ALTITUDES
Dar-Berlât. . .
Ouâd-Modeya .
Fasokl
Khartoum . .
Djebel- îSouba. .
El-Mckheir. .
Roseras ....
Dongolah. . .
Hydrographie. La Nubie est séparée de l'Abyssinie par une limite naturelle, formée par une bordure de terres boisées s'étendant de la mer au Fasokl, sur une largeur de 15 à 20 kilomètres. Cette région, appelée la Colla, est traversée et fécondée par les eaux qui descendent du Habesch ou versant N. du plateau Abyssin. Les eaux qui ne se perdent pas dans le sol comme celles du Mareb se réunissent dans deux bassins principaux : Le Tacassé ou Atbara, le Nil Bleu ou Bahr et Azrek. Le bassin de V Atbara est une vaste plaine, el Gosh, située au N. de la Colla entre les hauteurs du Negeyb et le désert de Nubie au N. Une multitude de sources en inondent la surface pendant la saison des pluies et vont se perdre dans le sable ou se jeter avec les eaux du Mareb dans V Atbara qui coule du S.-S.-E. au N.-O., parallèlement au Nil Bleu pour se jeter dans le Nil moyen près de Damer.
Le bassin du Nil Bleu compris entre le Habesch, le Fasokl et le Dar Bertât reçoit les eaux du Dender, du Rayad et de ruisseaux innombrables transformés en torrents dans la saison des pluies. Des berges noires, taillées à pic à travers des roches granitiques qui émergent au milieu des dunes mouvantes d'une mer de sables forment le lit du fleuve qui doit son nom à la transparence de ses eaux.
Le JSil Blanc charrie les eaux qui viennent de l'équateur, des hauteurs du Bertât, du Nouba et du Kordofan. Son fond calcaire leur communique une teinte laiteuse qui lui a valu son nom. 11 étale son lit immense entre des terres qui se confondraient avec la ligne des eaux si les forêts qui les bordent n'en traçaient le relief. La masse du fleuve, projetée sur la rive droite par la rotation de la terre, creuse la berge et amoncelle des dunes de sable d'une hauteur de 8 à 10 mètres, taudis que la rive gauche exhaussée par un limon fécondant se couvre d'arbres et de cultures.
Dès la fin d'avril, les eaux s'élèvent d'aboi^d dans le Nil Bleu dont la crue devance de deux à trois semaines celle du Nil Blanc. Le maximum de hauteur à Kharlum correspond au milieu de septembre ; la progression de la crue se produisant régulièrement, depuis la zone équatoriale jusqu'au Delta, avec une vitesse de 50 kilomètres par jour.
Toutes les régions situées en dehors de l'action fécondante du Nil et de ses afQuents : le Darfour, le Kordofan, le Sennahïet, la plaine du Cheb, la chaîne Arabique ne présentent que des plaines de sable, des steppes pierreuses au milieu desquelles apparaissent, sur les hauteurs, des bois, des cultures alimentés par des sources, et dans les bas-fonds des oasis entretenues par des eaux souterraines.
Géologie. Une grande formation de grès superposé au gneiss et au granit du Fasokl et du Berlât et supportant à son tour le terrain crayeux de l'Egypte, constitue le sol de la Nubie. A défaut des fossiles qui manquent complètement, la stratigraphie et la composition de la roche ont fait considérer cette formation par Russegger comme l'équivalent du keuper supérieur et moyen. L'étage supérieur du grès de Nubie est caractérisé par les beaux cailloux du désert nuancés si diversement. L'inférieur, composé de grains plus fins, alterne avec des argiles et des marnes bigarrées. 11 est particulièrement caractérisé par des couches de grès ferrugineux à grains de quartz et par des concrétions de grès ferrugineux et d'oxyde de fer qui ont souvent été prises pour du bois fossile.
