ii MUQUEUX (akatoîiie
de plus de moitié moins épais, en raison de sou amincissement en biseau sur une longueur d'un quart à un tiers de millimètre environ. Contre ce biseau se voient les loliicules gastriques cle la première rangée, obliquement placés ; à partir de ceuxlà les follicules placés plus bas, d'abord courts encore et un peu écartes les uns des autres, deviennent perpendiculaires à la surface muqueuse et ne sont plus séparés les uns des autres que par de très-minces prolongements du clioriou gastrique, épais seulement de 0'"'",1 envirow, sur lequel repose leur fond.
Dès le niveau du court biseau par lequel se continuent les cborions œsopliagien'et stomacal, les libres élastiques diminuent notablement de nombre clans ce dernier et se réduisent à de simples cellules étoilées, à prolongements librillaires anastomosés ou non. En même temps aussi les noyaux du tissu cellulaire deviennent plus nombreux dans la muqueuse stomacale que dans l'antre. Plus loin ils prennent une forme spbérique et un volume un peu moindre.
Notons que sur presque tous les sujets, les glandes en grappe œsophagiennes au lieu d'avoir leur acinus logé dans le tissu cellulaire sous-mu(jueux, sont comme repoussées au-dessous du pourtour cardiaque vers la muqueuse gastrique, bien que leur canal excréteur vienne obliquement s'ouvrir sur la muqueuse à épilbélium pavimenteux.
Murjueuse du larynx. Naumann, de Lund, a le premier montré que l'épitliéliuni du larynx, comme celui de l'arrière- bouche, est ]iaYinienteux à son orifice et sur les cordes vocales supérieures et inférieures (1851). L'épitliélinm des cordes vocales inférieures en particulier consiste, à leur bord saillant, en cellules grandes, aplaties, anguleuses, formant un ruban large de quelques millimètres. L'épitliélinm des autres parties de la cavité laryngienne est surtout formé de cellules allongées, dont l'extrémité tournée vers la profondeur est généralement hliforme. Entre ces deu.x^ sortes d'épithélium, on trouve de nombreuses formes intermédiaires que déjà Naumann a décrites et figurées dans tous leurs détails. A partir du bord inférieur des cordes vocales inférieures l'épithélium est régulièrement prismatique à cils vibratiles.
Les éléments les plus profonds de l'épithélium, d'apièsH. Pvheiuer {Verliundlungen der Physikalisch-medicinischen Gesellschaft in Wùrzburg, Wùrzburg, 1852, Bd. 111, S. 222; Beitràge zur Histologie des Kehlkopfes. Inauguralabhandliing, Wùrzburg, 1852. S. 58), reposent sur une membrane intermédiaire. Il la décrit comme une mince bordure de tissu conjonctif homogène, complètement transparent, qui parfois semble former une couche propre ; mais qui, dans la plupart des cas, se continue avec la substance fondamentale de la muqueuse, et n'en forme alors que la partie non fibreuse. D'après Luschka ce serait seulement sous la muqueuse des cordes vocales iiiférieures que l'on trouve sous l'épithélium une couche homogène transparente et d'épaisseur variable. Dans le reste de l'étendue de la muqueuse, le tissu conjonctif fibrdlaire s'étend presque immédiatement sous l'épithélium. Toutefois à un fort grossissement ou retrouve partout, jusque sur les ligaments aryténo-épiglottiques, cette couche hyaline, mais réduite à une épaisseur de 0""",002 à O'^^jOû-i. La couche sous-épithéliale se termine d'une façon presque absolue par une surface uniforme; elle ne se soulève, en effet, au delà du bord de l'orifice laryngien, qu'en un petit nombre de places sous forme de papilles vasculaires, différant tant sous le rapport du nombre (\ae sous celui de la grandeur (Luschka. La muqueuse du larynx. Journal de l'anat. et de la physiologie. Paris, 1870, p. 452).
On ne les trouve que petites et rares sur les cordes vocales où elles se préseii-
MUQUEUX (anatomie). 445
tent sous forme de petites émineiices aplaties cachées dans répitltéliLim. Elles sont en ]ilus grand nombre et mieuv: développées dans le fond de la cavité du larynx près de i'échancrure inter-aryténoïdienne ; Rliciner se trompe donc en disant que la muqueuse du larynx manque de toute formation papillaire (Luschka). Ces données, coumie on le voit aisémeut, sont importantes pour l'étude des tumeurs épitliéliales papilliformes, polypeuses ou non, des cordes vocales (voy. ausji Laryngoscope, p. 500 et suivantes).
Dans la trame du chorion muqueux, la du-ection des libres est parallèle à la surface, etle tissu est composé de faisceaux tibreu>: de tissu cellulaire, dont les ondulations sont très-|)rouoncées. 11 y a de plus de très-nombreuses et fines fibrilles élastiques, qui deviennent plus rares vers la surface et décrivent ces llexuosités caractéristiques que l'on connaît. Entre les divisions fibreuses, et en partie dans les faisceaux du tissu cellulaire même, se trouvent des cellules fusiformes que l'on peut rendie libres par un écarlement mécanique des fibres et ;ilors commodément étudier dans leurs rapports d'étendue sur des coupes fines enlevées à la muqueuse et rendues plus transparentes par l'addition d'acide acétique (Luscbka) .
Outre les fibres élastiques onduleuses plus ou moins souvent anastomosées, la trame de la nuiqueuse laryngienne offre de nombreuses fibres élasticpies imes, encore reliées en prolongements stelliformes autour d'un noyau connue centre. Leurs anastomoses concourent à donner à cette trame un état réticulé, qui pourtant est moins prononcé que dans la muqueuse pharyngienne. Aussi ne sauraiton la considérer avec M. Coyne comme analogue à la muqueuse de l'intestin grèh [Thèse, Paris, 1874, p. 10). Or à la face profonde de la muqueuse, beaucoup de fibres élastiques du chorion se continuent avec celles qui fines et très-nombreuses existent dans le tissu cellulaire sous-jacent, depuis les replis aryténo-épiglotliques jusqu'à la trachée.
Luschka a décrit dans la trame de la muqueuse laryngienne des noyaux sphériques du tissu cellulaire {ajtohi as lions, etc., voij. p. 442), dont quelquesuns sont entourés d'un petit corps cellulaire sphérique ou ovoïde.
11 a aussi exactement vu que, quoique constants, ces noyaux sont eu nombre vari;ible, et que toujours ils sont moins nombreux dans la n)uqueuse des cordes vocales inférieures que dans celles des autres parties du larynx. Leur répartition irrégulière n'est soumise à aucune loi; l'on peut seulement dire qu'ils se trouvent jusqu'au voisinage de la couche épithéliLile et ne se montrent qu'isolément dans la trame fibreuse de la muqueuse.
Ajoutons que M. Cadiat et moi avons trouvé ces noyaux plus nombreuv dans la muqueuse des replis aryténo-épiglottiques que dans les autres parties de la muqueuse laryngienne.
La m;;queuse des cordes vocales inférieures, reliée à sa base élastique par mie légère couche d'un tissu cellulaire lâche, qui sous une faible pression se déplace et se plisse, contient un moins grand nombre de petits vaisseaux que celle des autres régions du larynx. Parfois aussi, dans l'inspection laryngoscopique, les rameaux vasculaires plus importants de la même partie de la muqueuse, à l'état normal, apparaissent sous forme de filets rouges caractérisés par leur disposition exactement longitudinale suivant la direction des cordes vocales.
Les rameaux qui naissent latéralement des petits vaisseaux disposés parallèlement à cùlé les uns des autres, et se bifurquant en partie, se réunissent en lormant un réseau dont les mailles relativement larges sont de forme et de grandeur
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illégales. Partout elles s'étendent jusque dans la couche sous-cpitliéliale delà, muqueuse.
Dans toutes les autres régions de la muqueuse du larynx, les vaisseaux de directions les plus différentes se résolvent, bientôt après leur eiiirée dans ce tissu, en artérioles et veinules qui donnent naissance à un réseau capillaire à mailles polygonales et par places très-élroites, dont les éléments sont d'autant plus fins qu'ils s'étendent plus près de la surface (Lusclika).
Dans la muqueuse laryngienne on peut observer de délicats plexus nerveux de forme vraiment réticulaire, produits de divi-ious et de réunions consécutives réciproques de rameaux qui souvent ne contiennent que quelques fibres et possèdent un périnévre très-riche en noyaux grands et oblongs. En un point ou en l'autre du plexus, on voit une libre primitive isolée se détacher, former une anse plus ou moins longue, puis venir se réunir de nouveau au ple>cus (Cari. Fr. Naumann, 1851).
D'après les observations de A Lindemann {Zeitschrift fiir ratiomielle Medicin.. Bd. 36, S. 15^2, 18G9), (|uelques fibres nerveuses de la muqueuse de l'épiglotte, se terminent par dc^ corpuscules terminaux dont la grandeur ne dépasse pas 7 centièmes de milhmètres. 11 a observé aussi, dans les parties les plus déliées de la distribution nerveuse, quelques petits groupes de cellules ganglionnaires unipolaires, ce qui contredit l'opinion de E. Verson {Beitrâge zur Kennlniss des Kehlkopfs und derTracheu, 1868), d'après laquelle les divisions périphériques ou tei minales des nerfs de la mmiueuse du larynv seraient toujours dépourvues de cellules ganglionnaires.
D'après Luschka, la terminaison véritable des nerfs a lieu au moyen de cellules pyrilormes ou ovales d'une largeur moyenne de 55 millièmes de millimètre oîi l'on ne trouve pas d'enveloppe membraneuse isolable. Un fin cylindre-axe vient se terminer en chaque cellule en un poml plus ou moins élevé en s'arrondissant, et le plus souvent en se dilatant quelque peu. La substance de la cellule qui entoure l'extrémité renflée du cylindre-axe, et qui, à cause de sa réfringence presque égale à celle de la cellule, ne s'en distingue pas très-nettement, est généralement homogène, car elle ne contient qu'exceptionnellement une quantitévariable de fins granules.
Pour combler une lacune de l'article Laryax, il est indispensable de décrire ici les glnndes de cet organe, bien que cette description n'appartienne pas en propre à celle des muqueuses.
Ces glandes sont les unes de petites glandes en grappe dites encore muqueuses; exceptionnellement chez l'homme on y rencontre aussi une substance glanduleuse conglohée [VAXsohhi, loc. cit., p. 460 ; 1870), qui, chez quelques mammifères, est au contraire une partie constitutive normale du larynx. C'est cette substance que M. Coyne a décrite sous le nom de follicules clos du larynx et pensait avoir découverte (Coyne, thèse de Paris, p. 10, 1874).
