‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.63Chapitre 60 sur 104 · NAUDIN · texte numérisé non relu

NAUDIN

time amitié qui est entre lui et moy il y a déjà trente-cinq ans, il est à noter qu'elle ressemble en tout à celle que Pomponius Atticus avoit eue pour sa mère, qui nunquam cum illâ in gratiam redierat, n'ayant jamais rien eu à desmêler avec luy, en quelque façon que ce soit. Utinam cita convalescat, et pristinœ valetudinis sibi suisque cita restituatur

l^' août. « Je viens d'apprendre la mauvaise nouvelle dont j'avois grande appréhension : que nostre bon ami, M. Naudé, est mort à Abbeville le mardi 29 de juillet; j'en suis inconsolablement affligé, et ne vous en puis escrire davantage, tant je suis outré et saisi de douleur. Curœ levés loquuntur, ingentes stupent. Je plains fort tous ses pauvres parents qui perdent extrêmement après lui; je le regrette tout de bon, mais ce n'est pas pour mon intérest, fors celui de l'amitié

12 août. « Je ne me console point de la mort de M. Naudé; depuis le jour que j'en ay appris la malhem^euse nouvelle je ne dors point, et en suis tout troublé ; ce n'est point du tout que j'aye envie de l'aller cercher en l'autre monde (peut estre mesme que nous ne nous rencontrerions point), mais c'est que je regrette le malheur d'un si homme de bien. J'apprends qu'il y a ici plusieurs sçavans qui travaillent à faire quelque chose sur sa mort ; je vous prie d'en faire de megme, en vers ou en prose ; il n'importe comment ; on en pourra faire ici quelque recueil ; j'y feray mettre ce que vous m'en aurez envoyé »

Les ouvrages de Gabriel Naudé sont fort nombreux. Petit-Radel, Niceron, Moréri, Chaussepié, m'ont donné la liste aussi complète que possible. Nous devons nous contenter de mentionner les suivants :

I. Le Marfore ou Discours contre les libelles. Paris, 1620, in-S». — II. Instruction à la France sur les vérités de l'histoire des Frères de la Rose-Croix. Paris, 1623, in-8°. — III. Apologie pour les grands hommes faussement soupçonnés de magie. Paris, 1625, in-S". — IV. Avis pour dresser une bibliothèque. Paris, 1627, in-8°. — V. De antiquitate et dignitale ScholcB medicce Parisiensis panegyris, cum orationibus encomiasticis ad IX iatrogonistas laurea medica donandos. Lutetise, 1628, in-8°. — VI. Addition à l'histoire de Louis XL Paris, 1630, in-S". Réimprimé dans le supplément à l'édifion des Mém. de Philippe de CoOTÙies, publiées par GoDEFROY. Bruxelles, 1714, in-4°. — VU. Sijntagma de studio liberali. Urbino, 1632, in-8°, etc. — VIII. Quœstio tertia iatrophilologica : an matutina studia vespertiniis salubrior. Patavii, 1634, in-4''. — IX. Quœstio quarta iatrophilologica : an liceat medico fallere œgrotum. Romœ, 1636, in-4°. — X. Considérations politiques sur les coups d'État. Rome, 1639, in-4°. — XI. Bibliographia politica. Venise, 1653, in-12. Trad. en français, par C. Gh\lline, 1642, in-8°. — XII. Hieronymi Cardani vita. Paris, 1643, in-8°. — XIII. Pentas quœstionum iatrophilologicarum. Paris, 1647, in-8°. — XIV. De fato et fatali vitœ termine. Genève, 1647, in-8°.

Naudé édita les Commentarii de B. Perdulcis in J. Sylvii anatomen et in libros Hippocratis (1643, in-S"), ainsi que les deux livres de Jérôme Rorarius (Amsterd., 1655, in-12), dans lesquels cet auteur veut prouver que les brutes se servent mieux que l'homme de la raison. On a publié, Sous le titre de Naudeana (Amsterd., 1703, in-12), un recueil d'anecdotes tirées des conversations de Naudé. A. G.

iV.tL'DliV (Pierre). Nous avons peu de détails sur ce médecin, qui jouit cependant en province, dans le commencement de ce siècle, d'une grande notoriété comme savant et comme praticien. Nous savons néanmoins qu'il était natif de la petite commune de Fabas, dans le département de l'Âriége, qu'il fit de fortes études à Paris, où il fut reçu docteur le 18 février 1815, et qu'il alla exercer son art à Toulouse, où il ne tarda pas à devenir (1816) professeur adjoint à l'École de médecine. Nous connaissons de Pierre Naudin les mémoires suivants :

I. Dissertation sur les polypes utérins. Paris, 1815, in-4°. Thèse doctorale. — II. Obser-

NAUHEIM (eaux minérales de). 537

ration sur l'extirpation d'une tumeur squirrheuse qui avait son siège à la partie gauche et supérieure du cou. In Journal général de médecine, t. XLVII, p. 367 ; 1815. — III. liote sur un fœtus portant une monstruosité singulière. Ibid., t. LV, p. 542-350; 1816. — IV. Mém. sîir les chutes partielles du vagin. Ibid., t. LVI, p. 259-273. A. C.

NAUHEIM (Eaux minérales de). Hypothermales, mésothermales ou hyperthermales, chlorurées sadiques fortes, bromo-iodurées , carboniques fortes, dans la Hesse-Électorale, sur la pente nord-est du Taunus, à 150 mètres audessus du niveau de la mer, dans une vallée appelée la Wetterau, au milieu d'une plaine fertile. Nauheim, à 24 kilomètres de Francfort, est une station du chemin de fer du Mein-Weser, d'où l'on aperçoit les logements de gradation des salines, le parc de l'établissement et la gerbe écumante de la source de Frédéric-Guillaume. Les deux parties du parc, séparées par la rue Neuve, sont traversées dans leur longueur parla petite rivière de ÏUsa, qui alimente un grand lac sur lequel on peut se promener en barque ou se livrer au plaisir de la pêche. C'est dans le premier parc qu'on a construit le pavillon du Kurbrunnen au prétoire duquel on descend par un bel escalier à double révolution. Ce pavillon est appuyé à une Trinckhalle de 20 mètres de longueur. Le second parc renterme les sources Friedrich-Wilhelm, Grosser-Spriidel, Kleiner-SprudeL qui servent toutes les trois à l'usage des bains, et à côté desquelles se trouvent l'établissement des bains d'eau et celui des bains de gaz. 11 existe, en dehors des parcs, une cinquième source nommée Alkalischer Sduerling, qui est à peine utilisée. La saison s'ouvre le 15 mai et finit le 15 septembre.

1" Kurbrunnen [Source de la cure). Elle émerge à l'est, au milieu d'un banc de gazon éraaillé de fleurs, à quelques pas de la Kurstrasse. Elle a été découverte en 1849 à la suite d'un forage artésien de 187 mètres de profondeur. Elle jaillit dans un bassin au milieu duquel une sorte d'aiguière cylindro-conique et à quatre becs forme l'extrémité du tube conducteur de l'eau. A l'intérieur de ce vase, on a juxtaposé divers morceaux de bois dont la présence modère le jet de la source. Au-dessus, un disque convexe, et percé de trous, livre passage à l'eau qui se répand en bouillonnant. La Kurbrunnen est employée en boisson seulement; son eau a un goût aigrelet et salé, elle rougit promptement le papier bleu de tournesol, mais ce papier redevient bleu si on le laisse exposé à l'air. La température est de 21 degrés centigrade; sa densité est de 1,0158. L'eau de toutes les sources de Nauheim a été analysée par M. Chatin en Ifôo; nous donnons les résultats à la suite de la description de l' Alkalischer Sâuerling.

2° Grosser-Sprudel (Grand bouillonnement). On se rend à cette source par l'aLée du second parc qui conduit au chemin de fer. Son eau est d'une telle aboidance qu'elle fournit aux bains et qu'on eu retire tous les ans de 70 à 80,i)00 quintaux métriques de sel de cuisine. On accède à gauche au prétoire de cettî source par un escalier bordé d'un mur de rocailles provenant de l'incrustation des fascines qui sont détachées au bout d'un certain temps des étages de gracation des salines. Elles sont enduites de matière terreuse et ocreuse arrivée à la dureté du rocher, et ressemblent beaucoup à des blocs de pierre meulière d'égale grosseur dont les parallépipèdes seraient réguliers, comme s'ils avaient été tùUés à l'emporte-pièce. On les travaille au ciseau. La source artésienne et jaillissante du Grosser-Sprudel forme une pyramide blanche comme de la neige de 3°, 33 d'élévation et retombe en pluie dans un bassin entouré d'une balustrade de fer. Le forage du Grosser-Sprudel a 73 mètres de profondeur. Cette

538 NAUIIEIM (eaux minérales de).

source est la plus abondante après le Frédéric-Guillaume. Son eau est parfaitement limpide, elle ne se trouble qu'après plusieurs heures de stagnation ; elle laisse déposer alors une certaine quantité d'oxyde de fer. Elle fournit de 28 à 50,000 mètres cubes d'eau salée par jour. Ce volume change toutefois sous l'influence d'une température sèche ou pluvieuse. Le gaz acide carbonique qui s'en échappe journellement est, au minimum, de 35,000 mètres cubes. Sa température est de 55 degrés centigrade. Cette eau est tellement salée qu'on ne pourrait la boire, elle est alcaline surtout quand elle est tombée dans le bassin ; elle laisse pourtant bleu le papier de tournesol exposé dans son jet. (Voir son analyse chimique au tableau qui suit.)

