‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.64Chapitre 27 sur 45 · GRISE. BLANCHE · texte numérisé non relu

GRISE. BLANCHE

Albuminoïdes et gluline 55,5733 24,7252

Lécilhine 17,2402 9,9045

Cholestérine et graisses 18,6845 51,9088

Céiébrine 0,5351 ^ 9,3472

Substance insoluble dans l'élher .... 6,7135 3,3421

Sels 1,4352 0,5719

(Analyses données par Beaunis.)

Nous ne pouvons ajouter aucun détail précis sur la nature des produits de l'activité nerveuse ; nous devons supposer sans doute que le fonctionnement des organes nerveux et l'activité nutritive qui l'accompagne entraînent, comme dans les autres organes, la formation de produits d'oxydation, de dédoublement et de réduction. Nous pouvons admettre encore que les produits de désassimilation azotés (lécithine, leucine, choline, xanthine, acide urique, créatine, créatinine, urée) dérivent exclusivement des matières albuminoïdes ; mais les produits non azotés (graisse, cholestérine, acides gras, acide lactique, etc.) peuvent provenir soit des matières azotées, soit des matières non azotées : les premières donnent

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en effet, des acides gras Yolatils, de l'acide lactique, etc., fait qui complique singulièrement l'étude des phénomènes de désassimilation, aussi bien dans les organes nerveux que dans les autres organes (Beaunis).

D'apiTS Flint (Âustin), la cholestérine constituerait l'un des principaux produits de désassimilation de la substance nerveuse. La consommation des matières albuminoïdes par le cerveau, d'après Liebreicli et d'après Byasson, expliquerait l'influence de l'activité nerveuse sur les proportions d'urée excrétée par les différentes voies. Il semble enfin résulter des recherches de Mendel que l'activité cérébrale, les excitations artificielles du cerveau, s'accompagnent d'une élimination plus abondante des phosphates.

Ces résultats doivent être rappelés, ne fût-ce que pour montrer que tout reste à déterminer dans cette question complexe des rapports de la nutrition et de l'activité nerveuse avec la consommation des matériaux azotés, des graisses et des matières phosphorées. •

II. Propriétés physiques du tissu nerveux. L'étude que nous venons de faire de la constitution chimique des différentes parties du système nerveux nous rend comjite de quelques-unes de ses propriétés physiques, de sa densité, par exemple. Nous n'en pouvons dire autant des rapports qui existent entre la composition chimique et les propriétés électriques : ce rapport ne peut qu'être soupçonné. L'étude des autres propriétés physiques, la cohésion, l'élasticité, présente un certain intérêt chirurgical qui nous engage à donner quelques mesures comparatives de l'élasticité des cordons nerveux et des autres tissus. Quant aux propriétés optiques, à la double réfraction des tubes nerveux, etc. , leur examen est du domaine de l'histologie.

Nous résumerons donc ici successivement les points relatifs à la densité, à la cohésion, à l'élasticité du tissu nerveux.

1 . Densité. — La densité des centres nerveux est de beaucoup inférieure ù celle des autres tissus, ce qui paraît tenir à la grande quantité d'eau et de matières grasses que renferme la substance nerveuse. D'après Quetelet, le poids spécifique de l'eau étant 1000, la moyenne du poids spécifique des tissus serait de 1058, et celle du tissu nerveux oscillerait, suivant les parties, entre 1058

et 1041.

Si maintenant on compare les densités des différentes parties du tissu nerveux, on voit que les écarts sont en rapport avec des différences de composition chimique : il n'y a qu'une réserve à cette remarque et elle est relative à la densité plus grande en apparence de la substance blanche que de la substance grise. Celle-ci contient cependant plus d'eau et plus de graisses que la première. Cette exception parait devoir être interprétée, comme l'a fait Schenke, par le fait d'une condensation subite de la substance blanche au moment de son immersion dans l'eau, condensation analogue à celle qui s'observe dans d'autres mélanges comme l'eau et l'alcool.

Ces remarques faites, nous donnons ici un tableau comparatif général des densités des différentes parties du système nerveux, rapportées à la densité de l'eau, 1000 :

Cerveau entier 103 i ù 1040

Substance g^rise 1055

— blanche 1041

Cervelet 1040

Moelle allongée 1059

— épinière 1034

(Moyenne de divers auteurs. Pagl.) •

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2. Cohésion. Des différentes parties du système nerveux, le cerveau a la plus faible cohésion, ce qui tient à sa plus grande richesse en eau et à la moindre quantité de tissu élastique qu'il renferme. La cohésion dans les nerfs périphériques, plus grande que dans les centres, augmente à mesure qu'on se rapproche des branches plus déliées, ce qui tient à l'augmentation d'épaisseur de l'enveloppe connective et élastique proportionnellement au volume de la substance nerveuse.

Dans les recherches précises faites sur ce point, on a pu classer les tissus d'après leur résistance aux poids appliqués à produire leur rupture, et ces recherches, dues surtout à ^yertheinl, présentent un véritable intérêt clinique. Ainsi, dans une pression ou dans une traction exercée sur les tissus, les muscles se rompent les premiers, puis les veines, un peu plus tard les artères; tiennent ensuite les nerfs, et beaucoup plus tard les tendons et les os.

En exprimant par des chiffres les différences que nous venons d'indiquer, on ari'ive aux rapports suivants.

