ÉCART
MOTENNE.
Vaches
Id
Id
Total
Juments
Id
Id
Total
Anesses
Brebis
Id
Id
Total
Truies
LaninGs
Buffles
Dans toutes ces observations où le jour de la conception était connu, un écart notable existe entrelemaximumetlemininium. Pour la vache, où la durée moyenne delà gestation se rapproche le plus de celle de l'espèce humaine, cet écart est de 81 jours avec une moyenne de 28!2 à 285 jours. Pour les juments, l'écart est de 97 jours, la moyenne s'élevant à 344. La moyenne des maxima chez la vache a été de 303 jours ; le cas extrême est de 520. Les gestations prolongées sont les plus rares. Cinq seulement ont dépassé 500 jours. Pour la femme, en admettant la même proportion, ce serait un écart de 78 jours avec la moyenne de 274.
Lord Spencer, sur 764 vaches (Guy, p. 128), constata pour les plus courtes durées 220 et 240 jours, pour la moyenne 284 à 285 jours, comme Teissier, et pour la portée la plus longue 515 jours ; le plus grand nombre des cas au delà de la moyenne appartenaient à des veaux mâles. Gayot, au haras du Pin, en 1842, observa, sur 25 juments, une moyenne de 545 jours, et un maximum de 367. Pour l'ànesse et la jument couvertes par l'âne, la gestation était plus longue. Au delà de 286 jours, pour la vache on constatait plus de veaux mâles que de femelles. La durée de la gestation diminuait quand la vache avançait en âge ; commençant par des portées de 296 et de 294 jours, deux vaches pendant huit ans présentèrent chaque année une diminution de 2 à 5 jours, et finirent par des gestations de 264 et de 265 jours. Sur 442 brebis, à l'École vétérinaire, M. Magne observa pour les portées une moyenne de 148 jours, avec des extrêmes de 145 et de 156 jours, dans 2 et 5 cas. Pour l'éclosion artificielle des œufs de poule, Willer, en 1776, a noté des différences de 18 à 25 jours. Buffon avait dit : « Les fœtus des animaux, comme des vaches, des brebis, etc., etc., n'ont qu'un terme pour naître, le temps de leur séjour dans le ventre de la mère est toujours le même... » {Du développement et de l'accroissement du fœtus, p. 105) ; il en
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donnait une explication théorique aussi peu fondée que le fait lui-même ; mais tout en établissant un type pour l'espèce humaine, il avait bien reconnu ses variations : « La durée de la grossesse est pour l'ordinaire d'environ 9 mois, c'est-à-dire de 274 à 275 jours ; le temps est cependant quelquefois plus long, et très-souvent bien plus court. Les accouchements qui précèdent le terme de neuf mois sont plus communs que ceux qui le passent. Les temps ordinaires de l'accouchement naturel s'étendent à vingt jours. » Les statistiques modernes constatent ce type de 274 à 275 jours, avec des variations d'une dizaine de jours; en deçà et au delà, l'écart modifie le développement du fœtus.
IV. Les naissances précoces. La gestation a été plus courte, l'enfant est né avant le terme ordinaire de la grossesse ; a-t-il pu se développer et mûrir dans cet espace de temps et naître avant neuf mois avec tous les caractères de la maturité ? La grossesse, au contraire, a-t-elle été abrégée par une circonstance accidentelle, et l'enfant déjà viable, mais non mûr, est-il venu au monde, offrant les caractères de la période de la vie intra-utérine à laquelle il était parvenu ? Maturité anticipée ou viabilité avant terme, telles sont les deux questions qui se posent au sujet des naissances précoces.
\° La maturité avant terme a été admise par l'ancienne médecine légale. « Nous entendons par naissance précoce, disait Fodéré, une naissance qui a lien naturellement, suivant la marche des naissances ordinaires, longtemps avant le 280^ jour, terme le plus commun pour l'espèce humaine, dans laquelle se présente im enfant doué de tous les caractères de maturité vivace et pouvant conserver la vie. » On s'appuie sur le raisonnement suivant pour établir cette maturité précoce : il y a des enfants qui naissent plus que mûrs et qui présentent à terme une taille de 55 à 56 centimètres, un poids de 5 à 6 kilogrammes, qui ont des dents, qui sont plus vivaces et plus éveillés que de coutume ; s'ils étaient nés un ou deux mois plus tôt, ils n'auraient eu que les dimensions ordinaires, et ils auraient présenté à 7 ou 8 mois les caractères de la maturité. On peut répondre que ces enfants provenaient de naissances tardives, que la croissance du fœtus s'accélère surtout dans les deux derniers mois de la grossesse, qu'il est facile de reconnaître un enfant à qui il ne manque qu'une quinzaine de jours, que s'il y a des inégalités individuelles de taille et de poids, elles n'impliquent pas, pour le même âge, une différence d'organisation.
La question ne peut être résolue que par des faits : existe-t-il des exemples authentiques de ces maturités précoces ? A-t-on vu des enfants présenter à 6 ou 7 mois les caractères de la maturité? Il est difficile de ne pas répondre par la négative. L'observateur pour prouver une maturité hâtive ne peut que se fonder sur la durée de la grossesse ; il faut être bien sûr de l'époque de la conception puisque l'état du fœtus ne fournit ici aucune preuve, et que l'erreur d'un mois est possible. La démonstration de cette maturité précoce est bien plus difficile à donner que celle d'une grosesse tardive. Valentini, dans les Pandectes (p. 95) indique les autorités qui se prononcent en faveur de cette formation accélérée du fœtus. « Fieri enim naturaliter posse ut propter facultatis plasticœ robur fœtus ad maturitatem et perfectionem solito citais, ut modo diction, perveniet et sic partus acceleratur, nidlum est dubium. » Mais les observations manquent à l'appui de cette opinion ; dans trois cas où la légitimité est admise par la Faculté de Leipzig, à 173, 177 et 196 jours, une des preuves alléo-uées est au contraire le peu de développement de l'enfant. Mauriceau a toujours remaraué « que les enfants qui naissant pffppi.^vp■mpT^^ '^ 7 ^r,{. gQj^^ ^j petits et si faible*;
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qu'il n'en a jamais vu un seul vivre plus de 15 jours, si ce n'est de ceux qui, quoiqu'ils fussent nés seulement à 7 mois de mariage, avaient au moins
8 et quelquefois 9 mois 'de façon, et étaient tout semblables en grosseur et en force à des enfants parfaitement à terme. » Fodéré parle bien d'une femme qui accouchait toujours naturellement à 7 mois, mais il n'est pas explicite sur la maturité de l'enfant. Deux observations de La Motte sont généralement données comme la ])reuve de ces maturités à 8 mois (obs. 89 et 90). « Une femme accoucha heureusement, après 7 mois de mariage, d'un garçon qui se fit bien nourrir. » Cette femme devint grosse de nouveau « et accoucha une seconde fois, à 7 mois, d'un second garçon. Ce fut une vraie consolation pour le mari et pour la femme, et afin de ne rien laisser en doute de cette histoire, c'est que les filles de cette dame accouchent de même à 7 mois. » Une seconde dame (( accoucha à 7 mois juste du jour qu'elle avait été mariée, quoique son mari l'eiàt épousée au sortir du couvent. L'imagination de l'époux n'en eut pas moins à souffrir... Elle devint grosse de nouveau et accoucha une seconde fois à 7 mois... Ces deux enfants nés à 7 mois se sont élevés... » Ces deux observations ne oont pas concluantes, elles manquent de détails sur les développements des enfants ; il paraît d'ailleurs, suivant la remarque de Mahon, que de La Motte cite ces deux faits sur parole, car il ne mentionne pas, comme il le fait d'habitude, les soins qu'il aurait donnés aux mèz'es.
