LUTZ
NITROPHÉNIQUE. 283
NlTRO\'APBTALIMQUE OU XITROPOTALlXlÇtE 011 XITBOXWA-
PHTAliiQL'E (acide) {voy. Nitronaphtols).
KiTROXAPHTOLS. Par l'action de l'acide azotique sur les naplitols, on obtient les naphtols binitre's. On chauffe à 100° le naphtol avec un mélange d'acide sulfurique et d'acide azotique, et on lave avec de Teau le produit de la réaction.
Le dinitronapthol est employé en teinture sous le nom de jaune cVor. Il est cristallisé, jaune, presque insoluble dans l'eau bouillante, difficilement soluble dans l'alcool, l'éther et la benzine ; il joue le rôle d'un acide et décompose le? carbonates alcalins ; ses sels sont de couleur orangée.
Le dinitronapbtol est une belle matière colorante jaune ; il teint directement la laine et la soie, sans mordant; son pouvoir colorant est extrêmement intense : 1 kilogramme de sa combinaison sodique suffit pour teindre en jaune intense 200 kilogrammes de laine. Lutz.
XiTROXAPnTiXAMiXE. C^^'H^Az-Q^ Si l'on fait passer de l'hydrogène sulfuré sur de la dinitronaphtaline (nitronaphtalèse de Laurent, C^'^H'AzO*) arrosée d'alcool et d'ammoniaque, il se forme de la nitronaphlylamine, corps ciistallisable dans l'eau en petits cristaux rouges et brillants, fusibles à I18°-H9°. Ce composé est une base salifiable. On en connaît le sulfate, qui est en longues aiguilles incolores et brillantes (Beilstein et Kuhlberg, Zeitschr. fur Chem., t. VII, p. 2H, et Bull, de la Soc. de chim., 1871, t. XVI, p. 150). M.
!V'lTROPAPAVÉRi\'E. C^^H-oAz'Ûi^ + ^Aq. En traitant par uu excès d'acide azotique la papavérine ((>-II-iAzO^) que Merck a retirée de l'opium, il se dégage des vapeurs rutilantes, et il se dépose des cristaux colorés de nitropapavérine. Mais la majeure partie de cet alcaloïde reste dissoute dans la niasse acide sous la forme d'azotate, d'oiî l'ammoniaque la précipite en flocons jaune clair qui, repris par l'alcool bouillant, se déposent en aiguilles cristallines d'un jaune rougeâtre pâle.
Cette base est insoluble dans l'alcool froid et dans l'éther ; elle ramène au bleu le papier de tournesol rougi par un acide, et en se combinant avec les acides forme des sels colorés en jaune rougeâtre pâle, peu solubles dans l'eau. Lorsqu'on la chauffe, elle fond d'abord, puis se charbonne rapidement. Traitée par une solution concentrée et bouillante de potasse, elle dégage des traces d'une base volatile (Hesse, inn. der. Chem. u. Pharm., t. CLIII, p. 47; Deutsch. Chem. Gesells., t. IV, p. 375, et Bull, de la Soc. de chim., 1870, t. \1V, p. 76, t. XVI, p. 544). M.
\'lTROPHÉiVTQUE (Acide). ISitrophénol. C'«H^4zO^ Pour obtenir ce composé, Fritzsche emploie deux parties d'acide phénique ou phénol pur, dissous dans cent parties d'eau, ajoute à la solution chaude trois parties d'acide azotique d'une densité de 1,51, et soumet le mélange à la distillation. Il passe d'abord des gouttes huileuses d'acide nitrophénique, qui cristallisent par le refroidissement, et plus tard une solution aqueuse d'acide nitrophénique. Les premières portions de cette solution laissent déposer des cristaux d'acide nitrophénique quand on les refroidit à 0°. Il reste dans l'appareil distillatoire de l'isonitrophénol, corps isomère de l'acide nitrophénique. On purifie l'acide nitrophénique par une nouvelle distillation avec l'eau et par cristallisation dans l'alcool ou dans l'éther.
284 NITROI'IIYLLIGKMNE.
L'acide nitropliéniqiie ou nitrophéiiol cristallise eu prismes d'un jaune paille, d'une odeur aromatique et d'une saveur sucrée. Il fond à 45» et se solidifie à la même température en une masse cristalline. Il bout à 214°; peu soluble dans l'eau froide, il se dissout plus facilement dans l'eau chaude, l'alcool, l'éther, la benzine et le sulfure de carbone. Par l'action du sulfhydrate d'ammoniaque, il fournit un dérive amidé. Traité par le brome, il donne un dérivé monobromé, et, traité par Tiode, il fournit un dérivé monoiodé. Les nifrophénates sont colorés eu rouge écarlate ou en orangé suivant leur quantité d'eau de cristallisation (Fritzsche, Bull, de VAcad. de Saint-Pétersbourg, t. XVI, p. H, et Ami. de cliim. et dephijs. (5), t. LV,p. 485). M.
NITROPHÉMSIQUE (AciDE.) AcMe diiutropliénique. C'*H*Az-0'°. Produit de l'action de l'acide azotique sur l'acide phonique. Cet acide ci'istallise en prismes; il est sans odeur, a une couleur blonde et une saveur amère. Il colore fortement la peau en jaune. Il brûle au contact de l'air avec une flamme fuligineuse et il se transforme en acide picriqiie (acide trinitrophénique) par l'action de l'acide azotique bouillant. Les nitropliénisates détonent légèrement lorsqu'on les chauffe. M.
rwiTROPnÉxi'LE. Dinitrophényle. C^^IPAz^O^ Lorsqu'on dissout le phényle ou diphényle dans l'acide azotique fumant, il se forme une bouillie cristalline, qu'on filtre sur du coton-poudre. On lave à l'eau, et on fait bouillir avec de petites quantités d'alcool tant que celui-ci se colore en jaune. On dissout ensuite dans l'alcool bouillant la masse blanche qui reste, en ayant soin d'en laisser une petite partie non dissoute. Quant à l'acide qui a été séparé des cristaux par liltration, il renferme de l'isodinitrophényle, isomère du dinitrophényle.
