‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.65Chapitre 22 sur 90 · NISBET · texte numérisé non relu

NISBET

hoquet, si l'on en mange beaucoup. Le suc des feuilles a les mêmes propriétés que le fruit ; on l'emploie contre les taies des yeux. Mérat et DE Lens. Dict. IV, 626. Pt.

«IIOTA. Lamarck {Illustr., t. 299) a désigné sous ce nom un genre de plantes de Madagascar qui renferme des végétaux ligneux de Madagascar, d'une grande amertume et de qualités analogues à celles des Quassia. On sait aujourd'hui que ce sont des Quassiées ou Simarubées du genre Samadera {voy. ce mot), II. Bi\.

RIIOTOIJT, ]\iOTTOUT. D'après Adanson, c'est le nom d'un arbuste épineux de l'Afrique tropicale occidentale, qui donnait la Myrrhe. Aussi croit-on que c'est ÏHenJelitia qui appartient au genre Balsamen de Gleditsch, nommé depuis par Kunth Balsamodendron [voy. ce mot). H. Bn.

XIPA. Genre de plantes monocotylédones, qui forme à lui seul une petite famille, établie par Brongniart, voisine des Pandanées et des Palmiers. La seule espèce du groupe est le Nipa fruticajis, qui a le port d'un palmier à stipe inerme, épais, court, spongieux intérieurement, couronné de grandes feuilles penniséquées, à pinnules fermes et étroites. Les fleurs sont unisexuées, les mâles et les femelles enveloppées dans ime même spathe polyphylle. Les premières ont trois sépales, trois pétales et trois étamines à anthères adnées ; les secondés se réduisent à un pistil composé de carpelles distincts, obliquement tronqués, muni à sa base de quelques squamules.

Le fruit est formé de drupes d'un brun marron, contenant une seule semence, à sarcocarpe épais et fibreux, à endocarpe libro-ligneux, perforé à sa base : ils forment par leur ensemble un capitule volumineux. La graine contient un albumen cartilagineux, creux au centre.

La plante habite les lieux marécageux et les estuaires des grands fleuves de l'Inde et des Moluques. Le spadice reste attaché à l'arbre plusieurs années : la graine a germé, pendant ce temps; le fruit tombe dans la mer et est transporté au loin, répandant ainsi l'espèce.

L'albumen, avant d'arriver à l'état cartilagineux, est comestible ; on y ajoute généralement du sucre pour en relever la sapidité.

Le spadice donne un suc qui fournit aux habitants des Philippines et de la Cochinchiue une liqueur fermentée alcoolique et du vinaigre. Les frondes servent à couvrir les cases; on en fait aussi des chapeaux et des porte-cigares.

Lemaout et Decaisne. Traité général de botanique, 639. Pl.

IMIRA-POOSEE. Nom d'une racine trouvée à Siam par le docteur Finlayson. Râpée et mise dans l'eau, avec une autre racine appelée Soonge-Koong , elle est employée contre les aphthes.

AiNSLiE. Materia medica, II, 250. Pl.

nilRLïALA. D'après Ray {Historia Plantarum), on donne ce nom au Malabar à un grand arbre dont les feuilles fournissent un suc diurétique. Broyées et mêlées avec du sel, du camphre, etc., on peut les employer en cataplasmes, qu'on applique avec succès sur les tumeurs froides, etc. Pl.

^ IWISBET (William). Né à Edimbourg en 1759, fit ses études médicales à Edhubourg, devint membre du collège des chirurgiens de cette ville, et s'est fait connaître par ses travaux sur les maladies vénériennes et le cancer. Il a publié

NISSEN. 255

aussi un certain nombre de guides pour les étudiants. Il est mort à Edimbourg

en 1822. Nous connaissons de lui :

