau des amygdales.
Cette dis|iosition commence à se montrer en iiaut à la ligne d'insertion de la paroi verticale postérieure du pharynx, et latéralement entre les sillons prolonds situés derrière les trompes d'Eustache [i^ecessus phanjngis de RosenmuUerj. Si l'on verse sur cette muqueuse un filet d'eau, on voit qu'elle a un aspect tomenteux, plissé, dû à ce qu'elle est disposée en sillons, qui lui donnent son apparence boursouflée ; ces sillons sont profonds et se dirigent d'avant ea arrière, dans toute la longueur de cet espace, au nombre de deux à quatre de chaque côté le plus souvent.
Un sillon mcilian plus profond (3 à 4 millimètres de profondeur) sépare ces plis en nombre égal et souvent symétrique de chaque côté, du moins, sur les enfants; son extrémité postérieure se termine en un infundthulum ou foramen cœcum. [Bourse pharyngienne de certains mammifères, de A. F. J. C. Mayer, Unters. aus dem Geb. der Anal. Konigsb. 1842, in-4°). En tendant celte muqueuse, les sillons deviennent beaucoup plus apparents; quand on arrive à cette espèce de foramen cœcum (assez analogue à celui de la base de la languejv on voit qu'elle s'enfonce profondément dans sa cavité qui remonte au milieu du tissu fibreux blanc, et que l'on ne peut pas la séparer de ce périoste épais de l'apopliyse basilaire. Au niveau de la base des apophyses ptéiygoïdes et de leur aile interne, la muqueuse est disposée comme dans les fosses nasales (Cli. Rohin. 1835). L'orifice de cet infundibulum peut, du reste, se trouver situé à la partie inférieure seulement du curieux épaississenient nmqueux dont il est question
On peut voir par transparence, surtout à la loupe, les petites glandes en grappe^ de couleur grisâtre, un peu aplaties (sans parler des follicules clos qui lui donnent un aspect grenu). Cet état de la muqueuse et de ce tissu se prolonge eu pointe de chaque côté sur la face postérieure des piliers palatins postérieurs; enarrière, il cesse au niveau du voile du palais suivant une ligne courbe à concavité inférieure.
Un épiihélium prismatique signalé par Luschka et toujours cilié sur les enfants, parfois dépourvu de cils sur les adultes, recouvre toute la portion de la muqueuse qui of'lre cet aspect turgescent, comme œdémateux, résistant. L'épithélium pavimenleux du pharynx ne se montre que sur ses côtés et à son bord intérieur. Sur les cadavres adultes cet organe s'est souvent congestionné, épaissi, couvert d'un mucus abondant, tenace, purulent ou sanguinolent. Il est très-exact de dire avec Luschka que la portion de la muqueuse pharyngienne sus-indiquée se présente ainsi sous l'aspect d'une surface mamelonnée interrompue de courtes scissures, souvent irrégulières, de nombre et de positions variés. Que l'on ait affaire à l'un ou à l'autre type, les surfaces libres, aussi bien que celle des fentes, sont chargées de nombreuses saillies blanchâtres, à peine de la grosseur d'une graine de pavot : ce sont les follicules clos de la trame sous-épithéliale qui offre un aspect glanduleux. La loupe montre, en outre, une grande quantité de petits pores ronds formés parles embouchures d'autant de glandes acineuses ; quelques orifices un peit plus larges conduisent dans de petites dépressions de la muqueuse ou sinus, prolonds de 1 à 3 millimètres, pleins d'épithélium qui les distend parfois en petite? poches. L'orifice de l'inlundibulum est tantôt circulaire, et son diamètre est celui d'une tète d'épingle, tantôt il parait plus grand et n'est souvent hmité qu'en haut
MUQUEUX (anatomie). 441
par un bord plus ou moins bieu dessiné. Cette ouverture représente l'entrée de la hourse (lu pharynx, eu forme de pocbe, oblongue, ayant au maximum i cenliiiiètre do Jonyueur et 6 milbmètres de largeur; elle s'élève sur le tissu plissé de lu muqueuse, vers le corps de l'os occipital, où il se termine par une extrémité amincie, parfois pointue, pénétrant l'enveloppe externe fibreuse de cet os. A su partie pojtcrieurej cette pocbe est ordinairement enveloppée immédiatement de glandes acineuses (Lusclika). Notons de suite ici que ces glandes ont la même structure que les petites. glandes en grappe composée qu'on voit constamment dans l;i partie postérieure et supérieure des fosses nasales ; beaucoup seulement sont un peu plus grosses.
