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MUTISME

Et pourtant les Nubiennes vont à peu près nues, sub sole, n'ayant, pour garantir leur pudeur, qu'un pagne en peau de gazelle, effiloché sur les bords, qui leur ceint la taille, et qui ne cache presque rien ! Elles sont à peu près réduites au sort de ces cavales que l'on boucle pour les soustraire à des amours intempestives, et pour ne les confier, au moment voulu, qu'à des pur-sang capables de propager une race exempte de tout mélange !

A Paris même, en plein dix-neuvième siècle, on a vu des maris jaloux iiifihiiler leurs femmes- On peut en lire un curieux exemple dans ïUniotiyyiédicale (I8i7, t. I, n" 148) : Un mari, employé aux pompes funèbres, et qui avait habité l'Orient, boucla sa moitié de la manière suivante : après avoir passé un fil de plomb assez fort dans la grande lèvre droite, il l'avait soudé ; aucune inflammation n'en était résultée. Son dessein était d'établir dans l'autre lèvre un anneau semblable au premier, et de les réunir par un cadenas dont il aurait emporté la clef en s'absentant pour son travail. Mais, cette fois, l'opération n'avait pas été aussi innocente : une vive douleur avait accompagné le passage du fil de plomb, et une inflammation s'en était suivie. Cette grande lèvre et les parties adjacentes étaient gonflées et rouges ; de fortes douleurs s'étaient produites dans la cuisse correspondante et dans l'abdomen; de la fièvre était survenue. Il fallut bien l'intervention de l'homme de l'art, qui s'empressa d'enlever le fil de plomb qui n'avait pas été soudé et qui avait déterminé les accidents, mais auquel la pauvre bouclée, dans la crainte de déplaire à son mari, ne permit pas de la débarrasser de l'anneau fixé à la lèvre droite {voy. les articles Chine, Circoncision, Crâne, EiNUCHisME, Ovariotomie, Ta.touage). A. Chébeau.

MLTIS (Joze-Celestino). Né, le 6 avril 1752, à Cadix; il fit ses études théoiogiques, puis médicales, à Séville, et fut emmené dans la Nouvelle-Grenade, vers 1700, parle gouverneur de cette province. Dès son arrivée en Amérique, il se livra à d'incessantes recherches botaniques dans ce pays, jusqu'alors très-peu exploré. Pendant près de quarante ans, il ne cessa de parcourir les Andes, et, entre autres découvertes importantes, on lui doit une étude sérieuse de l'arbre Quina. Ce savant si laborieux, qui avait usé sa vie dans des travaux incessants, succomba, le 2 septembre 1808, à l'âge de soixante-seize ans. Il laissa, en mourant, un herbier composé de plus de AÏngt mille plantes, près de cinq mille planches explicatives gravées sur cuivre, une collection très-considérable de coquilles, de minéraux, de peaux d'animaux, etc. Malbeureusement, il n'eut pas le loisir de publier ces importantes acquisitions. Ses observations sur l'arbre Quina ne nous sont connues que par les citations qui en ont été faites par Zéa, son élève et son collaborateur. E. Bgd.

MUTISME (Sans surdité). La variété de mutisme qui nous occupe ici est le plus souvent due à un vice congénital se révélant dans les premières années de la vie; elle peut cependant être accidentelle, se produire à tout âge et, par conséquent, sur des individus ayant déjà possédé la faculté du langage.

L'enfant qui entend, et qui, à l'âge des premiers bégaiements, n'essaie point à prononcer quelques syllabes, inspire la crainte, trop souvent justifiée, d'être définitivement privé de la parole. Celle-ci peut cependant n'être que retardée. Le mutisme d'un enfant d'environ trois ans est presque toujours l'indice d'un arrêt de développement congénital; les idiots et les crétins sont dans ce cas, ce qui n'implique point cependant la constance de mutisme chez eux. Il y a bon

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