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tion avec l'iris. Cette influence ne se manifeste donc pas chez l'homme en général, mais seulement chez le savant, instruit de son pouvoir indirect. Est-ce là la caractéristique d'une opération physiologique?
Pour se faire une idée juste des diverses significations qui peuvent s'attacher à la manifestation mydriatiqne, au point de vue de son origine, pour comprendre en même temps le sens des symptômes multiples qui compliquent, réunis ou séparés, le fait simple de la dilatation et de l'immobilité de la pupille, il faut se représenter d'abord exactement l'appareil même qui produit les variations de la dimension pupiliaire et observer son mécanisme sous l'influence des différents agents nerveux qui en régissent l'équilibre.
Anatomie. Physiologie. 1" Organes constitutifs de la membrane iris, en état de modifier l'ouverture pupiliaire :
Ces organes consistent en deux groupes de fibres masculyires lisses et un réseau vasculaire important.
Des deux groupes musculaires, l'un est incontestable et constitue le sphincter pupiliaire : il entoure cet orifice d'un anneau de 1 millimètre environ de hauteur. Le second, composé de fibres à direction radiée, est peut-être moins démontré que probable. Les anatomistes sont, à. son égard, un peu moins unanimes. Cependant, la démonstration physiologique peut suppléer ici à la description même du muscle : la dilatation énorme que prend la pupille en certaines circonstances nécessite l'admission, dans l'iris, d'un organe, soit contractile, soit, au moins, doué d'une élasticité soumise à l'action nerveuse, et telle que pourrait la produite un ensemble de forces dirigées suivant les rayons du cercle \rien.
Cela posé, trois ordres de sources nerveuses sont reconnus fournir à l'innervation de la membrane, après avoir rempli le mêm rôle à l'égard du muscle ciliaire.
Ces deux appareils moteurs sont en effet animés par les nerfs ciliaires émergeant du ganglion ophthalmique ; et ce ganglion lui-même s'abreuve à trois sources :
1° Une courte racine est fournie par l'oculo-moteur.
2» Une longue lui est envoyée par la branche nasale de l'ophthalmique (origine sensitive).
3° Une troisième émane du grand sympathique au cou.
Sur la constatation anatomique de ces trois origines de conducteurs nerveux, et après avoir fait appel à la fihysiologie expérimentale, on a pu conclure d'une manière très-générale et, en somme, positive dans son ensemble,
1" Que la contraction des anneaux musculaires (sphincters) de l'iris et du muscle ciliaire est sous la dépendance directe de la première de ces branches (oculo-moteurs).
2° Que l'action dilatatrice directe était, par contre, l'effet de l'activité propre de la racine sympathique; mais en notant toutefois que cette activité était d'un tout autre genre que la précédente, qu'elle consistait en une exaltation persistante de la tonicité des fibres radiées ou méridiennes desdits muscles, tonicité régulatrice de l'équilibre de la membrane.
En somme, si les oscillations physiologiques de la pupille, sous l'influence de l'éclairage, de l'accommodation et de la convergence des axes optiques, sont des manifestations produites par le système moteur spinal, le système ganglionnaire ou sympathique en est à la fois l'antagoniste tonique et le régulateur.
o» L'influence de la 5*^ paire sur les mouvements de l'iris et sur l 'accommo-
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dation reste encore à déterminer. La 5" paire est un nerf de sensibilité : cependant son irritation amène la contraction de la pupille, et par sa senle action réflexe oculaire; car ce fait s'observe encore, bien que le sjTïipathique et l'oculomoteur aient été divisés.
Ces conséquences, venons-nous de dire, sont l'exposé du fonctionnement général de ce mécanisme spécial; mais la pliysiolo.ue expérimentale fait constater certaines exceptions à ces lois générales et comme un chevauchement mutuel de certains de ces effets si bien différenciés en apparence.
Ainsi, comme nous venons de le dire, une action réflexe de la 5" paire sur les mouvements de l'iris s'observe encore après la section du sympathique et de l'oculo-moteur. 11 faut donc, pour concevoir un pareil effet, admettre Tetistence soit de (p^elques filets moteurs entremêlés aux cordons émîmes de la branche ophthalmique (et la chose n'est nullement improbable), soit l'existence indépendante de cellules ganglionnaires dans le district oculaire.
Or, Millier et Schweigger ont en effet démontré la présence, tant dans le ganglion ophthalmique que jusque dans le stroma choroïdien lui-même, de nombreuses cellules nerveuses piopres, permettant de soupçonner dans ces milieux la naissance de fibres nerveuses nouvelles.
Ces données anatomiques et physiologiques établies, si nous voulons passer de là à la symptomatologie des variations pathologiques de l'équilibre pupillaire et de ses conséqueucss, nous serons singulièrement secondés dans cette étude par l'exposition préalable ou tableau des effets produits par la mydriase artificielle.
Étudions donc cette action.
Des mydriatiques et de leur action en général. De tous les mydriatiques, le plus puissant, le plus régulier dans son action est l'atropine, ou mieux encore son sulfate neutre. La solution la plus propre à produire, sans danger, des effets rapides et complets, est celle au 100^ ou 120'^, employée en collyre.
Les phénomènes principaux qui suivent l'instillation d'une goutte de ce collyre dans l'œil sont le^ suivants :
i" Dilatation graduelle de l'ouverture pupillaire commençant au bout de 10 à 15 minutes, et amenant, après autant de temps, l'immobilité entière de l'iris.
2° La diminution et bientôt la perte totale de l'accommodation ; le punctnm proximum recule jusqu'à se confondre avec le punctum remotiim, lequel demeure sensiblement invariable (ce qui confirme l'absence de toute activité accommodative négative)^.
Cette seconde action (portant sur le muscle ciliaire) s'opère entre 25 ou 50 minutes et 2 heures.
Le retour à l'état primitif commence plus ou moins vite après ces deux heures ; mais il n'est complet qu'entre dix et quatorze jours : cependant, dès le -4^ jour, ses effets ont cessé d'être pénibles.
Quant au mode de pénétration de l'atropine dans l'économie, après son application enire les paupières, les expériences de MM. de Graefe et Donders ont surabondamme!it démontré qu'elle a lieu par absorption directe opérée par la cornée.
* VimmobiMté an pimct uni remotum est, en ces circonstances, le fait général. Cependant iln'esc pas sans exception, et on constate quelquefois un li'ger recul de ^ et même de ^ du punctum remotum (de ^ à 1 dioptrie métrique) par le fait de l'atropine. Mais cela n'artion guère que chez les sujets habitués à une sorte de tension spasmodique de l'accommodarive comme chez les hypermétropes, les asligmatiques et quelques amblyopes.
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Chacun connaît ces intéressantes expériences dans lesquelles l'humeur aqueuse d'un lapin, soumis à l'instillation de l'atropine, a pu, au bout d'un quart d'heure, servir de collyre mydriatique pour d'antres animaux.
Plus la cornée est mince, plus l'action est rapide. Quand, à la suite d'une friction sur le front, la dilatation s'observe, il y a lieu de soupçonner qu'un peu de substance a touché la conjonctive. Ajoutons que lorsque l'absorption a lieu par la méthode hypodermique, les deux yeux en subissent, en général, à la fois, l'influence.
Si l'on suit pas à pas les phénomènes que nous venons de résumer, on observe : 1° Que le sphincter de Viris est graduellement paralysé. Bientôt, mais plus lentement, le même fait se constate dans le muscle ciliaire. Il y a donc premièrement un eÏÏel stupéfiant produit sur les fibres nerveuses de Voculo-moteur.
2° Que le muscle dilatateur de l'iris se contracte puissamment.
