‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.65Chapitre 87 sur 90 · NYSTEN · texte numérisé non relu

NYSTEN

Résumé. De ce qui précède il résulte :

l"Que le nystagmus est tantôt le symptôme d'une altération matérielle du cerveau (nystagmus symptomatique), tantôt une maladie propre (nystagmus professionnel), tantôt un accident morbide, siégeant dans les muscles moteurs de l'œil, primitif ou conséquence d'anomalies de la réfraction ; tantôt enfin le résultat d'une indiscipline musculaire née d'une vision obtuse congénitale ou acquise.

'■2° Que la genèse de ces divers états est différente et ouvre des indications variables suivant les cas.

5" Que la confusion qui a régné jusqu'aujourd'hui quant à cette genèse tombe devant la classification méthodique que nous avons fait servir de base à cette étude. Warlomo.nt.

l^YSTE\ (Pierhe-Hubert). Né à Liège, le 50 octobre 1774, commença se» études dans celle ville, puis vint les terminer à Paris, en 179i, où il fut reçu en l'an XI. 11 avait obtenu au concours, en 1798, la place d'aide d'anatomie, et fut ensuite quelque temps préparateur de cliiraie à la faculté. En 1802, Nysten demanda de faire partie de la commission médicale envoyée en Espagne pour observer la fièvre jaune et il voyagea, en 1804, dans le Midi, pour faire des recherches sur l'épizootie qui sévissait sur les vers à soie. Il fut nommé à son retour médecin de l'hôjjital des enfants, et mourut à Paris, le 5 mars 1817. Nysten est surtout connu par le dictionnaire de médecine qui a porté son nom, tantôt seul, tantôt accompagné d'un ou plusieurs collaborateurs, et que sa famille, par des scrupules que nous ne pouvons apprécier ici, fit disparaître, après la douzième édition, à la suite des circonstances ci-après.

Le dictionnaire avait dû être remanié au fur et à mesure des nouvelles éditions. Rédigé d'abord au point de vue spiritualiste, on peut dire qu'il ne restait lien du texte de Nysten, quant aux doctrines, après l'apparition de la douzième édition publiée en iSGQ avec les noms de MM. Liltré et Robin, tout en reconnaissant que la nouvelle rédaction était beaucoup plus en rapport avec les progrès de la science. Mais la veuve de Nysten s'était émue de cette situation et elle écrivit aux auteurs pour les prier de faire disparaître le nom de son mari. Les éditeurs, MM. Baillière, crurent bien faire alors en publiant une nouvelle édition (1866) avec le titre suivant : Dictionnaire de médecine... d'après le plan de Nysten; édition entièrement refondue par MM. Littré et Robin. L'ouvrage conservait ainsi le nom de l'auteur, auquel il avait dû son succès ; mais ces modifications ne parurent pas satisfaire madame Nysten, et elle assigna les éditeurs devant le tribunal de la Seine, revendiquant la propriété du dictionnaire et subsidiairement demandant, en même temps que des dommages-intérêts, la suppression du nom de son mari. Le tribunal la débouta de ses conclusions, à l'exception de la dernière. Ce jugement ayant été frappé d'appel par toutes les

d'une certaine manière sur tous les muscles, ce qui constitue l'équilibre naturel de l'œil, Le nystagmus est une anomalie de ce tonus musculaire. »

Dans le second, M. le docteur H. VVillebrand, de Hambourg- [Une explication physioloyique et palltologique du nystagmus. In Klinische Monastblâtler fur Augcnheilkunde, novembre 1870), résume comme suit la palhogénie du nystagmus : « Les conditions propres à faire naîlre le nystagmus existent quand l'activité des centres moteurs volontaires de l'œi', localisée dans l'ccorce cérébrale, se trouve dans des conditions d'infériorité vis-à-vis de l'activité motrice réflexe du mésencéphale et du cervelet, et que, d'autre part, les voies de conduction centriluge, se dirigeant de ceux-ci vers la musculature de l'œil, demeurent intactes. >

