‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.65Chapitre 17 sur 90 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

niirnOLSOlV (William). Habile chimiste et physiologiste anglais, l'un des premiers qui aient reconnu l'action chimique de la pile galvanique. Né à Londres en 1753, il embrassa d'abord la carrière du commerce, puis il la quitta pour se livrer à l'étude des sciences, et ouvrit à Londres, en 1775, une école qu'il dirigea pendant quelques années avec le plus grand succès. On lui doit plusieurs inventions mécaniques qui lui font grand honneur, entre autres l'aréomètre, qui porte son nom; mais l'exécution de ces instruments ayant dérangé sa fortune, il fut mis en prison pour dettes. 11 mourut à Londres en 1815, laissant un grand nombre d'ouvrages parmi lesquels on distingue le» suivants :

T. Introduction à la philosophie naturelle et expérimentale, 1781, 2 vol. in-8°. — II. Premiers principes de chimie, 1789, in-S". — III. Dlclionnaire de chimie, 17u3, 2 vol. in-4''. —

IV. Journal de philosophie naturelle, de chimie et des arts, 1797-1800, 5 vol. 10-4". — Y. Traduction du franc, en anglais des Eléments d'histoire naturelle et de chimie, de Foutcroy (1789, 5 vol. in-S"), avec des notes, des Tables stjnopliqucs de chimie, du même (1801, in-fol.) ; des Eléments de chimie, de Cluiptal (1791, 5 vol. in-S»). A. C.

NICH (Frasz-Antoin). Né à Winnweiler, dans le comté de Frankenstein, le 14 juillet 1780 ; fit ses humanités à Fulda, à partir de 1794, puis étudia la médecine à Fribourgen Brisgau en 1798 ; il y prit le bonnet de docteur en 1805. Peu après, il accompagna la princesse de Rohan à Vienne, en qualité de médecin particulier ; devint également médecin du maréchal de l'empire d'Autriche comte Ferdinand de Wurtemberg, qu'il accompagna dans un voyage en Pologne et eu Prusse; puis en 1807 résigna ses fonctions à Vienne pour aller s'établir à Sluttgai't, après y avoir été reçu au Slaats-Eramen. Enfin, en 1818, il se rendit avec son beau-père à Ulm, où il s'établit définitivement; la même année il fut nommé médecin de l'hôpital et des pauvres de la ville, et plus tard médecin particulier du duc Henri de Wurtemberg. 11 s'acquitta consciencieusement de ses fonctions jusqu'à sa mort, qui arriva le 51 mai 18Ô2. On a de lui :

1. Darstellung einer sekr merkwiirdigen durck don tlnerlschen Magnctisiniis veranlasslen Geschichte. [n Archiv fur Lhier. Mngnelismus. Bd. i, St. 2., p. 1, 1817. Tirage à pai't, Leipzig, 1818, gr. in-S". — II. Durch animnlischen Mngnetismus gcsc/iwind gelieille Kràmpfe. Ibid., Bd. H, S(. 2, p. 52, 1818. — 111. Xervcnlciden durch tliierischcn Magne'' tismusgeheill. Ibid,, Bd. IV, St. 1, p. 92, 1819. L. IH.

iV'fCKEL. § I. Chimie. Métal découvert en 1751, par Cronstedt, minéralogiste suédois. Le minerai le plus riche en nickel est un arséniure, connu sous, le notn de Kup fer-nickel. Le métal est tiré ordinairement d'un produit d'usine appelé speiss, qui est un sulfo-arsénieure contenant presque la moitié de son poids de nickel.

Préparation pratiquée dans les laboratoires. On pulvérise et l'on grille le speiss dans une espèce de fourneau à vent. Ce qui reste du grillage est dissous à chaud dans l'acide chlorhyilrique concentré ; la dissolution est décantée et mêlée à une quantité de bisuUile de soude telle que l'acide sulfureux se frouve en grand excès; on chauffe jusqu'à ébuUition pour compléter la réduction de l'acide arsénieux, et pour chasser l'excès d'acide sulfureux. On fait passer ensuite dans la liqueur acide encore tiède un courant de gaz acide suifhydrique pour précipiter le reste de l'arsenic en même temps que le cuivre^ l'antimoine, le plomb et le bismuth qui se trouvent dans le speiss ; en laisse reposer pendant douze hernies le liquide saturé d'acide sulfhydrique, ou sépai'e par le filtre le précij)ité des sulfures produits, puis on évapore à sec la liqueur claire contenant, outre le nickel, un peu de cobalt et de fer.

