‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.65Chapitre 5 sur 90 · N E Z ( P A T II 0 L 0 G I E · texte numérisé non relu

N E Z ( P A T II 0 L 0 G I E

Nous ne saurions mieux faire, pour donner une juste ide'c de celte terrible maladie, que de reproduire l'une des observations de Coquerel. « Goujon, surveillant, est admis à l'hôpital de Cayenne le 5 septembre 1855. Au moment de son entrée, il accusait une vive douleur à la région sous-orbitaire et dans le côté droit de la face; la peau ne présentait encore ni tuméfaction ni changement de couleur. Le lendemain, céphalalgie intense et persistance des premiers symptômes. Le 8 septembre, quatrième jour de l'entrée, il se manifeste du gonflement au côté de la face; un liquide sanguinolent s'écoule des fosses nasales. Le 9, toute la face offre un gonflement érysipélateux ; il y a œdème des paupières et de la lèvre supérieure ; peau tendue, chaude et luisante. Sur le dos du nez, apparaît une tumeur d'un rouge violacé ; elle est incisée et laisse écouler un sang noir et fétide. Le malade s'étant assis, une larve s'échappe par le nez. Une première injection d'eau tiède est dirigée dans les fosses nasales, et entraîne la chute d'une dizaine de larves semblables à la première. Les symptômes généraux apparaissent : délire, renversement de la tète en arrière ; pouls dur, accéléré ; peau brûlante, soif vive. La tuméfaction de la face gagne le front ; celle des paupières cache le globe de l'œil. Plusieurs injections d'eau additionnée d'hypochlorite de soude sont pratiquées au moyen d'une sonde ; une vingtaine de larves sont entraînées par le courant. Dans la nuit du 9, tous les symptômes s'aggravent : délire violent, renversement de la tète en arrière; la tuméfaction des parties molles du front et de la face augmente. Malgi'é les émissions sanguines locales et générales, les révulsions sur le tube digestif et les extrémités, les affusions froides sur la tête, les injections nasales, les symptômes ne perdent rien de leur intensité. Le malade succombe le 10 septembre, six jours après son entrée.

(( Autopsie. Les tissus qui recouvrent les os propres du nez sont gangrenés ; il s'en écoule un liquide noirâtre et fétide. La muqueuse des fosses nasales est phlogosée dans toute son étendue ; là sont encore une dizaine de larves qui rampent sur la pituitaire ; au niveau du méat moyen, la muqueuse est rouge, épaisse et ramollie. A l'ouverture du cnàne, on trouve les méninges, d'un rouge foncé, gorgées de sang ; cet état est prononcé surtout à la base du cerveau ; les ventricules contiennent une sérosité sanguinolente ; le cerveau, incisé par tranches, laisse apercevoir un piqueté trto-prononcé. »

Toutes les observations sont d'ime uniformité désolante, et peuvent être résumées en quelques mots. Au début, fourmillements dans les fosses nasales, céphalalgie sus-orbitaire intense; bientôt, gonflement œdémateux de la région nasale, se pndongeant plus ou moins loin sur la face ; épistaxis abondantes ; douleur sus-orbitaire toujours plus vive (coup de barre de fer) ; issue d'un certain nombre de larves, soit par l'orifice des fosses nasales, soit par des ulcérations qui se produisent sur le nez ; symptômes généraux indiquant une sécrétion inflammatoire des plus vives, propagation de la phlegmasie aux enveloppes cérébrales ou au cuir chevelu, et mort du sujet.

La mort n'est pas fatale, mais, quand elle ne survient pas, la guérison ne s'obtient le plus souvent qu'au prix d'une perte de substance du squelette et de cicatrices difformes.

Étiologie. Ce ne sont évidemment pas les mouches elles-mêmes qui s'introduisent dans les fosses nasales, mais les œufs que ces mouches déposent à l'orifice des narines, œufs que les mouvements respiratoires entraînent dans les fosses nasales et les sinus frontaux, où ils trouvent une chaleur humide émi-

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nemment favorable à leur éclosion. Ainsi cette maladie s'observe au moment de la ponte, pendant les mois chauds de l'année, et de préférence chez les individus malpropres et ayant l'habitude de s'endormir au grand air. Toutes les races peuvent être atteintes de cette maladie ; cependant, les nègres y sont plus spécialement prédisposés, ce que l'on attribue à ce qu'ils ont les narines relevées et largement ouvertes.

