‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.65Chapitre 40 sur 90 · DIARRHÉE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

DIARRHÉE CHRONIQUE

ta

Eau

Sucre

Caseum el albumine

Beurre

Sels

Réflexions. Comme on le voit en jetant un coup d'oeil sur ce tableau, il est assez difficile de trouver des différences notables entre le lait de ces diverses provenances.

Quand une nourrice est malade, il est utile de savoir quel traitement ou peut lui faire subir sans risquer de lui faire perdre son lait.

On doit éviter l'emploi des sangsues et des saignées, à moins d'indication urgente; les purgatifs énergiques et les sudorifiques sont contraires à la lactation. A moins de syphilis de la nourrice et de l'enfynt on s'abstiendra d'administrer

lies mercuriaux soit à l'intérieur, soit surtout eu disant des frictious d'onguent napolitain sur une grande étendue. Cette précaution aura pour motif nonseulement la crainte de la salivation mercurielle, mais encore celle du passage du mercure dans le lait. Les analyses chimiques n'ont pas encore permis de le constater, mais il a été prouvé par la clinique, qui a mis hors de doute les effets thérapeutiques du lait pendant le traitement raercuriel. Du reste, quand un corps étranger, dissous dans le sang, est en voie d'élimination, on retrouve ^a trace dans toutes les excrétions ; la proportion seule varie suivant la concentration du liquide sécrété.

De nombreuses analyses que j'ai faites autrefois ne m'ont laissé aucun doute 5ur cette loi de physiologie générale.

En résumé, il est imprudent d'employer chez une nourrice un traitement perturbateur, sous peine d'altérer la lactation et de nuire à l'enfant. Delore.

A'OL'RRliSSOXS. Mortalité des nouveac-nks. Cette étude est d'une importance capitale : elle touche aux questions d'État, d'intérêt national, d'hygiène générale, de salubrité publique, de police administrative, de justice criminelle et civile. Elle possède donc une immense étendue ; son origine est toute moderne. Elle a pu se faire d'une façon satisfaisante lorsqu'une science nouvelle a pris son essor. C'est grâce à la statistique qu'on a une idée précise de toute l'étendue du mal, à tel point que M. Broca a dit avec raison qu'une statistique bien faite était le meilleur moyen de lutter contre la mortalité des nouveau-nés.

Je me propose d'examiner seulement les points scientifiques et médicaux de cette question. Dans un premier chapitre j'étudierai les causes de la mortalité, et dans un second je parlerai de toutes les mesures qui ont été prises contre elle.

CHAPITRE I. Étiologie. Les causespeuvent être divisées en : 1" générales ; 2° morbides.

§ i. Causes générales. Depuis un siècle, dit le docteur Rodet, plus de 17 millions d'enfants ont péri chez nous avant d'avoir atteint la fin de leur première année et sur ces 17 millions, il en est la moitié qui auraient vécu, si la mortalité avait été réduite à ses proportions inévitables. Quelle cause puissante de dépopulation et d'affaiblissement pour notre pays [Almanach des jeunes mères) !

Bertillon a démontré que 1 000 nouveau-nés sont réduits à 840 au bout d'un an, tandis que la mortalité des enfants d'un an à deux ans est de 6 pour 100, que celle des hommes de quarante ans est de 1,10 pour 100. Celle des nouveau-nés, c'est-à-dire de la naissance à un an, est de 20,5 pour 100, c'est-à-dire exactement celle des vieillards de quatre-vingt à quatre-vingt-cinq ans.

D'où vient cette effrayante disposition à la mort?

Elle naît d'abord de la faiblesse extrême des enfants au début de la vie, faiblesse qui leur donne une impressionnabilité à toutes les causes morbides ; mais elle provient aussi pour une large part des conditions dans lesquelles les enfants sont élevés, de la manière dont ils sont allaités ou nourris, du lieu où ils habitent. Cette mortalité varie suivant les habitudes des peuples; de tout temps on a cherché à l'atténuer par des lois, des mesures de police. Les tours, l'assistance des enfants, les sociétés protectrices de l'enfance, etc., témoignent des efforts dus aux gouvernements ou à l'initiative privée.

Mais, il faut bien l'avouer, ces tentatives n'ont pas été couronnées de succès, car la mortalité, au lieu de diminuer, a été en croissant, ainsi que le démontrent les statistiques récentes.

Le chiffre ancien donné par Husson et admis généralement était de 17,51 pour 100.

Reprenant la question, en 1874, Bertillon a démontré que la mortalité était :

18 pour 100 dans la période I8i0-1849

Une déperdition aussi considérable d'individus concourt activement à la dépopulation relative qui pèse sur la France d'une façon indéniable, comme le prouvent les chiffres suivants cités par M. Boudet :

Russie, accroissement en un an 12 pour 1000

Prusse — — 9 —

Fiance — — 3 —

Ce qu'il y a de grave, dit M. Brochard, c'est que de 1819 à 1865 il y a toujours eu un excédant considérable de naissances sur les décès. En 1865, l'excédant, qui en 1864 avait été de 145,550, descendit brusquement à 85,866 et a toujours diminué depuis, pendant qu'il augmente chez les nations voisines.

M. Brochard attribue cette dépopulation à la mortalité excessive des nouveaunés, à la diminution des naissances, au nombre toujours croissant des avortements qu'il est malheureusement impossible d'évaluer avec quelque chance de précision et au chiffre des mort-nés, qui a quintuplé depuis vingt ans. 11 était de 4 pour 100 en 1858, il est aujourd'hui de 20 pour 100.

Il y a donc une progression désespérante et une cause de mort plus puissante que les efforts tentés jusqu'ici.

Cette mortalité est un mal contre lequel l'homme doué d'énergie et d'intelligence doit nécessairement chercher à réagir. Rien ne prouve que la mortalité fasse une sélection et profite à la vigueur du reste ; un grand nombre en effet ne meurent pas, mais émergent avec une santé compromise : aucune considération ne doit donc arrêter nos efforts vers une situation meilleure.

Après ces quelques réflexions sur l'étendue du mal en général, je vais passer en revue la mortalité des nouveau-nés : A. chez les peuples divers et dans plusieurs départements de la France; B. suivant l'habitation à la ville ou à la campagne; G. suivant les saisons; D. l'âge; E. le sexe; F. la classe à laquelle appartient le nouveau-né.

A. Mortalilé suivant les peuples et les départements. J'ai dit que le nouveau-né paie un large tribut à la mort : c'est là une impérieuse nécessité contre laquelle la volonté humaine lutterait vainement; mais il est bon de voir si nous ne sommes pas relativement à nos voisins dans un état d'infériorité regrettable.

La mortalité est de 20,5 pour 100 en France. Est-elle exorbitante? Pour répondre à cette question il faut comparer avec notre pays les diverses contrées de l'Europe et même nos départements les uns avec les autres. Ce travail nous permettra de chercher s'il n'y a pas une mortalité qu'on peut caractériser, avec M. Bertillon, du nom de mortalité normale.

Voici un tableau indiquant la mortalité comparative de divers peuples de l'Europe.

Ecosse 11,81 pour 100.

