NICCOLO
leur traitement ; il décrit douze espèces de serpents, dont plusieurs avec assez d'exactitude pour qu'on puisse les reconnaître, entre autres une espèce de serpent appelé (jv;|, qui prend toujours la couleur du sol sur lequel il rampe; il place le venin du serpent dans une membrane qui entoure la dent ; il décrit ] icJuieumon et l'aspic, et la manière dont le premier combat le sepond et détruit ses œufs ; il décrit de plus les salamandres, les cantbarides, les araignées, etc. ; les neuf espèces de scorpions dont il parle, et qu'il distingue uniquement par la couleur, mériteraient une enquête dans le pays où il les a observés ; enfin il a décrit le premier les papillons, qui volent le soir autour d'une lumière, sous le nom de y«>aivai. Ce poëme ne contient pas moins de neuf cent cinquante-huit vers. Le second F A>.£?itpâp /;/«■/.«, qui n'en a que six cent vingt, renferme l'histoire des poisons et de leurs antidotes ; c'est en quelque sorte le complément du premier; Ilaller ne le ménage pas plus que le précédent : « Descriptio vix ulla, dit-il, symptomata fuse recensentur, et magna farrago et incondita plantarum alexipharmacarum suhjicitiir. » Malgré une foule d'erreurs et de croyances superstitieuses, on trouve dans les Alexipharmaca des renseignements utiles et surtout utilisés par Pline, Dioscoride et Aétius. Parmi les poisons du règne animal, Nicandre mentionne la cantharide des Grecs, qui n'est pas la lytta vesicatoria, mais le nieloe cichorii; la hiiprestis [carahus biicidon), le sang du taureau, la sangsue, etc. ; parmi les poisons végétaux il cite l'aconit, la ciguë, le colchique, la jusquiame, l'opium, les champignons et diverses plantes inconnues de Théophraste ; quant aux poisons minéraux, il ne parle que du blanc de plomb et de la litharge. D'après ce qui précède, on voit que Nicandre a dû être, pour son temps, un naturaliste très-savant.
Nous ne citerons pas toutes les éditions qu'ont eues ces deux poëmes depuis l'invention de l'imprimerie ; la plus ancienne, en grec, est de Venise, 1499, in-fol. Jean Lonicer (Cologne, 1531, in4°), Jean de Gor.Ris (Paris, 1549, in-S") et P.-I. Steve (Valence, 1552), les ont traduits en latin; la traduction de Henri Cordes (Francfort, 1552, in-4°) est en vers latins; Jean Gorris a également donné une traduction en vers latins du poëme Alexiplmrmaca (Paris, 1557). Enfin, Jacq. Grévin a traduit les deux ouvrages en français (Anvers, 1567, 10-4°) et ScHisEiDER en a donné plus i^écemment une excellente édition grecque (Halle, 1792, in-B"). L. Hn.
NICARAGUA. Voij. Centre-Amérique.
IVICCQLO DE' IMICCOLI, célèbre humaniste italien, mérite de trouver une place dans ce Dictionnaire pour ses excellentes copies des principaux auteurs classiques de l'antiquité, dans le nombre desquels nous citerons Lucrèce.
Niccoli naquit à Florence en 1363 et mourut dans la même ville en 1457. Fils d'un négociant, il fut contraint de consacrer au commerce plusieurs années de sa jeunesse, mais à la mort de son père il put librement se livrer à l'étude. Elève de Cbry^oloras, contemporain des Leonardo Bruni, des Traversari, des Marsupini, des Poggio et de tant d'autres, ami de Côme de Médicis, il fut certainement le savant le plus brillant de cette pléiade d'hommes éminents qui entouraient le nouveau Mécène, à cette belle époque de la Renaissance. 11 consacra sa vie entière à de pénibles recherches, parcourut une grande partie des couvents de l'Italie pour exhumer les manuscrits qu'ils pouvaient receler, et, par tous les moyens, même par des sacrifices pécuniaires, chercha à favoriser le
développement des sciences, des lettres et de la philosophie. Grâce à un zèle infatigable, il réunit la plus grande et la plus belle bibliothèque de Florence — elle contenait huit cents volumes — il la légua à sa patrie par testament.
Ce savant, ce; érudit, ce philosophe gai et spirituel, n'eut pas le temps de produire aucune œuvre capitale. Pour plus de détails, voyez la Nouvelle biographie générale publiée par llidot. L. ILn.
XICE (Station hivernale et marjxe) fut fondée par les Messaliens, vers 500 ans avant J.-C, en souvenir d'une victoire que ce peuple avait remportée sur les Liguriens. Ntzïj (Victoire), Niccca chez les Romaiu*s, Nizza en italien. Cette ville est le chef-lieu du département des Alpes-Maritimes, un port sur la mer Méditerranée, sur le torrent le Paillon qui la sépare en deux parties à peu près égales, à six kilomètres de l'embouchure du Var. Elle est peuplée de 48,000 habitants; son évèché, sa bibliothè({ue publique, sa cathédrale, son tribunal, son lycée, sa manufacture de tabacs , sont les édifices principaux de ÎSice ; ses meubles en mosaïque de bois, ses filatures de soie, ses parfums, ses huiles d'olive, ses fruits confits, ses liqueurs fines et ses anchois alimentent son commerce d'exportation. Nice est la patrie de Carie Vanloo, de Cassini, de Masséna et de Garibaldi, dont la maison se voit près du port (chemin de fer de Lvon, Marseille . Toulon et Nice).
Nice est située à 45°,4''J7"de latitude septentrionale, et 4''56'22" de longitude orientale du méridien de Paris. Elle a été construite au pied du rocher au sommet duquel se trouvent les ruines du vieux château, et dont les versants sont aujourd'hui occupés par des bosquets et des squares. La belle et vaste baie des Anges sur laquelle Nice est bâtie forme un bassin arrondi en forme de cirque à la fois large et découvert. La ville est sur une plage qui a la forme d'une conque marine, autour de laquelle la plaine s'arrondit en s'élevant progressivement en collines jusqu'aux Alpes Maritimes, et dont les vastes gradins semblent conduire aux nuages.