I. First Lines of the Tlieonj and Practice in Venereal Diseuse. Edimbourfr et Londres, 1787, in-S"; trad. en français par Petit-Radel. Paris, 1790, in-8°. — II. An Inyitirii into the Hislory, Nature, Causes and différent Modes of Treatment hilherto pursued in the Cure of Scropliula and Cancer. Edimbourg et Londres, 1795, in-8°. — III. The Clinical Guide or a Concise View of the Leading Facts on the History, Nature and Cures ofDiseases; to which is Subjoined and Praciical Pharmacopœia, into threc Parts. Edimbourg et Londres, 1793, in-1'2 ; autres éditions, 17913, 1800, in-12. — IV. The Clinical Guide; or a Concise Wiew of the Leading Facts on the Hislory, Nature and Treatment of the Diseuses of Infanaj and Childhood; wit han Appropriate Pharmacopœia. To which is Subjoined an introduction toNosology. Londres, 1800, in-S". —V. The Clinical Guide; or a Concitie Uïeu' of the Leading Facts on the History, Nature and Treatment ofthe varions Diseases that for m the Subject ofMidwifery, or attend Ifie Pregnant, parlurient and Puerpéral States. Intended as a Mémorandum Bookfor Practilionner%. To which is Subjoined an Obstétrical Pharmacopœia, divided into three Parts: Viz. materia medica, Classification, and cxlcmporuneous Prescription. Edimbourg et Londres, 1800, in-8°. — VI. A Clinical Pharmacopœia, or the General Principles of Practice and Prescription . Londres, 1800, in-S". — Vil. A Practical Treatise on Dict. and on the most Salutary and Agréable Means of supporting Life and Health, by Aliment and Regimen, adapted to the Varions Circumstanccs of Age, Constitution, Climate, etc. Londres, 1801, in-8''. — VllI. On Milk and ils Préparations in Comm. and Agric. Magazin, 1801. — IX. A Médical Guide for the Invalida, to the principal Watering Places in Great-Britain : Containing a View of the Médicinal Èffects of \Valer : i" T/urst as Applied to the Body in its simple State; 2" as Exhibitrd in ils Impregnale or Minerai Form ; ô" as Employed in this Form for the Cure of Particular Diseases and wit h their Modes of Treatment ; 4° as Assisted in its Effects by the Situation and Climate of the Watering Places Rejyaired to. Londres, 180i, in-12. — X. ^ General Dictionary of Chemislry containing the Leading Principles of the Sciences, in Regard to Facts, Experiments and Nomenclature. Londres, 1805, in-12. — XI. The Médical Friend to Asthmatic Patients. Londres, 1815, in-12. A. D.

KISSA. La plante de ce nom, des îles Célèbes, est, d'après le Dictionnaire des sciences naturelles (XXXV, 9), cité par Mérat et deLens [Dict. Mat. inéd., IV, 627), un Palmier dont les feuilles sont comestibles, et qu'il ne faut pas confondre avec les Nyssa, qui sont les Tupélos de l'Amérique du Nord. Bn.

XISSEX (Woldemar-Andre.vs) , célèbre accoucheur allemand, naquit à Hambourg le 14 juillet 1764. Reçu docteur en médecine et en chirurgie à Gottingue en 1789, il s'établit tout d'abord à Rendsburg, où il fut nommé médecin de la ville; en 1796 il devint médecin des villes de Scgeberg et de Oldesloe, ainsi que des cantons de Segeberg et de Travendahl. Plus tard il se fixa à Altona, oii il devint, en 1805, membre du conseil dirigeant l'établissement d'accouchement de la ville, et en 1819 médecin de la ville. Il s'acquit beaucoup de renommée surtout comme professeur d'accouchements. (1 était de plus membre de la commission sanitaire d'Altona, directeur du Collège anatomique et de l'Institut vaccinal, et avait obtenu, le 51 juillet 1815, la croix de chevalier de l'Ordre de Dannebrog. Ce savant médecin est mort le 5 février 1832. On connaît de lui :

I. Dissert, inaug. med.-chir. de polypis uteri et vagiiiœ, novogiie ad eorum ligaluram instrumento. Gottingse, 1798, in-4''. — II. Beschreibung eines sehr bequemen, einfachen und wohlfeilen Entbindungslagers ; nebst einigen Uemerkungen ans der practischen Geburtshiilfe. Hamburg-, 1801,in-4°. — III. Bemerkungen iiher den Missbrauch der instnimente in der Geburtshiilfe. Hamburg, 1803, in-8°. — IV. Beschreibung der neueingerich- Icten Entbindungs-Lehranstalt in Altona. Altona, 1812, petit in-8°. — V. Bemerkungen liber die Kuhbtattern. In Schleswig-Holstein' s Blâtter, Bd. II, st. 6, p. 153, 1799. — YI. Geschichte einer Arsenikvergiftung. In Nord. Archiv fur Natur und Arzneiwissenschaft, Bd. I, st. 2, p. 525, 1800. — Vil. Ueber (fie Gefahren der Kuhblattcrnimfung von Menschen auf Menschen und iiber die besten Mille! diesen Gefahren zuvorzukoinmen, etc. Ibid. Bd.III, St. 2, p. 1, 1803. — Vill. Vorschlag zur Veredlung des Schlesw.-Holst. Hebammenwesois, etc. Ibid., p. 107. L. Hs.