Cette pro[)osi(ion est la conséquence d'une remarque de Piuete : (( Dans les paralysies morl)ides complètes de l'ocnlo-moteur, la mydriase ne dépasse pas iiiie étendue moyenne : la pupille y atteint seulement le double environ de sou cliamètre ordinaire. Si, en ce cas, on emploie une goutte de collyre d'atropine, on voit bientôt la pupille couvrir la presque totalité de la surface occupée normalement par l'iris. Cette amplification considérable de l'ouverture pupillaire ne peut être due qu'à une influence active des fibres radiées, provoquée elle-même par une action stimulante de l'atropine sur le nerf sympathique. Et comme cet eliet persiste assez longtemps, qu'il offre un caractère évident de permanence, ou doit y voir la marque de son origine dans les cellules ganglionnaires elles-mêmes, dont la permanence d'action est l'un des attributs. » (Cette remarque sera invoquée dans l'étiologie différentielle des mydriases.)
3° Action sur le trijumeau.
L'action de l'atropine sur le trijumeau est sans doute narcotisani : cependant aucun effet direct et formel n'a encore pu être constaté. Après la division de ce nerf, ou sa paralysie d'un côté, les mêmes différences s'obser\ ont à droite et à gauche après l'instillation de l'atropine, que dans le cas de non-division. De Graefe attribuait à l'atropine une diminution sur la tension oculaire, cependant, .^ans trop insister sur une propriété encore mal assurée.
Au point de vue symplomatologique, la mydriase offrira donc deux classes d'effets bien distincts :
Ceux comprenant à la fois l'iris et le muscle ciliaire ; ceux bornés au premier de ces organes.
La mydriase proprement dite ne comprendrait naturellement que ces derniers : les effets limités à lins. Ces effets sont bientôt décrits, ils se bornent : 1° à la dilatation visible de la pupille; 2' à son indifférence à ses stimulants naturels, la lumière, les efforts accommodatifs, la convergence des axes; 3" aux conséquences indirectes de ces premiers phénomènes, à savoir ; plus ou moins d'éblouissement sous l'influence d'une lumière un peu forte, à un trouble plus grand dans les conditions de la non-adaptation facile de l'œil à une distance donnée, à l'irisation des bords des surfaces brillantes dans ce même cas.
Mais si la paralysie ciliaire se joint à celle qui a frappé l'iris, alors la phrase syraptomatiqne se complète, et aux effets précédents il faut joindre les manil'estations tant directes qu'indirectes de la suspension plus ou moins complète de la force accommodative.
ïVous avons décrit tout à l'heure ces effets directs :
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1" Le recul absolu ànpunctum proximum allant t ejoindi'e le piinclum remotum .
2° Soii recul incomplet, presbytie prématurée, si la suspension est incomplète.
En clinique, il y a ici des distinctions à produire, et la symplomalologie ne se dessine pas sans certaines différences, suivant les états divers de la réfraction statique.
Che?.]' emmétrope, la punctum proximum est seul à sabir un elTet marqué de la part de la paralysie morbide ou artifiLielle (mydriatique) : ce recul du point p annulera la vue nette pour les objets plus ou moins rapprochés, tandis que la quasi-invariabilité du point r ne changera rien, ou du moins très-peu, à la netteté des objets distants.
Quant au myope et à l'hypermétrope, les effets seront chez eux très-différenls :
Chez le myope, le recul du point p jusqu'en r ne produit qu'une presbytie très-relative et qui même peut passer inaperçue : dans une myopie forte, eii effet, le sujet n'aura à reculer son livre qu'à une distance insignifiante, et à peine s'en apercevra-t-il de ce chef, c'est-à-dire dans les occupations rapprochées.
C'est pour le loin seulement qu'il se plaindra, mais alors et seulement, de l'accroissement de trouble apporté à sa vue à distance (nous supposons que sa myopie n'est point préalablement neutralisée par les verres appropriés) par l'agrandissement des cercles de diffusion. Ce sera, à proprement pailer, la mydriase seule qui le troublera.
Une myopie faible accusera à la fois, au contraire, et les effets d'une légère presbytie dans la vision de près, et ceux de la mydriase dans la vision de loin. Cela se comprend tout seul.
V hypermétrope sera le moins bien partagé de tous; sa vue sera sérieusement troublée et pour le près et jiour le loin.
Chez lui, en effet, la paralysie du muscle ciliaire a reporté au delà de l'horizon et son point p et son point r; il ne peut donc, à aucune distance, voir nettement sans verres convexes, et il lui en faut de différents pour la vue distante et la vue rapprochée.
Mais ces elfets directs et constitutifs de la suspension plus ou moins complète du pouvoir accommodatif ne sont pas les seuls symptômes à mettre en lumière, et dont l'accusation par les malades doive immédiatement mettre le médecin sur la voie du diagnostic.
A côté de ces effets directs on rencontre une série de symptômes secondaires ou de conséquence, et dont l'étude offre un haut intérêt.
Symptômes secondaires ou indirects de la paralysie accommodatrice. 1° Diplopie ou plutôt polyopie uni-oculaire.
I.a polyopie est un des symptômes les plus marqués parmi les effets indirects de la paralysie accommodatrice :
Elle reconnaît pour cause la constitution physiologique des cercles de diffusions dans l'appareil oculaire, fort différente de celle des systèmes inorganiques.
Dans l'œil, l'organe principal de la réfraction, celui qui est le moins homogène, le cristallin, ne se comporte point comme une lentille inorganique ce
que fout, au contraire, assez sensiblement la cornée, l'humeur aqueuse et le corps vitré. Le cristallin, qui résume à son foyer en un seul point l'imao-e d'un point éloigné suftisamment brillant, comme le ferait, et mieui que ne le fait une lentille inorganique, ne se comporte plus comme cette dernière lorsque l'écran (rétine) n'est plus au foyer. Cette dernière, en ce cas, remplace le point brillant p,ir un cercle plus ou moins étendu. Le cristallin, au lieu d'un cercle proprement dit, dessine plusieurs points analogues au précédent et disposés er. WCT. e:<c. 2' s. XI. Mf
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couronne autour d'un centre plus ou moins obscur. Ces points sont en nombre é"^ai aux secteurs du cristallin, et découpés dans cet organe, par les interstices hexagonaux si reconnaissables dans un cristallin un peu âgé qui commence à perdre de sa transparence. Chaque image ainsi produite est donc le foyer propre d'un des secteurs. Et tous ces foyers se concentrent en un, à la distance de l'adaptation exacte, mais se forment séparément dans le cas contraire.
Imaginez maintenant un œil, dont le pouvoir accommodatif est suspendu, et qui observe un bec de gaz éloigné.
S'il est emmétrope, il le verra nettement et unique. Mais non plus s'il existe une amétropie.
L'hypermétrope, privé d'accommodation facultative, au lieu d'un bec de gaz en verra une petite pléiade, les uns plus accusés que d'autres.
Le myope également ; mais chez celui-ci le phénomène ne sera pas nouveau ; seulement il s'accusera davantage, vu l'étendue de l'ouverture pupillaire. Un des symptômes habituels accusés par le myope n'est-il pas de voir plusieurs lunes à la fois, ou un grand nombre de cornes à son croissant?
La polyopie est donc une des manifestations les plus communes de la paralysie accommodatrice. Fréquemment le malade n'accusera que deux images ; il dira qu'il voit double ; ou aura soin, alors, de lui faire fermer alternativement l'un et l'autre œil, pour reconnaître s'il voit bien effectivement double de chaque œil ; il ne faut pas, en effet, confondre la polyopie uni-oculaire, sym-ptôme cristallinien, avec la diplopie binoculaire, symptôme de la paralysie motrice dans la vision associée. Mais si, ce qui arrive, le malade annonçait voir trois, quatre ou plusieurs images, le doute ne serait pas permis et on reconnaîtrait dans ce symptôme un effet de la non-adaptation de l'œil.