Angleieire 15, -24 —

Belgique 15,12 —

France 17.51 —

Prusse 18,22 —

Hollande 19.73 —

Autriche 24,78 —

Bavière 57,09 —

Cette statistique est déjà ancienne et peut laisser dans l'esprit quelques incertitudes; nous y voyons néanmoins clairement que la France occupe une place moyenne entre la Belgique et la Prusse .

En 1867, dans sou discours à l'Académie et tout en insistant éuergiquement sur les lacunes des statistiques, M. Broca donne les indication^ suivantes que je reproduis en abrégé :

FRa:<CE. CREOSE. MAMCBE. VAU::L0SE. EIRE-ET-LOIRE. NCEM-LE-ROTROn.

En Norvège, la mortalité est de 10 pour 100. Le département de la Creuse se rapproche de ce chiffre que je considérerai comme normal avec M. Bertillon. Le Danemark, l'Ecosse, ne dépassent que faiblement ce chiffre, qui doit être l'objectif de nos efforts. Depuis cent ans, la mortalité en Suède est tombée de 30 à 13 pour 100. Pourquoi, dit M. Bjrtillon, ne chercherions-nous pas à faire disparaître toutes les causes qui élèvent notre proportion et n'arriverions-nous pas au minimum de mortalité qui est représenté par la Norvège et la Suède, qui est à peu près 1/10?

L'Allemagne, il est vrai, perd plus d'enfants; mais elle a beaucoup plus de naissances et sa population augmente beaucoup plus rapidemmt que la nôtre.

Il serait intéressant de passer en revue toutes les principales contrées du globe, au point de vue des chances de mortalité des nouveau-nés; l'article Mortalité de M. Bertillon est plein de; renseignemants sur ce sujet. Je ne citerai que le suivant : au Sénégal, la proportion des e:ii'ants européens qui succombent est de 1000 pour 1000.

Se basant sur le dépouillement de l'état civil de de Heusching, 1840-49, M. Bertillon étudie de la sorte la mortalité en France :

Naissances 9,700,000

Décè= 1,500,000

1000 nouveau-nés au bout d'un an sont 840; moitié des départements sont 860 à 820; extrêmes : Eure, Eure-et-Loir, Seiue-Inférieure, 765; Manche, Pyrénées, 900.

La mortalité la plus grcuide est donnée par les 14 départements autour de Paris, qui deviennent 765.

La cause de ces différences réside dans : 1" rillé^itimité; 2*^ l'envoi en nourrice, car ces départements sont aussi sains que les autres.

Ainsi, la mortalité varie suivant les peuples et suivant les départements de la France, c'est là un fait acquis. Toutefois je dois faire remarquer avec M. Bertillon, dont les opinions font loi en matière de statistique, que cette science est à peine ébauchée chez les divers peuples de l'Europe, sauf la Norvège et la Suède, et que les conclusions des connaissances actuelles doivent être prises avec beaucoup de réserve et provisoiremeût, comme pour marquer l'étape où nous sommes arrivés aujourd'hui.

424 KOURRISSO.NS.

En ce moment, je me borne à signaler les différences que présentent divers pays au point de vue de la mortalité enfantine; elles s'expliqueront plus tard.

B. Influence de llmhitation dans les villes ou la campagne. La mortalité n'est pas la même dans les grandes villes et la campagne.

Voici, par exemple, la mortalité de Paris : sur une moyenne de 54 000 naissances par année , on peut établir deux catégories à peu près égales de 27 000 chacune. La première série va en nourrice et donne, d'après M. Blot, une mortalité de 50 pour 100. La seconde série reste à Paris et donne une mortalité de 28 pour 100.

La moyenne est donc de Ô9 pour 100. Ces chiffres démontrent que Paris est un lieu funeste pour la vie des enfants du premier âge.

En est-il de même de Lyon? J'ai tout lieu de le croire; mais les éléments d'une bonne statistique sont très-incomplets. ?«ous trouvons très-exactement le chiffre des naissances et le chiffre des morts à Lyon; mais les absents ne figurent pas et bon nombre d'entre eux augmenterait les tableaux mortuaires de la ville. Pour montrer un exemple des erreurs dans lesquelles on pourrait tomber, je citerai les résultats obtenus à la mairie du^lP arrondissement : l'année 1869 a donné 2601 naissances et 114 décès, soit 5 pour 100, chiffre essentiellement erroné : car on n'y fait rentrer ni les enfants morts à l'hospice de la Charité, ni ceux qui ont succombé après avoir été emmenés à la campagne.

Voici le tableau statistique de Lyon et du département du Rhône, pour l'année 1868 :

Lyon. Naissances, 8084; décès de 0 à 1 ans, 1044, soit 12 pour 100.

Département. Naissances, 8197; décès, 1418, soit 17 pour 100.

Ce chiffre, qui représente la véiitable moyenne de la France, me paraît juste, et je n'ai guère de reproche à lui faire ; mais il n'en est pas de même de ce qui concerne la ville de Lyon. En se fiant, en effet, à la proportion de 12 pour 100, on arriverait à ce résultat que la mortalité est plus forte dans le département du Rhône que dans la ville de Lyon, ce qui est complètement faux.

Malgré l'absence d'une statistique bien régulièrement faite, il est permis d'affirmer que Lyon diffère peu de Paris : dans l'une et l'autre ville, les nourrissons qui restent ou ceux qui vont dans les départements voisins payent un large tribut à la mortalité. M. Bertiilou me semble en avoir donné une preuve non équivoque, en indiquant dans une carte géographique la Savoie et l'Ardèche comme deux des contrées où la mortalité est la plus considérable, et ce sont précisément les deux départements qui fournissent à Lyon le plus grand nombre de nourrices.

La statistique des campagnes donne de bien meilleurs résultats, et c'est fort heureux, sinon nous marcherions vers une rapide dépopulation.

J'ai relevé à la mairie de Fleurie les renseignements suivants, qui forment avec ceux des villes un contraste satisfaisant : En 1868, il y a eu 64 naissances et 7 morts de 0 à 1 an, c'est-à-dire 10,9 pour 100. 11 n'y a point eu d'enfant naturel et point d'enfant envoyé en nourrice eu dehors de la commune; absence d'illégitimité et d'allaitement mercenaire, voilà le secret de cette différence considérable.

La ville de New-York présente une mortalité effrayante des nouveau-nés. Elle est due à l'avortement, aux mauvaises conditions hygiéniques, aux mauvaises mœurs, à la syphilis, à l'agglomération dans le tenement house, enfin à l'usage de l'opium.

KOURRISSONS. 425

A Stockholm la mortalité est de 50 pour 100, tandis que pour toute la Suède elle n'est que de 13.

Presque dans toutes les grandes villes en France il y a excédant des décès sur les naissances.

A Bordeaux, de 1861 à 1865, l'excédant des naissances sur les décès a été de 221, chifire tout à fait insignifiant, puisque les décès des nouveau-nés qui sont allés mourir en nourrice ne figurent pas sur les registres mortuaires de la ville.

A Lyon, pendant la période 1865-1870, l'excédant des naissances sur les décès a été de 256. Mais, d'après le docteur Rodet, on peut évaluer à 1500 le nombre des enfants morts en nourrice chaque année, et qui par conséquent ne figurent pas sur les registres de l'état civil de Lyon. D'après M. Brochard, l'excédant des décès sur les naissances serait de 12 764 pour la période indiquée.