Les glandes muqueuses ou ncineuses, normalement de la grosseur d'une grainede pavot, sont distribuées irrégulièrem-^nt, mais cependant en telle quantité, que, sur une surface d'un centimètre carré, on peut reconnaître quinze à vingt orifices. Ces orifices sont circulaires, comme produits par la piqûre d'une pointe d'aiguille, mais on ne les voit avec complète netteté que dans des préparations convenablement durcies et dépouillées de la couche superficielle de nmcus. Ces orifices font entièrement défaut dans la muqueuse du bord libre des cordes vocales inférieures. Mais contrairement à ce que dit Luschka et comme l'a va
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M.CoMic, il est certain que chez l'honimc il y a des glandes et des orifices sur les faces supérieure et inl'érieure de ces replis.
Les glandes dont l'orilice s'ouvre à la face postérieure de l'épiglotle sont situées en partie en avant du cartilage qu'elles traversent, en partie dans des petites cavités dont le cartilage est souvent percé.
En plusieurs endroits, ces glandes en grappe ou acineuses sont condensées en groupes tantôt impairs, tantôt distribués symétriquement des deux côtés du larynx. Les groupes impairs sont en rapport avec les parois antérieure et postérieure du larynx. Les ylandes agrégées antérieures du larynx sont situées au-dessous de la membrane hyo-épiglottique dans l'espace qu'elle limite, ainsi que la membrane thyléo-liyoïdienne, espace où elles répondent au tubercule épiglottique; là elles forment un stratum entouré et en partie pénétré d'une graisse abondante. Déjà Pliilippe Yerheyen avait dit à ce sujet : a Epigbttidis parti gibbosce incumbit quœdam caruncida s. glandula pinguedine testa. »
Les glandes agrégées postérieures du larynx ou inter-aryténoïdiennes se trouvent à la base du vestibule du larynx et sont tellement condensées dans toute retendue de l'échancrure inter-aryténoïdienne, que la bifurcation de la couche qu'elles constituent forme comme une double branche, répondant à toute la liauteurde l'échancrure, qu'elles recouvrent les deux moitiés du ligament crico-santorinien et contiennent sans interruption la masse glanduleuse, qui s'étend sur la face pharyngienne du muscle aryténoïdien transverse. Les glandes agrégées latérales du larynx sont contenues dans les replis ary-épiglottiques et dans les ligaments thyréo-aryténoïdiens supérieurs; elles forment les glandes que J.-B. Morgagni décii\it le premier sous le nom àe. glandes ar y téndidiennes, accolées de chaque côté du larynx et formant une figure semblable à un L.
Les culs-de-sac glandulaires sont courts, arrondis, tapissés de cellules polyédriques un peu amincies en dedans et dont la base repose sur une membrane propre. Les conduits excréteurs de ces glandes acineuses jjossèdeut en général un épithélium formé par des cellules prismatiques. Dans les conduits qui ouvrent leurs orifices à la face inférieure des ligaments thyréo-aryténoidiens supérieurs se trouve fréquemment un épithélium à cils vibratiles, qui peut s'étendre jusque près des vésicules glanduleuses (Luscbka).
Dans les conditions normales, la muqueuse du larynx de l'homme est dépourvue de glandnles sans conduits excréteurs. Exceptionnellement cependant Luscbka a rencontré (sans que le larynx montrât la moindre altération pathologique) , d'une fiçon indubitable, des corps analogues aux fohicules clos solitaires de l'intestin. 11 ne les a trouvés que dans le vestibule du larynx,, où ils se montrent surtout à la limite du repli ary-épiglottique et de l'épiglotte, et aussi à la face postérieure de l'épiglotte. Cette substance glanduleuse cong lobée était développée d'une façon particulièrement nette dans le larynx tfuu suicidé âgé de quinze ans, où elle se présentait aux endroits indiqués tant sous la forme d'infiltration diffuse que sous celle de petites nodosités saillantes. On a prouvé que chez divers mammifères elle était une partie constitutive normale du larynx. Ainsi, par exemple, E. Verson {Sitzungsberichte der k. k. Académie der W issenschaften zu Wien, Ite Âbth., Mai-Heit, 1868), dit avoir vu dans le repli d'entrée du larynx du chat une accumulation de noyaux dits corpuscules lymphati(|ues distribués dans un réseau délicat, traversé par de nombreux vaisseaux. Les follicules ainsi formés sont enveloppés habituellement d'un tissu conjonctif dense ; il s'étale parfois vers la muqueuse et se perd peu
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à peu dans son tissu, do sorte que leurs noyaux dits corpuscules lymphatiques s'étendaient jusqu'à l'épitliéliiim. Luschka a trouvé chez les cétacés une accumulation de substance glanduleuse conglobée formant un cor[is glanduleux d une certaine étendue {Delphinus phocœna) dans l'espace compris entre le cartilage th^réoïde et l'arc de ce cartilage qui, chez ces animaux, est fendu suivant la ligne médiane, c'est-à-dire occupe la place qu'occupe chez l'homme le ligament crico-tliyréoïdien moyen.
Muqueuse de la trachée. En passant de la muqueuse laryngienne à celle de la trachée, la muqueuse conserve la texture générale qu'cih a dans le larynx {vo]). p. 444). Les noyaux du tissu cellulaire sphériqucs (cyloblastions) y sont au moins aussi nombreux, surtout en approchant de la couche hyaline limitante, sur laquelle ils n'empiètent pas; celle-ci est relativement épaisse. Ce que cette muqueuse présente de remarquable et qu'on ne trouve que chez l'homme, c'est une couche formée presque uniquement de fibres élastiques, principalement longitudinales, souvent anastomosées ; elle occupe la face profonde de celte membrane et continué ses fibres avec les fibres élastiques, bien moins nombreuses du reste de ce chorion. Cette couche représente à elle seule le quart environ de l'épaisseur de la membrane, elle s'étend depuis le niveau du cartilage cricoïde jusqu'à la trame élastique pulmonaire, avec laquelle ses fibres se continuent. Elle forme ainsi une chemise élastique à la face profonde de toute la muqueuse tracliéobroncbiquc, à laquelle elle donne un aspect remarquable [voy. Ch. Robin, Programme du cours d'histologie. Paris, 186-4, et ^'^ édit., 1870, p. %1). Cette muqueuse est épaisse de 0""",4 à 0"'"',5, l'épithéhum compris; celui-ci forme une couche épaisse de 0™"',1.
Ce sont les dispositions anatomiques rappelées ci-dessus ([ui ont fait dire déjà à Kôlliker, etc., que cette muqueuse peut être subdivisée en deux couches, dont la plus superficielle serait formée surtout de tissu cellulaire.
Sur les lapins, les chiens, etc., la muqueuse trachéo-bronchique est de toutes les membranes tégumeiitaires, y compris même la peau, la plus riihe en éléments élastiques. Ces fibres y sont relativement épaisses, abords nets et réguliers, peu (lexueuses, mais des plus souvent ramitiées et anastamosées, de manière à former des mailles, presque toutes d'un diamètre à peu près égal et de quelques centièmes de millimètres seulement.
De là un aspect particulier de ce réseau élastique, comparativement à toutes les autres muqueuses. Çà et là un noyau, centre d'origine de plusieurs fibres qui en partent en s'irradiant, se voit au niveau de ce qu'ailleurs on appelle le point de réunion des fibres. Entre ces mailles passent les capillaires, les napjies et les laisceaux du tissu lamineux fibrillairedela trame ; dans ce tissu les noyaux libres, tant ovoïdes que sphériques, sont très-rares, même près de la couche hyaline superficielle.
Ce réseau élastique est à peine plus serré à la face profonde de la muqueuse que dans le reste de son épaisseur. De la portion profonde de la trame se détachent de nombreuses fibres élasti([ues anastomosées en mailles, plus larges que les précédentes, qui prennent part à la constitution du tissu cellulaire sous-muqueux. Sur ces animaux et sur l'homme ce dernier renferme de ces fibres, mais notablement moins que le chorion ; il est plus transparent aussi que le périchondre sous-jacent, lequel est assez riche également en fibres élastiques.
M. Cadiatet moi avons constaté que la plupart de ces particularités touchant les éléments élastiques trachéens se dessinent dès l'âge fœtal, alors que les fibres
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élastiques ne sont encore qu'à l'état de cellules étoilées avec prolongements déjà anastomosés ou non.
Il n'y a pas de fibres-cellules à la face profonde de cette muqueuse, ni dans le tissu sous-jacent, tandis qu'on en voit nettement quelques faisceau-c dans les téguments, qui unissent entre eux les cerceaux cartilagineux,
llaiisle tissu cellulaire sous-muqueux se voient de rares lobules adipenx et les glandes dont l'acinus ou les acini aplatis sont étalés sous la muqueuse avec un canal excréteur qui traverse celle-ci perpendiculairement à sa surface. Souvent cesconduits vont s'ouvrir au fond des plis longitudinaux plus ou moins profonds de la muqueuse.
H y a de ces glandes jusque dans la muqueuse des bronchioles larges de 2 millimètres et même moins encore. Ici la muqueuse, sans changer de texture, est réduite à une épaisseur de O'"'",^ à O"™,! ; elle descend à 0'"">,05 an hile de chaque lobule où elle disparaît. Dans ces petites bronches de 2 à 4 niillinièlres se voient les seules fibres musculaires qu'on puisse considérer comme accompagnant ces conduits dans l'épaisseur du poumon, et encore toutes n'en possèdent [)as. Là oii elles existent, elles forment une couche épaisse de O^'^jOi à 0'"'",10, appliquée contre la face profonde de la muqueuse et ne faisant qu'un avec elle, en quelque sorte. Cette couche [jasse etitre elle et les nodules cartilagineux ; le canal excréteur des petites glandes en grappe qui existent encore la traversent et l'acinus de celles-ci est sous-jacent. On voit nettement que cette couche n'envoie aucime fibre dans le tissu cellulaire intralobulaire, ni dans la trame pulmonaire des lobules adhérents à ces petites bronches (Barrié, Cadiat et Cli. Robin ). En un mot, ces fibres, en se contractant, ne peuvent que diminuer la capacité broncho-trachéale» mais non celle du poumon même.