Si l'enfant naît à 7 mois, il doit présenter tous les caractères d'imperfection qui appartiennent à cette époque ; s'il offre au contraire une maturité complète, on n'hésitera pas à dire qu'il était à terme. C'est l'opinion que nous avons adoptée dans le cas suivant : Un homme d'un âge moyen a des relations avec une femme le 13 juillet 1846 et seulement ce jour-là; bientôt, elle se déclare enceinte et elle accouche le 19 janvier 184^7, 190 jours après ces rapports. L'homme qui jusque-là se croyait l'auteur de la grossesse conçoit des doutes fort naturels. Avant de se charger de l'entretien de l'enfant, il veut acquérir la certitude de sa paternité. L'enfant est examiné le 22 juin : il est très-rouge, d'un embonpoint médiocre, vif, criant avec force, buvant avec avidité ; les yeux sont bien ouverts, son poids est de 5575 grammes, sa taille de 48 centimètres, la circonférence de la tète est de 54 centimètres, le diamètre bi-pariétal de
9 centimètres 1/2; les deux testicules sont dans le scrotum. Nous avons conclu de ces faits que l'enfant présentait tous les caractères de la maturité, et qu'il était impossible qu'il fût né à 6 mois 17 jours de grossesse. La question de paternité était résolue négativement, mais s'il y avait eu mariage, le désaveu n'eût point été possible, la limite des 180 jours posée par .l'article 314 du Code civil était franchie et l'enfant avait acquis le bénéfice de la légitimité.
Il est certainement impossible de confondre un enfant de 7 mois avec celui qui est né à terme ; il n'y a pas de maturité précoce qui puisse combler une pareille différence. Les signes distinctifs sont d'abord la taille et le poids : entre 34 et 49 centimètres, entre 1500 et 5000 grammes qui appartiennent au 7*^ et 9^ mois, il y a un écart qu'aucun développement hâtif ne compensera. Nous attacherons en outre une grande importance à la circonférence de la tête et au diamètre bi-pariétal, dont le nombre de centimètres correspond si exactement à celui des mois, à l'état des ongles, à la situation des testicules dans l'abdomen, dans le canal ou dans le scrotum, à l'occlusion des paupières et à la présence de la membrane pupillaire, et en cas d'autopsie, au poids et au développement du poumon, aux dimensions du canal artériel et du trou de botal, aux bosselures du côlon, à l'existence
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et aux dimensions du point osseux du cartilage de l'extrémité inférieure du fémur. Nous croyons qu'un enfant de 8 mois ne peut être confondu avec celui de 9 ; la différence sera moins sensible pour S mois 1/2, et cependant les accoucheurs reconnaissent l'influence que 2 ou 3 semaines de moins exercent sur le développement du fœtus. Pour rester dans les limites extrêmes et incontestables, on n'a pas encore vu d'enfant développé à 7 mois comme à 9, et on ne peut admettre une maturité hâtive qui confonde ces âges. Mais la dilférence est moins prononcée chez les jumeaux.
En France, quand l'enfant est né 180 jours après le mariage, ou après le retour du mari, il ne peut être désavoué, quand bien même il présenterait tous les caractères du 9^ mois, attestant aux yeux de la science qu'il a été conçu 3 mois avant la célébration du maiiage ou avant le retour du mari absent. En Angleterre, aucune époque de ce gem'e n'étant fixée, la (juestion reste entière et est du domaine de l'expertise.
Dans l'affaire Jardiné (Guy, p. 151), on contestait la légitimité d'un enfant né le 174^ jour après la célébration du mariage, et qui avait vécu 7 mois. Les deux motifs d'opposition étaient qu'un enfant de cet âge ne peut pas vivre, et que celui-ci avait un développenient supérieur à l'âge indiqué. Il pesait 5 livres anglaises (avoir du poids), soit 1360 grammes, le double de la moyenne de 6 mois. Le juge adopta la maxime -\ Satins est impunitum relinqui facinus nocentis quant innocentem damnari. » Taylor cite un cas où im enfant venu au monde 259 jours après les derniers rapports fut contesté parce qu'il présentait les signes d'une maturité complète. Simpson déclara que ces trois semaines de moins entraînaient une diminution de maturité évidente et qu'il était aussi rare de rencontrer un enfant absolument mùr à cette époque que de voir un homme atteindre l'âge de 100 ans. C'était beaucoup d'admettre l'adultère pour une différence de 3 semaines. Le défendeur alléguait que l'enfant pouvait être aussi long, mais non aussi perfectionné. Le docteur Riittel déclara au contraire, d'après son expérience, que des enfants nés 2 ou 5 semaines avant les 280 jours avaient souvent la même apparence que ceux qui étaient venus à terme. Ces questions ne sont pas sans importance pour la réputation des femmes et la tranquillité des familles ; on ne les tranchera pas trop facilement, d'après quelques nuances de maturité; en se réservant une latitude de quinze à vingt jours, on ne dépasse pas les limites de l'observation, et on ne pose point de conclusions téméraires.
Pour les jumeaux le développement est plus faible et souvent inégal ; ainsi West a observé^un cas où l'un des jumeaux pesait 1 livre 1/2 et l'autre o livTes ; ils vécurent tous deux quelques heures.
2" La viabilité est le l'ait qui domine l'histoire des naissances précoces. A quel âge cette viabilité commence-t-elle, est-ce à 6 mois ou à 7, et notamment, en ce qui concerne la loi française, un enfant peut-il naître viable avant le 180^ jour? Ici encore la difficulté est de connaître le jour précis de la conception, et c'est d'après le poids et la taille et les cai-actères anatomiques que l'âge de l'enfant est déterminé. Il importe donc de préciser ces caractères pour les mois litigieux le 5% le 6^ et le 7« mois. Nous admettrons, pour ces périodes, 22, 28 et 54 centimètres, 250, 500 et 1500 grammes, 5, 6 et 7 centimètres pour le diamètre bipariétal, comme moyennes, qui s'élèvent à mesure que des jours s'ajoutent à chaque mois plein. Les signes organiques les plus importants sont l'occlusion des paupières et la présence de la membrane pupillaire : on ne reconnaîtra pas
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comme foetus de 5 à 6 mois ceux qui naissent les yeux ouverts et dont la membrane pupillaire ne ferme plus l'iris. A 5 et à 6 mois, les testicules sont au-dessous des reins dans la cavité abdominale ; à 7 mois, ils sont appliqués sur l'extrémité supérieure du canal, on engagés dans le canal {voij. Fœtus et Viabilité) . Le problème se pose ainsi : quels sont les fœtus les plus petits et les moins mûrs qui aient continué à vivre?
Une première catégorie comprend les fœtus vivi et non vitales, ceux qui donnent en naissant quelques signes de vie et meurent presque aussitôt. Nous avons fait l'ouverture d'un fœtus fémir.uï de 5 mois 1/2, pesant 572 grammes, long de 50 centimètres 1/2, avec 5*^8 de diamètre bi-pariétal, qui avait vécu quelques instants, les poumons, pesant M^i-jôG, ne présentaient pas de traces de respiration.
