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Fig. 4. — Œuf de poule. Coupe théorique de l'œuf de la poule, destinée à faciliter la connaissance des relations qui existent entre l'œuf des oiseaux et celui des mammifères. Tous les rapports et les proportions existant daus la nature sont conservés (Gerbe).
Parties de l'œuf qui existaient déjà dans l'ovaire : vg, place de la vésicule germinative qui disparaît dès que l'œuf sort de l'ovaire et n'existe déjà plus avant la ponte. — g, cicatricule, cumulus ou disque proligère où débute la segmentation, qui, avec la couche granuleuse (mg), représente le vitellus des œufs simples, la portion cytogène des œufs composés. — j, le jaune. — j', portion centrale du jaune plus claire et moins grenue que le reste, avec un prolongement cylindrique (latebra) montant jusqu'à la cicatricule (sans que jamais la vésicule germinative ait été centrale, puis ait remonté jusqu'à la cicatricule), — mv, zone transparente immédiatement appliquée sur toute la portion cytogène du vitellus, cicatricule et couche granuleuse, et distendue comme celles-ci, par la formation du jaune (j).
Parties adventives dont s'entoure l'œuf en descendant l'oviducte : ch, chalazes ou portions tordues par la rotation de l'œuf dans l'oviducte et s'y entourant d'une première couche de mucus ou blanc d'œuf. — b" , h', b, couches interne, moyenne et externe du blanc d'œuf, formées à trois époques différentes du trajet de l'œuf dans l'oviducte. — me' , feuillet interne de la membrane coquillére. — me, feuUet externe de la même membrane fibrillaire réticulée. — a, chambre à air du gros bout de l'œuf formée par écartement de ces deux membranes. — c, coquille formée de granules calcaires à stries diversement rayonnantes et diversement agglutinées, laissant entre eux de fins canalicules ramifiés.
formées par l'oviducte (fig. 4), qu'elles soient ou non embryotrophes ou simplement protectrices, ne sont jamais cytogènes, ne s'individualisent pas en cellules, ne prennent aucune part directe à la formation cellulaire du blastoderme.
III. De l'œuf succédant à Tovule des mammifëres. Nous avonS VU dans
574 ŒUF (anatomie et physiologie).
les articles Fécondation (p. 385 et siiiv.) et Génération (§§11 et 111) comment après la fécondation naissent les globules polaires et le pronucleus. Nous avons vu comment la genèse de celui-ci est suivie de la segmentation de tout le vitellus (ou de sa portion cytogène seulement suivant les cas), qui a pour conséquence physiologique Y individvalisation de ce vitellus en cellules. Ces cellules demeurent juxtaposées avec pression réciproque qui les amène à la forme polyédrique : elles se superposent en même temps en un feuillet externe ou ectoderme, puis peu après en un second, interne ou endoderme, tapissant la face profonde du premier. A partir du pôle correspondant au point où se sont formés et détachés les globules polaires, des cellules restées accumulées là en petit nombre se multiplient un peu plus tard par continuation de la segmentation; elles gagnent entre les deux feuillets cellulaires précédents auxquels elles s'interposent en formant un troisième feuillet, intermédiaire, moyen ou mésoderme.
Les premières cellules qui sur une seule rangée se juxtaposent en feuillet externe ou ectoderme sont inévitablement appliquées contre la face interne de la zone transparente qu'elles doublent en quelque sorte; de telle manière que ce feuillet, puis les autres consécutivement, reproduisent la forme qu'avait l'ovule avant la fécondation et jusqu'à la présente époque. C'est ce feuillet qui va remplacer la zone transparente ou enveloppe externe de Vovule, pour former par la plus grande partie de son étendue la membrane extérieure de Vœiif. Les cellules de ce feuillet ont et conservent partout les caractères de cellules épithéliales polyédriques de la manière la plus nette. Leur multiplication par continuation de la scission sur telles ou telles, ou sur toutes, à mesure qu'elles grandissent individuellement, se prête à l'agrandissement graduel du feuillet même.
Les cellules du feuillet qui, se développant ensuite, tapisse d'abord la face interne du précédent, ont aussi le caractère d'épithéliums polyédriques. Ce feuillet du reste demeure toujours le piUs interne des trois et limite au centre de l'œuf une petite cavité pleine de liquide (voy. p. 575).