Une couche hyaline limitante, continue profondément avec la substance amorphe du chorion, dépas-e le reste de la trame muqueuse sur une épaisseur de 0'""', 01 au moins ; sur elle reposent les rangées nucléaires de l'épithélium, dont les cellules, comme on le sait, prennent l'état prismatique cilié le pins caractéristique. Toute la surlace de la muqueuse trachéale du reste est absolument lisse, c'est-à-dire dépourvue de papilles.
Les artérioles qui se distribuent dans cette muqueuse la traversent en général presque perpendiculaîrement à ses faces pour aller former dans la couche hyaline superficielle un réseau sous-épithélial à mailles serrées, dont les capillaires limitants sontonduleux, du moins dans l'état de retrait oii se présente la muqueuse injectée naturellement ou artificiellement sur le cadavre. Un cercle vasculaire ou grande maille circulaire entoure généralement chaque orifice glandulaire et se trouve très-développé, ainsi que cet orifice, sur les vieillards atteints de bronchite chronique.
On peut sans grandes difficultés suivre des faisceaux nerveux entourés de périnèvre, formés de trois à dix tubes environ ; ceux-ci se séparent les uns des autres et se subdivisent en fins cyhndre axes, dont quelques-uns peuvent être vus jusqu'auprès de la couche hyaline ; là ils arrivent à des cellules semblables à celles qui ont été décrites p. 446.
Muqueuse nasale. Nous avons indiqué plus haut sou épaisseur et ses rapports (p. 415), elle est remarquable à plus d'un titre. Dieu que fort mince, SUIS glissement sur les organes sous-jacents, elle est pourvue d'un réseau de libres élastiques très-fines, peu abondantes relativement à la trachée, mais pourtant encore assez nombreuses. Beaucoup de ces fibres sont dirigées parallèlement DICT. ENC. «° s. X. 29
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à la surface delà membrane; ce fait s'observe aussi, et plus marqué encore, sur les nappes ou faisceaux de fitres lamineuses, qui avec celles-là Jorraent le chorion.
Dans le tissu cellulaire et dans le périoste sous-jacent, il existe aussi des fibres élastiques mais moins nombreuses et la plupart à l'état de petites cellules étoilées à prolongements très-fins flexueux, assez souvent anastomosés pour former un fin réseau élastique. Ce réseau est surtout serré dans le périoste, aussi ce dernier plus ou moins mince est toujours moins transparent que le tissu cellulaire qui le sépare de la niuqueuse, laquelle est également plus foncée sous le microscope que ce tissu cellulaire.
Outre les noyaux ovoïdes que l'on peut mettre en évidence dans les cellules fibro-plastiques du chorion de cette muqueuse, sa trame renferme encore d'assez nombreux noyaux libres spbériques, mais moins toutefois que dans la muqueuse de l'oesophage et du pharynx surtout (î^oy. p. 442). Ces noyaux sont d'autant plus rapprochés les uns des autres qu'on s'avance davantage vers la surface libre de la muqueuse; mais ils n'empiètent jamais dans la couche hyaline superficielle ou limitante. Celle-ci est plus épuisse sur cette muqueuse que sur les autres, car son épaisseur atteint ici 0"'°S0I2 à 0""",016.
La muqueuse du canal nasal, épaisse de 0'°'",2 à 0""^,5, offre toutes les particularitées indiquées plus haut. Quanta son épithélium prismatique vibratile, à sa texture et à ses rapports avec le périoste par l'intermédiaire d'une couche de tissu cellulaire, tel que celui qui vient d'être décrit, ce n'est aucunement une fibromuqueuse, une muqueuse ne faisant qu'un avec le périoste, contrairement à ce qu'indiquent la plupart des auteurs. Contrairement aussi à ces derniers il n'y a. pas trace de glandes dans ce tissu cellulaire, sous les muqueuses du canal nasal et du sac lacrymal, ainsi que M. Cadiat et moi nous en sommes assurés. Ce n'est qu'en passant de l'orifice inférieur de ce canal à la pituitaire qu'on trouve les slandes nasales.
Enfin la muqueuse du canal ne diffère de la pituitaire que par le nombre plus considérable encore des petits noyaux sphériques (dits lymphoïdes) qui remplissent sa trame jusqu'au contact de la limitante hyaline. Ces noyaux (p. 442), décrits ici pour la première fois par llenle, donnent à la muqueuse une mollesse particulière et moins de transparence sous le microscope.
C'est dans le tissu cellulaire réticulé sous-muqueux, mais non dans la muqueuse, ni dans le périoste, que se voient les nombreuses et volumineuses veines qui -donnent un état caverneux aux cornets, dans les alvéoles desquels on les suit. Là et dans les autres portions des fosses nasales où on les trouve, comme dans ce ■ canal naso-lacrymal, ces vaisseaux présentent des parois jjropres et non l'état de sinus.
Spécifions que dans tous les sinus olfactifs (surtout quand dans les ethnioïdaux et sphénoïdaux la muqueuse touche presque le périoste ou même ne flùt qu'un avec lui), les finres élastiques sont fort peu nombreuses, les noyaux libres trèsrares et la couche hyaline hmitante est réduite à une épaisseur de 0'"'", 002 à Qriiiu 004. La muqueuse prend ici les caractères d'une mince couche fibreuse tapissée d'une seule rangée de cellules prismatiques superposée à une couche de noyaux libres ou de très-petites cellules de remplacement, avec une couche de mucus difficile à détacher de la surface même de cet épithélium.
Dans ces régions-ià pourtant, les glandes manquent ou ne se volent que de Lloin en loin, comme dans le sinus d'Highmore. Partout ailleurs, hors des sinus,
MUQUEUX (anatomie). 451
elles sont étalées, aplaties comme comprimées daus le tissu cellulaire sous-muqueux. Elles n'empiètent pas dans le périoste, où se voient au contraire par places de larges et nombreux vaisseaux, des veines surtout, donnant à ces régions l'état dit caverneux, etc. Mais partout où elles sont abondantes, comme dans la portion postérieure de la cloison, la portion des fosses nasales qui fait partie de la voi!ite ilu phar\nx et sur les cornets surtout, les culs-de-sac de beaucoup de glandes remplissent l'espace occupé ailleurs par le tissu cellulaire sous-mui|ueux et empiètent sur la trame même du chorion en le dissociant en quelque sorte. Il est des culs-de-sac qui s'avancent parfois jusqu'auprès de la couche hyaline limitante, sans pourtant empiéter sur elle. Que les glandes soient ainsi disposées ou tout à fait sous-muqueuses, leur canal excréteur n'a guère qu'une longueur égale à l'épaisseur de la muqueuse, qu'il traverse presque perpendiculairement à sa surface.
Notons que sur les cornets la muquense n'est pas plus plus épaisse que dans leurs intervalles et que sur la cloison. L'épaisseur des tissus qui recouvrent ces os est due au nombre considérable des glandes sous-muqueuses, qui ne laissent entre elles que fort peu de tissu cellulaire et amincissent même le chorion en empiétant sur sa trame.
Auniveau des cornets, la muqueuse présente çà et là des plis très-fins, dont la coupe, perpendiculairement à leur direction, peutavoir l'aspect (|ue présentent les papilles coniques ; mais les coupes en direction contraire montrent aisément la nature de ces dispositions. Enfin la muqueuse des cornets offre en outi'e çà el là quelques petites dépi'essions alvéolaires, presque microscopiques, qui ne sont pas toujours au niveau des dépressions des os correspondants. L'épilhélium qui les recouvre ne diffère pas de celui du reste de la muqueuse. Le fond de quelquesunes reçoit l'orifice d'abouclieraent d'une glande.
Sur la couche hyaline limitante repose une rangée de noyaux libres, déjà passées par places à l'état de très-petites cellules épithéiiales polyédriques. Sur cette rangée en repose une autre de cellules polyédriques un peu plus grosses, qui supporte elle-même la rangée des grandes cellules prismatiques ciliées bien connues de cette muqueuse. Dans le sinus la rangée intermédiaire des cellules polyédriques manque et les cellules prismatiques reposent sur la rangée unique des épithéliums nucléaires.
La muqueuse conjonctivale présente un chorion dont la mince trame tant élastique que fibro-vasculaire offre la texture fondamentale de celle du derme, ou si l'on veut de la muqueuse buccale, mais manque de papilles. C'est une muqueuse tout à fait lisse, sauf dans la portion qui recouvre les organes fibreux, dits à tort cartilages tarses. Les fibres élastiques y sont aussi nombreuses que dans les membranes précédentes et y forment des mailles analogues par leur configuration et leur grandeur. La couche hyaline limitante y est très-nette, épaisse de 0™"", 008 environ; au-dessous d'elle la trame renferme des cytoblaslions, mais en très-petit nombre.
Beaucoup de fibres élastiques se continuent avec des faisceaux du tissu cellulaire dans le tissu sous-muqueux. Celui-ci renferme toujours quelques petits lobules adipeux microscopiques qu'on trouve jusqu'au delà du repli oculo-palpébral, en remontant sur la sclérotique.
l,es conduits lacrymaux sont une véritable continuation de la conjonctive. L'élégant réseau de fibres élastiques du chorion y est seulement plus serré, surtout en approchant de la couche hyaline limitante, les fibres devieiment fines avec
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interposition de matière amorphe hyaline, mais s ms cytoblastions. La face libre iisse, sans papilles porte un épithélium pavimenteu>c semblable à celui de la conjonctive, à cellules profondes polyédriques, étroites, etc. La face adhérente envoie des prolongements riches en fibres élastiques directement entre les faisceaux du muscle de Horner qui la touchent et dont quelques-uns s'insèrent sur elle. Des tubes nerveux peuvent être suivis comme dans la partie non-papillalre delà conjonctive, jusque dans la couche liyahne hmitante. Cette muqueuse tabulée forme à elle seule les conduits lacrymaux qui ne sont aucunement divisibles en une paroi libreuse propre et une muqueuse.
Deuxième division des muqueuses. Muqueuses gastro-intestinales, endoder- MiQUES OU digestives. Nous u'avous à décrire ici ces muqueuses que comparativement aux précédentes , l'exposition des nombreux détails qui les concernent appartenant à l'article Lntestin.
Ces muqueuses sont constituées sur un type différent de celui des précédentes. Elles n'ont, en fait, de commun que l'état glissant de leur surface, la présence d'une couche épithéliale recouvrant un tissu mou ; mais celui-ci diffère tout à fait du chorion des autres muqueuses.