Le nilrophényle cristallise en longues aiguilles blanches fusibles à 215", très-peu solubles dans l'alcool froid. Traité en solution alcoolique successivement par le sulfhydrate d'ammoniaque et par l'hydrogène sulfuré, il fournit de Yamidonitrophétujle et de la benùdine (Fittig, Ann. der Chem. u. Pharm., t. GXXl, p. 501; t. CXXIX,p. 275; t. CXXXII , p. 201; Répert. de Chim. pure, 4862, p. 29; Bull, de la Soc. chim., 1865, p. 265; ibid., 1865, 1. 111, p. 288. Berthelot, Bull, delà Soc. chim., 1866, t. VI, p. 205; Brenner, même recueil, 1870, t. XIII, p. 244 ; Pfannkuch, Journ. fiir prakt. Chem. (2), t. 1, p. 451, et Bull, de la Soc. chim., 1870, t. XIV, p. 40).
KITROPHLORÉTIXE. Corps non cristallisé, dont la formule C^''H*^AzO'*ne présente aucune garantie d'exactitude. Stas nomme ce corps acide phlorétique. Il est le produit de l'action de l'acide azotique concentré sur la phlorétine ^(]3ojji4Qio| Il gsj- iji-un, amorphe, insoluble dans l'eau et les acides dilués, soluble dans l'alcool, l'esprit de bois et les alcalis. Il se décompose à 150° et dégage de l'oxyde d'azote ; l'acide sulfurique le dissout eu formant un liquide couleoi' rouge de sang. Tous ces caractères réunis sont insuffisants pour faire de la nitrophlorétine une espèce bien déterminée. M.
IV'ITROPHYLLIGÉXIXE. C"H^'AzOl^ Corps dérivé de la pbylligéniae (C*^H"0'-) par suite de l'action de l'acide azotique sur ce dernier composé. On voit que par cette action une molécule d'hydrogène de la phylligénine a été remplacée par une molécule d'hyponitride (AzO*). Si l'actiou de l'acide nitrique s'était étendue à deux molécules d'hydrogène, il y aurait eu formation de dinitrophijlligénine (C^^lP'Az'Û^»).
^'ITR0PRUSS1Â^URES. 285
Ces dérivés, jusqu'à présent sans importance, ont été étudiés par MM. Bertagnini et de Luca [Ann. de chim. et de phys. (3), 1855, t. XLIII, p. 351 ; Ann. der Chem. u. Pharm., t. XCII, p. 109). M.
KITROPHYLLIRIXE. C^H^^AzO". Produit cristallisé de l'action de l'acide azotique sur la phyllirine (C^*H^* 0**). La nitrophyllirine soumise à l'action de l'acide azotique perd une molécule d'hydrogène que AzO* remplace, et passe à l'état de dinitrophyllirine C^^H^^Az^O'". Ces deux corps ont été préparés ponr la première fois par MM. Bertagnini et de Luca {Compt. rg^rf., t.Ll, p. ZQS;Anu. der Chem. u. Pharm., 1861,^. CXVIII, p. 124). M.
KITROPÏCRIQUE (Acide). Synonyme, d'après quelques chimistes, d'acide ■picrique. Voy. Picrique (acide).
NITROPIKRILE. C*WAz*0^^ Produit de l'action de l'acide azotique bouillant sur le pikrile {voy. Pikrile). 11 est jaune cristallin, soluble dans l'étheret peu soluble dans l'alcool. 11 se décompose par la distillation. M.
1\!ITR0PRIISSIAXIIRES, XlTROPRU!§iSi.«.TE<$. Nitroferricyanures. Ces composés prennent naissance lorsqu'on fait agir l'acide azotique sur les ferro ou les ferricyanures, ou par l'action du bioxyde d'azote sur les acides ferro ou ferricyaniques.
Suivant Gerhardt la formule des nitroprussiates serrait Fe- Cy' (AzO^) M^
Comme on obtient les nitroprussiates insolubles, et c'est le plus grand nombre, par double décomposition opérée au moyen des nitroprussiates alcalins qui sont solubles, il suffira d'indiquer le mode de préparation de ceux-ci pour donner une idée générale de la préparation de tous les nitroprussiates.
Nombreux sont les procédés de préparation des nitroprussiates alcalins, mais on se bornera ici à indiquer le plus simple et le plus expéditif.
On fait passer du bioxyde d'azote jusqu'à refus dans une dissolution de sulfate de protoxyde de fer, on ajoute du cyanure de potassium et on filtre. La liqueur renferme beaucoup de nitroprussiate de potasse (nitroferricyanure potassique) qu'on isole par l'évaporation de la masse liquide et que l'on purifie par des cristallisations réitérées.
Les nitroprussiates sont en général (rès-colorés. Ceux de sodium, de potassium, de baiyum, de calcium et de plomb, sont d'un rouge foncé ou couleur rubis. Ils sont solubles dans l'eau qu'ils colorent fortement en rouge, et d'oîi l'alcool ne les précipite pas.
Les nitroprussiates solubles donnent aisément des cristaux bien définis. Ceux à base de cuivre, d'argent, de zinc, de fer, de nickel et de cobalt, sont complètement insolubles.
