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RUBUS

MURE DES DAMES. Nom donné dans quelques localités aux fruits couverts d'une poussière glauque du Pmbus Cœsius L. {Voy. Rokce et Rubus).

MURÈXES {Muroena). Poissons marins de la même famille que les anguilles mais à queue moins allongée, dépourvus de nageoires pectorales, à ouvertures branchiales très-rétrécies, à opercules minces, à rayons branchiostèges cachés sous la peau. Il y en a plusieurs espèces dans lu Méditerranée; elles vivent de prék'rence sur les fonds rocheux et sont rares sur les plages. Leur régime est des plus, carnassiers; aussi ont-elles les mùchoires armées de dents fortes et aiguës. Un les partage maintenant en plusieurs genres secondaires. La chair des murènes est délicate et les anciens en faisaient grand cas. Quelquefois ils élevaient des murènes dans leurs viviers et l'on rapporte que, pour les engraisser, Vadius Pollion leur faisait jeter des esclaves. P. Gerv,

MUREXANE. 477

MUREX. Groupe de mollusques gastéropodes vivant dans les eaux de la mer, auquel on donne vulgairement le nom de rochers et dont certaines espèces sont remarquables par la bizarrerie de leurs formes, ainsi que par les saillies épineuses qui en hérissent la surrace. On mange fréquemment sur les bords de la Méditerranée l'espèce de murex que les naturalistes appellent Murex hrandaris. P. Gehv.

MUREXAIVE. Dialuramide. Vran'de. G^/PAz^O'': En traitant l'acide urique par de l'acide azotique, l'acide urique s'oxyde, puis se dédouble en alloxane et en urée.

C^oiPAz^O^ H- 20 -h 2110 = C^IPAz^O» -H G'-H^Vz^O^

Acide urique. Oxygène. Eau. Alloxane. Urée.

L'alîoxane, purifiée par plusieurs cristallisations, dissoute dans l'eau et traitée par un corps réducteur tel que l'acide suifhydrique, se transforme en acide dialurique avec dépôt de soufre.

C^H^Az^O» -+- 2HS = 2S 4- G^lPAz^O".

Allûxaae. Acide Soufic. Acide

sulfliydrique. dialurique.

L'acide dialurique, en se combinant à l'alîoxane, forme de Yallovanline. C^tPAz^O» + C^fPAz^O» = G'^U'Az^O'^ -+- 2110.

Alloxane. Acide Allo.vautine. Eau.

dialurique.

La murexane, ou dialuramide, prend naissance par l'action de Yalloxantine sur le chlorhydrate d'ammoniaque.

Lorsqu'on mélange une solution de chlorhydrate d'ammoniaque avec une solution d'alloxantine, toutes deux privées d'eau par l'ébuUition, il se précipite bientôt des cristaux de murexane, tandis que l'eau mère renferme de l'acide cblorhydrique libre et de l'alîoxane.

C"fFAz*0'* -f- AzIl^Gl = G^II^Az^O^ + flCl -+- C^H^Az-O".

AUoxauline. Cliloiliydrate Murexane. Acide Alloxane.

d'ammoniaiiue. tlilorliydrique.

La murexane cristallise en longues aiguilles dures et brillantes; elle est insoluble dans l'eau froide, peu soluble dans l'eau bouillante, d'oi'i elle se sépare en cristaux par le refroidissement.

L'ammoniaque la dissout à froid, les acides la précipitent de la solution sans altération ; mais, si l'on fait bouillir la solution, la liqueur se colure d'abord en jaune, puis peu à peu en pourpre foncé; parle refroidissement, la liqueur laisse déposer alors des aiguilles vertes de murexide (purpurate d'ammoniaque) .

D'ailleurs, l'ammoniaque n'est pas indispensable pour transformer la murexane en murexide; il suffit de la dissoudre dans l'eau chaude et d'y ajouter des petites quantités d'oxyde d'argent ou de mercure, en évitant toutefois d'en ajouter un excès. Les oxydes sont réduits, et en même temps la liqueur prend une teinte pourpre foncée, qui, par le refroidissement, laisse déposer des cristaux verts de murexide très-purs.

2C»lPAz^0« -h 20 = 2H0 + G^H^^Az^O^^AzIP.

Murexane. Oxygène. Eau. Purpurate

d'ammoniaque ou Mui'exide.

La murexane, traitée par une solution de potasse caustique, laisse dégager de

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l'ammoniaque, et la solution, exposée à l'air, absorbe de l'oxygène et se colore peu à [)eu en pourpre foncé, et la solution laisse déposer des cristau.v verts de purpuratc de potasse. Lutz.

MUREXIDE, purpurate d'ammoniaque. G^'^lPAz^O'^AzH^. La murexide se produit en traitant la murexane [voy. ce mot) ou dialuramide par l'oxyde d'argent ou de mercure; l'oxygène de ces oxydes se porte sur la murexane; il se forme de la murexide et de l'eau.

2C«IPAz-^0^

Gl6H5\z5012.AclP

Murexane.

Oxygène.

Murexide ou Purpurale d'ammoniaque.

Eau.

La murexide s'obtient encore en grande quantité, en dissolvant la murexane {voy. ce mot) dans Tammoniaque et ajoutant une solution d'alloxane, la dissolution prend immédiatement une coloration pourpre foncée, et dépose d'abondants cristaux de murexide.

La murexide se forme encore en traitant l'acide urique par del'acide azotique, ou évapore la solution à une douce température; en humectant le résidu par une goutte d'ammoniaque, il se développe immédiatement la magnifique coloration pourpre de la murexide. Cette dernière réaction peut faire connaître avec une grande facilité la présence de l'acide urique provenant, soit de l'urine, soit d'un calcul d'acide urique ou d'un urate.