parties, la Cour d'appel rendit, le 27 février 1866, un arrêt par lequel les e'diteurs furent obligés de payer à la veuve Nysten une réparation pécuniaire « en « raison du dommage à elle causé par l'offense faite à la mémoire de sou « mari » {sic), en publiant sous son nom « des doctrines philosophiques et morales qui n'ont plus rien de commun » avec celles de ce dernier. Le nom de Nysten ne figure donc plus sur les éditions de 1872 et 1878 de cet excellent vade mecum. La comparaison des diverses éditions de cet ouvrage est attrayante et instructive tout à la fois. Nous citerons de cet auteur :

Bibliographie. — I. Nouvelles expériences faites sur les organes musculaires de l'homme et des animaux à sang rouge, dans lesquelles, en classant les divers organes sous le rapport de leur excitabilité galvanique, on prouve que le cœur est celui qui conserve le plus longtemps cette propriété. Paris, 1805, in-S». — II. Recherches sur les maladies des vers à soie et les moyens de les prévenir, suivies d'îine instruction sur l'éducation de ces insectes. Paris, 1808, in-8°. — III. Nouveau Dictionnaire de médecine, chirurgie, chimie, 1" édition (avec Capiiron). Paris, 1810, in-8°. La première était de Capuron seul ; 3" édition, par Nysten seul, 1814. Los autres éditions ont été publiées après la mort de cet auteur, mais nous croyons devoir indiquer ici celles qui portent son nom. 4" édit., aug:menlée par Bricheteau, 1824^ 5» édit., considérablement augmentée par Bricheteau, Henry et J. Briand, 1833; 6* édit., par les mêmes, ISôo; 7" édit., avec le nom ajouté de Chaude, 1859; 8= édit., 1841; 9° édit., revue de nouveau par A,-J.-L. Jourdan, 1845; 10" édit., la première portant les noms de MM. Litlré et Robin, 1855; 11» édit., 1858; 12» édit., 1865. La treizième édition ne porte plus le nom de Wyslen. On peut lire dans la préface de cette édition les renseignements les plus complets sur l'historique de ce Dictionnaire, dont la quatorzième édition est de 1878.

!\ÉPnR0T03llE. Depuis la publication de l'article Néphrotomie a paru un important travail sur les calculs du rein et la néphrotomie : c'est la thèse inaugurale de M. le docteur Melchior Torrès {Thèses de Paris, 1878, n° 144).

M. Torrès propose, pour le procédé opératoire de la néphrotomie, quelques heureuses modifications, que je crois utile de faire connaître. Il apporte aussi une observation nouvelle, et en rappelle une ancienne qui m'avait échappé.

Voici en quoi consistent les modifications dont je parle : M. Torrès fait les premières incisions en suivant la méthode indiquée par Rayer, mais, une fois arrivé sur le rein, il pénètre dans cet organe avec un instrument particulier, qu'il a imaginé, auquel il adonné le nom de néphrolithotome. C'est une sorte de litholome caché à deux branches, mais plus long que celui-ci, dont les branches peuvent s'écarter dans un espace de 8 centimètres de plus que celles du lithotome ordinaire. La tige centrale est percée d'un canal qui traverse le manche de

l'instrument, et aboutit à un robinet mobile. Dans ce canal, représentant la canule d'un trocart, on peut introduire une longue pointe d'acier.

Lorsque l'opérateur a découvert le rein il fait pénétrer cet instrument dans son tissu, par une ponction qui est d'abord exploratrice. Si on a affaire à une collection purulente ou séreuse, on peut obtenir l'écoulement du liquide par le canal du népbrolithotome ; si la pointe d'acier rencontre un calcul, le diagnostic est assuré, et on ouvre le rein en retirant l'instrument, après avoir fait saillir ses branches dans une mesure convenable.