On les retrouve sous la muqueuse de toute la portion extérieure ou pharyngienne du pavillon de la trompe d'F]ustache, mais elles cessent d'exister dès qu'on la contourne pour ariiver à son orifice guttural. Ces glandes sont séparées du fibro-cartilage tubaire par un périchondre riche en fibres élastiques réticulées. Dans le reste de la muqueuse, elles sont plongées dans un tissu cellulaire mou, riche eu (ines fibres élastiques, tant rectiligues qu'onduleuses et plus on moins^ souvent anastomosées.
Dans la trompe, la muqueuse a un chorion épais de 0™'",2 à 0""",5 qui, par sa texture et ses rapports avec les os sous-jacents, est analogue à la muqueuse de la cloison nasale dans les [lortions où elle ne recouvre pas des glandes.
Luscbka a démontré que, sur les coupes, on voit facilement \\ disposition des follicules clos dans la u)uqueuse et les parois des poches ou sinus sus-indiqués, ainsi que la proéminence d'un certain nombre vers les cavités des poches où ils s'avancent plus ou moins sous forme d'éminences arrondies. Il y en a jusqu'à l'entrée des trompes. Comme pour les glandes lymphatique>, les glandes solitaires de l'intestin, leur tissu fondamental est un réticulum de fibrilles du tissu cellulaire continu avec ses parties voisines; il est d'autant plus délicat qu'il embrasse de plus vastes mailles et s'approche davantage du centre de chaque follicule clos. Vers le milieu, le réticidum se perd même le plus souvent entièrement, de telle façon qu'il se produit une sorte d'espace cintrai commun.
En général, leurs capillaires soutenus par le réticulum du follicule ne s'étendent que jusqu'où atteint la trame, de sorte qu'ils s'infléchissent vers le centre et sont le plus souvent sinueux ; il arrive cependant quelquefois que les capillaires^ unis entre eux sous forme de réseau, pénètrent l'espace laissé libre par le réticulum. Ce réseau consiste en colonnettes plus ou moins grosses, en partie en continuation avec la tunique externe des vaisseaux, et dont l'on ne distingue les rapports que dans les préparations durcies (Luscbka).
Unépithélium nucléaire, à noyaux sphériques, très-petits, remplit les mailles dnrelicidumelàes capillaires {voy. Lymphatique et Rate).
Luscbka a tait voir que le tissu de cette portion épaisse et plissée de la région rétro-nasale du pharynx offre une texture particulière, en raison de laquelle il l'appelle tissu adénoïde {voy. Lawineux, p. 256). 11 est de lait qu'il est des plus remarquables. Il l'est particulièrement par le riche réticulum à mailles étroites que forment ses fibres élastiques, toutes très-fines et flexueuses. Un petit noyau peu régulier existe au point de réunion ou mieux d'origine de toutes ces libres élastiques. La face profonde de la muqueuse, peu nettement distincte du tissu cellidairc sons-jacent, envoie des fibres élastiques minces et flexueuses dans ce dernier, où elles s'anastomosent en mailles plus larges, mais de même type. Li!», se trouvent les glandes en grappe avec ou sans cellules adipeuses. Les fibres du
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tissu lamineux, entremêlées au réseau élastique de la muqueuse, sont la plupart isolées et non i'asciculées. Beaucoup sont, en outre, ramifiées et anastomosées en tbrniant aussi im reticnlum analogue à celui qu'on trouve dans les glandes lymphatiques, les follicules clos de l'intestin, des amygdales, et ;ceux qui viennent d'être signalés plus haut.