La réaction la plus caractéristique des nitroprussiates est la belle coloration pourpre qu'ils prennent en présence des sulfures alcalins. Cette coloration est loin d'être permanente. Le produit qui l'engendre se résout, en se décomposant, en acide cyanhydrique, ammoniaque, azote, oxyde de fer, sulfocyanate, etc., etc.
Les alcalis bouillants décomposent les nitroprussiates. II se produit des oxydes de fer, de l'azote, un ferrocyanure et un nitrite. Un excès d'ammoniaque décompose peu à peu les nitroprussiates, même à froid.
L'acide sulfureux, les sulfites et les hyposulfites n'agissent pas sensiblement
286 NITROSÉS.
sur les nitropriissiates ; mais ces sels sont décomposés par l'acide sulfurique concentré.
Le chlore n'exerce aucune action sur les nitroprussiates. Le bleu de Prusse se dissout dans quelques-uns de ces sels en colorant en bleu la dissolution.
Les solutions de plusieurs nitroprussiates sont inaltérables à l'air, et résistent à la chaleur ; mais ceux à base de chaux, de baryte et d'ammoniaque, se décomposent en partie à la longue quand on fait bouillir leurs dissolutions.
Le nitroprusslate ammoniacal Fc-Cy^AzO^ (AzH^)^ est un sel très-altérable, dont la dissolution se détruit par l'ébullition, en donnant du bleu de Prusse, d'abord, puis, lorsqu'on la concentre, des cristaux rhombiques du sel inaltéré.
Nitroprusslate harytique. Fe^Cy'^AzO^Ba^ -t- 4Âq. Ce sel cristallise dans le vide en beaux cristaux octaédriques d'un rouge foncé. Ces cristaux appartiennent au système dimétrique.
Nitroprusslate calclque Fe^Cy^AzO^Ca*. Ce sel forme des prismes rouges brillants qui appartiennent au système monoclinique.
Nitroprusslate potassique. Fe^Gy^AzO^K^. Ce sel forme des prismes obliques rouge foncé très-solubles et point facilement cristallisables. Ses cristaux appartiennent au système monocliniq ue .
Nitroprusslate sadique. FeGy^AzB^Na^-l-2.\q. Ce composé se présente en cristaux d'un rouge rubis qui ressemblent beaucoup à ceux du nitroprusslate potassique obtenus dans une liqueur alcaline. Ces cristaux appartiennent au type orthorhombique .
(Playfair, 1850, ?hil. Mag.etJourn. of Science, t. XXXVI, p. 197, 271 et 348; Compt. rend, des trav. de chlm., 1850, p. 170 et 262 ; Gerhardt, Compt. rend, des trav. de chlm., 1850, p. 147; Kyd, Ann. der Chem. u. Pharm., t. LXXIV, p. 340 ; Boussin, Ann. de chlm. et de phys. (3), t. LU, p. 285; Oppenheim, Journ. fur prakt. Chem., t. LXXXl, p. 305.) M.
RJITROPYRÈIVE. C^^H^AzO*. Ce composé prend naissance par l'action de l'acide azotique bouillant d'une densité de 1,2 étendu de 4 fois son volume d'eau sur le pyrèiie (G^MP"). Il est en aiguilles ou en gros prismes jaunes, peu solubles dans l'alcool et dans i'éther, solubles dans l'acide azotique et dans la benzine, fusibles entre 140 et 14"2o.
En comparant la formule du nitropyrène à celle du pyrène dont il dérive, on voit qu'une molécule d'hydrogène de ce dernier est remplacée par une molécule d'hyponitride (AzO*), d'où la transformation du pyrène en nitropyrène. Si l'action de l'acide azotique s'était étendue à deux molécules d'hydrogène , il se serait formé du binitropyrène (G^^IFAz-Û^), ainsi que l'expérience le prouve. M.
niiTROSÉs (Composés). On donne le nom de nitrosés aux composés dans lesquels le résidu monoatomique de l'acide azoteux, résidu représenté par le groupe AzO, remplace un atonie d'hydrogène. Nous citerons, entre diverses méthodes, celle du double échange à l'aide d'un azotite alcalin, d'après le Dictionnaire de Wùrtz, comme nous l'avons déjà fait pour les composés nitrés :
G^II'^Az.HGl 4- AzO.OK = C"H^''(AzO)Az -h IPO + KGl.
Chlorhyilrute Azotite INitroso-
de diéthylamiiie. de potassium. diéthyline.
NITROSPIROYLIQUE. 287
K1TR0SI\'APISIQUE (Acide). Produit de l'action de l'acide azotique sur l'essence de moutarde. C'est une masse amorphejaune, résineuse, facilement fusible et entièrement soluble dans l'eau, à laquelle elle communique une teinte jaune. N'étant pas cristallisable, cette substance n'a pu être étudiée à l'état certain de pureté. Dès lors la formule compliquée qu'on lui attribue ne mérite aucune confiance. M.
IWITROSOMALOXIQL'E (Acide). CIPAzO'". Pour préparer cet acide, on chauffe le violurate potassique avec une solution de potasse d'une densité de i,2, on ajoute au liquide brun un léger excès d'acide acétique et quelques gouttes d'alcool ; on filtre et on mêle la liqueur filtrée avec deux fois environ son volume d'alcool. Le nitrosomalonate potassique qui se sépare en gouttes huileuses, lesquelles cristallisent ensuite, est converti en sel d'argent, et celui-ci décomposé par l'acide chlorhydrique.
La solution ainsi obtenue étant évaporée dans le vide fournit de l'acide nitrosomalonique en aiguilles prismatiques brillantes, très-solubles dans l'eau et contenant de l'eau de cristallisation qu'elles perdent dans l'air sec. La solution de cet acide se décompose lorsqu'on la chauffe, et à l'ébuUition l'acide qu'elle contient se détruit entièrement en produisant de l'acide cyanhydrique, de l'eau et de l'acide carbonique.