Le feuillet qui en dernier heu s'interpose à l'externe et à l'interne comme intermédiaire est composé de cellules qui n'ont pas le caractère épithélial et qui disposées d'abord sur une seule rangée en forment peu à peu plusieurs, le rendant de plus en plus épais.
La superposition de ces feuillets pluri-cellulaires successivement développés en quelques heures constitue à la face interne de la zone transparente protectrice une vésicule tridermique , le blastoderme ou vésicule blastodermique.
Dès à présent on peut supposer une suppression de la paroi ou zone transparente extérieure de l'ovule, sans qu'il y ait destruction de l'état vésiculeux de celui-ci, sans que l'œuf cesse de constituer une vésicule close. Cette disparition de la zone transparente protectrice a lieu en effet quelques jours plus tard et le plus externe des feuillets pluri-cellulaires indiqués plus haut devient dès lors la m,embrane extérieure ou enveloppante, qu'on retrouve toujours ensuite sous le nom de chorion qui seul devient villeux {voy. fig. 5).
Mais ce n'est pas tout l'ectoderme qui devient ainsi le chorion, avant cette résorption de la zone transparente qui le laisse à nu, on voit, en effet, une portion de l'ectoderme, correspondant à la partie embryogène proprement dite du blastoderme, et la portion qui l'entoure immédiatement, dite amniotique, s'enfoncer en quelque sorte du côté du centre de l'œuf et laisser recouvrir
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là, jusqu'à occlusion complète {voy. Système, § lll), leur partie dorsale ou postérieure par ce qui formera ce chorion (fig. 5). D'après l'ordre de leur superposition chacun de ces feuillets s'appelle externe (ectoderme, feuillet séreux, animal, etc ), interne (endoderme, feuillet intestinal, muqueux, etc.), et moyen ou intermédiaire (mésoderme, mésoblaste, vasculo-moteur, etc.).
On voit donc comment la vésicule blastodermique ou blastoderme tridermique reproduit nécessairement la forme même de l'œuf unicellulaire dont il provient, mais parfois au début seulement ; comment le blastoderme par son développement pluri-cellulaire progressif incessant se substitue à laxone transparente (à tort dite membrane vitelline, comme on l'a vu) dont il détermine graduellement l'atrophie ou la rupture et l'expulsion, après s'être appliqué et moulé en quelque sorte contre sa face interne [voy. Blastoderme), sans que cette zone se charge de villosités, contrairement à ce que divers auteurs ont admis autrefois {voy. Membranes, p. 447) ; sans qu'elle mérite par conséquent le nom de chorion {premier chorion) qui lui a aussi été donné {voy. Chorion).
Il n'y a pas lieu de revenir ici sur la description des phases du phénomène physiologique dont l'accomplissement a pour résultat, à l'aide et aux dépens du vitellus demi-solide, partie essentielle de l'œuf ou cellule ovukire fécondé, la production d'une vésicule composée successivement d'un, de deux, puis de trois feuillets, tous multicellulaires, dits feuillets du blastoderme ou blastodermiqucs; production graduelle s'accomplissant de telle sorte que l'ovule ayant ou non grandi, suivant les espèces, ne cesse pas d'ètie clos et à l'état d'œuf (fig. 5AetB), au point de vue morphologique. Pourtant sa structure est devenue telle que, sous ce rapport, plus rien n'appartient aux parents, aux antécédents, dont le vitellus provenait matériellement. En dehors des cas de la persistance d'une portion embryotrophe préexistante, le jaune, tout est bien structuralement au nouvel individu qu'il représente déjà {voy. p. 575).
C'est ainsi qu'à la place du vitellus on trouve bientôt après la fécondation sous forme cellulaire, dans l'œuf, tout ce qui constituera, ou ce dont viendront, le nouvel être et ses enveloppes en même temps ou membranes protectrices et puisant des principes nutritifs.