Traitement. Le traitement d'une affection aussi terrible doit être nécessairement très-énergique. Au premier abord, il semblerait que des injections doivent entraîner les larves d'insectes, mais les appareils à douche les mieux combinés n'atteignent pas toujours tous les points d'une cavité aussi anfractueuse que le nez ; en tout cas, ils ne peuvent irriguer les sinus. Cependant, des injections médicamenteuses sont indiquées au premier soupçon de la maladie.

Les médecins français à Cayenne font des injections avec de l'eau chlorurée ou alumineuse, de la décoction de tabac, une solution de sublimé à la dose de 5 centigrammes pour 30 grammes d'eau ; ces injections, qui doivent être d'un litre chaque fois, sont répétées cinq et six fois par jour.

Les Anglais font des injections de tabac et de thérébentine. Au Pérou, on fait priser de la poudre de Veratrum sehadilla.

Des fumigations excitantes ont quelquefois réussi ; c'est ainsi que Legrand du Saillie a guéri une jeune fille de neuf ans dont les sinus frontaux renfermaient des larves d'insectes qui avaient déterminé ime céphalalgie frontale opiniâtre, accompagnée de convulsions ; il est vrai que ces larves appartenaient à la mouche de notre climat. Si tous ces moyens échouaient, il ne faudrait pas hésiter, suivant le conseil que donnaient déjà les auteurs du Compendimn, à trépaner les sinus frontaux et même les sinus maxillaires ; des injections médicamenteuses pratiquées par les sinus balayeraient les cavités nasales en tous sens et auraient probablement pour résultat d'entraîner toutes les larves d'insectes.

B. Lésions -vitales et organiques du nei et des fosses nasales. Sous ce titre se rangent : 1° les maladies inflammatoires de la peau, de la muqueuse et du tissu cellulaire ; 2" les affections généralement désignées sous le nom de maladies de la peau, affections pouvant s'étendre aux muqueuses; 5° les ulcères de la peau et de la membrane muqueuse ; 4° les maladies du squelette du nez et des fosses nasales ; 5» l'épaississement paitiel de la pituitaire ; Q° les tumeurs du nez et des fosses nasales.

1° Affections inflammatoires. L'érysipèle, les furoncles, la pustule maligne, les abcès, le coryza aigu et chronique, viennent se ranger sous ce chei.

Erysii'èle. L'érysipèle ne présente rien de particulier à noter, si ce n'est que c'est par la peau du nez que débute souvent l'érysipèle de la face. Il est utile cependant de rappeler que l'érysipèle peut se propager de la peau à la muqueuse et vice versa. Il existe dans la science plus d'une observation où l'éq-sipèle de la face se propageant aux fosses nasales, puis au pharynx, a déterminé l'œdème consécutif de la glotte. Bayle et Bouiilaud ont publié des observations dans lesquelles ce fait est mis hors de doute; depuis, les travaux de Gubler, Goupil, ont confirmé et expliqué la possibilité de cette propagation.

Fur.oNCLE, ANTHRAX, PUSTULE MALiGiNE. Les fuToucles et les anthrax ne sont pas très-rares au niveau de la portion cartilagineuse du nez et surtout vers le pourtour des narines. Ils s'étendent généralement vers les joues et la lèvre supérieure en déterminant un gonflement considérable et des douleurs

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intenses qui s'expliquent par la densité des tissus et la présence du nerf nasolombaire.

Les furoncules du nez présentent la même gravité que ceux de la face : ils peuvent donc entraîner la mort, par complication de phlébite, comme tendent à le prouver les travaux de M. Reverdin [voy. art. Face, pour compléter l'histoire des furoncles et de la pustule maligne).

Inflammations aigces et CHRO^MQUEs de la membrane muqueuse. Ces inflammations devant faire dans ce Dictionnaire l'objet d'un article spécial, nous renvoyons le lecteur au mot Cor'ïza.

Abcès. Les abcès phlegmoneux peuvent siéger à la racine du nez ou sur la portion cartilagineuse, en particulier au pourtour des narines et sur les côtés de la cloison. Ils peuvent naître sous l'influence de toutes les causes propres à produire des abcès en d'autres régions; on les voit assez souvent survenir pendant ou à la suite des grandes pyrexies, telles que la variole, la rougeole, la lièvre typhoïde ; quelquefois ils reconnaissent pour cause un état cachectique, l'extension de la phlogose déterminée par un coryza, un furoncle, la présence d'un corps étranger, etc.

