NEZ (uicliogk-vpuie
et appuyés sur la circonférence interne de loritice nasal. Les ressorts sont plus siirs que du crin, et, surtout, ils peuvent s'opposer au rétrécissement des narines; nous devons faire remarquer cependant qu'ils gênent le libre mouvement des ailes du nez, mouvement qui ajoute tant à l'expression de la physionomie chez certains individus. .\u lieu d'une lame de liège, on peut employer une lame de caoutchouc ou une lame d'argent, comme l'a fait Charrière, d'après les indications de M. Legouest.
Enfin, quelquefois la prothèse nasale doit se combiner avec la prothèse buccale; l'un des premiers, Schange a fait un obturateur supportant un nez artificiel.
Cet appareil a été fabriqué pour un jeune homme qui avait perdu le nez à la suite d'une affection svphilitique, en même temps que la voûte palatine était perforée. Il se compose de deux pièces qu'on réunit à volonté, le nez et l'obturateur. Le dernier offre, au centre de la surface convexe de sa plaque, une tige creuse, pour qu'elle soit plus légère, et repliée en avant à angle droit; la portion verticale de cette tige a 20 millimètres de longueur, la portion horizontale n'en a que 18. Cette dernière, vers l'angle de réunion, présente à sa face supérieure une échancrure. Le nez contient à son intérieur un tube creux destiné à recevoir la portion horizontale de la tige de l'obturateur; sur ce tube est un levier basculant à l'aide d'un ressort d'or; à l'extrémité postérieure du levier se trouve un petit crochet destiné à s'enfoncer dans l'échancrure dont il vient d'être parlé. Ce levier est recourbé de manière à venir sortir, par son extrémité antérieure, contre la cloison du nez, en restant toutefois caché par la narine; l'ongle le fait mouvoir aisément, et quand on appuie sur lui, la plus légère traction sépare les deux pièces. Pour mettre l'appareil en place, après avoir fait pénétrer la tige coudée dans les fosses nasales, on fixe solidement l'obturateur, puis on présente le nez, dans le tube creux duquel on fait filer la tige horizontale, jusqu'à ce que l'on entende claquer le crochet du levier dans l'échancrure; ce petit bruit annonce que tout l'appareil est bien fixé.
M. Préterre a fait aussi, pour un homme qui s'était détruit la voûte palatine et le nez d'un coup de pistolet, un obturateur supportant un nez artificiel.
La lèvre supérieure était demeurée intacte , mais les os propres du nez, les apophyses montantes des maxillaires supérieurs et toute l'arcade dentaire et la partie antérieure delà voûte palatine, étaient détruits ; il ne restait que les deux dernières molaires de chaque côté.
Pour combler cette horrible brèche, M. Préterre construisit d'abord une voûte palatine faisant dentier et prenant son point d'appui sur les molaires restantes. Un pivot placé au centre de cette voûte artificielle supporte une vis à pression continue sur laquelle repose un nez de caoutchouc. Une simple pression exercée avec les doigts sur la partie supérieure de ce nez permet de l'enlever.
Muni de cet appareil, le blessé peut parler, manger et vivre au milieu de ses
compagnons, sans les gêner par la vue de son horrible mutilation.
E. Spillmann.
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§ III. Anthropologie, Ethnographie. Il existe sur le squelette de la face une ouverture bornée en haut par le frontal, en bas et sur les côtés par les deux maxillaires supérieurs. Sur les bords de cette ouverture se fixent les os propres et les cartilages du nez : les premiers, qui déterminent la forme de la partie supérieure ; les seconds, celle de la partie inférieure du nez.
L'étude morphologique et antlu'opologique du nez comprend donc : 1" celle de l'ouverture nasale ; 2" celle des os propres, des épines, du cartilage et des parties molles qui les recouvrent.