3" Friedrich-Wilhelm (Frédéric-Guillaume). Cette source est à environ 20 mètres de la précédente, elle est la plus rapprochée de la gare. Elle a un forage de 251 mètres de profondeur, son eau jaillit par un tube de fer de 12 centimètres de diamètre, et s'élève avec bruit sous la forme d'une pyramide conique dont le sommet est au sol, elle a plus de 20 mètres de hauteur. Cette eau est plus salée encore que celle de la source du Grosser-Sprudel, elle fait monter la colonne d'un thermomètre à 59 degrés centigrade et ramène au bleu le papier de tournesol préalablement rougi. Ce jet donne par heure 16,500 mètres cubes d'eau salée et 53,000 mètres cubes de gaz; les eaux sont conservées dans un vaste réservoir construit à douze mètres de la source, et où elles descendent à la température du bain. L'analyse chimique de l'eau de Frédéric-Guillaume est au tableau ci-dessous.

A° Kleiner-Sprudel (Petit bouillonnement) . Cette source émerge sur la rive droite de l'Usa; elle est surtout utilisée pour les bains de gaz. Débarrassée de toute entrave, elle s'élève à 66 centimètres de hauteur, mais elle est habituellement recouverte d'une cloche de fer-blanc percée à sa partie supérieure et médiane, et dont le diamètre est de 1",20. Un orifice de 10 centimètres livre passage au gaz qui va se distribuer à l'intéineur d'un bâtiment spécial, établi sur le griffon même de la source. Sa température est de 2 7", 5 centigrade, sa densité est de 1,186. Cette source a un débit moyen de 8,300 mètres cubes d'eau par jour et de 7,000 mètres cubes de gaz. Son goût est beaucoup plus fortement salé que celui de la Kurbrunnen, mais il l'est moins que celui du Grosser-Sprudel. Cette eau est très-acide et rougit promptement les prépai^ations de tournesol. L'analyse chimique de l'eau du Kleiner-Sprudel se trouve avec celle des autres sources de Nauheim.

5° Alkalischer Sàuerling (alcaline aigrelette) . Cette source sort de terre au bord de l'Usa, elle est à 250 mètres de la Kurbrunnen et se trouve sur la route de Nauheim à Friedberg. La saveur de l'Alkalischer Sâuerling, à peine salée et surtout aigrelette, décèle la présence du gaz acide carbonique en solution dans l'eau. Cette source ne bouillonne pas comme celles qUe nous venons de décrire ; elle est aussi la seule à Nauheim à avoir une odeur et une saveur hépatiques prononcées. Les cercles de fer qui entoui'enl la tubulure, les robinets qui versent l'eau et le vase qui la reçoit sont couverts d'une incrustation jaunâtre et épaisse, principalement aux endroits qui sont en contact avec l'eau. Sa température est de 19",5 centigrade, sa densité est de 1,2011, elle rougit le papier bleu de tournesol et l'on s'explique assez difficilement alors le nom d'alcaline qu'on lui a donné.

M. le professeur Chatin a trouvé dans 1000 grammes de l'eau de chacur.e des sources de Nauheim les principes suivants :

NAUHEIM (eacx minérales de). 539

GROSSER- FRIEDRICH- KLEINER- ALKiLISCHER

KCRBRUNNEN. SPRCDEL. WILHELM. SPRCDEL. îAlERLISG.

Chlorure de sodium 14,9000 23,5000 35,1000 '22,4000 0,7200

— calcium 1,0000 2,3000 2,7500 1,8500 0,2230

— magnéiium 0,5900 0,5o00 . 0,5300 0,1300

Bromure de magnésium 0,0030 0,0080 0,0098 0,0070 peu de trac.

Iode' (libre) b. traces. b. traces. traces. b. tra<es. »

Bicarbonate de soude » » « » »

— chaux 1,5000 1,9000 2,3000 1.7300 0,5000

— fer 0,0260 0,0330 0,0450 0.0430 0,0120

— manganèse 0.0030 0,0130 O.CIOO 0,0120 traces.

Sulfate de chaux 0,1000 0,1100 0,0630 0,0120 0,0120

Silice et traces d'alumine 0,0180 0,0250 0,0260 0,0200 0.0110

Arséniaie de fer 0,0602 0,0004 fortes traces. 9,0003 traces.

Nitrates alcalins traces. traces. fortes traces. traces. traces.

Sels de potasse ) , . , , , „

„ . } traces. traces. traces. traces. traces.

— ammoniaque (

Matières organiques fortes traces, f. traces. f. traces. f. traces. f. traces.

Total DES MATIÈRES FIXES 17,4442 28,4634 40,5638 ~ 26,6265 1,2100

Deux bâtiments dont l'un contient trente-deux baignoires et l'autre quarantequatre sont affectés aux bains du Grosser-Sprudel et du Friedrich-Wilhelni. Chaque cabinet est spacieux. Les baignoires creusées dans le sol sont de marbre blanc ; quatre robinets servent à la distribution, les deux premiers de l'eau des sources du Grosser-Sprudel et du Friedrich-Willielm, et les deux autres d'eau froide minérale ou ordinaire. Une large ouverture, pratiquée au fond de chaque baignoire et à l'extrémité qui se trouve du côté des pieds du baigneur, peut livrer passage à l'eau du Grosser-Sprudel et sert pour les bains dits à'eau courante. Enfin un appareil pour les douches en pluie est fixé au-dessus de la tète du baigneur; un ressort mis à la portée de sa main lui permet de se doucher lui-même, pendant qu'il est au bain, soit à l'eau minérale, soit à l'eau froide ordinaire. Indépendamment des cabinets de bains, il existe aussi une pièce spécialement destinée à l'administration des douches.

L'établissement des bains de gaz a été construit sur le griffon même du Kleiner-Sprudel. Ce bâtiment spécial est divisé en quatre pièces d'inégale grandeur et dont la dernière, plus vaste et mieux aérée, est affectée à l'emploi du gaz à l'intérieur et en douches locales. Les salles de bains ont 6 mètres d'élévation, 5 environ de longueur sur A de largeur. L'appareil est appliqué contre la cloison et se compose d'une boîte de bois de 2 mètres cai-rés, dont la planche supérieure, un peu inclinée, est percée à son milieu de manière à recevoir la tête qui doit rester à l'air libre. Dans l'intérieur de la boîte, existe un tabouret fixe à fond sanglé. Le gaz acide carbonique est apporté dans la boîte par un tuyau de caoutchouc dont l'ouverture a été ménagée dans la paroi inférieure.

Le baigneur conserve ordinairement ses vêtements que pénètre aisément le gaz. Lorsqu'on est entré dans l'appareil, on applique avec le plus grand soin possible plusieurs serviettes autour du col du baigneur afin de fermer aussi hermétiqviement qu'on le peut l'ouverture pratiquée dans le couvercle, pour laisser la tête à l'air libre et prévenir la sortie du gaz qui, à la longue, asphyxierait le baigneur. La sensation de douce chaleur qu'il éprouve d'abord auemente rapidement. Elle se fait sentir surtout au creux épigastrique, à la partie interne des membres, et principalement des cuisses. Bientôt elle devient trèsforte et il ressent, le long de la région dorsale supérieure, de légers picotements. La figure rougit et se couvre de sueur. La grande chaleur répandue dans tout le corps est plus prononcée à la paume des mains. Les pieds seuls restent presque froids. Le pouls s'abaisse, les pieds enfin se réchauffent et le baigneur sent que

540 NA.UHEIM (eaux minérales de).

tous ses membres ont acquis une remarquable souplesse. En sortant du bain il est saisi par un froid très-vif, s'il n'a pas soin de se couvrir beaucoup ; il arrive souvent alors que des binettes nombreuses et brillantes, comme les étincelles d'une pièce d'artifice (pliosphènes), viennent scintiller devant ses yeux ou en dehors du champ visuel. Cet effet particulier qui se produit notamment chez les personnes pléthoriques est, au reste, assez passager. Une salle du Kleinbad est réservée pour l'usage du gaz en douches et pour son emploi à l'intérieur. Les murailles donnent passage à des tuyaux à l'extrémité desquels on adapte des ajutages mobiles et spéciaux pour chaque personne.

Mode d'administration et doses. Les eaux de Nauheim se prennent en boisson, en bains et en douches d'eau, en bains et en douches de gaz qui s'appliquent sur tout le corps, ou seulement sur l'une de ses parties. Le gaz acide carbonique enfin s'ordonne quelquefois à l'intérieur. Les bains d'eau sont à eau dormante ou courante; avec l'eau minérale pure ou additionnée d'une plus ou moins grande quantité de l'eau-mère des salines, quelquefois utiles en applications locales seulement.

L'eau-mère que l'on obtient aux salines de Nauheim a été analysée en 1850 par M. le docteur Bromeis, qui a trouvé dans 1000 grammes les matières suivantes :

Chlorure de sodium 9,4

— potassium 17,3

— calcium 300

— magnésium 35

Bromure de magnésium 0,86

Sulfate de chauï 0,74

Substances organiques 0,6

363,90 Eau 636,1

Total 1000,00

La dose des eaux du Kurbrunnen est, en général, de trois verres pour qu'elles produisent un effet laxatif, elle ne doit être que d'un demi-verre à un verre, pris en deux ou trois fois, le matin à jeun, à un quart d'heure d'intervalle, si l'on veut arriver à empêcher les garde-robes au contraire. La durée des bains d'eau stagnante est d'une heure en général, celle des bains à eau courante est le plus souvent de trente à quarante minutes. Les douches d'eau sont administrées pendant dix ou 20 minutes. Les bains généraux de gaz se prennent aussi pendant dix ou vingt minutes. La durée des douches locales gazeuses est en raison de l'effet qu'elles produisent et de la plus ou moins grande susceptibité des malades au jet gazeux. La quantité de gaz qu'on doit avaler, ou inhaler seulement, est en raison des indications, et des affections que l'on a à traiter. Les bains avec addition d'eau-mère se prolongent presque toujours pendant une demiheure. L'eau-mère, appliquée localement au moyen de compresses qui en sont imbibées et qui doivent être renouvelées dès qu'elles commencent à sécher, peut rester en contact avec la peau pendant des heures, quelquefois même des journées entières.

