‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.65Chapitre 19 sur 90 · NICOLAS · texte numérisé non relu

NICOLAS

XVÏ. Komlîi'eux articles dans ; Rust'it Handb. der Chirurgie, Schmidl's Jahvbiicher der Medicin, Wildberg's Jahvb. der Striatsarzneik., Rust's Mag. d. Heilk., Preuss. med. Yereinszeil., Caspers Wochenschrifl f. Heilk., etc. L. Un.

1KICOLA.S Ml'KEPSL'S. VoiJ. MyREPSUS.

NICOLAS OU îWCCOIiO dit Praepositus, et à tort IVIcoIas d'Alexandrie.

Professeur à l'École de Saler ne, dont il devint le chef ou doyen (Prœposilus), nous est connu par un ouvrage qui a joui pendant le moyen âge d'une grande réputation. H fut probablement écrit dans les premières années du douzième siècle et commenté après la mort de l'auteur par Mathieu Platearius, qui florissait entre 11 50 et 1150. Nous ne connaissons Nicolas que par les quelques mots que lui consacre un auteur qui vivait plus de deux cent cinquante ans après lui, Ghristoforo de Onesti : Fuit, dit-il, medicus diu exercUatus ia practico elin naturali inqenio; natione Salernitanus, plenus divitiis.el ex nobili sanguine procreatus. {Exposit. super Antidol. Mesue in Mesue Opéra). C'est à peu près à cela que se borne tout ce que nous savons sur Nicolas. 11 nous dit qu'il a composé son ouvra'Te à la demande des étudiants ; le fvitest que son Antidotaire demeura longtemps comme le Codex medicamentariiis légal de la basse Italie ; dans ce livre il donne l'origine, les indications, le mode d'emploi et la préparation des médicaments d'après les auteurs qui l'ont précédé, et particulièrement ceux qui ont donné leur nom à divers composés. On y trouve des Grecs, des Latins, des Salernitains, mais pas un seul Arabe. Il parle bien des pilides arabiques introduites par Constantin l'Africain, mais sans autre désignation.

Ghristoforo de Onesti (1380) et Saladino d'Ascoli, qui vivait dans la seconde moitié du quinzième siècle, parlent de deux Antidotaires, un grand, très-probablement celui de Nicolas Myrepsus {voy. ce mot), très-peu usité; un plus petit, celui dont nous parlons, qui était très-répandu, précisément à cause de sa brièveté.

Cofone, le jeune, termine son traité de Arte medendi par un article sur la pharmacologie, que Nicolas a étendu et développé; c'est ce.qu'il est facile de voir en comparant les deux ouvrages. Nicolas était donc plus récent que Cofone, et peut-être son disciple (Renzi, Coll. salernit.).

L'Antidotaire de Nicolas a eu d'assez nombreuses éditions dès les premiers temps de l'imprimerie, ce qui montre la vogue dont il jouissait encore dans la seconde moitié du quinzième siècle. Veneliis, 1471, in-4°; Romce, 1476, petit in-fol.; Napoli, 1478, in-fol., etc. 11 existe aussi dans la plupart des éditions de Slesué. E. Bgd.

xicoLAS DE REGGIO (NicoLA Di Reggio) est très-avantageusement cité par Guy de Chauliac dans la préface de son Livre ; voici ce qu'il en dit : In hoc iempore in Calabria, magister Nicolaus de Reggio, in lingua grœca et latina perfeclissimus, libres Galeni translavil et eos in Curia nobis transmisit, qui altioris et perfeclioris styli videntur quant translati de arabica lingua. Ce qui ferait croire qu'à cette époque on se servait surtout de traductions des auteurs grecs faites sur des traductions arabes. On trouve dans les bibliothèques un grand nombre de manuscrits contenant de ces traductions faites pai" Nicolas de Reggio, de 1317 à 1345. Et, en effet, Renzi a découvei't des documents qui prouvent que les princes angevins l'avaient, sur la réputation de linguiste, chargé de ce travail, et il cite particulièrement un diplôme de Charles II trèsexplicite sur ce point. Dans la dédicace du livre : De passione uniuscunque par-

'224 • NICOMTIUS.

ticulce corporis, adressée par Nicolas au roi Robert, il est dit que l'empereur Andronic avait envoyé au, savant roi Robert, et sur sa demande, quelques livres de Galieu qui n'avaient pas encore été traduits en latin. Du reste, quelques-unes des traductions de Nicolas ont été imprimées dans les éditions latines de Galien, notamment celle des XVII livres qui composent le De usu partium.

D'après Origlia qui a compulsé les archives de l'Université de Naples, on trouve la preuve que Nicolas était professeur à cette Université sous le roi Robert. Au total, le médecin dont nous parlons a bien mérité de ses contemporains en leur fournissant des traductions littérales de Galien, et en introduisant de nouveaux éléments d'instruction puisés à une source plus pure que celle qui découlait de la médecine arabe. E. Bnu.