Ouverture nasale antérieure. La longueur, la largeur des os propres du nez, la profondeur de l'échancrure du frontal, mériteraient une étude ethnographique parliculièi'ft qui n'a point encore été faite. Nous dirons quelques mots plus loin des caractères de l'épine nasale , et nous nous occuperons d'abord des rapports de longueur et de largeur de celte ouverture, lesquels ont fourni à M. Broca les éléments d'un travail de premier ordre sur Vindice nasal. L'indice nasal est le rapport centésimal de la longueur (ou hauteur) de l'ouverture avec sa largeur. La longueur est la distance comprise entre la racine du nez, c'est-à-dire la suture transversale qui unit l'os frontal avec les os nasaux et l'épine nasale. La largeur de la région nasale est la largeur maximum, qui n'est pas déterminée par des points de repère fixes. La mensuration de ces distances s'exécute à l'aide du compas à glissière, dont les branches parallèles sont réliées par un index sur lequel se lisent aisément les millimètres. Les mesures prises sont réduites en centièmes, et l'indice représente x de largeur pour 100 de hauteur. Soit la largeur de la région =r So^So et la longueur -= 50s26, j'obtiens l'indice nasal par l'équation suivante :
Ce dernier chiffre représente la moyenne de l'indice nasal pris sur 122 Européens adultes. A mesure que le développement individuel s'accomplit, l'indice nasal diminue régulièrement ; il résulte des tableaux de M. Broca que chez les embryons et fœtus il varie de 76,80 (embryons de 2 à 3 mois) à 62,18 (fœtus à terme). Chez les enfants de 1 à 6 mois il est de 59,26 ; de 3 à 5 ans il est d& 54,7; de 8 à 12 ans, de 50,20, pour tomber à 46,81, ainsi que nous l'avons vu, chez les adultes. M. Broca admet que la régularité de cette décroissance permet de penser que dans un grand nombre de cas l'exagération de l'indice peut être considérée comme un arrêt de développement. De même, on peut considérer la largeur relative de l'ouverture nasale chez les races noires comme la persistance d'un état qui, dans les races supérieures, n'est que transitoire. Les variations de l'indice nasal dans les mêmes races sont fort étendues : il peut s'élever jusqu'à 72 de largeur pour 100 de hauteur et descendre jusqu'à 36. La moyenne générale donne un indice de 50, c'est-à-dire une largeur égale à la moitié de la hauteur. Eu chiffres absolus, la plus grande largeur observée est de 31 millimètres, la plus petite de 18. La plus grande hauteur s'est trouvée de 62 millimètres, la plus petite de 36 millimètres. Les oscillations de l'indice nasal de
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56 à 72 sont donc de 36 pour 100. Telles sont aussi les oscillations de l'indice céphalique, qui peut descendre à 00 et s'élevep sur des crânes non déformés jusqu'à 95; toutefois, les variations morphologiques de l'ouverture nasale sont beaucoup plus étendues que celles du cràue, puisque la moyenne générale de l'indice nasal est de 50 pour 100, tandis que, la moyenne de l'indice céphalique étant supérieure à 75, les écarts seront ici comme 2 est à 3.
Le sexe n'exerce aucune influence sur l'indice nasal, les mesures absolues de hauteur et de largeur diflérant dans les mêmes proportions de l'"''%16 à S""", 48. Il existe une certaine relation entre l'indice nasal et l'indice céphalique dans une même race; l'ouverture nasale est d'autant plus étroite que le crâne est plus allongé ; les deux indices varient dans le même sens ; lorsque les variations ont lieu en sens opposé dans des groupes de crânes, il est permis de conclure que ces groupes appartiennent à des races tout à fait différentes ; cette remarque a conduit à des applications tout à fait inespérées de la craniologie à l'ethnologie historique.
Au point de vue des races, l'indice moyen des Esquimaux est le plus petit de tous : 42,33 ; le plus large est celui des Hottentots, qui atteint 58,38. On voit . que ces deux races que rapprochent tant de caractères, la taille, la forme dolichocéphalique extrême du crâne, les proportions des membres, etc., diffèrent profondément sous le rapport de l'indice nasal ; elles sont aux deux extrêmes de l'échelle, laissant entre elles un écart de 16 pour 100, dans lequel prennent place toute les races humaines.
On peut dire que, en opposition aux résultats obtenus dans une même race, ce sont les races les plus dolichocéphales qui ont Vindlce nasal le plus grand, à l'exception toutefois des Esquimaux, qui à tant d'égards constituent une race exceptionnelle. Toutes les races pures, dont l'indice céphalique est inférieur à 74, ont un indice nasal supérieur à 53. La réciproque ne serait point exacte et l'indice nasal le plus petit, après celui des Esquimaux, s'observe , non chez les brachycéphales, mais chez les Berbères, les Guanches et les Basques espagnols qui sont dolichocéphales. 11 n'existe donc aucune loi qui établisse entre les indices une variation régulière dans les races différentes, mais il y a lieu de taire remarquer ici toute la valeur ethnique d'un caractère qui semble en opposition avec la règle que nous donnions plus haut de la corrélation de deux indices dans la même race.