Le granit qui supporte cette couche épaisse de grès, la traverse pour former une chaîne qui s'étend de Syène, au 20" degré de latitude, chaîne remarquable par la beauté et la structure de ses pierres. Toutes les hautes terres du Fasokl, du Bertàt, du Djebel-Nouba, de la chaîne Arabique, appartiennent au granit intimement mélangé au gneiss et coupé de filons de fer et même d'or natif. Les plaines du Sennaar recouvertes par les alluvions du Nil Bleu ont pour fond du sol la même composition que les plaines du Kordofan : un granit à grains très-fins, très-riche en mica, alternant avec le grauwacke et un calcaire compacte. Les montagnes isolées qui font saillie sur les plaines présentent le porphyre uni au granit. Dans le Djebel Kordofan, le granit alterne avec un calcaire de transition.
L'ensemble du désert de Nubie est formé de montagnes de grès alternant avec des argiles. La chaîne qui le limite au S., vers le Dar Berber est formé de granit mélangé au grauwacke, au griinstein et au calcaire de transition. Le Djebel Besk qui le traverse plus au N., appartient à la même formation de granit et de cidcaire avec mélange de griinstein, de porphyre, de Irachyte et de siénite.
Météorologie. Climat. Saiso7is. La Nubie, située dans la zone des déserts sans pluie, abritée contre les vents du N. et de l'E. par une ceinture maritime, est une des régions les plus chaudes de la terre. Dans la Haute-Nubie, la saison sèche, de décembre à avril, est caractérisée par des chaleurs brûlantes. Le thermomètre se maintient à 28 et 29 degrés et s'élève jusqu'à 48 (Peney). A Dongolah, dans la basse Nubie, en février et mars, le thermomètre se maintient, le matin, entre 19 et 20 degrés, et s'élève, dans le milieu du jour, à 27 et jusqu'à 31 et 54 degrés. Le 20 mai il atteignit 41 degrés. En juin, il se maintint au-dessus de 35 (Ruppel, ouv. cité). Malgré l'action tempérante exercée par la masse des eaux du Nil qui modèrent la chaleur du jour et diminuent le rayonnement nocturne, les variations de température sont excessives, principalement au moment du lever et du coucher du soleil ; les nuits de décembre et de janvier souvent froides (Ruppel). D'ailleurs entre la Basse-Nubie où il ne pleut . presque jamais, et les contrées situées au S. du 17« degré oii les pluies d'été sont aussi régulières qu'abondantes, il y a toute la différence d'un climat excessivement sec et d'un climat excessivement humide. Tout est aride, brûlé dans la Basse-Nubie; la stérilité y est absolue, la salubrité remarquable. Les pluies tropicales de la Haute-Nubie, les déversements du Nil Blanc alimentent une végétation luxuriante et transforment une partie de sa surface en marais pestilentiels.
Ce que l'on sait de la météorologie de la Nubie se réduit à des observations recueillies par des voyageurs qui ont remonté le Nil, particulièrement aux observations du d^icteur Schnepp et à celles du docteur Uhh «relatives aux mois
DICT. ENC. 1' s. XIII. 47
de décembre, janvier, février et mars des deux années 1856 et 1857 (Ulile, der Winter in Oherœgypten ah klimatisches Heihnitteî. Leipzig, 1858).
Thermomètre. 11 résulte des observations du docteur Uhle que la température moyenne de l'hiver est de 18°, 95 pour la Nubie inférieure. Cette moyenne s'élcvant à mesure qu'on s'avance du N. au S.
Degré Tempéiutiirp
de lalitude. moyenne.
Hendour, du 2i« au 23" 17°, 69
Koro!-ko 25« au 22' 19°, 02
Wacli-Haini 22= au 21°, 50 19°, 50
Le docteur Schnepp a justement insisté sur ce qu'il y a de peu rigoureux à admettre une progression régulière He la température moyenne avec des observations recueillies à des époques différentes de l'année. La même critique, en ce qui concerne la température moyenne des mois différents de l'année, le porte à placer le minimum en janvier, contrairement aux^ chiffres suivants donnés par Uhle.
Janvier. Fôvrier.
Dendour U°,Ol 16', 21
Koro^ko 16°, 47 17°, SI
Wadi-Ha!fa 2U»,19 »
Pour rendre plus saisissables les variations de température aux diiférentes heures d'une même journée et aux mêmes heures de jours différents, le docteur Uhle donne les deux tableaux qui suivent :