MURIER A PAPIER
ToiuNEFORT. InslUutlones Rei herbarice, S89, t. 562. — Linnée. Specics plantaruîii, 1598.
De Candûllk. Flore Française, 111, 520 et 5-21. — GnENiEa et Gonr.ox. Flore de France, IH,
1Q5 — GuiBotRT. Drogues simples, 0° édit., 5'22. Plaxchon.
g II. Emploi médical. Deux espèces du genre Morus ont été jugées susceptibles de quelques applications thérapeutiques ; ce sont principalement le Mûrier' noir, et accessoirement le Mûrier blanc.
1" Mûrier koir. Parties usitées : l'écorce de la racine et les fruits.
Pharmacologie. L'écorce de la racine est ûcre et amère ; elle doit être recueillie avant la maturité des fruits. On l'emploie à l'intérieur, en décoction, à la dose de 5 à 15 grammes ; en poudre, à la dose de 2 à 4 grammes.
Les fruits se récoltent un peu avant leur complète maturité, lorsqu'ils perdent leur couleur brune rougeàtre pour en prendre une noire. Ils sont mucilagineux, acides et sacrés ; ils renferment de la pectine, de l'acide pectique, de l'acide tartriciue et du sucre. Ils sont connus sous le nom de mûres, mûres d'arbre, pour les distinguer des baies de la ronce, rubiis fructicosus, avec lesquelles ils sont parfois frauduleusement mélangés. Ils servent à préparer le sirop de mûres.
Emploi médical. L'écorce de la racine de mûrier noir a été signalée dès l'antiquité pour ses propriétés anthelmintiqucs et purgatives, indiquées par Dioscoride et par Pline. îSennert, Mercurialis, Andry, Desbois de liochefort, l'ont recommandée contre les lombrics et le ténia. Cazin rapporte que Dufour, de Bourihes, a obtenu l'expulsion d'un ténia au moyen d'une décoction de 15 grammes de cette racine dans 250 d'eau, bue en deux fois le matin; l'expulsion eut lieu le quatrième jour après trois évacuations précédées de coliques. Ce médicament mériterait donc d'être expérimenté comme tsenifuge, comparativement avec l'écorce de racine de grenadier.
Les mûres sont des fruits acidulés, rafraîchissants et tempérants. On en fait la base de boissons agréables qui se donnent comme tisanes aux malades atteints de fièvres inflammatoires, de phlcgmasies aiguës. Le sirop de mûres, plus ordinairement employé, sert à édulcorer les tisanes, en les accidiliaut légèment, dans les mêmes circonstances. Ce sirop est d'un usage encore plus fréquent pour édulcorer les collutoires ou les gargarismes prescrits contre les stomatites et les angines ; il introduit en même temps dans ces préparations quelques propriétés résolutives et détersives. Enfin on le fait entrer dans quelques liqueurs de table.
Le s,uc ou rob de mûres a été employé à l'extérieur comme détersif contre les aphthes.
2" Mûrier blanc. C'est celui dont les feuilles servent à nourrir le ver à soie. Mais en dehors de cet usage si important au point de vue industriel, il a peu. d'intérêt pour la médecine. Ses fruits ne sont pas comestibles. Sa racine seulement a été essayée comme médicament. Quelques thérapeutistes, entre autres ■ Ferrein et Desbois de Rochefort, lui attribuent des propriétés anthelmintiqucs, même contre le tœnia ; on l'a recommandé à la dose de 90 à 120 grammes en décoction, ce qui donne à penser qu'elle est moins active que la racine du mûrier noir. D. de Savignac.
:viURlER A PAPIER. Broussonnelia Venteiiat. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Morées et voisin des Morus et des Maclura. Linnée, qui ne connaissait que les individus mâles du Mûrier à papier,