Les recherches de Broca sur les variations de l'indice nasal l'ont conduit à reconnaître que l'écart de 17 unités compris enti^e 42, indice moyen des Esquimaux, ei 58, indice moyen des Hottentots, correspondrait à des groupes naturels, si l'on établissait un groupe moyen portant sur 5 unités et deux groupes extrêmes portant chacun sur 6 unités ; à chaque groupe Broca a donné un nom spécial et caractéristique. La répartition de l'indice nasal nous fournit donc le tableau suivant :
Indices de 42 à 47 i.eptobhiniens.
— de 48 à 52 mésorhimeks.
— de 55 à 58 platyrhijxieks.
Cette nomenclature, qui ne s'applique qu'à l'ouverture nasale et non au nez tout entier, impHque néanmoins que, lorsque l'indice nasal est petit, le nez, relativement long et étroit, est fin et délié (Xeir-rd;). Au contraire, lorsque l'indice nasal est grand, le nez est large {■kIcctùç) , eu. égard à sa longueur. Enfin les termes de péo-oç, moyen, et de ph, -o?, nez, complètent l'explication. Or, après avoir
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recueilli les observations de plus de 1200 crânes de toutes races, M. Broca a reconnu que la race du type que Cuvier avait appelé éthiopique est platyrhinienne; que les races blanches du type dit caucasique sont leptorhiniennes , et les races mongoliques mésorhiniennes. Ce curieux et important re'sultat apporte un argument de plus à ceux qui admettent la division ternaire des races humaines ; il coïncide remarquablement avec les autres gi^ands caractères ethniques.
C'est ainsi que les Hottentots, les Nègres de l'Afrique occidentale, les Cafres, les Néo-Calédoniens, les Australiens (groupe dit elliopique), ont un indice nasal variant de 58 à 50. Les Parisiens modernes, Allemands, Arabes et Berbères (groupe dit caucasique), voient cet indice varier de 47 (Bavarois) à 44. Ils sont donc à l'autre extrémité', leptorhiniens, tandis que les races blanches ou colorées ou type dit mongolique se placent entre l'indice 52 (Chinois) et 48 (Américains du Sud). 11 n'y a pas une concordance jixacte entre les divisions conventionnelles posées par M. Broca et le tableau des races , mais le mélange considérable des races explique complètement les écarts. L'analyse des chiffres spéciaux fournit même des faits d'une singulière précision. C'est ainsi que toutes les races européennes ont offert un indice très-stable entre 46, iO et 47,03, tandis que les races dites caucasiques d'Asie et d'Afrique, qui forment le rameau araméen de Cuvier, ne varient qu'entre 44 et 45.
Nous ne pouvons ici suivre l'éminent anthropologiste dans toutes ses investigations ethnologiques ; disons cependant que l'étude de l'indice nasal dans les couches successives d'une même population permet de reconnaître les fluctuations morphologiques que les conquêtes, les immigrations et les croisements y introduisent, quand un écart notable existe entre l'indice des nouveaux venus et celui des anciens occupants du sol. On voit [larfois, connue en Egypte, l'indice nasal s'élever et s'abaisser parallèlement aux immigrations nubienne, sémitique, berbère, perse, macédonienne et romaine. En France, l'indice nasal de. toutes les sépultures mérovingiennes est sensiblement supérieur à celui des populations antérieures à l'arrivée des Francs. Depuis lors il est successivement descendu de 48,87 (septième siècle) à 48,25 (douzième siècle), à 47,97 (seizième siècle) et à 46,81 (dix-neuvième siècle). Il semble que, par suite d'une lente, mais régulière élimination de l'intrusion germanique, l'autochtbonie reprend tout empire. On voit donc que l'indice nasal fournit d'importantes notions dans la détermination des éléments ethniques qui ont contribué à la formation d'une race croisée.
