NARD
doute, et il ne serait pas étonnant qu'elle recelât un médicament utile. C'est donc une étude à continuer. Fonssagrives.
§ IV. Toxicologie. Voy. OpiUM.
XARCOTIXIQUE {Acide). L'acide narcotinique se forme lorsqu'on met en contact à chaud de la narcotine avec une solution concentrée de potasse. Il est difficile à séparer de la liqueur.
Le narcotinate de polassc ressemble à de la térébenthine ; il est soluble dans l'eau, qu'il rend très-amère {voy. Narcotine). T. G.
NARCOTIQUES. Voy. HYPNOTIQUES, STUPÉFIANTS.
rVARC'OTisiiiE. Voy. Opium, Stupéfiants.
l^jtRD. Sous le nom de Nards, on a désigné un certain nombre de substances odorantes, dont la partie essentielle consiste en rhizomes et racines de Valérianées. Les deux espèces principales sont le Nard Celtique et le Nard Indien.
1° Nard Celtique {ISardiis ou Spica Celtica). Le produit se trouve dans les droguiers en petits paquets cylindroïdes, ou fortement comprimés, d'une odeur forte, rappelant celle de la Valériane, mais beaucoup plus agréable. L'ensemble est formé de rhizomes de trois à quatre centimètres de long, enveloppés d'une certaine quantité de mousse. Ces rhizomes, qui donnent leur parfum à la substance, proviennent du Valeria7ia Celtica L. et de quelques espèces voisines, particulièrement du Valeriana saxatilis {voy. Valérianes). Ils sont recouverts d'écaillés foliacées, allongées, d'un gris blanchâtre, entremêlées de libres radicales brunâtres. Leur structure montre, au-dessous d'une écorce à nombreux globules de matière oléo-résineuse, un cercle de faisceaux ligneux inégaux entourant une moelle centrale.
Le Nard Celtique vient des montagnes de Suisse et du Tyrol; il n'est plus guère employé en médecine que dans la confection de la Thériaque. Il doit cependant avoir des propriétés analogues à celles des Valérianes.
2" Nard Indien ou Spicanard {Nardiis Indica ou Spica Nardi). Le Nard Indien vrai est dans le commerce en paquets de fibres brunâtres, oblongues ou fusiformes, de sept à huit centimètres de long sur un de large. Si on écarte le lacis de fibres, on s'aperçoit qu'elles forment à elles seules presque toute la substance; on voit seulement un tout petit rhizome, très-court et très-peu épais, auquel viennent s'insérer ces fibres ; et en les examinant avec attention, on reconnaît que ces fibres ne sont pas autre chose que le squelette des feuilles radicales, composé de nervures anastomosées et formant des mailles étroites.
Le Nard Indien a une odeur qui rappelle à la fois celle de la Valériane et celle du Patchouly. Il vient des Indes Orientales, où il est donné par le Nardostachys Jatamansi {voy. Nai!Dostachys). Cette origine est maintenant bien démontrée. Mais pendant longtemps on a cru que c'était une graminée à racines odorantes, VAndropogon Nardus, qui donnait le Nard. La réputation du Nard Indien comme aromate était considérable dans l'antiquité. Il en est question dans le Cantique des Cantiques (chap. i, vers. H, et chap. iv, vers. 14) ; Horace, Tibulle, etc., le célèbrent dans leurs poésies; c'était pour les Romains un aphrodisiaque. Quant aux médecins, ils lui attribuent un assez grand nombre de propriétés, que Lémery résume dans son Dictionnaire des drogues : « Le Spica-Nard est propre pour inciser, pour atténuer, pour rompre les pierres des reins et de la vessie,
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j)our exciter l'urine et les mois aux femmes, pour fortifier le cerveau et l'estomac, pour résister au venin, pour exciter la transpiration. » De nos jours, le !Nard est tombé en désuétude, au moins comme substance médicamenteuse.
Le vrai Nard Indien est une substance rare qui ne vient guère actuellement dans le commerce. Ce qu'on trouve le plus souvent sous ce nom est le produit d'une autre plante, qui se présente sous deux formes : le ISard radicant et le JSard foliacé.
La première sorte, qu'on a désignée aussi sous le nom de Nar'd du Gange {Nardus Gangitis], est formée d'un rhizome brun, dur, ligneux, ramifié en trois ou quatre branches, et recouvert dans toute son étendue de fibres grossières brunâtres, du milieu desquelles sortent des petites racines adventives. L'autre forme [Nard foliacé) ne diffère de la précédente qu'en ce que les fibres sont remplacées par de véritables feuilles allongées, avec leurs nervures et leur parenchyme. 11 n'est pas douteux d'ailleurs que les deux sortes ne soient un seul et même produit cueilli à des âges différents.
On ne sait trop encore à quelle plante rapporter les deux Nards. On les avait attribués à un Nardostachys ; Guibourt se demaude même si ce ne serait pas les rhizomes du Nardostaclii/s grandiflora D. G. ; mais la structure anatomique des diverses parties de la piaule, qui composent la substance, ferait penser qu'il s'agit plutôt d'une monocotylédone que d'une valérianée.
D'autres substances encore ont porté le nom de Nard, tout en s'éloignant beaucoup, tant au point de vue des propriétés que de l'origine, des sortes précédentes. Tels sont :
a. Le Faux Nard du Dauphiné, qui n'est pas autre chose que le bulbe de la Victoriale, Allium Victorialis L. {voy. An.). La substance rappelle par sa forme le ISard Jalamansi, elle est grosse et longue comme le petit doigt, un peu renflée au milieu et amincie aux deux extrémités; mais elle est d'un gris de souris, inodore et d'une saveur terreuse. La surface est formée de fibres régulièrement entrecroisées en losanges ; l'axe est formé d'une série de bulbes superposées, plus ou moins conservées suivant leur âge. Le Nard du Dauphiné se récolte dans les montagnes du Dauphiné, de la Suisse, de l'Italie, de l'Autriche et de la Silésie.
h. Le Nard d'Italie (Nardus Italica), qui doit être rapporté au Lavandula Spica L. {voy. Lavandes).
c. Le Nard sauvage ou Nard agreste de Pline, qui est formé par les racines àe Cabaret d' Europe [voy. Asaret).
DioscoRiDE. Matériel medica, lib. I, cap. m. — Galie>-. De composit. medicam., lib. VIII, passim. — Charas. Pharmacopée. Art. Thériaque réformée, — Lémerï. Dictionnaire des drogues simples, 605. — Guiboi rt. Drogues simples, &" édit., III, 75. — Joannes Chatin. Etudes sur les Valérianées. In Thèses de la Faculté de médecine de Paris, 1871, p. 65. — G. Plan'chon. Traité de la détermination des drogues simples, I, 593. Pl.
:XiiLRDOSTACHYS D.G. Genre de plantes dicotylédones appartenant à la famille des Valérianées. Les plantes de ce groupe ont un calice à tube soudé avec l'ovaire, à limbe o-partite, formé de lobes foliacés, denticulés ; une corolle épigyne, tubuleuse, éperonnée, à 5 lobes obtus ; 4 étamines ; un ovaire triloculaire, à une seule loge fertile. Le fruit est membraneux, monosperme, couronné par le limbe du calice.
Les Nardostachys sont des plantes herbacées du Népaul, dont les deux espèces intéressantes sont :
1° Le Nardostachys Jalamansi D.C., qui vient dans les provinces de Mandou