Emploi thérapeutique. En tête de toutes les conditions morbides, sur lesquelles les eaux de Nauheim ont le plus de prise, se place assurément la scrofule. Toutes ses manifestations, qu'elles soient intérieures et puissent être perçues, ou échappent à nos moyens d'investigation, ou bien qu'elles soient extérieures et se présentent sous forme de tumeurs ou d'ulcères, en reçoivent des modifications profondes et avantageuses. Que la scrofule soit à sa période

NAUHEIM (eaux minérale de). 541

d'incubation, de localisation ou de suppuration, l'eau de Nauheim en boisson à la dose de deux ou trois verres tous les jours, les bains à l'eau courante, les bains avec addition d'un à dix litres de l'eau-mère des salines de Nauheim, les compresses imbibées de ce dernier liquide appliquées sur les engorgements ou sur les ulcères scrofuleux, ont ordinairement raison des accidents lymphatiques ou strumeux, quelles qu'en soient la date et l'apparente gravité, si les malades ont de la persévérance et si leur position leur permet de venir à Nauheim jusqu'au moment de leur guérison définitive. 11 est rare d'ailleurs que trois, quatre années au plus, ne suffisent pas pour enrayer et guérir les manifestations scrofuleuses les plus étendues et les plus profondes.

L'action des sources de Nauheim sur les chloro-anémiques est si puissante qu'elle détruit rapidement cette altération du sang, sans qu'il soit besoin d'avoir recours à l'emploi des ferrugineux. L'eau du Kurbrunnen à l'intérieur et les bains du Grosser-Sprudel doivent être le fond du traitement alors. Dès les premiers jours, l'eau de Nauheim remédie à la constipation opiniâtre qui accompagne presque toujours la chlorose.

On sait combien sont difficiles à supporter et combien sont rebelles au traitement certains rhumatismes qui semblent se jouer des ressources de la thérapeutique. Les malades lymphatiques ou scrofuleux sont ceux auxquels convient la cure intérieure, mais surtout la cure extérieure de Nauheim.

Les eaux des sources hyperthermales sont propres à déceler les accidents d'une syphilis larvée, celles de Nauheim n'infirment pas la règle commune. Les excès vénériens, les pertes séminales involontaires, l'impuissance, les affections du système nerveux, et parmi les névroses l'hystérie, rentrent aussi dans la sphère d'activité des eaux de Nauheim, alors surtout que ces états pathologiques sont précédés, accompagnés ou suivis de débilité et de langueur; l'action reconstituante et tonique des eaux de Nauheim en boisson, en bains généraux d'eau courante ou additionnés d'eau-mère, en douches d'eau sur la région lombaire, etc., est toute puissante dans ces sortes de cas.

Les troubles de la membrane muqueuse de l'estomac, caractérisés par de l'anorexie, de la dyspepsie, des vomissements glaireux, de la cardialgie, de la gastrodynie, du pyrosis, cèdent ordinairement à une cure au Kurbrunnen. 11 v a des personnes qui, sans être malades et sans avoir une vie très-sédentaire, sont sujettes à la constipation. Une saison au Kurbrunnen suffit pour remédier à cet accident qui peut en entraîner tant d'autres.

Toutes les affections de la peau qui reconnaissent pour cause une diathèse scrofuleuse sont du domaine des eaux de Nauheim, mais il n'eu est aucune où le traitement thermal donne de meilleurs résultats que le lupus, si réfractaire pourtant à tous les moyens curatifs. Avant de dire un mot de l'action thérapeutique du gaz du Kleiner-Sprudel, rappelons que l'analyse de M. Chatin l'a trouvé composé pour 100 parties de 93,4 d'acide carbonique, de 6.2 de gaz azote et de 4 d'oxygène.

Les bains de gaz où tout le corps est plongé s'ordonnent surtout contre les manifestations rhumatismales. Les douches locales sont presque exclusivement appliquées dans certaines affections des sens spéciaux, dans certaines pertes du mouvement ou de la sensibilité d'uu membre, d'un ou de plusieurs doigts, par exemple, dans les ulcères atoniques ou dans les maladies pustuleuses de la peau. Toutes les surdités qui tiennent à une affection chronique du conduit auditif externe, toutes les paracousies qui s'observent chez les sujets d'un tempérament

542 NâUMÂNN.

lymphatique ou scrofuleux, sont utilement soumises aux douches gazeuses dans l'oreille. Les paralysies de la paupière supérieure, qui ne sont pas symptomatiques d'une affection cérébrale, sont heureusement modifiées par les douches locales du gaz de Nauheim. 11 en est de même des conjonctivites, des kératites, mais il ne faut pas traiter ces inflammations de la même manière, quand elles sont récentes ou anciennes. Dans les conjonctivites et les kératites aiguës, le jet gazeux ne doit arriver sur le globe oculaire que lorsque les paupières sont abaissées ; il doit être reçu directement, au contraire, lorsque les membranes qui enveloppent ou entrent dans la composition de l'œil sont chroniquement affectées. Tous les médecins de Nauheim vantent encore l'efficacité des douches gazeuses dans l'amaurose au début, et même confirmée. Les maladies des fosses nasales avec changement de caractères et augmentation du mucus sécrété par la membrane de Schneider sont utilement soumises aux douches gazeuses dans les cavités du nez.

L'ingestion du gaz de Nauheim dans l'estomac est conseillée aux personnes dont les digestions ne se font plus, ou se font mal et entraînent après elles toutes les conséquences d'une nutrition incomplète. On avait pensé que l'effet sédatif du gaz acide carbonique natif pourrait être utilisée dans les affections des voies respiratoires, alors surtout qu'elles étaient spasmodiques, la pratique n'a pas confirmé les espérances que la théorie avait fait concevoir.

11 n'est pas besoin d'insister longuement sur les contre-indications des eaux de Nauheim en boisson et en bains ; il est évident, en effet, que leur effet tonique et reconstituant doit en faire proscrire l'usage sur toutes les personnes pléthoriques ou disposées aux congestions ou aux hémorrhagies internes.

La durée de la cure est d'un mois, en moyenne.

On exporte dans tous les pays les eaux du Kurbrunnen, les eaux-mères et aussi, mais beaucoup moins souvent qu'autrefois, une substance saline nommée sel de Nauheim qui provient de la concentration des eaux-mères.

A. ROTUREACJ.

Bibliographie. — Bode (père). Notes manuscrites. Nauheim, 1853. — Erlemeyer (D' A.). Die Soolthermen zu Nauheim in ihrer medicinischen Bedeutung . ^'euwied, 1855. — Drescher (D'J.-E.). Der neue grosse Sprudel zu Bad Nauheim genannta Friedrich Wilhelm ». Frankfurt a. M., 1855. — Ludwig (R.]. Geologische Spetialkarte des Grossherzoglhums Hessen... Darmstadt, 1855. — Rotureau (A.). Étude sur les eaux minérales de Nauheim avec considérations et analyses chimiques par Ad. Chatin. Paris, 1856. — Bexeke. Die Mineralquellen zu Nauheim. Marburg, 1862. — Bôttger. Ann. Chem. und Pharm. Frankfurt a. M., 1865. — Labat (A.). Étude sur la station elles eaux de Nauheim. Paris, 1868. A. R.

I^IAUMAI^I^ (Moritz-Ernst-Adolph) , né à Dresde, le 7 octobre 1798, fut reçu docteur à Leipzig en 1820, devint privat-docent de cette université, et passa ensuite professeur extraordinaire de médecine à Berlin. Il est mort dans cette ville en 1869. Ses principaux ouvrages sont les suivants :

I. Dissertatio inauguralis de signis ex urina. Leipzig, 1820, in-i". — II. Kritische Untersiichungen des allgemeinen Polaritàtsgesetzes. Leipzig, 1822, in -8°. — Ilf. Skizzen aies der allgemeinen Pathologie. Leipzig, 1824, in-8''. — IV. Einige Bemerkungen iiber das Gemeingefiihl im gesumien und krankhaften Zustande. Leipzig, 1824, in-S". — V. Ueber. das Beivegungsvermôgen der Thiere. Leipzig, 1824, in-S». — VI. Handbuch der allgemeinen Semioiik. Berlin, 1826, in-4°. — VII. Théorie der praktischen Heilkunde, einpatholog. Yersuch. Berlin, 1827-, in-8°. — VIII. Zur Lehre von der Entzûndung. Bonn, 1828, in-8°. — IX. Handbuch der medicinischen Klinik. Berlin, 1829-52, in-8°. — X. Versuch eines Beweises fiir die Unsterblichkeit der Seele, aus dem physiologischen Standpunkte ; zugleich als Einleitung in die Lehre von den sogenannten Geisteskrankheiten. Bonn, 1830, in-8°. — XI. Ei-

nige Bemerkungen ûber die Temperatwverânderungen in Krankheiten. In Froriep's Notiien aus der Natur- itnd Heilkunde, t. IX, p. 105-lOS ; IB^D. — XII. Praktische Bemerkungen ûber den beschleunigten Puis. In Hufeland's Journ. der Heilkunde, t. LX, p. 3-56; 1825.