M. Torrès a cherché à utiliser aussi pour la néphrotomie les propriétés hémostatiques du thermo-cautère Paquelin. Pour cela il a fait construire un instrument, ayant la figure d'une pince à pansement, formé de deux branches creuses terminées par des lames de platine. Chacune d'elles correspond avec un tube flexible se rendant à un insufflateur commun. On obtient l'incandescence du platine par le moyen ordinaire. Cette sorte de pince est introduite fermée, et on la retire en écartant ses branches.

Dans ses essais sur le cadavre, l'auteur s'est assuré que l'emploi de ces instruments facilite l'opération de la néphrotomie, et que leurs manœuvres ont une grande précision.

M- Torrès a encore proposé, pour atteindre et extraire les calculs engagés dans l'uretère, une pince fine, dont un des moi's seulement est mobile à son extrémité, l'autre restant fixe. Cette pince, semblable à celle de MM. Robert et GoUin pour l'extraction des corps étrangers de l'œsophage, peut servir tout à la fois à l'exploration et à l'extraction.

Voici à présent les observations. Le docteur Miquel (d'Amboise) fut appelé à donner ses soins à un homme de cinquante-deux ans, atteint de néphrite calculeuse, à droite. La maladie s'était manifestée par ses symptômes ordinaires ; le patient était en proie aux plus violentes douleurs, il semblait voué à une mort certaine avant qu'il fût longtemps ; il demandait à être soulagé par un moyen quelconque. M. Miquel se décida à se frayer un passage jusqu'au rein, et à extraire le calcul -qu'il renfermait. 11 fit une application de caustique de Vienne, longue de 6 centimètres, juste en dehors de la masse commune aux muscles sacro-lombaire et long dorsal, à partir du bord de la dernière faussecôte. Puis, tous les deux jours, il pratiqua une nouvelle cautérisation, précédée de l'incision du tissu cautérisé. Après vingt ou trente jours environ, le doigt introduit à travers la plaie faite par les caustiques put reconnaître la présence d'un calcul. Je dis environ, parce que dans l'observation de M. Miquel quelques dates manquent. Le chirurgien fit glisser un lithotriteur sur le calcul , le brisa, et en retira des fragments. Dans deux ou trois séances successives, le lithotriteur et les tenettes firent l'extraction de nombreux morceaux de calculs et de beaucoup de sable. Des injections pratiquées journellement amenaient un détritus composé de fragments de gravier et de parcelles de tissu organique.

Au cours du traitement, le malade, très-affaibli, fut atteint d'une pleuropneumonie, à laquelle il succomba en trente-six heures.

L'autopsie démontra que ni le péritoine ni aucun des organes abdommaux n'étaient enflammés. Mais le rein renfermait encore un bon nombz'e de calculs et de fragments de calculs, et sa substance était profondément altérée {Tribut à la chirurgie pratique du vétéran de l'école Bretonneau, par Jean Félix Miquel (de Tours, autrefois d'Amboise). Tours. Impr. et libr. E. Mazereau, 1870). Dans l'autre observation, il s'agit d'une femme de quarante-quatre ans,

portant une tumeur volumineuse au côté droit du ventre, au niveau de la Ibsse iliacjuc. La patiente était très-affaiblie. M. Callender diagnostiqua un calcul rénal. L'opération de la néphrotomie fut décidée. M. Callender la pratiqua le 23 juin par l'instrument tranchant. Quand le rein fut ouvert il en sortit un énorme flot de pus. On sentit un calcul, qu'on pijt extraire après l'avoir brisé. L'opérée mourut le 26 juin [Saint-Bar Iholom. Hospital Reports, vol. IX).