D'origine épithéliale , embryogéniquement parlant , le vitellus retourne d'abord par segmentation à l'état épithélial principalement, en donnant deux feuillets cellulaires épithéliaux, sur trois qui en proviennent. Mais graduellement ce qui est principal ici devient accessoire, le feuillet intermédiaire non épithélial prédominant de plus en plus et devenant beaucoup plus épais, pendant que les deux premiers conservent ou à peu près leur minceur originelle.
Encore une fois, l'ovule devient œuf à la période évolutive qui correspond à ces importants changements de structure et de nature, faisant sans hiatus ni interruption, à l'aide et aux dépens de ce qui vient des antécédents, un nouvel individu ou conséquent. Dans les mammifères et autres, Vovule devient œuf de la sorte, dans le sens employé en ovologie humaine et même en embryogénie ; quant aux œufs à embryotrophe et à parties enveloppantes relativement accessoires (albumen ou blanc et coque), Vovule prend empiriquement le nom d'œuf dès la période d'accroissement dans l'ovaire oîi la formation centrale du jaune le rend visible à l'œil nu.
Chez les mammifères c'est dans le jour et aux heures qui suivent l'entrée de l'ovule dans la cavité utérine que l'ovule devient œuf, ou au point de vue cmbryogénique devient blastoderme {voy. Blastoderme).
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Chez les lapines, qui comptent parmi les mammifères les plus précoces à cet
égard, c'est vers la fin du quatrième jour après la copulation que l'ectoderme (fig. 5 , e) tapissant complètement la face interne de la zone transparente {v) en détermine bientôt l'atrophie, puis fait disparaître les couches minces du mucus dont cette zone s'était entourée pendant la descente de l'ovule dans la trompe.
Sur les cobayes les ovules arrivent dans la cavité utérine le troisième ou le quatrième jour après la fécondation. Ils y restent libres jusqu'au sixième jour, qui est celui auquel ils se lixent, ajant deux dixièmes de millimètres et sans s'accroître sensiblement avant ce moment-là. Leur fixation (qui n'est pas encore celle qui a lieu lors de la production des villosités choriales) se fait de la manière suivante (Reichert) : Au point que touche l'œuf sur le bord mésentérique ou adhérent de la matrice, l'épithélium, multipliant ses larges cellules polygonales, se soulève en une sorte d'ampoule sous forme de tube cylindrique épithélial ou (dit ici capsule épithéliale ou caduque réfléchie). Ce cylindre creux soulève l'ovule en le portant à son extrémité, jusqu'à ce qu'il arrive à toucher la muqueuse utérine sur le point directement opposé et bientôt sur une étendue graduellement de plus en plus grande, puis à lui adhérer par contiguïté.
Ce tube épithélial creux sera rempli plus tard par l'épaississement de la muqueuse utérine correspondant à sa base qui formera le placenta maternel, d'une part, et de l'autre par l'allantoïde.
Pig. 5. — Schéma du déyeloppement de l'amnios, de la vésicule ombilicale, du chorion et de l'allanloïde.
A, B, C. — V, zone transparente. — e, feuillet externe du blastoderme qui, en c' et en f, concourt à la formation des capuchons céphaliques et caudaux, et du chorion en e. — e' embryon. — i, feuillet interne ou muqueux du blastoderme. — i', partie de ce feuillet qui concourt au développement de l'intestin.
C. — a, allantoïde à son origine. — o, vésicule ombilicale constituée par la partie du feuillet muqueux (t) qui n'a pas concouru à la formation de l'intestin. — p, pédicule de la vésicule ombilicale. — e, portion extra-embryonnaire de l'ectoderme ou feuillet externe devenant le chorion, qui se chargera de villosités plus tard. — Sur ces figures, la portion embryogéne du blastoderme, celle qui devient l'embryon (e'j, se distingue de plus en plus nettement de sa portion extra-embryonnaire [d , e, c) formant les organes transitoires amnios, chorion et vésicule ombilicale — c, c', reploiement circulaire de l'ectoderme derrière l'embryon arrivant jusqu'à nouvelle occlusion de l'œuf (voy. fig. 6).