De la Micr.opiE. En même temps que s'affaiblit le pouvoir accommodatif, et tcmt que la paralysie nest pas complète, il arrive souvent que le sujet voit les objets plus petits qu'ils ne lui ap(jaraissent ordinairement ; c'est la condition décrite depuis longtemps sous le nom de micropie.
Mais si ce symptôme est en effet connu depuis longtemps, son mécanisme a été lettre close jusqu'à la découverte du mécanisme de l'accommodation.
Il existe un rapport régulier et habituel entre le degré de convergence dans la vision associée, ou plus généralement entre la distance réelle de l'objet va et le degré de tension accommodatrice correspondant à cette distance.
Cette tension est d'origine mnsculaire et le sujet a conscience de son degré ; de telle sorte que l'étendue de la distance de l'objet vu est accusée pUis ou moins confusément dans le sensorinni par l'état de la conscience musculaire accommodative. Supposons maintenant une diminution morbide de la puissance accommodative;le sujet qui en est atteint est obligé, pour y voir nettement, à un plus grand effort que d'habitude: il dépense une somme d'influx nerveux plus grande sur l'orgiuie insuffisant. Il y a chez lui, eu conséquence, erreur du sensorium sur la distance; il la conçoit ou la sent plus petite. [L'effort habituel ne croît-il pas à mesure que diminue la distance de l'objet vu?] Mais l'objet, lui, n'a pas changé de place : l'angle visuel sous lequel il est vu, sou image en un mot n'a pas varié, elle n'a pas grandi comme elle l'aurait fait si l'objet s'était rapproché.
Or la notion de grandeur des objets repose sur deux éléments : l'ouverture de l'angle visuel ou la grandeur de l'image, et la distance supposée de l'objet. La première demeure ici constante, mais la seconde est supposée ou conçue moindre qu'elle n'est en réalité ; l'objet doit donc paraître plus petit (car s'il
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s'élait rapproché comme le sensoriuin l'imagine, son image se serait ngraudie). Chromalisme. Parmi les effets secondaires de la paralysie ciliaire, il faut encore noter Vivisalion des images, la manifestation de la dispersion ou aberration de réfrangibililé. Nous avons montré à cet égard que l'œil, exactement adapté, est sensiblement exempt de cette aberration, mais que toute circonstance qui rompt l'harmonie entre la distance de l'écran rétinien et la quantité de réfraction déployée par l'appareil fait apparaître cette aberration. S'il s'y joint un degré plus ou moins marqué d'astigmatisme, le j)hénomène de l'irisation devient plus accentué ; on sait en elfet que, dans les conditions physiologiques de l'exercice visuel, si l'aberration de réfrangibilité ne se manifeste pas, c'est que par le iait delà parfaite symétrie de l'appareil, une portion du cône réfracté corrige et annule les effets de la portion opposée. Or l'astigmatisme ou asymétrie de l'appareil laisse une des moitiés de ce cône à faisceaux dispersés, sans le contre-poids qu'y apporterait sa neutralisation physiologique. Le bord des surfaces blanches apparaîtra donc irisé.
Étiologie générale. Des développements qui ont été donnés au mécanisme de la mydriase, on peut tirer une première conséquence et l'inscrire en tête de ce chapitre, comme de celui du traitement.
C'est que la dilatation anormale de la pupille avec inertie de l'iris devant ses stimulants ordinaires doit être placée sous deux chefs étiologiques distincts, et reconnaître deux formes radicalement opposées; l'une, à' ovàre paralytique portant sur les s[)hincters irien et ciUaire, l'autre d'ordre spasmodique fixée sur les fibres méridiennes et développée sous une influence morbide du système ganglionnaire. Mydriase paralytique. La mydriase d'origine paralytique reconnaît d'abord pour causes toutes celles pouvant amener la suspension d'action de la troisième paire ou les paralysies musculaires de l'œil, mais en outre, également, l'anéantissement du point de départ de l'action réflexe qui met en naouvement le diaphragme pupillaire, à savoir Timpressionnabilité de la rétine à la lumière. Dans ce dernier cas, la pupille, immobile lor^^que la lumière vient à frapper l'œil considéré, réagit, au contraire, en même temps que sa congénère, si la lumière est dirigée sur l'autre œil. C'est là un caractère différentiel absolu et qui annonce l'état final ou momentané d'insensibilité de la rétine (amaurose ou aniblyopie prononcée).
La forme paralytique reconnaît pour la seconde de ses origines la paralysie de la troisième paire (oculo-moteur). Mais cette paire nerveuse régit également, sauf le droit externe et le grand oblique, tous les muscles extrinsèques de l'œil et en sus l'élévateur de la paupière supérieure.
La mydriase et ses manifestations multiples ne nous donnent donc qu'un des
symptômes de là paralysie de l'oculo-moteur. Elle peut aussi être accompagnée de
tous les autres symptômes de cette paralysie, si celle-ci est complète, c'est à-dire :
1° De l'abaissement plus ou moins marqué de la paupière supérieure ;
2" Du strabisme divergent ou en:ore en haut ou en bas, et des manifestations
diplopiques qui eu sont le symptôme initial.
Ces symptômes suffiront, en général, pour caractériser la forme paralytique de ce genre de mydriase.
Cependant, il arrive parfois que la dilatation anormale de la pupille se trouve réunie à la paralysie contraire, celle du mouvement en dehors : ces cas rares peuvent s'expliquer par ce fait, signalé pour la première fois par Pourfour du Petit, de la relation anormale établie entre le système mo'eur et le ganglion opbtiial-
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inique, par un rameau de la sixième paire, au lieu d'un rameau de la troisième.
Dans de telles circonstances, la niydriase paralytique reconnaît pour point de départ éloigné les causes générales de la paralysie (leToculo-moteur. Ces causes sont de deux ordres : périphériques ou profondes.
Nous désignons sous le nom de périphériques : 1° les impressions éprouvées par les filets terminaux de la troisième paire, comme en pourraient amener les refroidissements, les rhumatismes.
2* Les compressions éprouvées par les branches diverses de la troisième" paire, après son émergence de la fente sphénoïdale, par le fliit soit de traumatismes, producteurs d'épanchements séreux ou sanguins, d'abcès, soit par toute espèce de tumeur développée dans l'orbite ou sur ses parois.
Parmi les causes centrales ou profondes, on distinguera, ou on supposera l'existence d'une cause de compression intra-crânienne, de même ordre que celles dont nous venons de faire l'énumération, et localisée entre l'origine de la troisième paire à la protubérance et son point-d'émergence.
On y ajoutera les influences pourrait-on dire générales ou compromettant l'économie dans son ensemble, comme les fièvres graves ou leurs reliquats, les affections diathésiques ou constitutionnelles, les empoisonnements et intoxications de toute sorte ; en particulier l'empoisonnement diphlhérique ou la syphilis qui, dans ce cadre, tiennent de beaucoup la plus grande place.
La forme spasmodique de la mydriase est peut-être plus difficile à distinguer ; elle suppose un état irritalif du système ganglionnaire. On la rencontre en effet, comme symptôme de l'helminthisme, de l'hystérie, de l'hypochondrie.
