‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.65Chapitre 73 sur 90 · STATIONS · texte numérisé non relu

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Schweinfuvlli, dans la flore de l'Ethiopie et dans la relation de son voyage ai» cœur de TAlVique {ouv. cité), a complété la connaissance de la flore de la Nubie et décrit avec charme l'aspect de son paysage. Au point de vue de la géof^raphie botanique, la Nubie peut être divisée en trois régions principales : le désert, le pays des forêts, le pays des moissons.

Désert. Le désert de Nubie, le Sennahiët, l'Etbaiëh et la plus grande partie du Sennaar sont d'une stérilité absolue. La seule végétation qui apparaisse autour des Wadi, eaux souterraines appelées Ghadyr par les Arabes, est caractérisée par les espèces suivantes : Cucifera thebaica Dell., Acacia arabica Will., Casxia obovatah., Tamarix articulata\ ahi., Crotalaria thebaical). C, Facjonia glutinosa D. C, ZiUa microcarpa Schw. (crue)., Scopalia rnutica D. C. (Solan.), Frankenia pulverulentah.

Le versant occidental de la chaîne arabique appartient à la flore désertique, tandis que son versant maritime, que fécondent les vapeurs de la mer, et son sommet, où une multitude de sources descendent dans les bas-fonds, présentent la flore la plus intéressante. Un vert tapis de salsolées recouvre le rivage, y Avicennia arabica tapisse les rochers de son feuillage éclatant. Des touffes A'Vsnce {Usnea barbata L.) pendent à toutes les branches de l'olivier sauvage [Olea Europœh.).Y,n s'élevant à une hauteur de 600 à 650 mètres, on est transporté au milieu d'une flore toute nouvelle, caractérisée par son aspect étrange et ses espèces particulières. Euphorbiacées : Crozophora obliqua Schw., C. Brocchîana Schw., Smilacées : Dracœna ou Dragonniers. Capparidées : Capparis galiata Fres. Aloïnées : Senseviera. Liliacées : Aloe abyssinica. Salvadorées : Salvadora persica L.

Pays des forêts. Les plus belles espèces ligneuses forment le long des cours d'eau des galeries naturelles qu'entretiennent les alluvions. C'est ainsi que les cours d'eau qui descendent du Ilabech alimentent la Colla, sorte d'oasis qui se développe du Fazokl à la mer, sur une étendue de 20 kilomètres. Les espèces dominantes sont, Mimosées : Acacia nilotica Delil., A. Campylacantha Hoch., A. Seyal Delil., A. fistidans Schw. Csesalpinées : Baidiinia tamarindacea Delil., Cassia absus L. Sterculiacées : Adansonia diyitaia L. (le boabab), Eriodendron anfractuosum D. C, Sterculia cinerea llich. Tiliacées : Grewia populifolia Vahl., G. pilosa Vahl. Rubiacées : Sarcocephalus speciosus Thoms, Spermacoce calyptera Desn. Ochnacées : Balanites Mgyptiaca Delil. Sapotacées : Bidyrospermum Parkii. Eermannia arabica Hoch. Ebenacées : Biospyros mesipliformis Hoch. Morées : Dorstenia Barnimiana Schw. Combrétacées : Poivrea Hartmanniana Schw. Convolvulacées : Heliophytum indicitm D. C. Ménispermées : Chasmanlhera dependens Hoch.

Dans l'eau se pressent les Cypéracées, Cyperus abyssiniens Hoch., Isolepis Kyllingioïdes Rich., Fimbristyles dichotoma Vahl., F. squarrosa Vahl. Les Nymphacées : Nymphœa cœridea Savig., iV. capensis Thunb., N. lotus Hoch. Sur les bras du Nil blanc, VHerniiniera d'Adanson, VŒdemone mirabilis de Kotschy, légumineuse arborescente, ayant la légèreté de la plume, pousse dans tous les sens ses racines et s'élève avec une rapidité prodigieuse à une hauteur de quinze à vingt pieds. VŒdemone mirabilis forme avec les Papyrus et les Vossia la barrière des buissons flottants, presque infranchissable à la navigation, qu'on nomme le Sett.