Elles consistent, en effet, en une couche de glandes folliculaires, qui en forme la partie la plus épaisse, reposant sur une mince couche de tissu cellulaire trèsvasculaire, resté à l'état embryonnaire (tissu adénoïde, cytogène, hjmphoïde,elc., de divers auteurs) que supporte une double rangée de fibres musculaires propres qui ne doivent pas être confondues avec la musculeuse intestinale. On doit leur découverte à Briicke, de Vienne (1850 et 1851 ; voy. aussi Fasce, Journal d'anat. cl de physiologie, 1864, p. 624). Ajoutons que le tissu cellulaire précédent qui, partout, se prolonge entre les follicules, s'élève en saillies grêles ou villosités de formes diverses, au-dessus du niveau des orifices glandulaires, dans leur intervalle, mais seulement dans l'intestin grêle qui, du reste, est la portion la plus longue du tube digestif.
Ces diverses parties sont associées par contiguïté immédiate, de manière à former un tout qu'on retrouve toujours dans ce qu'on enlève sous le nom de muqueuse intestinale ; la couche ou tunique de tissu cellulaire ou fibreux indiqué plus haut (p. 416) sépare ce tout de la double paroi musculaire du canal digestif.
Pour donner une idée de l'importance relative des parties prenant part à la constitution de la muqueuse, nous dirons que dans l'intestin grêle de l'homme la couche musculaire propre (couche plus profonde adhérant au tissu cellulaire sous-muqueux) est épaisse de 0'"'»,10 ; elle est elle-même formée d'une rangée intérieure de faisceaux circulaires, épaisse de O^^jOS, et d'une rangée extérieure d'égale épaisseur de faisceaux longitudinaux. Le tissu cellulaire embryonnaire représentant, cà proprement parler, le chorioii de la muqueuse est de 0""",05 seulement, après quoi se voit le fond des culs-de-sac glandulaires entre lesquels il se prolonge ; cette couche des follicules est épaisse de 0'°'",'20 à 0'"™,50 et les villosités qui s'élèvent au-dessus de leurs orifices ont une longueur de 0'"",60 à 0'"",80 quand elles sont étendues sans flexuosités ni contraction. Il est rare de trouver moindres ces dimensions, mais il est des sujets sur lesquels les unes et les autres de ces couches sont du quart à la moitié plus épaisses. Dans l'estomac, ces épaisseurs sont plus grandes du double au triple.
Dans l'estomac et le gros intestin, la plus grande épaisseur de la muqueuse est essentiellement due à la plus grande longueur des ibllicules et, par suite, à l'épaisseur plus considérable de la couche qu'ils forment.
MUQUEUX (an.vtomie). 453
Dans la couche musculaire propre de la muqueuse, chacune des couches secondaires est composée d'une seule rangée de faisceaux bien délimités de fibics- «ellules. Toutes deux suivent la muqueuse dans tous les plis qu'elle forme {voij. p. 417). Entre ces faisceaux l'on voit passer cà et là des vaisseaux et des filets nerveux microscopiques venant des nombreux ganglions uni ou multi-cellulaires, qu'on trouve aisément sur les coupes, dans la tunique fibreuse de l'intestin {voy. p. 416). On suit quelques-uns de ces fdets jusqu'entre les. follicules glandulaires, mais on ne peut voir leur mode de terminaison. 11 est facile de constater la présence de fibres-cellules juxtaposées en mince nappe ou couche dans l'épaisseur des villosités, parallèlement à leur grande axe, mais on ne voit pas ces fibres descendre jusqu'à la rangée interne circulaire de la musculaire propre. Il en est de même pour les fibres-cellules circulaires qui entourent l'orifice de chaque follicule et qui descendent même plus ou moins bas, du côté de leur cul-de-sac, rangées sur un seul plan. Elles sont souvent bien visibles sur les coupes minces colorées par le carmin ou par l'acide osmique. Il sera parlé plus loin des effets de leur contraction.
Le tissu cellulaire qui, dans ces muqueuses, représente, à proprement parler, le chorion du derme des muqueuses dermo-papillaires, est formé surtout de iioyaux libres sphériques, larges en moyenne de 0'"'",005 [cytohlastions, corpuscules lymphoïdes, etc.), finement grenus, sans nucléoles, accompagnés d'un peu de substance amorphe hyahne. Outre de nombreux vaisseaux sanguins et lymphatiques qui le traversent, ce tissu contient des cellules fibro-plasiiques éloilées, dont les prolongements s'annslomose, it en un réticulum, à mailles plus ou moins serrées d'une espèce animale à l'antre et dans lesquelles se voient les noyaux précédents. Ce tissu cellulaire riche en noyaux s'épaissit plus ou moins autour de la base des follicules clos. La couche des follicules s'écarte souvent de la musculeuse propre sur les coupes minces ; il faut se garder de prendre pour une couche particulière de tissu translucide l'espace laissé entre les deux parties décollées.
Partout où se trouvent les follicules clos, tant isolés qu'agminés en plaques, de Payer, ils siègent entre la musculeuse propre et le chorion précédent ; celui-ci est comme soulevé par eux , soulevé avec ses vaisseaux, et il s'épaissit entre leurs sommets quand ils sont agminés. Il est des follicules clos au niveau desquels il ne renferme pas de glandes ; alors le tissu cellulaire chorial seul les tapisse du. côté de la cavité de l'intestin et les sépare de l'épitliélium. Notons que la couche circulaire des fibres-cellules propres s'enfonce profondément entie les follicules agminés clos, tandis qu'à leur niveau la longitudinale est réduite à une extrême minceur. Mais cette musculeuse propre ne passe pas entre les follicules clos et les autres glandules.
Les follicules isolés clos de l'estomac, bien décrits par Kôlliker, tous à contour nettement limité, sont directement placés entre les follicules ordinaires, qu'ils écartent en quelque sorte; ils se voient superposés comme eux à la couche du tissu cellulaire chorial sous-iacent au lond des culs-de-sac de ces derniers. Dans le gros intestin les follicules clos existent jusqu'à 5 ou 6 millimètres environ de la ligne ■sinueuse anale supérieure (p. 445).
Nous avons déjà dit que le tissu cellulaire précédent forme une mince couche sur laquelle reposent les culs-de-sacs des follicules de Lieberkuhn, qu'il s élève en minces prolongements ou cloisons entre ces derniers, et que, de plus, c'est lui -qui, prolongé encore plus, forme la substance propre dos villosités. Rappelons ici ce fait important déjà indiqué, savoir que ces follicules de Lieberkuhn qui forment
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une couche disposée comme il a été dit (p. 452), dérivent en ce qui concerne leur partie essentielle, c'est-à-dire leur épithélium propre, du feuillet blastodermique interne, tandis que le cliorion, avec ses prolongements inter-glandulaires, et même supra-glandulaires (villosités), provient du feuillet moyen.
C'est à la présence de ces follicules, dans le conduit desquels prédominent des cellules épithéliales simplement juxtaposées, devenant promptementvésiculeuses, que les muqueuses doivent en grande partie leur consistance particulière, leur mollesse, quia fait dire de leur tissu qu'il était velouté, spongieux, pituiteux,et(i. Dans la membrane pituilaire, dite aussi veloutée, bien qu'elle soit sans villosités, comme celle de l'estomac et du gros intestin, la mollesse est due encore à des glandes, mais elles sont situées sous la muqueuse même.
C'est la présence des glandes, l'absence de tissu cellulaire et de tissu élastif|ue pleinement développés, seuls susceptibles dans les chorions ou dermes de fixer du tannin, qui fait que, suivant la remarque de Bichat, le tissu des muqueuses digestives ne peut être tanné, tandis que celui des muqueuses buccale, préputiale et balanique pourrait l'être. La substance amorphe constitue à la superficie des villosités, et entre les orifices des glandes une couche hyaline limitante, bien nette, épaisse de 0™'",006 à 0'"'",008, dans laquelle n'empiètent pas les nombreux noyaux libres de ce tissu, indiqué plus haut. C'est sur cette couche que repose la première rangée des épithéliums nucléaires de la muqueuse ; rangée au delà de laquelle se trouvent un ou deux rangs de cellules polyédriques plus ou moins longues, à noyau ovoïde, nucléole ou non, et enfin, la belle rangée de cellules prismatiques non ciliées, pourvues d'un plateau, se desquamant isolément ou p;ir lambeaux.
Nous n'avons pas à décrire ici le mode de vascularité spécial de l'estomac, des villosités ni du gros intestin, toutes particularités ([ui appartiennent à l'étude du tube digestif. Cependant il faut spécifier un certain nombre de faits généraux importants, La couche musculaire propre de la muqueuse n'est pas plus riche en vaisseaux que les autres tuniques de cette espèce ; les mailles capillaires y présentent la même forme et la même grandeur. Mais on est toujours frappé du nombre et du volume des capillaires et même des veinules formant un riche réseau dans la couche du tissu cellulaire au-dessous des culs-de-sac folhculaires, en dedans de la musculeuse propre. De ce réseau on suit nettement les artérioles se distribuant contre les glandes, et les veinules descendant au milieu du tissu qui les sépare et venant des réseaux superficiels, soit des villosités, soit de la surface des muqueuses lisses. Ces réseaux-là £ont, comme on lésait, tout à fait sous-épithéhau.v, distribués dans la couche hyahne limitante même. Les artérioles afférentes et les veinules effcrentes des villosités se voient, en outre, superficiellement placées, sur tel ou tel de leurs côtés, et ne sont pas centrales comme dans les papilles [voy. Lymphatique).
Du réseau précédent partent des vaisseaux assez gros qui passent çà et là entre les faisceaux de la musculeuse propre, et viennent former le réseau, riche surtout en veinules assez grosses qu'on voit dans la fibreuse intestinale.
Quant à la jonction de la fin de la muqueuse rectale avec la peau de l'anus, elle offre les particularités suivantes (voy. Cb. Robin etCadiat, Journal d'anal, et de physiologie, 1874, p. 589 et suiv.).
Partout oii existent les follicules clos et autres, la muqueuse offre l'état mou et glissant bien connu, propre à la muqueuse digestive. Cet état particulier disparait en même temps que disparais.sent les follicules.
MUQUEUX (anatomie). 455
Ces glandes cessent d'exister circulairement à une distance de 5 à 8 millimètres au-dessus de la ligne sinueuse offrant une série d'arcades et de festons à concavité supérieure indiquant la ligne de démarcation entre le rectum et la peau.