Les nitrosomalonates solubles se colorent en rouge avec les sels à base de peroxyde de fer et donnent un précipité vert-olive avec les sels de cuivre (Baeger, Ann. der Chem. u. Phann., t. CXXXI, p. 293). M.
]VlTRO!»OPHÉ\YLl>'£. C^Wkz^O'. On obtient ce corps en introduisant des lames de zinc dans une solution alcoolique de binitrobenzine, et en ajoutant avec précaution de l'acide chlorhydrique concentré. Le liquide ne tarde pas à prendre une teinte cramoisie. Après la réaction, on neutralise avec un alcali, on lave l'oxyde de zinc précipité à plusieurs reprises avec l'alcool, on évapore l'alcool, on précipite par l'eau et l'on purifie le produit par de nouvelles dissolutions dans l'alcool et de nouvelles précipitations par l'eau.
La nitrosophényline constitue une masse noire, brillante, cassante et fusible. Insoluble dans leau, elle se dissout facilement dans les acides et dans l'alcool. Elle possède un pouvoir colorant très-intense. Les acides nitrique et sulfurique étendus et l'acide chlorhydrique la dissolvent avec une magnifique coloration cramoisie. Les alcalis précipitent la nitrosophényline non altérée de ses dissolutions. Avec la chaux sodée elle perd la totalité de son azote à l'état d'ammoniaque et d'aniline.
Malgré toutes les recherches dont la nitrosophényline a été l'objet de la part de Church et Perkin {Journ. ofthe Chem. Soc. Lonclon, t. IX, p. 1), par cela seul qu'elle est incristallisable, elle appartient à la catégorie des corps mal définis. M.
KITROSPIROLÏQUE (Acide). C^^IPAz-O". Produit de l'action de l'acide nitrique ajouté peu à peu sur le spirol à 160°. 11 e;it blanc-jaune, cristallisable, inodore, insipide d'abord, puis amer. Fond à 140°, et il est peu soluble dans l'eau. M.
XITROSPIROYLIQUE (Acide) . C^^H^AzO^ -+- aq. Substance blanche, cristalline, amère, faiblement acide et volatile sans décomposition. Elle est le
288 NITROSULFURES.
produit de l'action de l'acide azotique sur l'indigo, la salicine ou l'acide spiroylique. M.
Ï^ITROSTILBASE OU X'ITROSTILBILE. Masse résineuse jaune non cristalline obtenue par l'ébullition prolongée du picramyle dans l'acide azotique. Sa composition est mal définie. M.
iViTROST¥PH\iQi'E (Acide). C'-1PAz''0^^ (?). Produit cristallisable obtenu par l'action de l'acide nitrique sur l'asa foetida et la gomme ammoniaque. Cet acide peu étudié jusqu'à présent est caractérisé par ses propriétés astringentes. Il serait possible qu'il fût, à cause de ces pi opriétés, utilisé quelque jour dans la pratique médicale. iL
IVITROSTI'ROL ou \iTROCiXXAMÈ\E {voy. ce deinier mot).
XITROSULFATES. Une solution concentrée de potasse ou de soude caustique absorbe peu à peu un mélange d'un volume de gaz acide sulfureux et de deux volumes de bioxyde d'azote, en donnant naissance à du nitrosulfate potassique ou sodique.
On prépare le nitrosulfate ammonique en faisant passer un courant de bioxyde d'azote dans un mélange glacé d'un volume d'une solution concentrée de sulfite ammonique et de cinq à six volumes d'ammoniaque aqueuse. Il se dépose au bout de quelque temps de grands prismes rhombiques transparents, qu'on lave avec de l'ammoniaque refroidie à la glace et qu'on dessèche dans le vide. A l'état sec, ce sel est stable jusqu'à 110°; un peu au delà il se décompose avec explosion. Sa solution aqueuse se décompose assez rapidement lorsqu'on la met en contact avec un des corps suivants : charbon, protoxyde de manganèse, oxyde d'argent, argent métallique, mousse de platine.
Les nitrosulfates potassique et sodique se préparent comme le sel ammonique. Le nitrosulfate potassique constitue des prismes à six pans ayant l'aspect du nitre. 11 se décompose à 150°, et sa solution est décomposée lentement par le coiitacl des mêmes corps qui décomposent le nitrosulfate ammonique (H. Davy, Chemical ami Philosophical Researches chiefly concerning JSitrousOxijde. Londoii, 1800, p. 517 ; Pelouze. Ann. de Chim. etde Phys., t. LX, p. 151). M.
KiTROfitLXFL'RES. Ces combinaisons ont été découvertes et étudiées par M. Z. Roussin qui leur a assigné la formule suivante Fe-S^AzO^FeSAzO^SH. Aussi les appelle-t-il des dinitrosulfures . Ces composés ne forment point un groupe isolé dans la série des combinaisons salines. Ils se rattachent aux nitroprussiates {voy. ce mot) et de là aux cyanures doubles de fer par une affinité évidente, des réactions parallèles et une composition analogue. Le cyanogène dans les uitroprussiates fait passer la molécule du fer à l'état latent. Le soufre dans les iiitrosulfures, en se substituant au cyanogène, ne fait pas repai'aître les caractères du fer, et ce métal persiste dans son état latent, fait exceptionnel que les théories sont impuissantes à expliquer, mais qui caractérise ces sortes de composés. Disons enfin, pour en finir avec la partie théorique de ce sujet, qu'il est probable que le bioxyde d'azote joue un grand rôle dans les nitrosulfures, ainsi que dans les^nitroprussiates, et que le soutre d'une part et le cyanogène d'une\autre paît ajoutent respectivement leurs efforts à ceux du bioxyde d'azote, et parviennent ainsi à faire disparaître plus profondément les propriétés spéciales du fer que lorque ce métal se trouve engagé seulement dans un groupe cyanure ou sulfuré.