La lecture de l'observation de M. Miquel justifie les sages réserves que l'on doit faire à projjos de l'opération de la néphrotomie. Ce chirurgien a pu arriver jusqu'aux calculs que renfermait le rein, mais ces calculs étaient volumineux, disposés en branches de corail, avec des rameaux pénétrant dans les anfractuosités du rein, adhérents à son tissu. Leur extraction a été fort difficile; on a dii les briser, et, malgré cinq ou six séances de recherches, on ne les avait pas tous retirés quand le malade a succombé. En revanche, nous trouvons ici des faits favorables à la néphrotomie : ainsi l'insensibilité qu'a montrée le rein en présence des rudes agressions dont il a été l'objet. Il a été ouvert impunément pendant plus de six semaines ; pendant ce temps il a été cautérisé et a subi des manœuvres de tous genres. Cependant l'autopsie a permis de constater qu'il n'était pas endammé, et que les altérations dont son tissu était le siège, par leurs formes chroniques, paraissaient devoir être attribuées à la présence ancienne des calculs, et non à l'injure récente de l'opération.

J'ajoute enfin que la connaissance de ces observations m'oblige à coriiger une remarque trop absolue que j'avais cru pouvoir faire, lorsque j'ai dit que : la néplirotoniie proprement dite, ou néphrolithotomie, incision portée sur le tissu du rein, supposé dans son intégrité, pour faire l'extraction d'un calcul, n'a jamais été pratiquée. Cette remarque, qui me paraissait juste, ne l'est plus, ainsi que le démontrent les deux exemples que je viens de citer. Servier.

IVUAIMDLI ou IVHAIVDI. Noms dounés au Brésil à une espèce de poivre que les uns rapportent au P/per adM«cw/n L., d'autres (iu Piper longian, d'autres enfin au Piper caiidatum. C'est sous ce dernier nom que Marcgrav a décrit et figuré la plante [voy. Poivre).

Marcgrav. Brasil, 75. — l'iso\. Brasil, 96. Pl,

A'ICOL. (John-Inglis). Chirurgien écossais de mérite, naquit à Teawig, près de Beauly, le 22 juin 1788. Il commença ses études sous la direction du docteur Kennedy, et les termina à Londres et à Tubingue. C'est dans cette dernière ville qu'il prit son grade de docteur. Il s'établit à Inverness, capitale des llighlands, en 1812. Tout en exerçant la chirurgie avec succès, il se livra avec ardeur à l'étude de la chimie et de l'agriculture, et établit une ferme-modèle à Campûeld ; également passionné pour les arts mécaniques et l'industrie, il prit la direction d'une petite manufacture dont il avait hérité, et, par des transformations successives, en fit l'une des manufactures de laine les plus considérables et les mieux installées du pays. Comme prévôt de la ville d'Inverness pendant plusieurs années, il rendit d'éminents services par les travaux d'assainissement et d'embellissement qu'il fit exécuter. Nicol était en même temps chirurgien au Northern Infirmary et membre du Collège royal des chirurgiens de Londres. Il contribua puissamment à la formation, en 1817, sous le nom de Médical Society of the North, d'une association de médecins et d'hygiénistes, qui devait rendre de signalés services au pays, principalement dans le domaine de l'hygiène publique.

Cet homme savant, actif et laborieux, ce bienfaiteur de l'humanité fut enlevé à ses concitoyens par le choléra, le 26 septembre 1849; rarement homme fut plus regretté; de toute la contrée la population afflua pour l'accompagner à sa dernière demeure.

Nicol a peu écrit ; nous pouvons cependant citer de lui :

I. Notice of Ike Formation of the Me/licol Society of the North. In Edinbun/h Med. a. Surg. Journ., t. XVII, p. 317, 182I. — II. Essay on the Treatinent of Caries, witli Remarks on Diseuses of Bones in gênerai. Ibid., t. XXIX, p. 1, 1828. — III. Case of Recto-vaginal Opening, following lacerated Perineum, siiccessfully trealed bij Opération. Ibid., t. XXX, p. 24, 18^9, 1 pi. — IV. Articles dans Edinbiirgh New Philos. Journal et Dublin Journ. nf Med. a. Chein. Sciences. L. Un.

