‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.63Chapitre 82 sur 104 · QUANTITE PAR MOIS · texte numérisé non relu

QUANTITE PAR MOIS

POUR 100 HOMMfS.

OBSERVATIOiNS.

2^000 2 000 2 000 2 000 6 000 0 600 0 500 0 700 0 700 2 OOO 0 300

QUANTITES PAR AN

pour 100 homnei . et pour la dorée de la campagne.

' En cours de campagne, on achètera, à défaut de gelée de viande et de viande fraîche , de l'extrait lie viande en quantité suffisante pour assurer le service dans les conditions indiquées à rariicle 8.

De plus, les commandants, sur les propositions écrites des médecins-majors, peuvent autoriser l'achat de poules, œufs, poissons, légumes et autres vivres frais, pour être délivrés aux malades en remplacement des denrées désignées au tableau n" 1 (art. 20).

Art. 21. Les médecins-majors sont autorisés à faire délivrer aux malades, à titre exceptionnel, et en remplacement des denrées indiquées au tableau n" i , des

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conserves de haricots et de pois verts dans la proportion de 150 grammes par demi-portion, et de 100 grammes par quart de portion. A cet effet, il est embarqué par 100 hommes et par an, pour la durée de la campagne, l'',5Û0 de haricots et li'jSOO de pois.

Art. 22. Les médecins-majors peuvent également faire délivrer aux malades, mais à titre de médicaments, des vins de Bordeaux, de Marsala et de Bagnols. A cet effet, il est embarqué par cent hommes et par an, pour la durée de la campagne, 8 bouteilles de vin de Bordeaux, 8 de Marsala et 8 de Bagnols.

2° En temps de guerre. A. Service à bord. « La marine militaire est, avant tout, faite pour le combat. C'est là sa mission spéciale, c'est là le but vers lequel doivent tendre tous les éléments de son organisation. Le service des blessés, en temps de guerre, est donc le plus important des devoirs imposés aux chirurgiens de la marine, c'est en même temps le plus difficile. A bord comme à terre, la guerre a des exigences devant lesquelles tout doit fléchir, et qui opposent souvent à l'accomplissement de leurs fonctions d'insurmontables obstacles. 11 leur faut alors autant de résignation que de dévouement, autant de sang-froid que d'expérience, pour s'élever à la hauteur de leur mission » (J. Rochard. Du service chirurgical de la flotte en temps de guerre, 1861).

(i Les difficultés ne sont pas les mêmes dans la marine et dans l'armée. A terre, les blessés ne gênent jamais la manœuvre ; à bord, ils l'entravent nécessairement. Dans cet étroit espace où sont entassés tant d'hommes et de matériel, le défaut de place est une difficulté permanente. L'action du combat, les dégâts causés par le feu de l'ennemi, amènent toujours un certain désordre que la présence des blessés vient augmenter encore. II faut de toute nécessité les faire disparaître du pont et des batteries qu'ils encombrent. Ce n'est pas seulement une question d'humanité ; leur présence nuit aux manœuvres d'artillerie et produit le plus fâcheux effet sur le moral de leurs camarades. Il faut, quel que soit leur nombre, qu'ils reçoivent des soins immédiats, qu'ils puissent être placés en lieu sur, et couchés, tant bien que mal, jusqu'au moment où il sera permis de les transporter dans les batteries, c'est-à-dire jusqu'à la fui de l'action » (.1. Rochard, loc. cit.).

Jusqu'en 1861, époque à laquelle parut ce remarquable travail auquel nous nous adresserons le plus souvent pour traiter cette importante question, personne ne s'était préoccupé d'approfondir les détails d'exécution. Sper, dans sa thèse inaugurale {Essai sur le service de santé nautique, thèse de Paris, 1810, n° 51), indique sommairement les dispositions qui étaient en usage sous l'Empire, les précautions et les mesures à prendre au moment de l'action ; Forget, de son côté, dans son Traité de médecine navale {voij. Bibliographie), trace les devoirs des chirurgiens pendant le combat, et donne d'excellents conseils sur les soins à donner aux blessés et sur les règles d'hygiène qu'il convient de leur appliquer, mais il n'a fait qu'effleurer le côté matériel de la question. Du reste, depuis l'époque à laquelle Forget écrivait (1852), des changements prodigieux se sont effectués en marine et ont nécessité de nouvelles études et demandé d'autres soins. Dans ces dernières années, quelques médecins de la marine (Capdeville, Maréchal, Bourel-Roncière, voy. Bibliographie) ont abordé l'étude de certains détails de ce service, et principalement les moyens de passage pendant le combat, mais le travail que nous citions en commençant est le seul qui en ait embrassé l'ensemble.

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Quant aux ordonnances, elles sont d'une brièveté qui a le droit de surprendre quand on réfléchit à l'importance de ce service. Le décret du 20 mai 1868, le dernier qui ait paru sur le service à bord des bâtiments de la flotte, lui consacre deux articles ; le règlement du 24 juin 1870 n'en comprend que six ayant trait à la même question, et ces quelques dispositions que nous rappellerons au fur et à mesure se bornent à assigner, à désigner le poste de combat des médecins, et les hommes affectés au transport des blessés*.

Il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui, en s'appuyant seulement sur les traditions laissées par l'ancienne marine, il serait difficile d'apprécier, sans risque d'erreur, les conditions nouvelles faites au service chirurgical dans une rencontre entre vaisseaux cuirassés, les seuls qui, à vrai dire, constituent de nos joui-s la marine de combat. Le combat de Lissa n'a fourni aucun enseignement à cet égard ; l'escadre italienne n'eut que 99 hommes mis hors de combat (en dehors de la catastrophe du Red'Itcdia et du Palestre) ; sur 156 hommes blessés ou tués dans l'escadre de l'amiral Teghetoff, 105 appartenaient au vaisseau en bois le Kaiser (Capdeville). Quelles seront les pertes dans les combats futurs ? il est impossible de le préjuger, et l'avenir seul peut nous l'apprendre, mais tout porte à croire que si nous devons un jour assister à de nouvelles batailles, elles seront plus sanglantes encore que celles dont nos pères ont été les témoins. L'énorme calibre des pièces, l'épaisseur des cuirasses, l'éperon, ont introduit dans les prévisions des inconnues que l'expérience n'a pas encore dégagées. Cependant, tout en faisant abstraction de ces luttes par abordage à l'éperon dans lesquelles les deux adversaires seraient peut-être également compromis, ou qui peuvent entraîner la perte immédiate de l'un d'eux (le He d'Italia au combat de Lissa), et dans lequel le rôle du service chirurgical s'évanouit, il est permis de se demander à quel nombre probable de blessés on aurait à porter secours dans un combat naval entre cuirassés. Peut-on espérer que grâce à la cuirasse il sera beaucoup moindre qu'autrefois ? Dans les parties présumées invulnérables, on trouvera certainement un moins grand nombre d'hommes exposés au feu de l'ennemi ; sur les anciens vaisseaux, on ne comptait pas moins de 220 hommes dans une batterie, soit 4 à 600 hommes pour les 2 ou 5 batteries suivant le rang, et presque toujours massés du même bord (Capdeville). Le pont, la mâture, étaient autrefois couverts d'hommes dont le rôle était aussi important que celui des combattants dans les batteries ; c'est de la grande hune du Redoutable que paatit la balle qui tua Nelson. Le pont, les gaillards, étaient découverts et très-exposés aux projectiles de toutes sortes, ainsi qu'à la chute d'éclats et de débris de mâture, etc. Sur les types actuels, la mâture, avant le combat, serait mise en bas, et les parties vulnérables du navire seraient évidemment moins habitées ; il ne faut pas croire pourtant qu'elles