Le monte Galvo (mont Chauve) est leur point culminant. Cette situation topographique explique l'heureux climat que nous allons trouvera Xice. En effet, la description que nous a laissée Ausonius est toujours applicable à la ville nouvelle, c'est-à-dire qu'elle est défendue des vents qui soufflent de l'Orient et de l'Occident et de tous leur points intermédiaires par un triple rideau de montagnes, et du mistral par l'Esterel et le Chagrou, qu'elle est protégée de plus près par des collines recouvertes d'oliviers, qui y concentrent les rayons du soleil et qui y entretiennent une douce température, un ciel pur et serein et un printemps pour ainsi dire perpétuel.
Etudions avec soin les diverses particularités de l'air, la quantité de pluie, la fréquence de la neige, de la grêle, des brouillards, des orages, les saisons, la végétation, la qualité des eaux potables, etc., et tâchons de déduire de cet examen rapide les conséquences de la valeur du climat de Nice sur les maladies des personnes qui choisissent cette ville comme station hivernale.
11 est exceptionnel que le tliermomètre descende au-dessous du zéro peudanl l'hiver à Nice, il est rare qu'il s'élève en été à plus de "28° centigrade. Les observations de Fodéré portant sur les cinq années de 1802 à 1806 ont démontré que les variations thermométriques oscillent entre zéro et 25» et 50" centigrade. II faut noter encore que la température la plus basse n'a pas duré plus de cinq ou SIX jours pendant le mois de janvier, et que la plus grande chaleur n'a pas été de
plus de dix ou douze jours pendaut le mois d'août. Risso, depuis les années 1806-1841 , pendant trente-cinq ans par conséquent, a vu une fois la colonne du thermomètre centigrade s'abaisser à 9°, 4 au-dessous de zéro dans la nuit du 11 au 12 janvier 1820, c'est-à-dire dans la saison la plus rigoureuse qui ait jamais sévi dans les Alpes-Maritimes. Sauf cette exception, les résultats obtenus par Fodoréet Risso ont une grande analogie. M. Roubaudi, de son côté, pendant treize ans, de 1850 à 1845, n'a vu le thermomètre marquer zéro que deux années sur trois ; le plus grand froid qu'il a constaté a fait descendre le mercure à 2°, 5 centigrade au-dessous de zéro, mais la colonne ne se tint aussi bas que deux heures à peine, et remonta progressivement dans la journée à 6°, à 15" et même à 18° centigrade. La température la plus chaude observée par M. Roubaudi a été de 31°, 8 centigrade. Pendant les douze années de 1849 à 1861, M. Teysseires n'a TU que sept fois le thermomètre aller jusqu'à zéro. Il descendit en 1851 à — 1°,3, en 1852 à — 1°,5, en 1855 à — 1°,3, en 1854 à — 3°,6, en 1855 à — 2°, 7, en 1858 à— 0°,7, en 1859 à — 1°,6, et en 1860 à — 1°,6. Nous devons ajouter aussi que ces basses températures n'ont duré que quelques heures, et que les journées n'ont jamais été froides. La chaleur la plus forte s'est montrée le 25 septembre 1853, elle fut de 52°, 7 centigrade. Le libeccio, ou vent d'Afrique, soufflait alors avec une grande intensité. La température moyenne est à ÎNice de 1 7° à 18° centigrade au printemps et à l'automne.
Il importe de faire remarquer, au point de vue de la température propre de la plage Niçoise, que, pendant les différentes saisons, l'air se chauffe et se refroidit insensiblement, et que les oscillations hivernales du mois de septembre au mois de mars sont à peine marquées. Ainsi, septembre a pour moyenne 21°, 6 centigrade; octobre, 16°, 8 ; novembre, 9°, 2; décembre, 8°,1 ; janvier, 9°, 5 ; février, 8°, 6 centigrade. L'automne et l'hiver ne se succèdent donc jamais brusquement, puisque la différence de leur température n'est que de 6°, 8 centigrade. La moyenne proportionnelle des autres mois confirme les observations précédentes, car elle ne s'élève pas à plus de 2°, 5 centigrade.
Tout ce que nous venons de dire de la thermométrie de l'air de Nice suffit pour donner une idée exacte de la température diurne de cette station d'hiver, dont le ciel, presque toujours bleu, contribue à dissiper les idées tristes et les préoccupations des malades. Mais il convient d'ajouter, en insistant sur cette remarque, que les écarts entre le matin et le soir sont souvent très-sensibles ; qu'ils existent entre les deux côtés d'une rue, à la même heure, suivant que ces côtes sont ou ne sont pas exposés au soleil; et, entin, que le milieu de la journée, depuis dix heures du matin à quatre heures du soir, est le seul moment où les variations de la température soient assez peu marquées pour ne pas exposer les hivernants à des transitions dangereuses, et encore doivent-ils tenir compte des vents qui régnent alors, et qui souvent peuvent leur être très-nuisibles.
C'est le colonel Sykes qui a remarqué le premier que la pression barométrique est à peu près constaute pendant toute l'année à Nice: ainsi, elle n'a que 0,034 d'écart. Elle est, terme moyen, de 0,757. La plus grande élévation de la colonne raercurielîe a lieu en hiver, elle varie de 0,777 à 0,778; elle ne descend pas pendant l'été au-dessous de 0,750, et l'on peut annoncer à peu près certainement alors de la pluie ou du vent d'une certaine violence. L'élévation du baromètre annonce, en général, au contraire, un temps clair et sec.