1%'iERE.iiRERCi (JuAN-EusEBio). Célèbre naturaliste et théologien espagnol du dix-septième siècle, naquit à Madrid en 1595, d'un père Tyrolien et d'une mère Bavaroise. Il fit ses études aux Universités d'Alcalâ et de Salainanque, étudia les lois, la théologie, la philosophie, l'histoire naturelle, les langues grecque et hébraïque, puis entra dans la Compagnie de Jésus et, après avoir terminé ses études, obtint une chaire d'histoire naturelle et de philosophie à l'Académie royale de Madrid. Nieremberg est mort à Madrid, le 7 avril 1658.

Il a écrit un nombre prodigieux d'ouvrages, surtout théologiques, mystiques, politiques ou pliilosophiques ; nous ne citerons ici que ses ouvrages ayant trait à l'histoire naturelle et à la physiologie, où il excellait pour son temps.

l. Joannis Eusebii Nierembergii Matrilensis ex socielate Jesu, in Academia rcgia Matritensi physiologiœ profcssoris, historia naturce maxime peregrince, libri XVI distincta; in quibus rarissima naturœ arcana, etiam aslrononiica et ignota Indiarum animalia. quadrupèdes, aves, pisces, 7-eptilia, insecta, zoophyta,j)l(inlœ,metalla, lapides, et alia mineralia, fluviovumque et elementorum conditiones, cliam cuni proprietalibus medicinalibus, describunlur ; novœ et cuiiosissitnœ qucestiones disputantur : ac plura sacrœ Scripturœ loca erudile enotanlur. Accedunt de miris et miraculosis naturis in Europa libri duo idem de iisdcm in terra Hebrteis promissa liber unus. Antverpiœ, 1635, in-fol. — II. Curiosa filosofia y lesoro de maravillos de la naturalezza, examiriadas en varias cuestiones naturales : contiene historias muy notable : averiguanse secrelos y problemas de la naluraleza con filosofia nueva : esplicanse lugares dificullosos de Escrilura ; obra muy Mil, no solo para los curiosos, sino dodos escrilurarios, filusofos y medicos. Madrid, 1643, in-S". — III. Ociilta filosofia de la simpatia y antipalia de las cosas, artificio de la naturaleza y noticia natural del mundo. Segunda parte de la curiosa filosofia. Contiene hislorias notables, averiguanse muclios secrètes y problemas de la naturaleza, etc., etc. Madrid, 1643, in-8°. L. Hn.

1%'IETO (Bl'.s-Martinez). Médecin espagnol du dix- septième siècle, fit ses études à l'Université d'Alcalâ de Henares, sous la direction d'Enriquez de Villacortaet de Ribas del Castillo; il y prit son grade de docteur et obtint par la suite la première chaire de médecine; plus tard, il fut médecin des villes de Belinchon, Uceda, Santa-Cruz de la Zarzaet Chinchon. Il est l'auteur de quelques ouvrages qui ont joui d'une certaine notoriété.

I. Disrursos sobre la naturaleza, condicion, preservacion, causas, senales y curacion para el contagio de peste, que hoy padecen las ciudades de Cartagena, Murcia y Totana. Madrid, 1677, iii-4°. — II. Diseurso brève sobre la naturaleza, condicion, preservacion, causas, senales, pron6sticos,'jcuracion y reglas générales para cualquier conlagio de peste é infeccion tnaligna. Madrid, 1679, in-4°. — III. Consulta que se hizo para el conocimiento del achaque que padece Doha Josefa Lopez Alamo, vecina de la villa de Colmenan de Oreja. Madrid, 1679, in-4°. L. H-f.

KISSOLE (les deux).