Ce qui donne encore à ce tissu un aspect spécial et concourt certainement à le rendre friable, c'est que les mailles du réseau dont il vient d'êlre question contiennent des noyaux libres, outre les noyaux qui servant de centre de radiation aux fibres anastomosées sont inclus dans leur substance. Ces noyau.v sont d'autant plus nombreux qu'on approche davantage de la surface épithéliale, près de laquelle ils sont presque contigus par places, de manière à rendre opaques les coupes minces. Néanmoins ils sont toujours séparés de l'épithélium par la couche hyalme dite intermédiaire, qui est épaisse d'au moins 0'"™,01 sur cette muqueuse. Ces noyaux libres du tissu cellulaire sont petits, sphériques, etc. Ce sont ceux qui ont été appelés cytoblastions, corpuscules lymphoïdes, adénoïdes, etc. La muqueuse ainsi constituée est partout à surface lisse, c'est-à-dire sans papilles. Elle a une épaisseur qui, l'épithélium compris, varie de un demi-millimètre à nn millimètre et demi, selon qu'on examine sa surface ou les parois des simis poches ou dépressions qu'elle présente çà et là ; Luscbka a bieu vu que ces dépressions se retrouvent jusque sur la muqueuse qui limite la bourse pharyngienne. Ces dispositions remarquables se trouvent jusque dans la muqueuse qui tapisse la face postérieure pharyngienne du cartilage des trompes d'Eustache.
Toutefois, quand, en descendant, on est un peu au-dessus du niveau du voile du palais, les coupes montrent que le tissu réticulé devient réellement sousmuqueux, très-adhérent à la muqueuse, mais distinct de la trame de celle-ci ; là elle prend une épaisseur de 0""^,25 à 0'"'",30 seulement, et la même texture que celle de la muqueuse palatine ; au niveau des follicules clos, cette muqueuse manque en quelque sorte, sa trame étant envahie par ceux-ci. Enfin, dans toute l'étendue occupée par ce tissu réticulé, le tissu cellulaire ordinaire rétro-pharyngien est repoussé derrière lui, si l'on peut ainsi dire.
Dans Je reste du pharynx à partir de l'isthme du gosier environ, la muqueuse offre les particularités d'épaisseur et de texture indiquées p. 459 à propos du voile du palais. Sa face profonde envoie encore quelques faisceaux fibreux et élastiques dans les tissus cellulaire et adipeux sous-jacents et entre les glandes en grappe simple ou peu composée qui s'y trouvent. La face libre porte des papilles nombreuses, cylindriques ou coniques ; beaucoup d'entre elles sont subdivisées en deux, à cinq ou six lobes généralement coniques, et qui font de la papille un organe plus volumineux à son sommet qu'à sa base, lequel représente ainsi un pédicule cylindrique plus ou moins allongé. Celles qui sont simples et celles qui sont subdivisées au sommet, sont parcourues par une anse vasculaire unique, rarement double. Les subdivisions dont nous avons parlé ont pour résultat de donner à ces papilles des conformations variées, singulières et très-remarquables ; elles sont notables également par leur volume ou mieux par leur longueur. Le corps cylindrique ou ramifié qu'elles représentent n'a, en général, que 5 à 8 centièmes de millimètre d'épaisseur ; la longueur atteint communément de 1 à 2 dixièmes de millimètre, surtout dans les papilles qui sont ramifiées. Ces papilles offrent encore ce fait peu commun dans les muqueuses à épithélium pavimeuleux, c'est que l'épithélium de la région ne comble pas entièrement les intervalles placés entre elles.
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Il résulte de ces dispositions un aspect finement grenu, s'aperce van ta l'œil nu, ou mieux à la loupe.
