‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.66Chapitre 26 sur 47 · IV. Appareil respiratoire · texte numérisé non relu

IV. Appareil respiratoire

n. Larynx, Épiglotte. Coloration plus ou moins foncée de la muqueuse, avec injection plus ou moins considérable du réseau veineux qui la recouvre, 11 renferme un liquide spumeux, blanchâtre.

0, Trachée. Injection, ganglions bronchiques engorgés.

p. Poumons. Volume normal, le plus souvent crépitants, présentant quelques pétéchies et des noyaux d'apoplexie pulmonaire. Les bronches sont parfois engorgées par des mucosités épaisses. Les vaisseaux sont gorgés de sang noir liquide et filant ; on constate aussi de l'engouement en arrière, mais c'est encore probablement un phénomène cadavérique.

Traitement, L'empoisonnement étant bien constaté, la première indication à remplir est de débarrasser l'estomac de son contenu, en administrant de l'émétique à la dose de 5, 10 ou 15 centigrammes, seul ou associé àl ou 2 grammes d'ipécacuanha pulvérisé, ou tout lutre vomitif, à défaut d'émétique. Ce dernier, malgré son action hyposthénisante, doit toujours obtenir la préférence, car son action est sûre et prompte. Pour favoriser le vomissement, on fera boire au malade de la tisane chaude de camomille en quantité suffisante. En attendant les secours plus efficaces, on peut du reste donner de l'huile, du lait, de l'albumine, du savon, etc.

On peut encore conseiller le sel marin à la dose de 50 grammes, comme éméto-cathartique.

Quand le poison a déjà pénétré dans l'intestin grêle, c'est en effet aux émétocathartiques qu'il faut avoir recours; le plus avantageux consiste en une dissolution de 20 centigrammes de tartre stibié et de 60 centigrammes de sulfate de soude ou de magnésie dans un litre d'eau que l'on administre rapidement. Les lavements purgatifs sont également utiles.

Dans les cas où le trismus est très-intense et où il est impossible de desserrer les mâchoires du malade, on fera bien d'avoir recours à la sonde œsophagienne à double courant, introduite par les narines, et de laver copieusement l'estomac avec de l'eau tiède, Anglada, dans son Traité de toxicologie, décrit en détail

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le procédé employé en pareil cas, procédé perfectionné depuis et sur lequel nous n'insisterons pas autrement.

Quant au contre-poison à opposer à l'œnanthe, il est jusqu'à présent inconnu; on peut essayer néanmoins de donner une potion d'iodure de potassium iodurée, ou mieux une solution de tannin ou d'une substance tannifère, pour neutraliser les effets de l'alcaloïde présumable de cette ombellifère.

Une médication spéciale devra s'odresser aux symptômes plus ou moins inquiétants qui caractérisent cet empoisonnement. Ou combattra les accidents convulsifs par des antispasmodiques, les accidents congestifs par la saignée, les troubles circulatoires et respiratoires, l'asphyxie, par les excitants, respiration artificielle, frictions excitantes, vin, alcool, etc ; en cas d'œdème inlense de la glotte, on pratiquera la trachéotomie. Contre l'éruption, on prescrira les bains tièdcs aromatiques, et on saupoudrera les parties enflammées avec de l'amidon, etc. Quant à la stomatite, on la traitera par les moyens ordinaires.

§1Y. Mi'dceîne légale. Comme l'œnanthe n'est plus employée en médecine, On n'a guère lieu d'observer d'empoisonnements dus à l'abus de prépai'ations pharmaceutiques ayant cette plante pour base; c'est à l'imprudence et à l'ignorance qu'il faut rapporter la plupart des faits d'intoxication connus dans la science. En effet, les racines de l'oenanthe safranée, quand elles sont jeunes, ressemblent quelque peu à de gros radis ou à la racine charnue du panais, ou encore à la souche bulbiforme du terre-noix, d'où tant de méprises fatales ; et ces méprises ont lieu aussi bien avec la variété d'œnanthe à tubercules rouges qu'avec la variété à tubercules blancs. La racine de l'œnanthe fistuleuse, également vénéneuse, donne lieu aux mêmes erreurs, et l'on a de plus observé des empoisonnements dus à VOEnanthe apiifolia, dont certains botanistes ne font d'ailleurs qu'une variété de l'œnanthe safranée.