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Son épaisseur reste de 2 à 3 dixièmes de millimètres, sa longueur totale atteint 3 à 4 millimètres ; son développement est rapide. Son extrémité libre, soulevant l'œuf, le coiffe et l'entoure bientôt d'une couche épilliéliale, comme le bout d'un doigt de gant vide qu'on renfoncerait, ou, si l'on veut, comme on suppose que l'ovule humain est enchâssé parla caduque réfléchie ou ovulaire de la femme. Seulement, sur le cobaye, l'ovule est au sommet de la tige ou cylindre épitlitlial qui en s'allongeant se porte vers la face opposée de la muqueuse utérine qu'il touche vers le huitième ou le neuvième jour après la fécondation.
Bien qu'on ne l'ait pas encore constaté directement, il est probable, d'après les dispositions plus tardives prises par l'œuf daus la matrice, que chez d'autres mammifères un soulèvement épithélial circulaire a lieu autour de l'œuf et le retient d'abord ainsi, sans aller comme chez le cobaye à constituer un cylindre épithélial creux ou tige, dont le sommet ou portion terminale embrasse seul l'ovule (Reichert, Contribut. à V étude du développement du cochon d'Inde, ivaà. parCampana, Journ. deVanal. et delà physiol. Paris, 1865, p. 102).
Quoi qu'il en soit, à compter du neuvième jour la muqueuse même, dans sa portion correspondant à la base de la tige épithéliale, se congestionne, rougit, s'épaissit, sous forme de deux végétations. Elles s'étalent et diminuent la capacité de la tige creuse proportionnellement à leur propre accroissement. Elles représentent les rudiments de ce qui sera le placenta maternel et arrivent à combler la tige creuse vers le troisième jour, jusqu'à contact et adhérence de contiguïté avec l'œuf ou mieux l'allantoïde venant de celui-ci. Le cylindre ou capsule d'épithélium une fois comblé par ces productions ou placenta maternels de la muqueuse sous-jacente disparaît ensuite, quand ces adhérences sont établies. Nous retrouverons du reste dans tous les mammifères ce même mécanisme des adhérences par contiguïté de l'œuf, de son chorion et de ses villosités, avec la muqueuse utérine en voie de vascularisation et d'épaississement.
Dès la disparition de la zone transparente et des couches de mucus qui l'enveloppent, chez les autres mammifères le feuillet externe du blastoderme, l'ectodcrme multicellulaire se trouve être la portion de l'œuf qui seule devient et reste conliguë à la muqueuse utérine ; contiguïté dont il y aura lieu plus tard d'étudier les modes anatomiques et physiologiques. Dès qu'elle survient, en effet, le blastoderme non-seulement continue à grandir par suite de la multiplication progessive de ses cellules, mais encore se distend à proprement parler.
De là une augmentation graduelle, mais rapide, du volume de l'ovule devenu œuf; celui-ci à cette époque, le lendemain de son arrivée dans l'utérus, acquiert un diamètre d'un demi-millimètre, alors que, suivant les espèces, il était de 1, 2, ou au plus 5 dixièmes de millimètre. Chaque jour ensuite le montre avec un diamètre un peu plus grand sans temps d'arrêt quelconque à l'état normal. Ce n'est que dans les jours ou dans les semaines qui suivent cette substitution à une enveloppe produite par la mère (v) d'une enveloppe appartenant au nouvel individu (e) et formée en même temps que ses premiers rudiments mêmes (e') que l'œuf, au lieu de conserver la forme sphérique originelle, en prend une plus ou moins ovoïde suivant les dispositions de l'utérus des mammifères qu'on observe.
Signalons dès à présent que ce qui constitue cet œuf, le blastoderme^ a pour contenu de son ieuillet interne particulièrement (i) ce qui bientôt sera le contenu Dicr. ENc. 2° s. XIV. 57
^'8 ŒUF (anatomie et physiologie).
de la vésicule ombilicale (fig. 5, o). Dès son achèvement la vésicule Uastodermique montre une portion embryogène (aire ou tache embryonnaire; fig. 5, A, ie et B, ce') et une portion non embryogène, extra ou péri-emhryonnaire.