Pays des moissons. La Haute-Nubie et le Kordofan sont constitués par des plaines de sable fécondées par des eaux souterraines qui alimentent de nom-

breuses espèces. Palmiers : Phœnix dactijlifera L., Chamœropx speciosa Ihrlm. , Borassus flahelliformis L. Légumineuses : lihyncliosiahnemnonia \). C, Crotalaria senegalemis D. C, Sesbania cegyptiaca Schw. Crucifères : Enarilirocarpus lyratusD. G. Ampélidées : Vitis abyssinica IIocli., V. Schimperiana Hoch. Convolvulacées : Ipomœa capitata Chois., /. sessilifolia Roth., /. polygonoides Schw. Verbénacées : Vitex Clenkowsldl Kotsc, V. cuneata Schum. Composées : Gnaphalium luteo-album L., Ambrosia marUima fL., Eclipta erecta L., Ceruana pratensis Forsk., Pulicaîda ondulata D. C. Nygtaginées : Boerhavia diffusa D. C. Amaranthacées : Aerva Javanica Juss. Morées : Ficus popidifoUa MM., Ficus sycomorus L. hâhiées : Mosckosmn muJtifloraVJWU., Ocimum menthœfolium Hoch. Graminées : Poa cegyptiaca Kots., Diplacnc arenarla Schw., Sporobolus 7narginalusï[oc\i., Aristida cœrulescens Desf.

La Nubie abonde en ressources ahmontaires produites par le règne végétal ; la canne à sucre et le bananier croissent spontanément dans le sud ; la pastèque {Cucurbila citrullus L.) sur les îles du Nil. Les feuilles mucilagineuses du Baobab sont mangées comme légume, le fruit comme condiment. Le fruit du Balanites cegyptiaca contient une pulpe savoureuse et une graine oléagineuse très-appréciée, VAcacia nilotica (Delil.) et Y Acacia arabica W. une gomme nourrissante. Le Phœnix dactylifera, particulier à la Basse-Nubie, est représenté dans la Nubie supérieure par le palmier d'Egypte [Cucifera thebaica Delill.), le riz [Oriza punclata L.) croît sur les terrains inondés, V Avachis hypogea est particulière à la zone méridionale.

Les graminées cultivées sont, par ordre d'importance : le Panicum milia- •ceum, VHolcus sorghum L., le Panicum saccharaUun L., ïHoIcus spicatus L. ou Penicillaria spicnta Kunth., VEteusine corocana L., les deux dernières espèces spécialement dans le Soudan égyptien. Le maïs importé s'y est naturalisé. On cultive également dans la Nubie supérieure, mais sur une plus petite échelle, le manioc {Jatropha manioc L.), V Igname {Dioscorea sativa L.), la patate douce (Co/«i;o/Du/MS batatas L.), le Sesamum Indicum D. C, très-répandu pour la saveur agréable de son huile.

Les cultures potagères les plus communes comprennent : VHibiscus esculentiis (le bamia), l'aubergine {Solanum esculentum L.), la tomate {Lycopersicum esculentum), l'oignon {Allium cepa), le concombre {Cucumis sativus), le potiron {Cucurbita maxiina) , la courge [Cticurbita pepo), le melon {Cucumis melo), la calebasse {Lagenaria vulgaris) qui, dans ses différentes formes, sert à presque tous les besoins de la vie domestique.

Le Nubien cultive le lupin [Lupinus termis), la gesse {Lathynis sativus), la vesce {Vicia sativa), \e Dolichos nilotica, le Cajaniis flavus,\e Nicotiana rustica et le Nicotiana tabacum, certainement importé. Les cultures industrielles les plus répandues sont celles du coton et de l'indigo.

Faune. Si le cheval, le chameau et la brebis, qui ne figurent pas sur les monuments des plus anciennes dynasties, paraissent avoir été introduits à une époque relativement peu éloignée, l'ensemble des conditions naturelles qui constituent la Nubie ont dû en faire, à toutes les époques, la station des espèces animales les plus intéressantes. Les grands herbivores trouvent leur pâture dans une végétation luxuriante, et servent à leur tour de proie aux grands carnassiers qui errent dans les steppes immenses où s'étendent leurs poursuites ; ies grands pachydermes peuvent se désaltérer et se vautrer à l'aise dans les marécages ombragés des bords du Nil ; l'hippopotame et le crocodile

s'y mettre à flot dans des eaux profondes. Les espèces principales sont pour les vertébrés :

I. Quadrumanes. Cynocephalus sphinx (Desm.), Cercopithecus griseovirldis (Desm.), Cercopithecus pijrrhonotus (Ehrl.).

II. Carnassiers. Felis leo (Linn.), Felis leopardus (Schreb.), Felis caracat (Linn.), Felis serval (Schreb.), Felis manicidata (Uupp.), Canis familiaris (Linn.), Canis aureus {Auct.), H i/enacrocata {Z'imm.), Viverra civetta (Linn.), Viverra ginetta (id.), Hespestes fasciatus (Desm.), la mangouste fasciée, l'ichneumon des anciens; Eijrax sp. (Herm.), le daman, genre intermédiaire aux carnassiers et aux rongeurs ; le Fennec, Vulpes Fennecus ou Caniscerda.