— XIII. Ueber das Sinkeii der Entzûndungxhaut des Bluts und die Verànderungen des Bluts in Krankheitenentzûndungsgeschwulst. Ibid., p. 107-110. — XIV. Beobachtungen ûber die Eniziindungshaut des Bluts und die Verànderungen des Bluts in Krankheiten ûberhaupt. Iliid., p. 59 à 105. — XV. Einige Beobachtungen iiber das Zuriickweichen des Blutes aus den Hànden nach Einwirkung der Kâlte. Ibid., t. LXV, 1827, p. 18 à 28. — XVI. Einige Bemerkungen ûber den Saburralzustand in den ersteti W'egen. Ibid., p. 29 à 4".

— XVII. Handbuch der médicinischen Klinik. Berlin, 1829-59, 8 vol. in-B"; 2= édit., 1848.

— XVIII. Ueber das allgemeine Verhâltniss der Krankheitssymptome zu einander. In Dresdener Zcitschrift fur Natur- und Heilkunde, t. IV, fasc. 1, p. 55. — XIX. Von den Verhdltnissen der wsàchlichen Momente in der Pathologie. Ibid., fasc. 2, p. 109. — XX. Einige Bemerkungen Ûber den Abortus. Ibid., t. V, fasc 2, p. 197 à 224. — XXI. Einige semiotische Bemerkungen ûber Puis und Respiration. In Hohnbaum's und Jahns medic. Conversationsblatt, fasc. 1, p. 97 à 99; 1830. — XXII. Fragmente zur Beurtheilung von acuten Krankheiten. Ibid., fasc. 2, p. 105 à 107. — XXIII. Zugabe zu den Problemen ûber die menschliche Seele. Ibid., p. 107 à 109. — XXIV. Ueber einige der wichtigsten Schàdlichkeiten, welche krankhafte Zustdnde der Sâfte bedingen. Ibid., p. 185 à 191, 193 à 198. — XXV. Etwas ûber fixe Ideen. Ibid., fasc. 5, p. 247 à 248. — XXVI. Zur Behandlung syphilitischer Geschwûre. Ibid., 254 à 256. — XXVII. Dr ei Faite von Nevrosis cardiaca. Ibid., p. 289 à 293. — XXVIII. Versuch eines phijsiologischen Beweises fur die Unsterblichkeit der Seele. Bonn, 1830, in-8».

— XXIX Etwas ûber die Choiera. In Hecker's litt. Annalen der Heilkunde, t. XXII, fasc. 2, p. 232 à 252, 1852. —XXX. Ueber den Kopfgrind. Ibid., fasc. 4, p. 451 à 457. — XXXI. Zur Lehre der Herzkrankheiten. Ibid., t. XXIII, fasc. 1, p. 41 à 44. — XXXII. Ueber die Nothwendigkeit einer philosophischen Begrûndung der Lehre von den sogenannten Zeiteskrankkeiten. Ibi 1., p. 45 à 51. A. D.

!V.4US.4DAR. Nom donné dans l'Inde à un sel ammoniac impur, commua dans les bazars, et recueilli dans les fours à brique q\i le fumier des animaux, principalement du chameau, sert de combustible. D.

CAUSÉES {Naiisea, nauseosis cacositia, cibi faslidium, mxvtlo. des Grecs, vomituritio des Latins). Envie de vomir, suivie ou non de vomissement, symptôme se manifestant dans beaucoup de maladies et plus particulièrement dans celles de l'estomac et des organes digestifs. La nausée, qui précède presque toujours le vomissement dont elle constitue l'acte initial, en est quelquefois indépendante ; de même qu'il y a dans quelques circonstances des vomissements sans nausées, il y a des nausées sans vomissements. Naiiseœ veUicantes tantum, nullum vero humorem évacuantes (Galien). Mais le plus souvent la nausée n'est, comme nous venons de le dire, que l'acte préliminaire du vomissement. Fere 07nnem vomitiim aliquis nausea prcecedit (van Swieten).

La nausée a été assez bien décrite par Double : « Une sensation désagréable et pénible éprouvée au creux de l'estomac, une sorte de fadeur, du dégoût pour les aliments, la salivation augmentée, un crachotement fréquent, des renvois ou rapports incommodes et une espèce de mouvement d'ascension de l'estomac vers la bouche avec le désir de rendre. »

On a cherché à distinguer la nausée de la vomiturition en basant cette distinction sur ce que le premier de ces deux états n'est appréciable que pour le malade (phénomène subjectif) et le second, au contraire, par le médecin (phénomène, objectif]. Une autre distinction est celle qui consiste à dire, avec J. Frank, que ce n'est point à la nausée qu'il faut rapporter le dégoîit des aliments, attendu qu'elle peut exister avec le sentiment de la faim, mais à la disposition au vomissement. Nous ne nous arrêterons pas sur ces distinctions plus ou moins subtiles et d'ailleurs sans importance.

Physiologiquement, la nausée est une contraction spasmodique des muscles

du gosier, de l'œsophage, de l'estomac et des muscles abdominaux. Elle s'accompao-ne presque toujours d'un malaise général, de vertiges, de bourdonnements d'oreilles, de sueurs froides, d'anxiété précordiale et parfois même d'un certain degré d'oppression ou de gêne de la respiration. Lorsque la nausée est suivie de vomissement, celui-ci met ordinairement un terme à tous ces malaises. Mais lorsque la nausée se prolonge sans amener le vomissement, ou lorsqu'elle ne cesse momentanément que pour revenir à plusieurs reprises, et cela pendant plusieurs jours, pendant plusieurs semaines ou même durant des mois entiers, comme on le voit quelquefois chez les femmes grosses et chez les hystériques, les fonctions digestives finissent par se troubler sérieusement, l'appétit va diminuant, et elle constitue alors un véritable état morbide idiopathique qui jette bientôt les malades dans l'adynamie. Le plus souvent, toutefois, la nausée n'est qu'un symptôme, et, à ce titre, on le retrouve dans un très-grand nombre de maladies diverses.

Nous allons étudier la nausée successivement : 1'' au point de vue symptomatique et séméiologique ; 2° au point de vue physiologique ; 3° au point de vue de l'explication des effets produits par les agents dits nauséeux, et du parti qu'on en peut tirer pour la thérapeutique. Nous rencontrerons chemin faisant diverses questions qui concernent également le vomissement. Ce que nous en dirons abrégera d'autant l'article consacré à ce dernier acte pathologique [voy. Vomissement).

L De la nausée au point de vue séme'iologique . Sauvages avait établi douze espèces de nausées : la nausée causée par le ver solitaire, natisea a tœnia; la nausée des femmes grosses, nausea gravidarum; la. nausée a pancreatis scirrho; celle qui l'ésulte d'une hernie de l'estomac, ex gastrocele; nausea ex compressa ventriculo; nausea biliosa; nephretica; a semine corrupto; ah apostemate circa cardiam; ex gastritide ; ex cacochylia; enfin la nausée maritime ou mal de mer {voy. ce mot).

C'est beaucoup d'espèces, si l'on n'envisage que le phénomène en soi, qui est toujours le même dans tous les cas; ce n'est pas assez, si l'on considère toutes les causes qui peuvent le produire. On pourrait y ajouter : la nausée produite par la plupart des poisons, par les divers degrés de dyspepsie, par le catarrhe, par l'anémie, par l'ascension sur les grandes hauteurs, par la vue d'un précipice ou l'impression d'une vive lumière, par le mouvement de valse ou par l'exercice de l'escarpolette, par la vue de certains objets dégoûtants ou par de certaines odeurs, par une disposition idiosyncrasique particulière qui fait que certaines personnes ont des nausées à la vue d'une autre personne qui leur inspire un sentiment d'éloignement, comme nous en avons vu un exemple ; la nausée de la migraine, celle des hystériques, des hypochondriaques, des maniaques, des ataxiques, celle qu'éprouvent les malades atteints de cette affection spéciale de l'oreille interne connue sous le nom de maladie de Ménière, etc., etc. ; enfin la nausée des buveurs et des fumeurs et la nausée d'inanition, nausea inanis de LoiTy. Nous pourrions bien en oublier encore quelques-unes.

Les nausées, tantôt seules, tantôt suivies de vomissements, surviennent, en effet, comme nous l'avons dit, soit au début, soit dans le cours d'un grand nombre de maladies. On les observe au début de la fièvre gastrique simple ou même de l'embarras gastrique sans fièvre, comme au début de la fièvre typhoïde, des fièvres éruptives graves (la variole) ; dans les affections cérébrales (encéphalite, ramollissement cérébral, méningite) et surtout les affections du cervelet;

dans les affections de la moelle, dans l'ataxie locomotrice en particulier. Elles ont lieu quelquefois à la suite d'une douleur violente, à la suite de certaines opérations très-douloureuses, ou d'une émotion vive. Elles cessent généralement assez promptement pour reparaître parfois à diverses périodes de la même maladie.

En général, on peut dire que les nausées n'ont pas une très-grande valeur scméiologique, se montrant dans des états morbides si divers ; aussi ne peuventelles guère servir au diagnostic que par leur association avec d'autres symptômes. Cependant on les a considérées quelquefois comme un signe sérieux par elles-mêmes, parce qu'elles se lient alors à un état ataxique. C'est ainsi qu'on les a souvent constatées dans les fièvres graves, dans les grands troubles nerveux. Elles sont souvent un des premiers effets d'une contagion ou d'une inoculation virulente. Les nausées et les vomissements sont des symptômes constants de la lièvre jaune, quelquefois même un de ses prodromes ; elles sont aussi un des symptômes de la période d'irritation du typhus. Vagler et Rœderer les ont mentionnées dans l'épidémie de typhus qu'ils ont décrite. Dans la constitution épidémique vermineuse dont Van den Bosch nous a transmis l'histoire, on a vi; fréquemment les nausées et les vomissements prendre une place importante parmi les symptômes de l'affection vermineuse. Enfin les nausées figurent presque toujours dans les premiers effets de l'action des venins.