'■ Dans la marine anglaise les règlements ne sont pas plus explicites. Les instructions si détaillées de l'Amirauté ne leur consacrent qu'un article de quelques lignes. Chap. xm [Médical Officers), section 2 [Surgeons], art. 16 : « Le chirurgien-major doit veiller à ce que tout soit prêt pour le placement et le traitement des blessés. Lorsque le navire doit prendre part à l'action, il doit, avec les chirurgiens en sous-ordre et les hommes désignés pour l'aider, se rendre au poste des blessés [Cock-pit] ou à toute autre place que le capitaine lui assignera, où un espace libre et les convenances nécessaires doivent se trouver. Il doit donner ses instructions à tous ceux qui l'entourent, et que le capitaine pourra lui désigner, pour l'application des tourniquets. Pour cela un certain nombre de ces instruments seront préparés et envoyés, au moins au nombre de trois ou quatre, dans chaque hune, pour être appliqués au besoin, de manière à ce que les blessés perdent le moins de sang possible avant que le chirurgien puisse s'occuper d'eux. » j

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resteraient désertes ; le nombre des hommes répartis sur les tourelles, aux pièces légères du pont, sur le reste du pont supérieur et dans les compartiments non protégés de la batterie et du faux-pont émergent, est encore considérable. Le tableau du branle-bas de combat sur un vaisseau du type Océan, Marengo, Suffren, montre 532 hommes répartis dans les compartiments non protégés, et un total de 506 hommes répandus sur le pont et dans les étages émergents du vaisseau, fort central, etc. Car ce serait une eri^eur de croire que le blindage, même impénétrable, mette à l'abri de tout accident ; la guerre d'Amérique a démontré que les boulets, en frappant les plaques de fer, s'ils ne les traversent pas, n'en déterminent pas moins de nombreux éclats enlevés à la muraille de bois qu'elles recouvrent ; ces éclats sont d'autant plus meurtriers que les hommes sont réunis en groupes plus nombreux pour servir les énormes pièces actuellement en usage (jusqu'à 25 hommes par pièce), et qu'ils sont plus variables de forme et de nature, débris de la muraille cédant sous l'effort de la cuirasse même partiellement enfoncée, boulons fixateurs des plaques, bandes de fer qui relient les bordages et les ponts, etc. (Maréchal ; voy. aussi Note adressée au Congrès diplomatique de Genève pour l'assistance des blessés de terre et de mer, docteur Le Roy de Méricourt, in Archives de médecine navale, novembre 1865).

Du reste, tout le personnel se battant en dehors des abris blindés sera directement exposé au boulet et à la mousqueterie, et le nombre des blessés peut devenir considérable. Dans les combats livrés par la marine de la Révolution et de l'Empire, Forget et Sper portaient la proportion des blessés au cinquième du personnel. Il n'était pas rare, dit M. J. Rochard, de voir les vaisseaux les plus sérieusement engagés se retirer de la lutte avec le tiers ou la moitié de leui' équipage hors de combat. Ce chiffre a été souvent dépassé ; il serait facile d'en trouver des exemples en se reportant aux mauvais jours de notre histoire, et pour n'en citer qu'une page, la plus sombre et la plus sanglante, il est ATai, après la bataille de Trafalgar, la plupart des vaisseaux pris par les Anglais n'avaient plus qu'une poignée d'hommes pour les défendre. Sur 700 matelots qui composaient son équipage, le Fougueux en avait perdu 400 ; V Intrépide comptait 506 hommes hors de combat; VAlgésiras, ioO tués et 180 blessés; le Redoutable enfin, démâté, près de couler bas, démonté de son gouvernail et d'une partie de son artillerie, sa muraille de tribord démolie, n'avait plus qu'une centaine d'hommes debout. Tout l'état-major blessé, 10 aspirants frappés à mort, 522 hommes hors de combat, dont 300 morts et 222 blessés, sur 6-40 qui composaient son équipage au commencement de l'action, voilà ce qu'y trouvèrent les Anglais lorsqu'ils mirent le pied sur ce glorieux débris... (Thiers, Histoire du Consulat et de VEmpire; Jurien de la Gravière, Guerres maritimes sons la République et l'Empire).

Avec l'artillerie qui a précédé immédiatement les canons actuels, il était permis de supposer que les vaisseaux les plus fortement compromis pourraient avoir un tiers de leur équipage hors de combat ; doit-on compter sur un chiffre moins élevé à bord des cuirassés actuels ? Il est impossible pour le moment de rien préciser à cet égard, mais en attendant, et pour fixer un chiffre approché, il importe que le service chirurgical du combat soit établi sur une évaluation de 1 p. 3 environ du personnel directement exposé; sur un vaisseau appartenant aux types cités plus haut, ce serait déjà une centaine de blessés au minimum, et j 'entends pai'Ier ici des blessés sérieusement atteints. Dans cette proportioa.

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les secours aux blessés resteront encore un des devoirs les plus importants confiés au personnel médical du bord.

Trois conditions générales sont indispensables pour assurer ce service :

i" Une voie facile et des moyens commodes de transport.

2° Un emplacement suffisant pour les opérations d'urgence et les premiers pansements.

3° Un local assez spacieux pour recevoir les blessés pendant la durée du ■combat.

Les règlements en vigueur ne spécifient pas l'emplacement du poste des blessés pendant le combat, mais c'est évidemment dans la cale ou dans le fauxpont le plus inférieur qu'ils doivent trouver un abri. Les articles 660 et 676 du ■décret du 20 mai 1868 ; l'article 22 du règlement du 24 juin 1870, indiquent seulement que le médecin en chef, le médecin-major et les autres officiers de ■santé se tiendront au poste des blessés ; les autres articles se bornent à désigner les hommes affectés aux passages. Sans remonter aux vaisseaux à voiles, sur les vaisseaux à vapeur encore si peu éloignés de nous, l'exiguïté de l'espace, l'encombrement introduit dans les faux-ponts et les cales par la machine et ses dépendances, permettaient rarement de réserver et d'approprier un poste suffisant pour les éventualités du combat. La question, hérissée de difficultés insurmontables pour les uns, indifférente au plus grand nombre, n'était soulevée qu'après l'armement, et au moment où le navire quittait le port, rien n'ayant été prévu, le choix de l'emplacement restait subordonné à la distribution variable des cales €t des faux-ponts ; quant aux détails d'exécution, personne n'y avait songé, et ils étaient abandonnés, sur chacun de ces types si différents les uns des autres, à l'initiative du commandant et du médecin-major.

