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quantités très-voisines des chiffres classiques. L'utilité du régime mixte se trouve ainsi démontrée.
F. Conditions diverses qui influent sur la nutrition. Nous n'examinerons que les plus importantes.
1° Influence de l'âge. Les expériences de Chossat sur les tourterelles, celles de Collard de Martigny sur les lapins montrent que ces animaux résistent d'autant mieux à l'abstinence qu'ils sont plus âgés. Cela tient aux variations que subissent les deux facteurs de la nutrition, l'assimilation et la désassimilation, aux divers âges de la vie. En effet, pendant l'enfance et la jeunesse, le corps s'accroît, en telle sorte qu'il y a prédominance du gain sur la perte, de l'assimilation sur la désassimilation. A l'âge adulte, le corps entre dans sa période d'état ou d'entretien : il y a alors égalité entre les recettes et la déperdition. Enfin, dans la vieillesse, le corps subit une période de décroissance, la proportion des pertes augmente peu à peu, par rapport à celle des acquisitions : le mouvement de décomposition l'emporte sur celui de composition. Ces modifications dans les actes nutritifs retentissent sur la structure des organes, et on peut dire, en comparant la période d'accroissement à celle de décroissance, qu'il y a, dans le premier cas, prédominance des fluides dans les tissus, et que, dans le second, la consistance de ceux-ci est de plus en plus grande, par suite de la tendance à une solidification de plus en plus complète.
Il est clair que l'alimentation de l'enfance et de la jeunesse doit être plus azotée que celle de l'âge mûr et de la vieillesse, en conséquence de l'accroissement des tissus dans les deux premières périodes de la vie.
2° Influence du poids du corps. Tout le monde sait qu'un homme de grande taille a besoin d'une quantité d'aliments plus considérable qu'un liomme de petite taille ; mais il faut aussi savoir que la consommation n'est pas proportionnelle au poids du corps, et que, comparativement à ce poids, elle est plus forte chez les petits individus que chez les grands.
D'après Baudement, des bœufs du poids de 600 à 650 kilogrammes exigent 164 grammes de matières azotées et 626 grammes d'aliments non azotés, pour 100 kilogrammes de poids vif, tandis que des bœufs du poids de 750 à 800 kilogrammes n'ont besoin, pour le même poids vif, que de 155 grammes d'aliments azotés et de 620 grammes de substances non azotées.
11 suit de là que les éleveurs d'animaux de boucherie ont un grand avantage à opérer sur des races de grande taille, et c'est en général ce qu'ils font.
5° Influence du sexe. L'observation a démontré que la quantité d'aliments consommés est moindre chez la femme que chez l'homme, et on sait aussi que la quantité des produits de désassimilation est plus grande chez l'homme que chez la femme.
4" Influence du régime. Il résulte des expériences de Lehmann, sur luimême, que le régime a une énorme influence sur la quantité des produits de désassimilation, en particuher de ceux qu'on trouve dans l'urine. Ainsi tandis que le poids de l'urée est de 15 grammes, sous l'influence du régime non azoté, il devient égal à 55 grammes par le fait du régime animal. Du reste, il y a, pour chaque individu, une limite minimum et une limite maximum de ration alimentaire qu'il ne peut dépasser, sans que des troubles considérables se produisent dans la santé générale.
¥ Influence de Vexercice. Cette question est loin d'être complètement résolue. Cependant, il résulte des expériences de Fick et Wislicenus que, con-
trairement à ce que l'on croyait généralement, il n'y a pas d'augmentation dans l'excrétion de l'urce, pendant le travail musculaire. Les recherches postérieures de Parkes permettent même d'aftlrmer qu'il y a une légère diminution de l'excrétion de l'azote, pendant l'exercice modéré, et que cette diminution devient plus considérable lorsque le travail augmente, que les ingesta contiennent de l'azote ou qu'ils n'en contiennent pas. D'après cela, le muscle en activité s'accroîtrait donc au lieu de s'user, comme le prétendait Liebig.
Toutefois, cette question appelle de nouvelles recherches, car, plus récemment, Flint a prétendu que les affirmations précédentes reposaient sur une expérimentation imparfaite. D'après lui, l'exercice musculaire augmenterait nonseulement la quantité absolue d'azote éliminée , mais cette quantité serait supérieure à celle qui est ingérée avec les aliments, surplus qui ne peut venir que de la combustion des tissus.
11 est démontré que l'oxydation de la graisse et des hydrocarbonés est augmentée par l'exercice. Les éleveurs qui cherchent à accumuler de la graisse dans les animaux qu'ils nourrissent doivent donc, autant que possible, les condamner au repos.
5" Influence de la température. Les phénomènes d'oxydation intime de l'organisme sont plus intenses en hiver qu'en été [Voy. Respiration, p. 052). La consommation alimentaire doit donc être aussi plus considérable, pendant la première saison que pendant la seconde. Aussi, il résulte des documents statistiques que le régime alimentaire varie dans le nord et dans le midi de la France. On connaît, par les récits des voyageurs, la voracité des habitants des régions circumpolaires : la consommation des matières grasses y est beaucoup plus considérable que dans les pays chauds. Ces matières sont, en effet, d'excellents combustibles au moyen desquels l'organisme peut lutter contre le froid qui le pénètre.
6** Influence de la lumière. Sans parler ici de celte influence sur les mouvements et l'accroissement des végétaux, nous dirons cependant que le verdissement des feuilles étiolées et la régénération de l'amidon qui accompagne la chlorophylle sont opérés surtout par les rayons jaunes. C'est dans cette région du spectre que se trouve le maximum d'action réductrice de la chlorophylle; c'est aussi la seule dans laquelle les plantes puissent fleurir; enfin, d'après les recherches de Bert, l'action de la lumière verte est mortelle aux végétaux. Ainsi s'explique pourquoi la vie végétale s'entretient si difficilement sous le couvert des forêts et l'on peut aussi déduire de là qu'il faut se garder, en horticulture, d'employer des vitrages verts. Les diverses régions du spectre, en y comprenant de chaque côté un certain nombre de rayons invisibles, ont chacune une action particulière sur la végétation ; ces différentes actions se combattent dans une. certaine mesure, mais leur ensemble, tel qu'il est réalisé par la lumière blanche, est absolument nécessaire à l'intégrité de la vie des plantes.
Chez les animaux, de même que chez les végétaux, nous laisserons de côté les mouvements qui s'effectuent sous l'influence de la lumière. Il résulte des expériences de Mihie Edwards, Moleschott, J. Béclard, que les œufs de grenouille se développent mal dans l'obscurité et que ceux de mouche se développent surtout bien dans la lumière violette ou bleue. E. Yung vient de compléter ces recherches en montrant que des têtards de grenouille meurent plus vite d'inanition dans les rayons violet et bleu que dans les autres : ils consomment plus rapidement leur économie alimentaire. Les larves de l'axolotl sortent de l'œuf
pâles; mais des cellules colore'es (chromoblastes) se de'veloppent rapidement dans leur peau sous rinfluence de la lumière. Ce développement se ralentit si les animaux sont maintenus dans l'obscurité, ou lorsqu'on écarte, par l'interposition d'un verre rouge, l'action de la partie la plus réfrangible du spectre.
Paul Bert a fait voir que ce sont les rayons les plus réfrangibles qui produisent l'excitation des chromoblastes d'où dépendent les changements de couleur du caméléon. On sait que ces changements sont produits par le mélange variable de deux pigments cutanés, l'un superficiel et fixe, l'autre profond et mobile constitué par des corpuscules diversement colorés qui s'approchent ou s'éloiTnent de la surface. Ce sont aussi, d'après Bouchard, les rayons bleus et violets qui ont l'action la plus énergique sur la peau : en essayant sur lui-même l'action des rayons violets, il a obtenu une phlyctène en douze secondes, tandis qu'avec les rayons rouges la peau ne fit que rougir légèrement; à travers l'eau, qui arrête les rayons calorifiques, l'effet est tout aussi actif.