Quelles que soient leurs causes, ces abcès se comportent comme les abcès traumatiques que nous avons déjà étudiés ; ils réclament le même traitement.

On observe aussi sur le pourtour de la cloison des abcès froids. Ceux-ci surviennent lentement, généralement sans douleurs, et le malade ne commence à se tourmenter que quand, par leur volume, ils arrivent à déterminer la gêne de la respiration. Le chii'urgien constate alors sur les côtés de la cloison une tumeur molle, presque indolore, fluctuante (plus fluctuante que dans les abcès chauds); la muqueuse a conservé généralement sa couleur normale, quelquefois elle est sillonnée par quelques veines variqueuses. Souvent l'abcès prend des dimensions assez étendues pour obstruer complètement les narines. Généralement, l'abcès est bilatéral, mais ce phénomène n'est pas constant dans l'abcès froid comme il l'est dans l'abcès chaud, ce qui, pour le dire en passant, prouve que le pertuis des cartilages n'est pas causé uniquement par la gêne de nutrition apportée par le décollement de la muqueuse.

Quelquefois l'abcès froid est idiopathique et survient sous l'influence de la scrofule ou de la syphilis; dans la grande majorité des cas, il est symptomatique d'une nécrose du nez ou même de maladies provenant du sinus frontal. Généralement le diagnostic de l'abcès froid est facile ; cependant il a été plus d'une fois confondu avec des polypes, et Cloquet a insisté sur le diagnostic différentiel.

Le polype provient généralement de la partie supérieure et externe des fosses nasales, tandis que l'abcès froid a sa base en bas et en dedans sur les côtés de la cloison. L'abcès a une large base, le polype est presque toujours pédicule ; le polype a un aspect grisâtre, l'abcès a un aspect rosé ; enfin le polype n'est pas fluctuant. Une erreur ne pourrait être commise que si l'abcès était plutôt rénitent que fluctuant, et, en ce cas, une ponction exploratrice lèverait tous les doutes. Duplay signale une cause d'erreur fort rare, mais qui pourtant doit être présente à l'esprit. « Dans un cas qui m'a été communiqué par H. Rendu, dit ce chirurgien, une tumeur existait des deux côtés de la cloison du nez ; elle était molle, rénitente, d'une couleur blanc rosé. La pression donnait au doigt, dans la narine opposée, une sensation de fluctuation manifeste ; cependant l'iii-

cision ne fil sortir aucun liquide. Il s'agissait d'une tumeur encéphaloïde, qui en peu de temps envahit la totalité des fosses nasales et emporta le malade. >>

Il semble impossible de confondre un abcès froid avec une simple déviation de la cloison ; dans ce cas, en effet, à une saillie d'un côté correspond une excavation du côté opposé, excavation que l'exploration avec le doigt ou le stylet rend manifeste.

Les abcès chauds traités convenablement ne laissent en général aucune suite fâcheuse ; cependant il faut plus se métier des abcès symptomatiques des pyrexies que des abcès traumatiques ; plus souvent ils laissent à leur suite des caries et des nécroses susceptibles de produire des difformités et surtout des troubles de la voix.

Cette conséquence est bien plus fréquente encore à la suite des abcès froids, d'autant plus que ceux-ci reconnaissent bien souvent pour cause une carie ou une nécrose préexistante, ou tout au moins une maladie générale, telle que la syphilis ou la scrofule.

Le traitement des abcès froids, comme celui des abcès chauds, consiste à omTir la tumeur dès que la fluctuation existe, et à assurer un libre écoulement au pus. Cette indication est plus urgente encore dans les abcès froids, car c'est en la remplissant que l'on réussira à prévenir la nécrose, ou tout au moins à la limiter, si déjà elle existe. Le drainage au moyen de petits sétons capillaires, les injections émoUientes, puis astringentes et désinfectantes, sont de règle. Si l'on constate la présence d'un os nécrosé, il faut l'extraire dès qu'il est mobile.

Bien entendu ces soins locaux doivent être combinés avec le traitement de l'affection générale.