De Graefe y a reconnu dans plusieurs cas l'indice d'un état irritatil de la substance cérébrale, [irécurseur fréquent de paralysie par épanchement ou hypersécrétion intra-crânienne. Aussi professait-il qu'une mydriase sans cause apparente devait éveiller l'attention du praticien, et lui faire redouter d'avoir à constater, dans un délai {dus ou moins court, l'apparition de quelque paralysie des muscles moteurs de l'œil, ou même du nerf de la sensibilité spéciale. Comme indice ou plutôt comme élément positif de diagnostic différentiel, entre la mydriase paralytique et celle par action convulsive, nous rappellerons ici la remarque due à Ruete et reproduite ci-dessus ; à savoir : l'étendue considérable ajoutée à l'état mydriatique, premièrement produit par une paralysie conijilète de l'oculo-moteur, à la suite dune instillation d'une solution forte d'alropine.
A chaque instant, dans la pratique, cette remarque permet de distinguer entre une mydiiase spontanément produite et celle amenée par l'atropine. Cette dernière offre deux ou trois fois la surface de la première.
Traitement. Il portera sur la cause première si l'on a été assez heureux pour la dégager de ses obscurités [consultez le chapitre Étiologie].
Secondement, sur les symptômes qui présentent souvent eui-mèmes des indications spéciales.
Ainsi la confusion des impressions, le défaut de netteté, l'irisation des images, la polyopie uni-oculaire, le micropie, en un mot tous les phénomènes ressortissant à la paralysie ciliaire ou accommodative, disparaîtront, comme par enchantement, devant l'emploi du verre correcteur de l'anomalie accommodative. — On se rappellera seulement, comme restriction, qu'en de lels cas le verre correcteur n'a d'effet que pour la distance n^ême pour laquelle il a été calculé et choisi pour répondre aux besoins professionnels du sujet. Suivant les cas il y aura lieu à lui en donner deux, l'un pour le loin, l'autre pour le près. Si ses occupations exigent
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une certaine variation de la distance à laquelle doit s'exercer sou attention, on suivra les directions conseillées dans l'aphakie, et fondées sur les variations de réfraction déterminées jiar l'éloigneraent ou le rapprochement, entre certaines limites, du verre correcteur.
La seconde indication à remplir est la diminution de l'ouverture pupillaire, qu'il importe de procurer au malade, dans le cas où ce dernier peut être exposé à un jour un peu vif. On a employé dans cet objet la fève de Calabar, avec succès assurément, mais avec un succès éphémère. Son action ne dure généralement pas plus de quelques heures. Il est vrai qu'on peut y recourir chaque jour si elle ne détermine pas de douleurs ciliaires. On peut retirer aussi quelque bénélice d'une injeclion sous-cutanée d'une solution de morpliine ; mais ce n'est pas un moyen à employer longtemps. La lunette sténopéique à trou d'épingle ou à fente horizontale, trop rarement employée, peut aussi rendre, en semblables circon-" stances, de grands services.
On a longtemps recommandé contre la forme paralytique tous les moyens propres à déterminer une aclion réflexe du sphincter en irritant le territoire de la cinquième paire, ou en provoquant des efforts tant d'accommodation que de la convergence des axes opti([UL's. Dans le premier de ces objets on a fait usage de l'instillation sur la conjonctive d'une goutte de teinture d'opium plus ou moins étendue ; on a louché le bord cornéal au nitrate d'argent — sauf à combattre après cela les effets d'une irritation trop grande par les antipldogisliques ou les émollients.
Les efforts de convergence peuvent s'obtenir en faisant lire de très-près avec des veires convexes relativement forts. Mais tous ces moyens sont d'un résultat un peu problématique.
On sait que l'un des effets les plus immédiats de l'ouverture de la chambre antérieure et de l'issue de l'hunieur aqueuse est la contraction instantanée de la pupille. Se basant sur cette propriété, on a fondé une méthode de traitement sur la paracentèse de la cornée. Mais à la réparation de la plaie succédant sans retard la reproduction de la mydriase, il fallait répéter à bref délai la ponction, et le remède devenait plus dangereux que le mal.
Comme moyen empirique, on peut conseiller, au moins l'essai, pendant quelques jours, des courants voltaïques constants et continus, suivant la méthode de Remak : dans le sens dit « ascendant », c'est-à-dire le pôle cuivre ou positif sur le globe, et le pôle opposé derrière l'oreille, ils ont parfois une réelle efficacité ; moins pourtant que le courant contraire dans le cas de myosis ou d'accommodation spasmodique. Ce n'est pourtant pas un moyen à négliger.
Sous le rapport du pronostic, la forme spasmodique présente plus de chances au traitement, comme par exemple dans l'helminthisme, etc.
Mais il n'est pas aisé de reconnaître avec certitude si l'on a à combattre l'une ou l'autre de ces formes, au moins après la disparition de la maladie première.
La mydiiase irienne seule, ou encore accompagnée de quelque paresse accommodative, survit souvent à la disparition de la maladie première : si l'accommodation n'y prend que peu de part, l'affection ne gêne plus guère que par l'éblouissement qui en est la conséquence. Des lunettes-conserves peuvent parer alors à cet inconvénient.
La prolongation indéfinie de cet état est cependant assez sérieuse; elle conduit à l'atrophie même de la membrane {voy. l'article Macropie et Micropie).
Giracd-Teulon.
MYÉLINE. Virchow a donné ce nom à un corps gras qu'on obtient on évaporant l'extrait alcoolique de jaune d'oeuf cuit, de matière cérébrale et de divers autres tissus animaux. Ce corps étant mis en contact avec l'eau, et examiné au microscope sous un grossissement de 280, on le voit se gonfler et prendre des formes diverses de nœuds, de filaments spiroïdaux, de fils avec renflements partiels [formes myéliques). Suivant Liebreich, la myéline serait un mélange de protagon et des produits de sa décomposition spontanée. MaisNeubauer a montré que les formes dites myéliques peuvent être obtenues avec diverses substances, en l'absence du protagon et de la cholestérine.
On donne aussi le nom de Myéline à la moelle nerveuse [Yoy. Nerveox (tissu)].
MYÉLITE. Voy. Moelle.
MYÉLOCOXE (fiy£),ôç, moelle, et xdviç, poussière). Mélange de matières grasses, trouvées dans la substance cérébrale (Couerbe). D.
MYÉLOCYTE (f/-jc).oç, moelle, et x.y-roç, cavité, cellule). Élément anatomique de la substance grise du système nerveux encéphalo-rachidien [Voy. Cerveau, Cervelet, Nerveux (tissu)]. f>.
MYÉLOIDES (Tumeurs). Nom donné par Gray et Paget à des néoplasmes constitués par les éléments du tissu médullaire des os. Ces tumeurs sont décrites à l'article Moelle des os (T. IX, 2'°*' série, p. 51). A. H.
MYÉLOIDIXE, MYÈLOIDIQUE (âcide). Produits extraits du cerveau par H. Kobler [Bull. Soc. chim., t. IX, p. 594). Schutz.
MYÉLOPL.AXES. Cli. Robin décrit sous ce nom des éléments particuliers de la moelle des os [Voy. Moelle des os (Anatomie), t. IX, 2"* série, p. 8].
MYÉLOPLAXOME. Tunieur myéloïde ou les myéloplaxes prédominent [Voy. Moelle des os (Pathologie)]. A. H.
MYGALES (M-jyxlvj, nom grec de la musaraigne, [jl'j;, souris, rat, et yoù.T;, belette). Genre d'Arauéides connu depuis l'établissement des Européens dans les contrées chaudes, célèbre parla grande taille des animaux qu'il renferme, et formant le type de la famille des Mygalidœ, ou des Mygaliformes E. Simon. Ces énormes Araignées sont des géants comparées à celles de nos climats, car leur taille atteint et peut même dépasser dix centimètres; leur couleur sombre, leurs longs poils hérissés les ont fait redouter des voyageurs, quoique, en réalité, elles soient plutôt craintives que farouches et dangereuses pour l'homme.