IVissole (Guillaume). Naquit à Montpellier le 19 avril 1647. Son père, Jean

Nissole, était un habile chirurgien et célèbre par la charge d'anatomiste royal dans la Facullé de médecine de Montpellier. Guillaume, après avoir fait ses premières études au collège des jésuites, se décida pour la médecine; il ût de rapides progrès dans cette branche et, une fois reçu docteur avec distinction, il se rendit à Paris pour se perlectionner dans son art, et trois ans plus tard revint à Montpellier, où il allait mettre à profit la somme considérable de connaissances qu'il avait acquises, el se fit en peu de temps la réputation d'un habile médecin. En 1673, la mort de Louis de Solignac, professeur à la Faculté de Montpellier, laissa vacante une chaire de médecine, que Nissole brigua; mais, bien qu'il se fût particulièrement distingué dans le concours ouvert pour cette chaire, il ne fut pas nommé ; le possesseur de la chaire fut Amé Durant que de Solignac avait nommé pour son survivancier, en vertu du brevet qu'il avait obtenu en date du 21 janvier 1665.

(( Il connaissait particulièrement l'économie animale dans un temps où l'anatomie des animaux de toute espèce n'avait point encore été portée au degré de précision où nous la voyons aujourd'hui. Mais il avait la science de son temps; et parfaitement soumis à l'autorité des Grecs, des Latins et des Arabes, il aurait cru manquer à son devoir, s'il se fût écarté de la loi établie dans les écoles de médecine. Plein de respect pour les décisions des Anciens, il se conduisit suivant leurs principes dans la visite des malades ; il ne tarda cependant point à sentir que ces principes lui manquaient souvent dans l'application, lorsqu'il avait à traiter certaines espèces de maladies. Pour remédier à cet inconvénient, il se livra à l'étude même de la natui-e, et... voulut tout voir, tout examiner par lui-même » (Eloy). Il prit tant de goût à ces nouvelles études, qu'il finit par abandonner complètement la pratique médicale, pour se livrer exclusivement à l'histoire naturelle, principalement à la botanique.

Nissole a acquis une célébrité universelle par le grand nombre de plantes qu'il a découvertes et décrites. Il avait projeté d'établir un catalogue complet de toutes les plantes du Languedoc, enrichi de la description de toutes les curiosilés naturelles qu'il avait pu remarquer dans ses voyages; mais cet ouvrage resta inachevé. Il a pour titre : Appendix ad Botanicon Monspeliense Magnolii^ L'Académie de Montpellier, créée par Louis XIV, en 1706, et où Nissole était entré comme membre associé dès son établissement, conserve dans ses Mémoires beaucoup de descriptions de plantes faites par lui, comme celles des Ricinoïdes, de rAhjpum monspelianum^ de V Arachnoïdes americana, du Phaseolus indiens, du Licffa arabum, etc., etc. Tournefort a créé en son honneur le genre Nissolia. Ce savant botaniste est mort vers 1734, âgé d'environ quatre-vingt-sept ans, laissant :

I. Etablissement de quelques nouveaux genres de plantes [Coriaria, Jasminoïdes, Ficoïdea et Pai'theniastrum). In Méin de VAcad. des se., 1711. — II. Description du Ricinoïdes, ex cjuâ paratur Tournesol Gallorum, Inst. Rei Herb. App. 565, et de l'A ly puni monspelianiim, sive Frutex terribilis, Joan. Bauli. I. 598. Ibid., 1714. — IV. Arachidnoides americana; Arachidna quadrifolia villosa, fl. luteo, nov. plant. Americ. gen. Plum. 49. Pistache du Tertre, 2, 121, Manobi. Labat. 4, 59. Ibid., 1723. — V. Phaseolus peregrinus, flore roseOy seniine tomentoso, Phaseolus Indiens, hederce folio anguloso, semine oblongo, lanuginoso. Raii Hist. 3 tom., 458. Ibid., 1750. L. Hn.

Mssole (Pierre). Frère du précédent, naquit comme lui à Montpellier, le 8 mars 1656. Après avoir fait ses humanités, il s'adonna à l'étude de la chirurgie, dans laquelle il fit de rapides progrès, sous la direction de son père, à tel point qu'à l'âge de vingt ans il jouissait déjà de toute la confiance du public.