L'air, à Nice, jouit d'une grande pureté; cela tient, d'après M. Naudot, à ce que l'atmosphère est renouvelée deux fois par jour par deux courants qui se
font en sens inverse. La nuit, les vents du nord descendent vers la mer; le joiu-, ceux du sud s'élèvent de la mer à la chaîne des montagnes. Ce sont les vents orientaux et méridionaux qui dominent pendant le printemps, ceux du midi et du sud-est qui sont les plus fréquents pendant l'été, ceux de l'est, du nordest et de l'ouest qui soufflent principalement pendant l'automne, et enfin ceux du septentrion, du levant, du couchant et du sud, s'observent le plus souvent pendant l'hiver. Fodéré a noté que de dix heures du matin au coucher du soleil, à Nice, le vent du midi souflle cent vingt-quatre jours par an, celui de l'est quatre-vingts jours, celui du nord cinquante-deux jours, celui de l'ouest cinquante jours, celui du sud-est trente jours, celui du sud-ouest e( du nord-est vingt jours, et qu'il y a de huit à douze jours de vents divers. L'inconstance des vents est ordinaire et ils changent souvent dans la même journée ; souvent aussi plusieurs soufflent à la fois. Il se fait alors une sorte de bourrasque aérienne qui amène de brusques transitions de température et une âpreté de l'air aussi désagréable que dangereuse. Les deux vents les plus violents qui se déchaînent sur Nice sont ceux de l'est et de l'ouest. Ce dernier est très-rare, ce qui est très-heureux, car il vient des bords marémateux du Var.
Le vent du nord ou vent de la nuit ou brise de terre est en général modéré à Nice ; il commence au coucher et cesse au lever du soleil : il est plus faible en été qu'en liiver, mais toujours très-régulier. Il est sec et froid, mais il annonce un beau temps. S'il manque complètement, il faut s'attendre à quelque trouble atmosphérique. Il dure exceptionnellement pendant quelques jours d'hiver quand le froid est le plus intense. Le vent du nord-est est très-rare ; lorsqu'il prédomine, il amène les orages, la neige et la grêle.
Lorsque le vent d'est est modéré, il charge l'air d'un peu d'humidité et accompagne presque toujours le beau temps. Quand il est fort, il annonce les nuages et la pluie en hiver surtout; c'est le vent le plus incommode de Nice, parce qu'il y est très-fréquent et d'une grande intensité. Le vent du sud-est, peu violent, amène les beaux jours, aussi est-il habituel pendant l'été. S'il ne vient pas de loin, il est peu humide, mais il est moite, s'il a traversé la mer. Un vent fort s'élève à Nice rarement du sud-est, mais quand il souffle il amène les nuages, la pluie et les orages, c'est lui qui agite surtout les flots marins. Le vent du sud-est est au moins aussi rare que le vent du sud-ouest. Les vents du sud-ouest, modérés, sont fréquents; ils sont agréables surtout en été, mais lorsque le vent de cette orientation est fort, qu'il vient d'Afrique et qu'il a traversé la Méditerranée, il est chaud, humide et très-incommode : c'est lui qui, avec le vent d'est, est le plus redouté à Nice. Le vent du sud-ouest fort amoncelé de gros nuages qu'il pousse vers les Alpes ; il donne les pluies les plus abondantes. Le vent d'ouest est rare; quand il est violent il prend le nom de mistral: il fait cesser la pluie, il disperse les nuages, il amène le beau temps et le ciel pur; mais sasiccité le rend très-difficile à supporter. Pendant sa durée, l'hygromètre de de Saussure atteint presque toujours son maximum, le sycromètre d'August marque 7, 8, 9 et quelquefois 10° centigrade de différence entre la température de l'évaporation et celle de l'air. Aussi voit-on souvent, lorsque le vent succède à un temps pluvieux, la boue se changer en poussière dans l'espace de cinq ou six heures seulement. Enfin le vent du nord-ouest ou mistral proprement dit (car dans les Alpes-Maritimes on nomme mistral tout vent fort venant de l'ouest et du nord-ouest) s'observe assez arement à Nice.
Les remarques hygrométricjues de Risso, de MM. Roubaudi et Macario, au
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nombre de plus de trente mille, prouvent que la moyenne annuelle de l'hygromètre de de Saussure est de 58", 5, que le minimum d'humidité ne descend pas au-dessous de 17°, et que le maximum s'élève à 94". L'air de Nice est donc aussi éloigné d'une siccité extrême que d'une humidité excessive. Les oscillations hygrométriques les plus tranchées ont lieu dans les mois de janvier, de février, de septembre, d'octobre, de novembre et de décembre. C'est par le vent du nord et le vent du nord-ouest que l'air de Nice est le plus sec, c'est par le vent du sud, au contraire, que vient l'humidité. Si l'on veut bien se souvenir que les premiers viennent de la montagne et les seconds de la mer, on s'expliquera aisément qu'il en soit ainsi. Si l'on se rappelle encore que le vent du nord est le vent nocturne, et le vent du midi le vent diurne, on conclura de suite que, si l'air des nuits est plus froid à Nice que l'air de la journée, l'air de la nuit est en revanche plus sec que celui du jour. Cette particularité explique aussi pourquoi, à l'inverse de ce qui s'observe presque partout, l'hiver et le printemps sont plus secs à Nice que l'été et l'automne. L'humidilé de l'air de Nice est à son summum d'intensité au moment où le soleil se couche, les vapeurs aqueuses sont condensées alors et tombent sous la forme d'une rosée abondante. Cette rosée entretient l'humidité nécessaire à la végétation, qui ne pourrait être entretenue par les pluies qui n'existent qu'exceptionnellement à Nice; cette humidité est donc utile à ce point de vue, mais elle nuirait singulièrement aux malades qui seraient assez im|>radents pour n'être pas rentrés dans leur demeure au moment de la journée où elle commence. A la fin du mois de décembre, quelquefois pendant le niois de janvier, les vapeurs d'eau condensées se convertissent en gelées blanches qui semblent ne pas avoir les conséquences fâcheuses de celles des climats septentrionaux, car les amandiers, les lauriers-thyms, les orangers et les limonniers, les orchis, les véroniques, les narcisses, les violettes de Parme, le thym, la scille et l'hyacinthe, si communs à Nice et aux environs, n'en perdent pas pour cela leurs fleurs.