Qu'on se rappelle ce qui existait, non pas seulement sur les anciens vaisseaux à voiles aujourd'hui oubliés en tant que machines de combat, mais sur des types tout rapprochés de nous, les vaisseaux à vapeur et les premières frégates cuirassés {voy. comme éléments de comparaison le Service chirurgical de la flotte en temps de guerre, annexe à la Chirurgie navale de Saurel, et Service des blessés pendant le combat à bord des navires à vapeur, in Moniteur de la flotte du 15 décembre 1855, par J. Rochard).

En bornant cet examen aux navires dont les dimensions se rapprochent le plus sensiblement des types actuels, nous ne trouvons sur les vaisseaux rapides (types Napoléon, Algésiras, Arcole, etc.) que des ressources insuffisantes : « L'espace y est d'autant plus restreint que la machine est plus puissante et les soutes à charbon plus spacieuses; les difficultés qu'y rencontre le service des blessés sont en raison directe de la vitesse. » Sur ces vaisseaux, les médecins et les blessés se réfugiaient tantôt dans le faux-pont, avant ou arrière {Algésiras, Arcole), tantôt dans la cale {Impérial), sur la plate-forme qui règne au-dessus de la chambre d'embrayage, emplacement qui ne fournissait que 13 à 14 mètres carrés de surface. Les passages s'effectuaient, ici par l'avant {Alexandre, Eylau), là, par l'arrière {Redoutable); rien de constant, rien de réglementé dans ces ■aménagements.

Sur la Bretagne, le plus grand vaisseau mixte que nous ayons possédé, les ressources étaient encore plus précaires; le poste assigné aux médecins, après avoir erré en diverses parties du faux-pont, avait été relégué dans la cambuse, et le transport des blessés y offrait toutes sortes de difficultés. L'espace pour les recueillir était notoirement insuffisant; M. J. Rochard estimait à 100 le nombre

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des blessés qu'on pouvait coucher sur ce navire en les pressant les uns contre les autres, et il se demande, en supposant le quart seulement de l'équipage rais hors de combat, ce qu'on aurait fait des 200 autres blessés pour lesquels il n'y avait de place nulle part.

Sur les frégates cuirassées [Gloire, Couronne, etc), qui représentent la période intermédiaire entre ces vaisseaux à vapeur et les types plus récents de la famille des Océan, Marengo, etc., on rencontrait à l'ai'rière du faux-pont, sur l'avant des chambres des ofticiers, un emplacement abrité assez bien dégagé, et que le même auteur estime assez vaste (10 mètres sur 6), pour être utilisé, d'un côté pour le poste des chirurgiens, de l'autre pour le couchage des blessés ; il faut dire pourtant qu'il existe là de nombreux passages de poudres et des projectiles. Dans le deuxième faux-pont du Magenta et du Solfe'rino, sur l'avant, entre les soutes à charbon et la cambuse, on disposait également d'un espace long de 20 mètres sur 1 2 mètres de large, séparé de la muraille par les casiers placés en abord, interrompu à son centre pai- quelques panneaux, mais laissant encore plus d'espace libre qu'à bord d'aucun autre navire.

En somme, tur tous ces bâtiments, on utilisait comme on pouvait des espaces laissés libres par le hasard dans la distribution intérieure des aménagements ; on en tirait le meilleur parti possible, mais rien n'avait été prévu dans ce sens par les plans de construction.

11 faut bien reconnaître que cette question n'a pas fait un pas de plus sur les derniers cuirassés qui représentent aujourd'hui notre véritable flotte de combat. Océan, Suffren, Richelieu, etc.; là encore, on en a été réduit à un poste de couchage du faux-pont-avant, laissé libre par l'absence d'objets d'encombrement; suffisant pour un petit nombre de blessés, mais d'un accès long et difficile, c'est toujours un emplacement de nécessité, utilisé faute de mieux, mais non approprié à l'avance à cette destination. Nous ne rappellerons que pour mémoire les corvettes cuirassées du type Thétis, Jeanne-d'Arc, etc.; sur ces navires, il n'y a rien et le problème est insolid)le.

11 faut arriver jusqu'aux constructions les plus récentes (le Friedland, cuirassé de premier rang construit à Lorient), pour rencontrer, en dehors du corps médical, la préoccupation d'assurer ce détail du service. Pour la première fois dans notre marine, et sur ce vaisseau, un emplacement spécialement affecté à un hôpital de combat est entré dans les prévisions de la construction ; c'est la première fois qu'il ait été fait droit aux demandes si souvent formiUées par les médecins naviguants de réserver dans les fonds du navire un espace approprié au service chirurgical pour le moment de combat. Ces types nouveaux, en fer, ont acquis des proportions inconnues jusqu'à nos jours ; l'espace gagné dans les fonds est considérable ; il devenait donc possible de donner satisfaction aux intérêts d'un service dont on se préoccupe fort peu en temps de paix, mais dont on sentirait bien vite la regrettable absence pendant une guerre maritime.

Le premier pas est donc fait dans cette voie, il ne date que d'hier ; mais une fois l'impulsion donnée, il y a lieu d'espérer que le service de santé, du moins sur ces types de dimensions colossales, Redoutable, dévastation, etc., qui doivent prochainement constituer la marine de combat, sera enfin doté des ressources et des moyens qui lui ont presque toujours manqué.

A ce point de vue, il y a quelque intérêt à s'arrêter un instant sm' ces installations nouvelles et sur les bénéfices qu'elles vont réaliser dans la mai'iae prochaine. j

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Prévu par les devis, l'hôpital de combat du Friedland a trouvé place sur l'extrême fond du navire, immédiatement au-dessus de la carlingue. C'est un espace absolument libre, réservé à l'avant de la chaufferie, et au même niveau que le parquet de chauffe, derrière la soute à poudre de l'avant, entre les soutes à boulets et les deux rangées latérales des caisses à eau. Son plancher inférieur s'appuie immédiatement sur la carlingue, le pont supérieur répond à la plateforme de la cale-avant; sa plus grande dimension est ti'ansversale et mesure 9"", 50; sa largeur, 3™, 50, suivant l'axe du navire; la hauteur atteint 3 mètres; l'emplacement, augmenté d'un espace sous panneau, libre, fournit une superficie de 44 mètres carrés et un volume total de loG mètres cubes.

En réservant un espace suffisant à affecter au poste des médecins proprement dit, table d'opérations, etc., il sera possible d'étendre surtout le reste 20 à 25 matelas. Réduit à ces dimensions, l'espace où l'on couchera les blessés pendant l'action serait encore insuffisant, mais on aura sous la main les prisons, la cale-avant, les soutes à voiles, et même le deuxième faux-pont qui est cuirassé, immergé, et par conséquent à l'abri des projectiles. Sous ce double point de vue de l'emplacement pour les opérations d'urgence et pour les premiers pansements, et comme surfaces disponibles pour recevoir un grand nombre de blessés, on trouve donc sur ces types nouveaux toutes les ressources nécessaires.