Mais à ce moment les nouvelles doctrines commençaient à prévaloir; quoique appartenant à l'ancienne école, le père de notre chirurgien , désirant lui laisser toute liberté, l'envoya à Paris pour y terminer ses études. 11 continua à travailler sous les meilleurs maîtres de la capitale, se livra avec ardeur à la dissection, et quand il revint à Montpellier il fut digne à tout égard d'occuper la place d'anatomiste royal de la Faculté de médecine, dont il obtint les provisions en survivance en février 1681, et dont son père avait été pourvu dès 1656.

Gauteron parle avec grand éloge des débuts de Nissolo : « Les premières démonstrations que Nissole fit à son retour de Paris, dit-il, furent du goût de tout le monde. Les injections et le microscope firent voir des organes qui se dérobent d'ordinaire à la vue. Toutes les parties du corps de l'homme, de même que celles des autres animaux, eurent une fonction démontrée par leur mécanisme, et l'on vit dans l'amphithéâtre d'anatomie la nature plus à découvert qu'elle n'y avait encore paru... »

Mais Nissole ne tut pas seulement un excellent anatomiste, mais encore un habile chirurgien. 11 occupa, à partir de 1718, la place d'anatomiste dans l'Académie de Montpellier, et publia plusieurs observations de chirurgie dans les mémoires de celte société.

Il mourut d'une pneumonie le 4 avril 1726, à l'âge de soixante-dix ans, regretté de tous ses collègues. L. HiN.

IV'ISSOLIA, Jacquin. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille desLégumineuses-Papilionacées. La seule espèce intéressante est le Nis~ solia ferruginea Wild {Nissolia quinata, Aublet), qui croît sur les bords des rivières de la Guyane. C'est un arbrisseau grimpant, à feuilles pinnées, composées de sept à onze folioles oblongues mucronées, couvertes en dessous d'un duvet couleur de rouille : les fleurs sont papilionacées, à étamines monadelphes; le légume est monosperme, indéhiscent.

Le tronc de la plante laisse exsuder une gomme rouge transparente, d'une saveur fort astringente, qui pourrait êti'e employée comme kino.

Le mot de Nissolia a été appliqué comme nom spécifique à une Gesse {Lalhyrus), mais qui n'a pas d'utilité.

Linné. Gênera, 853. — Jacquis. Americ. 198. — Aublet. Plantes de la Guyane. II, p. 743, tab. 297. — De Candolle. Prodromus. II, p. 258. Pl.

AOBEL (Jean). Nobel est l'anagramme de Le Bon, et le pseudonyme sous lequel se cachait le médecin du cardinal de Guise. Son vrai nom ayant été omis à la lettre L, nous dirons ici deux mots de ce personnage qu'on désignait encore quelquefois par le nom de Probus. Il est né au commencement du seizième siècle à Autreville (Vosges), et a passé une partie de sa vie à Chaumont-en-Bassigny. Comme médecin, il a publié un traité intitulé : Thcerapin puerperarum, 1554, in-16, un traité sur les bains de Bourbonne, et un autre sur les bains de Plombières ; il a en outre traduit et commenté quelques écrits de Galien, mais il s'est plus occupé de littérature que de médecine et a eu maille à partir avec les poètes de son temps. D.

]\-OEL (Les).

iXoël (Joseph). Né le 6 janvier 1753 à Bayon, en Lorraine, était fils d'un médecin renommé du pays. Il fit ses premières études au collège de Nancy, oià

il prit le grade de docteur eu philosophie. Sur le conseil de son père, il étudia ensuite, tout d'abord, la chirurgie, puis la médecine, sous la direction de Jadelot, et enfin se rendit à Paris pour suivre les leçons de Louis Chopart et de Desault. 11 concourut pour l'école pratique, et, dans cette place, il fit des progrès rapides sous les maîtres célèbres qui composaient l'Académie de chirurgie. Après de tels succès, il revint à l'hôpital de Nancy, où il démontra l'anatomic pendant deux hivers.