Le résidu de l'évaporation repris par l'eau donne une solution qu'on traite par le chlore ou par le chlorate de potasse, après addition d'une petite quantité d'acide chlorhydrique ; le fer et le cobalt passent ainsi à létat de perchlorure ;. on ajoute alors du carbonate de baryte pour précipiter à l'état de sesquioxyde les métaux perchlorés. Si la liqueur ne contient pas assez d'acide sulfurique pour précipiter toute la baryte qui a servi à la réaction, on en ajoute suffisamment pour déterminer le dépôt de tous les sulfates insolubles qu'on séparera par la filtration.

La liqueur filtrée ne renferme plus que du nickel qu'on sépare par un carbonate alcalin. Le carbonate de nickel, converti en oxalate et chauffé à un violent feu de forge dans un creuset fermé, donnera le nickel piu^ (Gloez.)

Propriétés physiques. Le nickel est un métal blanc un peu grisâtre, à cassure fibreuse. Il est plus ductile à la filière qu'au laminoir, et l'on peut en faire des fils de 0"'™,014 de diamètre et des feuilles de 0""",028 d'épaisseur (Richter). Il est plus tenace que le fer (H. Deville). Après le manganèse, il est le plus dur des métaux. 11 a une densité de 8,66 ou de 8,!27, suivant qu'il est lorgé ou fondu. Il est doué de la propriété magnétique qu'il perd à + 350" (Pouillet). II est moins fusible que le fer et plus fusible que !e manganèse. Il cristallise dans le système cubique.

Propriétés chimiques. Le nickel est inaltérable à l'air ; chauffé, il s'enflamme dans le gaz oxygène, comme le fer. Quand on le chauffe dans un creuset brasqué. il se combine avec une certaine quantité de carbone et forme une espèce de fonte qu'on ne peut décarburer que par la cémentation. L'eau, à la température ordinaire, n'a pas d'action sur lui, mais au ronge elle est décomposée. L'acide sulfurique, étendu de deux fois son volume d'eau, et l'acide chlorhydrique ordinaire, l'attaquent très-faiblement; l'acide azotique, au contraire, l'attaque avec une grande facilité, et l'acide azotique très-concentré le rend passif comme le fer (Deville). Le nickel ne précipite pas le cuivre de ses dissolutions salines, et s'unit directement au chlore, au phosphore, au soufre, à l'arsenic. Allie au fer dans la proportion d'un centième, il lui communique la propriété de ne pas se rouiller ; avec le cuivre, le zinc et l'étain, il forme l'alliage employé dans l'économie domestique sous le nom à'arrjentan, packlond, maillechorl. La confection de cet alliage absorbe la majeure partie du nickel que l'on fabrique annuellement.

Le symbole chimique du nickel est Ni. Son poids atomique est := 59 (Dumas, Winckler); son équivalent est =29,50, c'est-à-dire à la moitié de l'atome. Le nickel appartient ta la famille du magnésium, du zinc, etc., etc., et conséquemment il est un métal diatomique.

Priiscipaux composés du nickel. Chlorure de nickel anhydre. ]Si Cl. Le nickel chauffé dans un courant de chlore sec s'y combine avec incandescence en fournissant un sublimé de lamelles cristallines, jaunes onctueuses de chlorure de nickel anhydre. Ce composé a une densité égale à 2,52 (H. Scliiff). Chauflë au rouge dans un courant d'hydrogène, il est réduit à l'état métallique (H. Vxo^e, Poyyendorffs, Ann., t. XXIVI, p. 117). L'ammoniaque le dissout en donnant une liqueur bleue. Il n'est soluble dans l'eau qu'après être devenu humide ])ar une longue exposition à l'air. Sa dissolution est verte.