"Walckenaer avait établi avec les Mygales sa famille des Théraphoses, Latreille en avait formé ses Tétrapneumones , et Léon Dufour les Araignées quadripulmonaires.
Le céphalothorax des Mygales est fort grand, carré, déprimé, arrondi eu arrière ; élevé, très-large en avant ; muni de puissantes chélicères, ou antennespinces, situées horizontalement et semblant prolonger le corselet. Le front paraît se continuer avec les mandibules, dont le crochet seul est mobile, peut s'abaisser et se relever sans être logé dans une gouttière. Yeux presque toujours au nombre de huit, portés sur un mamelon antérieur : deux au milieu, trois de chaque côté, en forme d'arc ou de parenthèse. Pattes robustes, presque égales entre elles,
épineuses. Palpes pédiformes, servant à la locomotion, avec le dernier article garni, comme ceux de toutes les pattes, d'une pelotte inférieure, ou semelle, formée de poils ras, serrés, glutineux, s'accrochant aux corps les plus lisses. Plastron sternal presque rond et fort petit. Abdomen aussi long que le céphalothorax, avec quatre filières allongées, palpiformes , placées à l'extrémité. Quatre stigmates, ou ouvertures pulmonaires.
La grande taille des Mygales a permis aux auatomistes, à Dugès, et surtout à Emile Blanchard, de scruter leur anatomie. En ouvrant le corps en dessus et en écartant les muscles du céphalothorax, on aperçoit l'estomac très-volumineux, ayant la forme d'un large anneau, par le centre duquel passe nn gros muscle, tandis que, autour de lui, rayonnent des tubes cylindriques (caecums de l'estomac) au nombre de dix. Ces tubes, à la hauteur de la hanche de chaque patte, se recourbent en dessous et viennent tous aboutir dans une poche (réservoir ou second estomac), placée sous le premier estomac annulaire ; il y a donc ainsi un second estomac séparé du supérieur par une lame chitineuse, sur laquelle vient s'insérer le muscle traversant l'anneau du premier estomac ; en se contractant ce muscle élève la lame solide, comprime l'estomac annulaire, et force les aliments à passer à travers les caecums latéraux dans l'estomac inférieur. Finalement les aliments arrivent du second estomac dans un intestin presque droit, à peine recourbé de baut en bas et terminé par un rectum assez dilaté. L'intestin est entièrement entouré d'un foie très-gros, remplissant l'abdomen, ayant quatre canaux excréteurs. L'appareil urinaire s'ouvre dans le rectum.
L'appareil respiratoire offre quatre ouvertures ou stigmates (et non deux seulement comme dans la majeure partie des Aranéides) ; les stigmates sont ici de petites fentes, à rebords membraneux garnis de cils, donnant accès à des sacs d'un blanc argenté ou nacré, globuleux, composés de cinquante à soixante lamelles, disposées les unes contre les autres, à la manière des feuillets d'un livre, sacs comparés aux poumons et aux branchies. Les lamelles ou feuillets sont, en réalité, des saccules aplatis, ayant une cavité ouverte, recevant l'air extérieur, et formés de deux membranes, entre lesquelles se trouve un réseau fin, solide, analogue au fil spiral des trachées des insectes. Ces organes respiratoires sont donc de véritables trachées, groupées et ramassées, tandis que chez les insectes, ces mêmes trachées sont répimdues dans tout le corps.
L'appareil de la circulation, chez les Mygales, est composé d'un cœur placé à la partie dorsale de l'abdomen; il a la forme d'un tube musculeux, épais en avant, enveloppé dans une tunique mince, appelée péricarde, mais dont les fonctions sont celles d'une oreillette. Le cœur tubulaire est partagé en quatre loges, ou chambres, communiquant avec le péricarde ou oreillette par des orifices auriculo-ventriculaires. Quand le cœur se contracte, il chasse le sang dans une aorte antérieure qui se subdivise ensuite en artérioles ; ces dernières se perdent dans un système veineux lacunaire, qui finalement aboutit à deux grands réservoirs sous-abdominaux. Sur le passage des réservoirs sont les organes respiratoires : le sang veineux s'y artérialise et en ressort par quatre vaisseaux pneumo ou tracbéo-cardiaques, qui ramènent ce sang dans la cavité du péricarde ou oreillette, d'où il pénètre dans le cœur par les orifices auriculo-ventriculaires.
Enfin, outre les glandes à venin, analogues aux glandes salivaires, et qui fournissent le fluide tuant les animaux servant à la nourriture de la Mygale, on trouve encore les glandes de la soie, formées par quatre glandes séricipares
placées à la face ventrale de l'abdomen et aboutissant à des filières palpiformes, au nombre de quatre, les inférieures plus courtes.
Le système nerveux consiste en deux masses occupant une partie de la cavité céphalothoracique. La première masse, ou ganglion cérébroïde, est située audessus de l'œsophage, dans la portion antéro-supérieure du céplialoihorax ; elle correspond au cerveau des vertébrés et fournit des nerfs aux yeux, aux chélicères et à la pièce buccale. La seconde masse, ou ganglion thoracique, est située plus en arrière, (t ressemble à un disque aplati, ayant la forme du plastron ; elle est unie en avant par des coimectifs courts au ganglion cérébroïde, et envoie de tous côtés des nerfs aux pattes mâchoires et aux pattes ambulntoires. Les ganglions abdominaux de la .Mygale forment une masse distincte, mais qui est soudée au ganglion thoracique dans les autres Araignées. Le système nerveux des Mygales est, du reste, assez réduit par rapport au corps de l'animal. L'appareil copulateur du mâle forme un appendice au côté interne du dernier article des palpes, il n'est donc pas très-volumineux, ni très-spécial.
Toutes les Mygales ont une couleur sombre et uniforme, brune, rougeàtre, ou verdâtre, avec le corps et les pattes recouvertes de longs poils roides ; presque toutes sont exotiques, et leurs mœurs, bien connues aujourd'hui, prouvent qu'on a, bien à tort, doué ces insectes d'une force et de propriétés malfaisantes qu'elles n'ont point. Ces gigantesques Araignées sont nocturnes, construisent des coques dans les endroits les plus retirés et n'en sortent que la nuit. Plusieurs fois ces Araignées ont été amenées vivantes en Europe et j'en ai vu plusieurs, mais jamais on n'a pu les conserver irès-longtemps.
La Mygale avicclaire {Mygale aviciilaria Linn. ) du Brésil est la j'ius connue et la plus commune ; sa taille est de six à huit centimètres de longueur. Elle est noirâtre, robuste, couverte de longs poils roides, et elle construit une coque d'un tissu soyeux et très-blanc, d'ime forme oblongue. Cette coque est ouverte en haut et se termine en bas par un cul-de-sac; on la trouve dans les tas de pierres, sous l'écorce des grands arbres, entre des feuilles de végétaux reliées entre elles par des fils de soie, et enfin dans les lieux les plus obscurs des habitations. Jamais la Mygale aviculaire ne construit de toile, mais elle tend des fils d'une telle force, fixés autour de sa demeure, qu'elle arrête et retient ainsi les insectes les plus gros, les oiseaux-mouches et les petits reptiles dont elle se nourrit. Pendant le jour, la Mygale aviculaire reste blottie dans sa demeure suspecte, la tête tournée vers l'ouverture ; dès le coucher du soleil, elle court aux environs de sa retraite avec une rapidité étonnante, grimpe sur les arbres, pénètre dans le nid des Colibris et suce leurs œufs ou le sang de leurs petits, récemment éclos. A Cayenne on voit, dit-on, une quantité de ces Mygales grimper et courir snr les arbres des avenues et se laisser glisser à terre suspendues à un fil, à la manière des autres araignées et des chenilles.