A Marseille, il y a eu, en 1860, 8958 naissances, le nombre des décès aiidessous d'un an a été de 1441; en 1871, il y a eu 8775 naissances, le nombre des décès a été de 2532, sans tenir compte des nourrissons envoyés au dehors.

Si dans ces grandes villes la population augmente, cela tient à l'immigration. Aussi, loin de pouvoir concourir à l'augmentation des individus, les grandes villes ne sont même pas capables d'entretenir le chiffre de leurs habitants. L'explication de ce fait n'est pas difficile à trouver. Combien différente est, en effet, l'existence des campagnes et des villes ! là la vie calme, le grand air, l'appétit et le lait de bonne qualité; ici, au contraire, une existence agitée, un air altéré, des digestions laborieuses ; à la campagne, on a le temps d'être nourrice, on ne l'a pas à la ville : la femme du monde, à cause de son ménage et des rapports sociaux; l'ouvrière, à cause de la nécessité du travail. Ainsi les cités payent leurs avantages sur les campagnes par une infériorité sur ce qu'il y a de plus essentiel, la reproduction.

C. Saisons. La mortalité augmente en juillet, a son apogée en août et décroît en septembre pour les enfants de la naissance à un an. Telle est la règle qui s'applique à la France en général.

D'après le docteur Malser, il y a une exception pour Rochefort, où la mortalité est de 191 pour janvier et de 39 pour mai.

Pendant les premières semaines de l'existence, les mois d'hiver sont plus pernicieux. A Paris, le mois de mars est plus redoutable à cause des affections endémiques.

D. Mortalité suivant l'âge. La mortalité est plus considérable au début de la vie. Parmi ceux qui doivent succomber dans la première année de leur vie, environ 40 pour 100 des enfants légitimes et 30 pour 100 des illégitimes sont déjà morts dans la première semaine.

Ce fait ressort des tableaux si complets de M. Bertillon, qui démontrent qu'à partir de la deuxième semaine la mortalité décroît rapidement. Les recherches de M. Devilliers l'ont conduit à un résultat semblable.

E. Influence du sexe sur la mortalité. Quételet et Smitz ont remarqué, pour la Belgique, que pendant la première année de la vie le nombre des décès des garçons est toujours plus élevé que celui des filles ; la même observation a été faite à Berlin, par Hufeland et Hoffmann, et en France par plusieurs auteurs. Elle est justifiée par les chiffres pris dans l'Hérault en 1 873 par M. le docteur Bringuier : sur 11 521 naissances il y a 2207 décès, dont 1238 garçons et 969 filles.

Suivant Joulin, les décès des filles étant représentés par le chiffre 100, ceux des "arçons seront H 7.

D'après M. Rertillon, quelle que soit la proportion de mortalité totale, celle des mâles reste constamment plus forte dans le rapport de 5 à 6 masculins sur 4 à 0 féminins.

F. Classes. Une classification des nouveau-nés est indispensable pour établir nettement l'influence de certaines causes sur la mortalité. Tous les nouveau-nés ne naissent pas et ne vivent pas dans les mêmes conditions sociales. Les uns sont entourés de soins et ont une bonne alimentation, mais leur santé est débile; d'auti'es manquent de tout, mais sont doués d'une excellente constitution. Il importe donc d'établir certaines catégories et d'interroger la statistique pour cliacune d'elles.

Je distinguerai donc le nourrisson au point de vue d» son alimentation et de son état social.

Les modes d'alimentation comprennent : 1" l'allaitement maternel; 2» l'allaitement par une nourrice mercenaire sur lieu ou à la campagne ; 5° le biberon et le petit pot.

L'état social nous offre des enfants : Légitimes ou illégitimes ; ceux-ci ont eux-mêmes plusieurs catégories que j'étudierai à propos des enfants assistés et des enfants appartenant aux classes riches et aux classes pauvres.

Modes d'alimentation. 1° V allaitement maternel est le type de l'alimentation, c'est lui qui donne les meilleurs résultats statistiques.

Ainsi, la Norvège a 10 pour 100 de mortalité, et ce privilège elle le doit à ce que les mères observent rigoureusement les. devoirs de la maternité eu allaitant leurs enfants. Le docteur Créquy a démontré, par des chiffres recueillis dans le X* arrondissement de Paris, que la mortalité de 181 enfants nourris par leurs mères avait été de 8,28 pour 100, tandis qu'elle avait été de 18 pour 100 pour 54 enfants allaités par des nourrices.

Ainsi il est incontestable que l'allaitement maternel est le moyen par excellence de préserver la vie de l'enfant. A quoi tiennent ces résultats supérieurs? Est-ce seulement parce que le lait de la mère convient mieux à l'enfant? Non, certes, le vrai secret, c'est l'amour qui est au fond du cœur de la mère, l'amour qui la fait veiller d'un œil jaloux sur le fruit de ses entrailles, l'amour qui lui fait compter pour rien ses fatigues et ses veilles, l'amour qui est une source féconde des joies les plus pures; c'est l'amour de la mère que rhomme admire, mais qu'il ne peut éprouver. Des ennuis qu'il cause, l'enfant est le suprême consolateur, car il n'y a pas de rayon de soleil qui vaille le regard d'un enfant, dirai-je avec un éminent écrivain.

Il serait trop absolu de croire que toutes les femmes, sans exception, sont capables de nourrir leur propre enfant. Malgré la santé la plus parfaite, la tille d'une mère qui n'a pas nourri éprouvera les plus grandes difficultés dans un allaitement qu'elle désire, du reste. L'observation médicale démontre que, sous ce rapport comme pour tant d'autres, l'hérédité joue un rôle dans les aptitudes organiques. Et puis, ce n'est pas tout d'avoir une haute idée de ses devoirs maternels, ce n'est pas tout d'avoir du courage : il faut une certaine dose de forces pour les accomplir, et quoiqu'elle fasse, une mère, d'une constitution peu vigoureuse, ne pourra fournir à son nourrisson un lait assez substantiel et assez abondant ; il est à craindre qu'en outrepassant ses forces elle ne tombe dans une

anémie qui aura ensuite un long retentissement et ébranlera profondement sa santé.

Malgré ces quelques inconvénients qu'il est prudent de nepas passer sous silence, l'allaitement maternel est bien préférable et pour l'enfant et pour sa mère; mais la première condition pour nourrir fructueusement est d'en avoir un immense désir, d'être possédée d'une véritable vocation qui donne le pouvoir d'oublier pour son enfant tout, même les plus légitimes affections qui pourraient produire une distraction fâcheuse.

L'allaitement que la mère fait à contre-cœur et qu'elle subit involontairement sous la pression de son entourage ne peut donner de bons résultats. La sécrétion lactée n'est pas volontaire, mais elle est, comme toutes les sécrétions, sous l'influence du système nerveux; et de même que la bouche se sèche sous l'empire d'une émotion, de même le lait est tari par le chagrin et la contrainte morale. Et si le bonheur d'être mère favorise la lactation, la crainte et l'inquiétude lui sont contraires, et il est bien vrai de dire que dans certaines circonstances pénibles les femmes retiennent leur lait.