III. Rongeurs. Sciurus leucombrinus (Schw.), joli écureuil à robe chamois rayée de blanc; Mus deciimanus (PalL), Mus alexandrinus (Linn.), Golunga pulchella (Gray), Meriones Burtonii (A. Wagg), Dipus jacuhis (Pall.), Lepus œgyptiacus ( Ehrbg . ) .

IV. Pachydermes. ElepJias africaniis (Blum.), Rhinocéros bicornis (Linn.), Hippopotamus amphibius (Linn.), Sus sennaarensis (Ehrbg.). Pour les espèces domestiques, on croit que l'àiie est originaire de l'Afrique, tandis que le cheval qui ne ligure pas sur les monuments anciens aurait été importé par les Arabes et aurait donné naissance aux belles races du Dongolah et du Dar Chaykye.

Y. Ruminants. Dans les espèces domestiquées, le chameau et la brebis, probablement importés par les Arabes (Lenormant), se sont surtout multipliés parmi les tribus nomades qui bordent l'Hamacen et la mer Rouge. La race ovine est aussi belle que soignée. Rien ne peut donner l'idée du nombre et de la- variété des espèces bovines. Les bœufs de Dongolah sont remarquables par la longueur de leurs cornes ; dans le Soudan égyptien, la race est caractérisée par une bosse, ce qui a fait supposer une origine commune avec le zébu de l'Inde {Bos Zebu). Les Chèvres de la Nubie, moins soignées que les moutons, sont plus caractérisées comme espèce; elles se reconnaissent facilement à l'aspect disgracieux de leur chanfrein busqué et de leurs grandes oreilles pendantes.

Les ruminants qui vivent librement ne sont pas moins nombreux que le& ruminants domestiques. A leur tête il faut placer la girafe, Camelopardus giraffa (Linn.), plusieurs variétés d'antilopes, Jnf<7operforcas (Pall.),i. defessa, A. leucotis (Burk), A. megaloceros ^(Auctorum), etc., enfin le buftle, Bubalus cafer (Gray).

Toutes les espèces d'oiseaux y abondent. Les plus remarquables sont r Rapaces : le grand Aigle brun et blanc, Halietus vocifer; des Milans; de beaux Faucons gris. Passereaux : la Corneille d'Abyssinie à poitrine blanche, l'Heojj/iroH pileatus, le Rahama. Gallinacés : la Perdrix, la Pintade, le Hocco, une espèce de Francolin, le Ptilopaciis. Echassiers : la Demoiselle de Numidie, la Grue couronnée, la Cigogne rose, la Cigogne blanche, le Flamant, l'Ibis rose. Palmipèdes : des nuées 'de Canards, d'Oies [Chenalopix œgyptiaca), parcourent les régions inondées . ,

"Dans'l'ordre^des reptiles, il faut citer particulièrement le Python du Seba (boa d'Afrique), les grandes Tortues d'eau douce, le Crocodile du Nil [Crocodilus vulgaris), les grands Sauriens, le Stellion vulgaire, les Iguaniens ou Eunotes, Vlguana Laur.

Le Nil fourmille de poissons qui alimentent les oiseaux sans nombre qui peuplent ses rives.