7° Influence de la pression barométrique. Nous nous bornerons ici à faire des emprunts presque textuels au magnifique ouvrage de Bert sur la pression barométrique.
Diminution de pression. Bert a démontré que la diminution de pression n'agit sur les êtres vivants qu'en diminuant la tension de l'oxygène qu'ils respirent, et, si l'on pousse les choses à l'extrême, qu'en les asphyxiant par privation d'oxygène. Toutes les ancieimes théories sur l'action mécanique de la dépression ont dû disparaître devant les expériences de Bert et il a pu, lui-même, descendre jusqu'à la pression mortelle de 248 millim. sans éprouver le moindre inconvénient, sous la seule condition de rétablir à son degré normal la tension du gaz comburant, par la respiration d'un air artificiel suroxygéné.
Les travaux remarquables de Bert, empreints d'une rigueur et d'une exactitude véritablement mathématiques, lui ont valu la haute récompense du orand prix biennal de l'Institut. Nous avons ailleurs (voîj. Bespiration) résumé les conséquences de ces recherches applicables aux aéronautes, aux voyageurs en montagne, aux habitants des hauts lieux. Bert a fait voir que les végétaux sont aussi impressionnés par l'air raréfié qui ralentit singulièrement leur végétation. De plus, les phénomènes de la vie végétale s'arrêtent précisément à la pression de sept centimètres de mercure qui est funeste à tous les animaux.
Quant aux applications médicales, Jourdanet a eu le premier l'idée de faire servir l'air artificiellement raréfié au traitement de diverses maladies, notamment de l'anémie et de la phthisie. Avant lui et depuis lui, l'habitation des hauteurs a été et est recommandée surtout aux phlhisiques ; ce mode de traitement date, dans les Andes, de l'époque de la conquête espagnole. Bert appelle l'attention des médecins sur l'avantage qu'on pourrait retirer, dans certains cas (fièvres ou inflammations), d'une décompression assez forte pour enlever au sang une notable partie de son oxygène, et peut-être même pour abaisser la température du corps : il y aurait là probablement une médication altérante d'une grande puissance.
Augmentation de pression. L'étude de l'augmentation de pression a conduit Bert à la découverte de l'action toxique de l'oxygène à haute tension sur les végétaux comme sur les animaux; sur les êtres d'une substance compliquée comme sur les éléments anatomiques. Chez les animaux à sang chaud, des phénomènes convulsifs violents se manifestent immédiatement au-dessus de vingt atmosphères dair ; la mort très-rapide a lieu au-dessus de vingt-cinq atmos-
phères, mais les effets fâcheux se font sentir nettement dès six atmosphères. Quand la proportion du gaz oxygène a augmente d'un tiers dans le sang artériel la mort arrive très-rapidement. Enfin, résultat qui paraît paradoxal, sous l'influence d'une plus forte oxygénation du sang, les tissus s'oxydent moins, les combustions organiques diminuent d'énergie, la production d'acide carbonique, l'excrétion d'urée, la destruction intra-sanguine du sucre sont entravées et, par suite, la température diminue.
La cessation des phénomènes vitaux en présence de l'excès d'oxygène n'est pas seulement momentanée, comme celle qui, dans les êtres inférieurs, occasionne la diminution de pression, mais est une mort définitive; ce qui montre que bien évidemment il ne s'agit pas ici d'une simple suspension, mais d'une déviation des phénomènes vitaux. Une graine maintenue dans le vide, germe lorsqu'on laisse rentrer l'oxygène ; un cliicn qui a des convulsions d'asphyxie revient à lui quand on lui rend l'air. Mais la graine maintenue sous compression ne germera plus ; le chien ramené de loxygène comprimé à la pression normale peut, après vingt-quatre heures de convulsions consécutives, périr sans s'être amélioré. 11 semble qu'il se soit, sous l'influence de l'oxygène comprimé, formé dans les éléments anatomiques quelque produit toxique qui ne peut pas toujours s'éliminer et tue, alors môme que sa cause formatrice a disparu.
Bert désigne sous le nom de faibles pressions les pressions intermédiaires entre une et cinq atmosphères d'air, dans lesquelles la tension de l'oxygène varie entre 20,9 (celle de l'air) et 100 (celle de l'oxygène pur). Avec ces tensions, le sang artériel n'est pas complètement saturé d'oxygène, bien qu'il en soit de plus en plus riche à mesure qu'on s'éloigne de la pression normale.
Ces pressions faibles sont fort importantes à étudier pour le médecin et pour l'hygiéniste, puisque ce sont celles qu'on emploie dans la thérapeutique et dans rindustrie ; mais le point le plus intéressant est de chercher à quelle pression se trouve réalisé le maximum d'oxydation intra-organique. D'une paît, depuis les plus faibles pressions jusqu'à une atmosphère, d'autre part, à partir de cinq ou six atmosphères et au-dessus, cette oxydation va en diminuant : où est placé le sommet de la courbe qui représente ces phénomènes ?
Or, les analyses de Bert sur la quantité d'acide carbonique exhalé, d'oxygène absorbé, d'urée sécrétée dans un temps donné, ainsi que ses recherches sur la rapidité des putréfactions tendent à démontrer que c'est aux environs de trois atmosphères, vers la tension de 60 d'oxygène que se trouve le maximum cherché. Les récentes expériences de G. Liebig déposent dans le même sens. Mais, d'un autre côté, la manière d'être, la rapidité de développement des animaux inférieurs , têtards de grenouilles, larves d'insectes, maintenus pendant longtemps sous les tensions d'oxygène comprises entre 21 et 100, démontrent que s'il y a augmentation de nutrition, il n'y a pas, tant s'en faut, meilleur état général. Il en va de même, et avec une bien plus grande intensité, pour les germinations, qui ne s'opèrent jamais mieux que sous la pression normale.
Bert a constaté, après bien d'autres observateurs, la diminution du nombre des pulsations et l'augmentation de la capacité pulmonaire maxima sous une faible augmentation de pression, le volume d'air qui traverse le poumon, dans un temps donné, ne changeant pas sensiblement. Le savant physiologiste de la Sorbonne a prouvé que l'amplitude plus grande du poumon est due à l'action mécanique de la compression sur les gaz intestinaux, le poumon devant suivre alors le diaphragme qui s'abaisse davantage. Quant au thorax, il serait écrasé
si l'ouverture trachéale n'existait pas et ne serait nullement impressionné si cette ouverture était, ce qu'elle n'est pas, suffisamment large.
Mais l'intensité relative de cette action de la pression va en diminuant avec la valeur de la compression, car l'intestin perd une partie de moins en moins considérable de son volume à mesure que la pression augmente ; de plus l'augmentation de la capacité thoracique ne peut représenter qu'une partie de la réduction de volume de l'intestin, parce que les parois de l'abdomen en comblent une proportion qui doit aller en croissant avec la pression, le diaphragme rencontrant dans sa descente des obstacles de plus en plus forts. Enfin l'action mécanique de la compression produit une notable augmentation dans la valeur de la pression artérielle.