Fig. 6. — Figures schématiques de la délimitation morphologique du blastoderme de l'embryon et des organes transitoires ou caducs extra-embryonnaires (Liégeois).
c, c', m, dans la figure A, représentent l'amnios, dont les bords ne sont pas encore soudés derrière le ; dos de l'embryon. Dans la figure B, l'occlusion a eu lieu et celte membrane est fermée de toutes parts. — e', embryon. — (', intestin. — p, pédicule de la vésicule ombilicale, ou conduit vitellointestinal : la ligne qui se trouve à la partie inférieure de ce conduit correspond à l'ombilic intestinal. — r.'pédicule de l'allantoïde. — n, origine de cette vésicule à la partie inférieure de l'intestin. — a, a', de la figure A, représentent les deux extrémités ou bords de l'allantoïde étalés, allant à la rencontre l'une de l'autre. — a, de la figure B, représente l'allantoïde entourant l'œuf de toutes parts, et placée entre l'amnios et la vésicule ombilicale (i) d'une part, le feuillet externe de l'autre (e). — e, feuillet blastodermiiiue externe devenant le choiion, muni en B, q, de villosilé? dans lesquelles pénètre un prolongement de l'allantoïde, — v, la zone transparente, enveloppe temporaire de l'œuf qui disparail'après que les villosités chorjales se sont constituées. — o, i, vésicule ombilicale. — ce', point de rencontre des capuchons amniotiques bientôt soudés, formant ce que quelques auteurs ont appelé ombilic amniotique. L'amnios [m) se sépare alors du chorion (e).
Dès l'origine, et toujours ensuite, cette dernière portion est de beaucoup la plus étendue des deux, en surface du moins. 11 en est de même des organes ou
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parties transitoires de l'œuf qui en dérivent. Or ce sont précisément ces parties constituantes de l'œuf dont la nature et les dispositions anatomiques doivent ici fixer particulièrement notre attention. Elles gagnent en étendue superficielle en restant minces et membraneuses, tandis que dans l'aire embryogène le mésoderme devient graduellement de plus en plus épais. De lui proviennent les nombreuses espèces d'éléments ou unités anatomiques de nos tissus, des organes définitifs et permanents constituant essentiellement le corps de l'embryon, du fœtus, du nouvel être. L'ectoderme et l'endoderme correspondant restent au contraire ici à l'état de minces couches superficielles externes et internes.
Bien que dans l'œuf les feuillets blastodermiques externe et interne soient clos et développés avant le moyen ou mésoderme, le blastoderme ou vésicule blastodermique est bientôt composé de trois feuillets; il est tri-dermique dans toute son étendue, dans sa portion extra-embryonnaire comme dans l'autre, ainsi que nous l'avons déjà noté. Ce mésoderme, en un mot, s'avance entre les deux autres feuillets sur toute leur étendue, avant toute délimitation évolutive ultérieure des organes propres ou permanents de l'embryon et de ses organes extérieurs ou transitoires, le chorion, l'amnios et la vésicule ombilicale (fig. 6).
Lors de l'apparition de ces organes transitoires ou caducs, aucun des trois feuillets blastodermiques ne prend seul part à leur formation ; aucun ne s'isole absolument de celui auquel il est accolé pour former à lui seul l'amnios, par exemple, ou le chorion, etc.
En un mot, tous ces derniers dès l'origine sont à la fois ectodermiques et mésodermiques ou endodermiques et mésodermiques ; mais le mésoderrae, couche commune, n'entre du reste que comme doublure anatomique accessoire en quelque sorte dans leur constitution.
Le dédoublement du mésoderme qui donne lieu à sa division en lame fibrocutanée d'une part, fibro-inteslinale et vasculaire de l'autre, avec formation de la cavité' pleuro-péritonéale ou coelome entre elles deux, ne s'arrête pas à la portion embryogène du blastoderme. 11 s'étend à la portion extra-embryonnaire, mais sans que là se forme l'épithélium mince des séreuses. L'allantoïde occupe et comble bientôt cette cavité vii cuelle entre : l" l'ectoderme et le dédoublement mésodermique qui lui adhère {somatopleure de quelques auteurs (fig. G, e), d'une part ; '2° l'endoderme et la lame mésodermique correspondante, d'autre part {splanchnopleure, fig. 6, i), c'est-à-dire entre la vésicule ombilicale (o) et le chorion (e) ; cavité qui , lorsque de virtuelle elle devient réelle par écartement des parois, reste traversée par des filaments allant de l'une à l'autre de ces parois {voy. p. 592); cavité, en un mot, qui n'est pas à parois lisses comme le sont le péritoine et la plèvre.