Nous avons remarqué que les jours pluvieux étaient exceptionnels à Nice ; cela semble vouloir dire que le pluviomètre indique une moyenne annuelle relativement faible. C'est pourtant le contraire qui est vrai, car la hauteur de la colonne de l'eau du ciel est plus considérable à Nice qu'à Paris, qu'à Londres même. Ainsi M. Roubaudi a ti'puvé pendant dix ans, avec le pluvioznètre de Waltkins, que le maximum de pluie qui tombe annuellement à Nice est de l'",16, le minimum de 45 centimètres et la moyenne de 70 centimètres. Il en tombe 16 centimètres pendant le printemps, 17 centimètres en été, 22 centimètres en automne et 15 centimètres en hiver. Les intervalles qui existent entre ces pluies, quelquefois diluviennes, sont souvent très-éloignés, et il se passe souvent deux ou trois mois sans qu'il tombe une goutte d'eau. M. Teysseires a observé que, de 1849 à 1861, il a plu, en moyenne, cinquante-quatre jours pendant les trois premiers mois de l'année; cinquante-cinq jours pendant le second trimestix; soixante-cinq pendant le troisième et cinquante-cinq jours pendant le dernier. La moyenne des jours couverts ou nuageux dans la période sus-indiquée a été de 70 par an, ainsi répartis : 19 dans les trois premiers mois, 1 8 dans le second trimestre, 12 dans le troisième et 17 dans le dernier. La moyenne des jours de soleil a été, dans les observations de M. Roubaudi, de cent quatre-vingts par an, qui se répartissent ainsi : automne 40, hiver 40, printemps 44 et été 56.
La neige, au dire de tous les observateurs, tombe rarement sur le sol à Nice.
Fodéré l'a vue pendant trois jours en 1802, un jour seulement en 1805. M. Teysseires a constaté qu'il était tombé de la neige deux fois à Nice en 1849 dans les deux mois de novembre et de décembre, une fois dans le mois de janvier 1850, trois fois dans les mois de mars, octobre et novembre 1851, quatre fois dans les mois de février et de décembre 1853, une fois dans le mois de décembre 1856, deux fois dans les mois de janvier et de novembre 1858. M. Macario ajoute qu'il a remarqué qu'elle était tombée deux fois dans le mois de décembre 1859 et cinq fois dans les mois de février, de mars et de décembre 1860. La neige a été, comme on le voit, assez fréquente de 18i9 à 1861; mais sa cbute n'a duré que très-peu de temps et elle a fondu presque immédiatement, sauf en 1855 où elle persista pendant cinq jours entiers. Le vent du sud-est souffle presque toujours avant et pendant la chute de la neige.
Le grésil s'observe quelquefois à Nice. Ainsi, pendant les douze années dont il vient d'èlre question, il en a existé une fois en 1849, une fois en janvier 1850, deux fois dans les mois d'octobre et de novembre 1851, trois fois pendant les mois de janvier, de février et de décembre 1855, deux fois dans le mois de janvier 1855, une fois dans le mois de novembre 1856, une fois en décembre 1859 et une fois pendant l'hiver de 1860.
La grêle est assez peu fréquente à Nice. M. Teysseires l'a cependant observée trois fois durant les mois de mars, d'avril et de septembre 1849, deux fois en janvier et en août 1850, quatre fois en mars et avril 1851, cinq fois en septembre et novembre 1852, cinq fois en janvier, avril, mai, juin et octobre 1854, six fois en février, mars, avril, septembre, octobre et décembre 1855, une fois en octobre 1856, deux fois en avril et août 1857, deux fois en mai et juin 1858; il n'en tomba ni en 1859 ni en 1860. L'année 1874 a été remarquable par la quantité de grêle tombée le 18 novembre. La récolte des olives en a été compromise et les orangers en ont beaucoup souffert.
Les brouillards épais et denses, comme on les observe dans les pays du Nord, ne sont point observés à Nice, oii l'on ne voit que des vapeurs assez légères et le plus souvent transparentes, qui obscurcissent cà peine l'atmosphère et humectent très-superficiellement les habits. Fodéré nons apprend qu'elles ne se montrent que vingt-deux fois par an. M. Teysseire ne les a même vues que dix fois par an en moyenne. Les vésicules aqueuses se forment principalement le matin, et sur la terre dont le sol est plus froid et la température plus basse. Lorsque cependant elles s'élèvent de la mer, c'est plutôt le soir, parce que l'air en coutact avec l'eau est alors moins chaud que la couche inférieure de l'atmosphèi-e terrestre.
Il est exceptionnel que les orages aient des effets désastreux sur la ville de Nice et sur la plaine qui l'entoure ; mais il est assez fréquent, au contraire, que la foudre éclate sur les sommets et même sur les collines qui l'environnent. Les Niçois sont habitués au bruit, mais ne connaissent pas les accidents du tonnerre. Fodéré a noté qu'il a tonné à Nice vingt-deux fois en 1802, dix-neuf fois en automne, deux fois au printemps et une fois en été. M. Teysseires a observé que le tonnerre s'est fait entendre de douze à vingt fois en moyenne pendant les douze années comprises entre 1849 et 1861 . De ce que les orages n'ont, en général, rien d'effrayant à Nice, il ne faut pas en conclure qu'on n'en observe jamais dont les conséquences ne soient pas regrettables. Ainsi, l'histoire a appris qu'en 1601, 1675, 1810, 1816, 1857 et 1860, des orages épouvantables se sont abattus sur la ville, la campagne et le bassin de Nice.
