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NATALITÉ (démographie). 479
ment confirmée, lorsqu'on essaie de saisir quelques relations entre les mois de plus nombreuses conceptions (accusées neuf mois plus tard par les naissances) et les mariages.
51. On trouve bien en Hollande que les mois où se concluent le plus de mariages (mai, puis avril) sont précisément les mois qui comptent le plus de conceptions; en Suède le mois de décembre qui a le plus de mariages est aussi celui oii se rencontrent le plus de conceptions, et le fait est d'autant plus remarquable que ce mois est éloigné des autres mois à conceptions maximums qui sont, dans tous les pays, avril, surtout mai et juin. Cependant cette coincïdence est déjà moins nette en Belgique, en Hollande, les mois à maximum de mariage sont en avril et mai, et ceux à maximum de conceptions en mai et juin. La Norvège présente aussi des rapports dont la signification est discutable. Enfin cette coïncidence manque tout à fait en France, en Italie, où les mois qui ont le plus de mariages (février, puis novembre) sont des mois de moindre conception.
En Angleterre, les mariages et les naissances ne sont pas donnés par mois, juais par trimestre. Quoi qu'il en soit, chez nos voisins d'outre-mcr, les mariages du dernier trimestre (octobre , décembre) surpassent de beaucoup ceux des autres trimestres (environ dans le rapport de 20 : 15), et le maximum des naissances qui devrait se rencontrer dans le 5^ trimestre se trouve au contraire dans le 1'^'' et le second.
52. Nous ne savons donc pas expliquer ces fluctuations. Cependant dans l'espérance d'y parvenir, nous avons étudié séparément la natalité par mois des naissances légitimes et illégitimes. Cette analyse nous a donné des différences notables dans la distribution mensuelle des deux catégories. On peut d'abord dire que très-généralement les naissances illégitimes offrent des maximums et des minimums notablement plus prononcés. Il semble que ce résultat pouvait être prévu. En effet, d'une part, si nous n'avons pas nettement dégagé l'influence apportée par les époques de forte ou de faible matrimonialité dans la distribution des naissances, il paraît pourtant irrationnel de nier toute influence à cette cause; or les époques des célébrations nuptiales se règlent moins par les instincts génésiques que par les commodités et usages sociaux; et d'autre part, la vie conjugale si ordonnée amène naturellement une certaine régularité dans les rapports des sexes.
Au contraire, les rapports hors mariage, et surtout ceux qui sont féconds (car ceux-ci sont bien plus souvent dus à l'attrait des sexes l'un pour l'autre qu'à la luxure, à la débauche), ces rapports féconds, dis-je, sont naturellement plus nombreux dans certaines conditions climatologiques et sociales qui poussent au rapprochement des sexes et sollicitent plus vivement la femme à affronter les dangers des rapports illicites ; de là l'influence plus prononcée des saisons et des mois dans les conceptions survenues hors mariage, comme le montre péremptoirement le tableau ci-joint.
53. On y remarquera d'abord que c'est très-généralement en février, puis mars, puis avril et janvier, que se rencontrent les maximums des naissances, ce qui implique les maximums des conceptions en mai, puis juin, ensuite juillet et avril ; c'est au moins ce qui est très-marqué pour la France, I'Italiè, la Belgique (voy. cet article, p. 33). L'on voit qu'en France, par exemple, pour les légitimes comme pour les illégitimes, le mois de février est celui qui est le plus riche en naissances, et par suite le mois de mai en conceptions, mais tandis que pour les légitimes ce mois dépasse la moyenne (1000) de 99, cet excédant pour les illé-
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oitimes s'élève à 151 ; on remarquera encore qu'après février, pour les légitimes, ce sont les mois de mai"s et d'avril (conceptions en juin et juillet) qui sont le plus chargés de naissances, tandis que pour les enfants conçus hors mariage ce sont janvier d'aboid, puis mars (conceptions en avril et juin). Le tableau nous apprend encore que les naissances et conceptions subissent plus profondément l'influence des saisons dans les campagnes que dans les villes, et plus dans les villes que dans le département de la Seine. On ne s'étonnera pas de voir les effluves de mai, le souffle du printemps, avoir relativement plus de puissance aux champs (lue dans les villes pour délier les ceintures de nos jeunes filles, et exciter les ardeurs de nos jeunes garçons.
Sur ce sujet il faut encore remarquer qu'en Suède, pays où la chaude saison est tardive, les maximums des naissances illégitimes sont aussi plus reculés : ce n'est plus en février qu'on compte le plus de naissances, mais en mars et en avril (conception en juin et juillet), et ce retard est encore plus prononcé en Norvège. Cependant, un fait singulier se rencontre en Suède, où il est plus marqué pour les naissances légitimes, et plus encore en Norvège, où il est plus marqué pour les naissances hors mariage, c'est un second maximum des naissances en septembre (conceptions en décembre!), et même en Norvège c'est le mois maximum; et le fait est d'autant plus remarquable que les mois qui précèdent ou qui suivent sont au-dessus de la moyenne. Quelle peut être la cause de ce fait ? Sont-ce les plus grands nombres de mariages qui ont lieu en novembre et décembre? Mais en Norvège ce sont surtout les naissances hors mariage qui se sont accrues? Quoi qu'il en soit, nous pensons avoir montré que les influences thermométriques ne sont pas sans influence sur cette répartition. A l'article Italie, nous espérons pouvoir étudier les provinces méridionales sous ce rapport.
54. Enfin, nous avons recherché curieusement si une influence mensuelle n'intervenait pas dans la production respective des sexes ; mais, de quelque manière que nous ayons interrogé les documents, nous n'avons rien trouvé d'assez nettement caractérisé pour asseoir une conclusion qui fût un peu solide : décembre semblerait un peu plus favorable à la naissance des garçons (conçus en mars) , février à la naissance des filles (conçues en mai). Pourtant ce sont là des différences si peu marquées qu'on ne saurait s'y arrêter.
55. ISaissances multiples. Nous avons supposé jusqu'à ce moment que tout accouchement donnait lieu à une naissance ; mais il n'en est pas toujours ainsi ; quelquefois les grossesses se terminent (10 à 15 fois par 1000) par deux naissances, et même par trois naissances (1,2 à 1,6 fois par 1000). Le petit tableau suivant donne une idée des variations de ces rapports. En outre, il met en lumière un fait assez inattendu sans doute : c'est que ces rapports, très-variables de nation à nation, sont au contraire très-fixes d'année en année dans les mêmes collectivités.
On voit qu'en France il y a à peine dix naissances doubles par 1 000 accouchements, encore un peu moins en Belgique, tandis qu'en Danemark et en Suède, on en compte entre 14 à 15.
Les analogies de ces rapports et des origines ethniques des peuples frappent tout d'abord ; cette première vue est confirmée par la constance des rapports propres à chaque nation dans la suite des années prises isolément ; à tel point que dans une succession prise au hasai'd de treize années consécutives, jamais les valeurs de la France ou de la Belgique par exemple ne se rapprochent de celles de la Pi'usse ou de la Suède, et que dans ces deux derniers pays, bien que leurs
N.\TALITE (démogr.vphie)