Rarement j'ai vu l'allaitement imposé réussir ; mais cela ne tient pas seulement au trouble de la sécrétion lactée, il y a encore d'autres conditions qui se ressentent de la gène morale de la mère ; elle supporte moins énergiquement les douleurs inséparables d'un premier allaitement; les soins assidus qu'exige le nouveau-né sont négligés; il n'est pas tenu aussi proprement; il est soumis à un décubitus dorsal prolongé; de là des maladies et une mortalité plus grande.

Il faut donc persuader les femmes de nourrir, mais ne jamais les y forcer.

« Le fait qui s'est passé pendant la dernière guerre que nous venons d'éprouver, dit M. Monot, met hors de doute que l'allaitement maternel est le vrai moyen à opposer à la mortalité du premier âge. En effet, pendant les six derniers mois de l'année 1870 et les six premiers de l'année 1871, alors que Paris fut investi à deux reprises différentes et qu'il devint impossible aux nourrices de province de se rendre dans la capitale, toutes les mères allaitaient leurs enfants, et voici les modifications qui survinrent dans la mortalité : le chiffre des naissances dans mon canton s'éleva à 290 ; celui des décès de un jour à un an à 54; ce qui donne une moyenne de 17 pour 100 : or nous savons que ce chiffre est ordinairement de 55 pour 100. »

L'allaitement maternel abaisse donc sérieusement la mortalité.

2° Allaitement par les nourrices. Au sujet des nourrices sur lieu peu de recherches ont été faites. Les médecins ne peuvent fournir que le nombre restreint de faits qu'ils observent dans leur clientèle, et il est, par conséquent, difficile de réunir les matériaux pour une statistique importante. J'ai cité déjà les faits du docteur Créquy qui démontrent que la mortalité a été de 8,28 pour 100 par l'allaitement maternel, tandis qu'il a été de 18 pour 100 par l'allaitement de nourrices sur lieu.

Mais il est une autre question connexe, c'est celle de la plus grande mortalité des enfants des nourrices et de la dépopulation consécutive des pays d'où elles émigrent. Une statistique de M. Monot porte à 55 pour 100 la mortalité des enfants des nourrices de la Nièvre. Dans le Morvan l'émigration progressive des nourrices vers Paris a donné une mortalité effrayante des enfants de ces mêmes nourrices. La population, qui était en 1854 de 15 188, s'est abaissée en 1861 à 12 628. Ainsi le métier de nourrice sur lieu n'est profitable ni au nourrisson ni à l'enfant de la nourrice.

Nous possédons égalemeiU peu de documents sur l'allaitement au domicile de la nourrice. Voici toutefois des statistiques qui m'ont été fournies par deux bureaux privés de Lyon. Premier bureau. Mortalité des enfants légitimes envoyés en nourrice à la campagne, 19,25 pour 100, illégitimes, 28,50, pour 100. Deuxième bureau. La mortalité est actuellement de 16,92 pour 100, elle était autrefois de 22 à 25 pour 100. Mais les conditions des enfants placés directement par leurs parents sont certainement bien supérieures, et les résultats doivent être meilleurs.

3° Biberon. Les effets funestes de ce mode d'alimentation sont tellement avérés que je me borne à citer sans commentaires les faits suivants :

Créqiiy, 50 pour 100, X" arrondissement, Paris. Vacher, 50 pour 100, Dieppe.

Le docteur Denis-Dumont a donné la statistique du Calvados en 1867 et démontré que la mortalité des enfants nourris au biberon et au petit pot était de 50 pour 100, tandis qu'elle n'était que de 10 pour 100 pour les enfants nourris au sein.

Le docteur Bourdon a constaté que, dans les arrondissements de Paris où il vérifiait les décès, la mortalité des enfants recevant le lait de femme était de 25,80 pour 100, tandis qu'elle était de 68,80 pour 100 pour ceux élevés au biberon.

Le docteur Beaugrand, dans le X'' arrondissement de Paris, a recherché le mode d'alimentation de 1,279 enfants morts d'entérite, de 1860 à 1867, allaitement au sein 498, soit 58 95 pour 100 ; allaitement artificiel 699, soit 54 65 pour 100.

La mortalité énorme de la Bavière, qui est de 37 pour 100, dépend de l'usage répandu du biberon.

Je ferai seulement la remarque suivante : Parmi ces enfants nourris au biberon la plupart sont illégitimes ou appaitiennent à des familles pauvres ; par conséquent ils font partie des catégories oij la mortalité est plus forte. Deux causes se réunissent donc pour accentuer davantage la mortalité.

Etat social. V illégilimité possède une déplorable intlaence sur la mortalité des nourrissons. C'est elle qui grève la statistique des hôpitaux, des enfants assistés, des grandes villes et de certains pays de l'Europe.

Voici des chiffres fournis par Husson: naissances annuelles 900 000, mortalité 17 51 pour 100; légitimes, 820,000 mortalités, 16,56 pour 100; illégitimes, 80 000 mortalités, 55,52 pour 100.

D'après les statistiques anglaises, la mortalité des illégitimes est de 70 à 90 pour 100. Elle est donc très-considérable.

Sur 2207 décès dépouillés en 1875 par le docteur Bringuier dans l'Hérault û y a eu 1942 décès pour 11000 enfants légitimes et 265 pour 521 enfants naturels, 17 pour 100 pour les premiers et 50 pour 100 pour les illégitimes. Gomme M. Bertillon, il a remarqué que la mortalité était plus considérable dans la population illégitime rurale.

A la maternité de Marseille, les enfants légitimes meurent dans la proportion de 8 15 pour 100 et les illégitimes dans la proportion de 16,66 pour lOO.

La mortalité des enfants de l'hospice de la Charité de Lyon de 0 à 1 au a été de 1 sur 4,12 en 1867, soit 665 décès sur 2775 enfants; en d'autres termes, 24 pour 100. Pour les enfants assistés, c'est-à-dire complètement abandonnés, il y a eu 1 décès sur 5,52. C'est aussi l'illégitimité qui a sa bonne part dans la mortalité des grandes villes : c'est elle qui fait de la Bavière, ainsi que

l'a si bien démontré M. Vacher, le pays d'Europe où la mortalité est la plus forte, 37 pour 100.

Dans un rapport lu à l'Académie, M. Devilliers donne les chiffres suivants pour 1875 : enfants légitimes 14 529 ; décès, 2558, 18 pour 100, Illégitimes 1726; décès, 428, 25 pour 100. D'après M. Bertillon, 75 000 naissances illégitimes par an donnent 24 500 décès. Mortalité qui, suivant M. Monot, pourrait être réduite de moitié. Ce sont donc 12 000 enfants illégitimes qui meurent de trop chaque année.

En 1867, voici la statistique de l'hôpital de la Charité de Lyon : Enfants secourus, 24 pour 100 ; enfants abandonnés, 55 pour 100.

M. Bertillon représente ainsi la mortalité comparative des enfants légitimes et illégitimes : la mortalité des légitimes dans les villes étant de 66, celle des illégitimes est de 165. La proportion est de 100 à 252.