256 KITRE.

WISLS FORMATIVL'S. L'expressioii nisus ou nixus formativus désigne l'effort, le travail de la nature, pour la formation des parties de l'organisme ou pour leur régcnération. Le' nisus exprime une simple énergie de la matière vivante, dont les effets peuvent être empêchés ou déviés par les conditions de milieu où elle s'exerce. D.

NITIDÈLES. Voy. Araignées.

IVITRACROL, ou CHOLACROL, corps huileux, jaunâtre, d'odeur acre, peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et dans l'éther, qui se produit dans la préparation de l'acide cholestérique et dans celle de l'acide nitrocholique, par la réaction de l'acide nitrique sur l'acide choloïdique. D.

niiTRATES. Voy. Azotates.

NITRE. § I. Chimie Syn. : salpêtre, sel de nitre, nitrate de potasse, azotate de potasse. Le nitre est très-répandu aux Indes, en Egypte, à l'île de Ceylan, en Espagne et dans certaines localités de l'Italie et de la France méridionale : on le trouve tantôt à la surface du sol, tantôt dans le calcaire secondaire. C'est en Amérique qu'il en existe des quantités vraiment prodigieuses. La Pamba del Tamaragual, élevée d'environ 1,000 mètres au-dessus du niveau de l'océan Pacifique, en présente des gisements intarissables. Les Péruviens désignent sous le nom de caliche un mélange naturel de sable, d'argile et de nitre, où ce sel se trouve dans la proportion de 20 jusqu'à 65 pour 100. Le mélange est si dur qu'il faut employer la poudre pour l'exploiter. Le caliche forme des couches de 2 à 5 mètres d'épaisseur sur un développement de 80 à 400 mètres.

Dans les pays fi'oids ou tempérés, la nature en produit moins, mais en revanche elle produit assez abondamment des nitrates terreux ; c'est surtout aux environs des latrines, dans les endroits humides et dans quelques terres cultivées : on enlève ces nitrates à leurs gisements en les transformant en nitrate de potasse, ou nitre, par double décomposition.

Avant déparier des opérations nécessaires pour obtenir le nitre tel qu'il doit servir à la confection de la poudre de guerre, qui est son principal emploi, il est bon de faire remarquer que le nitre du Pérou, qui aujourd'hui sert à la préparation du nitre ordinaire, est de l'azotate de soude. C'est par des transformations chimiques que ce sel devient azotate de potasse, ou nitre proprement dit.

Le Pérou distribue donc au monde entier la matière première qui sert à la fabrication du nitre ou nitrate de potasse : cette matière première, déjà épurée sur place et ramenée au point où elle sera livrée aux fabriques de nitre, doit présenter la composition suivante :

Nitrate de sodium 96,00

Chlorure de sodium 1,00

Sulfates solubles 0,50

Matières insolubles 0,25

Eau 2,25

Pour obtenir le nitrate de potasse (nitre) avec le nitrate de soude (nitre du Pérou), on mêle à chaud du chlorure de potassium à une solution de nitrate de soude. Il se forme immédiatement, par suite d'un double échange ou d'une double décomposition, du chlorure de sodium (sel marin) qui se dépose et du nitrate de potasse (nitre) qui reste dissous et dont on concentre la solution jusqu'à 52° de l'aréomètre de Eaumé avant de le faire cristalliser.

NITRETIIANE. 251

Pour purifier le nitre on a recours à une dissolution et à une cristallisa liork nouvelles. Le lavage à l'eau froide et le tourbinagc (emploi de la tourbine) com plètent l'opération. Enfin, pour l'obtenir dans l'état de pureté nécessaire pou être employé à la confection de la poudre de guerre, on le fait cristalliser e neige, c'est-à-dire en tout petits cristaux, ce qu'on atteint en troublant la cristallisation. Le produit étant bien égoutté, ou le sèche sur des plaques métalliques convenablement chauffées.

Préparé de la sorte, le nitre est de l'azotate de potasse presque chimiquement pur, et possède toutes les propriétés de ce sel, propriétés qui seront décrites ailleurs [voy. Potasse (azotate de)]. M.

^ II. Emploi médical. Le nitre est employé en hygiène, non pas pour consei'^ver les viandes, mais pour donner aux viandes conservées un aspect rosé [voy. Conserves).