Des trois conditions principales, deux sont remplies ou à peu près, emplacement suffisant pour les opérations d'urgence, espace assez étendu pour coucher un grand nombre de blessés; reste la troisième, qui n'est ni la moins difficile ni la moins importante, le passage des blessés. Quels seront les moyens de transmission?

Deux principes sont en présence : celui de la suspension, au moyen des cadres et des fauteuils, le plus anciennement adopté, et un autre, préconisé depuis quelques années, sur les anciens cuirassés, par M. Maréchal, médecin de 1" classe de la marine, le glissement sw des plans inclinés. Le problème à résoudre reste toujours le même : transporter aussi rapidement que possible un blessé quelconque à une grande distance en profondeur, sans lui faire courir les risques de nouveaux dangers. Les difficultés sont grandes, c'est incontestable ; voyons si les systèmes adoptés ou proposés jusqu'à ce jour répondent suffisamment aux données du problème. D'abord le système de suspension. Le cadre et le fauteuil, tels que les a proposés M. J. Rochard, offrent certainement quelques avantages qu'on ne peut méconnaître : leur installation à boi'd est simple et facile ; le cadre est un objet de matériel d'un usage quotidien dans la vie maritime ; il entre dans l'armement du navire et dispense d'introduire à bord un

nouveau matériel ; son installation est d'une grande simplicité, etc Ce sont

là de minces avantages qui ne compensent pas les inconvénients ; ces derniers, M. J. Rochard les a parfaitement mis en relief, et nous ne pouvons mieux faireque de reproduire ses appréciations : « Le cadre réglementaire, dit-il, suffisait à bord des navires à voiles ; mais il est difficile à manier dans les panneaux étroits de nos vaisseaux modernes; il est trop long et vacille trop facilement, s'il n'est suspendu que par un seul cartahu ; il penche dans tous les sens et peut prendre toutes les inclinaisons imaginables. S'il est pendu par les deux bouts, il subit encore des oscillations latérales ; enfin, s'il est soutenu par les quatre coins, il descend verticalement et d'aplomb, il est vrai , mais à la condition qu'on ait le soin de maintenir les cartahus au même degré de tension, et qu'on apporte dans

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cette manœuvre une précision difficilement compatible avec le désordre du combat et les mouvements de roulis et de tangage. Ces oscillations sont sans danger pour le blessé, solidement assujetti dans le cadre qu'on a eu soin de ti^ansfiler avant de le descendre ; mais cette nécessité elle-même cause une perte de temps notable : il faut, à chaque ti^ansport, passer les rubans dans les œillets et les dégager ensuite à l'arrivée, et l'on comprend l'importance de ne pas perdre un instant. Ce qui prouve, du reste, les vices de cette manœuvre, c'est la variété même des moyens employés pour les exécuter » [loc. cil., p. 27).

M. Maréchal, à son tour, a insisté sur les inconvénients inhérents à ce système de transport : « Le cadre est encombrant, et surtout instable ; rectangulaire et plat, il s'accommode mal aux formes du blessé, ou du moins les saillies de ses côtés trop écartées, et ses quatre angles tout à fait inutilisés, compromettent la sîireté de son mouvement et multiplient les chances qu'il a d'être arrêté par les nombreux obstacles semés dans la voie qu'il doit parcourir. Non-seulement le blessé ne peut être rigoureusement fixé dans ce cadre, sans préjudice sensible pour ses blessures, mais il y est soumis à des déplacements latéraux (surtout daus l'état de collapsus), par suite des oscillations très-amples que l'appareil exécute autour de son axe longitudinal. Il court ainsi les risques d'une chute épouvantable (dont la marine possède malheureusement des exemples authentiques), en se déversant en quelque sorte par le côté le plus déclive; cet accident peut être, il est vrai, conjuré par le transfilage des parois du cadre rabattues sur le blessé; mais, outre que cette opération, toujours fort longue, n'empêche qu'incomplètement le blessé de rouler sur le plan de l'appareil, toujours trop large, elle ne saurait obvier aux oscillations pendulaires variées et souvent fort rudes qui, en dépit de la manœuvre la plus attentive, sont imprimées par le roulis et le tangage, et aux mille irrégularités de ce voyage aérien » (mémoire cité).

« Le fauteuil, tel que l'a proposé M. J. Rochard, est plus léger, plus commode, surtout pour les bâtiments à panneaux étroits ; il permet de donner une meilleure position au blessé, une attitude générale de demi-flexion, compatible, sans danger, avec une perte de connaissance complète; mais c'est un appareil spécial, non réglementaire, une addition encombrante à un matériel déjà énorme, et qui est, en définitive, passible des reproches que nous venons de formuler contre le cadre, au point de vue de sa translation. Enfin, comme le cadre, le fauteuil suspendu peut être précipité de toute la hauteur du bâtiment sur la plate-forme de la cale, si le cartahu suspenseur vient à être coupé par un projectile.

« Le principe delà suspension (cadres, fauteuils ou autres appareils), indépendamment des oscillations pendulaires auxquelles elle expose inévitablement, et que l'on ne peut que très-difficilement limiter, a deux autres conséquences regrettables :

'( 1° La dépendance mutuelle et forcée des différents étages, en ce qui concerne les moyens employés pour les dégager de leurs blessés ;

« 2° L'ouverture nécessaire d'un vaste espace ménagé au milieu du navire et dans toute sa hauteur, excavation toujours béante, aussi préjudiciable à la sûreté des blessés qui la parcourent qu'à celle des hommes chargés de les y diriger; car cet espace est accessible à tous les projectiles, débris, corps vulnérants de toutes sortes, qui sillonnent les batteries pendant le combat. »

Ce n'est pas tout, ce système de transmission ne remplit pas cette condition

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capitale de rapidité qui, avec la sécurité pour le blessé, doit primer toutes les autres. De nombreux essais ont conduit M. J. Rochard à la conclusion suivante, où la question de temps est bien réellement traitée au point de vue pratique, et avec l'importance qu'elle mérite : « Dans le hranlehas ordinaire, il faut, au minimum, 4 à 5 minutes pour relever un homme qu'on suppose blessé près d'un canon, le porter jusqu'au panneau, le coucher dans un cadre, l'y assujettit, le descendre et l'en retirer. Le navire est tranquille, tout le monde a conservé son sang-froid, et le matelot qui se prête à l'expérience ne réclame aucun ménagement. Il est permis de supposer qu'au milieu de la fumée, du bruit et de la confusion inséparable d'un combat, il faudrait plus de temps encore pour transporter un homme grièvement blessé ; mais en ne tenant pas compte de cette différence, en supposant le cas assez ordinaire d'un vaisseau recevant, en plein bois et à courte distance, une ou plusieurs bordées, s'il y a seulement 50 hommes mis hors de combat, il faudra (à 4 minutes par blessé) plus de 5 heures pour les descendre tous dans la cale, en admettant que de nouveaux projectiles ne viennent pas en augmenter le nombre ; et pendant tout ce temps, les postes à canon resteront encombrés, et les canonniers ne pourront manœuvrer leurs pièces sans être exposés à marcher sur le corps de leurs camarades. Il est indispensable, même dans l'intérêt du service, de trouver un moyen plus expéditif pour les affranchir de cette entrave et les soustraire à ce spectacle déchirant.