Dans quelques cas d'altération profonde, soit de l'estomac, soit du cerveau, on observe des nausées, des efforts violents et continus, sans que le vomissement puisse s'opérer. Cela se voit quelquefois dans le cancer de l'estomac, lorsque cet organe est envahi en totalité par le tissu squirrheux. Isidore Bourdon a rapporté l'observation d'une personne affectée d'un cancer de l'estomac, qui, pendant tout le cours de sa maladie, tourmentée de nausées continuelles, n'avait jamais pu vomir. A l'autopsie on constata une désorganisation complète de l'estomac qui n'avait rien conservé de sa texture musculaire. C'est le fait sur lequel ce médecin s'appuyait pour combattre la théorie de la passivité de l'estomac dans le vomissement, soutenue alors par Magendie.

La nausée peut être produite quelquefois par une lésion très-éloignée de l'estomac. C'est ainsi que la présence d'un calcul dans le rein ou dans les uretères a pu produire des nausées en raison de l'action réflexe du plexus nerveux rénal sur les nerfs gastriques.

Enfin la nausée précède souvent la syncope. De tous les états morbides, celui qui donne lieu le plus fréquemment à la nausée est l'état saburral, La nausée, dans ce cas, s'accompagne de dégoût pour les aliments, d'amertume de la bouche et d'une sensation de pesanteur à l'épigastre avec lourdeur de tête et vertiges.

Le catarrhe de l'estomac, ainsi que la gastrite chronique, comptent aussi parmi leurs symptômes l'anorexie et les nausées.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, dans la gastrite qui résulte de l'action d'un poison irritant, l'un des premiers symptômes est une douleur aiguë, brûlante, accompagnée ou suivie de nausées d'abord, puis plus tard de vomissements.

Les dyspeptiques, en général, sont très-sujets aux nausées. Le vomissement est rare, au contraire, dans la dyspepsie flatulente, notamment, et quand il survient avec une certaine fréquence, il y a lieu de chercher si l'on n'a pas affaire à une lésion autre et plus grave que la dyspepsie.

DICT. ENC. 2' s. XI. 55

La nausée a un rôle important dans cette complication de la phthisie que W. Brinton a décrite sous le nom de phthisie gastrique. Les malades qui présentent cette complication, dit Brinton, accusent, comme premier symptôme, une douleur pendant la digestion, douleur qui acquiert de plus en plus d'intensité et s'accompagne de nausées, suivies dans quelques cas de vomissements. Quelquefois le vomissement fait complètement défaut. Quand il existe, il n'entraîne que bien rarement, et à la longue, des matières alimentaires en petite quantité, et sans qu'il en résulte l'apaisement de la douleur. La douleur et les nausées deviennent de plus en plus pénibles ; un rien les provoque, elles se rapprochent du moment où le malade prend ses aliments, et bientôt il passe le temps du repas en d'inutiles et douloureux efforts, chaque mouvement de déglutition étant suivi de souffrances intolérables. Bien souvent les désordres de la digestion atteignent une telle violence qu'ils deviennent par eux-mêmes la cause immédiate de la mort.

Les nausées n'étant, comme on vient de le voir, le plus souvent qu'un phénomène purement symptomatique d'états ou de lésions morbides de diverse nature, ne peuvent donner lieu par elles-mêmes qu'à des indications thérapeuliques secondaires. Il est des circonstances cependant, où l'état nauséeux, par sa persistance ou sa prédominance sur les autres symptômes concomitants, réclame l'usage de moyens spéciaux. On recommande, en général, contre l'état nauséeux, l'usage des boissons gazeuses légèrement acidulées. Quand la nausée dépend d'un embarras gastrique, un vomitif la fait souvent cesser en faisant cesser la maladie elle-même. Les purgatifs salins, les absorbants unis aux amers, atteignent parfois aussi le même but. Dans l'état nauséeux qui accompagne l'état muqueux, sans autre complication, on se trouve bien de l'administration de l'acétute de potasse. M. Marrotte l'emploie dans toutes les formes et à toutes les périodes de la fièvre muqueuse. C'est surtout dans la dernière période, alors que la lièvre muqueuse a de la tendance à passer à la dyspepsie acescente, que cette médication produit ses meilleurs résultats. Trousseau et Pidoux en recommandent également l'usage dans les dyspepsies acescentes chroniques. L'anis et l'angélique sont également recommandés contre les nausées de la dyspepsie. Quant aux nausées symptomatiques de l'hystérie, de la grossesse, de l'hypochondrie, delà migraine, de l'ataxie, etc., on trouvera à chacun de ces mots les moyens spéciaux qu'elles peuvent réclamer.

n. Physiologie de la nausée. Nous n'avons considéré jusqu'ici l'état nauséeux que comme un phénomène ou symptôme morbide. L'observation des effets de la nausée sur la circulation et sur quelques-unes des grandes fonctions physiologiques a depuis longtemps suggéré l'idée de recourir aux substances nauséantes dans un but thérapeutique.

Examinons d'abord, avant d'apprécier les effets de la nausée au point de vue thérapeutique, ce que nous apprend l'analyse physiologique à l'égard de la nausée, soit spontanée, soit provoquée par les agents nauséants et vomitifs.

L'estomac se contracte-t-il pendant la nausée? Telle est la première question que les physiologistes ont cherché à résoudre. On connaît les discussions auxquelles a donné lieu la théorie du vomissement et les expériences dont s'étaye chacune des théories proposées. Bien que l'examen de cette question trouvât mieux sa place peut-être à l'article Vomissement, nous croyons néanmoins devoir les rappeler en ce moment, parce que les observations et les expériences qui ont définitivement fixé ce point de physiologie s'appliquent également au fait

de la nausée {voy. Vomissemert). Nous ne citerons qu'un seul l'ail, mais qui est décisif par l'exactitude et la précision avec lesquelles il a été observé. C'est celui d'un jeune homme dont M. le docteur Patry, de Saint-Maur, a rapporté l'histoire en 1863 et qui a fait le sujet d'un rapport de M. Sappey à l'Académie de médecine.

Sur ce jeune homme dont l'abdomen avait été ouvert par une corne de taureau, M. Patry a constaté qu'avant le vomissement, pendant la période de nausée, l'estomac se contractait d'une manière appréciable à la vue et au toucher ; c'était une contraction lente et graduée allant du pylore au cardia. Ces contractions étaient insuffisantes pour faire franchir aux matières le cardia qui restait fermé. Pour que le vomissement eût lieu, il fallait le concours de la contraction du diaphragme formant un plan rigide contre lequel l'estomac venait s'appuyer au moment de son mouvement d'ascension. Cette observation avec laquelle concordent les expériences récentes de Schiff, de Lauder Brunlon, de M. d'Ornellas, de M. Yulpian, de M. Chouppe, confirme ce fait que le vomissement est un acte essentiellement complexe , dans lequel interviennent jdusieurs organes : le diaphragme, les muscles iibdominaux, l'œsophage, l'ouverture cardiaque et l'estomac, tous également mis en jeu dans la nausée, avec le concours, comme agent d'innervation, de deux ordres de nerfs, nerfs centripètes portant aux centres l'excitation partie de l'estomac, nerfs centrifuges, ra|)portant des centres l'excitation motrice à l'estomac, au diaphragme et aux muscles abdominaux (pneumogastriques et filets du grand sympathique).

La nausée, de même que le vomissement, serait ainsi un acte réflexe dont le centre de réflexion serait dans le bulbe.

D'après les expériences de M. d'Ornellas, communiquées en 1875 à la Société' de thérapeutique et publiées la même année dans la Gazette médicale de Paris et dans le Bulletin général de thérapeutique, l'excitation à vomir se produii'ait soit par une action directe sur les filets terminaux sensitifs de la partie gastrique du pneumogastrique, dans la muqueuse de l'estomac et dans sa continuité, muqueuse de l'œsophage et de l'arrière-bouche en haut, muqueuse du duodénum et des autres viscères abdominaux en bas. L'excitation à vomir se produit moins souvent par action indirecte, c'est-à-dire par action sur les filets d'un ou plusieurs nerfs des organes des sens. Dans ce dernier cas, le mouvement centripète se fait vers le cerveau, de là au bulbe par l'intervention de filets sensitifs, soit crâniens, soit du grand sympathique ; et la réflexion en même temps jusqu'aux extrémités sensitives du pneumogastrique, d'où nausée, et jusqu'aux extrémités des nerfs moteurs, des muscles expirateurs, d'où vomissement.

Les deux espèces de vomissement (par action directe ou indirecte) conduisent, comme on le verra plus loin, à distinguer deux sortes de vomitifs, vomitifs purs et vomitifs nauséeux.

Les expériences de M. d'Ornellas ont été répétées et trouvées exactes, mais comme elles n'ont été faites qu'avec une seule substance, l'émétine, et que l'auteur a tiré de ces résultats partiels des conclusions générales, il y avait lieu de les soumettre au contrôle d'un nouvel examen, quelques-unes de ces conclusions pouvant ne pas répondre à la généralité des faits. C'est ce qu'a fait, depuis, M. Chouppe, en étudiant comparativement le mode d'action du tartre stibié. dil'ipécacuanha et de l'apomorphine. :

Au moment où M. Chouppe a entrepris ses expériences, on se trouvait en présence de deux manières différentes d'interpréter l'action des agents vomitifs.