Ces Aranéides monstrueuses sont très-redoutées; on leur fait une guerre sans pitié, mais leur morsure douloureuse n'est pas suivie d'accidents ; leur venin parait avoir, sur les animaux et l'homme, moins de puissance que celui d'espèces d'une taille beaucoup moindre. D'Azara a vu plusieurs de ses nègres mordus par les plus grandes Mygales aviculaires, il en est résulté une fièvre de vingt-quatre heures, parfois un peu de délire, surtout par les grandes chaleurs, mais jamais d'accidents sérieux.
La Mygale de Le Blo>d {Mygale Blondi Latreille), qui habite surtout les
Antilles, la Martinique, etc., est encore plus grande que la M. aviculaire; sa couleur est d'un fauve foncé, ses pattes plus longues, son corps est moins velu. Je l'ai vue vivante à Paris, au Muséum, dans la serre des reptiles, où elle a vécu pendant quelques mois. Salle à observé cette espèce à Sinut-Domingue, où elle se trouve principalement sous les pierres ; quand on la tourmente, ou qu'on veut la saisir, elle se renverse sur le dos et cherche à se défendre avec ses pattes et le crochet niandibulaire. D'après Bâtes [Naluralist on the Amazons, éd. 2, 1864), cette espèce construirait un terrier considérablement profond, de 5 pieds de longueur, revêtu de soie blanclie, mais non fermé par un opercule. II. Lucas, qui a étudié avec beaucoup de soin les insectes aptères, a reçu vivantes de Baliia deux grandes Mygales de l'espèce qu'il a nommée M. bicolor Lucas, et il les a conservées pendant plusieurs mois, en les confiant au gardien de la ménagerie des leptiles. Ces deux Mijgale bicolor (du sexe mâle) furent placées dans de grandes cages, dont les parois étaient tapissées de soie après un mois de séjour; elles construisirent des toiles irrégulières à tissu fin et serré. Le jour elles se tenaient immobiles, mais la nuit elles devenaient très-agiles et couraient après leur proie, qui consistait en grillons de foyer. Dans les cages on avait placé des soucoupes remplies d'eau, et ce liquide était absorbé directement par les Mygales, qui aimaient aus^i à y placer la région sternale du corps.
La Mygale cafrérienne {M. cafreriana Walck.j, du midi de l'Airique, est commune au Cap de Bonne-Espérauce ; elle est grande, brune, mais les pattes sont relativement courtes.
Enfin l'espèce européenne Mvgale VALE^C1E.N^E {M. valenciana Léon Dufour) est fort rare en Espagne et dans les enviions de Gibraltar. Sa couleur est d'un brun de poix à reflets verdàtres. Quoique pelite relativement aux Mygales exotiques, c'est l'une des plus grosses araignées de l'Europe.
11 me reste à parler des Araignées Mygaliformes, qui ont été appelées Mygales maçonnes, qui établissent des terriers profonds, qu'elles garnissent de toile soyeuse, fine, et qu'elles ferment au moyen d'une soupape mobile, très-artistement fabriquée. Eugène Simon a établi [lour ces insectes le genre Myga- /odon^e (Mygale et o^îoù;, o-Îo-jtoç, dent; Mygales à dents spéciales), parce que leurs fortes mandibules sont pourvues, à l'extrémité de la tige, de pointes ou lamelles cornées, droites, formant un râteau qui leur sert à creuser le sol et à Ibuir (EoG. Simon, Eist. nat. des Araignées, p. 75, fig. 30. Paris, Roret, J864). Les caractères des Mygales maçonnes, ou Mygalodontes, sont pareils pour les yeux, les pattes et les palpes, à ceux des Mygales vraies; leur taille n'excède pas détruis à quatre centimètres ; leur couleur est brune ou jaune; le corps n'est que légèrement velu. Elles sont toutes répandues dans les régions chaudes des deux héuiisphères.
La plus commune et la plus connue des Mygalodontes est la Mygale maçoîsjne des observateurs et des auteurs anciens [M. ccementaria Latr. $, M. carminans Latr. (-f), de la France méridionale, d'une couleur gris de souris, le mâle plus rougeàtre. L'abbé Sauvage, dès 1758, connut les mœurs de cette araignée. II vit qu'elle creuse un terrier, où elle se tient blottie et d'où elle sort pour aller chasser. Ce terrier bien décrit aujourd'hui est en iorme de tube ou de caecum, long de 15 à 20 centimètres, d'un diamètre égal portant de 4 à 5 centimètres, où la Myi^ale maçonne se meut librement. Les parois du tube sont tapissées d'une soie fine, serrée, formant une belle toile adhérente à la terre, et prévenant ainsi tout éboulemenl.
218 MYGINDE.
L'orifice unique et supérieur est bouché par une rondelle qui sert de porte et qui est formée de terre disposée en couches composées de grains réunis par des fils. Le contour est nettement arrondi, en cercle parfait; le dessus, de niveau avec le sol environnant, est raboteux; le dessous est lisse, uni et convexe, tapissé de soie, garni de fils très-solides, sur un point latéral qui forme charnière. La M. maçonne ouvre et ferme avec la plus grande facilite cette porte ou opercule à charnière, très-mobile et toujours fixée à la partie baute de l'entrée, de sorte qu'elle retombe par son propre poids, à la manière d'une trappe. En essayant, quand l'araignée est dans son trou, d'ouvrir le couvercle, on sent une résistance, car la Mygale se cramponne à la porte d'entrée et aux parois du tube; si on enlève l'opercule, l'araignée se précipite au fond du terrier, et, dès le lendemain, un nouveau couvercle est construit. Dans le terrier on trouve des débris d'insectes, des brins de bois et des détritus.
C'est uniquement sur la pente des collines stériles, bien exposées au soleil, dépourvues de végétation et sans cailloux, que se plaisent les Mygales maçonnes. II faut un grand soin et un œil exercé pour découvrir la fine rainure de l'opercule qui bouche leurs terriers. Craignant le soleil et la lumière, ces Araignées ne travaillent que la nuit; elles creusent alors le sol, tant avec leurs griffes des farses qu'avec les dents mandibulaires ; elles sortent pour chasser, ou bien elles soulèvent l'opercule et sont à l'affiàt pour surprendre les insectes qui viennent à passer auprès d'elles.
La M. maçonne pond en septembre et octobre, et alors elle cherche à mordre quand on la saisit ou quand on touche à ses œufs; en été elle est timide, elle se sauve au moindre bruit et à toute apparence de danger. Elle est attachée à ses petits, cohabite avec eux et avec le mâle, chose rare parmi les Aranéides qui cherchent toujours à dévorer ce dernier {voy. Araignées).
La Mygalodokte pioNKiiÈRE (M. fodiens Walckenaer) se trouve en Sicile et en Corse. Elle a un céphalothorax plus large, plus carré que celui de la M. maçonne. Audoin a parfaitement décrit son terrier [Ann. de la Soc. ent. de France, t. II, pi. 14, 1833).
La M. RECLUSE (M. nidulans Fabricius), qui habite la Jamaïque, construit un tube ressemblant à celui des Mygales maçonnes, mais l'entrée serait bi-valvulaire d'après Brown. La Mygale recluse a une taille de 4 à 5 centimètres, et la morsure cause une douleur vive.