Nous avons déjà remarqué que presque jamais à Nice la succession des saisons n'était marquée par des écarts subits dans la colonne thermoméirique: ainsi nous avons dit que les variations d'un mois à l'autre étaient de 2°, 5 environ. L'hiver est généralement très-beau et très-doux à Nice. La température relativement élevée et presque constante est-elle due à l'obliquité des rayons du soleil, à la prolongation de leur durée sur l'horizon, à l'évaporation presque insensible de l'eau ou à l'influence des vents du sud qui apportent sur la ville le calorique de l'air marin? Cela est possible, mais il est certain que les années froides, comme 1859, par exemple, qui lit descendre à 15" au-dessous de zéro. le thermomètre centigrade à Paris, qui l'abaissa même à Lyon à 21" centigrade, ont, à Nice, une température beaucoup moins basse, puisqu'il marqua l'',Q au-dessous de zéro pendant quelques heures seulement d'une des nuits les plus froides du mois de décembre. Le printemps est certainement le moment de l'année où les transitions sont les plus marquées ; l'air y est toujours assez agité et les vents venant du nord et de l'ouest y soufllent avec une certaine intensité pendant le jour. Cette saison est, si l'on peut ainsi dire, l'hiver de Nice: aussi les malades doivent ils être prévenus que c'est aloi's qu'il faut redoubler de précautions pour éviter les refroidissements subits. Les personnes qui vont hiverner à Mce n'ont guère à s'occuper de la température de l'été et de l'automne, puisqu'ils regagnent presque tous leurs pays ou les stations thei'males; mais celles qui viennent suivre une saison marine sur la plage niçoise doivent savoir que les chaleurs de l'été sont rarement insupportables et qu'elles sont, en général, plus modérées que celles de Paris, de Londres et même de Saint-Pétersbourg. Le thermomètre centigrade ne s'élève que par exception à 28°, tandis que dans les trois capitales que nous venons de citer on le voit assez souvent monter à 34° et 56° centigrade. Si Nice et ses environs ne connaissent pas les grands froids, ils ne connaissent pas non plus les grandes chaleurs. Nous avons indiqué les causes probables de la température uniformément élevée de l'hiver; disons, pour expliquer les chaleurs modérées de l'été, que la brise de mer, les vents du sud et de l'est, le sirocco, entretiennent une agréable fraîcheur augmentée encore par une évaporation très-active qui soustrait à l'air de Nice une quantité considérable de son calorique. L'automne est avec le printemps, mais moins que ce dernier cependant, la saison où les agitations de l'atmosphère sont les plus marquées; c'est aussi le moment des grandes pluies qui, à l'équinoxe principalement, font déborder les cours d'eau et occasionnent des inondations qui, trop souvent, causent de grands préjudices à la campagne de Nice; mais le reboisement des montagnes, effectué dans ces dernières années, s'oppose déjà et s'opposera do plus en plus aux débordements si redoutables du Paillon et de ses principaux affluents.
Le sol de Nice est d'autant plus élevé qu'il est plus éloigné de la mer : aussi toutes ses eaux naturelles et accidentelles se rendent-elles au Paillon qui, à l'époque des orages, déborde et entraîne à la mer de grandes quantités de terre dont une partie se dépose et forme les alluvions qui constituent le terrain delà plaine de Nice. Ce terrain est à la fois composé de galets roulés, de oraviers,de détritus des montagnes voisines, en partie formé par les végétaux qui les recouvrent. Les flots de la Méditerranée baignaient autrefois le pied de la colline de Cimiès. Le rocher du château, isolé au milieu des eaux, est le point primitif où la ville de Nice a été construite. Naudot dit, dans son Étude du climat de Nice, que sur la base du granit furent déposées, dans un ordre successif, les
NICE. iOT
roches schisteuses, les porphyres, les terrains houillers et le calcaire alpin avec sa dolomie jurassique, dans les tissures de laquelle se trouvent les l'ameuses brèches osseuses de A^ice, où les dépouilles des mammifères herbivores ont été solidement cimentées par un gravier ferrugineux et des coquilles marines. A l'époque suivante apparaît la chaux carbpnatée compacte stratifiée avec les marnes, puis le calcaire zoophytique. Toutes les masses minérales déposées par couches liorizontales furent brisées et décliirées par les forces incommensurables du feu central qui souleva et redressa les terrains, détermina l'inclinaison des couches et porta jusque dans les nues les coquillages, les madréporites et tous les corps marins que l'on rencontre à la cime des montagnes. Ce fut plus tard que se montrèrent les marnes chloritées, les argiles plastiques et les gypses. Une dernière période diluvienne est reconnaissable enfin à l'immense dépôt de galets, de poudingucs alternant avec les marnes argileuses et les sables dont les couches s'inclinent vers l'horizon.
Le terrain de la campagne niçoise est d'une grande richesse et d'une grande fertilité. La flore y est très-brillante et très-variée ; elle compte des plantes indigènes et des plantes exotiques de toutes les latitudes qui s'y sont promptement acclimatées. On peut suivre, en effet, en s'élevant le long du territoire de Nice, les divers éciiantillons des plantes propres aux climats les plus opposés ; on passe, dit 51. le docteur iMacario, par d'insensibles dégradations, des espèces végétales des plages de l'Orient à la végétation des neiges éternelles. Ou rencontre, dans la zone la plus rapprochée de la plage, les espèces qui aiment les terrains d'alluvion. Dans la plaine, dans les prairies, dans les jardins, croissent les plantes odorantes, les orangers, les citronniers, les bigaradiers, les cédratiers, les lumies d'Espagne, les grenadiers, les palmiers à dalles, et aussi les roseaux. Les sentiers de la plaine sont bordés d'arbousiers, de caroubiers, de lentisques, de térébinthes , de chênes verts , de faux baguenaudiers, de cystes, de garons, de bruyères arborescentes et multiflores, de genêts à feuilles de saule et de coronilles émérus. Les collines du bassin de Nice sont recouvertes d'oliviers, d'alves, de yuccas, de cactiers, de noyers et de vignes. Le jujubier, le figuier, le laurier et tous les arbres fruitiers du centre de la France entremêlent leurs feuilles et protègent de leur ombre des champs de blé qu'une lumière trop vive et une sécheresse trop grande ne tarderaient pas à rendre improductifs. Lorsqu'on quitte les cûlhnes et qu'on commence à gravir le flanc des montagnes déjà escarpées, on ne trouve plus dans la fente des roches calcaires que les caroubiers, les pins, les myrtes, les euphorbes et quelques labiées ; un petit nombre de graminées et de cryptogames peuvent seules résister au climat inclément de lieux trop élevés pour n'être pas à peu près stériles.