Dans les campagnes, légitimes 80; illégitimes 232, c'est-à-dire 100 à 290. Ainsi la statistique a démontré à M. Bertillon un fait inattendu, c'est la mortalité plus grande des illégitimes dans les campagnes. Pour chercher avec fruit l'explication de ce fait assez singulier au premier abord, il faudrait pouvoir distinguer les illégitimes nés dans les campagnes et ceux nés dans les villes et envoyés à la campagne. C'est dans les campagnes que sont expédiés presque tous les illégitimes provenant du libertinage des villes ; cette catégorie de nouveau-nés a plus do chance de mortalité à cause d'une santé moins vigoureuse, à cause d'une surveillance moins grande. C'est dans les campagnes que l'administration envoie les enfants assistés dont la mortalité atteint un chilfre très-élevé. Nous avons déjà signalé certains départements près des grandes villes comme donnant une mortalité plus forte. En outre, un grand nombre de filles se placent le plus tôt possible comme nourrices et ne se soucient que médiocrement de leur enfant.

Ainsi, on le voit, j'ai interrogé les statistiques les plus diverses , toutes ont donné la même réponse. L'illégitimité est une cause active de mort pour le nouveau-né. La raison de ce fait, c'est l'absence de soins ; à elle revient la plus large part de la mortalité enfantine ; aucune œuvre pour être bien exécutée n'exige autant d'intelligente sollicitude et de minutieuses précautions que celles d'élever un enfant. L'enfant légitime donne paix et honneur à sa mère : aussi elle ne lui ménage ni ses soins ni ses fatigues; l'enfant illégitime est, au contraire, dans les conditions habituelles de no're société, le plus lourd fardeau dont une pauvre femme puisse être accablée, car il se complique de l'abandon, de la honte et de la misère : aussi la mère cherche à éloigner d'elle ce témoin accusateur et ne communique avec lui que le plus rarement possible.

Nous verrons dans le second chapitre les moyens que la société a employés pour atténuer la mortalité des enfants illégitimes. C'est pour eux qu'ont été créés les hospices d'enfants trouvés, les tours, le service des enfants assistés, etc.

Au sujet des classes riches et des classes pauvres la statistique nous fournit bien peu de renseignements ; toutefois il est hors de doute que les classes riches perdent moins d'enfants que les pauvres.

J'ai souvent interrogé dans les hôpitaux des mères pauvres de la circonscription lyonnaise ; un grand nombre d'entre elles avaient perdu la moitié ou les deux tiers de leurs enfants.

Voici une statistique anglaise qui montre la différence que je signale.

Aisés 11 à 14 pour 100.

r, ( Paysans 13 à 30 —

Pauvres. . | ^iiadins 25 à 33 -

Illégilimes 60 à 90 —

M. Bertillon pense que les hautes classes devraient abaisser leur chiffre à 7 ou 7, 5 pour 100. Mais les soins dont on entoure les enfants ne sont pas tout; la vigueur de la race les contre-balance sérieusement, et, sous ce rapport, tout l'avantage est aux classes pauvres, surtout dans les campagnes.

§ 2. Causes morbides. Nous venons de passer en revue les causes générales de la mortalité des nouveau-nés ; nous avons vu l'énorme influence qu'elles possèdent sur la vie de ces êtres débiles, nous allons maintenant étudier les causes morbides ou médicales proprement dites au point de vue de la statistique et de la mortalité. Quelle que soit la cause générale, séjour dans une grande ville ou illégitimité, qui pèse sur le nouveau-né, il meurt toujours d'une affection quelconque : variole, rougeole, scarlatine, catarrhe pulmonaire ou bronchique, coqueluche, muguet, diphthérite, croup, syphilis, érysipèle, méningite, diarrhée, dysenterie, etc.

Les statistiques qui roulent sur ce sujet sont de date récente, incomplètes, entachées de causes d'erreur, et n'ont point encore donné tout ce qu'on est en droit d'attendre d'elles ; cependant elles amèilent déjà à des conclusions pratiques d'une grande valeur.

D'après M. Devilliers, par ordre de fréquence, les grandes causes morbides de la mortalité enfantine sont les suivantes : 1° Affections intestinales ; 2" débilité congénitale ; 3° affections des voies respiratoires ; 4° maladies du système nerveux.

Je mettrai en regard quelques recherches sur la mortalité, à Lyon, de 0 à 1 an. Dans le 11" arrondissement, en 1869, il y a eu 2838 naissances et seulement 126 décès, ce qui ferait une mortalité de 4,4 pour 100, 1 sur 22. Mais cette proportion est complètement fausse, car Lyon est une ville ouvrière, et, à ce titre, elle est peu capable de nourrir ses enfants et les envoie dans les campagnes oii leur mortalité est inconnue.

Voici le diagnostic médical porté sur les certificats de décès :

Débilité congénitale 21

Entérite 52

Bronchite, pneumonie 29

Convulsions, méningite 13

Affections diverses 9

A l'hospice de la Charité. Il y a deux statistiques qui doivent être séparées l'une de l'autre, celle des enfants illégitimes et celle des enfants légitimes.

Enfants illégitimes morts en 1869 :

Débilité congénitale 63

Entérite 59

Bronchite, pneumonie -j

Affections diverses 52

iS'OURRISSONS. 4.M

Enfants légitimes morts à la Charité :

Débilité congénitale iS

Entérite 37

Pneumonie, broncliile 8

Affections diverses 4

Méningites 8

Deux de ces tableaux ont le plus grand rapport, celui du II* arrondissement et celui des enfants légitimes décédés à la Charilé. Ils donnent très exactement la physionomie de la mortalité des nouveau-nés à Lyon. La débilité et l'entérite y prédominent ; ce sont les tristes produits de l'anémie des grandes villes et de l'alimentation vicieuse.

Quant à la statistique des nourrissons de la Charité, elle doit son caractère spécial au chiffre énorme de la débilité et au petit nombre d'enfants morts de refroidissement; ce qui n'est point étonnant, puisque la plupart ne sortent pas de la Charité.

En résumé, l'immense majorité des nouveau-nés succombe sous l'influence de la débilité congénitale, de l'entérite ou du refroidissement. Ce sont ces causes spéciales qu'il iaut étudier et prévenir, si l'on veut arriver à un résultat.

En jetant un coup d'œil sur la mortalité de la Charité, on voit que, sur 100 décès, 50 doivent être attribués à la débilité congénitale, tandis qu'en ville elle donne une proportion de 10 pour 100. Les enfants qui proviennent des unions illégitimes ont donc une infériorité vitale très-accentuée. Voilà, si je ne me trompe, la véritable explication de l'énorme proportion des mort-nés illégitimes.

Il en est de même des enfants des grandes villes relativement à ceux des campagnes. Une forte proportion d'enfants débiles est un indice siir de l'absence d'énergie d'une race dont l'avenir est compromis.

Le froid doit être signalé comme un des plus terribles ennemis des nouveaunés; les affections qu'il engendre sont caractérisées par la soudaineté et la rapidité de leur allure ; il suffit d'un instant pour amener des accidents irrémédiables et des maladies graves, comme la bronchite capillaire ou la pneumonie.

L'enfant a l'elativement beaucoup moins de résistance au refroidissement que l'adulte ; entre eux il y a la même différence qu'en un gros poêle qui conserve longtemps sa chaleur, et un petit qui la perd aisément. L'enfant se refroidit rapidement, et les changements brusques de température lui sont éminemment préjudiciables.