En ce qui concerne l'action thérapeutique de l'air foiblement comprimé et les applications qu'on en a faites depuis Junod, Pravaz et Tabarié, Bert garde la plus grande réserve. Cependant il voudrait voir améliorer les méthodes d'application oîi une action violente et de peu de durée agit peut-être en sens inverse de ce qu'on désire : il voudrait que cette façon brusque d'agir ne fût désormais appliquée que dans les cas menaçants d'asphyxie, d'empoisonnement par l'oxyde de carbone ou le gaz des égouls, là où l'on a peu de temps pour agir et encore faudrait-il employer seulement de l'air à environ 60 pour dOO d'oxygène et continuer les inhalations au moins pendant une heure. Il trouve que l'on a été jusqu'ici un peu trop timoré dans l'emploi thérapeutique de l'air comprimé ; il croit que, dans bien des cas, on pourrait pousser sans inconvénient jusqu'à trois atmosphères, niveau auquel se trouve le maximum des oxydations intra-organiques : néanmoins il fait observer que si, le plus souvent, il convient de se rapprocher du maximum d'activité nutritive, il faudrait peutêtre parfois s'en éloigner un peu, dans certaines affections où, comme dans la phthisie par exemple, l'usure rapide de l'organisme semble demander un frein que la science médicale n'a pas encore trouvé.
Bert a élucidé tout ce qui a rapport à la question de la décompression brusque en montrant que tous les accidents qui surviennent sous l'influence de cette décompression sont la conséquence du dégagement de bulles d'azote dans le sang et même dans les tissus, quand la compression a duré un temps suffisant.
Enfin, Bert a tiré de ses recherches des conséquences fort importantes au point de vue de l'histoire naturelle générale.
Si l'on considère en place les animaux aquatiques des profondeurs maxima, il est clair qu'ils ne subissent aucune influence immédiate et mécanique de l'énorme pression à laquelle ils sont constamment soumis et avec laquelle ils sont parfaitement équilibrés. Il en va tout autrement si l'on immerge à de grandes profondeurs des animaux habitués à vivre à la surface ou inversement : il y a, dans le premier cas, une diminution, et, dans le second, une augmentation de volume du corps qui, très-probablement, est incompatible avec la vie. Il faut toutefois remarquer que, d'après Laut Carpenter, l'eau de mer contenant au fond moins d'oxygène et moins d'azote qu'à la surface, il s'ensuit que d'abord le séjour dans les profondeurs ne soumet les animaux à aucun péril venant de l'oxygène en tension et qu'ensuite la décompression brusque ne devra produire aucun effet fâcheux sur les animaux des profondeurs, puisqu'ils n'ont pas d'excès d'azote dissous dans leurs tissus. Aussi n'a-t-on jamais trouvé de gaz libres dans les tissus d'un poisson ou d'un invertébré ramené par la drague.
Enfin si, pour les animaux aériens comme pour les animaux aquatiques, on
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considère non plus l'époque actuelle, mais les âges géologiques, tout donne à penser que la pression barométrique a dû jouer un rôle important dans l'apparition et la modification de la vie à la surface du globe. Aux premiers âges de notre planète, en effet, la tension de l'oxygène devait être beaucoup plus forte qu'aujourd'hui pour deux raisons : l'atmosphère était plus haute et sa richesse oxygénée plus forte, les roches n'étant point encore refroidies et oxydées sur une aussi grande épaisseur. Les époques qui nous suivront verront sans doute l'air rentrer de plus en plus dans les profondeurs du sol et l'oxygène y diminuer de plus en plus. Ainsi, il est permis d'imaginer qu'il y a eu un temps où les êtres actuels n'auraient pu vivre sur le sol, à cause de la trop grande tension de l'oxygène, et qu'un temps viendra où ils ne pourront vivre à cause de sa trop faible tension. Ce sont les êtres microscopiques qui résistent le mieux à ces diverses modifications de la tension de l'oxygène ; aussi est-il permis de supposer, avec Bert, que ce sont eux qui ont dû apparaître les premiers et qu'ils disparaîtront les derniers lorsque la vie s'éteindra par insuffisance de tension d'oxygène. Enfin les recherches du savant auquel ^lous venons de faire de si larges emprunts, montrent que les végétaux n'ont pas dû apparaître sur la terre avant les animaux, car la germination, même celle des moisissures, ne se fait pas dans l'air assez chargé d'acide carbonique pour être mortel aux animaux à sang chaud, et Bert lui-même a démontré que ceux-ci sont moins sensibles à l'influence de l'acide carbonique que les animaux à sang froid. On ne saurait donc attribuer l'antériorité paléontologique des reptiles, par rapport aux animaux à sang chaud, à la présence dans l'air, aux époques géologiques d'une plus grande quantité d'acide carbonique. G. Carlet-
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Cette bibliographie ne renferme que les documents relatifs à la nutrition cellulaire et à la nutrition de l'organisme pris dans son ensemble. Pour ce qui concerne la nutrition de chaque tissu en particulier on devra se reporter aux divers mots qui leur ont été consacrés. Enfin il faudra consulter aussi les bibliographies des articles Aliments, Alimentation et Glvcogénie. G. G.
l^iUTRiTUM (Onguent). L'onguent nutritum, employé autrefois comme cicatrisant, est préparé avec la litharge pulvérisée, o, l'huile d'olive, 9, et le vinaigre fort, 4. D.
IXCTTALL (Les deux).
iVuttail (George-Kickets). Médecin anglais, né à la Jamaïque, reçu docteur à Edimbourg en 1809, licencié du collège de médecine de Londres, médecin à l'hôpital de Westminster, médecin consultant à l'hôpital pour les maladies articulaires, etc., est connu par les deux publications suivantes :
I. Diss. inaug. de podagra. Edinburgi, 1809, gr. in-8'>. — II. Case of Pseudo-Mercuriat Discase. In London Med. Reposifory, t. XII, p. 189, 1819.
Xuttall (Thomas). Médecin et botaniste, exerçait probablement à Londres dans la première moitié de ce siècle. Il a publié :
I. Introduction to Systematic and P/iysiological Botany. Cambridge, 1827, in-12. — II. Thonghts on the Proximate Cause of Fecundation in Vegetables. In Chapmans Philad. Journ. ofMed. and Phys. Se, t IV, p. 254, 1822. — III. Lecture on a Classification of the Articles ofthe Materia Medica. In The Lancet, t. IX, p. 578, 1826. L. Un,
TVYBERG (Johan-Ulric). Médecin suédois, naquit à Stockholm le 21 décembre 1787. Il commença ses études à Upsal en 1805, prit le grade de docteur en médecine dans la même ville en 1813 et celui de maître en chirurgie en 1814. Après avoir servi dans divers hôpitaux de Stockholm, il alla s'établir à Wœberg et
812 NYGTAGINACÉES.
plus tard à Eskildstuna, dans le Sondermanland, où il fut nommé médecin de la province le 16 mai 1855. Nous mentionnerons de lui :
I. Diss. inaug. de remediis Guineensibus. Upsaliœ, 1815, in-4°. — II. Articles publiés dans Sve7isk Lâkar. Sàllsk. Handlingar. L. Un.
