NITROGLYCÉRINE
molécule d'hydrogène a été substituée par (AzO*) (Cahours, Comptes rendus^ t. XXIV, p. 557 ; t. XXVI, p. 315 ; t. XXX, p. 521; Rittliausen, Journ. fur prakt. Chem., t. LXI, p. 79; Nicholson, Chem. Soc. Quart. Journ., t. I, p. 2).
XlTROCt'MlDlXE. C^^H'-Az^O*. Cet alcalaoïde est le produit de l'action réductive du sulfhydrate d'ammonium sur le binitrocumène. Celte substance se présente sous la forme d'écaillés cristallines jaunes. Elle est fusible au-dessous de 100" ; en se refroidissant elle se prend en une masse formée d'aiguilles radiées. Elle est insoluble dans l'eau, et facilement soluble dans l'alcool et l'éther. A la distillation elle passe en partie inaltérée, tandis qu'une autre partie se décompose. Elle neutralise les acides les plus énergiques, et donne naissance à des sels pour la plupart cristallisables (Cahours, Comptes rendus, t. XXVI, p. 315; t. XXX, p. 521). M.
T¥lTROEt).\A\TniXE (AciDE nitroeuxanthinique). C^IP^AzO^'. Produit acide provenant de l'action de l'acide azotique chaud sur l'euxanthine. M.
KITROFORME. Formène trinitré. C-HAz^O'^ Pour obtenir le nitroforme, on fait bouillir le triuilroacétonitrile avec de l'eau, et l'on évapore ; il se dépose des cristaux d'un sel ammoniacal qu'on traite par l'acide sulfurique concentré. Le nitroforme vient surnager la couche acide sous forme d'un liquide trèsfluide, qui se solidifie au-dessous de 15°. Ou le purifie en le faisant cristalliser plusieurs fois par refroidissement, et en décantant la partie restée liquide.
Le nitroforme cristallise eu cubes incoloz'es fusibles à 15° et solubles dans l'eau, qui prend une couleur jaime foncé ; son odeur est très-désagréable, et sa saveur fortement amère. 11 est très-inflammalde et détone avec énergie, lorsqu'on le chauffe brusquement ; vers 100° il s'altère profondément, en dégageant des gaz. Le nitroforme est un acide dont les sels sont d'un beau jaune et cristallisables ; ils détonent et se décomposent quelquefois spontanément (Schiscskoff, A7in. de chim. et de phijs. (5), t. XLIX, p. 524. Ann. der Chem. u. Pharm., t. Cl, p. 215 ; t. cm, p. 564 ; Comptes rendus, t. XLV, p. UA). M.
IVITROGLYCÉRIXE. Liquide très détonant découvert en 18 i7 par M. So-
brero, chimiste italien. C'est dix-sept ans après sa découverte, en 186i, que l'on a commencé à utiliser dans l'industrie les propriétés explosives de cette substance. Les premières fabriques furent installées en Suède par M. Nobel, et de là elles se sont répandues par toute l'Europe et en Amérique. Les grands dangers que l'on court à manier et surtout à transporter cette substance, à cause de la facilité avec laquelle elle fait explosion ; les catastrophes épouvantables qu'elle a occasionnées en ont fait abandonner l'usage direct. Aujourd'hui ce n'est qu'après l'avoir associée en des proportions diverses à des matières inertes, comme la silice Irès-divisée, par exemple (Dynamite), que l'industrie l'a substituée à la poudre de guerre dans l'exploitation des raines, et le génie militaire dans une foule de circonstances qu'il est inutile d'énumérer ici.