Dans le cas de Velpeau (t. I, p. 347), l'enflmt long de 24 centimètres, et pesant 625 grammes, vécut plus longtemps ; il devait être dans le cinquième mois. A 5 mois 1/2, M. Maissonneuve retira des membranes un embryon qui, récliauffé, respira régulièrement et mourut au bout de 5 heures. Thompson cite un enfant dont l'âge était estimé à 5 mois et qui vécut 3 heures 1/2; Christison a constaté 8 heures 1/2 de vie à 167 jours; Buchholtz, 48heures à 189 jours; Kopp,4 joursl/2 à 162 jours; Fleischmann, 8 jours de vieàl78 (Guy, p. 155). Dans 2 avortements à 5 mois, Davies a vu l'embryon remuer ses membres. Smith, à 147 jours, a vu l'enfant respirer, il a même crié avec une certaine force; il pesait 2 livres anglaises (avoir du poids), 907 grammes, et mesurait exactement 12 pouces, soit 30%56; la membrane pupillaire était intacte, les testicules n'étaient pas descendus dans le scrotum, la peau était couverte de poils ; l'enfant vécut 12 heures. Malgré la durée attribuée à la gestation, la taille et le poids indiquent un enfant de 6 mois. Carter a communiqué à Taylor l'observation d'un enfant né Ti 5 mois et qui'vécut plus d'une demi-heure ; il cria faiblement, il pesait 1 hvre 1/4, 567 grammes, et était long de 1 pied, 50 c. ; dimensions qui appartiennent au moins à 5 mois 1/2. Taylor cite encore 5 cas d'avortement où les embryons expulsés à 5 mois 1/2^ donnèrent des signes de vie, l'un d'eux vécut même 5 heures; dans un de ces cas on souleva la question de meurtre de l'enfant, en même temps que celle d'avortement. Le docteur Rùttel a vu l'enfant d'une femme mariée, né à 5 mois, survivre 24 heures. Le fait de Brouzet (Mahon, t. Il, p. 245) serait un exemple de viabihté cà o mois; l'enfant naquit les yeux fermés. 11 était très-petit et extrêmement faible; pendant 4 mois il resta presque immobile, n'avalant du lait que goutte à goutte, ne rendant aucune matière, puis il se développa, et à 16 ans, il surpassait ceux de son âge, en force et en vigueur. Mais on ne donne pas les dimensions de cet enfant et plusieurs circonstances de l'observation inspirent des doutes. Faut-il citer l'exemple de Fortunatus Licetus, qui naquit à 4 mois 1/2 et vécut jusqu'à 80 ans, celui du maréchal de Richelieu, qui fut reconnu viable à 5 mois par le parlement de Paris? (Capuron, p. 157.) Le docteur Bonn a réuni 112 cas plus ou moins authentiques d'enfants nés du 120*^ au 210* jour, dont 55 seraient morts dans les premières 24 heures, et 25 auraient dépassé 2 ans. Sur 5 cas, au-dessus ie 150 jours, il y aurait eu 2 viabilités, 1 sur les 8 cas de 150 jours ; sur 38 cas d'enfants nés à 180 jours, 7 auraient continué à vivre de 1 à quinze ans. Une statistique de ce genre ne serait probante qu'en donnant les poids et les mesures des enfants. D'après le docteur Barker, un enfant né le 158" jour pesait 1 livre, 455 grammes, et mesurait 11 pouces, 27 centimètres 1/2 ; il naquit les yeux
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fermés et ne les ouvrit que le second jour; il continua à vivre, restant cliétif; les dimensions de cet enfant le placent au Q^ mois.
C'est vers cette époque que l'on commence à trouver quelques cas vraisem blables de la viabilité la plus précoce. Belloc vit naître une fille qui n'avait qu'un pied de long, 52 centimètres, très-chétive , qui vécut, «et parvint à l'âge de 17 ans : il jugea qu'elle était née tout au plus au sixième mois ; la taille indiquée la place bien près du septième. Capuron cite le cas d'une petite fille qui naquit à six mois et demi et parvint à l'âge adulte, mais il ne donne pas les dimensions de l'enfant. Whitchead, sur 8 enfants nés à 6 moi;, en a vu 7 mourir en six heures, et un le dixième jour. D'après Annan, un enfant né entre le sixième mois et le septième, pesant une livre et demie, 680 grammes, vécut 4 mois et 8 jours (Taylor). Deux jumeaux, dit Riittel, nés au sixième mois et pesant chacun 5 livres, vivaient encore au bout d'un an et en bonne santé, mais le poids, pour des jumeaux surtout, appartient au septième mois. Rodmann a vu vivre 4 mois un enfant qui pesait à sa naissance une livre trois onces (avoir du poids), soit 801 grammes, et mesurait 15 pouces anglais, 52 à 55 centimètres; Hencke et Fleischmann attribuaient 189 jours à un fœtus d'une livre dix onces, environ 800 grammes, long de 1 1 pouces, 29 centimètres. Un des faits es plus probants est celui de d'Outrepont ; l'enfant du sexe masculin pesait une livre et demie, 750 grammes, et mesurait 15 pouces et demi, de 55 à 55 centimètres ; la membrane pupillaire était entière et les testicules étaient dans l'abdomen. Des raisons particulières faisaient remonter la conception à 27 semaines, 1 89 jours, et l'enfant offi'ait les caractères de la fin du sixième mois; à onze ans, il avait l'aspect d'un enfant de 8 ans. Nous avons fait l'autopsie d'un enfant du sexe féminin, de six mois et demi, soit 196 jours; la mère atteinte de phthisie faisait remonter la conception au 20 janvier, elle élait sur ce point absolument affirmative, et l'accouchement avait eu lieu le 4 août : l'enfant pesait 855 grammes, il mesurait 55 centimètres, le diamètre bi-pariétal avait 6 centimètres et demi ; la vie dura vingt-six heures. L'ensemble de ces faits autorise à admettre comme n'étant pas absolument impossible la viabilité de l'entant dans le sixième mois, mais il est hors de doute qu'elle ne précède pas le 180* jour, et que dans le sixième mois elle constitue la plus extraordinaire des exceptions. Zacchias avait dit : Frustra et illi et omnes in contrarium dissentientes opérant impendunt, qui maturiorem fœtum qiiam dierum 1 82 pro legithno et viiali admissi contendere volunt.
On admet la viabilité à sept mois, tout en reconnaissant combien elle est rare. Les enfants qui naissent à cette époque, dit Capuron, ne prolongent guère plus leur carrière que ceux qui naissent avant ce terme. Mauriceau a observé que les enfants nés effectivement à sept mois n'ont jamais vécu plus de quinze jours ; Mahon, Baudelocque, disent qu'ils vivent rarement ; de la Fosse, dans YEncydopédie méthodique, leur refuse la viabilité. Ante septimum mensem, dit Haller, fœtus non potest superesse. Academiœ quidem aliquœ , singulive medici pro partudie 190, 185, 184, 185, 182 1/2, 182, responderunt... Uœc omnia mihi valde suspecta videntur. Il est bien rare dans les maternités qu'on conserve un enfant qui naît à cette époque, mais la viabilité au 7*^ mois, à 210 jours, résulte d'observations authentiques, aujourd'hui nombreuses, et n'a pas besoin d'être démontrée ; les chances de vie augmentent à mesure que Ion se rapproche du terme ordinaire de la grossesse, restant toujours inférieures à ce qu'elles sont au moment de la maturité.
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Si l'on apprécie la législation française en ce qui concerne les naissances précoces, on voit qu'en adoptant le terme de 1 80 jours elle n'expose pas à exclure un enfant légitime, mais qu'elle ouvre les rangs de la famille aux enfants conçus dans les 100 jours qui précèdent le mariage. Conviendrait-il de porter la possibilité du désaveu jusqu'au 200^ jour? On ne courrait pas grand risque en le faisant ; mais si les exceptions citées plus haut font naître un scrupule, une expertise préalable précédant le désaveu, qui ne serait que facultatif, entre 180 et 210 jours, serait certes une disposition rationnelle; elle empêcherait d'admettre dans la famille des enfants à terme nés dans cette limite, et dont la conception remonte évidemment à 2 ou o mois avant le mariage.