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Ethnographie. Les éléments ethniques qui subsistent de nos jours dans la population nubienne sont suffisamment indiqués par les monuments anciens, pour qu'il soit possible d'établir qu'aux époques les plus éloignées, la race blanche et la race noire ont mélangé leur sang sur le sol de la Nubie. Pour les Grecs, l'Etliiopicn était un nègre : MBoq, brun et ù^ vue. Pour les Sémites, le mot Kouscb était indifféremment employé pour désigner les populations de la vallée du Nil et de l'Euphrate ; les Kouscbites étaient enfants de Cham et frères de Canaan. L'histoire en devenant plus précise distingue mieux la race blanche de la race noire. Pour Hérodote, liv. VII, § II 9, l'Ethiopien est un homme blanc à cheveux crépus, remarquable par sa taille élevée, sa vigueur, sa beauté et sa longévité. Les monuments pharaoniques donnent le nom de Kèns (Kenous) aux habitants de la vallée du Nil. En 240 de notre ère, Eratosthène les désigne par le nom qui leur est resté: N&uêat, d'où est venu Nobates des Romains, et Nubiens en français. En écartant ce qu'il y a de fabuleux dans la légende des Blemrayes, qu'on disait être des hommes sans tète, peut-être parce qu'ils la couvraient d'un voile comme les Touaregs, il reste établi que les Mégabares, les Blemrayes, les Troglodytes, les Nobates appartenaient à la race blanche, qu'ils fussent aborigènes ou originaires de l'Asie. Cette deuxième hypothèse parait d'ailleurs appuyée par la philologie comparée. Les affinités du Ghez et de l'Hymiarile, des langues lybiennes et des langues liebr;x!o-araméennes, permettent de reconnaître, entre les différents types de la race blanche nubienne, des tribus ou des peuples plus apparentés par une origine commune que séparés par des différences qui tiennent principalement aux époques distinctes de leur existence auxquelles l'histoire les considère.

La fusion des peuples de race blanche, leur croisement, avec des esclaves noirs de toutes provenances ont d'ailleurs effacé les traits distinctifs des types originels et produit un type métis assez déterminé pour que Larrey, Pruner-Bey et la plupart des voyageurs aient signalé la ressemblance des Kenous de la vallée du Nil avec le type si admirablement figuré sur les statues peintes des premières dynasties. C'est la permanence du type nubien qui a fait établir par Prichard une race éthiopienne distincte de la race blanche et de la race noire ; qui a fait adopter par les anlhropologistes un type rouge distinct de la race noire, et qui a enfin été rattachée à la doctrine de l'évolution par Schvi'einfurlh, qui considère le Nubien comme constituant une forme bien déterminée de l'espèce humaine appartenant à un moment de l'histoire.

Avant de donner les traits distinctifs du Nubien, nous essayerons d'indiquer ceux des types humains qui lui ont donné naissance.

Race noire. Toutes les hautes terres, depuis l'Abyssinie jusqu'au Darfour, sont peuplées par des noirs ; les uns, comme les Schangallas, les Dinkas, les Noubas vivant à l'état sauvage de la chasse de l'hippopotame et du crocodile, et présentant les traits du type nègre le moins élevé ; les autres, arrivés par leur croisement avec les Berbères et les Arabes à une existence moins misérable et à la réalisation d'un type humain plus parfait. Les Schillouks, qui se sont établis sur les îles du Nil blanc paraissent appartenir à cette seconde catégorie. S'ils appartiennent à la race nègre par la couleur de la peau, ils s'en éloignent par la forme de la tête qui est plus large, et par des mâchoires moins fortes. Un crâne examiné par Hartmann lui a paru appartenir par la disposition et l'implantation des os du nez au type humain conservé dans les tombeaux de l'ancienne Egypte. Les Foughs ou Fongis qui, au seizième siècle, étendirent leur

domination de l'Abyssinie au Darfour, sont Noirs par le teint, Arabes par les traits. Il en est de même des Noirs du Soudan égyptien.

Race blanche. Elle est disposée pour ainsi dire en couches successives dont les moins anciennes sont les mieux caractérisées.

Arabes. Les descendants des Arabes de l'IIadjaz qui envahirent la Nubie, après la mort de Mahomet, ont répandu leurs tribus et imposé leur langue et leur religion dans toute l'étendue du Soudan égyptien, particulièrement dans le Dar Damer et le Dar Dongola. Ce sont des hommes à stature élevée, aux membres minces, aux extrémités fines. Un crâne d'un bel ovale, aplati latéralement ; un visage allongé, busqué par la courbe du nez et la fuite du menton ; les yeux, la barbe et les cheveux noirs ; la bouche petite, des dents blanches souvent croisées par suite de l'étroitesse des arcades dentaires sont leurs traits caractéi'istiques.

Himyarites. A une époque qui ne paraît pas antérieure au deuxième et au troisième siècle de notre ère, tout le territoire compris entre le Hamacen et le To-Kar, de la mer jusqu'au Mareb, fut envahi par un flot de tribus venues très-probablement par le détroit de Bab el Mandeb, entre la côte et le Gasc. Les descendants de cette invasion, demi-chrétiens et demi-musulmans, demi-nomades et demi-agriculteurs, comprennent les Agha-Zi, les Bedja et les Kouuâma.