Une autre cause de danger tient à la confusion de VOEnanthe pimpinelloides, dont la racine est comestible, avec ces espèces vénéneuses : aussi les accidents sont-ils fréquents dans les contrées où ces dernières vivent à côté de l'œnanthe pimpinelloïde- Les racines de cette dernière, appelée jouannette à Angers, Méchon à Saumur, Agnotte, Anicot, etc., dans d'autres régions, se vendent même sur les marchés, et après la coupe des foins les enfants vont récolter les tubercules, qui offrent, paraît-il, une saveur de noisette ; ce qui permet de distinguer ces tubercules de ceux de l'œnanthe safranée, c'est leur situation à ras de terre, leur forme ovoïde allongée et le suc blanc, au lieu d'être jaune, qui en découle quand on les coupe. Au contraire, les tubercules de l'œnanthe safranée sont situés profondément et répandent une odeur désagréable. « Quand on se trouve, dit M. Gayet, dans une prairie où croissent généralement ces végétaux, l'odorat est désagréablement affecté par cette odeur nauséeuse, car les feuilles elles-mêmes l'ont à un point ti'ès-développé. » Cependant, d'après certains auteurs, parmi lesquels nous citerons Delioux de Savignac {voy. Ciguë, p. 262), la racine d'œnanthe safranée présente, comme celle de l'œnanthe pimpinelloïde, une saveur douceâtre assez agréable, malgré la mauvaise odeur qu'elle répand, odeur qui disparaît du reste par la dessiccation ; mais, d'après les expériences déjà anciennes de Vacher et les analyses failes depuis, le suc extrait de cette racine, non-seulement offre une odeur désagréable, mais encore un goût particulièrement acre, qu'il communique probablement dans une certaine mesure à la racine fraîche.

ŒNANTHE (médecine légale). 429

L'œnanthe est également très-vénéneuse pour les bœufs et les chevaux; on a surtout observé ce genre d'accidents dans nos provinces de l'Ouest, après le nettoyage et le curage des fossés ou des ruisseaux qui traversent les prairies ; les racines d'œnanthe, mises à nu ou arrachées et abandonnées ainsi, sont mangées par les bestiaux, que leur instinct n'avertit pas du danger; ces animaux périssent après une demi-heure ou une heure dans d'horribles souffrances, grâce aux grandes quantités de racines ordinairement ingérées. Il suffit en efl'êt de 200 à 300 grammes de tubercules d'œnanthe safranée pour faire périr un cheval ou un bœuf. M. Gayet a présenté au sujet de ces accidents regrettables les observations suivantes: « Toute la Bretagne, et surtout les environs de Brest, sont infestés d'œnanthes; il serait prudent, et de première utilité pour les propriétùres et les agriculteurs, d'arracher jusqu'aux dernières racines de cette plante, qui occupe dans les prairies la place de végétaux plus utiles et surtout non toxicjues; d'en faire, dans un endroit de leur propriété, un seul tas, et d'enfouir sous une couche de pierres ces tubercules et ces tiges, qui concourent tous les jours à étouffer et à faire disparaître les plantes fourragères qui les environnent. »

On a observé que les feuilles et les tiges de l'œnanthe safranée ne sont pas luiisibles aux bestiaux qui en mangent; cependant, s'il faut en croire M. Gayet, les tiges renferment également le suc jaune dont est gorgée la racine; peutêtre la nature du sol, les conditions d'humidité ou de sécheresse, etc., exercentelles quelque influence à cet égard. 11 est donc bon de tenir provisoirement les tiges et les feuilles en suspicion et de signaler les méprises auxquelles elles peuvent donner lien. Quand l'œnanthe safranée est jeune, elle a le port du l)ersil, comme du reste un grand nombre d'autres Ombellifères ; quand elle a atteint tout son de'veloppement, elle n'est pas sans analogie avec le céleri ; mais, outre les caractères botaniques qui la distinguent, son odeur particulière, semblable à celle de la racine, la fera aisément reconnaître.

Les empoisonnements criminels au moyen de l'œnanthe paraissent être fort rares. Cependant les habitants des campagnes de l'Ouest ne sont pas sans connaître les propriétés nocives de cette plante, ne fût-ce que par les accidents dont ils sont eux-mêmes victimes ou leurs bestiaux ; sans compter qu'ils s'en servent souvent pour détruire les rats ou les taupes. On cite cependant un cas {Jour, de chim. méd., 1845, p. 535), discuté du reste, d'empoisonnement par l'œnanthe safranée. « En 1844, le sieur Potier, meunier, accusa sa femme... d'avoir commis sur lui une tentative d'empoisonnement à l'aide de la racine d'œnanthe, en faisant entrer dans sa soupe de cette racine; mais il fut mis en garde contre le danger qu'il courait, parce que cette racine n'était pas cuite comme les autres légumes et parce qu'elle est très-âcre. Potier, en déposant sa plainte, remit au juge instructeur des racines semblables à celle qui avait été introduite dans sa soupe ; ces racines furent soumises à l'examen de MM. Malaguti, Pontalié et Toulmouche. M. ïoulmouche, devant la cour, fit connaître que les racines que les experts avaient eues à examiner étaient celles de VŒnanthecrocata... » Delioux de Savignac (art. Ciguë, p. 263) mentionne le même fait, mais exprime l'avis que l'empoisonnement devait être dû à la racine du Cicuta virosa plutôt qu'à celle de l'œnanthe, parce que cette dernière n'offre point d'âcreté au goût. Cette opinion ne nous paraît pas suffisamment justiliée, comme il ressort des observations que nous avons faites plus haut au sujet des propriétés organolepliques de la racine d'œnanthe.