2° Maladies cutanées (peau et muqueuse). En général les maladies cutanées : l'érythème, le psoriasis, l'eczéma, l'herpès, l'impétigo, etc., ne présentent pas, à la région du nez, de caractères particuliers assez tranchés pour demander une description spéciale. Nous ferons cependant remarquer que chez les enfants lymphatiques et scrofuleux il n'est pas rare de rencontrer les ailes du nez, le pourtour des narines et la sous-cloison rouges, tuméfiés d'une manière chronique et recouverts de petits ulcères croûteux qui cèdent à des applications émoUientes, à diverses pommades, surtout aux pommades au précipité blanc et au glycérolé de sous-nitrate de bismuth et d'oxyde de zinc, à la condition que cette médication locale soit jointe à un traitement général antiscrofuleux dont l'huile de foie de morue et l'iodure de fer constituent la base.

Chez les sujets plus âgés et lymphatiques, on observe, rarement, il est vrai, au pourtour et à l'intérieur des narines , des éruptions à formes impétigineuses caractérisées par la coexistence de petites pustules douloureuses et de petits ulcères revêtus de croûtes, croûtes se reproduisant à l'infini après être tombées spontanément ou avoir été arrachées par le malade. Ces ulcérations s'accompagnent d'une sécrétion muco-purulente plus ou moins abondante. Si l'on ne parvient pas à la guérison rapidement, et cette cure, malgré les émollients et les diverses pommades modificatrices dirigées contre les affections cutanées et un traitement général, est souvent difficile à obtenir, on voit presque toujours la maladie se propager à la lèvre supérieure où elle prend un aspect analogue à celui du sycosis, d'où le nom d'impétigo sycosiforme que lui a imposé Devergie.

Ce nom est très-impropre, car cette affection n'a de commun avec l'impétigo que les petites pustules initiales et la croûte qui leur succède, et avec le

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sycosis que l'aspect extérieur; il n'y a ici ni parasite ni tubercule. Cependan il doit être accepté, car il serait bien difficile, pour ne pas dire impossible, aujourd'hui, de doniier à cette maladie un nom plus en rapport avec les nomenclatures existantes des maladies de la peau. 11 représente une analogie, ce qui est déjà quelque chose. L'impétigo sycosiforme attaque une partie du derme, tandis que le sycosis attaque toute l'épaisseur de la peau et même le tissu cellulaire sous-jacent ; l'impétigo, au contraire, ne s'étend jamais au deLàde la supcrlicie du derme.

Cette maladie est d'une ténacité désolante ; nous avons connu un officier qui l'a portée pendant de longues années, bien qu'il ait été ti'aité par les praticiens les plus en renom. Heureusement elle a peu de tendance à s'étendre ; dans l'immense majorité des cas, elle reste limitée à la muqueuse, à la peau de la sous-cloison et à la partie médiane de la lèvre supérieure. Nous avons observé plusieurs cas de cette singulière affection et toujours nous avons obtenu un avantage marqué en employant la médication instituée par Devergie. Des injections d'eau chlorurée et des pommades légèrement sulfureuses attaquent les parties malades intra-nasales. Pour les parties accessibles extérieurement, elles sont recouvertes le soir d'un cataplasme de fécule et pendant le jour de poudre d'amidon; quand les croûtes commencent à tomber, la poudre d'amidon est l'emplacéc par une pommade au précipité blanc. Tous les deux jours une douche de vapeur aqueuse est dirigée sur les parties malades. Quand, après une douzaine de douches environ, il ne se produit plus de croûtes, on modifie les parties malades en les touchant avec une solution de nitrate d'argent au dixième ou même au cinquième, attouchement qui doit être répété tous les cinq jours. Malheureusement, après avoir obtenu de grandes améliorations et même des guérisons momentanées, nous avons eu le chagrin de voir la récidive survenir dans le plus grand nombre des cas.

Parmi les autres affections cutanées méritant une attention spéciale, nous n'avons à signaler que le lupus et la coupei'ose avec ou sans éléphantiasis.

Le lupus peut se produire sur tous les points du corps, mais son siège de prédilection est incontestablement le nez ; en effet, M faits de lupus observés par Devergie se décomposent de la façon suivante : nez seul, 16 cas; nez et autres parties de la figure, 26 cas; lèvres, 4 cas; bras, mains et jambes, 5 cas ; cou, avant-bras et pieds, 2 cas ; poitrine, dos et cuisse, 1 cas. — Nous ne nous arrêterons pas à décrire les diverses variétés du lupus, car cette question a été traitée avec tous les détails qu'elle comporte dans un remarquable article de Bazin inséré dans ce Dictionnaire {voy. Lupcs, tome III, 2« série); nous nous bornerons à indiquer quelques particularités spécialement relatives à notre sujet.