Correspondant à celte ligne sinueuse ou anale proprement dite, presque paral- Icllemcnt h elle, et de 5 à 8 millimètres au-dessus d'elle, se voit une autre ligne circulaire, mais un peu moins saillante, à sinuosités moins prononcées. Celle-ci est due à une dépression, à un amincissement de la muqueuse, résultant de la disparition des follicules à ce niveau même. Avec les glandes disparait aussi l'épithélium prismatique auquel succède assez brusquement, suivant cette ligne, un épilhélium pavimenteux régulier. De là, entre ces deux lignes, sinueuses, l'une muqueuse, l'autre culanéeon anale, l'existence d'une zone circulaire, haute de 5 à 8 millimètres, dans laquelle la muqueuse pourvue d'épithélium pavin)enteux manque de glandes. Dans celte zone circulaire, la muqueuse est soulevée d'espace en espace, de bas en haut, par les saillies dites co/ort/zes du rectum ou de Morgagni partant de la ligne sinueuse cutanée. Cette muqueuse forme ainsi essentiellement le fond et les côtés des godets ou dépressions intercolumnaires de la fin du rectum, et de plus la fin même de toute la muqueuse intestinale.
Toute la bande ou zone muqueuse tapissant les colonnes et les godets cidessus a un aspect finement grenu, non velouté, visible à la loupe et parfois même déjà saisissable à l'œil nu quand elle est étalée. Cet aspect change dès qu'on arrive à la ligne supérieure indiquant la limite où cessent d'exister les glandules. Ce changement est dû à l'absence de glandes quelconques dans toute cette zone, et à ce qu'ici la surface de la muqueuse est lisse d'une manière générale, en présentant toutefois, à un intervalle de un quart à un demi-millimètre environ les unes des autres, des saillies papilliformes, hautes de quelques centièmes de millimètre, en forme de mamelon ou encore de courtes papilles grêles et coniques.
Toute cette zone est tapissée d'un épithélium humide, mou, glissant, analogue: à celui du vagin, pavimenteux, à cellules superficielles minces, hyalines, encore nucléées, se dissociant aisément en lamelles; au-dessous, les cellules de la couche de Malpighi sont grenues, grisâtres, notablement plus étroites et plus épaisses que les précédentes, polyédriques en un mot, etnon lamelleuses. Les papilles ne sont que partiellement noyées dans cet épithélium.
Alors même que la ligne sinueuse supérieure est à peine marquée, on reconnaît sa place, surtout sur les coupes, par le nombre et le volume des vehies qui siègent à son niveau, dans le tissu cellulaire sous-jacent; elles sont énormes chez les liémorrhoïdaires et empiètent sur la trame de la muqueuse. On n'en voit pas ou presqne pas dans la zone à épithélium pavimenteux ou des godets qui est aude.^sous de cette ligne.
Cette zone muqueuse intra-anale à épithélium pavimenteux représente un yéntshhresie deh dépression cloacale embryonnaire [voy.p. 408) du feuillet externe, au sommet de laquelle s'est ouvert le cul-de-sac postérieur ou rectal [aditus posterior) du feuillet interne ou intestinal. La ligne sinueuse supérieure de cette zone indique le lieu réel on s'établit la continuité entre les dépendances du feuillet blastodermique interne ou muqueux et celles du feuillet externe ou à dépendances dermo-papillaires.
La %ne smwewse cutanée inférieure indiquée plus haut, d'après M. Cruveilhier, est la véritable ligne anale, c'est-à-dire qu'elle trace la véritable séparation ou ligne de démarcation de la peau de cette région et de la muqueuse rectale,
456 MUQUEUX (anatomie).
le siège de l'anus proprement dit. Son existence est la conséquence des parliculirités anatomiques suivantes : la peau, y compris l'épiderme et le tissu cellulaire sous-cutané, forment un épaississement par rapport ;i la muqueuse qui lu coulinue au-dessus ; plus ou moins marqué d'un sujet à l'autre, cet épaississement cn'culairc offre ceci de conslant, qu'il est toujours coupé à pic du côté de l'iiitestiii et, au contraire, se continue du côté opposé avec la peau sans ligne de démarcation. Sur les sujets jeunes, encore vigoureux, non amaigris, cet épaississement représente une sorte de bourrelet arrondi, sinueux, retombant biusqiiement du côté de la nuiqueuse, de manière qu'en partant de celle-ci il a une hauteur ou épaisseur de 2 à o millimètres dans l'intervalle des colonnes deMorgagni, mais il se continue presque sur un même plan avec celles-ci, et reste plus ou moins réduit au minimum à leur niveau. Sur certains sujets, surtout âgés ou amaigris, ce bourrelet ou ligne sinueuse forme une sorte de pli saillant, iucliné vers l'intestin, plus ou moins aminci, d'une hauteur de SàSmilhmètresdu côte du rectum. Alors fi liyiie sinueuse tracée par son sommet est souvent un peu dentelée, à peu près comme celle du cardia. Du reste, cette saillie cutanée eu forme de pli valvulaire se rencontre dès l'àgc foetal et chez quelques individus déjà aussi développée que sur l'adulte, soit sur tout le pourtour de l'anus, soit seulement dans le voisinage de sa commissure postérieure.
Cette saillie est due à un épaississement réel du derme à ce niveau. Ses deux faces et son sommet portent des papilles assez rapprochées, longues de 0"™,08 ou environ, coniques, accompagnées, sur les vieillards, de petites saillies en mamelon, à surface papilleuse. Cet épaississement ne possède aucune glande. Sa face supérieure avec ses papilles est tapissée par un épithélium pavimenteux mou, facile à dissocier, semblable à celui de la zone des godets, avec lequel il se continue, il serait difficile de dire s'il y a quehjue chose dans ces dispositions qui corresponde aux papilles destinées à remplir le rôle d'organes de sensations, que quelques auteurs admettent avec Huschke, dans la dernière partie du rectum, ou s'il n'y a pas une simple supposition derrière l'affirmation. En tout cas cette zone est le siège des fissures ou autres excoriations anales douloureuses •et souvent encore le siéi;e de l'orifice interne des fistules à l'anus.
A partir du sommet de cet épaississement, en allant du côté de la peau, l'épithélium prend aussitôt la structure de l'épiderme. Les cellules de sa couche superficielle ou cornée mince, facile à dissocier, sont sans noyaux et non pigmentées. En même temps la trame dermique, encore mince, offre les autres caractères •qu'elle a dans la peau. Ses papilles sont : les unes épaisses, les autres grêles, toutes coniques, longues seulement de 0'"™,05 en moyenne, mais écartées les unes <les autres, et laissant çà et là sur la plupart des sujets des espaces longs et larges de 0""",02 jusqu'à 5 millimètres, dans lesquels le derme reste absolument lisse. Seulement cette peau est tout à fait dépourvue de poils tout autour de l'onfice anal dans une zone dont la hauteur varie entre 12 et 20 millimètres d'un pointa l'autre de sa circonférence, même sur les sujets vigoureux et velus {voy. p. ■i^S •etCh. Robin et Cadiat, Journal d'anatomie et de physioL, toc. cit. p. 595).
A partir de la base du renflement qui forme la ligne anale dentelée ou à 1 ou 2 dixièmes de millimètre au-dessus, l'épaisseur du derme diminue brusquement. Cette épaisseur devient moitié moindre ou environ; elle n'est plus que de 0""",12 à 0'""',18 dans toute l'étendue de la zone muqueuse sans glandes. Elle conserve toutefois sa texture dermique ordinaire bien distincte de celle du tissu cellulaire tous-cutané et sous-muqueux. Dès que cette trame à texture dermique arrive à la
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limite de la muqueuse reci aie pourvue de t'ollicules et même déjà un peu avant, elle se réduit à une éfiaisseuf de 0""",06, et se continue avec la couche musculeuse propre de la muqueuse (p. 4.52). Celte terminaison dermique amincie se distingue nettement du tissu cellulairesous-niuqueux, qui est extensible, mou, transparent, à trame élastique réticulée lâche, riche en veines plus ou moins larges, etc.
Dès qu'en remontant vers la muqueuse rectale à épithélium prismalique on s'élève au-dessus des cinq ou six premières rangées de follicules, le tissu chorial interposé à ceux-ci ne renferme plus de fibres élastiques, presque plus de fibres lamineuses. 11 prend la texture indiquée page 453. Sa matière amorphe constitue à la superficie, autour des orifices folliculaires, la couche' hyaline {dite intermédiaire, etc.), relativement très-épaisse ici.
Une partici:!''rité analomique importante encore à signaler est la suivante : sur quelques sujets, dès ré|ioijue de la naissance, on trouve les réseaux veineux Iiéniorrhoïdaux sous-miiqueux bien plus développés que sur les autres, le long des côtés de l'anus ; particulièrement au niveau et au-dessus du bord inférieur du sphincter interne. Alors dès cet âge, ces veinules [»résentent, d'espace en espace, des dilatations fusiformes. On peut suivre aussi des branches de ce réseau qui descendent entre' le sphincter interne et la peau; d'autres passent entre les bords correspondants des deux sphincters.
On sait que les épithcliomas papillaires, les condylomes, les chancres, les lissures, etc., ne se montrent que sur les membranes à trame dermo-papillaire, s'arrêtent à leur jonction avec les muqueuses intestinales, tandis que sur celles-ci certains ulcères d'origine glandulaire s'arrêtent à l'origine des membranes dernio-papillaires où manquent les follicules intra-muqueux. Ces faits montrent l'importance que présente l'étude des dispositions anatomiques des muqueuses au niveau de leur jonction avec des membranes différentes dans les régions anale et vulvo- vaginale particulièrement.
Il importe encore d'ajouter que la présence, dans l'épaisseur des muqueuses intestinales, de glandes occupant leur superficie l'ait que, ces organes en grande partie formés d'épithélium empêchent la soudure anatomi(iuede leurs faces opposées quand elles sont accolées l'une à l'antre, alors même que leur épithélium est enlevé. Au contraire, dans les muqueuses dermo-papillaires, conjonctivale, vaginale, œsophagienne, etc., dont les glandes sont sous-muqueuses, lorsqu'une brûlure ou quelque autre cause ont amené la desquamation de tout l'épithélium, l'adhésion avec fusion complète en une seule membrane des chorioiis contigus est difficile à empêcher (Ch. Robin, Programme du cours d'histologie, Paris 1864, et 2'^ édit. 4870, p. 269.)