En thérapeutique, il constitue un agent diurétique et fluidifiant {voy. ce mot) ; mais, pour ce qui concerne les propriétés physiologiques et thérapeutiques du nitre, nous renvoyons au mot Potasse, où il sera utile d'établir, au point de vue de l'action médicamenteuse, un rapprochement entre divers sels de potasse,

IVITRÉS (Composés). Les composés nitrés, appelés encore nitrogénés, sont ceux dans lesquels un résidu mono-atomique AzO^ remplace un atome d'hvdrogène. On les obtient par plusieurs méthodes. Il suffira, dans une publication du genre de celle-ci, de faire connaître une de ces méthodes, avec les résultats obtenus. Nous en empruntons la description au Dictionnaire de chimie de notre collaborateur, M. Wiirlz.

« On fait agir sur les composés où l'on veut substituer la vapeur nitreuse l'acide azotique fumant, ou mieux un mélange de nitre et d'acide sulfurique concentré en excès :

C'»H'(ÂzO^) -f H^O;

Isitio-naphtaline.

Ci«lP +

AzO^H =

Naphtaline.

Acide

azotique.

AzO'H =

Acide

benzoique.

C'IP(Az02) -\- WO ».

Acide nitro-benzoïque,

JX'ITBÉTUAXE C^H^AzO^ Liquide isomère de l'élher nitreux ou azotate d'éthyle C*IP0,Az0^. Il est incolore, très-réfringent, d'une odeur éthcrée spéciale. Sa densité à 13° est de 1,0582; sous la pression de TS?"", il bout entre 115" et 114°. 11 brûle avec une flamme pâle, et sa vapeur ne détone pas.

On le prépare par la réaction de l'iodure d'éthyle sur l'azote d'argent.

Le nitréthane fournit de 1 éthylamine pure ( H >Az j par l'action du fer et

de 1 acide acétique. Cette réaction montre que la constitution chimique du niti'éthane n'est pas la même que celle du nitrite d'éthyle, avec lequel il est isomère, puisque ce dernier composé soumis à l'action désoxydante du fer et de. l'acide acétique ne donne pas la moindre trace d'éthylamine.

La potasse à 100° décompose le nitréthane en ammoniaque, azotite de potasse,. et en une huile à odeur de menthe. Ce même agent décompose le nitrate d'éthyle en nitrite de potasse et en alcool.

Le nitréthane constitue un acide faible ; il est soluble dans les alcalis, et s'ert DICT. EKC. 2° s XUI. 17

2r.8 NITRIFICATION.

sépare par l'addition d'un acide. Le sodium l'attaque avec dégagement d'hydrogène, lorsqu'il est dissous dans la benzine. En même temps que l'hydrogène se dégage, il se forme une poudre blanche détonant avec violence quand on veut la dessécher [Dautsch. Chem. Gesels., t. V, p. 203, 599 et 514; Bull, de la Soc. chim., t. XVII, p. 354, et t. XVIII, p. 74). M.

KITRECX. Voîj. Azoteux.

RJITRIFICATIOÎV. On appelle ainsi l'ensemble des phénomènes qui déterminent la formation naturelle ou artificielle des nitrates [voy. Netre). Ces composés résultent de la combinaison de l'acide nitrique ou azotique avec des base s alcalines ou terreuses (potasse, soude, magnésie, chaux). Les bases qui interviennent dans la nitrification proviennent de la terre où ce phénomène s'accomplit ; on sait que la potasse, la soude, la magnésie et la chaux, soit toutes à la fjis, soit quelques-unes d'entre elles seillemenl, se trouvent, en des proportions diverses, présentes dans tous les sols. Il en est autrement de l'acide nitrique ou azotique composé d'oxygène, d'azote et d'hydrogène, ou si l'on aime mieux, composé d'oxygène, d'azote et d'eau. Il lïen existe pas des masses dans la nature. D'où provient donc cette grande quantité que l'on trouve dans les nitrates, qui se forment sous nos yeux, ou qui se sont accumulés depuis un temps incalculable dans certaines localités? C'est de la réponse à cette question que dépendra l'idée plus ou moins nette qu'on se fera de la nitrification.

L'atmosphère terrestre est principalement formée d'oxygène, d'azote et de vapeur d'eau. Voilà donc une source inépuisable dés éléments de l'acide nitrique. Il s'agit d'établir par quelles inlluences les principes de l'air peuvent s'associer chimiquement pour pi'oduire cet acide.