Enfin, le plus souvent, il n'est possible d'installer qu'un seul passage et un seul cadre qui doit desservir le pont et un ou deux étages. Les blessés du pont auront un très-long trajet à parcourir ^ ; mais si le cadre est arrêté en route pour recueillir les blessés de la \^^ ou de la 2*^ batterie, par exemple, ceux des autres étages devront forcément attendre le retour du cadre à leur niveau ; de là des lenteurs extrêmes dans le transport jusqu'au poste.

Voilà l'ensemble des reproches très-réels qu'on peut faire au principe de la suspension, représenté par le cadre ou le fauteuil : lenteur, défaut de sécurité pour le blessé et les hommes des passages, dépendance mutuelle des étages dans la transmission de leurs blessés, chances très-grandes d'avaries et d'arrêt de fonctionnement et encombrement des panneaux, ouverture forcée de ces derniers. 11 faudrait donc trouver quelque autre système qui remplît mieux les indications posées, c'est-à-dire l'évacuation méthodique et aussi prompte que possible des blessés, et permît d'éviter : 1" la transmission directe et verticale ; 2° la dépendance si gênante des différents étages du navire, rendue inévitable par la permanence de l'excavation centrale ménagée pour le passage du cadre. Or, le principe du glissement sur des plans inclinés semble approcher plus près du but ; la transmission effectuée indifféremment d'un étage ou d'un autre, et suivant des plans dont on peut faire varier à volonté l'inclinaison, échappe en effet à la plupart des reproches formulés contre le système précédent; elle offre la garantie de manœuvres aussi simples, plus rapides, et exemptes de danger pour le blessé. Elle a déjà été essayée sur quelques navires et l'expérience semble plaider en sa faveur .

Dans tout passage de blessés, il y a deux points à considérer: le transport jusqu'au premier panneau qui doit les recevoir, la transmission du blessé de haut en bas. Deux appareils très-simples, dans le système de M. Maréchal, suf-

• Sur le Friedland, les blessés du pont devront parcourir un trajet vertical de 12»,50 pour arriver au poste de pansement; c'est la hauteur d un quatrième étage.

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fisent pour remplir ces conditions : des cadres-hamacs servant de brancards, et des gouttières en tôle. — Les premiers, destinés à recueillir le blessé à l'endroit où. il est tombé, et à lui servir d'enveloppe protectrice jusqu'au poste même de pansement, sont simplement représentés par un hamac ordinaire, pourvu de son matelas et de ses araignées ; il est rendu rigide au moyen de deux attelles en bois léger, larges de 7 à 8 centimètres, épaisses de 1 centimètre, et ayant la longueur totale de la toile du hamac; ces attelles sont immobilisées, sous la face intérieure, dans des passettes en toile; d'autres passettes en toile forte fixées également sous le hamac, mais à quelque distance en dehors des attelles, engaînent à frottement serré deux manches de gaffe qui ne dépassent que de très-peu la longueur du hamac. Celui-ci est ainsi transformé en une sorte de brancard rigide suivant sa longueur, mais pouvant s'incurver dans le sens de sa largeur. Pour fixer le blessé dans son appareil de transport, le système le plus simple et surtout le plus rapide devra être préféré : des agrafes spéciales, en forme de double bouton de chemise, et dans lesquelles court un transfilage (Maréchal), ou bien, si on ne peut les confectionner à bord, des anses de ligne qui boutonnent sur des cabillots implantés sur le bord opposé du hamac ; afin de pouvoir serrer à volonté, et suivant le volume variable du corps de chaque homme, ces anses sont divisées en trois ou quatre boutonnières, qui permettent d'obtenir l'écartement ou la pression que l'on désire. Une de ces attaches est fixée au niveau des épaules; la seconde au niveau du bassin; une troisième à la partie moyenne des jambes. Ces trois points de striction sont suffisants pour immobiliser le blessé dans son hamac. L'appareil tout entier pèse 9 kilogrammes.

Ce cadre-hamac est donc léger ; il offre comme autres avantages de servir à la fois de brancard jusqu'au panneau de passage, et d'enveloppe au blessé dans le parcours qu'il va faire de haut en bas jusqu'au poste; il est l'igide, et au besoin peut être suspendu immédiatement à des crocs de hamacs, s'il y a intérêt à ne pas déplacer le blessé. Le mode de fixation est prompt, sûr, et ne demande aucune adresse manuelle ; le blessé peut être dégagé en un instant de son hamac ; enfin, il y est solidement assujetti, et ses mouvements, quelque désordonnés qu'ils soient, sont maîtrisés sans violence par la résistance de la toile. — Le nombre de ces cadres-hamacs peut varier, bien entendu, et la rapidité des passages sera en raison de leur nombre; en tout cas, il en faut un par étage; du reste, il serait inutile de trop les multiplier, tous pouvant être réunis en quelques instants dans l'étage où les besoins seraient le plus nombreux.

L'appareil de transmission est constitué par des gouttières en tôle mince, renforcées sur leur pourtour, longues de 2 mètres et assez larges pour laisser passer sans frottement les épaules d'un homme robuste, 0",60. — L'extrémité céphalique de chaque gouttière est fixée à la partie supérieure et interne de l'hiloire, au moyen de deux crochets inférieurs qui s'engagent dans des pitons correspondants; c'est là leur point d'articulation mobile, d'où elles peuvent décrire un arc de cercle qui peut embrasser 90 degrés. — Quand la disposition des panneaux s'y prête, il y a avantage, ainsi que l'a démontré M. Maréchal, à fixer le point de rotation, non à l'extrémité céphalique de la gouttière, mais au niveau de son tiers supérieur environ.

La manœuvre des passages exige la présence de trois hommes seulement a chaque gouttière : un au palan des pieds; un deuxième, prêt à recevoir le cadre-hamac par son extrémité inférieure, se place dans l'axe prolongé de la gouttière; le troisième, sur le côté, se tient prêt à s'emparer de l'extrémité cépha-

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lique du hamac. Le transport d'un blessé est donc très-simple; supposons un homme atteint et tombé sur le pont : deux porteurs le couchent dans le hamac étalé sur le pont, l'assujettissent rapidement en boutonnant les anses de ligne sur les cabillots, ou en passant le transiilage dans les agrafes, saisissent les extrémités des manches de gaffe, et l'apportent ainsi ficelé et immobilisé jusqu'à ■la première gouttière ; les pieds sont déposés sur le bord de la gouttière amenée à l'horizontale; à ce moment, l'homme placé au palan des pieds file peu à peu le garant jusqu'à ce qu'il obtienne une inclinaison de 25 à 50 degrés. — Les porteurs du pont combinant leurs mouvements avec ceux de la gouttière poussent le hamac en le retenant jar la boucle des araignées de la tète. Dès que les pieds arrivent à l'extrémité inférieure, le hamac est saisi par l'homme désigné pour cet office ; le deuxième porteur s'empare de l'autre extrémité, et tous deux, accordant leurs mouvements, transmettent le blessé à la deuxième gouttière, et de même pour les étages suivants.