La proportion des enfants de la ville qui succombent par refroidissement est de 20 pour 100. Ils séjournent habituellement dans l'atmosphère chaude de la chambre maternelle; puis, à l'heure de la promenade, en hiver, ils sont emportés par une bonne ou une nourrice dans les rues, sur les quais ou les places, dont la température varie à chaque exposition différente ; la personne qui porte l'enfant s'échauffe facilement par la marche et cherche à se reposer. Elle a chaud, elle ne peut se figurer que son enfant ail froid. Elle a fabriqué de la chaleur, tandis que l'enfant se refroidit. Dans de telles conditions, le froid est nuisible, tandis que l'exercice au grand air, même avec une température basse, a une action tonique fort efficace.

Les nouveau-nés qui sont emmenés au loin en nourrice succombent souvent

de refroidissement contracté pendant le voyage, et le docteur Vacher a conseillé de ne les faire partir que le dixième jour; il y a là un cercle vicieux, car en les gardant à la maison on les expose à succomber à l'entérite.

Il ne me paraît pas possible, en effet, avec nos habitudes actuelles, de garder pendant dix jours dans la maison, et surtout dans un hospice, une nourrice qui a hàle de retourner dans sa famille avec son nourrisson ; quant à l'allaitement artificiel, il serait plus funeste encore que le froid.

De toutes les fonctions qu'exerce le nouveau-né la plus importante, la plus active, est la digestion ; c'est celle dont le trouble produit les conséquences les plus fâcheuses, et toutes les statistiques, hormis celle de la Charité, démontrent que les maladies des voies digestives font périr plus d'enfants que la faiblesse et le froid.

J'ai rangé sous la dénomination d'entérite toutes les maladies du tube digestif désignées quelquefois différemment sur les certificats de décès : ainsi le muguet, l'ictère, la diarrhée et d'autres variétés d'affections dont la cause évidente est l'alimentation vicieuse.

A Lyon, comme à Paris, c'est l'entérite ainsi définie qui cause le plus grand nombre des décès, comme le prouvent les chiffres suivants : Pour 100 décès de 0 à un an, Paris a perdu 18; Lyon Ville, 41; Lyon Charité, 36.

J'aurais voulu avoir les statistiques des campagnes, mais elles n'existent pas. Il y a là une lacune importante à signaler à l'administration, et un desideratum à faire combler par les médecins cantonaux. Dans les communes, surtout où il y a beaucoup de nourrices, on obtiendrait certainement des renseignements curieux et instructifs.

Je mets en regard des chiffres que j'ai recueillis à Lyon une statistique analogue faite par M. Gibert àJIarseille :

Maladies Maladies Maladies

du cerveau. des voies respiratoires. des voies digestives.

1873. . . 619 593 UIO

Comme on le voit, les maladies des voies digestives l'emportent de beaucoup. Les affections cérébrales paraissent bien plus fréquentes que dans nos régions- Ces statistiques sont encore dans l'enfance; elles devraient signaler le rôle des épidémies qui sévissent avec tant d'intensité sur la première enfance : épidémie de grippe qui amène la mort par bronchite capillaire ; épidémie de coqueluche qui arrive au même résultat ; épidémie de rougeole, de croup, mais surtout dysenterie épidéraique, qui fait tant de victimes pendant la saison des grosses chaleurs.

CHAPITRE II. Mesopes prises coïntre la mortalité des nocveac-kés. De nombreux moyens ont été mis en pratique pour atténuer un mal si préjudiciable à la société, je vais les passer en revue successivement. Voici l'ordre que je sui>Tai:

§ 1. Historique; § 2. Tours; § 3. Enfants assistés; § 4. Sociétés de charité maternelle; § 5. Sociétés protectrices de l'enfance; § 6. Crèches; § 7. Moyens divers, Pouponnière, etc. ; § 8. Loi.

§ 1. Historique. L'histoire des nourrissons comprend la période ancienne et la période moderne.

Période ancienne. Un grand principe réglait la famille chez la plupart des

peuples anciens: c'était la puissance absolue du père sur ses enfants; elle ne souffrait pas de restriction. Il pouvait les vendre, les exposer ou les mettre à mort suivant sa volonté et son intérêt.

De son côté l'État prescrivait le meurtre des nouveau-nés trop cliétifs au moment de leur naissance; la pratique légale del'inftmticide existait. Platon défend de laisser vivre les enfants mal constitués, difformes, ceux qui sont issus de pères parvenus à 50 ans et de mères iÀgées de plus de 40 ans. Aristote demandait une loi pour régler le nombre d'enfants appelés à vivre. Les lois de Lycurgue, de Solon, de Romulus, tlcNuma, autorisaient l'infanticide; Sénèque, Pkitarque, ne le condamnent nullement, les sacrifices d'enfants étaient fréquents chez les Perses et les Carthaginois.

Ainsi, dès la plus haute antiquité et cliez presque tous les peuples, l'infanticide était considéré comme licite.

Le christianisme vint changer à cet égard la face du monde. La vie de l'enfant devient respectable. Avec le christianisme , disent Terme et Monttialcon, commença une morale inconnue; l'infanticide est dénoncé comme un crime et l'exposition des enfants est sévèi'ement proscrite. L'Église prend d'abord sous sa protection l'enfant trouvé, puis les États l'imitent. Déjà au sixième siècle existait à Trêves une maison destinée aux enfants trouvés. Dathœus en 787 fonda le premier hospice pour les enfants.

En 1351, un simple bourgeois Ibndait à ses frais dans iVuremberg le grand hôpital du Saint-Espiit destiné à recevoir les femmes enceintes et les nouveaunés abandonnés. Mais, malgré les exhortations de l'Eglise, malgré les édits scvèi'es des gouvernements, l'exposition continuait sur une large échelle et elle avait pour conséquence une mortalité considérable.

Saint Vincent de Paul, ému de pitié à la vue du sort déplorable des nouveaunés, trouva des accents éloquents pour électriser les gens inlluents de son époque et les décider à secourir les enfants abandonnés. C'est lui qui a donné l'impulsion et qui a le mérite d'avoir préparé tout ce qui a été créé après lui. Des auteurs prétendent que du temps de cet illustre réformateur les enfants abandonnés succombaient dans la proportion de 9 sur 10; mais la statistique dans ce tempslà n'existait pas et sur toutes ces questions on est réduit à des données assez vagues.

Saint Vincent de Paul fonda l'œuvre des enfants trouvés, qui fut favorisée par le gouvernement et prit une grande extension. Des hospices furent établis dans les principales villes de France et ouvrirent leurs portes aux nourrissons délaissés dont la réception était entourée du plus grand mystère.

En 1690, l'hospice de Paris reçut 1504 nouveau-nés; en 1709, celui de Lyon reçut 2751 enfants. La plupart des pupilles de ces hospices étaient immédiatement envoyés dans les campagnes où on les élevait.

La révolution française de 1789 plaça les enfants trouvés sous la juridiction gouvernementale et une loi très-bien faite fut alors promulguée, C'est à peu de chose près celle qui nous régit actuellement, avec quelques modiiications introduites en 1811 par le premier Empire.