V. Les naissances tardives. Pour les naissances tardiA'es comme pour les précoces, on distingue deux cas : l'enfant mûrit plus lentement et la grossesse se prolonge ; la maturité augmente, pendant que la grossesse dépasse ses limites habituelles. Le premier cas était autrefois considéré comme le plus ordinaire. Zacchias pense que le retard de l'accouchement peut surtout avoir lieu, lorsque les eaux de l'amnios sont très-abondantes, et que le fœtus n'a pas pris durant la gestation la nouiTiture suffisante pour son accroissement. D'après mes propres observations, dit Fodéré, il semblerait que ce retard tient au défaut de imtrition du fœtus. Quand l'enfant est mal nourri et que les eaux s'accumulent, il est retardé dans son accroissement ; il cite le cas de sa propre fille, née petite et chétive, à 10 mois 1/2. Mais l'observation nous fait voir, au contraire, que plus la grossesse se prolonge, plus l'enfant se développe. La maturité retardée n'est pas mieux démontrée que la maturité précoce ; grossesse prolongée et maturité exagérée sont deux faits corrélatifs : l'un sert de preuve à l'autre, et le faible développement du fœtus est au contraire considéré comme un argument contre la naissance tardive. Le fait principal est ici la prolongation de la grossesse ; c'est là ce qui constitue la naissance tardive, abstraction faite de l'état du iœtus.
Les naissances tardives ont été beaucoup plus contestées que les naissances précoces ; dans les unes, a-t-on dit, le sentiment est surtout froissé ; dans les autres, il s'agit d'héritages qui échappent à des collatéraux. Les premières sont plus difficiles à constater que les secondes, elles sont surtout plus rares. La physiologie comparée nous en donne la preuve : dans les observations de Teissier et de Spencer, la naissance tardive était l'exception; pour les vaches, la moyenne était 280, cinq fois seulement la gestation s'est prolongée jusqu'à 508 jours ; c'est 28 jours au delà de la moyenne ; ce chiffre est significatif, et il est impossible de ne pas le prendre en considération pour l'espèce humaine. Les juments n'ont offert qu'une fois la gestation extrême de 594 jours, la moyenne étant 550. En se rapportant aux tableaux cités plus haut, on voit que le part tardif a toujours été exceptionnel, qu'il s'est produit cependant, mais dans détroites limites, et en s'écartant de la moyenne beaucoup moins que le part précoce. Les statistiques montrent aussi pour l'espèce humaine que la prolongation de la gestation est un fait exceptionnel ; Lobstein, sur 712 accouchements pratiqués dans ses salles, de 1804 à 1814, ne compte qu'une naissance tardive pour 67 accouchements prématurés.
L'observation peut seule résoudre le problème, mais on sait combien elle présente de difficultés. Les cas judiciaires ne peuvent servir d'exemple, il faut chercher dans la vie privée des faits authentiques, allégués sans aucun intérêt. Ici encore, il faut des conditions bien particulières pour entraîner la conviction ;
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en pareille matière, l'évidence scientifique est difficile à obtenir. Tous les calculs qui reposent sur le moment de la cessation des règles prêtent à cette objection, que la conception a pu avoir lieu le lendemain du jour où elles ont cessé, ou la veille du jour oii elles auraient dû paraître. C'est une période de 28 à 30 jours qui peut être retranchée de la durée de la grossesse, ce qui ramène à un chiffre presque normal les durées les plus extraordinaires. Une suppression morbide de deux ou trois mois peut avoir précédé la conception, et la femme ajoute cet espace de temps à sa grossesse normale. Que d'erreurs de calcul, volontaires ou non, ont été commises ! « En pareille matière, a déjà dit Hippocrate, les femmes sont de tout point et toujours affirmatives, et rien, ni fait ni parole, ne pourrait les persuader qu'elles ne savent pas ce qui se passe dans leur corps. » Mais peut-on croire que des faits si nombreux, attestés par tant de médecins, ne reposent que sur des erreurs? Il y a des cas dans lesquels on a pu connaître le jour précis de la conception, provenant d'un seul rapport, ceux-là entraînent l'évidence, à la condition, bien entendu, qu'aucun doute ne soit possible sur le point de départ. Ces cas sont les moins nombreux, et ils donnent aussi les durées les moins longues ; mais, en déduisant les 2 à 6 jours qui peuvent s'écouler entre l'introduction du sperme et l'imprégnation de l'ovule, ils offrent encore la preuve de naissances tardives, dans des limites, il est vrai, plus restreintes qu'on ne le supposait autrefois.
On n'éprouve ici que l'embarras du choix pour les citations, même en rejetant les fables ; il y a surabondance de faits, mais peu de critique dans cette partie de la médecine légale. Voici quelques-unes des durées indiquées par les auteurs : Osiander, 365 jours : la femme n'accouchait pas, il fallut hâter l'accouchement; Masius, 300 jours; Arnold, 324 ; Klein, 298; Gruner, 294 à 322; Starck, 500 ; Schneider, 308 ; Hencke, 291 ; Wildberg, 505. Faut-il parler des naissances tardives épidémiques observées par Michaelis, à la maternité de Kiel, où 19 grossesses, de 1817 à 1818, se prolongèrent au delà de 500 jours? Capuron rapporte aussi plusieurs exemples de grossesses prolongées, dont aucune n'a été observée par lui-même. Maygrier parle d'une grossesse de 316 jours, Moreau de 310, constatée par l'époque de la cessation des règles, par les mouvements de l'enfant, par un commencement de travail à l'époque ordinaire. Le cas de Yelpeau est de 310 jours; la date de la grossesse avait été déterminée par les mouvements au quatrième mois, et par un commencement de travail au neuvième. Chailly relate une grossesse qu'il évalue à 500 jours, et où l'enfant pesait 5,120 grammes. Elsaesser, sur 260 cas, en vit 2 à 3 p. 100 dépasser 500 et 306 jours. Les faits de Siebold et deSalomon, critiqués par Casper, constateraient des dates plus reculées encore.