Muqueuse biliaire, fl importe de relever plusieurs erreurs et omissions qui régnent encore dans les traités les plus récents sur la structure de la muqueuse de la vésicule biliaire [voy. Biliaire, p. 508). La texture de la muqueuse de la vésicule n'est semblable ni à celle de l'intestin, nia celle du conduit cystique. L'épaisseur de son chorion varie de 0'""S2 à 0""",5. Les élevures lamelleuses c|ui surmontent sa surface libre lui donnent un état réticulé ou gaufré et non villeux. Ces alvéoles ont une largeur de 0""", 5 à 1 millimètre chez l'homme. Ce sont des «paississements feuilletés du tissu chorial même et non des plis par doublement ou accoUement à elle-même de la face adhérente delà niu(|ueuse, ni des villosités lamelleuses. La plupart de ces lames se continuent les unes avec les autres, d'où l'état gaufré de la surface. Leur hauteur varie de 0""",5 à près d'un millimètre, soit de l'un à l'autre, soit sur leur longueur [iropre, lorsque leur bord libre est
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oniluleux. Leur épaisseur, non compris celle de l'épithélium (qui est relativement épais en raison de la longueur des cellules), est de 0'"'",05 à 0""",08 ; elle est souvent moindre sur la ligne de continuité avec le reste du chorion qu'uu bord libre, qui est soit mousse, soit aminci, droit ou onduleux. Les particularités suivantes difl'érencient encore ces plis et les villosités (Ch. Robin, Programmedu cours d'histoL, 2« édit. 1870. p. 267).
Une veinule large de 0""",G5 à O^^jlO court le long du bord libre de ces plis, en s'anastomosant avec ses homologues partout où se continuent ensemble ces élevures pour limiter les alvéoles. Elle est dans l'épaisseur même du tissu des élevures et non sous-épithéliale comme les veinules collectrices des villosités duodév nales, etc. L'ensemble des mailles formées par les veinules du bord des plis alvéolaires, donne aux injections de cette muqueuse un aspect qu'on ne trouve pas dans l'intestin.
Les mailles capillaires seus-épithéliales qui couvrent la muqueuse et les feuillels sont plus ou moms allongées et étroites, à angles arrondis, limitées par des capillaires un peu onduleux, de même type en général, mais une à deux fois plus larges que celles des muqueuses gastrique et intestinale. On ne voit pas dans l'épaisseur de ces élevures les fibres-cellules qui existent dans toutes les villosités, non plus que les culs-de-sac et les anses lymphatiques centrales voisines de ces libres. Le bord de ces saillies lamelleuses est net, non surmonté de villosités.
Quant au tissu chorial même de la muqueuse biliaire, il diffère notablement de celui du chorion intestinal. Aucune glande folliculaire ni autre ne se voit dans son épaisseur. Abstraction faite des vaisseaux, il est essentiellement formé défibres Jamineuses disposées soit eu nappes et eu faisceaux, soit isolées, et de beaucoup de cellules fusiformes ou étoilées. Les noyaux libres du tissu cellulaire y sont ;iboiidants, surtout dans les saillies lamelleuses, mais ils n'y prédominent pas comme dans la muqueuse intestinale et ses villosités (p. 455). De plus, au lieu d'être petits et sphériques {cytoblaslions, etc.), le plus grand nombre de beaucoup est ovoïde, à contour peu régulier. Ils ne sont guère plus nombreux vers la superficie que profondément. La substance amorphe interposée constitue une couche hyaline ou limitante mince, mais trè^-nette. Enfin cette nuiqueuse renferme une certaine quantité de fibres élastiques à l'état de petites cellules étoilées, à prulongements très-fins, rarement anastomosés ; mais ni dans son épaisseur, ni profondément elle ne montre des fibres-cellules.
Cette muqueuse repose sur une couche de tissu cellulaire ordinaire, épaisse au plus deO""^,0'2 à O'""',0o, pauvre en noyaux; elle la sépare de la musculeuse entre les faisceaux de laquelle elle se prolonge. Comme ces faisceaux sont assez écartés les uns des autres, on suit ce tissu cellulaire jusqu'à la couche sous-séreuse. Cette musculeuse est épaisse de 0'"'",2 à 0™™,3 seulement, et il est facile de voir que ses faisceaux sont dirigés en long, entravers et obliquement. Ils forment parfois des sortes de nappes d'une certaine largeur, mais sans composer deux couches distinctes dirigées en sens inverse, comme dans l'intestin. Leurs noyaux se voient bien après l'action du carmin.
Dans ces diverses couches de la vésicule du fiel, non plus que dans son tissu cellulaire sous-séreux, on ne trouve aucune glande, chez l'homme, le chien et le lapin. La démonstration de ce fait est d'autant plus nette, qu'on voit aisément les glandes acineuses décrites par Beale, Sappey, etc., dans le tissu cellulaire qui entoure la paroi propre des conduits hépatique et cholédoque auxquels arrivent leurs conduits excréteurs.
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La muqueuse précédente avec ses plis se continue au delà du col dans le conduit cystique ; mais elle n'existe aucunement dans les canaux cholédoque et hépatique. Dans ceux-ci l'épilhélium repose directement sur leur paroi propre, épaisse de 0'^'^,'i à O^^jS, riche en fines fibres élastiques, manquant presque tout à fait de noyaux libres ; elle a un aspect et une texture bien différents de ceux de la muqueuse. Ces conduits sont dépourvus de fibres muscuhàres et les réseaux de fibres élastiques sont d'autant plus serrés qu'on est plus |)rès de leur face libre.
L'absence de glandes est probablement une des raisons qui font que la muqueuse biliaire et celle des trompes utérines prennent un aspect lisse et comme séreux, quand elles sont accidentellement distendues par des liquides, ainsi qu'on l'a noté depuis longtemps (Béclard, etc.). En même temps leurs pliss'eflacent, l'épithélium prismatique est généralement remplacé par un épithélium pavimentcu\^ et la trame devient bien plus riche en fibres lamineuses complètement développées, plus pauvres en capillaires, à'oh un aspect blanchâtre, presque fibreux.
Conduils excréteurs. Non-seulement les conduits excréteurs biliaires, mais les salivaires, mammaires, prostatiques, pancréatiques et autres sont absolument dépourvus des couches musculaires ou des libres-cellules propres à leurs parois, que quelques auteurs continuent à leur attribuer, malgré les assertions contraires et déjà anciennes des histologistes (Henle, Eberth, Kolliker, etc.). Nous avons déjà dit que leur face interne est tapissée directement par l'épithélium et non par une muqueuse ; que d'autre part leur face interne est sans villosité et que leur texture n'est pas celle des muqueuses en général, leur vasculaiité restant bien moindre et sans réseaux capillaires superficiels, données qui justifient leur séparation du système muqueux établie pour la première fois par de Blainville. Toutefois dans tous les gros conduits répithélium repose sur une mince couche hyaline limitante de substance amorphe, continue avec celle qui se trouve entre les éléments sous-jacents.
Rien de plus net dans les canaux salivaires, ceux des glandes de Méry et vulvovaginale que leur trame élastique à fibres assez épaisses, anastomosées, nombreuses surtout près de la face épithéliale oiî beaucoup sont circulaires , particuhèrement dans le canal de Sténon. Elles sont accompagnées de tissu laniineux, assez riche en noyaux libres et pauvre en capillaires, sur une épaisseur de 0""",! à O^^jS. Au delà son tissu lamineux se dispose graduellement en faisceaux formant l'épaisse couche fibreuse ; presque tous ces faisceaux sont parallèles ou obliques par rapport à la direction du conduit, polyédriques, contigus , avec interposition de vaisseaux çà et là , puis de tissu adipeux et cellulaire à la superficie de l'organe.
Les canaux galactophores ont une paroi dont l'épaisseur dans les plus volumineux ne dépasse pas 0™,2. Elle est surtout composée de fibres circulaires, dont la direction permet de la distinguer de la trame lamineuse ou fibreuse ambiante, avec laquelle ses fibres lamhieuses extérieures se mêlent insensiblement. Entre ces fibres disposées en nappes ou en faisceaux existe une trame serrée de fines fibres élastiques, souvent anastomosées, surtout près de la face interne du canal. La couche limitante amorphe est plus épaisse (O'^^SÛO? à 0'"'",010) dans ces conduits que dans les autres. La trame élastique n'est guère visible qu'après qu'on a rendu le tissu lamineux transparent par l'acide acétique, etc.
Les conduits excréteurs de la prostate n'ont également pas de muqueuse. Les éléments de leur paroi se continuent directement avec ceux de la trame glandu-
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laire ambiante. Néanmoins celte paroi se dislingue aisément en ce qu'elle est i'ormée principalement d'un réseau de fibres élastiques, circulaires pour lu plupart. Les fibres-cellules y manquent; les mailles du réseau élastique contiennent du tissu cellulaire avec une quantité de noyaux libres variant d'un sujet à l'autre, mais toujours notable. Malgré le peu d'épaisseur de ces parois, qui ne dépasse jamais 0™"',!, la substance amorpbe qui entre dans leur constitution forme une très-mince coucbe hyaline sur laquelle repose leur épitliélium prismatique cilié.
Tous ces conduits ne déversent donc à la surface des muqueuses leur contenu qu'en raison du trop-plein venant de la glande qui les distend et met ainsi en jeu lenr élasticité. Aussi tous sont-ils revenus sur eux-mêmes hors des périodes d'excrétion et oblitérés parle plissement qui résulte de ce retrait.
Des moqueuses accidentelles. Sous ce nom et sous celui de membrane pyogénirj u e {Lohslein, 1829), les anatomistes elles chirurgiens décrivent la couche membraneuse molle, qui tapisse le foyer des abcès anciens, de ceux siu'tout qui sont le siège d'un écoulement chronique par un trajet fistuleux. 11 en est de même encore jjonr la membrane qui tapisse les trajets purulents, entretenus par l'écoulement de liquides produits autour d'un os nécrosé ou d'un corps étranger, ou les trajets dits muqueux el fistuleux partant d'une cavité muqueuse naturelle (Hunier). Celle membrane se confond plus ou moins avec les tissus sousjacents, mais elle est molle, généralement vasculaire, fongueuse, saignante au moindre contact, à surface glissante et humide. Ces particularités diverses s'expliquent aisément par ce fait, qu'elles ont commencé à se développer, comme tout tissu cellulaireou chorial cicatriciel, parla généra liond'unecouchedetissucellulaire embryonnaire très-vasculaire {bourgeons charnus) souvent végétant, dont la réunion par leurs surfaces conliguës est empêchée par le liquide coulant continuellement. Ce tissu continuant son développemcnl, la couche prend la disposition d'une membrane dont la surface peut avoir réellement une analogie d'aspect avec celle des muqueuses buccale, vésicale, etc., quand elle se continue avec telle ou telle de celles-ci. Il en est de même pour la surface des portions séreuses des faces herniaires interposées à l'intestin et à la peau dans les cas de fistules stercorales (Cruveilhier, Analomie pathologique. Paris, 1856, t. Ill, p. 938).