XI'BLAUS (Johan-Eric). Jlédecin suédois de mérite, naquit à Raaniis-Bruk, dans la paroisse de Fasta elRoslagen, le o décembre 1780. 11 commença ses études à Upsal en 1795 et eu 1807 se fit recevoir licencié de médecine à l'Université de cette ville, et maître en chirurgie à celle de Stockholm. Après avoir servi comme chirurgien dans l'armée et rempli successivement les fonctions de médecin des pauvres à Stockholm, de médecin à l'établissement d'accouchements de la même ville, etc., il piit sou grade de docteur en médecine à Upsal le 5 juin 1813. Quelques années après il s'établit à Stockholm, où il fut nommé en 1827 médecin du Norra allmànna Arbets-och KorrektionsinniUningen. L'époque de sa mort nous est inconnue. 11 a publié :
I. Biss. inaug. de tumore lijmpliatico. Upsalise, 1807, in-4°. — II. Rôn vid ett hensaar. In Sv. Lâkar. Sàllsk. Uandl., Bd. I, H. 2, p. 138, 1813. — III. Observationer gjorde under anvândandet of dielhurcn vid Allmànna DarnlmSet 1810-1812. Ibid., H. o, p. 87. — IV. Tabellariska Sammcndrag ulur de vid stora Barnhuset fôrde Journaler ôfver de aaren 1812 ocli Ï^IT) paa Bainhuset vaardade sjiike och spàde barn. Ibid., Bd. II, H. 1, p. 16, 1814. — V. Uppgift paa de sjukdomar, som hvarje Maanad aar 1815, 1816, 1817, visât sig bland barnen paa Allmànna Barnhuset. Ibid.,"Bd. lit, p. 21, 1816; Bd. IV, p. 17, 1817; Bd. V, p. 49, 1818. — M. Avec Weigel : Hândelsc af Catarrhus vesicœ med Slricturer i itrinrbret Ibid., Bd. IV, p. 152, 1817. — VII. llàndelse af labes mesenterica med hydrops acutus cerebri. Ibid., Bd. V, p. 153, 1818. — VIII. Hândelse af hydrocephalus internas. Ibid., p. 162. — IX. Rapport ow sjuklighelen uti Adolph-Fredriks-Fôrsamling aar 1820. Ibid., Bd. Vllf, p. 50, 1822. — X. Typhus nervosus ibland spàda barn, observerad paa stora Barnhuset i Febr. Maanad, 1816, och i Novemb. 1817. lu Kgi Vet. Akad. Handl. for 1818, t. XXXIX, p. 257. — XI. Hàndelser af Myelitis och hydrorhachis hos barn, med anmàrkningar. Ibid., for 1822, t. XLIII, p. 543. — XII. Nombreux articles dans : Svensk Làk. Sàllsk. Aarsberàtt. et Sv. Làk. Sàllsk. Handlingar. L. Hn.
IXYCTAGIXACÉES, XYCTAGIXÉES. Famille de plantes dicotylédonéesapétales, établie par Bernard de Jussieu et par Adanson, sous le nom de famille des Jalaps. La plante type de cette famille est la Belle-de-Nuit qui appartient au genre Mirabilis de Linné [Gen., n. 159) ou Nyctago de Jussieu (Gen.,90). Les fleurs en sont régulières, hermaphrodites, à réceptacle convexe, portant un involucre calyciforme et vert, imbriqué, puis, plus intérieurement, un calice pétaluïdc, coloré en rouge, blanc ou jaune, à 5 divisions indupliquéestordues. Les 5 élamines, alternes avec les divisions de ce périaulhe, d'inégale longueur, sont formées d'un filet indépendant, sauf à sa base, et d'une anthère courte et biloculaire. Le gynécée, libre, est formé d'un ovaire uniloculaire, surmonté d'un style grêle, à sommet capité et ramifié, stigmatique. Dans l'ovaire se voit, vers la base, un placenta qui surmonte un seul ovule ascendant, anatrope , à micropyle inférieur. Le fruit, décrit généralement comme un achaine, est plutôt un caryopse, car son péricarpe mince est étroitement appliqué sur le tégument de la graine qui renferme un abondant albumen farineux intérieur et un embryon condupliqué, à radicule courte et à larges cotylédons foliacés, inégaux, incombants. Ce sont des herbes vivaces de l'Amérique tropicale, à portion souterraine renflée, tubéreuse, à tiges herbacées, noueuses, articulées, portant des feuilles opposées, sans stipules. Les fleurs sont axillaires ou terminales, rapprochées en cymes ou en glomérules. Ce qui prouve que l'invo-
NYCTAGINACÊES. 815
lucre caliciforme dont nous avons parle n'appartient pas re'ellement à la fleur et que le périanthe de celle-ci est réellement uniqne, c'est qu'il y a des espèces où cet involucre renferme plusieurs fleurs formant une cyme. Dans les autres genres de la famille, l'organisation florale est au fond la même, avec un périanthe constamment unique, mais variable de forme, et le gynécée est toujours construit sur le plan de celui des Mirabilis. Mais le port des plantes, l'inflorescence et l'androcée présentent d'assez nombreuses variations, ainsi que les caractères extérieurs du fruit. Dans les Mirabilis, en effet, tandis que la portion supérieure du périanthe coloré, se détruit et tombe lors de la formation du fruit, la base de ce même périanthe persiste et s'épaissit de manière à envelopper le cariopse d'une sorte de coque noirâtre, très-résistante, qui, en somme, constitue une induvie. Mais dans d'autres genres, tels que les Boerhaavia, Abronia, Bougainvillea, etc., les folioles de cet involucre demeurent indépendantes, conservent le caractère foliacé et ne s'appliquent pas contre la fleur ou les fleurs qu'elles entourent. Dans les Bougainvillea, ces bractées, au nombre de trois, prennent de grandes dimensions, se revêtent de couleurs éclatantes, roses, violacées, jaunes ou blanches; et ce sont elles, et non les fleurs, petites et peu brillantes, qui donnent à la plante son éclat. Au lieu d'être des arbres, ces Bougainvillea sont des arbustes sarmenteux et grimpants. D'autres genres, tels que les Pisonia, sont des arbustes dressés ou même des arbres, à feuilles souvent épaisses et coriaces, et la base du périanthe qui s'épaissit autour du fruit, représente un sac résistant, glabre ou chargé d'aiguillons et sécrétant une liqueur extrêmement visqueuse. L'androcée peut être, dans ces plantes, le siège de dédoublements qui élèvent le nombre de ses pièces jusqu'à 30 ou 40, comme il arrive pour les Ce/)/(a/oiomanfi?ra elles FieiV/arJm dont nous n'avons fait que des sections du grand genre Pisonia. Nous avons conservé 15 genres dans cette famille où l'on en a admis un bien plus grand nombre ; ce sont les Mirabilis, Nyctoginia, Okenia, Pentacrophys, Selinocurpus, Oxybaphus, Allionia, Boerhaavia, Abronia, Pisonia, Colignonia, Boldoa, Bougainvillea. Ils renferment environ 120 espèces qui appartiennent aux régions chaudes et tempérées des deux mondes. Plusieurs d'entre elles, sans être très-employées, ont cependant des propriétés importantes. Ce sont souvent des médicaments évacuants. Ainsi la production du Jalap avait été autrefois attribuée au Mim6/fe Jalapa L. et aussi aux M. longiflora L. et dichotoma L., plantes de l'Amérique du nord. Leur portion souterraine est en réalité purgative, et l'on dit même son action énergique; mais ce n'est qu'un faux -jalap, à coupe polie, noirâtre ou grisâtre, marquée de stries concentriques, et, d'après Guibourt, dure, compacte, trèspesante, d'une odeur faible et nauséeuse et d'une saveur douceâtre, laissant un peu d'âcreté dans la bouche. On sait que les racines des Boerhaavia sont aussi purgatives et vomitives {voy. sér. 1, X, 18). Les Pisonia sont également des Nyctaginées évacuantes. Plusieurs ont été vantés comme guérissant l'ictère, les hémorrhoïdes, et M. Netto en a fait connaître un autre comme une plante extrêmement vénéneuse; d'où le nom de P. noxia qu'il lui a donné. 11 est d'origine brésilienne. Quelques autres Nyctaginées, riches en tannin, comme le sont certains Pisonia américains, servent au contraire de plantes tinctoriales. H. Bn.