Dès 1786, Gavendish, physicien anglais, avait montré qu'en présence d'une base alcaline ou terreuse, potasse ou chaux, un mélange d'azote et d'oxygène soumis à une longue série d'étincelles électriques diminuait de volume en même temps qu'il se formait une quantité appréciable de nitrate de potasse et de chaux. Soixante-quinze ans environ plus tard, MM. Frémy et Ed. Becquerel, en faisant passer pendant longtemps l'étincelle électrique dans un mélange sec d'oxygène et d'azote, remarquèrent la formation d'hyponitride ou d'acide hyponitrique, substance gazeuse composée d'azote et d'oxygène, et qui a la propriété de se transformer en grande partie en acide nitrique, une fois qu'elle est mise en contact avec de l'eau {voy. Azote, ses composés oxygénés). Les éclairs qui sillonnent l'atmosphère, les décharges électriques qui ont lieu dans l'air et qui sont presque incessantes dans les climats chauds et notamment dans les régions équatoriales, sont donc autant de causes déterminantes de la formation d'acide nitrique ; fait du reste amplement confirmé par la présence presque constante de nitrates ou d'acide nitrique dans les eaux pluviales et particulièrement dans celles d'orage.

L'oxygène et l'azote s'unissent encore pendant les combustions lentes et vives. Si, en effet, on fait détoner dans un eudiomètre un mélange d'azote, d'oxygène et d'hydrogène, il se formera de l'eau par suite de la combustion de l'hydrogène et en même temps de l'acide nitrique. Quand une lampe à huile brûle, on remarque parmi les produits de la combustion de l'huile de l'acide nitrique; on en constate également la présence dans les débris poreux renfermant des substances oxydables (tel que sulfure de fer, par exemple) et humectés par une dissolution de carbonates alcalins, lorsque ces débris sont exposés à un courant d'air pendant un temps assez prolongé.

NITRIFICATION. 259

La combustion lente que subissent dans le sol, et notamment dans tes terres arables, les substances humiques et les détritus organiques, sous la triple influence de l'humidité, de la porosité et d'une température suffisamment élevée, est suivie par une production d'acide carbonique et en même temps d'une cei*taiue quantité d'acide nitrique. Parmi les substances qui sont très-répandues dans la nature, quoique en faible proportion, il convient de citer l'ammoniaque (voy. Ammoniaque). Produit constant des putréfactions et des décompositions des matières organisées azotées, végétales et animales, il est naturel qu'il se trouve dans les lieux habités, dans le voisinage des fosses d'aisance non étanches, dans les écuries, dans les étables, dans les fosses à fumier, partout, en un mot, où sont réunies les conditions d'humidité et de chaleur les plus favorables à sa production. Mais l'ammoniaque, par l'effet d'une combustion lente provoquée par l'action de l'oxygène atmosphérique, surtout de l'oxygène ozonisé {voy. Ozo-ne), aidée par celle de la porosité, se transforme en acide nitrique à son tour. Disons plus : d'après les expériences de Schœnbein et de Schseffer, rien que par son évaporation à l'air, l'eau engendre du nitrite d'ammoniaque aux dépens de l'azote athmosphérique, et probablement grâce à l'intervention de l'ozone. Ce nitrite, par les actions oxydantes naturelles, passe à l'état d'acide nitrique. On le voit, les sources de cet agent fondamental de la nitrifîcation sont nombreuses ; mais les unes sont trop peu de chose pour peser dans la balance de la production ; les autres semblent faire délaut précisément là où l'on trouve le nitre en masses extraordinairement considérables, ou bien encore là où la formation du nitre ne se ralentit pas un instant.

Chercher aujourd'hui à préciser les conditions dans lesquelles se sont formées, dans les régions équatoriales, les masses de nitre qu'on exploite à la façon des mines, serait complètement inutile; ces masses, contemporaines peut-être d'âges géologiques très-reculés, ne révéleront jamais le secret de leur formation. H en est autrement des nitrières naturelles des pays chauds, qui, produisant du nitre pour ainsi dire sous nos yeux, nous permettent de les soumettre à un examen attentif et d'écarter les appréciations inexactes dues à de fausses apparences et à des observations trop superficielles.

M. Boussingault, en faisant connaître l'analyse de la nitrière naturelle de Tacunga (États de l'Equateur), a singulièrement facilité l'étude du sujet qui nous occupe. Yoici cette analyse {Comptes rendus, 18G4, t. LIX, p. 218) :

Azote des substances organiques. .... 0,243

Acide nitrique 0,974

Ammoniaque 0,010

Acide phosphorique 0,400

Chlore 0,593

Acide carl>onique traces

— sulfurique 0,023

Potasse et ioude 1,050

Chaus 1,256

Magnésie 0,873

Oxyde de fer 2,430

Sable, débris de ponce 85,194

Eau 5,150

Matières organiques et perte 6,000

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