La couche de tissu accidentel dite ici muqueuse ou pyogénique ne ressemble à la trame d'aucune des muqueuses. Outre des capillaires nombreux, flexueux, souvent variqueux çà et là, elle se compose uniquement de tissu cellulaire mou, de nouvelle génération, entre les éléments figurés duquel se voit une certaine jn'oporlion de matière amorphe, le plus souvent, plus ou moins riche en gnuiulations tant grises que jaunâtres. Outre les noyaux du tissu cellulaire, celle trame monire une assez grande quantité de fibres lamineuses complètement développées, disposées en nappes ou isolées, entrecroisées, qui lui donnent un aspect fibrillaire très-net ; mais les fibres élastiques manquent ou ne s'y trouvent qu'en fort petit nombre. On n'y voit pas de glandes, ainsi que l'a déjà noté Lobsteiii, qui signale également l'absence de celles-ci dans la muqueuse vésicale.
Leur orifice cutané, dit Béclard, est pourvu jusqu'à ^me certaine profondeur d'un épiderme distinct continu avec celui de la peau. Ce fait est exact, bien qu'indiqué d'après l'aspect extérieur seulement; mais j'ai constaté en plusieurs circonstances que cet épithélium cesse d'exister au delà de deux à huit millimètres, dans tous les cas d'abcès chroniques ou de trajets entretenus par la présence d'un corps étranger profond. La surface de ces conduits n'est recou-
MUQUEUX (physiologie). 461
verte par rien, hors le pus ou la saiiic qui lui adhère ; il en est de même de la membrane dile pyogénique des abcès anciens.
Au contraire, dans le cas de fistules anciennes, soit à l'anus, soit allant de la joue aux gencives, j'ai vu qu'une couche d'épiUiélium pavimenteux, polyédrique, à deux ou trois rangées de cellules, existe dans toute l'étendue des trajets.
M. Goujon et moi avons constaté nettement aussi ce fait dans un trajet fistuleux d'origine dentaire enlevé en entier par MM. Labbé et Magitot.
La présence de cet épithélium indique manifestement l'arrivée de ces membranes à un degré d'organisation comparable à celui du chorion même des muqueuses, comme l'apparition de l'épiderme sur les plaies cutanées indique l'arrivée du tissu cicatriciel à un degré de texture analogue à celui que possède le derme. La présence de cet épithélium et cette texture sont les causes qui s'opposent à la réunion des surfaces, autant que le fait le liquide produit par la membrane qui empêche un contact immédiat. De là vient que ces conduits accidentels ainsi tapissés continuent, d'après Dupuytren, à vivre isolément sans s'oblitérer, alors même que l'un des orifices est fermé. Toutefois, comme le signale bien Cruveilhier, ces membranes se distinguent toujours des muqueuses en ce qu'elles se continuent insensiblement avec les tissus sous-jacen(s qui ont été le point de départ de la génération du tissu cellulaire, sans que la dissection puisse montrer une face profonde comme pour les autres muqueuses ; d'où le nom de surfaces muqueuses au lieu de membranes, que leur domie Cruveilhier.
Quelques auteurs (Béclard, etc.) ont avancé que les muqueuses détruites se reproduisent très-promptement et avec tous les caractères du tissu naturel. Mais Cruveilhier insiste avec raison sur ce que les muqueuses épidermiques se reproduisent par un tissu cellulaire, cicatriciel, membraneux, qui ne représente la membrane muqueuse qu'au même titre que les cicatrices cutanées représentent la peau. Quant aux cicatrices des muqueuses à épithélium prismatique, elles ne sont formées que de tissu fibreux sans villosités, ni autre régénération quelconque du chorion ni des glandes, tissu qui comble une brèche irréparable {voy. p. 430).
Dans l'estomac et l'intestin, un bourrelet circulaire établit une distinction tranchée entre la surface muqueuse et la cicatrice.
M. Cadiat et moi avons constaté le même fait sur les cicatrices urélhrales causant rétrécissement, sauf toutefois le bourrelet indiqué ci-dessus. Dans l'un et l'autre cas, le tissu fibreux se continue avec le tissu sous-jacent et établit là une adhérence.
§ II. Physiologie. Les muqueuses offrent des propriétés physiologiques dont les unes sont générales, communes à toutes les membranes, et d'autres qui sont spéciales à chacune d'elles, ce qui dépend de ce que, ainsi que l'a montré Bichat, il y a une organisation générale au système muqueux et une organisation propre à chacune de ses divisions.
Les premières de ces propriétés doivent seules nous occuper ici. On est frappé de voir combien peu leur étude a fait de progrès depuis Bichat. en dehors de ce qui concerne le mode de production des mucus et que nul écrit ne contient autant de détails que les siens sur ces derniers et sur leur rôle dans l'économie.
Comme nulle muqueuse ne remplit ses usages tant généraux que spéciaux sans l'intervention du mucus (jui les recouvre constamment, il importe de faire connaître ce liquide avant d'entrer plus avant dans ce sujet.
Du mucus. Les noms de mucus, de fluides muqueux ou pituiteux et de
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mucosités sont souvent appliqués à la désignation de matières diverses. Ce sont: 1» les débris de la desquamation continuelle de lépitliélium q\ii revêt les membranes muqueuses ; 2" les leucocytes qui se forment dans les inflammations superlicielles des membranes muqueuses ; 3° la sécrétion liquide des glandes intra et sous-muqueuses ou de celles de téguments sur les batraciens, divers mollusques, etc. ; 4° Le mucus proprement dit ou produit par la portion interglandulaire des muqueuses, ou des téguments des animaux aquatiques, ou par toute la surface des nniqueuses dépourvues de glandes comme la vessie et 1 uretère. Il
. est en effet certain aujourd'hui que, comme Lobstein (1829) et Magendie le soupçonnaient, les muqueuses, aussi bien que les séreuses, sécrètent indépendamment de la présence de toute glande [voy. Ih. Robin, Leçons sur les humeurs, Paris, 1874, 2«édit., p. 516). Les premières donnent ainsi du mucus, malgré l'absence de follicules, et plus on moins selon les conditions d'afflux sanguin dans lesquelles elles se trouvent. De là les variétés de consistance et d'abondance des mucus, de l'une ù l'autre des membranes qni le sécrètent.
Les mucus proprement dits doivent leurs propriétés caractéristiques à une substance organique liquide qui est presque toujours visqueuse. Elle est susceptible de se gonfler et de fixer une quantité d'eau considérable sans se dissoudre dans ce fluide dont elle retient pourtant une masse qui dépasse de beaucoup son propre poids. M. Chevreul est le premier qui ait montré que les substances organiques peuvent être tellemen gonflées par l'eau, qu'elles sont tout à fait invisibles et qu'on les dirait dissoutes .<i le filtre ne les retenait et si la solution de sublimé •ne les rendait visibles et ne les montrait en suspension.
Pour se rendre compte du mode de production des mucus,\\ faut se rappeler que tous les tissus mis à nu, et surtout disposés en membrane, ont la propriété de sécréter. Or, de même que les séreuses, par exemple, produisent de la sérosité, les muqueuses sécrètent des mucosités. Il est vrai que, sauf le cas de la vessie, des uretères, des vésicules séminales, de l'utricule prostatique, des trompes, de la muqueuse vaginale, de la conjonctive, nous n'avons en fait entre les mains que le mélange du mucus aux produits sécrétés par les glandes intra ou sous-muqueuses; mais dans plus d'un cas on les observe séparément, parce que la sécrétion du mucus pur ou produit de la muqueuse continue précisément pendant que les follicules intra-muqueux ne sécrètent pas, soit normalement, soit d'une manière accidentelle. La sécrétion des glandes est, en effet, généralement temporaire avec des intervalles de lepos, tandis que celle de la surlace muqueuse est continue avec des périodes d'augmentation et de retour à une activité moindre. Dans les cas de fistule gastrique, par exemple, on peut étudier le mucus alcalin qui se produit sous Ibrme de couche grisâtre à la surface de la muqueuse dans l'intervalle des digestions, puis, lorsque le suc gastriqui; acide est versé abondamment par les follicules, il entraîne le mucus au début de l'ingestion alimentaire. C'est encore ainsi que se produisent des couches de nmcus concret à la face interne du gros intestin, parce que les follicules de la muqueuse, cessant accidentellem.ent de sécréter pendant longtemps, n'entraînent pas ce dernier et ne le font pas se mélanger aux fèces. Cette continuité de la sécrétion est encore ])rouvée par ce fait, qu'on trouve toujours à la superficie de ré|)itliéliinn des muqueuses une couche de mucus, épaisse de 0'""',0ô à 0™"',05 environ, trop mince pour couler, qui souvent n'est visible que sur les coupes de la membrane
■ après l'action des agents congestionnants et durcissants.
Dans les fosses nasales et pharyngiennes encore, on ne peut nettement distin-
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"uer le produit des glandes sous-muqueuses du mucus même, dans les cas nombreuxQÙ ces fluides sont abondamment sécrétés. Mais l'existence constante du mucusdans les sinus ethmoïdaux, sphénoïdaux et frontaux, à muqueuse dépourvue de glandes, montre que si les produits glandulaires ont certaines analogies decousistance, de viscosité, etc., avecles mucus, ils ne leur sont pas identiques.
Le mécanisme moléculaire de la production du mucus par les muqueuses est du reste, le même au fond que celui de la sécrétion des salives, du liquide pancréatique ou autres par les glandes. Il consiste essentiellement en un excès dans les épitliéliums de l'acte d'assimilation d'abord, et de désassimilation ensuite, ayant pour conséquence lalormation de la mucosine (ou de quelque autre principe s'il s'agit des glandes), surtout dans les cellules épithéliales, et sou rejet au dehors lorsqu'il y a afflux sanguin dans les réseaux capillaires. Selon la nature et la quantité des matériaux qui aftluent, la mucosine peut être plus ou moins tenace, plus ou moins concrète ou (luide, et accompagnée d'une plus ou moins grande quantité d'eau et de sels ; elle varie aussi selon la texture de la trame de la muqueuse, et surtout selon que les épitliéliums sont prismatiques ou pavimeuteux.