430 (EiNANTIIE (bibliographie).

Eh présence d'un empoisonnement de ce genre, l'expert devra toujours soigneusement examiner les matières vomies, si c'est possible. L'odeur de céleri grillé qu'offre la racine d'œnantlie dans ces conditions le mettra sur la voie si l'empoisonnement est dû à cette plante ; si la mort s'en est suivie, il recherchera les débris restés dans le tube digestif et qui présentent également l'odeur particulière de céleri grillé; il prendra des informations au sujet des plantes vénéneuses qui vivent dans la localité, comparera des échantillons fraîchement cueillis avec les fragments de végétaux provenant du tube digestif. L'alcaloïde de l'œnanthe n'étant pas encore connu, les réactifs chimiques ne lui seront d'aucune utilité dans le cas particulier, sauf, en cas de doute, pour reconnaître la présence ou l'absence de la cicutine ; reclierche parfaitement justifiée par la grande similitude des symptômes dans l'intoxication par la ciguë ou par l'œnanthe. L. 11ah.\.

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• L. Un.

ŒNANTIIOL. 451

(EIVAI«TH1!VE. 31. Fauré a découvert dans les vins de Bordeaux une substance visqueuse, filante, élastique comme du caoutchouc, et d'un blond foncé, à laquelle il attribue la propriété de communiquer à cette boisson l'onctuosité et le velouis des vins du Haut-Médoc. Suivant lui, elle se formerait pendant la fermentation, par une modification de la pectine et du mucilage des raisins,

M. Fauré a appelé cette substance œnantJiine ou /Zewr de vigne pour rappeler sa provenance. Mais l'œnanthine est-elle un principe immédiat, ou une véritable espèce chimique ? Pour résoudre cette question, de nouvelles recherches sont nécessaires. Malacuti.

Œ;i«A\TniQllE (Acide). C"H'*0^ (de otvov, vin, etàv9oç, fleur). Cetacide a été découvert par Liebig et Pelouze, en décomposant l'élher œnanthique, produit naturel du vin, par la potasse ; suivant Laurent, cet acide se forme aussi par l'oxydation de l'acide oléique; on l'obtiendrait sans doute encore par l'oxydation d'autres acides gras analogues à l'acide oléique.

Suivant une observation de Delffs, ce corps serait identique avec l'acide pélargonique, acide que l'on retire de l'huile volatile de géranium {pelargonium roseimi); les principaux caractères et la composition de ces deux acides sont, en effet, les mêmes ; mais sous l'influence de la chaleur l'acide œnanthique se dédouble en eau et acide anhydre, tandis que l'acide pélargonique distille sans décomposition. Donc, il y a là un cas d'isomérisme.

A 13°, 2, l'acide œnanthique est une matière solide, incolore, de consistance butyreuse ; à une température supérieure, il fond en une huile incoloz'e ; il est sans saveur et sans odeur, il rougit le tournesol, se dissout iacilement dans les alcalis caustiques et cai^bonatés, il est soluble dans l'alcool et l'élher. Soumis à la distillation, il donne d'abord un mélange d'eau et d'acide non altéré, puis de l'acide anhydre qui commence à bouillir à 260 degrés; finalement son point d'ébullition s'élève à 295 degrés. Il se colore légèrement; après fusion l'acide anhydre se concrète à 31 degrés. Jusqu'à présent, cet acide et ses sels n'ont aucune importance. Malaguti.

Bibliographie. — Liedig et Pelouze. Anii. cler Chem. und P/im-m., t. XIX, p. 241, 1836. — MuLDER. Pogç/end. Annal., t. XLI, p. 528, et Delffs. Poggeud. Ann., t. LXXXIY, n" 505. — Ann. de chim. et de phijs. (3), t. XXXIV, p. 528. M.

(EiVitivrnoL ou aldéhyde cexaxtbïliql'E. C"H'*0^ L'aldéhyde œnanthylique est isomère avec la butyrone. Elle se produit dans la distillation sèche de l'huile de ricin. Suivant Bertagnini, chimiste, qui a particulièrement étudié cette substance, il convient de procéder ainsi qu'il suit dans la préparation de l'œnanthol. Le produit de la distillation sèche de l'huile de ricin, agité avec une solution de carbonate de potasse, donne un liquide, qui, chauffé jusqu'à l'ébuUition , fournit de l'œnanthol venant nager à la surface sous forme d'une couche huileuse. Cette huile étant traitée par une solution moyennement concentrée de bisulfite de soude, l'œnanthol se dissout et les huiles étrangères restent à l'état insoluble. Par le refroidissement, la solution dépose des cristaux de sulfite-œnanthyl-sodium dont on sépare l'aldéhyde œnanthylique en les décomposant à chaud par de l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique ou sulfurique.

L'œnanthol est un liquide transparent, incolore, très-mobile. Densité 0,827; odeur pénétrante non désagréable; saveur d'abord sucrée, puis acre et pénétrante; bout à 155 degrés; très-peu soluble dans l'eau, se mélange en toutes

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