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MORTALITÉ SUR 1000 HOMMES OCCASIONNEE PAR LES FIÈVRES

Nègres 1,1

Indigènes de l'Inde 4,0

Malais 6,7

Indigènes de Ceylan 7,0

Anglais 24,6

D'après Livingstone, les nègres seraient presque rebelles à la syphilis, en Afrique. Cependant Chassaniol, qui a été longtemps médecin en chef de la marine au Sénégal, dit : « Les accidents secondaires de la syphilis se rencontrent fort communément chez les nègres, mais les accidents tertiaires s'observent moins chez eux que chez les Européens. Toutefois, à Cayenne, Dazille en a noté des cas très-nombreux parmi les nègres. »

Le cancer est incomparablement plus rare dans la race noire que dans la blanche. La fièvre typhoïde, beaucoup moins commune dans les pays chauds qu'en nos climats, est rai'e surtout chez les nègres. Les fièvres e'ruptives se dérobent plus aisément à l'observation chez eux, à cause de leur couleur, mais là est toute la différence. Manger dit à ce sujet :

(( Si l'éruption de la rougeole est facile à constater chez les individus à peau blanche ou peu colorée, il n'en est plus tout à fait de même chez les nègres, dont la peau conserve sa teinte uniformément noire. Mais, dans ce cas, la peau paraît plus tendue, la face surtout est bouffie, luisante; en promenant la main sur les diverses régions du corps, on sent de légères saillies; une différence de niveau existe entre les points envahis et ceux qui sont épargnés : en examinant

les surfaces du corps obliquement, sous un angle d'incidence assez prononcé, ces saillies peuvent aussi être aperçues par l'œil. Les symptômes dus à l'état catarrlial ne permettent du reste de conserver aucun doute sur la nature de l'affection. La desquamation, qui est très-manifeste, vient encore confirmer le diagnostic; elle donne naissance à mie poussière blanche qui tranche très-nettement sur la couleur noire des téguments. La peau paraît avoir perdu son poli; elle est complètement sèche et n'offre plus cette sécrétion abondante et odorante caractéristique chez les sujets de race noire. »

La variole est plus fatale au nègre qu'au blanc. Elle fait souvent des ravages dans le Soudan et la Sénégarabie où elle règne en permanence. Je la crois inconnue jusqu'ici aux populations de la Mélanésie ; mais la rougeole et la scarlatine, qui l'étaient également, viennent de sévir avec une effrayante intensité aux îles Fidjis, depuis l'occupation anglaise. Une portion notable de la population a été emportée par l'épidémie.

Les maladies de la peau sont très-communes parmi les nègres, ce qui tient non-seulement à la chaleur du climat qu'ils habitent, mais à leur nudité habituelle et à leur malpropreté. Je n'en connais point qui leur soit exclusivement propre, mais il n'en est pas moins certain que certaines maladies les frappent plus particulièrement. Tels sont le pian [Yaw en Guinée, Buha au Brésil, Tonga en Océanie), Vulcère dit de Mozambique, qui n'est qu'une forme rebelle de l'ulcère phagédénique des pays chauds ; Yichthyose.

Le mal-cœur, mal d'estomac des nègres, est une cachexie aqueuse probablement produite par la pi-ésence dans l'intestin de vers nématoïdes (ankylostome duodénal), qui, suivant Griesinger, s'attachent à la muqueuse intestinale et la sucent comme des sangsues, ce qui détermine l'appauvrissement du sang et les troubles nerveux qui en sont la conséquence. Cette affection a été confondue, mais à tort, avec la géophagie accidentelle de quelques peuplades sauvages et misérables. Le malade est irrésistiblement poussé à manger de la terre, du plâtre, du mortier, etc., par une sorte de manie, analogue à la pica de certaines femmes enceintes.

Mais le mal-cœur a été observé en Egypte chez les Fellahs^ qui ne sont pas des nègres, et en Nouvelle-Grenade, par le docteur Saffray, chez un jeune Indien. Il n'en est pas moins établi qu'il est incomparablement plus fréquent chez les nègres.

Ils sont aussi très-sujets aux vers et aux affections parasitaires en général. Les Abyssins gardent le tœnia d'une façon en quelque sorte chronique, ce qui tient probablement à leur habitude de manger la viande crue. Les oxyures et surtout les ascarides lomhricdides sont extrêmement communs chez les nègres de tous pays.

La gale est très-commune à la côte occidentale d'Afrique.

Le dragonneau ou ver de Me'dine est particulier à la zone torride , mais il ne s'attaque pas seulement aux nègres.

La maladie du sommeil, sorte de congestion passive et chronique de l'encéphale, n'a jusqu'ici été observée que sur les nègres de la côte d'Afrique, du Congo particulièrement.

La dengue, fièvre arthritique épidémique, si elle n'est pas propre aux nègres, a tout au moins été spécialement observée chez eux.

^ Ce sont les indigènes ég-yptiens qu'il ne faut pas confondre avec les Foulahs.

Les maladies des yeux sont fréquentes chez les noirs. Leur habitude de dormir au serein ou dans des cabanes enfumées explique facilement Vophthalmie catarrhale et les taies de la cornée qui en sont quelquefois la suite, etc. La myopie est à peu près inconnue chez le nègre, qui par la conformation naturelle de son œil est plutôt un peu presbyte.

Doit-on attribuer Vexomphale, excessivement fréquent parmi les négrillons, à une vicieuse disposition anatomique de la cicatrice ombilicale, au relâchement naturel de la paroi abdominale, ou au défaut de soins ? Dans les colonies, on attribue cette petite infirmité, qui se corrige du reste avec l'âge, à ce qu'on laisse les enfants à la mamelle crier des heures entières, en l'absence de leur mère.

Enfin, tous les médecins ont noté la résistance des nègres au traumatisme : on pourrait dire, en rappelant un mot de Velpeau : ;( La chair du nègre n'est pas la même que la chair du blanc. » V. de Rochas.

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niÉGRlER (Charles). Le signataire de cet article considère comme une boime fortune l'occasion qui lui est offerte de payer un juste tribut d'hommatres à la mémoire de Négrier. Caractère ferme, esprit droit, pratique, ce médecin joignit, en effet, aux qualités de l'administrateur exact et scrupuleux la chaletir d'âme et l'entrain d'une nature vive et hardie qui s'imposait à la jeunesse par une loyauté communicative, en même temps que ses travaux de science iuo-énieuse et visant toujours à la précision honorèrent son enseignement. Outre la part bien active qu'il a prise à la vulgarisation du procédé inventé par l'au'Tlais Bayuton, pour guérir les ulcères variqueux des jambes par un simple bandage de bandelettes de diachylon, procédé passé dans la pratique vulgaire et dont les succès se comptent par milliers ; outre ses importants travaux sur l'emploi des préparations de feuilles de noyer dans le traitement des affections scrofuleuses et son curieux moyen d'arrêter les hémorrhagies nasales par la simple élévation des bras du malade, moyen qui a eu son heure de vogue... Négrier s'est surtaut signalé par ses recherches touchant l'influence physiologique des ovaires dans la

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