Les Agha-Zi parlent le tigré, forme moderne de l'ancien Chez, rameau des langues sémitiques réduit à l'état de langue morte. Les Bedja comprennent les nomades qui, sous le nom de Bedàouï, se sont répandus sur tout le territoire de la Nubie. Us parlent le Bedàouï et se divisent en Hadcndoa Bedjos et Béni Amer.

Les Kounàma ont abandonné la vie nomade et se sont fixés au sol qu'ils cultivent.

Toutes ces populations conservent la langue, le caractère moral et les traits physiques de races sémitiques plus ou moins altérés par leur mélange avec les Noirs.

Protosémites. A toutes les époques de la civilisation de l'ancienne Egypte, des peuples de race blanche, occupant la chaîne Arabique ou cantonnés sur la gauche du Nil sont venus se heurter contre la puissance dominante. Désignés par le nom de Kèns par les monuments pharaoniques, de 1l^\je; par les Grecs, de Nobates par les Romains, ils subsistent de nos jours, comme élément etlmique des populations noires du Kordofan et chez les Bischarïehs de l'Etba et les Kenous de la vallée du Nil, avec leurs caractères originels.

Les Baggaras qui, d'après Ruppel et Russegger, sont des métis de Berbères et de Noubas, sont les plus beaux des Nomades. Leur peau est d'un brun clair, leur angle facial complètement droit, leur chevelure longue et divisée en nattes réunies sur le sommet de la tète.

Les Bischarïehs méritent encore de nos jours l'éloge qu'en fait Hérodote : (( Les plus beaux des hommes. » Leur corps parfaitement proportionné est empreint de force, de noblesse et de grâce. Leur teint, presque blanc chez la feuuue, est d'un brun cuivré chez l'homme. Le crâne est d'un ovale régulier, le front droit, les yeux brillants, bien ouverts, la physionomie expressive et mobile, la chevelure disposée en boucles réunies et brouillées en une masse unique.

Les Kenous, appelés Barabras par les Arabes, ont la peau d'un noir brunâtre, la chevelure disposée en boucles frisées, un corps bien pris avec un développe-

ment des muscles étranger au type nègre, un front droit, un visage ovale, un nez aquilin d'une très-belle forme, des yeux bien ouverts, vifs, animés, des joues arrondies, des lèvres épaisses sans être renversées. C'est la réalisation du type figuré dans les tombeaux des premières dynasties.

Une commission de la Société d'anthropologie de Paris a pu examiner au Jardin d'acclimatation, parmi les conducteurs d'aaimaux africains, des individus appartenant à des régions différentes de la Nubie: 2 Nubiens Hauirans de Souffi , localité située sur les bords de l'Atbara; 5 Hadendoas du Takka ; 2 Hallcnguis des environs de Kassala ; 2 Nubiens de Kassala ; 1 indigène de Souàkin, sur les côtes de la mer Kouge. Tousces Nubiens présentaient les caractères du type caucasique plus ou moins imprégné de l'élément négroïde et africain.

J'emprunte à M. Girard de Rialle [Revue scientifique, du 18 août 1877) la description anthropologique de ces spécimens de la race éthiopienne.

« Ce sont de beaux hommes minces, sveltes, bien découplés. Leur taille moyenne est élevée, l'",672 ; 5 sur 12 dépassent 1"S700; 1 atteint 1'", 810 ; 2 sont au-dessous de la moyenne ; o sont petits, au-dessous de l'",600.

« Ces Nubiens présentent, pour la plupart, une ressemblance très-grande avec les Egyptiens et les Berbères. Comme eux, ils sont sous-dolichocéphales (indice céphalique, 78, -40, et mieux pour tenir compte de l'épaisseur des téguments, 76, 40) ; la physionomie est, en général, caucasique; le nez est fin, parfois busqué, les lèvres, bien qu'épaisses, ne sont pas retroussées comme chez les nègres ; toutefois elles sont pigmentées et non roses ; la coloration de la peau est assez foncée, sans cependant être noire le moins du monde ; elle est au contraire d'un beau bronze rougeâtre d'un ton admirable ; si les chamiles Bedjas se sont mêlés à l'élément négroïde, c'est plutôt à la race brun rouge qu'on rencontre dans toute l'Afrique tropicale et qui a donné naissance à la nation des Peulhs à l'ouest, et à l'est, à celle des Jougus, fondateurs du royaume de Sennaar. Leur chevelure est crépue, un peu laineuse ; chez le plus grand nombre elle n'est que bouclée et disposée avec le plus grand soin, bizarrement relevée sur le sommet de la tète et retombant en mèches fixées par de la graisse fraîche de mouton. »