La murexide cristallise en prismes à quatre pans raccourcis, d'une couleur d'un vert doré avec reflet métallique, comme les ailes des scarabées ; vus par transparence, ces cristaux paraissent d'un rouge grenat; leur poudre est rouge, prenant une couleur verte sous le polissoir. Une température de 100° leur fait perdre les deux équivalents d'eau de cristallisation qu'ils renferment.

L'eau froide dissout peu la murexide; elle est plus soluble dans l'eau bouillante : l'alcool et l'cther ne la dissolvent pas.

Une solution aqueuse de murexide précipite les solutions métalliques, et produit les purpurates de ces métaux.

La murexide se dissout dans la potasse caustique avec une magnifique couleur bleue. La solution se décolore par la chaleur.

Si alors on y ajoute de l'acide sulfurique étendu, il se précipite des paillettes criïtallines de murexane.

L'acide azotique ramène la murexide à l'état d'alloxane, son point de départ.

Lutz.

MUREXOïXE. Composé analogue à la murexide {voy. ce mot). Il est produit par l'action de l'air et de l'ammoniaque sur la tétramétliyle-alloxantine. Cette substance cristallise dans l'eau ou dans l'alcool en prismes quadrdatères rouges, mais dont les deux faces présentent un rellet doré. D.

iTiURlATlCJUB (Acide). Voy. Chlorhydrique (acide).

MURICIA. Loureiro. Genre de plantes Dicotylédones appartenant à la famille desCucurbitacées. Ce groupe, représenté par une seule espèce, a été réuni par les botanistes actuels aux Momordica. Les feuilles et les graines du Muricia cochinchinensis Loureiro sont employées comme apéritives et détersives. A l'intérieur, on les utilisr; contre les obstructions du foie et de la rate ; à l'extérieur,

MURIER (botanique). 479

on s'en sert contre les ulcères anciens, les relâchements de l'utérus, du rectum, etc., etc. Les baies peuvent servir à la teintnre en rouge.

LouREiBO. Flora Cochinchinensis, II, p. 755. — De Candolle. Prodroinus, III, 318. — Bentiiam etHooKER. Gênera plantarum, I, 825. Pi.

ML HIER. Morus Tournf. g 1. Botanique. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Morées. Établi par Tournefort et maintenu par Liimée sous le même nom, ce groupe naturel comprend des arbres, à feuilles simples, à fleurs unisexuées, réunies mâles et femelles sur le même pied. Les fleurs. niùles sont disposées en épis et composées d'un calice à quatre divisions ovales, étalées lors de la floraison, et de tjuatre étamines, opposées aux sépales, à Jilets filiformes rugueux en travers, s'arcboutant par les antlières au milieu du bouton floral et se détendant brusquement pour lancer leur pollen. Les fleurs femelles, en épis denses, ont également un calice à quatre sépales, et au milieu un ovaire biloculaire, surmonté de deux styles filiformes. Après la fécondation , les sépales deviennent charnus et succulents et enveloppent un petit fruit uniloculaire, à mince péricarpe un peu charnu, renfermant une seule graine à test crustacé, entourant un albumen charnu et un embryon courbé sur lui-même. 11 résulte de la réunion sur un axe de tous ces petits fruits, ainsi entourés par les pièces charnues du calice, un fruit composé qu'on appelle mûre.

Les deux espèces principales de Marier sont le Mûrier blanc et le Mûrier noir.

Le Mûrier blanc {Morus alba L.) est une espèce qui paraît originaire d'Asie Mineure, d'où elle s'est répandue en Europe en avançant progressivement d'Orient vers l'Occident. On l'a transporté et plante en France vers la fin du seizième siècle; il s'y est assez rapidement répandu, surtout à partir de l'époque de Sully, qui tenait à encourager la sériciculture et qui fit planter dans bien des endroits cette espèce, dont le principal usage est de servir de nourriture aux vers à soie.

Le Mûrier blanc est un arbre à feuilles minces, ovales plus ou moins arrondies, dentées ou lobées dentées, tronquées à la base ou obliquement en cœur. Les épis femelles ont environ la longueur de leur pédoncule ; les mûres sont blanches ou légèrement rosées, de saveur fade et douceâtre : les pièces du calice qui concourent à la formation du fruit sont glabres sur les bords.

On a quelquefois employé la racine du Mûrier blanc, comme vermifuge, contre le ténia. Le bois est d'un jaune pâle et pourrait être employé en ébénisterie.

Le Mûrier noir {Morus nigra L.) , qui est aussi originaire de l'Orient, était bien connu des anciens. Théophraste et Pline en font mention. On le cultiva en effet de très-bonne heure en Europe. L'arbre est généralement plus élevé que le Mûrier blanc: ses feuilles sont un peu épaisses, ovales acuminées, dentées ou dentées, lobée.s profondément en cœur à la base, scabres et pubescentes. Les épis femelles sont bien plus longs que leur pédoncule ; le calice a des sépales hérissées sur les bords ; les fruits sont noirs, remplis d'un suc pourpré, de saveur douce et acidulé. Ge sont surtout les fruits du Mûrier noir qu'on utilise en pharmacie ; on en fait le sirop de mûres. On le mange à l'état naturel comme rafraîchissant. On a aussi précouisé l'écorce, surtout celle de la racine, comms acre, amère, purgative et vermifuge. Quant au bois, il est plus foncé que celui du Mûrier blanc : il n'est pas atlaqué par les insectes et peut être utilisé pour l'ébénisterie.

Le bois du Mûrier rouge {Morus riibra L) d'Amérique est semblable à celui du Mûrier noir.

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