Un groupe particulier de faits est formé par les observations que des médecins ont recueillies sur leurs propres femmes. Dulignac, chirurgien-major du régiment d'Asfeld, certifie que, de trois enfants dont sa femme est accouchée, deux sont nés à 15 mois 1/2 de grossesse, et le troisième à 11 mois ; qu'il a reconnu ces trois grossesses à 4 mois 1/2 par les mouvements de l'enfant, et qu'il les a suivies attentivement jusqu'à leur terminaison. Un chirurgien d'Aix, nommé Panéus, écrivait à Chomel, le 25 mai 1764, que son épouse était accouchée de trois garçons à 9 mois de grossesse, et de quatre filles à 10 mois et même au delà. Dumonceau rapporte qu'une sage-femme accoucha dans le 13* mois d'un enfant vivant, après avoir éprouvé des douleurs inefficaces avant cette époque (1765). Masius dit avoir appris d'un médecin prussien que sa
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femme avait porté ses trois premiers enfants au delà de 10 mois. Le fait d'Osiander concerne la veuve d'un médecin qui avait lui-même constaté le commencement de cette grossesse, qui se prolongea pendant 45 semaines, et dont la fin dut être hâtée. L'observation la plus connue est celle de Fodéré : « A la pi'emière fille dont mon épouse accoucha, dit-il, elle eut des douleurs d'enfantement à l'époque du 9'^ mois — Mais tout se termina par une abondante évacuation de sérosité.... Elle se rétablit et n'accoucha que 40 jours après.... Deux ans plus tard, nourrissant son enfant, elle éprouva de nouveaux symptômes de grossesse et fut obligée de sevrer. Elle n'accoucha également qu'à 10 mois 1/2 d'une grossesse bien avérée à ses différentes époques, et elle eut aussi, au terme de 9 mois, les mêmes fausses douleurs, avec écoulement de beaucoup de sérosité. La fille qu'elle mit au monde cette fois était si petite, si chétive, qu'elle ignorait avoir accouché, et que cette enfant ne fut conservée qu'artificiellement. » Klein rapporte que sa femme eut vers la fin de sa grossesse des douleurs qui faisaient croire chaque jour à un accouchement, qui n'eut cependant lieu que quatre semaines après, et se fit très-promptement. L'enfant pesait 1 livre 1/2 de plus que les autres, et il avait aussi 2 pouces de plus ; ses fontanelles étaient fermées. L'accoucheur anglais, John Sabini, dans l'écrit de Lyall, rapporte que la première grossesse de sa femme avait dépassé d'un mois le terme ordinaire. Schuster, étudiant les rapports des intervalles menstruels avec la durée de la grossesse, constate que sa femme meustruée à 29 et à 30 jours accoucha une première fois à 296 jours, et une seconde fois à oOO. Thortsen reconnut sur sa propre femme dans une grossesse tardive un commencement de travail au 9^ mois. On attribuait beaucoup de crédit à ces faits, parce qu'on les supposait recueillis avec plus de soin et contrôlés avec plus d'exactitude, mais il ne semble pas qu'il en soit ainsi : on peut leur opposer cet axiome : « Nul n'est témoin dans sa propre cause. »
Les médecins anglais ont été en général favorables aux naissances tardives; Merriman, sur 114 cas, a constaté 14 grossesses de 45 et de 44 semaines; quatre avaient atteint 508 jours; Murphy cite lï cas de 45 semaines ou 515 jours ; mais ces durées étant calculées d'après la dernière menstruation, on peut en retrancher de 21 à 50 jours, ce qui les ramène bien près du terme ordinaire; Alurphy admet la grossesse de 301 jours ; Hunter celle de 42 semaines ou 294 jours ; Mongommery de 294 à 508 jours. Dans le procès Gardner-Pieradge en 1825, la veuve était accouchée 311,504 ou 150 jours après ses derniers rapports avec son mai'i. Sur 1 7 accoucheurs, 5 fixèrent la limite extrême à 280 jours et déclarèrent qu'elle ne pouvait s'élever à 309 jours que par un miracle. Les 12 autres admirent la possibilité du fait et citèrent même des exemples de grossesse plus longue ; la cour des lords n'en déclara pas moins la naissance illégitime. Dans un cas de Murphy, l'intervalle entre les dernières règles et l'accouchement a été de 542 jours, et dans un autre cas de 552 jours ; en en déduisant 28 jours, on aurait encore des grossesses de 514 et de 524 jours , mais une suppression pathologique aurait pu précéder la conception. Simpson a observé une grossesse de 515 jours. Dans le cas du docteur Power, l'intervalle signalé de 525 jours prête aux mêmes objections. Taylor cite d'après Howel une délivrance au 525*^ jour après la dernière menstruation ; on peut la réduùe à 509 ou à 295 jours. Taylor mentionne encore un intervalle de 325 jours. La légitimité a été admise en Angleterre judiciairement au 290S au 291« et au 508« jour; aux États-Unis au 317^. On comprend quelle minutieuse exactitude il faudrait dans l'histoire
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(le la grossesse et clans l'examen de l'eniant pour rendre probantes ces observations extraordinaires.
Les cas vraiment de'cisifs, mais bien rares, sont ceux où l'on a connu avec certitude le moment de la conception ; ici les grossesses sont beaucoup plus courtes que celles dont la dure'e se calcule par la menstruation. L'observation de Désormeaux est une des plus probantes : Une dame renfermée dans une maison d'aliénés n'eut avec son mari que des rapports à intervalles de trois mois et notés à jour fixe ; elle accoucha à neuf mois et demi, ce n'est qu'un retard de 15 jours. Reid, dans plusieurs grossesses à la suite d'une seule réunion, a trouvé une différence de 270 à 293 jours, ce dernier terme étant le maximum, 20 jours environ au-dessus de la durée normale. Lee a observé une gi'ossesse de 41 semaines, 287 jours après le départ du mari pour les Indes. Sur J4 cas à la suite d'un seul i^approchement, le maximum, dit Guy, a été de 295 jours. Un journal américain a rapporté l'histoire d'une primipare qui accoucha 309 jours après le moment exactement connu des derniers rapports (Wald) . En joignant à ces faits les cas d'accouchement après la mort ou le départ du mari, on retrouve cette limite extrême, mais bien lare, de 508 jours.
Les observations modernes mettent en évidence l'accroissement notable de l'enfant, lorsque les grossesses se prolongent. Dans l'observation de Rob, avec un mois de retard, l'enfant pesait 4500 grammes; pour un autre cas de 527 jours, ramené à 297 par la soustraction des 30 jours de l'intervalle menstruelle, le poids de l'enfant était de 5330 grammes. Dans le cas de Siebold, publié en 1857, après 6 semaines de retard, l'enfant, extrait par le forceps, pesait 11 livres; c'était 9 livres pour un autre retard d'un mois. La thèse de Masson, soutenue en l'an XI, relate un cas de 510 jours. Tarpeau, en 1859, a publié dans la Gazette des hôpitaux l'observation d'une naissance tardive à 310 jours, les dimensions de l'enfant étaient 50 centimètres et 3500 grammes. Liégard, la même année, pour 515 jours, constate 58 centimètres et 5500 grammes. Dans le fait de Silbert (d'Aix), en 1857, le femme se croyait enceinte de
11 mois, l'enfant, dont la sortie fut impossible, pesait 7000 grammes, et était long de 62 centimètres ; le diamètre occipito-bregmatique était de 1 5 centimètres et demi. MM. Feltz etRack ont publié, dans la Gazette médicale de Strasbourg, l'observation d'une femme qui eut pour la dernière fois ses règles le
12 novembre 1858; le 20 elle se crut enceinte; elle ressentit les mouvements de l'enfant le 30 mars, elle accoucha le 15 septembre; la durée de la grossesse fut évaluée à 500 jours; l'enfant était long de 57 centimètres et pesait 11 livres et demie (5750 grammes); le diamètre bi-pariétal avait 10 centimètres et demi, et les os du crâne avaient une dureté remarquable. M. Koeberlé, en 1862, a recueilli un fait analogue ; la grossesse dépassait 320 jours, il crut prudent de provoquer l'accouchement de peur de rencontrer plus tard un fœtus de trop grande dimension ; l'enfant, du sexe féminin, pesait 5650 grammes et mesurait 52 centimètres et demi ; le diamètre bi-pariétal avait 10 centimètres, le nouveauné regardait la lumière et paraissait âgé de quelques semaines. Le docteur Gailletet, en 1874, constate qu'une femme a pour la dernière fois ses règles le 20 novembre, elle accouche le 20 octobre de l'année suivante; ce serait une grossesse de 503 jours, en plaçant la conception, d'après le calcul ordinaire, huit jours après la dernière menstruation ; l'enfant était monstrueux, il paraissait âgé de 2 mois et pesait 14 livi'es (7000 grammes), 6 jours après sa naissance; on sait que les enfants perdent de leur poids dans les premiers jours, pour re-
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prendre à peu près au huitième celui qu'ils avaient en naissant. Dans tous ces faits la grossesse est comptée d'après la suppression des règles, et le calcul est soumis aux restrictions que nous avons indiquées plus haut ; mais le développement excessif des enfants donne une plus grande valeur aux observations.