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814 NYCTIPITHEQUES.
XYCTALIS. Genre de Champignons dont les caractères généraux ont été donnés à l'ai-t. Agaricinées ; il ne compte qu'un petit nombre d'espèces dont la caractéristique ne saurait trouver place ici; les plus connues sont celles qui vivent sur des Agarics en putréfaction, et tout spécialement sur les Russula adusta et nigricans. Le chapeau globuleux blanc du iY. Asterophora Fr. atteint la grosseur d'un pois ou d'une petite noisette ; il est envahi par un sphériacé parasite, VHypomyces asterophorus Tul., dont les conidies étoilées ont passé pour être une forme secondaire d'organes reproducteurs du Nyctalis (voy- Tulasne, Select, fung. carpol., t. 111, p. 54-56, pi. IX). De Sey>es.
NÏCTALOPIE (de vv^ , nuit et &i^, œil). Ce mot a été employé tout à la fois pour désigner ï action de voir la nuit et la cécité nocturne. Quelquefois, le même auteur se sert de ce mot dans les deux sens opposés. On ne saurait dire s'il est composé de vu? et &r]^ simplement, ou de vùE, ou d'à aprivatif et de wt}/. Le même doute existe relativement au mot Héméiulopie (voy. IIéméralopie). W.
IXYCTAMTES. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Jasminées et caractérisé par des fleurs hermaphrodites à calice tubuleux, entier ou quinquedenté ; une corolle à tube cylindrique, à limbe divisé en 5 ou 7 lobes obcordées, à estivation tordue, deux anthères sessiles, à la gorge de la corolle. Le fruit est une capsule cartilagineuse, comprimée, obovale, émarginée, biloculaire, se divisant en deux carpelles indéliiscents et contenant dans chaque loge une semence, fixée au fond, dressée sans albumen.
La seule espèce de ce genre est le Nyctanthes Arbor-tristis L., arbrisseau de l'Inde, à feuilles opposées, brièvement pétiolées, ovales aiguës. Les pédoncules axillaires et terminaux portent généralement trois fleurs munies chacune de deux petites bractées, dont le tube est orangé, le limbe de couleur blanche. Ces fleurs ont une odeur très-agréable ; elles se développent le soir pour tomber le matin. De là le nom de somnambule qu'on donne à cette plante dans l'ile de Maurice, où elle est fréquemment cultivée.
La décoction de l'écorce et de la racine passe dans l'Inde pour guérir la toax, la consomption et l'asthme.
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rVYCTERYX. Diptères parasites à longues pattes, du genre Njmphipare.-
Xi'CTiPiTHÈQCE. Nyctipithecus, Spix. Nocihores, Fr. Cuvier. Aotus. Humboldt. Les Nyctipithèques appartiennent à l'ordre des Primates, dont ils constituent un des genres les plus remarquables ; ils sont aux autres singes ce que les Rapaces nocturnes sont aux Rapaces diurnes. Ce qui caractérise à première vue ces animaux, c'est le volume et la forme arrondie de leur tête, le faible développement du pavillon de l'oreille (Humboldt croyait même qu'ils n'avaient pas d'oreille externe, d'où le nom impropre à' Aotus), et surtout leurs
yeux de Chat-huant, indiquant qu'ils chassent exclusivement la nuit. Leur queue à peine prenante, capable seulement de s'enrouler autour du cori/s, ne peut servir à la suspension. Ils ont huit vertèbres lombaires ; chez les Sapajous il n'en existe que cinq. L'espèce la plus anciennement connue est le Nyctipithèque Douroucouli, ou Nyctipithecus trivirgatus. Les Primates appartenant à ce genre habitent tous l'Amérique du Sud ; leurs mœurs curieuses ont été observées par de Humboldt, Spix, Rengger et Schomburg. Kunckel.
MTMAIXIV. Nom d'une famille de médecins allemands parmi lesquels :
Nymann (Jérômk). Né à Torgau en 1554, fit ses études médicales à Wittemberg, où il prit le grade de docteur, et où il exerça la médecine. Nous connaissons de lui quelques dissertations et discours.
1. De aiigiiia. Wittemberj;, 1592, in-4°. — II. De epilepsia. Wiltemberg,1592, in-4°. — III. De gravi audiius. sMrdi<a/e. VVittemberg, 1592, in-4'>. — IV. De Aer^jc^e. Wittemherg, 1592, in-i°. — V. De hemorrhoidihus.y^\\.\.embevç, 1594, in-4°. — VI. De Imaginatione. W'iltemberg, 1C15, m-4°. A. D.
Xyniann (Grégoire). Fils du précédent, né à Wittemberg, le 14 janvier 1594, étudia la médecine sous la direction de son père, fut reçu docteur en médecine et devint professeur de botanique et d'analomie. Le rédacteur de la Biographie médicale assure que son travail sur la vie du fœtus a servi de base aux règles de médecine légale et aux doctrines des théologiens de la Sorbonne, en ce qui concerne la viabilité du fœtus, d'une part, et la manière et l'opportunité d'administrer le baptême aux enfants dans le sein de la mère, d'autre part ; mais nous ignorons sur quelles preuves s'appuie cette assertion. Nymann n'a écrit sur ce sujet qu'une dissertation inaugurale qui n'est pas la première dans la littérature médicale. Le succès de cette dissertation est dû sans doute à la publicité que lui a donnée l'ouvrage de Cangiamila, sur VEmbryologie sacrée, ouvrage qui lui-même a joui longtemps et jouit encore d'une grande notoriété parmi les théologiens. Quoi qu'il en soit, après avoir exercé la médecine quelques années dans sa ville natale, Nymann y mourut le 8 octobre 1638. On cite de lui :
I. Dissertatio de vitâ fœtus in utero. Wittemberg, 1628, iii-4 ; Leyde, 1644, 166i, in-12. — I. De apoplexia tractatus. Wittemberg-, 1629, in-4°.— III. Diverses dissertations et discours académiques. A. D.
l\!TMPOE. Ce mot désigne, en entomologie, l'état de développement intermédiaire entre celui de larve et celui d'insecte complètement développé : la nymphose eçt la période pendant laquelle l'insecte reste à l'état de nymphe. Je donne, de même, le nom de larvose et de perfectose aux deux autres états correspondants du même animal : la larvose répond à l'état larvaire ; la nymphose à l'état nymphal ; la perfectose à l'état d'insecte parfait, désigné par Linné sous le nom d'imago revoluta.
Tantôt la nymphe d'insecte est agile, prenant de la nourriture ; elle diffère peu de la larve et seulement de l'insecte parfait parce que les ailes ne sont pas entièrement développées. D'autres fois, la nymphe est immobile, ne prenant point de nourriture et très-différente, soit de la larve, soit de l'insecte parfait. Il en résulte qu'on peut diviser les nymphes en deux grandes sections qui correspondent aux' métamorphoses soit partielles, soit complètes, des insectes {Voy. Larves, Métamorphose).
A. Nymphes ressemblant plus ou moins à la larve. Toutes les nymphes que Linné et Fabricius appelaient nymphes complètes, nymphœ complelœ, à cause de leur aspect rappelant celui de l'insecte parfait, appartiennent à cette division. Telles sont celles des Orthoptères, de la plupart des Hémiptères, de beaucoup de Névroptères. Les nymphes des Sauterelles, des Criquets, des Cigales [voy. ces mots) présentent la forme générale du corps, la bouche est parfois à peine modifiée, ainsi que les pattes. Il en résulte qu'il est parfois difficile de préciser le moment où la larve devient réellement nymphe ; chaque fois que la larve change de peau, les ailes et les autres organes apparaissent de plus en plus. En définitive, il ne reste plus, pour la larve devenue nymphe, qu'une peau à dépouiller pour devenir insecte parfait, tandis que la larve doit éprouver plusieurs de ces changements de peau successifs. La difficulté est de savoir quand la dernière dépouille sera rejetée, et il faut bien reconnaître que dans beaucoup d'insectes la métamorphose nymphale et la mue semblent se confondre.