La limite de cohésion étant la quantité de force nécessaire pour rompre un corps, et, d'une manière plus précise la force nécessaire pour rompre un corps d'un millimètre cai'ré de section et d'un mètre de longueur, on a :

Muscles Cèdent â 1/17 Kg.

Artères — 1/7 —

Veines — 1 1/4 —

Nerfs — 1 —

Tendons — o —

Peau — 10 —

Os — 18 à 58 —

(Moyenne de divers auteurs* Pagi.)

Il ne serait pas moins important d'avoir une mesure de la cohésion comparée des différentes parties du système nerveux central. Combien de fois, en effet, dans les autopsies, n'entend-on pas émettre les opinions les plus différentes sur le degré de cohésion du cerveau, de la substance blanche, de la substance grise, etc.? Cette notion précise nous fait complètement défaut; nous ne sommes pas même en état d'indiquer dans une observation d'autopsie si telle partie des centres nerveux est moins résistante que telle autre, à moins qu'il ne s'agisse, bien entendu, des différences très-considérables comme celle du bulbe rachidien et de la pulpe cérébrale.

Nous ferions volontiers la même remarque pour les expériences de compression du cerveau; jusqu'où pourrons-nous aller sans produire de lésions? Toutes ces questions sont à étudier, et à notre connaissance elle ne l'ont été nulle part (1).

0. Élasticité. On confond trop souvent, même dans le langage scientifique médical, \ élasticité d'un tissu avec son extensibilité. Un corps est d'autant plus élastique qu'il oppose une plus grande résistance aux causes de déformations. L'os, par exemple, possède une grande élasticité : il reprend complètement sa forme quand il a été soumis à une pression ou à une traction, à moins que la

(1) Au moment du tirage de cette feuille, nous recevons un travail du docteur Bitot (de Bordeaux), dans lequel est décrit un appareil destiné à fournir la mesure de la consistance des organes mous [stasim'etre). Nous ne pouvons que signaler ici le but que s'est proposé l'auteur, n'ayant pas été à même d'apprécier la valeur pratique du procédé (V Ârch de Phijsiol., IHIS).

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limite de son élasticité n'ait été dépassée. Les nerfs sont extensibles, et en même temps assez élastiques pour reprendre leurs dimensions transversales ou longitudinales à la suite d'une pression ou d'une traction. Il importe de donner ici quelques détails sur les degrés d'élasticité du tissu nerveux, car ces données peuvent être utiles dans les études chirurgicales et expérimentales.

Werlheim et plus tard Volkmann étudièrent les premiers l'élasticité comparée des tissus; Wundt reprit ces recherches, et rectifia quelques points des opinions de ses prédécesseurs qui considéraient, par exemple, l'élasticité des corps inorganiques comme pouvant être représentée par une ligne droite, celle de tous les corps organiques par une courbe hyperbolique. Wundt, insistant sur la différence dont nous parlions tout à l'heure entre l'élasticité et l'extensibilité, montre, particulièrement pour les nerfs et les muscles, que l'élasticité, c'est-àdire la force de résistance du tissu, n'entre enjeu qu'à partir d'un certain degré d'élongation subie par le tissu extensible.

On voit dans la courbe schématique suivante empruntée à Wundt que les

allongements successifs du tissu (dei en a) sont représentés par une ligne à peu près droite , et sont par conséquent proportionnels aux poids I^^^^^^^I^^^^^H régulièrement croissants indiqués sur ^^^^^^^■■^^^^1 de A' en ^^^^^^^JH^^^H Cette phase correspond à ^^^^H^H^^^^^H sibilité du nerf dont la force élastique ^^^^^^^I^^^^^B n'est pas ^^l^^^^l^^^^^l La force élastique commence se ^^^^^^^"^^^^^M manifester à partir du point a, et les

allongements successifs du nerf ces- Fig. 1. — Phases de Péiasiiciié du nerf. seut d'êlve directement proportion-

nels aux poids régulièrement croissants : à mesure qu'augmente la force de traction de a' en b', le nerf oppose une résistance élastique plus grande, s'accusant par une courbe qui devient hyperbolique, de a en b.

Tant que la limite d'élasticité du nerf n'est point dépassée, l'organe peut revenir à sa longueur, et, ce qui est fort remarquable, c'est que ses propriétés sont conservées. Au delà de la limite de résistance élastique, la rupture successive des différentes parties du nerf se produit.

D'après le calcul, Wertheim disait que le coefficient d'élasticité des nerfs, c'est-à-dire le poids capable de produire un allongement de 1 mètre dans un nerf de 1 mètre de longueur sur 1 millimètre carré de section, était de 1090 grammes. Or, le calcul théorique, peu applicable en général aux mesures organiques, se montre ici particulièrement en défaut, car nous savons {voy. le tableau précédent des limites de cohésion) que le filament nerveux de 1 mètre de long sur 1 millimètre carré de section s'est rompu par une traction de 1 kilogramme : il ne peut donc être question de lui appliquer une traction de 1090 pour l'allonger de 1 mètre.

Du reste, toutes les recherches antérieures à celles de Wundt (1855) sont entachées de cette erreur qui consiste à confondre l'extensibilité et l'élasticité, ou du moins à ne pas faire la part de l'une et de l'autre. Voici donc, d'après Wundt, les coefficients d'élasticité des principaux tissus, le point de départ étant

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