De r épine nasale. Celte saillie osseuse, formée par la réunion des deux bords antérieurs de l'apopltyse palatine du maxillaire supérieur, et sur laquelle vient s'insérer, inférieurement, la cloison du nez, a donné lieu à quelques recherches d'anatomie comparée et d'anthropologie, depuis que M. Edmond Alix a signalé après Carus, l'absence de cette épine chez les singes anthropoïdes, et a prétendu donner ce caractère différentiel comme de premier ordre. « On sait, dit-il que sur un crâne humain quelconque il existe toujours une épine nasale antérieure et inférieure qui s'avance comme un éperon. Chez les singes anthropoïdes comme chez les autres singes, l'épine nasale manque et à sa place il y a une dépression profonde. » {Bull, de la Soc. d'Anthr., 1867, p. 658.) En cherchant à contrôler l'assertion de M. Alix, j'ai indiqué les variations de l'épine nasale dans la série humaine, au point que sur un crâne papou elle était à peine apparente, tandis quelle offre de 3 à 6 millimètres sur le crâne euiopéen (ibid. L" ordre despri-
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mates et le transformisme, 1868, p. 690). Plus tard, M. Hamy a moiilré avec précision que cette apophyse, « avec son développement maximum dans les races orlhognathes, diminue sensiblement chez les prognathes, jusqu'à s'anéantir chez quelques sujets de races inférietu'es ; qu'elle devient l'exception chez les singes anthropomorphes, et qu'elle disparaît dans le sein du groupe des singes platyrhiniens. » (Ihid. L'épine nasale dans l'ordre des primates, 1869, p. 17.)
Cette belle démçnstration, qui poursuit un caractère aussi minime dans la série des primates et en montre la dégradation régulière, n'est pas sans intérêt, mais il nous suffit d'indiquer ici que les faces prognathes françaises présentent une épine nasale moyenne de 4 millimètres ; que chez les nègres africains elle descend à 5 millimètres; chez les orthognathes de race blanche elle s'élève à 5"™, 5, et chez les nègres océaniens à o™'",o. On voit donc que la hauteur de l'épine nasale s'élève et diminue avec le prognathisme ou l'orlhognathisme. Une relation non moins 'étroite existe entre cette apophyse et la configuration extérieure du nez.
Quant aux deux os propres du nez, je n'ai à signaler ici que la tendance à la fusion qui s'effectue en apparence chez les Hottentots dès l'âge de vingt à vingtcinq ans, caractère fréquemment simiesque, puisqu'il est la règle dès l'âge de deux ans cliez le chimpanzé ; dans les races humaines supérieures, les os nasaux restent distincts jusqu'à un âge très-avancé, de même, au surplus, que chez les singes d'Amérique, supérieurs sous ce rapport aux anthropoïdes (voij. Broca, Ordre des primates, ibid., 1869, p. 551).
Formés extérieures du nez. Les variations de la forme du nez dans les races humaines se rapportent principalement à sa saillie et à son aplatissement. Mais une analyse plus minutieuse des caractères de cet organe est réclamée, et M. Topinard en a indiqué les éléments dans un tableau reproduit au chapitre de YAnatomie du Nez (page 2).
D'après M. Topinard, il faut examiner d'abord la hauteur et la largeur maximum de l'organe, à l'aide du compas à glissière. On obtient ainsi l'indice nasal transverse. Chez un certain nombre de nègres cet indice atteignait et même dépassait 100 de largeur pour 100 de hauteur; chez les Aryens, il descend parfois à 61. Quant à la saillie du nez, les races humaines se partagent eu deux classes : l'une dans laquelle le nez est très-développé eu saillie (Indo-Européens, Berbères, Sémites, Américains); l'autre dans laquelle il est au contraire développé dans le sens transversal (vrais nègres. Asiatiques septentrionaux et orientaux). Pour mesurer la saillie du nez, M. Topinard se sert de ré([uerre mobile dont la branche horizontale, appuyée au sommet de la lè\Te supérieure, est graduée, tandis que la branche verticale effleure le bout du nez. En comparant le chiffre ainsi obtenu à la largeur de base, on ol^tient Vindice nasal antéro-postérieur. L'arête du nez décrit une ligne droite, brisée, convexe ou concave. La ligne est droite dans les beaux types dits Aryens; elle est fréquemment brisée chez les Américains, et régulièrement convexe chez les Syro-Arabes, les Juifs, etc. Elle est concave quand le nez est écrasé, comme chez les vrais nègres; presque verticale quand le nez n'est qu'épaté avec un large développement latéral des ailes et des narines, tel que chez les Chinois et les Malais. Le lobule se confond parfois avec les ailes ; parfois il se détache finement en pointe comme chez les Arabes du type fin; d'autres fois il constitue une sorte de boule qui, à côté des ailes, donne l'aspect de trois saillies arrondies (nez trilobé). Les ailes et les naiùnes sont solidaires.«Le plan de la base des narines est dans les races européennes à peu près horizontal, mais assez souvent il prend un certain degré d'obliquité.