Ou obtient cette même dissolution verte en traitant le nickel par l'eau régale, ou bien l'oxyde ou le carbonate par l'acide chlorhvdrique. En concentrant cette solution, on obtient des cristaux d'un beau vert, qui paraissent être de courts prismes quadrangulaires. Ces cristaux s'effleurissent ou tombent en déliquescence, suivant l'état hygrométrique de l'air. Laurent attribue à ces cristaux la composition NiCl+6aq. En évaporant la dissolution de chlorure, on obtient un résidu jaune qui, traité par l'eau, donne de nouveau une solution verte. Aussi cette solution sert-elle d'encre sympathique, car les caractères que Ton trace avec elle sur le papier, une fois secs, sont invisibles, tant est faible leur teinte verte; mais ils deviennent très-distincts avec une teinte jaune, si on les expose à une chaleur suffisamment élevée. Par le refroidissement, les caractères jaunes disparaissent, parce qu'ils redeviennent verts en attirant l'humidité de l'air.

Le chlorure de nickel hydraté se dissout dans J,5 cà 2 parties d'eau: il o>t

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beaucoup moins solubledans l'alcool. Si l'on dissout à chaud dans l'ammoniaque du chlorure de nickel, et qu'on laisse refroidir la dissolution, on obtient de grands octaèdres tronqués sur les arêtes et sur les sommets, d'un bleu violacé, dont la composition est représentée par la formule NiCl,5Azll^. On connaît également un chlorure de nickel et d'ammonium en cristaux verts déli([uesccnts isomorphes avec le chlorure ammoniaco-maguésien et dont la composition est par conséquent représentée par la formule Ni"CF,AzH^Cl-f-6aq.

L'iode et le brome se combinent avec le nickel en donnant naissance à des composés chimiquement constitués comme les composés correspondants du chlore, avec lesquels ils sont généralement isomorphes.

Oxydes dp nickel. On connaît deux oxydes de nickel, le protoxyde et le sesquioxyde. Le premier fait partie des sels de nickel, le second n'entre dans aucune combinaison saline.

Protoxyde de nickel. On obtient cet oxyde (NiO) à l'état amorphe par la calcination de l'hydrate, du carbonate ou de l'azotate. Obtenu ainsi, il est sous la forme d'une poudre gris-verdàtre. Suivant M. Regnault {Ann. de chim. et de phys. (2), t. LXIl, p. 552), on obtient de petits cristaux d'oxyde de nickel vert-olive, en décomposant la vapeur d'eau par du nickel chauffé au rouge. M. Debray a aussi obtenu cet oxyde à l'état cristallin, en fondant un mélange de sulfate de nickel et de sulfate de potassium; l'oxyde de nickel cristallise dans le sulfate de potassium fondu.

Le protoxyde de nickel est réductible par le charbon au feu de forge, et par l'hydrogène à la température de ^TO-'. Cet oxyde peut être obtenu à l'état d'hydrate (NiO-haq) sous la forme de poudre cristalline, en faisant bouillir une solution ammoniacale d'oxyde ou de carbonate : on l'obtient en llocons amoiphes eu additionnant de la potasse ou do la soude à une solution d'un sel de nickel. L'ammoniaque dissout rapidement l'oxyde de nickel hydraté, en donnant une solution bleu violacée si l'ammoniaque est en excès, d'un bleu d'azur si le métal y domine.

Sesqidoxyde de nickel. Cet oxyde (Ni^O') s'obtient par une calcination modérée de l'azotate ou du carbonate de nickel à l'air (Berzelius, Proust).

Sulfures de nickel. On connaît plusieurs sulfures de nickel, dont un seul par sa composition correspond au protoxyde.

Protosidfure de nickel. NiS. On obtient ce composé par voie humide en décomposant les dissolutions nickéliques neutres par l'hydrogène sulfuré, ou par ce même gaz, après addition d'acétate de sodium, si elles sont acides. Le dépôt qui se forme est dii sulfure de nickel hydraté, brun-noir, qui par la calcination devient anhydre.

Par voie sèche, on peut obtenir le sulfure de nickel, soit en combinant le métal avec le soufre à la température de 120" environ, soit en faisant passer de la vapeur de soufre sur le métal en poudre, soit en chauffant du protoxyde de nickel avec du soufre. Préparé ainsi, le sulfate de nickel a l'aspect d'une masse fondue, jaune et cassante (Proust, Rose, Winkelblech).