Pour certains auteurs, MM. Gubler et d'Oniellas notamment, les vomitifs introduits dans la circulation générale agiraient au moment où, éliminés par la muqueuse gastrique, ils excitent les extrémités périphériques des nerfs vagues. D'autres croyaient qu'il était possible que ces substances, entraînées dans le torrent circulatoire, excitassent directement les noyaux d'oiigine des nerfs pneumogastriques. C'était l'opinion de Magendie, adoptée depuis par Trousseau et Pidoux, et par MM. Lauder Brunton, Polichronie, etc.

M. Chouppe a été conduit par ses expériences, dont il a communiqué les résultats à la Société de biologie en juillet et novembre 1874, à adopter une opinion qui tient le milieu entre ces deux-là. Elle consiste à reconnaître que le mode d'action des divers vomitifs usuels n'est pas le même pour tous. Ainsi, pour ne citer que les plus usités, l'ipécacuanha et son alcaloïde l'émétine, par quelque voie qu'ils soient introduits dans l'organisme, provoquent toujours le vomissement par une irritation directe des filets terminaux des nerfs pneumogastriques dans la nmqueuse de l'estomac, tandis que le tartre stibié et l'apomorphine auraient une action double, pouvant agir sur la nmqueuse gastrique, mais aussi directement sur le bulbe. Enfin ces deux derniers agents présenteraient entre eux quelques différences, le tartre stibié agissant plus vite sur l'estomac que sur le bulbe, l'apomorphine, au contraire, plus rapidement sur les centres nerveux que sur la muqueuse gastrique.

Voici, en résumé, en quels termes M. Yulpian, tenant compte de tous les faits connus et de toutes les expériences que nous venons de rappeler, a décrit dans une des leçons de son cours à la Faculté le mécanisme assez compliqué du vomissement : « C'est, dit-il, par la contraction simultanée des muscles abdominaux et du diaphragme que l'estomac, comprimé dans tous les sens, laisse échapper au dehors les matières qu'il contient. Mais pour que cette contraction des nmscles de l'abdomen puisse se produire, il faut que leurs attaches trouvent un point d'appui fixe, c'est-à-dire que les côtes et le thorax deviennent immobiles. C'est alors qu'interviennent les muscles inspirateurs qui se contractent, et la glotte qui, en se fermant, empêche l'air aspiré de sortir, et par leur action combinée font de la poitrine un point d'appui fixe, solide, qui permet aux muscles abdominaux et au diaphragme de se contracter énergiquement. L'estomac, comprimé comme les viscères abdominaux, expulse son contenu dans l'œsophage. Celui-ci se contracte violemment à son tour et chasse les matières stomacales vers le pharynx et l'arrière-gorge, etc. »

Tout en admettant que la contraction des muscles de l'abdomen joue le principal rôle dans le vomissement, M. Yulpian reconnaît que l'estomac n'est pas inactif et qu'il contribue aussi dans une certaine mesure à l'expulsion des matières.

Si le fait n'était déjà pas suffisamment démontré par ce qui en a été dit plus haut, il le serait surabondamment par les expériences de M. Schiff qui a rendu le vomissement impossible, en interrompant la continuité des fibres musculaires longitudinales de l'estomac dont la contraction a pour effet de relâcher et de dilater le cardia ; par celles de M. Vulpian et de M. Chouppe qui, après avoir paralysé tous les muscles de la poitrine et de l'abdomen, y compris le diaphragme, ont vu sous l'influence d'une injection d'ipécacuanha ou d'émétine dans les veines se produire de fortes contractions de l'estomac et l'expulsion des matières qui y étaient contenues.

Mais nous n'avons point à nous arrêter sur ce fait. Ce qui nous intéresse dans

le mécanisme du vomissement, c'est la première phase, celle qui précède l'expulsion, et surtout le rôle du système nerveux.

Le système nerveux, comme on l'a déjà vu par ce qui précède, joue un rôle considérable, en effet, dans l'acte qui nous occupe. L'impression perçue par les extrémités du pneumogastrique et transmise aux centres nerveux détermine une impression centrale particulière par suite de laquelle le bulbe envoie des excitations motrices à tous les muscles qui, par leurs contractions, déterminent le vomissement. D'où l'on serait conduit à admettre dans le bulbe racliidien un centre spécial d'excitation pour toutes les puissances musculaires qui doivent être mises en jeu dans cet acte, un centre vomitoire comme le désigne M. Vulpian.

IlL Nausée provoquée. La connaissance du mécanisme physiologique du vomissement spontané ou pathologique va nous aider maintenant à jeter un jour tout nouveau sur la théorie du vomissement provoqué et de ses effets thérapeutiques.

Quand un vomitif a été ingéré, dit M. Gi'asset (De la médication vomitive. Thèse du concours d'agrégation de 1875), il s'écoule avant les premiers efforts un temps variable suivant les individus et suivant l'agent employé. Après ce moment de silence, on éprouve une sensation de chaleur et souvent de réplétton de l'estomac; celte sensation locale s'accentue peu à peu et devient bientôt une véritable anxiété précordiale. A ce moment le malade désire vomir et ne le peut pas ; il éprouve une sensation indéfinissable qui est le début de la nausée. Si cet état dure un peu, il survient de légers frissons, des sueurs froides et partielles, quelquefois même du tremblement, des convulsions et des syncopes. Pendant cet état nauséeux, la respiration est en général plus ou moins ralentie, irrégulière, entrecoupée, suspirieuse; le pouls devient dépressible, plus petit et plus fréquent ; le cœur bat avec moins de force.

Ici M. Grasset signale une distinction très-importante à faire entre les effets immédiats et les effets consécutifs de l'action d'un vomitif. Il y a, effectivement, un premier résultat du vomissement qui est indépendant de l'agent vomitif employé, et par conséquent inhérent à l'acte même du vomissement ; il consiste en une excitation passagère du grand sympathique, laquelle est suivie bientôt d'une action inverse. Le vomissement par lui-même entraîne une accélération des battements cardiaques due à l'excitation des nerfs accélérateurs du cœur. En même temps le pouls devient petit, concentré, la peau devient froide et anémiée. On observe, en un mot, tous les signes d'une contraction des petits vaisseaux, surtout de ceux de la périphérie. Ce fait a été parfaitement établi par les expériences de M. Pécholier et celles de MM. d'Ornellas, Arckmann et Harnack. Des tracés sphygmographiques recueillis par M. Léon Dumas à la clinique médicale de Montpellier montrent nettement ces modifications survenues dans la fréquence et l'amplitude des pulsations, soit pendant la nausée, soit pendant le vomissement.

Mais une fois ce premier effet dissipé, on voit, en général, survenir des phénomènes d'un tout autre ordre : à l'accélération passagère des mouvements du cœur succède un ralentissement notable, qui va progressant et dure pendant une assez longue période de temps, ralentissement qui entraîne avec lui toutes ses conséquences physiologiques : abaissement de la température démontrée par les expériences thermométriques, ralentissement de la respiration, diminution de l'irritabilité musculaire, etc.

C'est cette phase de dépression générale consécutive à l'acte du vomissement, pendant laquelle il se fait une diminution de l'afflux du sang dans toutes les parties, une sorte d'anémie générale, qu'on a cherché à utiliser en thérapeutique, t'est à cet ensemble de phénomènes qu'il faut demander l'explication des divers effets anliphlogistiques, sédatifs, résolutifs, que l'on a attribués à la médication vomitive.

La médication vomitive passe, en effet, depuis longtemps pour un des plus puissants antiphlogistiqucs. On connaît toute l'importance que Trousseau attachait à ce mode d'action de la médication vomitive ou nauséante. Il serait superflu de citer ici des exemples qui sont dans le souvenir de tous les praticiens.

A côté de cette action sédative et antiphlogistique qui s'explique par l'anémie passagère que produit l'état de nausée, on peut placer, comme procédant du même mécanisme, l'action décongestionnante et résolutive.

C'est également par le même mode d'action ou le même mécanisme physiologique que la médication nauséante a eu, dans quelques circonstances, pour résultat la résorption des exsudats, à la suite des pleurésies, par exemple. Il est juste d'ajouter que dans ces diverses circonstances il y a lieu de faire la part des évacuations déplétives.

Nous ne nous arrêterons pas sur les effets perturbateurs avantageux, produits ipar la méthode vomitive, au début de certaines fièvres graves et dont beaucoup de praticiens se sont tant loués. Une analyse délicate pourrait conduire peutêtre à rattacher ces effets à la même théorie physiologique. Mais ici, le plus souvent, les éléments manquent pour déterminer avec quelque précision la nature ATaie des états pathologiques auxquels on avait affaire.

Enfin, il faudrait aussi étudier à ce même point de vue l'action expansive attribuée aux vomitifs, et due à la réaction qui suit la période d'hyposthénie, ainsi que l'effet hypocinétique résultant de l'action des vomitifs sur les muscles si bien décrite récemment par M. Harnack. Mais ce serait empiéter sur ce qui devra être dit aux mots Vomissemeînts et Médication vomitive.

Il est, toutefois, tout un ordre de faits d'où ressort plus nettement l'action dont nous poursuivons l'étude, c'est le groupe des hémorrhagies. On connaît, et ce n'est pas là un des moindres avantages de la médication nauséante, son action hémostatique. La médication vomitive a été préconisée par les médecins du siècle dernier, dans le traitement des hémorrhagies en général et plus [larticulièrement des hémoptysies. Baglivi avait déjà employé avec avantage l'ipécacuanha contre la dysenterie {l\adix ipecacuanhœ est specificum et quasi infaillibile remedium in fluxibus dysentericis aliisque hemorrhagiis) (Baglivi). Stoll en conseilla l'emploi dans l'iiémoptysie. On l'a préconisé encore et employé avec succès contre les ménorrhagies et les flux hémorrhoïdaires immodérés.