. NITROTYROSIiNE. 289
Plusieurs procédés de préparation des nitrosulfures ont été proposés par divers chimistes et par M. Roussin lui-même. Nous nous bornerons à indiquer celui de M. Porezinsky, qui nous paraît le plus simple et le plus facile.
On ajoute jusqu'à neutralisation du sultliydrale de soude à une solution de sulfate de fer (couperose) saturée de bioxyde d'azote, on chauffe à 100" et on évapore la liqueur filtrée. On obtient ainsi le uitrosulfure de fer en longues aiguilles noires, appartenant au type clino-rhombique. Ces cristaux ont l'aspect de l'iode, sont très-denses, solubles dans deux fois leur poids d'eau bouillante, et s'en déposent en grande partie par le refroidissement. Us sont tiès-solublcs dans l'alcool, l'esprit de bois, l'alcool araylique cl l'acide acétique cristallisuble ; ils se distinguent par une affinité particulière pour l'éther, dans la vapeur duquel ils tombent presque instantanément en déliquescence.
Le dinitrosulfure de fer est inaltérable à l'air, s'il n'est pas acide ; il se décompose par la chaleur entre Ho" et 140°. Si l'on chauffe brusquement, la décomposition a lieu avec une vive déflagiation. Les acides minéraux le décomposent vivement.
Les solutions métalliques le décomposent avec l'azotate de plomb seulement; il se précipite des prismes rhomboïdaux obliques peu solubles dans l'eau, déliquescents dans la vapeur d'éther et renfermant du plomb, du soufre, du fer et du bioxyde d'azote.
Les combinaisons nitrosulfurées du fer sont comparables aux nitroprussiates, dans lesquels elles peuvent se transformer en échangeant leur soufre contre du cyanogène, par l'action du cyanure de mercure ou du cyanure de potassium, par exemple, sur le uitrosulfure de fer et de sodium. Incessamment les nitroprussiates se transforment en nitrosulfures, par l'action de l'hydrogène sulfuré ou d'un sulfui'e alcalin en excès (Roussin, Ann.de chim. etde phys. {ù}, t. LU, p. 285; Bull, de la Soc. chim., séance du 24 février f 8G0; Porezinsky. Ann. der Chem. u. Pharm., t. CXXY, p. 302). M.
MTROTiiÉl\E. C'^lFAz^O^. Substance qui cristallise en grandes paillettes brillantes et qui se forme à la chaleur de l'ébuUition par l'action prolongée d'un excès d'acide nitrique sur la théine. Il n'est pas nécessaire d'employer de l'acide nitrique fumant pour sa préparation. La nitrothéine cristallisée dans de l'eau a de la ressemblance avec la cétine : obtenue par sublimation, elle ressemble à la naphtaline; si on abandonne la dissolution à l'évaporation spontanée, elle se dépose en grands rhomboèdres ; l'ébullilion de la nitrothéine avec une dissolulion de potasse dégage nne grande quantité d'une ammoniaque composée (méthylamine?). La nitrothéine est un corps neutre (Stenhouse). M.
j\'ITROTOLIXlQLE (Acide). Acide nitrodacryliqiie, acide carbonitiolol inique, C^'^Il^'AzO^ Produit de distillation de la toline avec un excès d'acide nitrique fumant. Peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et cristallisable.
XITROTVROSIXE. C'SHioAz'O'". Base alcaloïdique que l'on obtient en combinaison avec l'acide nitrique, lorsqu'on fait agir cet acide sur la tyrosiue.
On isole la nifrotyrosine en décomposant, par l'hydrogène sulfuré, sa combinaison argenfique (dissolution de nitrate de nitrotyrosine dans l'ammoniaque diluée, additionnée de nitrate d'argent). La liqueur filtrée donne par l'évapora- DICT- ENC. 2' s. Xlil. 19
tioii des cristaux jaune clair formés d'aiguilles microscopiques groupées en éloiles. Ces cristaux ne donnent pas la réaction de l'acide nitrique, mais ils font explosion quand on les chauffe avec un peu de potasse. M.