Pathologie. La Nubie, dans ses différentes régions, présente le contraste d'une salubrité apparente à la fois par la beauté de la race humaine et l'absence de toute maladie endémique, et d'une insalubrité constatée par la fin déplorable de presque tous les voyageurs européens qui l'ont explorée. Bruce signale l'endémicité des fièvres appelées Nedal aux environs de Massaoua, Burckardt dans les régions inondées du Dar Dongolah, Ritter dans la Colla et le Taka. Tous les explorateurs hardis qui se sont succédé depuis les trente dernières années insistent sur le danger d'aborder les contrées marécageuses voisines du Nil Blanc.

Les fièvres endémiques de la Nubie se présentent avec tous les types, toutes les formes, graves, pernicieuses, rémittentes, subcontinues; elles revêtent l'apparence typhoïde. Peney les a observées sous cette dernière forme cà Khartoum. Griesinger rattache aux fièvres endémiques marécageuses la forme locale du typhus ictérode. Russegger parle de fièvres bilieuses contagieuses (Bibliothèque Petermann).

Dans les régions sèches des bords de la mer Rouge, dans le désert de Nubie, dans le Soudan nubien, les variations brusques de température font prédominer

la dysenterie et les abcès du foie. Ces deux affections sévissent également sur les hommes de toutes les races et principalement sur les convois de nègres réduits trop souvent à un dénuement absolu. Les mêmes conditions atmosphériques y rendent fréquentes les ophthalmies catarrhales que la cohabitation dans des huttes étroites, dans la cale des bâtiments, propage ensuite par le transport du muco-pus opéré particulièrement par les mouches sans nombre dans ces lieux infects.

Les éruptions eczémateuses et lichénoïdes, appelées boutons du Nil, qui se développent sous l'influence de la chaleur, n'atteignent que les Européens. Les indigènes s'en préservent en se couvrant le corps de matières grasses.

Les maladies zymotiques et virulentes, indépendantes du sol et du climat, régnent en Nubie comme dans toute contrée où elles sont importées. La peste d'Athènes, si analogue à la variole, avait débuté en Ethiopie. De nos jours, la variole y est encore la maladie la plus funeste à la race noire. La rougeole n'y est pas moins fréquente, l'aspect de son éruption variant suivant les races. Marbrée sur les races cuivrées, elle est, chez le nègre, vésiculeuse sur la face, papuleuse sur le corps, et reconnaissable plutôt au toucher qu'à la vue. (Riegler.) J'ai cherché en vain quelque indication précise sur l'existence de la scarlatine.

Pour ce qui est des grandes épidémies, il est à noter que la peste à bubons, si fréquente naguère en Egypte, n'a jamais dépassé Assouan et atteint la Nubie. Cette immunité est également favorable à l'opinion qui rattache le développement de la peste au méphitisme du sol, ainsi qu'à celle qui attribue sa propagation à l'infection des hôpitaux plutôt qu'au transport par les personnes. Le choléra a sévi en Nubie en 1837 (Combes et Tamisier, Voyage en Abyssinie, 1859, t. P-, p. 285). Il y a été importé en 1865 par les péleinns de la Mecque, mais ne s'y est pas propagé.

Le champ laissé aux ravages de la phthisie est nécessairement limité dans uu pays où régnent endémiquement les fièvres et la dysenterie.

Le goitre et le crétinisme n'ont été l'objet d'aucune mention de la part des voyageurs qui ont parcouru la Nubie, l'éléphantiasis y est au moins très-rare. On attribue à l'insuffisance du sel dans l'alimentation l'endémicité du la;nia et des entozoaires de l'homme et des animaux.

La syphilis, propagée par les troupes égyptiennes faisant la chasse aux esclaves, s'est propagée dans le Soudan nubien, le Kordofan, le Dar Four.

A part les pratiques chirurgicales introduites par les Arabes, le traitement des fractures, la saignée, la cautérisation par le fer chaud et l'huile bouillante; les soins médicaux se bornent à l'emploi de plantes en infusion ou en topiques. Les feuilles de baobab sont conservées pour ce double usage.

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