Cette médication a été remise en honneur de nos jours par Trousseau qui, entre autres faits à l'appui, rapporte l'histoire d'un homme de 4'2 ans, tuberculeux et atteint d'un crachement de sang qui durait depuis quarante jours; les médications les plus diverses avaient été successivement et inutilement mises en usage. 11 conseilla de donner 5 grammes d'ipécacuanha en 4 paquets administrés de 10 en 10 minutes. L'hémoptysie avait cessé avant que le dernier vomissement eût eu lieu ; désormais elle fut insignifiante. Cette médication a été employée par Legroux, par Monneret, et elle est aujourd'hui usitée par plu-

sieurs praticiens, notamment par l'un des anciens élèves de Trousseau, notre collaborateur M. Péter, par M. Ferrand; elle a été recommandée enfin par M. Révillout et par nous-même, dans la Gazette des hôpitaux, après en avoir constaté dans plusieurs circonstances les bons effets.

Voici comment M. Péter décrit, dans sa Clinique médicale , l'état des malades soumis à cette médication : Tons nos malades, dit-il, se sont plaints invariablement d'éprouver une vive céphalalgie à la suite de leurs vomissements ; tous avaient de la somnolence, de l'abattement, et ne tardaient pas à s'endormir. Mais tons surtout étaient en proie à ce malaise général, si pénible, qu'on appelle l'état nauséeux.

A ces phénomènes de dépression nerveuse s'ajoutaient la fréquence et la petitesse du pouls qui, chez quelques-uns, devenait filiforme et inflexible. En même temps il y avait grande pâleur, moins de sang coulait dans les vaisseaux ; ce qui prouve, suivant M. Péter, que c'est bien l'état nauséeux qui produit l'hémostase et que le vomissement n'est pas indispensable. M. Péter a eu l'occasion de donner ses soins à un jeune homme qui, deux fois, prit de l'ipécacuanlia pour des hémoptysies abondantes et rebelles qui furent brusquement arrêtées chaque fois, l'ipéca n'ayant produit qu'un violent mal de cœur et consécutivement un effet purgatif.

Chez tous les malades que M. Péter a traités par l'ipécacuanlia pour des hé. nioptysies, il a constaté constamment que le pouls s'accélérait et devenait plus petit, parfois presque insensible.

L'état nauséeux, ajoute M. Péter, est si bien la cause prochaine de l'hémostase, que j'ai réussi à arrêter des hémoptysies abondantes et répétées à l'aide de la potion stibiée, à dose Rasorienne, c'est-à-dire composée de 50 centigrammes de tartre stibié pour 120 grammes de julep gommeux, et administré par cuillerée à soupe toutes les heures, comme dans les cas de pneumonie. L'hémoptysie s'arrête dès le premier jour, par les premières cuillerées, qu'il y ait ou non vomissement.

IV. Théorie de l'action nauséante. Maintenant que nous avons exposé quelques-uns des résultats de l'observation et de l'expérimentation clinique, il nous reste à les mettre en regard des faits physiologiques qui ont été exposés plus haut, pour reconstituer en quelque sorte la théorie interprétative de ces effets et donner désormais une base scientifique à ce mode de médication.

M. Gubler, dans ses Commentaires thérapeutiques du Codex, a bien mis en relief cette influence des vomissements et de la nausée sur la température et la circulation. « Piien n'est plus facile, dit-il, que d'expliquer l'asthénie qui accompagne les phénomènes toxiques du tartre stibié, par les sympathies qu'éveillent dans toute l'économie les troubles gastriques. Que le vomissement soit provoqué par l'émétique, par l'ipéca, par une indigestion, par la titillation de la luette ou par la vue d'un objet dégoûtant, il a pour cortège nécessaire le refroidissement périphérique, la pâleur tégumentaire, la sueur, la sédation circulatoire et la résolution des forces. Pour que ces phénomènes se produisent, il n'est même pas indispensable que l'estomac et les puissances synergiques entrent en convulsion pour expulser le contenu du ventricule, l'état de malaise et de nausée qui suit la crise suffit à jeter l'organisme tout entier dans une prostration exclusive de la fièvre et du travail inflammatoire. )>

Pour M. Gubler, comme pour M. Yulpian, la théorie de ces phénomènes serait

tout entière dans les effets réflexes de l'irritation gastrique. Les fdets sensitifs du nerf vague, impressionnés à la surface de la muqueuse gastrique par l'émétique, produiraient l'excitation réflexe du bulbe et de la moelle, de façon à faire contracter l'estomac par les filets moteurs des pneumogastriques, ainsi que le diaphragme et les muscles abdominaux qui concourent à l'acte du vomissement. L'irritation de l'estomac rétïéchie sur les nerfs de sécrétion ou sur les vaso-moteurs des glandes produirait les hypercrinies biliaire, salivaire, bronchique et sudorale. Enfin l'excitation réflexe du bulbe, principal centre vaso-moteur, rayonnerait à travers toute la chaîne ganglionnaire par les vaso-moteurs pour produire la vaso-constriction qui explique la petitesse 'et la lenteur du pouls, l'accroissement de la tension vasculaire et la diurèse, la pâleur et le refroidissement, les vertiges, les obnubilations par anémie cérébrale, la résolution des forces musculaires et le ralentissement de la respiration par olighémie bulbospinale, etc.

M. Martin-Damourette adopte et enseigne dans ses cours l'interprétation de M. Gubler. Mais comme elle lui paraît incomplète, et qu'elle ne tient pas suffisamment compte à ses yeux de tous les faits, il l'a complétée ainsi qu'on va le voir. Prenant en considération à la fois l'expérience bien connue de Magendie, <[ui consistait à produire le vomissement en injectant de l'émétique dans les veines, l'estomac ayant été remplacé par une vessie, et l'expérience récente de MM. Ghouppe et Yulpian, qui montre que l'émétique produit encore ses effets nauséeux et vomitifs après la section des pneumogastriques qui rend impossible toute transmission au bulbe de l'irritation de l'estomac soit directe ou par ingestion, soit consécutive ou par élimination gastrique de l'émétique, M. Martin- Damourette a trouvé le moyen de mettre ces deux expériences, en apparence contradictoires, d'accord enti'e elles et avec la théorie physiologique développée plus haut. Pour lui, l'action stibiée serait mixte, c'est-à-dire qu'elle aurait lieu dès le début par irritation directe de l'estomac et après la diffusion par excitation bulbo-spinale.

L'action vaso-motrice, d'après M. Martin-Damourette, serait également le produit de deux facteurs, savoir l'irritation de l'estomac, réfléchie sur le bulbe et les centres vaso-moteurs, et d'autre part l'excitation directe de ces centres vasoconstricteurs par l'émétique diffusé. Ce qui le prouverait, c'est que l'action vasomotrice et par suite sédative de la circulation et de la température atteint son maximum dans les cas où on arrive à faire tolérer l'émétique, où par conséquent il n'y a plus d'irritation digestive. Par suite, et cette conséquence a une importapce pratique qui ressortira d'elle-même, on ne peut plus considérer l'action nariéante de l'émétique comme la cause, du moins exclusive, des effets dépressils sur la circulation, la température et les forces, attendu que c'est lorsque la nausée fait défaut que la dépression esta son summum. Ainsi dans les cas où les nausées existent en même temps que les phénomènes dépressifs, il n'y aurait pas de relation de cause à effet, mais bien un simple parallélisme entre les deux ordres de phénomènes, qui, de fait, résultent l'un et l'autre de l'excitation du Dulbe.

C'est ainsi qu'avec la digitale, par exemple, l'action dépressive sur la circulation et la chaleur existe avant l'apparition de la nausée et par conséquent n'en est pomt l'effet. Si le maximum de dépression par la digitale se produit au moment de la nausée, c'est encore parce que les deux phénomènes sont parallèles, c'est-à-dire résultent de l'excitation d'un même centre nerveux, le

bulbe, excitation qui s'étend d'ailleurs à la moelle épinière et aux centres nerveux ganglionnaires.

En conséquence l'apparition de la nausée dans le digilalisme serait un excellent signe que le maximum d'action vaso-motrice est obtenu, pour la cure des phlegmasies et des pyrexies. Ce n'est donc pas pour produire le maximum d'eflet dépressif qu'il faut chercher à provoquer la nausée, mais bien pour s'assurer que ce maximum de dépression est obtenu.

D'une façon plus générale, voici comment notre savant confrère conçoit les phénomènes du stibisme, d'après l'observation des faits cliniques et toxiques d'une part, et, d'autre part, d'après l'analyse élémentaire des résultats expérimentaux sur les animaux.

Les doses médicales ou modérées d'émétique et les doses toxiques au début produisent la surexcitabilité des centres nerv^eux bulbo-spinal et ganglionnaire, en même temps qu'un effet myosthénique ; ce qui est prouvé par les convulsions des doses toxiques , par les eifets vaso-constricteurs et la contraction des muscles lisses, d'où les vomissements et les purgations, la miction fréquente, etc.

Les hypercrinies biliaire, salivaire, bronchique et sudorale, qui accompagnent les deux groupes de phénomènes produits par l'émétique (les nausées ou vomissements et la vaso-constriction avec toutes ses conséquences), se produisent aussi par la double action de l'irritation gastrique réfléchie soit sur les nerfs de sécrétion, soit sur les vaso-moteurs des glandes parésiées, et par l'impression directe de l'émétique diffusé sur les centres secrétoires ou vaso-dilatateurs.