§ 2. Des tours. Parmi les moyens employés pour protéger la vie de l'enfant un des plus anciens et des plus célèbres est le tour. Ou s'aperçut bien vite que l'illcaitimité accroissait singulièrement les chances de mort, et c'est dans l'intérèt des enfants nés hors mariage que cette institution lut créée.

DICT. ESC. 2^ s. XllL 28

Le premier tour fut fondé par Guy, seigneur de Montpellier, en avril 1198, sous la protection du pape Innocent III, qui organisa la confrérie du Saint-Esprit, dont le but était de s'occuper des petits enfants.

Les tours étaient peu nombreux du temps de saint Vincent de Paul ; c'est à partir de 1811 qu'ils prirent de l'extension en devenant par un décret une institution de l'État. 209 tours ont fonctionné en France simultanément en 1850; mais, il faut bien le dire, ce n'était pas le système dans toute sa pureté, plusieurs de ces tours étaient surveillés; on demandait des déclarations aux personnes qui apportaient les enfants. Ces restrictions rendaient le système illusoire.

Malgré cela le nombre des enfants trouvés augmenta graduellement et rapidement.

En 1819 il existait 99,346 enfants trouvés.

Avec le système des tours il y avait 55 000 enfants abandonnés annuellement en moyenne.

Suivant l'abbé Gaillard, sur '200 enfants trouvés il y en avait eu de légitimes 10 pour 100 de 18<U à 1809; 8 de 1809 à 1815; 7 en 1814; 5 de 1818 à 1827: 7 de lcS28 à 1850; 10 de 1851 à 1854; enfin 9 en 1855.

11 V avait là des inconvénients graves qui frappèrent vivement l'attention du gouvernement, d'autant plus quelles dépenses s'étaient élevées de 5 à 10 millions. De 1855 à 1843, 158 tours furent supprimés. En 1849, on consulta les conseils généraux, 4 -i votèrent le maintien; 11 votèrent contre, et les tours furent fermés, dit M. Brochard, malgré les protestations faites à la même époque par des hommes d'une autorité considérable.

Le dernier tour qui a fonctionné est celui de Marseille ; il a été fermé en 1866. Voilà donc 12 ans que les tours ne fonctionnent plus. Cette mesure a été prise par décision ministérielle.

Depuis quelques années M. Brochard a entrepris une véritable croisade en faveur des tours. Dans de nombreuses publications, ce médecin distingué a démontré avec beaucoup d'à-propos les inconvénients du système actuel et il en a conclu au rétablissement des tours. Les arguments qu'il a fait valoir ont vivement impressionné les esprits et nous assi.stons à un revirement de l'opinion publique. En ce moment le sénat est saisi d'un projet de loi pour le rétablissement des tours présenté par M. Bérenger, qui fait valoir à l'appui de nombreux ar-^uments présentés avec beaucoup d'art. Cette question est donc devenue tout à fait à l'ordre du jour et mérite d'être examinée soigneusement.

Je l'envisagerai au point de vue de Y infanticide, de Vavoriement, des expositions, des mort-nés, de la mortalité, et je terminerai par quelques considérations générales.

Je passerai ainsi successivement en revue tous les arguments qu'on a fait valoir contre les tours ou en leur faveur; je tâcherai de poser nettement la question et de la dégager de tous les subterfuges dont on s'est plu à l'entourer. Je ne me dissimule pas toutes les diftîcultés du sujet, d'autant plus que mes conclusions seront en opposition avec le courant du jour.

Le principal but des tours était de diminuer ['infanticide.

Chaque année les tribup.aux retentissent de crimes de ce genre qui ont un grand

NNÉE MOVEPi.NE.

Avorlemeats.

Homicides.

Total

retentissement, grâce à la presse. Récemment, dit Brochard, en présence des infanticides dont la cour d'assises du Calvados était chargée, le jury demanda le rétablissement des tours. Le bruit considérable qui se fait à ce sujet semblerait indiquer que le mal est immense : interrogeons donc la statistique.

La moyenne annuelle des infanticides s'est élevée de 1826 à 18ô0 au chiffre de H8. Une accusation sur 289 003 habitants. Cette proportion est légèrement différente d.ms le tableau qui suit.

M. Cérenger dans son rapport au sénat donne la statistique suivante des crimes et délits commis contre les enfants par périodes de cinq années de 1826 à 1875.

Périodes. Infantici

18il à 1813 143

De ce tableau l'honorable rapporteur conclut que les crimes contre les enfonts ont triplé de 1850 à 1800 et il en rend la fermeture des tours responsable.

Je ferai remarquer toutefois que le tableau de M. Bérenger accuse une diminution légère depuis 1860, précisément depuis l'époque où le dernier tour a été fermé.

Il n'en reste pas moins prouvé que le chiffre de la mortalité a augmenté d'une façon insolite et que beaucoup d'hommes compétents attribuent ce fait à la fermeture des tours. Tous cependant ne sont pas de cet avis.

Voici d'autres chiffres qui montrent combien le problème est loin d'être résolu: d'après Monlfalcon et Terme l'infanticide a été plus fréquent de 1825 à 1829 dans les provinces de la Belgique oii il y avait des tours. Mais celte statistique porte sur un nombre de faits trop restreint et par conséquent il me paraît impossible d'en tirer des déductions bien rigoureuses.

En 1828 on relève 92 accusations d'infanticide malgré 224 tours en plein fonctionnement. Si la proportion avait été la même en 1858, où il ne restait plus que 42 tours, les infanticides auraient été 480 au lieu de 224. c'est-à-dire que, les tours étant 5 fois moins nombreux, les infanticides auraient du croître en proportion inverse.

D'après Naud, médecin du bureau de bienfaisance d'Angoulème, depuis la suppression des tours les infanticides ont progressé dans une proportion si faible qu'il ne lui paraît pas nécessaire de rétablir cette institution qui a fait son temps, mais bien plutôt de favoriser le développement des sociétés protectrices de l'enfance, ainsi que les sociétés de charité ayant pour but de venir en aide aux fiUes-mères qui veulent nourrir et conserver leurs enfants.

Les infanticides du département du Pihône se sont élevés au nombre de 15 en dix ans dans la période 1866-1875; chiffre tout à fait minime.

Il ressort de ces faits contradictoires que l'influence du tour sur Finfanticide n'est pas établie au-dessus de toute contestation.

Le nombre des infanticides a augmenté, c'est évident ; mais ne peut-on pas penser que ce crime a suivi la progression de tous les autres? et de plus on a des

436 >iOURlUSSONS.

données positives seulement sur les infanticides déférés à la justice ; mais il est certain que |)lusiears lui échappent. Si donc le nombre ofticiel augmente, cela peut dépendre du perfectionnement des procédés judiciaires pour la recherche des délits et des ciimes.

Les infanticides sont en moyenne de 200 par an ; mais, si on analysait les

faits, combien en trouverait-on sur ce nombre à imputer à la fermeture des

tours? Une vingtaine peut-être. Or quelle importance a ce chiffre en présence

de 50 000 enfants trouvés qui succombent annuellement en France, d'après

M. Brochard ? Le tour préviendra l'infanticide quand il y aura un complice, car

en général la fille qui vient d'accoucher n'est pas capable de porter elle-même

son enfant dans un lieu de refuge souvent éloigné de son domicile. Le tour

sera donc un remède efficace dans des conditions spéciales et bien limitées.