]>!iCOLE (Nicolas). Médecin italien du quinzième siècle, est né à Florence en 1357. Il faisait partie de l'ordre des dominicains, et Léandre Alberti, provincial de cet ordre, en parle avantageusement. Cet honneur lui était dû pour les ouvrages qu'il a laissés non-seulement sur la médecine, mais encore sur la philosophie et l'astronomie. François Philelphe, philosophe et grammairien illustre, faisait grand cas de lui, comme le témoignent deux lettres élogieuses qu'il lui adressa. Il paraît cependant que Nicole ne brillait pas par le caractère autant que par l'intelligence, et on dit même qu'il agit si durement à l'égard de plusieurs savants de Florence, qu'ils ne purent tenir contre ses procédés et .qu'ils s'exilèrent volontairement de cette ville. Nicole y mourut en 1450, à l'âge de soixante-treize ans. Nous citerons de lui :

I. Sermones médicinales septem. Venetiis, 1491, 4 vol. in-fol. ; nouv. édit. Ibid.,1507 et 1553. — II. Commeiilum super apliorismos Hippocratis. Bonnniœ, 1522, in-S" (édité par J.-B. Theodoaus de Parme). — III. De febribus epilome. In Collection de Venise, de febribus, p. 285. , L. IIn.

l\ICOLlDES DE Pll«DO (Jean). Médecin grec très-habile, naquit à Gramosta, en Macédoine, le 14 mars 1757, et fit de bonnes études dans sa ville natale. Mais, désireux d'acquérir des connaissances plus étendues et brûlant, d'ailleurs, d'un grand amour pour les sciences médicales, il se mit en route pour Vienne contre le gré de ses parents et sans aucunes ressources pécuniaires. Aussi dut-il s'arrêter en route àSemlin, où il se livra pendant quelque temps au commerce, et, une fois arrivé à Vienne, il fut obligé de donner des leçons de langue grecque pour vivre, et ce n'est qu'après de longs déboires qu'il fut en mesure de se présenter devant la Faculté de Vienne pour y subir ses examens de médecine; malheureusement celle-ci lui en refusa l'autorisation, parce qu'il était Grec. Après de nouveaux déboires et des démarches répétées, il finit par gagner les bonnes grâces de l'empereur Joseph II. sur l'ordre duquel la Faculté l'examina, lui conféra ses grades et l'accueillit dans son sein comme l'un de ses membres. Plus tard, l'empereur le nomma premier médecin de ses coreligionnaires grecs domiciliés à Vienne et, en lui procurant ainsi une existence honorable, le dédommagea jusqu'à un certain point de ses rêves d'avenir brisés. En 1791, il obtint des lettres de noblesse avec le titre de Pindo. Après une vie longue et bien remplie, il mourut unanimement regretté, le 12 décembre 1828, à l'âge de quatre-vingts-onze ans. On cite de lui :

I. Diss. de ptjogenia. Vieniiae, iii-i°. — II. Traité de médecine pratique, à l'usage des chirurgiens militaires et provinciaux (en lanjïue grecque), sans date. L. Hn.

MCOXITIUS (François), médecin polonais, qui vécut vers le milieu du seizième siècle, n'est certainement pas un médecin illustre, ni même un méde-

NICOTIANE. 225

cin de mérite; le seul motif qui nous ait engagé à en dire un mot, c'est qu'il est l'auteur d'un ouvrage curieux par l'invraisemblance de la thèse qu'il y soutient et qui montre bien en même temps jusqu'où peut aller un homme qui se laisse entraîner par les fantaisies de son imagination. Éloy dit bien à la décharge de Niconitius que, revenu au sentiment de la réalité, il ne voulut pas publier son ouvrage; mais il se trouva un de ses amis, moins scrupuleux, qui le fit imprimer à Cracovie. En voici du reste le titre : Bis centum et vigenti quatuor rationes diibitandi, seu argumenta unius loci, sed plurium auctoritatibus, non scriptls alibi comprobata, quitus videbatur filium natuni ex uxore, absente niarito per decennium, esse legitimum. Cracovie, loiJ, in-8. On y trouve l'épitaphe suivante: Incivile est non tota lege perspecta judicare, et une dédicace de l'éditeur aux épouses :

Cïemens lanicius ad uxores :

Conjugum adulteria prohibet Niconilius,

Jam lapsas magno proiegit ingenio :

Talem et tam doctum vobis nec prisca tulerunt

Scecula patronem, neque futura dabunt.

Avouons que les partisans du terme le plus éloigné pour les naissances tardives hésiteraient à accepter un pareil champion. L. 1L\.