Certaines conditions physiologiques amènent quelquefois les mucus à présenter Télat demi-solide, qui les fait appeler mucus concrets . Cet état de demi-solidité de leur mucosine survient chez l'homnie durant certains troubles de la circulation des muqueuses, et ces troubles enlrauienl une modilication de l'élaboration produite par les épithéliums ; modification telle, que la substance organique de ces humeurs, au lieu d'être versée à l'état fluide demi-transparent à la surface de la membrane, est sécrétée immédiatement à l'état demi-solide, au point de produire une véritable membrane, une couche membraneuse non organisée, bien que la substance soit striée en diverses directions ; couche qui est grisâtre ou blanchâtre, ou au moins opaline. C'est ce qui se voit fréquemment dans l'intestin, etc. On peut parfois, du reste, saisir en quelque sorte sur le fait le mécanisme de cette sécrétion exsudative sur les cellules de lépithélium intestinal de divers vertébrés, sur celui de la peau de quelques poissons et surtout des mollusques et des blrudinées. Lorsqu'elles viennent d'êtie isolées, on les voit sous le microscope s'entourer peu à peu d'une atmosphère hyaline, visqueuse, agglutinative, qui écarte de la cellule les granules ambiants et qui se comporte chimiquement comme le mucus des membranes dont vient la cellule observée.
11 faut rapprocher de ces phénomènes, quoiqu' ayant lieu au sein d'organes autres que les précédents, ceux qui amènent la production du blanc d'œid' par les glandes de l'oviducte des oiseaux, des diverses variétés de nidamentum gélatineux des diptères tipulaires ou autres, ou encore la sécrétion de matières qui, d'abord demi-solides, prennent très-rapidement une consistance et nm ténacité remarquables, comme on le voit dans les glandes nidamenteuses formant la coque de l'œuf dos chimères et des raies, dans celles qui sécrètent les matières filées par les araignées, les chenilles, etc., et qui sont composées presque exclusivement par une substance organique azotée, appelée fibroïne.
Ce rôle Ibndamental de l'épithélium dans la production du mucus permet aulourd'hui de comprendre comment il se fait que des glandes dont les culs-de-sac ne doniicnt aucune trace de mucus normalement, comme les glandes sébacées et autres, en sécrètent au contraire quandcessc leur action propre par suite de dilatation kysteuse. L'épithélium fini tapisse la paroi vascularisée, ayant simplement h texture du tissu cellulaire ou du tissu fibreux, se trouve alors dans des conditions d'humidité et de nutrition voulues pour produire et laisser exsuder la mu-
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cosine, Isomère de sa substance propre, qui en fixant de l'eau et des sels calcaires forme essentiellement le mucus. Inversement cette texture n'étant plus celle du parenchyme normal, et l'épilliélium qui a remplacé celui de la glande n'étant plus identique h ce dernier, les élaborations assimilatrices et désassimilatrices qui s'y passent ne sont plus spéciales comme elles l'étaient dans la glande normde.
Les caractères communs des mucus sont :
1° Une certaine "viscosité, un état plus ou moins fluide, ou filant, ou presque demi-solide. Ils sont inodores, insipides ou fades, sans alcalinité ni acidité, insensibles aux réactifs colorés, et se putréfient difficilement (Bichat ; voy. aussi Chevreul, Dict.des se. nat., t. XXXIII, 1824, p. 269, art. Mncus. Toutes les particularités physico-chimiques qui suivent, y compris les réactions de la mucosine, sont déjà exposées dans cet article, et en partie vues aussi par Fourcroy, Vauquelin et Berzelius).
2"* Une teinte grisâtre, transparente ou demi-transparente.
5° D'être composés essentiellement d'un liquide constitué par : a, de la mucosine fixant de l'eau, à laquelle ou auxquels l'humeur doit principalement ses caractères fondamentaux de viscosité, etc.; b, des traces de principes cristallisables d'origine organique; c, de 5 à 5 pour 1,000 de principes d'origine minérale, des phosphates et carbonates calcaires principalement.
Nous savons déjà que sauf le cas des mucus, de l'uretère de la vessie et des trompes de Fallope, ou encore parfoisde l'estomac (sur les fœtus et les nouveaunés particulièrement) les liquides i|ue nous recueillons à la surface dos muqueuses ou qui sont rejetés des cavités qu'elles tapissent, sont du mucus mélangé à la sécrétion plus ou moins visqueuse et tenace des glandes salivaires, nasales, pharyngiennes, œsophagiennes, trachéales, uréthrales, etc.
Les mucus tiennent généralement en suspension des cellules de l'épitliéliuni de la muqueuse, dont ils proviennent. Suivant que cet épithélium est pavimenteux, nucléaire ou prismatique, il fera reconnaître de quelle muqueuse vient le liquide muqueux étudié.
Les leucocytes se produisant avec grande facilité à la surface des membranes dès qu'elles sont un peu congestionnées, il est fréquent de trouver des leucocytes en suspension dans les mucus (buccal, nasal et vésical surtout) : ce sont ces globules, produits dans ces circonstances, dont on a voulu faire une espèce à part sous le nom de globules muqueux {voy. Leucocyte).
Souvent les mucus tiennent aussi en suspension des gouttes d'huile, des granulations moléculaires, des algues microscopiques, des vibrions ou des infusoires, lorsque ces mucus, n'étant pas activement renouvelés, s'altèrent et deviennent convenables au développement et ù la multiplication de ces êtres.
Dans le tube digestif, ils renferment souvent des résidus alimentaires. Dès qu'ils s'altèrent dans l'intestin de l'animal encore vivant (diarrhées, dysenteries, etc.) et surtout sur le cadavre (de 14 à 24 heures après la mort sur les suppliciés, suivant la température), il se développe là, comme dans le sang, des Leptothrix (bactéries), et même d'autres infusoires végétaux et animaux, qui manquent dans l'état normal.
Mucosine. Les mucus renferment une matière organique fondamentale propre, la mucosine. Cette substance a été appelée mucus, matière ou substance muqueuse propre, matière ou substance spéciale des mucus, mucosine, par de Blainville {Cours de physiologie générale et comparée, 1829, t. 1, in-8, p. 525'; mucus animal, par Fourcroy et Yauqueliu {Mémoire sur le mucus animal. An-
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nales de pliysique et de chim., J808, t. LXVII, [). 26; oxyde animal, par Pearson {On expectorated ^natter, Philosophical Transac lions, 1809; John, Chemische IJntersiichungen. Berlin, 1810, t. Il, p. 124; et Cli. Uobin et Verdeil, Chimie ayiatomique. Paris, 1853, iii-8, t. Ill, p. 349). Le nom de mucine a été (loiiiié par de Saussure [Bibliothèque îiniverseUe de Genève, 1835, in-8, p. 200) à une substance qui, dans le gluten, se trouve associée à la glutine et à la caséine végétale. La mucine offre des réactions caractéristiques qui sont l'opposé de celles de la substance appelée mucosine plusieurs années avant. C'est ainsi que, loin de la coaguler, l'alcool la dissout et l'eau la précipite de la solution alcoolique. Malgré cela et malgré la priorité du nom de mucosine, divers chimistes allemands et Jeurs imitateurs donnent le môme nom à ces deux substances. Ce ne peut être que par ignorance des faits précédents, car il est impossible de considérer ces deux matières comme semblables, et qu'on veuille faire croire à leur identité de nature en leur donnant le même nom, alors que tous les chimistes, depuis Berzelius, Lœwig et autres, ont évité avec soin de faire une confusion aussi antiscientifique. Je trouve le nom de mucine appliqué |)our la première fois à la désignation de la matière propre du mucus dans le Lexique médical àe Kraus (1844). La mucosine fixe plus de sels d'origine minérale que la caséine (2,14) et que la fibrine (2,65 pour cent). En effet, les mucosines que l'on a analysées jusqu'à présent en retiennent de deux à quatre centièmes.
Les principes cristallisables d'origine organique n'ont pas été déterminés exactement dans les mucus. Il y en a de 1 à 2 n)illièmes. Il y a des corps gras, et accidentellement de la cholestérine en petite quantité. Cependant, quelquefois cette proportion s'élève d'une manière brusque, et va jusqu'à 5 millièmes ; mai» alors des leucocytes s'y trouvaient surabondamment.
C'est à la mucosine que le liquide doit ses qualités de viscosité plus ou moins ^prononcées, la propriété de fixer une plus ou moins grande quantité d'eau, et de se goniler plus ou moins.
La mucosine n'est pas coagulable par la chaleur. L'acide acétique y fait apparaître un précipité qui persiste après l'ébullition, si l'on n'a pas ajouté trop d'acide. Acidulée par l'acide cblorhydrique, elle ne précipite pas le ferro-cyanure (le potassium. L'ucide nitrique la précipite, mais ce précipité est soinble dans le moindre excès d'acide. L'acide cblorhydrique, l'acide sulfurique, le sublimé corrosif ne la précipitent pas ; l'extrait de noix de galle ne l'altère pas. Le sous-acétate de plomb donne un précipité lloconneux, l'alcool précipite la mucosine inaltérée en un caillot d'aspect libiineux qui, même après un séjour prolongé dans l'alcool, conserve la possibilité d'être redissous, ou même legonflé par l'eau, soit à froid, soit à chaud. C'est la propriété la plus caractéristique, et c'est celle do ses réactions qu'on utilise comme procédé d'extraction. Fourcroy et Vau([uolin sont les premiers qui aient montré que la mucosine est semblable, chiiiu([uement, à la substance des ongles, des cheveux et de l'épiderme, à ce point (pi'on peut considérer ceux-ci comme du mucus solide. On sait aujourd'hui que c'est l'inverse qui est vrai, ({ue la mucosine est isomère à la kératine et en dérive physiologiqucment. D'après Gorup-Besanez [Anleitung zur qualilat. Zoo- 'Cliem. Anal, etc., 1871, p. 114), la composition de plusieurs de ces matières est :
C, II. Az. S.
Épilliclitim 5t,.ï 7,0 JS.G 2.5
Épiilernic oO,ô 6," 17,2 0,8
On-jles 51,0 7,0 17,0 2.S
Corne. S1,0 6,8 16,5 5,4
Clicveus 50, C G, 4 i7,l ô,7
lliiiiies oi,:i i},'J 17,7 »