Mais, si la fdle n'a fait de confidence à personne, les conditions changent

complètement; les forces lui font défaut et elle se trouve dans l'impossibilité

matérielle de porter son enfant au tour. Elle a accouché clandestinement dans

le silence de la nuit, elle est seule, isolée, elle redoute les cris de l'enfant,

l'œil vigilant des voisins, d'une concierge ou des passants, et la pensée de

l'infanticide s'empare de son esprit comme le moyen le plus immédiat et le

plus efficace de supprimer le témoin irrécusable de sa faute. Le motif capital

du crime, c'est le désir de continuer la dissimulation de la grossesse et de ne

mettre personne dans la confidence de la situation.

,1e suis disposé à conclure avec M. Naud que les tours n'ont pas augmenté les inhinticides dans des proportions inquiétantes. Créer des tours pour empêcher quelques infanticides me parait un remède pire que le mal.

Erpositions. (juand il n'y avait pas de tours, on exposait les enfants; c'est même à cause du nombre et des inconvénients des expositions que les tours ont été créés. La fermeture des tours aurait donc dû multiplier considérablement les expositions, il n'en est rien.

En voici le nombre dans le département du Rhône dans la période décennale 1866-1875: 1866, 22; 1867, 22; 1868, 13; 1869, 18; 1870, 21; 1871,21; 1872, 15; 1873, 18; 1874, 8; 1875, 11.

Cette proportion peu considérable, qui du reste semble décroître par toute la France, montre le peu d'influence de la fermeture des tours.

Je n'ai rien à dire de Vavortement criminel ; de l'aveu même des partisans du tour il n'y a pas de corrélation entre ces deux questions. L'avortement naît de l'idée de supprimer la grossesse avec ses conséquences sans doute, mais la femme qui se fait avorter veut par-dessus tout éviter qu'on la sache enceinte. Ce qu'elle redoute surtout, ce sont les signes accusateurs de la fin de la grossesse, elle ne voit pas plus loin.

Examinons maintenant l'influence du tour sur le nombre des mort-nés. Le docteur Maurin de Marseille pense que la plupart des mort-nés illégitimes sont dus à des infanticides dissimulés. Leur proportion a monté de 1860 à 1870 de 1 sur 9,7 à 1 sur 7 naissances. La proportion a été la même à Bordeaux en 1868.

A Marseille en 1873 la proportion des mort-nés légitimes étant de 8 pour 100, celle des illégitimes a été de 17 pour 100.

Voici d'après V Annuaire du bureau des longitudes quel a été depuis 1840 le rapport des mort-nés aux naissances.

De 1840 à 1849, 1 mort-né sur 32 naissances ; de 1850 à 1859, 1 mort-né sur 24 naissances; de 1860 à 1800, 1 mort-né sur 22 naissances.

La population des morts-nés croît, tandis que les naissances diminuent. Le mal existe en Angleterre dans des proportions Lien plus inquiétantes; d'après le docteur Lankester le nombre des nouveau-nés que l'on peut supposer avoir été tués par leur mère s'élève annuellement à 27 000 qui sont déclarés comme mort-nés. Ce chiffre est du reste hypothétique, car le mort-né en Angleterre est par le fait non avenu ; en effet, la loi donnant cin([ jours pour les déclarations de décès, cela seul, comme le fait très-justement remarquer M. Bertillon, fausse la statistique de la mortalité enfantine en Angleterre où l'infanticide diminue, tandis que le mort -né croit.

L'illégitimité double les mort-nés en France, tandis qu'elle n'est que de un quart supérieure en Danemark, mais cela peut dépendre de la manière dont se font les déclarations, de l'extension de la syphilis et peut-être aussi des pratiques plus nombreuses d'avortement.

On aurait tort cependant de croire que l'augmentation considérable des mortnés appréciables surtout chez les illégitimes est exclusivement le fait de tentatives d'avortement ou d'infanticides déguisés, c'est là une de ces hypothèses présentée sous forme d'argument et qui est indigne de la vraie science. Eu effet, si j'examine la statistique des accouchements de l'hospice de la Charité de Lyon que je citerai dans un instant, je constate que la proportion des mort-nés illégitimes a été le treizième du total des partuiitions, c'est-à-dire de 8 pour 100. Ur ces mort-nés sont venus au jour dans mon service, sous mon inspection, par le fait d'une mauvaise grossesse ou d'une dystocie, et je puis affirmer qu'ils n'ont pas été produits par des manœuvres criminelles.

J'ai démontré que la cause de mort la plus active des illégitimes était la faiblesse congénitcde qui est engendrée par les conditions pénibles qui ont pesé sur la grossesse, telles que misère, chagrins, syphilis, etc. Ce sont ces mêmes conditions délétères qui augmentent les mort-nés illégitimes qui naissent sous nos yeux; quanta la fermeture des tours, rien chez nous n'établit son inQuence. La suppression des tours a-t-elle augmenté la mortalité des nouveau-nés? Voilà, il me semble, le nœud de la question, et malheureusement c'est sur ce point qu'on a glissé le plus rapidement dans ces derniex'S temps; on a semblé plutôt chercher le triomphe d'une cause que celui de la vérité.

La mortalité actuelle est considérable; elle était de 17,50 il y a vingt ans; elle est actuellement de 20,5; peut-on faire peser cette augmentation sur le compte de la suppression des tours?. Je ne puis l'admettre, car ce chiffre porte sur tous les enfants et le tour s'applique seulement aux illégitimes qui ne sont que le 11*' des naissances totales.

Si nous examinons à part la mortalité des illégitimes, nous trouvons qu'elle était de 35,52 pour 100 il y a vingt ans d'après Husson et qu'elle est aujourd'hui de 35 pour 100 d'après les données de M. Jjertillon.

La mortalité des illégitimes est donc moindre aujourd'hui qu'autrefois où beaucoup de tours fonctionnaient encore.

Si nous considérons les effrayants tableaux de mortalité qu'on trouvera dans le paragraphe suivant, sans nous reporter aux enseignements du passé, on est disposé à croire que le tour serait supérieur au système que nous avons aujourd'hui ; mais il ne suffit pas d'un aperçu d'ensemble ; il faut analyser les catégories des morts et l'on verra que le plus grand nombre est précisément parmi

i^S NOURRISSONS.

les abandonnés qui correspondent à l'ancienne classe des enfants déposés au tour. Sans doute il y a quelques infanticides de plus, mais en regard nous verrons que le tour et l'abandon donnent des statistiques déplorables et que le meilleur moyen de sauver la vie de l'enfant est de le mettre en rapport avec sa mère. Voilà le fait général ; mais on peut trouver des exceptions.

La société médico-cliirurgicale de Bordeaux a ouvert une enquête sur le triste sort des enfants assistés de la Gironde et par l'oigane de son rapporteur, le docteur Leviez, elle a publié un travail sur l'assistance de la fille-mère et les conséquences de cette assistance sur son enfant. Elle a mis en regard les années 1850 et 1851 où le tour fonctionnait avec les années 1863 et 1864 où le système des secours donnés aux tilles-mères était en pleine vigueur. Pour y arriver elle a dépouillé les registres des paroisses.

Naissances, Ducès. Pour 100.

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