IVITZSCU (Cristian-Ludwig), médecin et natui^aliste allemand distingué, naquit à Beucha, près de Grimma, le 5 septembre 1782. Après d'excellentes études à l'Université de Wittemberg, il soutint sa dissertation inaugurale, en 1806, d'après Kayscr. Nommé professeur extraordinaire de botanique et d'histoire naturelle à Wittemberg, en 1808, il devint professeur ordinaiie d'histoire naturelle à Halle, et directeur du Musée zoologique de la même ville en 1815. Nitzsch s'est principalement occupé d'ornithologie et d'entomologie, et a publié un assez grand nombre de mémoires sur des sujets d'histoire naturelle dans divers recueils ; il fut l'un des principaux rédacteurs du MeckeVs Archiv fiir Physiologie à partir de 1815, et collabora activement à l'Encyclopédie scientifique d'Ersch et Gruber. 11 est mort le 16 août 1837. Nous citerons de lui :
I. Commentatio biologica de respiratione animalium. Vitebergse, 1806, gr. in-S". — II. Osteographische Beitrâge zur Naturgeschichte der Vôgel. Leipzig, 1811, gr. iu-S». — III. Observationes de avium arleria carotide communi. Halse, 1829, in-4''. — IV. Sellsame LebensuiidTodesart eines klninen bisher unbekannten Wasserthiercliens.la Kilian's Georgia, p. 257 et 281, 1807. — V. Ueber dus Atlimen der Htjdrophileii. In Reil's Archiv fiir Physiol. Bd. X, H. 3, p. 440, 1811. — VI. Ucber die linochenstucke im Kiefergerûst der Vôgel. In MeckeVs deulsches Archiv fur Physiologie, Bd. 1, H. 3, p. 221, 1815. — VII. Ueber die Bewegung des Oberkiefcrs der Vôgel. Ibid. Bd., II, II. 3, p. 501, 1816, et Bd. III, H. 3. p. '.Si, 1817. — VIII. Ueber die vorderen runden Multerbànder in Sdngethieren. Ibid., Bd. lî, H. 4, p. 590, 1816. — IX. Ueber die Nasendrilse der Vôgel. Ibid. Bd. VI, H. 2, p. 234, 1820.— X. Ileber die Bewegung des Obcrkiefers der eidechsenartigen Amphibien. Jbid. Bd. VU, IJ. 1^ p. 68, 1822. — XI. Ueber die Haare im Magen des Kucknks. Ibid. Bd. VIII, H. 3, p. 559^ 1825. — XII. Ueber die zwischen den Biickgratihieren luid Panzerliiieren Ubcrhaupt,uiul deii Vôgeln und Insecicn insbesotidere statlfindende Parallèle. ]n MeckeVs Archiv fiir Ânat. u. Physiol., H. 1 p. 43, 1826. — XIII. Ueber das Vorkotnmcn eiiicr Epiglotlis bei Vôgein. Ibid. H. 4, p. 615, fig. — XIV. Ueber die Pneumalicitat undeinige andere Merkwiirdigkeilen des Skelets der Kalaos. Ibid. p. 618. — XV. Ueber einen râthselhaften liôrper welcher in den Genitalien der Hélix arbustorum mr Begattiingszeit gebildet wird, und ûber deii Liebespfeil derselben. Ibid., p. 629, fig. — XVI. Die allgerneine Anatomie der Vôgel und die anatomischc Characteristik der eimelereii Vôgelgattungen. In /. F. Naumann's allgerneine Naturgeschichte der Vôgel. Zweile Auflage, 1819. — XVII. Ueber eiiie neiie in den Handel gekomrncne Cantharidenart. \n Archiv des Apothekervereins , Bd. XI, H. 1, p. 65, 1825, tig^. — XVIIl. Ueber Schmarotzermilbe der Fledermaus. In Froricp's neue Notizen, Bd. V, p. 15(5, 1838. L. Ha-.
KIVEAU. On désigne sous le nom de niveaux des appareils divers destinés à s'assurer si une droite donnée est horizontale.
Nous ne parlerons pas du niveau d'eau basé sur la propriété, que possèdent les liquides, que les surfaces libres d'un liquide placé dans des vases communiquants sont sur un même plan horizontal ; nous indiquerons rapidement l'usage du niveau de maçon, pour nous arrêter plus longuement sur un appareil plus précis, plus sensible, le niveau à bulle d'air.
I. Niveau de maçon. Cet appareil est formé d'un cadre de bois rectangulaire ou triangulaire dont deux côtés sont prolongés et coupés de telle sorte que leurs extrémités soient sur une même droite : un fil à plomb est attaché à la partie supérieure et vient battre d'autre part sur la traverse sur laquelle se trouve un trait de repère. Ce trait de repère doit être tel que la ligne qui le joint au sommet soit perpendiculaire à la droite sur laquelle repose le niveau; par suite, si le fil à plomb vient battre contre le point de repère, c'est-à-dire si
la ligne qui joint le sommet au repère est verticale, la ligne d'appui sera horizontale.
Si la condition que nous venons d'indiquer est remplie, si le niveau est bien réglé, suivant l'expression adoptée, on voit facilement qu'il permet de s'assurer si une droite donnée est ou n'est pas horizontale. Réciproquement, si l'on dispose d'une droite exactement horizontale, on conçoit comment on s'assurera qu'un niveau est bien réglé.
Mais on n'est jamais assuré qu'un appareil a été construit convenablement, et l'on ne peut compter qu'un niveau soit bien réglé; d'autre part, on ne dispose pas ordinairement d'une droite rigoureusement horizontale pour vérifier si, oui ou non, le réglage est exact. On peut se passer de ces conditions, à la condition d'effectuer un retournement : le retournement du niveau consiste en une seconde opération dans laquelle l'appareil n'est observé qu'après qu'on l'a retourné bout pour bout, c'est-à dire que l'on a mis à gauche, par exemple, l'extrémité qui était primitivement à droite, et vice versa.
Yoici les résultats que peut fournir le retournement :
Si, avant comme après cette opération, le fil à plomb vient battre contre le repère, on peut conclure que le niveau est bien réglé et que la droite sur laquelle il repose est horizontale.
Si dans les deux observations successives le fil à plomb vient battre au même point de la traverse, ce point étant autre que le repère, c'est que la droite sur laquelle ou a appuyé l'instrument est horizontale et que le niveau est mal réglé. Cette opération peut servir à régler l'appareil, car le repère doit être placé au point avec lequel le fil à plomb est resté en coïncidence.
Si, avant et après le retournement, le fil à plomb a occupé des positions symétriques par rapport au repère (positions qui, par rapport à l'observateur, sont à la môme distance du repère et d'un même côté) , c'est que la droite est oblique et que le niveau est bien réglé ; si l'on veut rendre la droite horizontale, il suffit de la déplacer de telle sorte que dans l'une ou l'autre des conditions le fil à plomb vienne battre contre le repère.