Des sources limpides et assez abondantes pour faire mouvoir les roues de moulins à blé ou à huile ont été employées à irriguer les terrains desséchés de la plaine de Nice, auxquels elles donnent une puissante fertilité. Quatre d'entre elles ont été captées et sont conduites dans la ville de Nice, qu'elles alimentent d'eau potable. Quelques puits creusés dans le voisinage de certaines habitations fournissent aussi aux besoins domestiques des habitants. Ces sources se nomment l'Acqua fresca, VAcqualimpia, VAcqua de Samt-SébastieiielVAcqua du vallon obscur. Les quartiers de la rive droite du Paillon sont alimentés par VAcqua fresca, dont la fontaine est sur la place d'Armes. Cette eau, analysée par M. Yerani, ne contient que 0,039 de sulfate calcaire: elle est donc dans d'excellentes conditions pour convenir à tous les usages. Nous ne pouvons en
dire autant de l'eau des puits, dont les veines liquides sortent de la colline de Cimiès, tels que ceux de l'Empeira et de l'hôpital militaire à Carabacel, dont les eaux renferment par litre un peu plus d'un gramme de sulfates de chaux et de magnésie. La source de Saint-Sébastien a son point d'émergence sur la rive gauche du Paillon et dans les fondations de la maison Donaudi ; son débit est très-abondant : aussi alimente-t-elle les bornes-fontaines de la vieille ville. Cette eau perd sa limpidité après les grandes pluies, parce qu'elle se mêle à l'eau sédimenteuse du torrent. Après une succession de temps clair et sec, elle redevient limpide et transparente, mais sa composition n'est jamais constante: ainsi, elle varie de 0,135 à 0,278 grammes de matières fixes par litre d'eau. La fontaine publique, qui est près de la source Saint-Sébastien, reçoit ses eaux de la source du vallon obscur. Les eaux des sources de l'Acqua limpia se rendent au quartier du port, qui a encore deux sources propres dont l'une coule à sa partie nord et l'autre à droite de son entrée, au pied de la maison de l'horloge. L'eau de cette dernière, qui émerge directement du rocher, est de beaucoup la plus légère ; elle est connue sous le nom d'eau de la ville. En indiquant les puits de la Croix de Marbre, de Saint-Pierre d'Arena, de Sainte-Réparate, de Mascoinat, nous donnons une idée à peu près complète des eaux potables de Nice. Elles contiennent toutes un peu trop de sels, et, en particulier, de sulfate de chaux. Cette remarque s'applique surtout aux eaux de puits qui, en revanche, ne renferment pas d'iode, suivant M. Chatin, tandis que les eaux des fontaines de la ville lui en ont donné des traces. Cette présence ou cette absence d'iode explique à M. Chatin pourquoi les habitants de la ville de Nice n'ont pas de goitres, et pourquoi ceux qui ont leurs demeures au delà des premiers contre-forts en ont au contraire. Nous avons noté aussi que l'eau des sources des enviz'ons de Nice était trouble et limoneuse, à cause des ijifiltrations auxquelles une bonne canalisation remédierait aisément; il est probable que l'administration ne tardera pas à éviter un inconvénient si facile à empêcher. Nous sommes heureux de pouvoir ajouter que, dans un avenir très-prochain, les eaux de la Vésubie, un des principaux affluents du Var, seront amenées sur la colline du château, d'où elles seront distribuées à toutes les parties de la ville et de la plaine de Nice.
L'air de Nice est stimulant et tonique, parce qu'il est sec et vif. Aussi convient-il d'une manière toute spéciale aux personnes chez lesquelles il importe de produire une excitation qui fait défaut, ou aux malades débilités ayant des sécrétions ou des excrétions passives qui augmentent chaque jour leur faiblesse. Les courtes remarques que nous venons de faire suffisent à montrer qu'il faut tenir avec soin éloignés de cette station hivernale tous ceux qui sont doués d'une trop grande susceptibilité nerveuse et d'une activité exagérée de certaines fonctions, et en particulier de la circulation sanguine. Nous appuyons beaucoup sur cette distinction, car l'action favorable ou nuisible du séjour de Nice, la santé, la vie et peut-être la mort des personnes qui y arrivent peuvent dépendre du choix bon ou mauvais qu'a fait le médecin de leur station d'hiver. Nous savons bien, ainsi que M. le D-" Camous, que, dans la disposition du sol des environs de Nice, se trouvent des points diversement abrités qui se prêtent, jusqu'à un certain point, aux différentes exigences du médecin, de l'affection et du tempérament du malade ; mais quoiqu'il y ait au voisinage de Nice des régions sèches ou humides, il n'en est pas moins vrai que d'autres localités sont dans de bien meilleures conditions que Nice et ses alentours pour les sujets qui ont à craindre
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une trop vive surexcitation des systèmes circulatoire ou nerveux. Ce que nous venons de dire des changements de température, d'immidité et de sécheresse de l'air de Nice et de ses environs, nous conduit à remarquer qu'il n'existe peut-être pas de station d'hiver en Europe où il soit plus important au médecin de parfaitement connaître la topographie exacte et raisonnée du pays où il exerce, s'il ne veut pas s'exposer à de fréquents mécomptes et exposer ses clients à de trèsorands dangers. Combien les malades qui viennent à Nice pour chercher la santé manquent-ils souvent leur but, dit Richelmi, non à cause de la salubrité du climat, mais parce qu'ils s'installent ou sont installés au hasard ou sans discernement!