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Selon M. Topinard la forme même de l'ouverture des narines est d'une importance capitale dans la morphologie du nez : « Irrégulièrement elliptiques ou ovalaires chez les individus les plus favorisés, dit-il, elles prennent dans beaucoup de cas une forme arrondie en segment de cercle. Je ne serais pas éloigné de croire que certaines races l'ont d'une forme spéciale. Petites et finement dessinées sur la plupart des individus qui sont autour de nous, elles vont se déformant et se dilatant vers la base de l'échelle. De même leurs mouvements de dilatation et de contraction, peu sensibles à l'action physiologique dans les races caucasiques s'accroissent-ils dans les races inférieures Cachées en totalité sur les sujets favorisés, leur bord externe arrive à s'échancrer, puis à se découvrir, et finit par prendre un aspect bestial qui rappelle la disposition des narines d'une multitude de singes. Sensiblement pai'alièle, enfin, dans les races élevées, leur grand axe devient oblique, divergent et quelquefois absolument transversal sur les nègres les plus hideux. » {Bull, de la Soc. d'anthrop., 1875, p. 956.)
Lorsque les desiderata si justement exprimes par 51. Topinard auront été satisfaits, on pourra mieux qu'aujourd'hui apprécier exactement la valeur morphologique du nez en ethnographie. Les renseignements fournis par les voyageurs, exprimés d'ailleurs à l'aide de termes trop peu nombreux, sont confus et souvent contradictoires. D'ailleurs, il est peu d'organes aussi variables même dans une population homogène. C'est ainsi que les races africaines, longtemps confondues sous le nom de nègres, offrent tous les genres de nez imaginables, depuis celui du Koïkoïn, presque sans profil, jusqu'à celui des Mbbouttous et des Mandingues, qui se rapproche du nez arabe et américain. Les Mongols, auxquels on attribue un nez écrasé, offrent le plus fréquemment des nez droits. D'un autre côté, comment exprimer autrement que par l'image la forme du nez coupé brusquement du Niam-Niam et celle du nez en boule du Cafre?
L'influence de l'épine nasale sur la conformation des parties molles du nez n'a peut-être pas été assez appréciée. Si ce rôle se montrait constant dans un même sens, comme il y a lieu de le croire, ce petit appendice mériterait d'être étudié de plus près.
Devons-nous ici apprécier la valeur physiognomonique du nez'? Devons-nous étudier son rôle en anatomie artistique, en esthétique? Est-il vrai que, si le nez de Cléopâtre eût eu quelques millimètres de plus, les destinées du monde eussent été changées? La philosophie de l'bistoire n'est peut-être pas encore assez avancée pour résoudre ce dernier point; mais, à coup sûr, la part de l'accident de l'histoire est bien démontrée par la sensibilité de César, d'Antoine et d'Octave. Ce qui porterait à penser que la beauté a, quoi qu'on en dise, le plus souvent quelque chose d'absolu, c'est que le nez évasé des nègres n'est point admiré de leurs congénères, et que rien n'est moins exact que d'attribuer aux négresses l'habitude d'exagérer ce trait de race dès l'enfance.
Jornandès attribue la même coutume aux compagnons d'Attila; mais ce témoignage semble fort insuffisant, et l'on est tenté de voir là un essai d'explication de la dépression du nez tartare, qui devait singulièrement étonner les contemporains de Priscus. Tout au contraire, on remarque que dans l'antiquité les eunuques avaient soin de modeler le nez de façon à réprimer par des manipulations régulières les écarts morphologiques. En général, on peut dire que les races mférieures admirent beaucoup , surtout dans les sexes opposés , les caractères auxquels nous attribuons nous-mêmes la beauté ; un célèbre voyageur