Chez les Libellules et les Éphémères {voy. Névroptères, pages 729 et 750) la ressemblance des nymphes avec l'insecte parfait est moins frappante. Les nymphes de Libellule conservent le masque des larves; chez les Ephémères, les mandibules et les mâchoires de la larve sont bien apparentes, tandis qu'elles sont vestigiaires chez l'insecte entièrement développé. Ces dernières nymphes avaient clé appelées demi-nymphes {semi-nymphœ) par Latrcille.
B. Nymphes différant entièrement des larves dont elles proviennent. Cette grande division renferme toutes les nymphes appartenant aux insectes à métamorphose complète , c'est-à-dire à presque tous les ordres d'insectes. On peut les sous-diviser en trois catégories, qui correspondent à trois des métamorphoses de Linné et de Fabricius.
a. Les nymphes chez lesquelles toutes les parties de l'insecte parfait appaj-aissent, repliées sous une peau fine et membraneuse, appliquée exactement sur elles. Telles sont les nymphes de presque tous les Coléoptères, des Hyménoptères, de plusieurs Névi'optères et Diptères, celles des Cousins, des Tipules, des Taons , des Bombyles, des Pulicides (voy. Chique).
Ces nymphes étaient celles que Linné appelait : incomplètes (nymphœ incompletœ) et Lamarck : momies resserrées (mumiœ coarctatœ) chez les Coléoptères et les Hyménoptères, momies fausses-nymphes (mumiœ pseudonymphœ) chez les Phryganes (voy. Névroptères, p. 732).
h. D'autres nymphes nombreuses appartenant à l'ordre des Lépidof>tères ou papillons, sont enveloppées d'une membrane plus dure que celle des larves ou chenilles, et les parties de l'insecte parfait sont moins visibles que dans la catégorie précédente (voy. Lépidoptères).
Ces nymphes ont été appelées : nymphes emmaillotées (n. obtectœ) par Linné et désignées par presque tous les entomologistes, entre autres Latreille et Lamarck, sous le nom de Chrysalide ou Aurélie (voy. Chrysalide). Lamarck distingue des chrysalides à reliefs (c. signatœ) et Latreille des chrysalides en forme de momie (c. mummiformis) .
c. Enfin, certaines nymphes sont renfermées dans une peau épaisse, opaque, ne permettant de reconnaître aucune partie de l'insecte parfait. Cette enveloppe presque cornée répond exactement à la peau durcie de la larve. La plus grande partie des Diptères, toutes les Muscides ou mouches, les Œstres, etc., offrent cette forme particulière. Ces nymphes étaient pour Linné des nymphes resserrées
[n. coarctatœ), pour Lamarck des chrysalides en barillet (c. dolioiàes), pour Latreille des pupes [pupce]. Cette dernière dénomination est heureuse et adoptée par la majorité des entomologistes avec un sens très-étendu.
Ainsi que je l'ai fait pour les Larves {voy. ce mot), je vais examiner successivement la forme et les diverses parties des nymphes, les mouvements qu'elles peuvent exécuter, l'éclosion ou apparition de l'insecte parfait, enfin la durée de la nymphose.
Enveloppe extérieure et substance propre. La peau, ou le tégument externe des nymphes, est le plus souvent tapissée à l'intérieur d'une très-fine pellicule ; cette peau varie considérablement sous le rapport de la consistance dans les différents ordres d'insectes. Les nymphes des Coléoptères et des Hyménoptèz'es ont l'enveloppe fine, molle et membraneuse, comme un sac épidermique. Les chrysalides des Lépidoptères et surtout les pupes des Diptères sont plus rigides, plus cornées. Les chrysalides, au moment de la transformation, ont la peau mince et molle comme les nymphes proprement dites; mais en peu de temps elles paraissent recouvertes d'un fluide, ou humeur visqueuse, qui en se desséchant devient dure et solide. On trouve que les antennes, ainsi que les ailes et les pattes qu'on pouvait soulever sans peine et éloigner du corps sont collées ou agglutinées entre elles. Il en résulte que les nymphes diffèrent des chrysalides en ce que chez les premières le corps et les membres sont recouverts d'une membrane flexible, tandis qu'ils sont agglutinés et soudés les uns aux autres chez les chrysalides. La peau durcie, cornée, des larves de Diptères qui enveloppe les pupes, est devenue telle par un processus analogue à celui des chrysalides ; car cette même peau est molle, extensible et fort souple dans la plupart des larves pseudocéphalées ou acéphalées des Diptères. La pupe cornée, chitineuse, est indépendante de l'insecte qui y apparaît peu à peu à l'état nymphal.
La majeure partie des nymphes offre une enveloppe extérieure unie, mais parfois rugueuse ou papilliforme. D'autres sont velues ; quelques-unes ont de longs poils terminés en massue ou en boulon, chez les Coléoptères du genre Lathridius, par exemple.
Dans la chrysalide, ou la pupe, immédiatement après la transformation, l'intérieur est formé par une matière d'aspect lactescent, remplie de cellules. Les membres peu à peu deviennent visibles sous l'enveloppe; ils acquièrent de la consistance par évaporation des parties liquides et condensation des parties cellulaires. Dans la pupe, l'insecte qui va éclore occupe une place moindre que la cavité ; il existe un vide considérable aux deux bouts, et l'animal pèse beaucoup plus à cette époque de son existence, ou pendant la nymphose, que lorsqii'il est devenu insecte parfait.
Formes, coloration. Les nymphes actives, les demi-nymphes, offrent la même forme que l'insecte parfait ; on distingue à première vue la tête, le thorax, l'abdomen et les divers appendices, les ailes restant petites ou rudimentaires. Au contraire, chez les nymphes des insectes à métamorphose complète, les parties appendiculaires du corps, les antennes et les pattes sont repliées en dessous contre la poitrine et le ventre; parfois même les longues tarières, ou oviductes, des Ichneumonides occupent en se retournant en haut une partie du dos. La nymphe des Coléoptères est ordinairement disposée avec la tête fléchie en avant sur la poitrine, les mandibules écartées, ayant entre elles les parties buccales et les palpes. Les antennes sont étendues sur les cuisses des pattes anté-
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rieuves, puis se recourbent et s'appuient sur la base des ailes; celles-ci se. replient entre les pattes intermédiaires et postérieures. Les pattes ont les jambes appliquées contre les cuisses et les tarses tournés en dehors.
Les nymphes des Hyménoptères offrent généralement les antennes placées entre les pattes. Chez les nymphes de certains Diptères, les Tipulaires, par exemple, dont les pattes sont démesurément longues, ces pattes sont repliées trois fois, mais les tarses sont étendus et appliqués les uns contre les autres.
On constate sur plusieurs nymphes des organes caduques, ou des parties qui ne persistent pas chez l'insecte parfait. Les Coléoptères ont des protubérances articulées, surtout les mâles (Lucanes, Dasytes), ou en croissant (Hydrophiles). Parfois les côtés du thorax ou de l'abdomen offrent des poils allongés, espacés, ou, au contraire, formant des touffes. On trouve aussi des protubérances, des épines tantôt mousses, tantôt assez allongées et assez piquantes sur la tête et le thorax, elles sont assez souvent disposées en rangées.