Si aucun des cas précédents ne se présente, c'est que la droite est oblique et que le niveau est mal réglé; cette opération permet de régler le niveau, car le repère doit être placé au milieu de la distance qui sépare les deux points où le fil à plomb aura successivement battu; le niveau ainsi réglé, on rentrera dans le cas précédent et on pourra ramener la droite à l'horizontalité.
II. Niveau à bulle d'air. Cet appareil consiste en un tube de verre légèrement courbé dans le sens de la longueur, et dans lequel on a introduit un liquide, de l'eau ou de l'alcool, quelquefois coloré, en ayant soin d'y conserver une bulle d'air qui, dans tous les cas, se placera en équilibre au point le plus élevé du tube. Ce tube, quelquefois, est simplement rendu plan sur le côté opposé à la convexité, de manière à pouvoir reposer sur une droite; le plus souvent il est maintenu dans une garniture en laiton présentant une base plane. Dans l'un et l'autre cas, des divisions sont ti'acées sur le tube ou sur la garniture voisine; elles limitent, au milieu, un espace ab, dont la longueur est égale à celle de la bulle et dont les extrémités constituent les repères du niveau, de part et d'autre desquels se trouvent des divisions égales ; ces divisions sont numérotées en sens contraire à partir des repères, qui sont les zéros de ces graduations. La disposition de l'appareil doit être telle que, lorsque la base est horizontale, la bulle est entre ses repères; quand cette condition est satisfaite, le
niveau est bien réglé ; on vérifie le réglage par un retournement et d'une manière entièrement analogue à ce que nous avons dit pour le niveau de maçon. Mais, si l'appareil est mal réglé, la disposition précédente ne permet pas d'y apporter de modification et de régler l'appareil : aussi, dans les appareils de pré-
Kiveau d'eau.
cision, emploie-t-on un niveau d'une construction un peu plus complexe. Le tube de verre, muni de sa garniture, comme nous venons de l'indiquer, se trouve porté sur une plaque de laiton qui constitue la base de l'appareil ; le niveau est relié à la base par une charnière c située à une extrémité, tandis qu'à l'autre extrémité une vis v permet de rapprocher le niveau de la base en même temps qu'un ressort placé entre ces deux pièces tend à les éc;;rter. Il est donc possible de faire varier les positions relatives du tube et de la base, et, par suite, d'arriver au réglage de l'appareil.
La discussion complète des conditions d'équilibre de la bulle d'air permet d'arriver aux conclusions suivantes qui, on le verra, sont entièrement analogues à celles que nous avons données pour le niveau de maçon.
Pour étudier à la fois le réglage d'un niveau et s'assurer si une droite donnée est horizontale ou non, on fait une observation de la bulle en plaçant le niveau sur la droite ; puis on effectue une seconde lecture après avoir retourné l'instrument bout pour bout.
Si, avant comme après l'opération, la bulle reste entre ses repères, on peut conclure que le niveau est bien réglé et que la droite sur laquelle il repose est horizontale.
Si, dans les opérations successives, la bulle est resté comprise entre les mêmes divismis (étant, pour l'observateur, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre des repères), la droite est horizontale et le niveau est mal réglé. Cette opération permet de régler l'appareil ; il suffit, en effet, dans l'une des positions, d'agir sur la vis v jusqu'à ce que la bulle soit entre les repères.
Si, avant et après le retournement, la bulle a occupé des positions spiétriques par rapport aux repères (c'est-à-dire, si elle s'est trouvée entre des divisions portant le même numéro et, pour l'observateur, d'un même côté des repères), c'est que la droite est oblique et que le niveau est bien réglé : si donc on veut rendre la droite horizontale, il suffit de la déplacer jusqu'à ce que, dans l'une ou l'autre des positions, la bulle se trouve entre ses repères.
Si aucun des cas précédents ne se présente, c'est que la droite est oblique et que le niveau est mal réglé. Si l'on veut régler le niveau, il faut agir sur la ^•is V de manière à déplacer la bulle et à l'amener, lorsque le niveau est posé sur la droite, à occuper la position moyenne entre les positions apparentes observées avant et après le retournement ; le niveau ainsi réglé est ramené au cas précédent, et l'on peut ramener la droite à l'horizontalité.
En général, on n'arrive pas, par un premier réglage, à amener le niveau à la position qu'il doit occuper par rappo rt à la base ; il convient de s'assurer, en ramenant le niveau sa sa première position, que le réglage est complet;
NIVÉOLE. 293
le plus souvent on n'arrive à ce résultat qu'après plusieurs opérations successives.
Usages divers des niveaux. Les niveaux dont nous venons de parler ne servent pas seulement à vérifier si une dioite est horizontale ou non, et dans ce dernier cas à la ramener à l'horizontalité : ils peuvent être employés à rendre un plan horizontal. On sait, en effet, que,pour qu'un plan soit horizontal, il faut et il suffit que deux droites non parallèles situées dans ce plan soient horizontales. Il suffira donc d'effectuer pour deux droites quelconques du plan les vérifications que nous avons indiquées précédemment; il conviendra d'ailleurs, en général, de choisir pour effectuer cette vérification deux droites rectangulaires. Le plus souvent, le plan qu'il faut rendre horizontal est porté par des vis calantes; dans le cas où il y en a trois, on place le niveau d'abord parallèlement à deux d'entre elles, puis ensuite perpendiculairement à cette direction ; s'il y a quatre vis calantes, il faut placer le niveau successivement sur les diagonales du quadrilatère formé par ces vis. En général, le réglage de la deuxième direction dérange un peu celui qui avait été d'abord effectué sur la première: il faut donc revenir à celle-ci et opérer ainsi successivement sur l'une et sur l'autre direction jusqu'à ce que le niveau, supposé bien réglé, présente la bulle entre ses repères pour ces deux directions ; il faut, pour que les opérations successives ne se contrarient pas, lorsque l'on opère simultanément sur deux vis calantes, les fiiire tourner en sens contraire et autant que possible de la même quantité.