Si nous sommes parvenu à donner une idée exacte de la topographie de la ville et de environs de Nice, il est aisé maintenant de comprendre que tous les quartiers delà ville et que toute la campagne environnante ne peuvent convenir indistinctement à tous les malades. Nous avons dit, et nous insistons sur ce point fondamental, que les médecins étrangers doivent toujours s'abstenir de conseiller le séjour de Nice à ceux de leurs clients chez lesquels les systèmes nerveux ou sanguin sont facilement, soitphysiologiquement, soit pathologiquement, excitables. Nous remarquons, ou nous avons remarqué, en parlant de Naples, de Madère, de Pise, de Pau, etc. [voy. ces mots), combien il est préférable d'adresser à ces stations les malades sujets aux hémorrhagies actives ou aux accidents provenant d'une innervation exagérée. Mais, lorsque les personnes présentant ces dispositions éréthiques sont venues pour passer la mauvaise saison à Nice, et qu'il y a une impossibilité ou une trop grande difficulté à changer leur destination, examinons, avec les données que nous avons sommairement indiquées, quels sont les quartiers de la ville, ou les points de la campagne qui l'entoure, qui conviennent le mieux aux indications particulières de sujets trop excitables. Il faut d'abord, et avant tout, les éloigner du littoral et leur conseiller d'habiter à Carabacel, à Cimiès, à Saint-Pierre d'Arena, à la Croix-de-Marbre et à Longchamps. Dans toute la campagne de Nice, l'air est beaucoup moins excitant qu'aux environs de la mer ; il est plus humide, plus hyposthénisant ; il est, jusqu'à un certain point, comparable à celui de Madère, de Pau, etc. Tous les points de la plaine de Nice ne sont pas orientés de la même façon ; quelques-ims sont plus chauds, d'autres mieux garantis des vents. Ainsi, au levant de la ville, le. Lazaret et Riquiès reçoivent directement les émanations marines, sont exposés aux grands vents et à l'humidité dont ne peuvent les garantir le mont Borou, au pied duquel est le premier, et le mont Alban, qui domine le second. Les quartiers des monts Gros et Vinaigrier, tels que Roccabigliera, Saint-Roch et la Remise, sont trop froids et trop humides. 11 en est autrement des régions de la campagne de Nice qui sont au delà du vallon du Paillon, telles que les collines de Cimiès et de Carabacel; elles sont à peu près complètement à l'abri des vents du Nord, leur température est chaude et plus égale, l'air de la mer n'y arrive que très-affaibli. Tous ces avantages permettent aux plantes des pays chauds d'y vivre, d'y prospérer. Cimiès et Carabacel seraient assurément les points privilégiés de la campagne de Nice, s'ils étaient alimentés par de meilleures eaux potables; mais cet inconvénient doit bientôt disparaître. Les remarques que nous venons de faire à propos de Carabacel et de Cimiès sont applicables aux collines du Ray et de Saint-Barthélémy, qui sont en plein midi, protégées des vents du nord et de l'est par les montagnes qu'elles ont derrière elles. Le mistral, assez rare à Nice, ne peui y arrivée que très-affaibli, à cause des obstacles DICT. ENG. i^ s. Xlli. 1 i
qu'il rencontre, tels que l'Esterel et les collines de Bellet et de Pessicart. Les quartiers de Saint-Étienne, de Saint-Philippe, des Bauraettes, de Sainte-Hélène et^e Carras, également abrités contre les vents du nord et du nord-ouest, sont iiccessibles à ceux de l'est et du nord -est, fréquents à iNice. Enfin, les campa^^nes de J'Empeiral, de Camplong et de la Bufla, au déclin des collines de Carabacel et de Cimiès, sont peuplées de villas nombreuses et recherchées; mais l'ail' est en^ eore plus humide et plus mou qu'à Cimiès et à Carabacel même.
Maintenant que nous croyons avoir donné des détails suffisants sur la topogra- 5)hie de Nice et de ses environs, essayons de préciser les points de cette station ■hivernale qui conviennent le mieux aux dilférents malades qui y passent la mauvaise saison.
En se souvenant qu'en principe les médecins étrangers ne doivent jamais envoyer de personnes trop excitables, il n'est pas inutile de répéter que tontes celles qui ont à redouter ime activité trop grande de leur système nerveux ou sanguin doivent être tenues soigneusement éloignées de la plage et parquées dan^ les quartiers de Cimiès et de Carabacel. Cette remarque est surtout importante;» retenir quand il s'agit de phfhisies chez des sujets disposés ou sujets à des crachements de sang, chez lesquels on doit redouter des inflammations du parenchvme pulmonaire, de la plèvre ou des bronches, des accès d'asthme nerveux, de névralgies ou de névroses, de rhumatismes anciens ayant profondément débilité l'organisme. Les poitrinaires torpides, au contraire, chez lesquels on désire 5»ccélérer la circulation sanguine et l'influx nerveux, les sujets qui ont une bronchite ou un asthme humide et catarrhol, un épanchement pleurétique apyrétique, les scrofuleux, les rachitiques, les chlorotiques, les anémiques, les atoniques enfin, doivent à peu près exclusivement choisir le voisinage du bord de la mer, à cause de la tonicité de l'atmosphère de la baie des Anges, remphe de poussière aqueuse et salée.
Bains de mer. On peut se baigner à Nice sur trois plages : la plage de la promenade des Anglais, la plage du quai du Midi, en lace de la Banque de France, et la plage du Lazaret.
La plage de la promenade des Anglais est de beaucoup la plus fréquentée par les Ilotes accidentels de Nice, dont quelques-uns commencent à se baigner à la fm du mois de février, ou dans la première quinzaine du mois de mars. D'autres continuent à y prendre des bains de mer jusqu'aux derniers jours du mois de novembre. Les bains de mer de la promenade des Anglais ont une plage garnie de galets roulants, qui ne permet à personne de se mettre à l'eau sans se chausser ■d'espadrilles. Ceux qui savent nager montent sur des chariots à roues élevées, dont on pousse les plates-formes assez avant dans la mer pour qu'on puisse sans aucun danger se jeter à l'eau. La plupart des baigneurs et des baigneuses, qui craignent que la force des vagues ne leur fasse perdre pied et ne les sul)merge, se font tenir par un ou deux employés qui ne peuvent quelquefois résister eux-mêmes à la lame. Les personnes qui ne veulent pas avoir recours à des soins étrangers se contentent de saisir une corde solidement tendue du rivage à une certaine distance dans la mer. Cette précaution est quelquefois insuffisante, et nous avons éprouvé nous-mème toute la difficulté qu'il y a à rester accroché au cable lors des grosses vagues. On perd alors aisément l'équilibre, et on roule sur un sol mouvant et assez dur pour occasionner souvent des ecchvmoses. Nous sommes convaincu, comme tous ceux qui ont écrit sur l'action efficace des baius
NICHET (bibliographie). '2i{
de mer à Nice, de l'utilité du ressac violent de la plage des Anglais, qui imprime un massa<ie énergique à toute la périphérie du corps; mais nous ne pouvons nous empêcher de signaler plus que tous les autres les inconvénients d'une plage inhospitalière aux gens sans chaussure, et à ceux qui ont été démontés et recouverts par la vague. Il faut, selon nous, avoir un besoin très-marqué de bains de mer, pour les prendre dans de pareilles conditions topographiques. La place des établissements de bains de mer de la plage des Anglais a certainement plus contribué à leur vogue que leur agrément intrinsèque ; et la mode a amené sur ce point presque toutes les baigneuses et les baigneurs qui veulent faire remarquer on admirer leur personne, leur costume ou leur courage.