Les chrysalides ont généralement une forme obtuse et tronquée en avant, sensiblement rétrécie en arrière. J'ai insisté sur la forme anguleuse des chrysalides chez les Lépidoptères ou papillons diurnes. De même, j'ai décrit avec soin les divers étuis de la tête, du tronc et de l'abdomen {voy. Chrysalide).
Les pupes des Diptères sont ovales ou elliptiques; peu d'entre elles ont la forme d'une nacelle, d'une larme ou d'un point d'exclamation (Syrphides). Les parties externes de la larve sont appréciables sur la pupe, ainsi que je l'ai fait expressément remarquer [Annales de la Société entomologique de France, ¥ série, t. I, pages 241 et 246, 1861).
La couleur de la plus grande partie des nymphes proprement dites est jaunâtre ou blanchâtre ; celle des chrysalides des papillons nocturnes et des pupes de Diptères est d'un brun foncé, ou fauve, ou rougeâtre. Les chrysalides anguleuses peuvent offrir des colorations agréables, vertes, grises, et parfois une teinte métallique doi^ée ou argentée très-éclatante, due à une membrane sous-jacente à la peau de la chrysalide et dans un état d'humidité convenable, avec une mince couche d'air interposé. L'éclat métallique disparaît sous la machine pneumatique avec l'air interposé; il en est de même après l'éclosion.
Mouvement et locomotion des nymphes. Les nymphes actives sont aussi vivaces que les larves et l'insecte parfait; elles sont bien moins nombreuses en espèces que les nymphes inactives. L'idée de nymphose indique le plus souvent un état de repos absolu. Les pupes sont incapables du plus léger mouvement ; elles sont tout à fait immobiles.
Les nymphes proprement dites et les chrysalides ont dans les segments abdominaux une laxité assez grande pour exécuter des mouvements de latéralité ou de tournoiement, quand on les excite ou les inquiète. Celles qui sont pourvues de spinules, de protubérances, peuvent même se transporter d'une extrémité à l'autre d'un large cocon, en reculant ou en avançant, à la manière d'un ramoneur dans une cheminée. Mais beaucoup de nymphes placées profondément dans la terre, dans l'intérieur du bois, etc., pendant la nymphose, ont rigoureusement besoin de venir à la surface de ce milieu pour l'éclosion de l'insecte parfait. Les épines des segments abdominaux, les protubérances de la tête, leur servent soit à s'appuyer fortement et à ne pas reculer, soit à forer un trou de sortie. La nymphe du Cossus ronge-bois monte peu à peu dans l'intérieur des arbres et arrive au bord du trou qu'elle s'est ménagé à l'état de larve ou de chenille. Elle sait s'arrêter à point, ne laissant au dehors, que la moitié du
corps; sans cela, elle tomberait et la chute aurait pour effet la mort de l'insecte. On trouve sur les talus exposés au soleil et percés de trous d'Hyménoptères, d'Anthophores^ etc., les nymphes à moitié dégagées des Anthrax parasites. Ces nymphes arrivent patiemment à tarauder la terre durcie des nids de Chalicodomes, qu'on ne brise qu'à coups de marteau.
Quelques nymphes ont la faculté de sauter en arquant leur corps et laissant le dos convexe, puis en débandant brusquement ce demi-cercle. Le plan de position est de la sorte frappé et renvoie le petit corps en l'air avec une force proportionnée à celle du coup. Ce qu'il y a de plus extraordinaire, c'est que des nymphes placées dans un cocon arrivent à sauter par un mécanisme analogue et le cocon saute en même temps qu'elles. Ces mouvements de la nymphe lui servent pour changer de place et pour se dérober à la poursuite d'un ennemi.
Transformation en insecte parfait. Un entomologiste exercé reconnaît la fin de la nymphose et prévoit l'apparition prochaine de l'insecte complètement développé [imago revoluta) aux signes suivants : Sur les chrysalides dorées ou argentées, les parties métalliques pâlissent ou disparaissent; chez les nymphes, la coloration des yeux et des téguments se montre à travers la pellicule enveloppante; chez quelques espèces l'abdomen devient plus volumineux.
Les insectes quittent leur peau de nymphe de diverses manières. Dans les chrysalides le thorax se fend dans le milieu de la partie dorsale et l'animal sort avec facilité. Dans beaucoup de nymphes, le corps n'est pas renfermé dans une enveloppe commune, et l'insecte se dégage des enveloppes partielles propres à chaque partie. Chez les Muscides, la pupe rigide offre à la partie antérieure, correspondant à la tête de l'insecte parfait, une sorte de couvercle ou de calotte dont les bords sont indiqués par une suture élevée. Les mouches en éclosant poussent cette calotte avec leur tète alors gonflée d'air et qui se dégonfle peu après la sortie. Les Coléoptères, après avoir dépouillé leur enveloppe nymphale, sont mous et jaunâtres; ils attendent souvent assez longtemps que leur corps soit raffermi et devenu assez résistant pour quitter l'endroit où la métamorphose nymphale s'est accomplie. La Cétoine dorée met quinze jours à fortifier ses organes ; le Hanneton vulgaire, le Lucane ou Cei-f-volant, un et même plusieurs mois. Beaucoup d'insectes, avant d'arriver au dehors, ont à percer une coque de feuilles, de soie, de bois agglutiné, etc., renfermant la nymphe. Plusieurs n'ont besoin que de leurs mandibules assez vigoureuses pour cela. Les Lépidoptères nocturnes à trompe délicate ont préparé à l'état de larve leur porte de sortie, en amincissant une partie soit de leur coque, soit de la substance où elles ont vécu. Le papillon n'a qu'à pousser cette espèce d'opercule peu résistant. La coque du papillon grand-paon de nuit [Saturnia pyri) est remarquable par la disposition des fils de soie convergeant tous en pointe vers l'un des bouts. L'insecte parfait écarte ces fils au passage et ceux-ci reviennent sur eux-mcmes après la sortie.
D'autres papillons, entre autres celui du ver à soie, rendent un lluide qui ramollit sur un point la matière agglutinant les fils du cocon, et à cet endroit l'insecte parfait écarte ou brise les fils qui lui livrent alors passage. Quand la coque est extrêmement dure, tantôt l'insecte en sort après avoir dégorgé un fluide qui la ramollit, ou bien la nymphe est pourvue sur la tète de protubérances chitineuses qui lui servent à la percer. Enfin, chez les Fourmis, les ouvrières, qui nourrissent les larves, font une ouverture aux coques des nymphes, dégageant ces dernières qui, privées de ce secours, ne sauraient pas en sortir d'elles-mêmes [voîj. Fourmis).
J'ai déjà fait remarquer, en parlant des Phryganes {voy. Névroptères, p. 73!2), que leurs larves habitent des fourreaux ouverts aux deux bouts et composés de la manière la plus curieuse. La larve ferme son fourreau au moment de se transformer, et, à l'abri d'un grillage de soie, la nymphe demeure immobile au fond de l'eau. Mais lorsque la nymphose touche à son terme, l'msecle redevient agile ; il est pourvu de forts appendices mandibulaires, qui servent alors pour rompre le grillage de la partie antérieure du fourreau, puis en agitant ses pattes il nage et atteint le niveau de l'eau. Alors la peau de la nymphe se rompt et l'insecte parfait se montre au dehors.