Le niveau permet aussi de s'assurer si un axe de rotation est vertical ; il faut, si cette condition est remplie, que, le niveau étant invariablement lié au système qui tourne autour de l'axe, la bulle reste constamment entre les mêmes divisions.
Disons enfin, mais sans insister, que les niveaux, par l'addition de pièces accessoires ou de graduations convenables, peuvent servir à mesurer l'angle qu'une droite fait avec l'horizon; on a alors les cîinimètres, niveaux de pente, etc. C. M. G.
IVIVÉOLE, Leucoïum L. Genre de plantes Monocotylédones, appartenant à la familles des Amaryllidées, et caractérisé par : un perlante campanule, à six divisions égales, ovales et très-profondes ; six étamines, à filets courts, insérées sur un disque épigyne; à anthères s'ouvraut par deux fentes longitudinales; un pistil à trois loges, surmonté par un style claviforme et un stigmate entier. Le fruit est une capsule triloculaire, piriforme, s'ouvrant en trois valves portant la cloison sur leur milieu : les graines sont globuleuses, albuminées.
Les Nivéoles sont des plantes bulbeuses, à feuilles parallélinerviées, allongées, entourant une hampe florale peu élevée; à fleurs pendantes.
Le Leucoïum veruum L., Nivéole printanière, qu'on nomme aussi Perce-neige, comme le Galantlius nivalis L., est une charmante espèce, qu'on trouve en Suisse et dans les prés et les bois des montagnes de la France. Sa hampe de dix à vingt centimètres de hauteur ne porte qu'une fleur blanche, marquée de vert au bout des segments. Elle fleurit dès le mois de février.
Le Leucoïum œslivum L. ou Nivéole d'été porte sur une hampe plus liaute et plus robuste trois à six fleurs longuement pédonculées. On le trouve dans le midi de la France, commun dans les prés. Il devient plus i^are dans le centre et le nord.
294 NODOSITE.
Les bulbes de ces espèces contiennent un principe acre et mucilagineux, qui leur donne des propriétés émétiques. Leur saveur est nauséabonde.
Linné. Gênera, 402, et Species, 414.— De Candolle. Flor. française, III, 235. — Grenier et GoDRON. Flore de France, III. ^'••
IVIZAffl. Voy. HiNDOUSTAN.
KIVIL. On donne au Chili ce nom à une espèce d'Orchidée qui, d'après Feuillée, est employée en infusion aqueuse, dans les rétentions d'iu'ine, la gravelle, les vents, etc.
Feuillée. Chili. II, 726. — Mérat et De Lens. Dictionnaire de matière médicale, IV, 629.
Pl.
ivocTnORA Voy. Nyctipithèdes.
XOCTlLlo:V [ISoctilio). Genre de Chéiroptères propres à l'Amérique que Linné avait, à cause d'une particularité plutôt supposée que réelle de leur dentition, séparés des autres animaux de ce gronpe réunis en grande partie par lui dans son genre Vespertilio, pour les associer aux Rongeurs. Ils sont exclusivement propres aux contrées chaudes de l'Amérique. L'espèce principale a reçu le nom de Bec-de-lièvre [Noclllio leporimis), parce que la fente médiane 'de sa lèvre supérieure rappelle assez bien cette sorte de difibrmité; une autre, qui présente d'ailleurs le même caractère, est le N. à dos rayé (iV. lineatiis).
P. Gerv.
IVOCTILUQUES. Les noctiluques, aujourd'hui classées parmi les protozoaires, auprès des rhizopodes, sont de très-petits animaux, de forme sphérique, transparents comme du cristal et pourvus d'un petit appendice caudiforme sortant d'une sorte d'ombilic de leur corps. Les caractères de ces êtres minuscules sont loin d'être bien connus, quoiqu'ils aient été l'objet de nombreuses observations depuis Slabber (1778), qui les vit dans la mer du Nord, et le docteur Surriray, qui les a signalés en 1812, auprès du Havre, et leur a imposé la dénomination de Noctihica miliaris.
On les trouve dans toutes les mers, et, sur nos côtes, lorsque le temps est chaud et surtout orageux, les noctiluques apparaissent en très-grande abondance. Ce sont elles qui produisent principalement la phosphorescence des eaux.
P. Gerv.
KOCTURXES. Certaines classes d'animaux renferment des espèces qui passent tout le jour dans un état plus ou moins complet d'engourdissement et ne retrouvent leur activité que pendant la nuit ; mais ce n'est guère que parmi les mammifères et les oiseaux qu'il s'en trouve chez lesquels cette manière de vivre apporte dans l'organisme des modifications assez apparentes pour les faire reconnaître au premier abord, et l'on doit même remarquer qu'il n'en est point toujours ainsi chez les espèces qui sont véritablement dans ce cas. En effet, si certains lémures, tels que les loris ou nycticèbes, parmi les mammifères, et les accipitres nocturnes, parmi les oiseaux, sont faciles à reconnaître pour tels à la gi'osseur de leurs yeux, il n'en est point ainsi pour les chauves-souris, qui ont ces organes très-petits et craignent cependant la lumière au même degré que les espèces des deux groupes dont il vient d'être question {voy. Lépidoptères et Oiseaux de proie). P. Gerv.
IVODOSITÉ, IVODCS. Les anciens donnaient le nom de nodus même à des