En remontant le rivage du côté du quai du Midi, on trouve un second établissement de bains de mer, immédiatement sous les fenêtres de la succursale de la Banque de France. Ses cabines sont moins luxueuses, son linge est moins lin, mais sa plage est moins dure et son galet moins tranchant et mieux nivelé. C'est la plage des bourgeois et bourgeoises des quartiers populeux de Nice qui ne recherchent pas, qui craignent, au contraire, le regard des curieux ou des oisifs qui se plaisent beaucoup mieux sui- la belle promenade des Anglais. La saison des bains de mer commence encore plus tôt et finit plus tard au quai du Midi qu'à la plage des Anglais.
Au delà du port, sur la grève dite du Lazaret, sur le boulevard de l'impératrice de Russie, et en face de la belle villa Vigier, est la troisième plage où l'on prend encore des bains de mer à Nice. La grève du Lazaret est recouverte par un sable fin et doux. Malgré cet avantage, cette plage assez rétrécie d'ailleurs n'est guère suivie par le beau monde de la colonie Niçoise ; elle est surtout fréquentée par les militaires de la garnison, par les marins affectés au port ou de passage à Nice, et par les enfants du peuple dont les ébats, les jeux et les propos rendent le séjour difficile sur la plage du Lazaret aux personnes accoutumées aux belles manières et au langage de la bonne compagnie.
A. ROTUREAO-
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1\'ICETAS. Médecin grec qui vivait dans le onzième siècle de notre ère. Il avait rassemblé une intéressante collection d'extraits des principaux médecins grecs. Cocchi en a tiré et fait paraître des travaux inédits de Soranus et d'Oribase, d'après un manuscrit de la bibliothèque Laurentiane. Cet ouvrage a paru sous ce titre :
Grœcorum clnrurgici libri ; Sorani units de fracturarum Signis ; Oribasii duo de fracturis et de luxalis e coUeclione Nicetœ. Florenlise, 1754, in-fol. E. Bgd.
IKiCilitDAS (les). Voy. Nègres.
IVICHET (J.-P.). Né à Frontignan, département de l'Hérault, en 1803, fit ses études médicales à Montpellier ; c'est là qu'il se lia d'amitié avec les frères Delmas, avec Ribes, qui comme lui ont pris un l'ang élevé dans le monde médical ; pendant quatre ans, il suivit les cours de la Faculté et assista aux cliniques de Broussonnet, de Delpech, de Lallemand; il ne prit pas immédiatement le titre de docteur, et pour se perfectionner il alla à Lyon, où il devint interne à l'Hôtel- Dieu en d825. A peine entré en exercice, Nichet s'adonna avec ardeur à l'anatomie; les dissections, les recherches pathologiques, chirurgicales, l'occupèrent exclusivement. En 1829, il retourna à Montpellier pour y soutenir sa thèse inaugurale. Adepte et admirateur de Lordat, qui lui avait enseigné ses doctrines, il semonira toujours attaché aux idées de Bordeu, de Barthezetde Dumas; en un mot, il fut vitaliste, et chercha à combattre constamment l'enseignement de Magendie et des physiologistes allemands.
Revenu à Lyon, il fut en 1850 nommé au concours chirurgien des hôpitaux; 1 se rendit la même année à Paris, où il suivit avec zèle, pendant deux ans, les cliniques, les cours de la faculté, du Cidlége de France, du Muséum, les leçons de Cuvier, de Geoffroy Saint-Hilaire, de Flourens. A son arrivée dans la capitale, il trouva l'enseignement médical sur les bases les plus opposées : Cayol, Récamier, étaient partisans de ï Ilippocratisme ; VOrganisme était prêché par Rostan; Broussais professait avec talent le Physiotogisme ; ÏHumorisme avait pour défenseur Rocheux, entre autres. Le spectacle de ces dissidences doctrinales rendit Nichet plus ferme encore et plus confiant dans le vitalisme, et il le défendit énergiquement dans la Gazette médicale, dont il devint l'un des principaux rédacteurs. On raconte de lui qu'après une série d'articles critiques sur les leçons que professait Dupuytren à l'Hôtel-Dieu, le grand chirurgien, si fier d'ordinaire, le félicita publiquement et même, lors de la visite des malades, demandait son avis au modeste journaliste.
Il revint se fixer à Lyon en 1832, et là sa réputation s'établit rapidement. Il devint en 1836 médecin en chef de la Charité de Lyon, et enseigna l'art des accouchements à l'école de médecine ; mais il ne devint titulaire de la chaire qu'en 1841, à l'époque de la réorganisation des écoles secondaires de médecine. « Pro- !esseur d'accouchement, il se fit remarquer par ses connaissances étendues et positives, résumant en quelque sorte tout ce qui a été écrit de sérieux sur la tocologie. Ses élèves l'aimaient, parce qu'il avait, parce qu'il montrait en toute circonstance, un vif désir de les instruire. » (Potton.)
Nichet eut, à la Charité, la direction des salles de chiruriïie jusqu'en 1842. Atteint d'une affection tuberculeuse des poumons, il succomba api-ès quelques années de souffrances, le 27 octobre 1847. 11 avait réuni les matériaux d'un traité des maladies des femmes, qu'il n'eut pas le temps de publier.
En somme, Nichet n'a pas laissé d'ouvrages de longue haleine, mais un grand