Le midi de l'Europe possède plusieurs autres espèces, voisines par leur aspect, mais dont ie terrier présente des modifications remarquables : chez les unes le couvercle ou opercule est épais, dur, et pénètre par la tranche dans l'ouverture supérieure du terrier, dans d'autres ce couvercle est flexible, mince, et ne fait que reposer sur cette ouverture; plusieurs de ces dernières espèces pour suppléer à l'insuffisance de leur porte supérieure en construisent une seconde souvent très-complexe un peu au-dessous et dans l'intérieur. Ces intéressantes observations sont dues à T. Moggridge, jeune naturaliste anglais dont la science regrette la perte récente {Harvesting ants and Trap-door Spidei^s, London, 1 873-74).
Les Mygalodontes ont pour ennemies principales les Fourmis, qui, lorsqu'elles s'introduisent dans un terrier, en bouleversent l'intérieur. A. Laboulbène.
MYGiiN'DE, Myginda L. Genre de plantes Dicotylédones appartenant à la famille des Rliamnées. Les plantes de ce groupe sont des arbrisseaux à feuilles opposées, à tleurs axillaires formées d'un cahce à 4 dents ; d'une corolle à 4 pé-
MYIODOPSIE. 219
taies; de 4 étaniines; d'un ovaire libre, devenant à la maturité une sorte de petil diupe globuleux et monosperme.
La seule plante intéressante du genre est la Myginde diurétique {Mijginda iiragoga L.) qui croît en abondance aux environs de Cartliagène, dans la Nouvelle-Grenade, et dans divers ]ioints des Antilles. C'est un arbrisseau à racine épaisse, noueuse, irrégulière, et dont le tronc est recouvert d'une écorce brune à l'extérieur, orangé à l'intérieur, à snbstnnce blanchâtre et très-amère. Les feuilles opposées sont ovales, lancéolées, dentées. Les fleurs en cimes axillaire, corymbiformes, sont petites, d'un rouge pourpre. Le fruit est globuleux, rouge, de la grosseur d'un petit pois; il contient un noyau osseux, renfermant une seule graine.
Le Myginda uragoga est, comme son nom spécifique l'indique, un diurétique fréquemment utilisé dans son pays d'origine : c'est particulièrement la racine qui est employée en poudre, en infusion ou en décoction. Les feuilles jouissent de propriétés semblables, mais moins marquées. On les applique sur les ulcères et les plaies pour favoriser la cicatrisation.
Les Espagnols donnent à cette plante le nom de Yerva de Maravedi, parce que la racine se vend à vil prix.
Jacquin. Plant. American, p. 24, lab. 10. — Lamarck. Illustrations des genres (Enct/clop.), 1544, tab. 76. — Linné. Gênera 144. — Descourtilz. Flore médicale des Antilles, IV, 81, pi. 251. — ExDLiCHER. Gênera plantarum, n* 5689. — Bentham et Hooker. Gênera, I, 360.
Pl.
MYIODOPSIE [de uvioziSr,;, semblable aux mouches, et ô'ii/iç, vue] (mouches volantes, scotomes mobiles). On appelle ainsi des images consistant en de petits coi'ps plus ou moins pâles ou, au contraire, plus ou moins accusés et noirs, et qui, en l'absence de toute cause objective extérieure à l'œil, apparaissent, voltigent devant les yeux, rappelant grossièrement l'idée d'une mouche qui viendrait de traverser le champ visuel. Les descriptions données par les malades du phénomènes qui les a troublés reproduisent, en général, des circonstances fort semblables entre elles. Voici le récit qui en est fait le plus communément.
Quand la personne qui en est tourmentée porte les yeux sur des surfaces assez étendues et uniformément éclairées, chaque mouvement de bas en haut de l'œil s'accompagne de ra[iparition subite, dans le champ de la vision, de petits chapelets granuleux, ou de granules isolés offrant la forme de perles blanchâtres, grises, noires, qui se déplacent avec le regard. Puis dès que celui-ci s'arrête, on voit ces petits corpuscules rétrograder, descendre lentement et revenir vers la position initiale qu'ils occupaient. Très-peu accusés, à peine perceptibles, ils prennent le nom de spectres perlés qui les peint parfaitement.
Dans cette mesure, ils ne sont que le premier degré d'exagération de conditions physiologiques. On peut les faire apparaître dans im œil sain en plaçant devant celui-ci une carte percée d'un très-petit trou d'épingle et tenu à 10 millimètres environ de l'œil, en face d'une surface uniformément éclairée.
Toutes les personnes qui étudient au microscope les voient sans aucune préparation, rien qu'en plaçant l'œil au-dessus de l'oculaire, le champ d'observation étant préalablement moyennement éclairé.
Ce que sont ces corpuscules, Donders nous l'a appris par l'analyse expérimentale que nous allons reproduire. Au moyen d'un procédé très-simple, il a pu mesurer, avec une assez grande approximation, leur distance à l'écran rétinien sur lequel leur ombre se projette. Il a reconnu par là qu'ils étaient suspendus,
220 MYIODOPSIE.
les uns dans le voisinage de la rétine, les autres dans le voisinage du cristallin; autrement dit, dans le corps vitré; et de plus que, dans ces circonstances, ce milieu possédait un certain degré de lluidité anormale, puisque ces petits corps y pouvaient prendre des mouvements, ou du moins subir des déplacements d'une certaine étendue. Ce judicieux observateur a reconnu, en outre, par déduction logique, que leur densité (à ces corpuscules) était inférieure à celle du liquide dans lequel ils sont plongés. Leur mouvement de retour (par descente) au point qu'ils occupaient au commencement du mouvement du regard se portant de bas en haut doit être, en elfet, interprété, vu le renvei sèment des images, comme un mouvement d'ascension consécutif à l'ariêtdu mouvement du globe.
Le corpuscule, en effet, suit le globe dans son mouvement, et au moment oii le regard, porté de bas en baut, s'arrête, avec lui s'arrête aussi le mouvement ascendant du corpuscule. Mais après cet instant, le regard demeurant fixé en baut, le corpuscule redescend, en apparence, vers la position première.
Voici, du reste, la description même donnée par Donders :
Comme ré|;ondaut au titre de « mouches volantes » nous distinguons, dit cet auteur : a. de petits cercles isolés, offrant des contours les uns obscurs, les autres pâles avec un centre brillant, d'un diamètre de j^g- à jyg de millimètre et distants de la rétine de \ de millimètre à 4 millimètres. Dans le mouvement du regard décrit plus haut, leur déplacement verticnl peut être de 1 \ millimètre; dans le sens horizontal à peine leur constate t-on un mouvement.
b. Des chapelets- ou. cordons de perles présentant de 1 à 4 millimètres de longueur, et de gL à ji^ de millimètre de largeur, dans les mêmes limites d'éloignement de la rétine que les précédents, les plus ténus étant les moins distants.
Duns mou propre œil, ajoute Donders, un même chapelet est demeuré depuis 17 années presque sans changement aucun dans le voisinage de ma ligne visuelle de l'œil droit. La plupart des autres, lors du repos de l'œil, sont retirés en haut (mais en apparence en bas) , lieu d'où ils évoluent, comme il a été exposé plus haut, lors des mouvements du regard.
c. Groupes cohérents de petits cercles de taille variable, les uns pâles, les autres plus sombres, plus foncés que les autres formes et, à proprement parler, les véritables mouches volantes. Ce sont, en somme, des réunions des deux formes précédentes.
d. Enfin des plis ou membranules , présentant l'apparence de petits rubans brillants, limités par des lignes plus opaques sans être cependant très-marquées. L'idée la plus exacte qu'on s'en puisse l'aire, c'est celle d'une plic;iture irréguhèie dans une membrane extrêmement fine. Leur siège et celui de leurs déplacements est dans les 2 à 4 millimètres de la rétine, et ces déplacements sont presque exclusivement verticaux.