Mentionnons aussi l'opinion d'hommes compétents se prononçant d'après leur expérience personnelle. Matteï considère comme accouchements tardifs tous ceux qui dépassent 285 jours. Reid compte au plus 293 jours et regarde comme libéral le Code Napoléon qui en accorde 300. Duncan admet comme possible une durée de 33 à 34 semaines, 291 à 298 jours. HohI ajoute 21 à 28 jours à la grossesse ordinaire, ce qui porte la naissance tardive à 301 et à 308 jours. M. Stoltz pense que la grossesse ne peut pas se prolonger plus de 15 jours, quelles que soient les circonstances qui la fassent durer, au delà du terme ordinaire ; mais il ne faut pas compter, dit-il, les jours du travail d'expulsion, lequel dure quelquefois 4, 5 et jusqu'à 6 jours, ni les empêchements mécaniques de la naissance définitive [Dict. prat., art. Grossesse, p. 104). C'est une durée maximum de 295 jours ; remarquons qu'elle nous conduirait à 501 jours, si on y ajoutait les 6 jours de dystocie. Notre Code civil, dit 31. Stoltz, a déjà été au delà de l'extrême limite, en fixant le 500*^ jour. Il y a loin de ces opinions à celles de Carus qui admettait pour la naissance tardive un terme à peu près indéfini.
Les auteurs de médecine légale se partagent en deux camps ; les plus anciens ne sont pas toujours les plus favorables à la durée illimitée de la grossesse; ainsi Zacchias a dit : Decimum mensem esse longiorem nascendi terminuni in homine. Quelques jours peuvent tout au plus, et par une rare exception, s'ajouter à ce terme : Quos tamen paucos dies ad certum numerum restrlngere debemus, non supra deceni dies, vix unquam (ieri passe, rarissime eliam et intra eosdem decem dies. La grossesse de onze mois a toujours trouvé des incrédules : Undecimum mensem Aristoteles solus recepit, ceteri universi improharunt (Censorinus) . Metzger a poussé plus loin le scepticisme en déclarant illégitime tout enfant qui ne naît pas dans les 280 jours qui suivent la mort ou le départ du mari ou après le dernier rapport positivement constaté. SchmidtmùUer considère les naissances tardives comme très-invraisemblables, il admet cependant comme possible une prolongation de grossesse de 14 jours à un mois. Fodéré donnait une plus grande latitude : « L'espace de deux mois à reti'ancher des neuf de la grossesse ordinaire, que nous avons admis pour les naissances précoces, me semble également être celui qui peut être ajouté de plus au neuvième, pour les naissances tardives. » Cette naissance à onze mois ne suffit pas même à certains partisans de la grossesse illimitée. Casper conclut que la durée naturelle de la grossesse étant de 280 jours, elle peut cependant se prolonger et s'étendre jusqu'au 300° jour, qu'au delà les faits sont douteux, et qu'il n'y a aucun motif scientifique pour changer le terme admis par les législations. Taylor semble placer cette limite entre la 44^ et la 46^ semaine, 508 à 322 jours, mais il rappelle les termes de 295 jours, d'après Reid; de 324, d'après Murphy : tel accoucheur, dit-il, qui n'aura vu que le maximum de 293, hésitera à prononcer l'illégitimité pour deux ou trois jours de plus.
Certains faits physiologiques, qui limitent la grossesse, fournissent des indications sur sa durée possible ; elle ne dépasse pas la dixième époque menstruelle qui suit la dernière apparition des règles, comptée comme point de départ. C'est cette dixième époque qui habituellement détermine le travail, et
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si alors il n'aboutit pas, il peut être reculéjusqu'à la onzième, sans la dépasser, lorsque raccouchement est possible. La naissance coïncide donc au plus tard avec ce onzième travail. C'est en ce sens que la menstruation influe sur la durée de la grossesse; ce mouvement, se reproduisant tous les mois, tend plutôt à abréger son cours et à provoquer des avortements ou des naissances prématurées. Si l'on admet que par une rare exception la grossesse dépasse la dixième époque, pour se terminer à la onzième, c'est 25 à oO jours à ajouter à sa durée normale, et on ai-rive au terme ultime de 295 à 505 jours. En supposant que la conception ait eu lieu immédiatement après les dernières règles, et en déduisant 5 à 6 jours pour ramener la conception à son époque la plus probable, on arrive à comprendre entre 290 et 500 jours la durée extrême de la grossesse.
L'extensibilité de l'utérus impose aussi des limites, il faut que le contenant reste en rapport avec le volume du contenu. L'enfant doit naître avant que ses dimensions croissantes n'excèdent la capacité de la matrice ou ne rendent imjjossible son passage à travers les détroits du bassin. Mende, en calculant d'après les dimensions de la tête, est arrivé à cette conclusion, que pour un bassin ordinaire et bien conformé, l'accouchement peut se faire jusqu'au 308*^ jour, qu'au delà de ce terme sa possibilité va toujours en diminuant jusqu'au 322^ où elle cesse d'une manière absolue, la naissance d'un enfant vivant ne pouvant plus avoir lieu à cette époque. Il est difficile de fixer des termes aussi précis, et d'ailleurs ces limites sont bien larges ; mais il n'en est pas moins certain que l'augmentation des dimensions de l'enfant met un obstacle toujours croissant et bientôt absolu à son expulsion. Le fœtus, dans le dernier mois de la grossesse, gagne 7 à 8 centimètres, et près d'un kilogramme ; l'augmentation du poids est surtout sensible du 8® au 9^ mois; le diamètre bi-pariétal s'accroît au moins d'un centimètre : si l'enfant passe un mois de plus dans la matrice, et s'il s'accroît dans les mêmes proportions, sa taille sera de plus de 56 centimètres, le poids dépassera 4200 grammes, le diamètre bi-paviétal aura 10 à 11 centimètres. L'enfant croît plus rapidement dans le sein de sa mère que dans la vie extra-utérine ; pendant les cinq septénaires qui suivent sa naissance, il gagne 5 à 6 centimètres et environ 500 grammes, l'acquisition totale étant pour la première année de 6 kilogrammes envii-on et de 20 centimètres. Dans les cinq premières semaines, les diamètres de la tète augmentent d'un demi à un centimètre, la circonféience s'accroît en un mois de 2 centimètres et demi, s'élevant à 37 ou 58 pour les garçons, à 36 ou 37 pour les filles. Dans l'utérus, l'accroissement plus rapide donnera pour la même date des dimensions plus grandes; à H mois, on pourra se trouver en présence de l'impossibilité de l'accouchement, un diamètre bi-pariétal de 10 à 12 centimètres devant s'accommoder aux diamètres d'un bassin de 11 à 13. Ces considérations tendent encore à fixer vers le 10^ mois la possibilité de la naissance d'un enfant vivant. Les modifications du placenta vers la fin de la grossesse sont encore un argument contre ces durées indéfinies.
La longueur du travail peut retarder la naissance de 4 à 6 jours au plus, sans occasionner la mort de l'enfant. Dans la grossesse extra-utérine, c'est le plus souvent après 2 ou 3 jours de travail que l'enfant succombe. Il mem-t par suite de la préparation physiologique à la naissance, du décollement et de l'altération du placenta. Cette résistance de l'enfant est différemment appréciée suivant le moment qu'on assigne au commencement du travail ; mais il est diffi-
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cile d'admettre qu'elle dépasse 4 ou 5 jours, et il doit en être de même pour le travail qui suit la grossesse ordinaire. La naissance reconnue le'gitime à 295, à 299 jours, cesserait-elle de l'être, parce qu'une cause de dystocie l'aurait reculée de quelques heures ou de quelques jours ? Pour la physiologie, la grossesse cesse au moment où le travail commence, c'est alors une autre fonction, la parturition, qui s'établit. Quelques auteurs n'ont voulu voir dans les naissances tardives que des accouchements empêchés ou retardés par un obstacle mécanique, et ils expliquent ainsi comment s'arrête le commencement du travail qui se montre à l'époque ordinaire. Les efforts d'expulsion n'aboutissent qu'au bout de quelques jours. Ce temps doit être ajouté à la durée de la grossesse. En admettant sa prolongation possible jusqu'aux environs du 300* jour, on arriverait à 305 ou 506 jours, en y ajoutant les 5 ou 6 jours au maximum qui appartiennent au travail d'expulsion.