La nitroglycérine s'obtient promptemeut et sans danger, en suivant le procédé indiqué par M. Champion {La Dynamite et la Nitroglycérine, par M. P. Champion. Paris, librairie Baudry). On verse dans un verre à expérience 100 grammes d'un mélange formé d'une partie d'acide azotique fumant, et de deux parties d'acide sulfurique ta 66°, puis on laisse couler lentement sur la paroi intérieure IB^SÔ de glycérine à 51°. La glycérine se répand à la surface du mé-
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lange. Ou agite brusquement le tout avec une baguette en verre, et peudaul quelques secondes seulement. On verse alors rapidement le mélange dans un vase contenant un ou deux litres d'eau; la nitroglycérine se dépose, sous la forme d'une huile pesante d'aspect laiteux. Ainsi préparée la nitroglycérine renferme une notable quantité d'acides libres, que des lavages réitérés n'enlèvent pas, et dont on ne parvient à se débarrasser que par son contact assez prolongé avec une solution de bicarbonate de soude. Une fois purifiée des acides libres, la nitroglycérine doit être desséchée dans le vide de la machine pneumatique, en présence d'acide sulfuriqire concentré.
Tel est le procédé suivi dans les laboratoires pour obtenir de petites quantités de ce produit. Les procédés industriels qui ont pour but la production de grandes niasses de nitroglycérine ne peuvent être décrits que dans des ouvrages spéciaux de chimie technologique.
La nitroglycérine est inodore ; sa saveur est d'abord sucrée, puis légèrement brûlante. Sa densité est de 1,60; elle est soluble en toutes proportions dans Tétlier et l'alcool méthylique. Dans l'alcool ordinaire à 56", sa solubilité, qui est d'abord faible, augmente avec la température. L'eau sépare la nitroglycérine de ses dissolutions alcooliques. La dissolution méthylique de nitroglycérine se conserve plusieurs années, sans s'altérer. Vers iOÛ", la nitroglycérine est légèrement volatile sans décomposition. La tension de sa vapeur dans le vide a été trouvée, par M. Morin, de 5'""' à lo" ; de 27""" à 87", et de 50""" à 100°. Soumise pendant plusieurs heures à — 15°, elle s'épaissit sans se congeler, tandis que maintenue à 0° pendant trente à quarante heures elle se prend en une masse cristalline. Une fois congelée, elle ne reprend sa fluidité qu'au bout de longtemps, quand on la soumet à une température de -h 8 à -f-lO". L'acide nitrique fumant et l'acide sulfurique à 66, c'est-à-dire les acides qui servent à sa préparation, la décomposent par un contact suffisamment prolongé. Par une action quelque peu continuée des dissolutions concentrées alcalines, la nitroglycérine noircit, et donne naissance à des azotates. A la température ordinaire elle ne se décompose pas, même après plusieurs années. Toutefois, sous l'influence prolongée d'une température de 100" à 120'% elle devient acide, et, à partir de ce moment, la décomposition se continue. D'après les expériences de M. Champion, la nitroglycérine ne détone pas à 180°, ainsi qu'on l'admet ordinairement, mais bien à 257°. Au rouge sombre elle prend l'état sphéroïdal, et se volatilise purement et simplement. L'explosion de la nitroglycérine peut être déterminée ])ar le choc aussi bien que par une température élevée ; néanmoins, dans les applications en grand, la détonation paraît due moins à h chaleur qu'à l'action mécanique produite par l'explosion de l'amorce. Telle est l'opinion de M. Âbel. Mais M. Berthelot, en discutant l'action du choc sur la nitroglycérine, fait jouer à la chaleur un rôle dont les théories thermodynamiques peuvent rendre compte [Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. LXXl, p. 715). « Il suffit d'admettre, dit M. Berthelot, que, les pressions qui résultent du choc exercé à la surface de la nitroglycérine étant trop subites pour se répartir uniformément dans toute la masse, la transfonnation de la force vive en chaleur a lieu surtout dans les premières couches atteintes par le choc; celles-ci pourront être portées ainsi jusqu'à 190°, et elles se décomposeront aussitôt en produisant une grande quantité de gaz. La production de ceux-ci est à son tour si brusque, (pie le corps choquant n'a pas le temps de se déplacer et que la détente soudaine des gaz de l'explosion produit un nouveau choc, plus violent