Le blessé, arrivé au poste, est rapidement dégagé de son enveloppe, et le hamac, roulé, remonte vers les étages supérieurs par l'intermédiaire des gouttières également; si les panneaux restent ouverts, on peut pour plus de rapidité le faire passer de la main à la main.

De nombreux essais de ce système ont été faits à bord de VOcéan en escadre (1873-1874); on a trouvé qu'un blessé partant du pont mettait 25 secondes à parvenir au poste du faux-pont inférieur (hauteur verticale 7"", 55), 50 secondes au maximum, en passant par trois gouttières. Le hamac vide était remonté sur le pont en 15 secondes. Pour déposer dans le hamac un homme blessé sur le pont, l'y assujettir et le transmettre jusqu'au poste, il suffisait d'une minute en moyenne. En résumé, nous trouvons à ce système les éléments de supériorité suivants sur le premier :

1° La transmission est rapide; elle peut se faire simultanément du pont et des étages inférieurs, du moment que chacun d'eux possède un plan de glissement spécial. En supposant, pour la transmission de chaque blessé, avec le temps perdu, une moyenne de 30 à 35 secondes, on pourrait en 50 minutes transporter une cinquantaine de blessés jusqu'au poste de pansement.

2" Les étages étant indépendants les uns des autres pour le passage de leurs blessés, chacun possédant une voie de transmission qui lui est propre, on peut choisir les panneaux qui ne se correspondent pas immédiatement.

S"" Le blessé est transporté sûrement, sans nouveaux dangers provenant du mode de transmission, et sur un plan rigide avec lequel il fait corps pour ainsi dire, étant complètement immobilisé dans l'appareil.

4° Le cadre-hamac peut être immédiatement suspendu, s'il y a intérêt à ne pas déplacer le blessé.

5° Le système permet de maintenir fermée par des caillebotis la majeure partie de l'étendue des panneaux, un carré de 0'",80 de côté étant suffisant pour l'admission du cadre-hamac dans la gouttière.

6^ Enfin, par la substitution du glissement sur un plan à inclinaison variable spécial à chaque étage du navire, à la transmission verticale par cadres ou fauteuils suspendus et manœuvrant forcément à travers l'excavation de grands panneaux superposés, on évite les oscillations pendulaires auxquelles obéit plus ou moins le blessé quand la mer est agitée, ou que le navire sous voiles est fortement appuyé par la brise, ou dans toute autre condition analogue.

Maintenant, ce système sera-t-il toujours et partout applicable? Nous devons

faire des réserves pour certains types récents où ces installations rencontreraient dans leur application des conditions très -désavantageuses, peut-être même insurmontables. Lorsqu'il ne s'agit que d'une hauteur de 7 mètres à 7", 50 à franchir comme sur le type des Océan, le dernier système se prête avec avantage aux aménagements du navire. Il n'en sera plus de même sur le Friedland, par exemple, où le poste des blessés occupe l'extrême fond ; ici, la voie de transmission sera directe dans le sens vertical; c'est un véritable puits de 12*", 50 de profondeur, libre, débarrassé de tout obstacle, et donnant accès dans chacun des étages où l'on peut avoir à recueillir des blessés. — Les panneaux resteront toujours béants, car c'est le puits d'aérage de la machine à l'avant; par suite, les hommes des passages ne trouvant plus de point d'appui sur les caillebotis qui font défaut, la manœuvre des gouttières n'offrirait que des dangers et aucune sécurité. Un des avantages du dernier système consiste, en effet, dans la faculté de pouvoir maintenir les panneaux presque complètement fermés et de ne garder ouvert qu'un étroit passage dans les caillebotis, suffisant pour y glisser un blessé ficelé dans son hamac; or, ici, les panneaux resteront largement ouverts dans une étendue de 5 mètres carrés. D'un autre côté, pour transporter un blessé du pont sur la plate-forme de la cale-avant seulement, il faudrait déjà 4 gouttières ; de là au poste, les difficultés augmentent ; il reste une hauteur de plus de 5 mètres à parcourir jusqu'à la carlingue, et il serait de toute impossibilité d'établir en ce point une cinquième gouttière qui atteindrait une longueur et un poids considérables. On entrevoit par ailleurs à quelles lenteurs on s'exposerait dans le transport des blessés. La transmission devra donc s'effectuer dans le sens vertical, et il semble que la disposition des lieux, la profondeur du puits à partir du pont (et les blessés du pont seront les plus nombreux), imposent l'obligation de faire retour aux anciens errements du transport par le principe de la suspension. En présence de ces difficultés, n'est-on pas en droit de se demander s'il n'y a pas mieux à faire, autre chose à chercher, et si l'adoption d'un système de transport basé sur le principe des ascenseurs, par exemple, ne conduirait pas à la solution de ce difficile problème. Du reste, cette question est à l'étude; le constructeur nous a donné, sur les nouveaux types, un emplacement qui réunit toutes les conditions désirables d'espace, d'aération et de sécurité; mais ce n'est que la moitié de sa tâche; il faut, sous peine de la laisser inachevée, qu'elle soit complétée par des moyens de transmission, par un système de passages fonctionnant vite, sûrement, répondant, en un mot, à tous les besoins et à toutes les éventualités du combat. Il n'est pas douteux, du reste, que ce dernier problème, abordé résolument comme le premier par le génie maritime, ne reçoive prochainement une solution satisfaisante.

Le personnel affecté au passage des blessés est déterminé par différents articles du règlement du 24 juin 1870 sur le service intérieur : — Art. 28. Les surnuméraires, caliers, gardiens de faux-pont, et tous les hommes de poste, en général, sont, ainsi tjue les mousses, affectés au passage des poudres et projectiles et au service des blessés. — Us sont renforcés, au besoin, par un certain nombre d'hommes n'appartenant pas à ces catégories. — Les surnuméraires et les mousses sont, autant que possible, employés dans le faux-pont. — Le poste de combat du commis aux vivres et du magasinier est assigné tantôt près des blessés, tantôt à la surveillance des mouvements de poudres (art. 498 et 508).