Calciné à l'air, le sulfure de nickel absorbe de l'oxygène et se transforme en une masse verte, probablement du sous-sulfate. 11 n'est pas réductible par l'hydrogène, et il n'est pas attaqué par la vapeur d'eau au rouge (Regnault). Le chlore, à la tempéi-ature de 500" environ, le transforme en chlorure de soufre et en chlorure de nickel qui se sublime (lellenberg). L'acide azotique et l'eau régale le dissolvent, mais non l'acide chlorhydiiqne.

Bisulfure de nickel. KiS'K Poudre d'un gris d'acier, onctueuse au toucher, obtenue par lellenberg en lavant à grande eau le pioduit de la calcination au rouge sombre d'un mélange de carbonate de nickel, de carbonate de potassium et de soufre {Pogyend. Ann., t. L, p. 75).

Sulfure de nickel salin. ^?S'='^\S,M^S\ Obtenu par Geitner en cristaux rhomboédriques, en chaufiant à 2(J0° du nickel avec l'acide suUureus. Sénarmont a préparé ce même sulfure, mais sous la forme d'une masse semi-métallique, de couleur jaunâtre, en décomposant à 160° le cblorure de nickel par le sulfure de potassium [Ann. de chim. et de phys. (3), t, XXXII, p. 165).

Principaux sels de nickel. Les sels de nickel sont généralement préparés soit par double décomposition, ou en dissolvant l'oxyde ou le caibonate dans les acides.

Azotate de nickel. NiO,AzO^ On le prépare en dissolvant le métal ou son oxyde dans l'acide azotique. Les cristaux qu'il engendre par l'évaporation de sa dissolution aqueuse renferment 6 équivalents d'eau et sont isomorphes avec ceux de l'azotate de cobalt.

L'azotate de nickel anhydre est jaune. Chauffé, il perd d'abord une partie de son acide et devient azotate basique, puis peroxyde et enfin protoxyde (Beizelius).

Azotate de nickel ammoniacal. AzO*,NiO,4AzH^-|-2aq. Beaux octaèdres réguliers, à sommets tronqués, transparents et d'un bleu de saphir, qui se déposent d'une solution concentrée d'azotate de nickel dans l'ammoniaque fortement refroidie.

Sulfate de nickel. NiO,SO'-h7aq. Il se forme en traitant le nickel par l'acide sulfurique , ou en traitant l'hydrate ou le carbonate de nickel par l'acide sulfurique étendu. Le sulfate anhydre est jaune clair. La dissolution aqueuse soumise à l'évaporation abandonne entre 15" et 20° des prismes rhomboïdaux droits, d'un vert-émeraude, renfermant 7 molécules d'eau, isomorphes avec le sulfate de magnésie. Si les cristaux sont obtenus entre 30° et 40°, ils affectent la forme de prismes à base carrée, contenant 6 molécules d'eau ; enfin, si la cristallisation a lieu entre 50'* et 70°, on obtient des prismes obliques à 6 équivalents d'eau (Mitscherlich, Poggend. Ann., t. XII, p. 144).

Le sulfate de nickel est un des corps les plus athermanes ; pour la chaleur obscure il l'est entièrement. Sur 69 rayons émanant d'une lampe de Locatelli, 8 seulement traversent une plaque de sulfate de nickel épaisse de 2 millimètres (Peusch).

Sulfate de nickel ammoniacal. rs'iO,SO^,oAzH^. Si l'on expose le sulfate de nickel sec à l'action du gaz "ammoniac, il absorbe les deux tiers de son poids de ce gaz et la température s'élève très-sensiblement. Le sulfate ammoniacal qui se forme ainsi est une poudre d'un violet pâle, soluble dans l'eau avec une coloration bleue et avec séparation d'hydrate de nickel. Si l'on chaufl'e ce composé, il se dégage de l'ammoniaque, du sulfite d'ammonium, et il reste un résidu jaune, sohible en partie dans l'eau; la partie insoluble est du nickel réduit (H. Rose, Poggend. Ann., t. XX, p. 151).

Carbonate de nickel. NiO,CO--|-3aq. Ce carûonate se forme lorsqu'on verse une solution d'azotate de nickel dans un grand excès de bicaibonate de soude; c'est un précipité cristaUin formé de rhomboïdes ou de prismes obliques microscopiques (Ueville, Ann. de chim. et de phys. (3), t. XXXV, p. 452). Sénarmont a obtenu le carbonate de nickel anlivdre sous la forme d'un sable

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