Le lupus nasal débute, dans l'immense majorité des cas, à la pointe ou sur les ailes du nez, et a une marche différente suivant les sujets et les formes qu'il affecte. Quelquefois cette affection marche avec une lenteur extrême et met des années avant de dépasser l'épaisseur des parties molles et de détrun-e une portion notable de l'oriiane. Nous avons eu l'occasion d'étudier un de ces cas dans lequel la destruction lente de l'organe (la maladie datait de six années, et l'aile droite n'avait perdu que six millimètres de son tissu) s'est effectuée par un mécanisme singulier que nous n'avons pas vu signalé par les auteurs. Après avoir fait tomber les croiites, on apercevait une surface rouge, à peine ulcérée, mais parsemée çà et là de petites granulations denses, du volume d'un grain de mil,

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les unes sessiles, les autres pédiculées, et prêtes à tomber. Si l'on suivait pendant quelques temps la marche des granulations sessiles, on les voyait se pédiculiscr peu à peu, puis se de'tachcr. Ce plie'nomène ne se produisait qu'au niveau de l'aile du nez, bien que la maladie s'étendît à la lèvre supérieure ; là on ne trouvait plus que des tissus hypertrophiés recouverts de croûtes, sans aucune trace de gi\anulations sessiles ou pédiculées.

D'autres fois, au contraire, le lupus marche avec une rapidité effrayante.il est une forme de lupus à laquelle on a donné le nom de vorax, s'altaquant surtout au nez, dans laquelle on peut voir tout le nez et les fosses nasales détruites dans l'espace de quinze jours.

Le lupus nasal présente aussi de grandes différences dans ses dégâts. Tantôt il se borne à détruire une portion très-limitée de l'organe, en largeur ou en profondeur. Tantôt, au contraire, il produit des destructions effrayantes dont Devergie a rapporté peut-être le type le plus remarquable.

« Que l'on s'imagine, dit cet auteur, une femme découvrant une figure semblable à un spectre hideux dont la peau rougeàtre, boursouflée çà et là, couturée partout depuis la racine des cheveux jusqu'à la poitrine, laisse voir, en définitive, une figure plate, ratatinée, dont les lèvres sont en partie détruites, le nez n'existant plus, les paupières des deux yeux difformes et désorganisées, les yeux rouge d'écrevissc, à conjonctives injectées, à cornées déformées et opaques, le front et les oreilles participant à cet état ; un ensemble, en un mot, qui m'a produit une sorte de sensation de frayeur. »

Le lupus peut aussi débutei' par la muqueuse des fosses nasales et respecter la peau, au moins pendant un temps très-prolongé ; chose remarquable, dans ces cas, il semble toujours débuter par la muqueuse de la cloison.

Le lupus qui débute par la cloison est évidemment de la famille des lupus scrofuleux des muqueuses, et il doit être rattaché à l'angine ulcéreuse maligne ou lupus de la gorge, maladie sur laquelle M. Constantin Paul a lu un mémoire à la Société médicale des hôpitaux (Paris, 1872). M. C. Paul a, en effet, établi que, dans les faits de lupus de la gorge, sept fois sur vingt les fosses nasales participent à l'affection et que, presque toujours alors, c'est par elles que débute la maladie.

Il est difficile aujourd'hui d'établir les règles du diagnostic différentiel du lupus des fosses nasales. On le confondra souvent avec des syphilides ulcéreuses et végétantes ; les antécédents du malade et le résultat du traitement par l'iodure de potassium éclairent le chirurgien. 11 est quelquefois plus difficile encore de distinguer un lupus d'une tumeur maligne, en particulier d'un épithélioma. Il résulte de là qu'avant de se décider à opérer un chirurgien prudent fera toujours suivre à son malade un traitement antisyphilitique et antistrumeux,

Nous dirons un mot de la couperose en étudiant les tumeurs éléphantiasiques du nez.

0° Ulcères du xez et des fosses nasales. Les ulcères se développent tantôt sur la peau, tantôt sur la muqueuse qui tapisse les parois de la cavité nasale.

Les ulcères qui se développent sur la peau ne diffèrent en rien par leurs symptômes, leur nombre et leur gravité, de ceux qui peuvent se développer sur les autres points du visage {voyez articles Ulcères et Face). Ils ne prennent des caractères spéciaux que dans les cas où ils perforent le squelette du nez pour communiquer à la muqueuse et de là envahir les fosses nasales, circonstance qui ne se présente que quand les ulcères sont d'origine scrofuleuse (Lupus),

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