En temps de guerre, un navire, à sa sortie du port, doit être prêt à rencontrer l'ennemi. 11 faut que toutes les dispositions soient prises à l'avance, et le

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service chirurgical, pas plus que les autres, ne doit s'exposer à être pris au dépourvu. Avant de prendre la mer, le médecin-major doit faire préparer les bandages, les objets nécessaires pour le pansement des plaies, les médicaments dont il pourra faire usage pendant l'action, des garrots en nombre suffisant pour se rendre maître des hémorrhagies, eu attendant qu'on puisse leur opposer des moyens hémostatiques définitifs.

Ces objets, dont l'ensemble constitue l'appareil de combat, seront répartis, en proportions à peu près égales, dans deux caisses légères, à compartiments, faites à bord, et déposées dans la pharmacie, jusqu'à l'instant du branle-bas où chacune d'elles sera transportée dans l'un des deux postes qui sont souvent nécessaires sur certains navires en raison de leurs aménagements intérieurs.

Ces préparatifs sont entièrement laissés à la discrétion du médecin-major, et reposent uniquement sur des traditions ; voici ce que l'usage a consacré en tant qu'appareil de pansement pour le combat; ce ne sont que des indications générales; les quantités sont proportionnées nécessairement au chiffre de l'équipage, et varient suivant les conditions dans lesquelles l'engagement doit avoir lieu :

A. Bottes d' appareil : Bandages et appareils : a.. Appareils d' amputations : pour le bras, l'avant-bras, la cuisse, la jambe. — b. Bandages pour pansements de membres amputés. — c. Bandages à fractures, attelles diverses, compresses graduées, etc. — d. Bandages divers pour la main, le pied, la tête, la poitrine, l'abdomen (bandes, bandages de corps, écharpes, frondes, coussins, etc.).

B. Objets divers. V Usage externe : Compresses, grand linge ; — charpie ouverte, charpie peignée pour plumasseaux et gâteaux à amputations. — Éponges. — Fils cirés simples et doubles. — Rouleaux de sparadrap adhésif; bandelettes de diachylon. — Agaric, résine en poudre. — Garrots. — Épingles pour sutures.

2" Usage interne. Flacons contenant : ammoniaque liquide ; eau-de-vie, alcool camphré, éther, chloroforme, laudanum, vinaigre ; — vases contenant : acétate de plomb, cérat, etc.

En dehors des objets de la boîte d'appareil, le poste de pansement doit être muni de plateaux et écuelles en fer-blanc, gobelets, bougies garnies, bailles de sable, d'eau douce, fauberts, etc., et de bidons contenant de l'eau vineuse ou alcoolisée.

Le médecin-major de chaque vaisseau indique, dans de fréquentes conférences, aux officiers de santé placés sous ses ordres, leurs attributions respectives pendant l'action; il leur fait part de ses intentions, et leur communique ses idées. Il s'occupe également des infirmiers et leur donne des instructions détaillées et précises sur les fonctions qu'ils auront à remplir, afin qu'au moment décisif chacun sache bien ce qu'il a à faire, et que le service s'accomplisse sans désordre et sans précipitation.

Au moment du branle-bas de combat, le premier soin à prendre par le service de santé consiste à évacuer l'hôpital pour dégager la batterie dans laquelle il est placé * ; les cloisons en sont démontées par les soins de l'officier chargé de cette batterie, qui doit, en même temps, faire descendre dans le faux-pont les tables, médicaments, et autres objets qu'il renferme, ainsi que les malades (art. 985 du règlement du 24 juin 1870 : L'officier en second de la batterie

1 En 182") (13 février) la position de l'hôpital a été officiellement fixée sur l'avant^de la batterie, au-dessous des gaillards, a L'hôpital sera séparé de la batterie pai- une cloison qu'on enlèvera au branle-bas et les malades seront descendus dans le faux-pont. »

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OÙ est situé l'hôpital s'assure que les charpentiers en démontent promptement les cloisons, et il fait descendre ou transporter, s'il y a lieu, les malades dans le faux-pont et la cale). C'est au chirurgien-major à lui désigner les malades qui doivent être transportés dans les fonds. Parmi les hommes qui figurent sur ses listes, les uns sont simplement exemptés de service, pour des indispositions ou des blessures légères; ceux-là se rendent d'eux-mêmes à leur poste de combat. Il n'est pas nécessaii"e de stimuler leur zèle, l'approche du danger suffit. « A l'affaire du 17 octobre, on vit, à bord de la Ville-de-Paris, les scorbutiques en état de se mouvoir se tramer spontanément hors de l'hôpital, et venir, avec un empressement touchant, se ranger autour de leurs pièces » [Expédition de Crimée, la marine française dans la mer ISoire et la Baltique, par le baron de Bazancourt, t. I, p. 500).

Les malades qui, sans être en état de prendre part à l'action, peuvent cependant se lever, sont envoyés dans le faux-pont et dans la cale pour veiller sur ceux de leurs camarades qui vont bientôt y être apportés et pour leur donner à boire. Enfin, les hommes alités sont seuls transportés dans le faux-pont, comme le prescrit le règlement ; on peut les confier à la garde de quelques-uns de leurs compagnons plus valides et ne plus s'en occuper pendant l'action.

Ce premier soin rempli, le médecin-major s'assure que les moyens de passage sont mis en place et convenablement disposés*; il s'occupe alors d'installer son poste et de faire arranger le faux-pont, et d'étendre dans les points disponibles et déterminés à l'avance un nombre de matelas garnis de traversins et de couvertures en rapport avec celui des blessés que le genre de combat permet d'évaluer approximativement. Aidé des officiers de santé en sous-ordre, et assisté des hommes affectés au service des blessés, il fait dresser la table à amputations et monter autant de lits en fer qu'il peut en placer. Il dispose en même temps l'appareil instrumental et l'appareil de combat.

Sur certains navires, en raison de l'exiguïté de l'espace et de la plus grande commodité des passages, il est quelquefois nécessaire d'établir deux postes de pansement ; le poste principal est alors occupé par le médecin-major et le troisième médecin; l'autre est occupé par le second médecin.

Le poste principal doit contenir :

1" La table à opérations, munie d'un matelas, d'un traversin et d'une toile cirée, et fixée dans l'endroit le plus dégagé, de façon que le médecin-major et ses aides puissent facilement en faire le tour.

2" La table à compartiments de l'hôpital.

3° Une des deux caisses contenant l'appareil de combat, avec les bandages prêts à être appliqués.

4° La caisse du médecin-major ouverte, placée dans un point facilement accessible et assujettie de manière à ce qu'un choc ne puisse la renverser.

5« Les bailles remplies de sable et d'eau douce, les fauberts pour absterger le pont, des coquemars pleins d'eau légèrement vineuse et des gobelets pour donner à boire aux blessés; des plateaux, despoêlettes, trousses, etc., et le cornet à chloroforme adopté dans la marine. Enfin, les bandages, la charpie préparée, les médicaments indispensables.

* L'art 1052 du règlement du 28 août 1852 confiait aux soins de l'offlcier en second l'installation et la mise en place des cadres et des fauteuils. Cette disposition n'a pas été reproduite dans le règlement du 24 juin 1870.