La mort de l'enfant dans l'utérus peut encore retarder l'accouchement, mais il ne s'agit plus ici de naissance tardive, puisque l'enfant est sans vie. Cette expulsion tardive du produit de la conception est sans intérêt légal ; mais elle peut donner lieu à des soupçons mal fondés. En général, le fœtus à terme qui a succombé est expulsé au neuvième mois, ou peu après ; sinon la plus prochaine menstruation détermine sa sortie. On a cependant quelques exemples de rétention du fœtus dans la matrice, beaucoup au delà des limites de la gestation ordinaire. Dans une observation^de Paterson, la mère ayant succombé après dix-huit mois de grossesse l'enfant à terme était encore retenu dans l'utérus dégénéré. On ne confondra pas ces cas avec ceux de la grossesse extra-utérine qui présente de nombreux exemples de rétention presque indéfinies de fœtus plus ou moins altérés.
La possibilité de la prolongation de la grossesse étant reconnue, l'expert recherche pour chaque cas en particulier si en réalité une naissance tardive a eu lieu ; les éléments du diagnostic sont fournis par l'état de la femme, par l'enfant, par les annexes, par les conditions de la paternité.
Pour la femme, on examinera d'abord ce qui appartient aux causes. L'hérédité a été invoquée par les anciens observateurs ; on connaît son influence sur la marche des principaux actes organiques. L'intervalle qui sépare les époques menstruelles sera noté; il n'existe pas de rapport exact entre cet intervalle et la durée de la grossesse ; mais la menstruation influe sur l'époque de l'accouchement. Le caractère des grossesses précédentes sera pris en considération. Une femme qui a déjà eu des enfants est exposée à des grossesses plus longues ; l'accouchement paraît plus hâtif chez les primipares ; Hippocrate l'avait déjà reconnu (Littré, t. Yll, p. 735) ; mais il n'y a rien d'absolu à cet égard. Des vétérinaires ont observé pour les vaches que les gestations se prolongeaient à mesure qu'elles devenaient plus fréquentes. Il y a tendance aux naissances précoces quand les grossesses se rapprochent, aux tardives, quand un intervalle plus long les sépare ; mais ce fait n'est pas constant. La grossesse se prolonge quand la femme est plus âgée; l'âge du mari aurait la même influence. Clay a observé sur la même femme une grossesse de 270 jours, à 17 ans, et de 284 jours à 44. Des états morbides retardent l'accouchement : l'anémie, une débilité générale, la distension excessive de l'utérus, la paralysie, l'épuisement de cet organe par des douleurs précoces, des tumeurs fibreuses, un état cancéreux. Sans confondre la grossesse prolongée et l'obstacle mécanique à l'accouchement, oA tiendra compte de toutes les causes de dystocie qui peuvent retarder la naissance de quelques
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joui's. L'état du bassin sera pris en considération. L'accouchement est long et laborieux dans les naissances tardives, par suite des dimensions exagérées de l'enfant et de la moindre flexibilité du crâne ; l'art est souvent obligé d'intervenir. La grossesse qui se prolonge constitue un danger ; on a même proposé pour la prévenir la provocation de l'accoucliement lorsqu'il se l'ait trop attendre.
Le signe le plus cai-actéristique, indiqué par tous les auteurs, est un commencement de travail à l'époque ordinaire de l'accouchement. Les douleurs commencent, mais elles ne persistent pas ; le col s'entr'ouvre et se referme, avec issue de sérosité. On a cru à tort que c'étaient les eaux de l'amnios. Bientôt tout s'arrête et, la grossesse continuant son cours, l'accouchement ne se fait qu'au bout de o ou 4 semaines. Ce phénomène a été interprété comme correspondant à un effort déterminé par la dixième époque menstruelle. Cet arrêt du travail a été expliqué par un empêchement mécanique que l'utérus ne peut vaincre en ce moment. Quoi qu'il en soit, ce commencement de travail marque la date au delà de laquelle la grossesse se prolonge exceptionnellement.
Dans les pays oiî ces questions sont posées, la justice ajoute aux preuves médicales une enquête sur la moralité de la femme, sui- sa conduite pendant sa grossesse, qu'elle a pu simuler au début et déclarer prématurément.
Les caractères fournis par l'enfant sont des dimensions considérables et une maturité très-avancée. On n'admettra point l'opinion ancienne qui attribuait un faible développement aux enfants tardifs. Fodéré disait : « Contre l'avis de quelques auteurs, et même du vulgaire, qui croient que plus le temps a été long, plus l'enfant doit naître gros, vigoureux, pourvu d'ongles et de cheveux et même de dents.... d'après mes connaissances, cet appareil de vigueur m'inspirerait même de la défiance. » Les observateurs modernes ont presque tous noté un accroissement notable de l'enfant, plus encore en poids qu'en longueur, car l'auc^mentation du poids se prononce surtout dans le dernier mois de la grossesse. Dans les observations de Rob, c'étaient 9 livres et 10 livres H onces, H livres dans celles de Liégard, H livres 12 dans le cas de M. Feltz, 7,000 grammes dans celui de M. Silbert. A la Maternité de Strasbourg, après une grossesse que l'on croyait prolongée de vingt jours, la taille de l'enfant, du sexe masculin, était de 59 centimètres, et son poids de 4,625 grammes. Les tailles indiquées sont 57, 95 centimètres et même 62, au lieu des dimensions normales, 48 ou 49 centimètres et 5,200 grammes, au terme de 9 mois. Dans d'autres cas on n'a pas constaté cet accroissement; ainsi, dans un fait réputé de 510 jours, l'enfant avait 50 centimètres et pesait 5,500 grammes; dans l'observation Koeberlé, c'était 52 centimètres et 5,650 grammes ; il est vrai que le diamètre bi-pariétal était de 10 centimètres. On voit aussi des enfants qu'on ne soupçonnait pas tardifs présenter ces notables dimensions ; elles sont donc un indice et non une preuve absolue de la grossesse prolongée.
La perfection de l'organisme doit surtout être prise en considération. Buffon a dit : « Ceux qui ne viennent qu'à 10 mois ou plus tard ont le corps sensiblement plus gros et mieux formé que ne l'est ordinairement celui des nouveaunés; les cheveux sont plus longs, l'accroissement des dents, quoique cachées sous les gencives, est plus avancé ; le son de la voix est plus net, et le ton en est plus grave qu'aux enfants de 9 mois. » Attachei'ons-nous quelque importance au tableau des enfants tardifs, déjà forts et animés, regardant la lumière et offrant l'intelligence qui appartient aux enfants de 6 semaines ou de 2 mois ? Les signes à considérer sont la circonférence de la tète, qui dépasse 50 centi-
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mètres, le diamètre bi-pariétal atteignant 10 à 12 centimètres, le degré d'ossification des os du crâne, dont le diploé et les deux tables externe et interne se développent comme ils le font dans le" mois qui suit la naissance, et rendent la tête moins compressible. A ces signes, le cas échéant, s'ajoutent ceux que fournit l'autopsie, notamment l'ossification du cuboïde et les dimensions du point osseux que présente le cartilage de l'extrémité infériem-e du fémur. Comme signe négatif, le faible développement du fœtus et sa non-maturité ont une crrande valeur, et ôtent toute vraisemblance à la naissance tardive.