On constate pourtant encore leur présence immédiatement en arrière de la lentille. Datis ce cas, les déplacements appiu^ents qu'ils éprouvent lors des mouvements brusques du regard se manifestent en sens contraire de ceux cités plus haut et offerts par les coi'puscules voisins de la rétine. Pendant que ceux-ci descendent, on voit monter, au contraire, ceux qui se trouvent en rapport avec le cristallin ou du moins dans son voisinage. On en comprend aisément la raison, le centre des mouvements du globe se trouvant intermédiaire à ces deux régions.
Ces derniers corps, les plis et membranules, forment un groupe symptomatologique d'un ordre plus élevé que les simples mouches volantes, en ce sens que lorsqu'ils atteignent un certain volume, ils sont parfaitement visibles
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à l'ophtlialmoscope et prennent alors le nom de corps flottants dans le vitré.
Leur observation, au moyen de l'ophtlialmoscope binoculaire, permet alors de déterminer avec beaucoup d'approximation leur place relative dans la chambre postérieure de l'œil.
La détermination ou appréciation de la distance des petits corpuscules à la rétine a été exécutée par la méthode dite d'investigation entoptique de Listing et David Brewster, modifiée par Donders .
La méthode primitive est ainsi décrite avec ses modifications ultérieures par le savant professeur d'Utrecht : « Se mettant en face d'un globe de lampe, dépoli, ou d'une surlace uniformément bien éclairée, on place en avant de l'œil, à une distance de 10 à 15 millimètres de la cornée, une lame mince de métal noirci, percée d'un petit orifice d'un dixième de millimètre environ. La rétine se trouve ainsi illuminée par un cylindre de rayons lumineux, /;ara//è/es entre eiuv pendant leur traversée dans le corps vitré, et qui dessment alors sur l'écran rétinien un cercle d'une dimension à peu près égale à celle de la pupille. Les petits corps définis rencontrés par ce faisceau de rayons parallèles se projettent donc comme une ombre également définie et sensiblement égale à eux-mêmes sur ledit écran rétinien. La projection sensorielle, faculté fondamentale de la rétine, renvoie ces impressions au dehors sur le cercle lumineux formant ainsi le champ visuel, et tous les détails peuvent en être appréciés dans une situation renversée. Voulonsnous maintenant estimer approximativement la distance à la rétine de chacun de ces corpuscules, au lieu de nous borner à les observer au moyen d'un seul foyer de lumière homoceutrique, comme dans l'expérience précédente, nous le ferons avec deux foyers d'éclairement. A cet effet la plaque de métal mince sera percée de deux orifices semblables à celui déjà décrit et distants l'un de l'autre de 2""", 5 à 3 millimètres. Le cylindre de rayons parallèles dans le vitré se trouve ainsi doublé ; deux cercles pareils sont dessinés sur la rétine, et chaque corps rencontré par eux projette sur la rétine deux ombres au lieu d'une.
Supposons maintenant que les deux orifices, sommets des faisceaux lumineux homocentriques, soient à une distance telle l'un de l'autre que les deux cercles lumineux dessinés sur la rétine chevauchent l'un sur l'autre par moitié, c'est-àdire en offrant un demi-diamètre commun à l'un et à l'autre.
Dans une telle situation, un point défini occupant le milieu de l'ouverture pupillaire donnerait lieu à deux images entoptiques occupant chacune le centre de l'un des cercles lumineux, séparées, par conséquent, par une distance égale au diamètre de l'un d'eux. Il est clair que tout autre corps obscur situé dans le même plan pupillaire donnerait lieu à deux images distantes d'une même quantité.
Simainlenant on considère des points obscurs situés en avant de la pupille, il est clair que leurs images doublées seront plus écartées que dans le cas précédent, tandis qu'au contraire des points postérieurement placés, en égard au plan pupillaire, fourniront des images doubles, mutuellement moins distantes que l'étendue des cercles lumineux rétiniens.
11 suit de là que la distance mutuelle des deux images doubles du même corpuscule d' est à la distance D' de ce corpuscule à la rétine, comme l'écartement d des ceiitres des deux cercles e^t à la distance D qui sépare le plan pupillaire de l'écran rétinien (soit 18 à 19 millimètres) :
d' d ,^, Dxd' d'xl9
222 MYIODOPSIE.
Il ne s'agit donc plus, pour avoir le rapport -r , que de projeter sur une échelle
extérieure les distances d' et (/ pour obtenir D ou .r, comme cela se pratique dans l'évaluation des amplifications micrographiques, »
C'est par ce moyen que Donders a pu estimer, avec une certaine approximation, les distances indiquées plus haut et qui précisent exactement le lieu occupé par ces corps ombrés.
Son étude ne s'est pas bornée là, et il a pu contrôler par l'anatomie pathologique les résultats fournis par l'analyse expérimentale, et démontrer que l'origine de ces apparitions, en apparence illusoires, se trouve dans des altéralions d'éléments cellulaires physiologiques, tenus en suspension dans les couches plus ou moins ramollies du corps vitré. Avec le secours du prol'esseur Janssen et de l'un de ses élèves, le docteur Duncan, il a reconnu dans le corps vitré et étudié au microscope les éléments ligures dont les malades dessinent les représentations sous le nom de mouches volantes.
Ce sont : i" des cellules pâles, et des débris de cellules ayant subi différents degré* de transformation muqueuse; 2" des fibres garnies de granides reproduisant la description des cordons et chapelets de perles; 5° des groupes de granules attachés à des fibres granulaires, déjà décrites ; 4° entiu des niembranules libres ou formant des plis qui se rencontrent plutôt chez les personnes d'un âge avancé, dans le voisinage et sur les côtés du cristallin.
Cette analyse précise et délicate a rendu à la pratique un immense service en permettant d'éclairer avec certitude les malades sur les vraies causes d'un phénomène pour eux éminemment perturbateur. On peut aujourd'hui leur affirmer que ces symptômes ne sont que des altérations légères d'éléments physiologiques à peine transformés, qu'ils siègent dans le corps vitré, et surtout qu'ils sont entièrement indépendants du tissu nerveux soit oculaire, soit cérébral, et ne menacent, par conséquent, ni d'amaurose ni de paralysie.
Leur volume seul est en droit d'éveiller la préoccupation : quand de l'état de simples mouches ils passent à la condition de vrais corps flottants, et que le sujet est affecté de myopie ou de toute autre forme de choroïdite, alors il est sage de les prendre en considération. Ils indiquent toujours par l'augmentation de leur teinte foncée, de leur nombre bu de leur volume, l'étendue de leurs mouvements, un plus haut degré de fluidité momentané du corps vitré, et par induction un accroissement de la congestion de la choroïde. Les malades, une fois prévenus de ce fait, reconnaissent alors, au plus grand trouble éprouvé à des moments donnés, les conséquences d'un excès d'application de près, ou de quelque écart de régime, en un mot l'effet d'une fluxion sanguine vers la choroïde {voy. Choroïdite). Nous insistons sur cette conclusion finale qui Umite pratiquement la portée de ce phénomène pathologique. Après avoir été singulièrement exagérée €t jusqu'aux proportions absolument sans fondement de menaces d'amaurose ou de paralysie', on a été, comme il arrive souvent dans cet ordre d'idées, jusqu'à leur enlever toute signification morbide. Dans cette dernière proposition le danger changeait de nature : on risquait de leur opposer trop d'insouciance. Eu fait, si des mouches volantes pe nombreuses, variant peu, ne doivent point préoccuper outre mesure, il est, d'autre part, important de leur accorder attention comme
* Nous avons rencontré quelqiietois, mais rarement, ces mouches volantes dans des cas de congestion clioroïdienne, indépendante de la fonction visuelle et que nous avons pu et dû rai tacher à des lésions des orifices cardiaques.