Dans rœsophage, les papilles sont minces, cylindriques, un peu écartées les unes des autres, grêles, à somme simple, ou, au contraire, soit bifurqué, suit, trifurqué. Par places, il y a de grosses papilles, à sommet mousse ou surmonté de petites élevures coniques, con)me si plusieurs des autres papilles étaient soudées ensemble, seulement ici l'épitliélium jiavimenteux plus mince, mou, à couche cornée très-mince, laisse faire saillie à sa surface aux papilles précédentes. Toutefois dans la partie supérieure de l'œsophage, on en trouve beaucoup qui sont plongées eu entier dans sa couche épidermique sans la dépasser. Elles sont longues de 0""°,2 à 0°"",3 et écartées l'une de l'autre de 0""»,2 à 0""n,5.
De nombreux capillaires forment dans ce chorion des mailles polygonales d'autant plus étroites qu'elles sont plus superficielles. Beaucoup d'artérioles, avant de se subdiviser, traversent presqne toute son épaisseur perpendiculairement à sa surface, et envoient une anse vasculaire unique dans les papilles simples, à subdivisions multiples dans celles dont le sommet est divisé.
Le conduit excréteur de chaque glande traverse perpendiculairement ou à peu près l'épaisseur du chorion en écartant les faisceaux de sa musculeuse propre, tandis que son acinus ou ses acini sont couchés contre la face profonde de cette lame de fibres-cellnles ou dans le tissu cellnlaiie sous-jacent.
Les noyaux libres du tissu cellulaire sont nombreux dans les papilles au dessonsdeleur couche hyaline et dans la partie superficielle du chorion, au-dessous également de sa couche hyaline. Ici ces noyaux sont d'autant plus nombreux que l'on descend davantage vers le cardia. En même temps aussi qu'on approche du cardia, les fibres élastiques, sans diminuer de quantité, se présentent en plus grand nombre sous forme de petites cellules irrégulières, étoiléesà prolongements librillaires élastiques, anastomosées ou non, au lieu de former, comme plus haut, un léseau de fibres proprement dites.
Nulle part ici on ne voit comme sur la muqueuse du palais se détacher des faisceaux de la face profonde de la muqueuse pour aller rejoindre les organes sous-jacents ou se subdiviser dans le tissu cellulaire sous-muqueux. La couche musculeuse propre de cette muqueuse est continue, immédiatement adhérente à la face profonde du chorion. Son épaisseur est égale ou à peu près à celle du chorion même, c'est-à-dire 0'"'",5 à 0"'™,5. On la suit depuis le niveau du larynx jusqu'au cardia et au delà, où elle est continuée par celle de la muqueuse gastrique. En haut, elle est entièrement formée de fai<;ceaux longitudinau.x. Les cloisons de tissu cellulaire qui les séparent sont très-minces, en sorte qu'ils sont bien plus rapprochés les uns des autres que ceux des tuniques propres, longitudinale et circulaire; ils sont aussi 2 à 5 fois plus minces. Leur épaisseur varie entre 0°"", 02 et 0'"",08 ; ils sont polyédriques ou cylindriques. Quelques-uns des plus fins empiètent çà et là sur la face profonde.
M. Cadiat et moi avons constaté que rien n'est plus net sur les coupes portant sur l'œsophage et l'estomac que la distinction de leurs muqueuses au niveau du cardia. Ici l'épais et relativement tenace épithélium pavimenteux cesse brusquement au point qui correspond à la ligne dentelée de l'orifice gastrique ; il y a là un ressaut d'une hauteur de O""",!, et plus au bas duquel on tombe sur la couche bien plus mince de cellules prismatiques de l'épitliélium stomacal. Les papilles existent jusqu'au point même où cesse d'exister l'épithélium pavimenteux qui les recouvre et elles disparaissent là brusquement. Là aussi on voit le chorion devenir