Les Culicides et surtout le Cousin commun [t'oij. Cousins) ont des nymphes vivant dans l'eau. Au moment de l'éclosion, la nymphe se place horizontalement contre la surface, le dos du thorax fait saillie et se fend : la tète se dégage, puis le haut du corps, les antennes, les pattes, et l'insecte apparaît au-dessus de la dépouille nymphale comme un mât sur un bateau. Finalement, l'extrémité de l'abdomen sort à son tour, puis l'insecte se pose sur ses pattes écartées, les parties encore molles se raffermissent, alors il s'envole.
Depuis longtemps, on a remarqué une hypermétamorphose propre aux Éphémères {voy. Névroptères, p. 750). Les adultes sortis de la peau de nymphes aquatiques ont des ailes développées, mais ils sont lourds et volent mal. Au bout de plusieurs heures, ils quittent enfin une cuticule très-mince, et c'est alors que Yimago revolata, apte à se reproduire, apparaît fort agile avec des antennes et des filets abdominaux plus longs. La forme imago a été précédée d'une forme pseudo-imago ou imago notha. J'ai rapporté la curieuse transformation des Méloïdes {voy. Méloé), qui ont d'abord une larve très-agile, ocellée, à longues pattes, à fortes mâchoires, Carnivore, suivie d'une seconde larve aveugle, apode, vivant de miel. A cette seconde larve succède une pseudo-nymphe immobile, pupiforme, d'où sort encore une troisième larve, devant se transformer enfin en une nymphe ordinaire de Coléoptère.
Durée de la nymphose. L'état de larve dure un temps variable (voy. Larves) ; celui de nymphe est pareillement sujet à de grandes variations. Pour quelques très-petites espèces, la nymphose est complète en deux ou trois jours {Aleurodes); d'autres, en bien plus grand nombre, restent des semaines, des mois, même des années à l'état de nymphe.
On a remarqué cependant que chaque espèce offre des limites dont elle s'écarte assez peu, dans des circonstances ordinaires et identiquement les mêmes. Les nymphes de petite taille sont plus rapides à se transformer que les grandes; parmi les Coléoptères, les petits Charansouites ; chez les Hyménoptères, les Chalcidites ; chez les Lépidoptères , les Tinéides ; chez les Diptères , beaucoup de petites Muscides ont une nymphose de quelques jours ou quelques semaines. Je dirai cependant expressément que beaucoup de nymphes de grande taille éclosent dans un espace de temps bien plus court que d'autres, qui n'ont pas la vingtième partie de leur taille. En général, les grandes espèces restent nvmphes pendant plusieurs mois, une année, et même plus de deux ans ; elles mettent la patience de l'observateur qui les étudie à de longues épreuves.
Pendant la nymphose, il est incontestable que l'insecte perd de l'eau par évaporation lente. Le cocon de beaucoup de nymphes est probablement destiné à modérer ou à empêcher la rapidité de cette évaporation. J'ai répété les expériences de Réaumur et j'ai vu des chrysalides et des nymphes, renfermées dans un tube de verre luté, pei'dre une grande quantité de liquide. L'application
d'un vernis sur les grosses chrysalides (eu respectant les stigniiites) retarde l'éclosion, en prolongeant la nymphose. On comprend ainsi comment la chaleur hâte la naissance des papillons. Dans une serre chaude les chrysalides e'closent au milieu de l'hiver ; Réaumur a trouvé que six jours de la chaleur forte d'une serre font autant que le même nombre de semaines en plein air, et le même observateur s'est assuré, en renfermant des chrysalides dans une glacière, que leur éclosion pouvait être retardée d'une année. LesLépidoptéristes savent que beaucoup de Bombyx de grande taille, chrysalides au commencement de l'été, éclosent parfois au bout de 12 à 14 jours, tandis que le même insecte transformé à l'automne ne donnera le papillon qu'au bout de sept ou huit mois. Mais des papillons diurnes offrent des variations analogues, le PapUio Machaon par exemple, chrysalide en juillet éclora au bout de 15 jours, tandis que si la chrysalide vient en septembre, le papillon ne sortira qu'au mois de juin suivant, après neuf ou dix mois. Il en est de même pour une immense quantité d'insectes de tous les ordres, sans que la solution de ces questions biologiques soit encore possible. J'ajouterai que la congélation qui tue certaines nymphes est sans action sur plusieurs autres quand on laisse les insectes se réchauffer lentement, aiïisi que je m'en suis assuré.
La durée de la nymphose paraît dépendre, en définitive, de la grandeur de l'insecle et de la température ambiante. Cependant, si on élève ensemble les œufs provenant de la ponte d'une même femelle d'insecte lépidoptère de grande taille, d'un Sphynx, d'une Saturnia, ou encore d'un Diptère, on obtient des chrysalides, on obtient des pupes semblables, transformées à la même époque. Ces chrysalides, ces pupes, placées dans des conditions absolument identiques pour les unes et les autres, fourniront des insectes parfaits à l'époque ordinaire ; mais il y aura des retardataires parfois très-considérables pendant des mois, et même des années ! J'ai observé le même fait pour des nymphes d'Ichneumonides parasites éclosant à des époques retardées. Giraud m'a cité un grand nombre de faits pareils, sans qu'il lui ait été possible de trouver la raison apparente de cette différence dans la transformation ultime. 11 est prudent de savoir attendre avant de jeter, comme morte ou perdue, une nymplie d'insecte rare.
A côté de ces retards dans l'éclosion des nymphes, il existe des époques d'apparition presque mathématiques. Réaumur a remarqué l'invariable apparition des Éphémères de la Seine dans l'espace de deux à trois jours enti-e le 10 et le 18 du mois d'août. Les pêcheurs connaissent cette régularité et attendent les Éphémères à cette époqne sans être trompés. Swammerdam a noté l'apparition de celles qui sortent par nuées du Rhin vers l'époque de la Saint-Jean, en juin. Les Éphémères observées par Réaumur ne paraissent jamais qu'entre 8 et 10 heures du soir, leur sortie est tellement fixée à ce moment que ni le froid ni la pluie ne la retardent. Les soirs où l'apparition a lieu, des myriades d'insectes remplissent les airs et on en trouverait difficilement un individu vivant une heure auparavant ou après. Le ver à soie donnerait son papillon, d'après quelques auteurs, surtout le matin ; le grand Sphynx à tête de mort {Brachyglossa Atropos) entre quatre et sept heures du soir. J'ai observé l'éclosion de la Cécidomyie du buis peu après le lever du soleil, presque jamais dans la journée {Annales de la Société entomologique de France, 5^ série, t. III, p. 319, 1875).
Les desiderata scientifiques relatifs à la nymphose des insectes sont nombreux. Je dirai en terminant qu'on ne peut même connaître ou calculer l'âge d'une nymphe d'après l'époque où la larve a fabriqué son cocon. Beaucoup de larves
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d'Hyménoptères restent dans cet état pendant des mois entiers, après avoir construit ce cocon, ou coque protectrice, et c'est quelques jours seulement après leur transformation en nymphe, longtemps attendue, que se montre l'insecte parfait. A. LABOut.BÈ.NE.
nifi^PUES. Voy. Vagins.
NTinPHlPARES». Voy. PUPIPARES.
IVf 9IPIIODORE. Médecin grec de l'école d'Alexandrie, vivait au troisième siècle avant Jésus-Christ. Malgré de patientes recherches, nous n'avons rien pu trouver sur sa vie. Il est cité par les auteurs anciens pour deux machines qu'il a inventées, l'une, le glossocome, boîte pour les fractures des membres (Oribase, 1. XLIX, c. 20, trad. Daremberg, t. IV, p. 599), l'autre, destinée à pratiquer la réduction du fémur (Celse, 1. VllI, c. 20; trad. Charles des Etangs, p. 275).