Le poste est éclaiié au moyeu de lampes et de fauaux d'applique; des bougies sout indispeusables pour les pansements et les opérations.

Le second poste, quand il existe, doit être installé d'après les mêmes errements ; on y transporte la seconde des deux boîtes renfermant l'appareil de combat et la seconde caisse d'instruments de cliirurgie (pour la composition des caisses de chirurgie, voir plus loin).

Dans tous les cas, on placera dans chacun des emplacements oiî sont étendus des matelas des hommes choisis parmi les surnuméraires ou les malades les plus valides; ils aui'ont la mission d'assister leurs camarades blessés et de veiller sur eux ; ils seront chargés de leur donner à boire pour étancher cette soiltraumatique qui suit les grandes pertes de sang et qui est, on le sait, le supplice des champs de bataille. Des gobelets et des vases pleins d'eau vineuse leur seront remis à cet effet.

Ces dispositions prises, le médecin-major descend à son poste pour ne plus le quitter que sur l'ordre formel du commandant :

Ai^t. 676 du décret du 28 mai 1868. — Pendant le combat, le médecin-major et les autres officiers du corps de santé se tiennent au poste des blessés. Aucun de ces officiers ne quitte ce poste ; le médecin-major ne peut le quitter lui-même que sur un ordre du capitaine.

Pour ce qui est des soins à donner aux blessés pendant l'action, nous ne pouvons mieux faire que de laisser la parole à celui qui a tracé ces l'ègles si précises des devoirs du médecin pendant le combat : « Au moment où le feu va commencer, un calme profond règne dans tout le navire. Au tumulte du branle-bas a succédé l'immobilité de l'attente, le bruit a fait place au silence. Le moment est grave. Chacun sent le besoin de se recueillir, de donner un souvenir à son passé, une pensée à sa fimiille, et de mettre à proflt ces instants dont personne ne s;iit le compte. La première bordée vient bientôt couper court à ces réflexions, et chacun songe à faire son devoir. Celui du chirurgien n'est pas le moins pénible.

Les émotions du combat, l'enivrement du succès, lui sont également inconnus. 11 ne sait même pas ce qui se passe sur le pont. 11 ne juge de la grandeur de la lutte que par l'horreur de ses résultats ; il n'en comprend les péripéties que par le genre de blessures qui lui passent sous les yeux, et ne peut jamais en prévoir l'issue. Courbé sous les baux de cet étroit réduit où tout manque à la fois, l'air, la place et la lumière, cherchant à la faveur d'une clarté douteuse, au milieu d'une atmosphère étouffante, à extraire un projectile, à jeter une ligature sur une arlèi^e ouverte; débordé, dans certains moments, par la rapidité ave laquelle les blessés se succèdent, il faut qu'il conserve au milieu de cette scène de carnage le sang-froid du médecin et le calme du chef de service. L'accomplissement de ces austères devoirs n'est pas toujours exempt de périls. Les chirurgiens sont rangés dans la classe des non-combattants et traités comme tels dans la répartition des avantages qui peuvent être la conséquence d'une affaire ; il est certain qu'ils ne participent à la lutte que d'une manière passive, mais la mort ne les épargne pas toujours. Pendant les guerres de l'Empire, plusieurs de nos confrères ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions. Ils suivent d'ailleurs la fortune du navire, ils sautent ou sombrent avec lui. « Les chirurgiens de IQrient, à Aboukir, de V Achille, à Trafalgar, ont partagé le sort de leurs glorieux compagnons d'armes, et ceux du Vengeur se sont engloutis avec lui. Si la marine est appelée à recommencer un jour les grandes luttes des temps passés,

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les moyens de destruction dont elle dispose sont de nature à niveler toutes les chances, et il y a égalité de gloire lorsqu'il y a égalité de danger » (J. Rochard, Lib. cit., p. 43).

Dans les soins à donner aux blessés, il faut toujours se placer au point de vue d'une affaire sérieuse où de nombreux blessés se succèdent rapidement. Dans de pareilles conditions, il ne faut pas songer à pratiquer, séance tenante, des opérations de quelque durée; il y aurait même de l'imprudence à s'y engager. Examiner avec soin tous les hommes qui arrivent au poste ; renvoyer au feu, après un pansement préalable, ceux qui peuvent servir encore ; remplir les indications les plus urgentes, et faire coucher avec précaution les hommes atteints de lésions graves, voilà tout ce qu'il est possible de faire pendant l'action.

La tâche des chirurgiens n'est pas terminée lorsque le feu vient de cesser; ils n'ont fait alors que parer aux éventualités du moment ; il leur faut maintenant compléter leur œuvre en donnant aux blessés qu'ils n'ont fait qu'entrevoir des soins plus rélléchis et plus minutieux.

Aussitôt après le combat, le médecin-major, après avoir pansé les derniers blessés qui lui ont été remis, passe une revue rapide de tous ceux qu'il a fait coucher dans son voisinage, et se rend ensuite au poste supplémentaire où il se fait rendre compte, par le second chirurgien, de ce qui s'est passé dans cette partie du navire. Il visite les malades qui s'y trouvent, constate la nature et la gravité de leurs lésions, et va ensuite informer le commandant de l'état de son service et prendre ses ordres pour les mesures nltéiieures qu'il conviendra d'adopter.

Art. 569 du décret, paragraphe 5. — Aussitôt que le combat a cessé, le commandant en second se fait remettre par le médecin-major la liste nominative des blessés et des morts, et il opère sur-le-champ les mutations qui sont devenues nécessaires.

Art. 660. — Après le combat, le médecin en chef se rend, suivant lés ordres du commandant en chef, à bord des bâtiments qui ont combattu ; il y visite les blessés et en dresse Vétat. Il fait son rapport à ce sujet au commajidant en chef.

Caisses d'instruments de chirurgie de la marine. Les instruments de chirurgie, depuis le règlement du 25 mars 1857, sont fournis par l'État aux médecins embarqués. Un arrêté ministériel du 25 mars 1855 a décidé que tout officier de santé enti'etenu de la marine, embarqué en qualité de chirurgien-major, sera pourvu d'une caisse d'instruments de chirurgie conforme à la nomenclature ciaprès. Cette caisse est fournie par l'arsenal de chirurgie du port d'embarquement, ou bien sa valeur représentative en argent est accordée à l'officier de santé embarquant pour la première fois en qualité de médecin-major. La valeur de la caisse est actuellement de 420 francs.

En temps de guerre, à bord des vaisseaux et frégates de tous rangs, le second chirurgien est également pourvu d'une caisse entière (art. 6).

Le bon état de la caisse, au moment de l'embarquement, est constaté par le conseil de santé du port ; l'officier de santé est propriétaire de sa caisse.

Une demi-caisse est embarquée sur les bâtiments à voile et à vapeur stationnaires sur les ports et sur les rades, sauf dans le cas où le chirurgien-major est déjà possesseur d'une caisse entière; elle est à la charge du médecin (voir sa composition plus loin).

Les instruments doivent être entretenus avec le plus grand soin, et àraisonde

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