XICOT (Jea>). Lorsque Christophe Colomb aborda pour la première fois à l'île de Cuba, il chargea deux hommes de son équipage d'explorer le pays. « Ces envoyés, dit l'amiral dans sa narration, rencontrèrent en chemin beaucoup d'Indiens, hommes et femmes, avec un petit tison allumé composé d'une sorte d'herbe dont ils aspiraient le parfum selon leur coutume. » Ce tison n'était qu'un petit cylindre appelé tabaco, et formé de feuilles empruntées à une planté du pays, au ISicotiana tabaccum des botanistes modernes. Le fameux végéta, ne fut pourtant importé eh France qu'au milieu du quinzième siècle, et ce fut Jean Nicot qui se chargea de ce soin. Ce personnage était ambassadeur du roi de France, François I", auprès de Sébastien, roi de Portugal. Ayant reçu d'un marchand flamand, revenu d'Amérique, l'herbe qui produit le tabac, il apprit de lui son usage, et la présenta au grand prieur à son arrivée à Lisbonne, puis, à son retour en France, à la reine Catherine de Médicis. De là les noms donnés au tabac : Nicotiane, Herbe du grand prieur, Herbe à la reine.

Jean Nicot, qui était seigneur de Yillemain, et qui était né à Nîmes en 1550, mourut à Paris en 1600, ne se doutant guère que la chétive plante qU^'il avait trouvée entre les mains des sauvages de l'Amérique viendrait changer tout à fait nos habitudes, créer un besoin de première nécessité, et devenir la source d'un des plus grands produits du fisc {voy. l'article Tabac).

Rappelons que Nicot, outre une édition très-correcte de l'histoire d'Aimoin (Aimonii monachi, qui antea Ammonii nomine circumferebatur, Hist. Franc, libri IV, Paris, 1566, in-8°), a laissé un ouvrage, recherché encore aujourd'hui, parce qu'il fut le premier essai d'un Dictionnaire de la langue française. Il porte ce titre :

Trésor de lalangue françoise tant ancienne que moderne.... Paris, 1606, in-fol. A. C

IVICOTOOÉ. Crustacés de l'ordi'e des Suceurs qui vivent sur les branchies des homards. Le corps de la femelle s'élargit et loge de chaque côté une expansion du canal intestinal que le mâle ne présente pas. P. Gerv.

IVICOmXE. Voy. Tabac.

DICT. ENC. 2' S. XIÏÏ. 15

226 NICOTINE (Chimie).

I^ICOTIAXII^E. § I. Chimie. Corps mal défini et peu étudié. Il constitue ce que l'on appelle essence de tabac, et que l'on obtient en distillant des feuilles de cette plante avec une certaine quantité d'eau. Quand la distillation est opérée depuis quelques jours, une substance cristalline se réunit à la surface du liquide. C'est la nicotianine distillée. Elle a l'apparence du camphre, est volatile et insoluble dans l'alcool etTéther. Son odeur rappelle celle de la fumée de tabac; sa saveur est acre et amère. La nicotianine est soluble dans la potasse, et les acides dilués ne l'attaquent pas. Distillée avec des alcalis fixes elle donne de la nicotine (Hermbstaedt, Jotirn. fur Chem. u. Phys. v. Schweiger, t. XXXI, p. 44?y. — Possets et Reimann, Mayaz. fur Charm., t. XXIV, p. 138. — Barrai, Compt. rend, de VAcad., t. XXI, p. 1374. Voy. Tabac.)

§ II. Aetion pliysiolo'ïiqne. La nicotianine serait, d'après Jonhston, un des agents actifs des phénomènes qu'on observe chez les fumeurs. Elle s'y trouve associée à l'acide carbonique, au carbone, à l'ammoniaque, au cyanure d'ammonium et à la nicotine.

Nous ne connaissons pas encore suffisamment ses propriétés spéciales. Nous savons toutefois que, appliquée sur la langue, elle y détermine la même sensation que le tabac fumé ; Hermbstaedt, après en avoir avalé un grain, éprouva des vertiges, des nausées et des envies de vomir ; introduite dans les fosses nasales, elle provoque, comme le tabac, des éternuments. A. B.

I^ICOTIAKIQUE (Acide). Weidl a donné ce nom à un corps qu'il a obtenu en oxydant la nicotine par l'acide nitrique. Ce corps acide, incolore, cristallisé, se combinerait aux alcalis, et aussi aux acides comme les acides amides. On lui donne pour formule : C^"H*Az^O^

C20H**Az2 H- 120 = C^^H^Az^O^ + SH^O^

Nicotine. Acide

nicotianique.

L'adjonction de 12 équivalents d'oxygène à la nicotine aurait donc pour résultat l'oxydation de la nicotine par 6 équivalents de 0, la formation de Vacide nicotianiqiie et de 3 molécules d'eau.

Ce serait le même corps que celui déjà obtenu par Huber sous le nom d'acide carbopyridique par l'oxydation de la nicotine sous l'influence de l'acide chromique.

Traité par la chaux, l'acide nicotianique donnerait en effet de la pyridine : Cm^Az. A. B.

^ICOTI^'E. C^^IP^Az^. § [. Chimie. Alcaloïde que l'on trouve dans diverses espèces de tabac {nicotiana) dans des proportions qui varient suivant la provenance de la plante. Voici la liste des teneurs moyennes constatées au laboratoire de la manufacture de Paris :

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