Lorsque éclata la guerre avec l'Angleterre, il prit du service dans la chirurgie navale et prit part aux campagnes de 1778 à 1781. En 1782 et 1785, il fut chirurgien en clief de l'armée de terre à la côte de Coromaiidcl et, pendant cette campagne, eut l'occasion de soigner le nabab Hyder-Ali-Khan ; il revint ensuite en France. En juin 1786, il obtint le brevet de chirurgien major du régiment d'Austrasie. Il prit ensuite ses degrés en médecine et reçut le grade de docteur en mars 1789.

De 1792 à 1795 il remplit les fonctions de chirurgien en chef et consultant à l'armée des Alpes et du Jura; de 1794 à 1795 il fut chirurgien en chef à l'armée du Nord, puis, successivement, chirurgien major de l'hôpital de Dunkerque, et chirurgien en chef et professeur de l'hôpital du Val-de-Gràce. C'est à ce moment que Flamant sollicita Noél pour venir à Strasbourg, dont l'école de médecine avait été reorganisée par la loi du 14 frimaire an 111; on lui confia immédiatement la chaire de médecine légale, et quand le premier directeur de la nouvelle école, Lorentz, fut appelé au Conseil de santé des armées, il le remplaça dans les fonctions de directeur, le 14 thermidor an IV. Il conserva ces fondions jusqu'à sa mort, qui arriva en juillet 1808.

Noël avait réuni tous les matériaux d'un traité de médecine légale et était occupé à sa rédaction quand la mort vint interrompre ses travaux. Nous connaissons de lui :

I. Discours à la séance de l'Ecole spéciale de médecine de Strasbourg du I'"' brumaire de l'an X, pour l'ouverture des cours. Strasbourg, an X, in-4''. — II. Notice sur la vie de Jean Hermann. Ibid. — III. Notice sur la vie du citoyen Tourtelle. Ibid. — IV. Plusieurs discours aux séances publiques de l'école de médecine de Strasbourg (an XI, an XIII). L. Hn.

iVoci (Nicolas). Autre chirurgien français, naquit le 27 mai 1746 à Reims. Il fit ses études médicales à Paris et, en 1776, alla servir en qualité de chirurgienmajor sous les drapeaux de Washington, dans l'Amérique du Nord. De retour en France, en 1784, il devint chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Reims en 1785. Après la Révolution, qu'il accueillit avec joie, nous le trouvons, en 1792, à l'armée du Nord, en 1795, au Conseil de santé des armées; il fut chargé, à celte époque, de visiter comme inspecteur général les hôpitaux militaires de la Relgique, de la Bretagne et de la Vendée. En 1795, il revint à Reims, y reprit ses anciennes fonctions et fonda à ses frais une école de médecine gratuite qui subsista jusqu'en 1808, et un jardin botanique.

Noël n'avait pris son grade de docteur en médecine à Paris qu'en 1805, à l'âge de soixante ans. Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1851, il mourut à Reims, le 11 mai 1852.

Noël est connu, dans la science, pour avoir pratiqué la rZejmème périnéorhaphie, couronnée de succès, pour une déchirure ancienne du périnée.

On connaît de lui :

I. Traité historique et pratique de r inoculation. Reims, 1789,in-8°. — II. Anahjsede la médecine et parallèle de cette prétendue science avec la chirurgie. Reims, 1790, in-S». —

ADDENDA. 8rtl

III. Dissertation sur la nécessité de réunir les connaissances médicales et chirurgicales. Paris, 1804, in-8° — IV. Réfutation d'un mémoire sur l'/njgiène publique de Reims. Reims, in-8°. — V. Noël à ses concitoyens. Reims, 1826, in-S". — VI. Observations et ré/lexions sur la réunion de la médecine à la chirurgie. Reims, 1828, in-S". — VII. Observation d'une déchirure complète de la cloison reclo-vaginale du sphincter de l'anus et du périnée. In Ballet, périodiq. de la Soc.de méd. de Paris, t. VII, p. 187, an VIII (1802).

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