Autrefois on attachait une grande importance au sexe de l'enfant. Les femmes qui ont été plusieurs fois mères assurent presque toutes, dit Buffon, que les femelles naissent plus tard que les mâles ; mais cette opinion très-répandue ne paraît pas confirmée par les faits. Le contraire a été dit dans le procès Gardner, où l'un des experts portait la grossesse à 290 jours quand l'enfant était un o-arçon, et à 280 quand c'était une fille. M. Stoltz admet aussi que l'enfant étant un garçon, la grossesse est un peu plus longue. On a constaté chez les vaches, à la suite de gestations prolongées, la prédominance des produits du sexe masculin. La statistique dressée par 3f. Gaston montre que sur 15 accouchements tardifs, du 285^ au 300* jours, calculés d'après la menstruation, on a compté 8 f'arçons et 7 filles ; le sexe de l'enfant aurait eu ici peu d'influence.
L'examen des annexes ne doit pas être négligé; le poids du placenta, audessous de 500 grammes, appartient à peine à la maturité. Les observateui^s anciens avaient signalé, dans les naissances tardives, la flétrissure du cordon ombilical et celle du placenta. La caducité de ces organes, étudiée par Hégar, Winckel, Jassinski, est à prendre en considération; elle se caractérise par la dégénérescence graisseuse ou par l'atrophie des villosités placentaires; nous l'avons constatée avec M. Morel, sur sept placentas, de 450 à 7"20 grammes; très-prononcées sur les parties jaunes de l'organe, elle atteignait aussi les cotylédons rou°-es ; quelques villosités étaient très-infiltrées de graisse. A quelle époque cette altération commence-t-elle ? Va-t-elle en augmentant, à mesure que la grossesse se prolonge? Il faut des faits plus nombreux pour déterminer jusqu'à quel point on peut placer la caducité du placenta au nombre des indices de la naissance tardive.
Le problème peut encore se résoudre par une question de paternité. Quand il s'acfit d'une conception in extremis, des doutes peuvent tout naturellement s'élever sur la puissance génitale du mari, au moment où a dû se faire cette conception ultime, qui a eu pour conséquence une grossesse prolongée. On prendra en considération l'âge du mari et la maladie à laquelle il a succombé. Sous l'ancienne lécrislation, des enfants posthumes ont été déclarés illégitimes, quoique nés dans le terme de 10 mois, parce que les pères qu'on voulait leur donner étaient morts attaqués de gangrène, de paralysie des membres abdominaux ou d'autres maladies qui avaient entraîné l'impuissance dans les derniers temps de leur vie. Louis rapporte l'observation d'un posthume de 515 jours, dont le père prétendu, âffé de 76 ans, avait succombé, après quatre ans d'un mariage sans enfant à une maladie qui dura six semaines, et qui était caractérisée par de violentes oppressions et une gangrène de la jambe ; il n'hésita pas à affirmer rimpuissance du mari et l'illégitimité de l'enfant. Casper émet la même opinion, à l'occasion d'un homme de 82 ans, atteint de cancer des testicules, que l'on voulait faire passer pour le père d'un posthume de 1 1 mois ; il repousse aussi la paternité d'un homme âgé, mort dans le marasme, par suite de phthisie
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pulmonaire, et dont la femme était accouchée oO!2 jours après qu'il avait succombé. Ces faits, qui appartiennent à l'histoire de l'impuissance, montrent comment peut se résoudre, par des motifs extrinsèques, la question des naissances tardives.
Gomme conclusion générale, la possibilité des naissances précoces et des naissances tardives doit être reconnue, sans qu'on puisse assigner un nombre de jours précis à la durée maximum et minimum de la grossesse, pas plus qu'à sa durée moyenne. On constate des limites entre lesquelles la vérité se trouve, sans affirmer d'une manière absolue qu'elles ne seront jamais dépassées. C'est l'impossibilité de connaître le moment même de la conception, c'est la variabilité inhérente à tous les actes organiques, qui obligent à se contenter de moyennes, d'autant plus rapprochées de la vérité, qu'une observation régulière exclut les extrêmes fondés sur des erreurs. Fixer la durée physiologique de la grossesse à 274 ou 275 jours, lui donner un minimum de 200 jours, et un maximum de 290, c'est rester dans les limites admises par la plupart des observateurs. .Alais qui affirmera qu'au-dessus et au-dessous de ces nombres il n'y ait pas de naissances possibles ? Plusieurs médecins le prétendent. Quand on a dit 290 jours, se refusera-t-on à admettre 1 ou 2 jours de plus? si l'on arrive à 293, à 295 jours, qu'il s'y ajoute la durée exceptionnelle d'un accouchement laborieux, et voilà le chiffre de 500 jours atteint et même dépassé! Les limites posées par la loi française et qu'elle a reçues du droit romain sont évidemment rationnelles ; ces dispositions paraissent même indulgentes dans leur minimum de 180 jours et dans leur maximum de 300; elles ont eu pour but de ne léser aucun droit, tout en tarissant la source de procès fâcheux. Sans doute, avec ces limites, aucun enfant légitime ne sera privé de ses droits, on peut le croire même pour les 300 jours ; mais la latitude, la complaisance de ce délai, laissera bien certainement entrer dans la famille des enfcints qui lui sont étrangers. Est-ce que la plupart des enfants nés viables le 180^ jour n'auront pas été conçus avant le mariage ? Est-ce qu'un grand nombre de ceux qui viennent au monde vers le 500^ jour n'auront pas été conçus après la mort du mari ? Le Code civil a adopté le système des termes fixes qui coupent court à toute discussion, mais qui par leur inflexibilité même peuvent avoir des inconvénients. En Angleterre, on juge d'api-ès les circonstances du fait, sans limite posée à l'avance. D'autres pays ont adopté un système mixte ; au delà d'une certaine durée, le fait est examiné en lui-même et l'expertise médico-légale intervient. Pourquoi n'adopterions-nous pas un système analogue ? La jurisprudence avait été d'abord moins absolue qu'aujourd'hui; elle avait interprété le mot contester de l'article 313 dans le sens d'une discussion possible. Pour les naissances précoces, au-dessous de 180 jours, le désaveu serait de droit; de 180 à 210 jours, il pourrait être discuté. Pour les naissances tardives, la légitimité serait contestable entre 290 et 302 jours, et l'on apprécierait les circonstances qui la rendent ou non vraisemblable • audessus, il suffirait de la nier. On aurait ainsi, aux deux extrêmes de la grossesse deux périodes, deux zones de 50 jours, pendant lesquelles la médecine léo^ale fournirait des renseignements à la justice ; et dans ces cas déterminés, dans cette période où les faits sont douteux, on demanderait une solution équitable aux conclusions de la science plutôt qu'à des limites absolues. G. Tourbes.
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XAT.âLOI^T:. C^^ff^O^». C'est ïaloïne [voy. ce mot) extraite de Valoès de natal. On mélange cet aloès avec du sable afin de l'empêcher de s'agglomérer ; on traite le mélange à plusieurs reprises par de l'eau froide, et l'on évapore les extraits dans le vide jusqu'à consistance sirupeuse. La matière, abandonnée pendant plusieurs jours dans un lieu frais, se prend en une masse de cristaux grenus, plus ou moins colorés. On les exprime entre des doubles de papier à filtrer, et on fait cristalliser le résidu dans de l'alcool.
La nataloïne diffère de l'aloïne {voy. ce mot) par une plus grande solubilité dans l'eau et dans l'alcool. Traitée par l'acide nitrique, ïaloïne fournit l'acide chrysamique, et la nataloïne de l'acide picrique et de l'acide oxalique. Une solution de nataloïne traitée par un courant d'acide azoteux prend une belle coloration verte. La nataloïne agit sur réconoraie comme un purgatif drastique.