Enfin, suivant M. Martin-Damourette, la physiologie thérapeutique, assise sur les considérations précédentes, montre que les trois facteurs des résultats cliniques sont : 1° l'action évacuante de l'émétique sur le tube gastro-intestinal et le foie ainsi que sur les voies bronchiques ; 2° l'action spoliatrice du sérum sanguin et par suite déplétive et résolutive, en désemplissant les affluents de la veine porte, le foie, le coeur droit et par suite les poumons et le cerveau; 3° son action vaso-constrictive et hypothermique.

Finalement Ihyposthénie qui résulte de l'olighémie générale, de la lenteur de la respiration et peut-être de l'amoindrissement des combustions dans le sang ou les plasmas antimoniés, lui paraît également pouvoir rendre un compte satisfaisant des effets antipyrétiques de l'émétique.

En résumé, dans la doctrine que professe M. Martin-Damourette, ce n'est pas la nausée qui engendre l'hyposthénie. La nausée et la dépression circulatoire sont des phénomènes parallèles, contemporains, résultant tous deux de l'hypercinèse du système nerveux ganglionnaire et bulbaire qui préside aux contractions des vaisseaux comme à celles de l'estomac et des muscles de la respiration qui concourent au vomissement. Dès lors l'excitation du bulbe, principal centre vaso-moteur, qu'elle soit directe ou réflexe, peut produire en même temps la nausée avec ou sans vomissement et la sédation circulatoire par excitation des nerfs vagues et des vaso-constricteurs.

V. Agents nauséayits. On a mi par ce qui précède qu'on pouvait admettre deux modes de vomissement, le vomissement par action directe, le vomissement par action indirecte. On serait conduit par là à distinguer deux sortes de vomitifs, les vomitifs purs évacuants et les vomitifs nauséants. Ce serait de ces derniers que nous aurions à nous occuper spécialement ici. Mais ces deux actions se trouvant le plus souvent réunies dans la même substance, il devient

554 INAUSÉES.

difficile de maintenir pratiquement cette distinction. Un vomitif, suivant M. Gubler, est d'autant plus énergique qu'il est plus nauséeux et qu'il étend son action, non-seulement à l'estomac, mais avissi aux cavités buccale, nasale et pharyngienne. Dans certains vomitifs l'action directe est due à une substance différente de celle qui produit l'action indirecte. Ainsi pour l'ipécacuanha l'action nauséante est due à une substance odorante séparable par l'éther et l'alcool. L'cméline agit toujours directement sur la muqueuse gastrique, sur les filets sensitifs, tandis que tout différemment la substance nauséante de l'ipécacuanha agit sur les fdets de la sensibilité spéciale, glosso-pharyngien et olfactif, et fait vomir au moment d'être ingérée ou même avant de l'être, indépendamment de l'action locale gastrique ou de toute autre élimination.

On a proposé diverses classifications des agents vomitifs ou nauséants, qui pèchent presque toutes par quelque point. La seule admissible au point de vue qui nous occupe serait celle qui, basée sur les considérations physiologiques qui ont été développées plus haut, mettrait, d'une part, dans un premier gi^oupe les agents qui provoquent la nausée ou le vomissement en excitant directement l'estomac, et dans un deuxième groupe ceux dont l'action ne s'effectue que par l'intermédiaire des centres nerveux et qui peuvent être indifféremment ingérés dans l'estomac ou introduits par toute autre voie dans le torrent cii'culatoire.

Parmi les substances vomitives, la plus nauséante, celle qui est le plus employée à ce titre, est l'ipécacuanha. Donné en poudre à dose fractionnée, de 0,10 à 0,15 centigrammes ou bien à une dose un peu plus élevée, de 0,20 à 0,40 centigrammes en infusion, par cuillerée, il ne donne lieu qu'à des nausées que l'on peut maintenir pendant un assez long temps. Veut-on obtenir l'effet dépressif, antiphlogistique ou contro-stimulant, consécutif à la période du vomissement, c'est au contraire à haute dose qu'il faut le donner, au delà de 2 grammes, jusqu'à 3 et même 5 grammes en infusion dans environ 100 grammes d'eau édulcorée et aromatisée, à donner par cuillerée d'heure en heure.

Le tartre stibié, le contro-stimulant par excellence, lorsqu'on veut en obtenir ces effets dynamiques, doit être donné à doses élevées, mais fractionnées, de 0,20 à 0,30, et jusqu'à 0,60 centigrammes. On a renoncé depuis longtemps en France et avec raison aux doses exagérées de la méthode Rasorienne. On obtient également une action sédative et antiphlogistique de l'usage du tartre stibié en très-minimes quantités à la fois et répétées, par exemple, en lavage, à la dose de 0,05 à 0,10 centigrammes dans une grande quantité de véhicule. Par le premier de ces modes, on obtient surtout les phénomènes d'hyposthénie, le ralentissement du pouls et de la respiration, le refroidissement, la pâleur générale à un degré plus intense qu'avec l'ipécacuanha dont l'action est à la fois plus rapide et plus courte. Par le second ce sont surtout les effets hypercriniques qui sont produits avec toutes leurs conséquences sédatives ou également hyposthénisantes, mais à un degré plus modéré.

Le kermès, le soufre doré d'antimoine, analogues par leur action au tartre stibié, mais venant après lui dans l'ordre d'énergie d'aclion, sont d'abord exclusivement nauséants et ne deviennent vomitifs qu'à la longue ou à doses élevées, de 20 à 50 centigrammes pour l'un comme pour l'autre. Au-dessous de ces doses ils ne sont que nauséants et c'est à cette action nauséante qu'ils doivent leurs elfets contro-stimulants et diaphorétiques.

Le sulfate de cuivre et le sulfate de zinc, peu employés comme vomitifs, et dans des circonstances presque exceptionnelles, le sont encore moins comme

nauséants. Il faudrait pour produire ces effets les donner à des doses élevées <jiu seraient loin d'être sans danger.

L'apomorphine récemment introduite dans la pratique médicale passe à juste titre pour être le plus énergique des vomitifs. D'après M. Bourgeois qui en a tait l'objet d'une étude monographique, l'apomorphine ne donnerait lieu en général qu'à peu de nausées avant le vomissement, son action vomitive étant à la fois très-active et très-rapide ; ce qui a même fait dire à quelques auteurs qu'elle faisait vomir sans nausées. La vérité est que la période nauséeuse existe avec l'apomorphine comme avec tous les autres vomitifs, mais qu'elle est, en général, de très-courte durée. Il semblerait dès lors qu'elle ne pourrait être que trèsexceptionnellement utilisée ou même qu'elle serait contre-indiquée dans les «as oh l'on voudrait faire particulièrement appel à l'action nauséante. Cependant on trouve dans une thèse de M. Routy l'histoire d'un malade chez lequel la nausée, après l'administration de l'apomorphine, avait été si pénible, si violente, la pâleur de la face si accentuée, et enfin une syncope si imminente, que l'on avait eu un instant des craintes sérieuses pour la vie de ce malade. M. Vulpian a signalé aussi quelques cas dans lesquels la période des nausées, <juoique courte, s'était montrée avec une assez grande intensité. Mais ce sont là probablement des faits exceptionnels, ou peut-être y a-t-il là-dessous une question de susceptibilité ou de résistance individuelle, qui n'a pu être encore suffisamment appréciée.

Quoi qu'il en soit, voici, d'après les expériences de M. Chouppe, quels sont les effets habituels de l'apomorphine introduite dans l'économie par la voie d'injection hypodermique, à la dose moyenne, qui est la dose médicinale, de 0,01 centigramme : « Pendant les deux ou trois premières minutes qui suivent l'injection, le malade n'éprouve absolument rien ; il est calme, tranquille, sans ressentir le moindre malaise. Bientôt une sensation de pesanteur à la région épigastrique est suivie d'une légère douleur de tète, puis la salivation devient abondante, le corps se couvre de sueur ; un ou deux efforts de vomissement secouent le thorax sans que rien soit rendu ; au troisième effort, plus rarement au quatrième, le malade vomit... puis survient une période de calme : les vomissements s'arrêtent pour 5 ou 6 minutes pendant lesquelles, parfois, le malade sommeille. II est bientôt éveillé par la nausée, et toute la scène recommence. Le même phénomène se présente à 5 ou 6 reprises différentes. Enlîn, au bout d'une demi-heure environ, le malaise se dissipe d'une manière définitive, et le malade s'endort. Ce sommeil très-calme dure en général d'une demi-heure à une heure, temps au bout duquel le malade s'éveille, ne conservant aucune fatigue. »

A des doses plus élevées, on a obtenu chez des animaux les effets de prostration et de collapsus correspondant à la période de conlro-stimulisme des autres vomitifs et sans vomissements. Mais ces effets ont été d'une telle intensité, qu'il y aurait plus que de la témérité à chercher à en faire l'application sur l'homme. On ne l'a point tenté jusqu'à présent.

Il n'y a pas que les médicaments vomitifs proprement dits qui provoquent les nausées. Il a déjà été question plus haut delà digitale, qui, à dose antiphlogistique et antipyrétique, provoque le ralentissement de la circulation, avec la pâleur et le refroidissement, donne lieu en même temps à des nausées, qui sont même considérées comme le signe du maximum de la contraction vasculaire et l'indice le plus certain de l'action thérapeutique de cet agent. Il en est de même de l'ellébore vert, de la vératrine qui doit, en partie, à ses propriétés

Page 1