Notons avant d'aller plus loin que Vallanldide [voy. ce mot), bien qu'organe transitoire et caduc de l'embryon comme les précédents, ne provient pas comme eux de la région extra-embryonnaire du blastoderme. Elle vient de sa région embryogène ou mieux de l'embryon lui-même, déjà délimité (fig. 5, C, a). Mais, comme les organes caducs précédents, elle n'est dès l'origine ni purement ectoendodermique, ni purement mésodermique ; elle est produite par une involution ou introrsion épithéliale endodermique de Vaditus poster ior intestinal, au début, pour sa portion vésiculeuse et peu d'heures après, ainsi que l'a fait voir M. Gadiat {Anatomie générale, 1879, t. I, p. 124-126) par l'introrsion cloacale ou uro-génitale ecto-dermique. La portion vésiculeuse vient faire saillie au bas de la face antérieure de l'embryon en entraînant une mince couche du méso-
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derme bientôt vascularisée par des rameaux aorliques. La face externe de celte extrorsion vésiculeuse épithéliale est ainsi recouverte de cette couche mésodermique, relativement épaisse alors, dès le moment où elle arrive à l'extérieur du corps de l'animal.
L'amnios en se formant garde ou entraîne à celle de ses faces qui devient externe une mince couche du mésoderme qui lui adhère par contiguïté, couche mésodermique passant à l'état de tissu cellulaire pourvu de quelques fihrescellules et parfois même de capillaires {voy. p. 625). La couche mésodermique de la portion embryogène du blastoderme dont elle est une continuation, extraou péri-embryonnaire, passe de son côté à l'étal de derme cutané. Celte poilion embryogène du mcsoderme passant à l'état de derme mérite bien le nom de lame fibro-cutanëe sous ce rapport; mais cette expression n'est plus aussi exacte lorsqu'on l'applique à la porlion non embryogène voisine ou périphérique, en continuité avec elle, qui se replie du côté dorsal de l'embryon pour former l'amnios (fig. 5, C, m). Cette dernière membrane en effet n'a jamais rien de l'organisation de la peau, ni comme derme, ni comme épidémie proprement dit. De plus, il faudrait aussi appeler fibro-cutanée la portion extra-embryonnaire choriale de l'cctoderme, avec la mince couche mésodermique qu'elle touche et retient de la même manière, contre celle de ses faces qui reste interne (fig. 5, C, entre e et i) ; portion la plus étendue de 1 ecloderme qui devient, comme nous l'avons vu, la membrane externe et d'enveloppement total de lœuf, le chorion villcux. Celte mince couche mésodermique retenue par le chorion devient bientôt du tissu cellulaire mou, avec quelques fibres-cellules aussi, mais sans vaisseaux, comme celle qui vient d'être mentionnée sur l'amnios. Au début elle est distincte du tissu cellulaire vasculaire que plus tard apportera contre le chorion, puis dans ses villosités, Ja portion mésodermique de l'allantoide (fig. 6, A, r, a, et B, q).
Pendant que par l'agrandissement de l'œuf, de l'ectoderme en particulier, a lieu la formation des organes extra-embryonnaires amnios et chorion, on voit entraînée ainsi la couche contiguë du mésoderme extra-embryonnaire ; on voit d'autre part ce mésoderme laisser la portion non-embryogène de son aire ou lame vasculaire adhérente à la superficie de la portion de l'endoderme qui devient la vésicule ombilicale (fig. 6,p, t, o). C'est de la sorte que se forme la paroi externe de tissu cellulaire vasculaire de cette vésicule, jouant un rôle important dans la nutrition de l'embryon, surtout avant la formation de l'allantoïde chez les mammifères.
Rappelons que dans Vœuf h. cette période, ainsi dérivé de l'oiv/Z^; et demeuré clos, Vaire ou tache embryonnaire ou portion embryogène du blastoderme est normalement toujours tournée]Jdu côté où l'œuf touche à la muqueuse utérine, du côté où se formera le placenta, quand il est en gâteau unique; du côté du bord mésentérique utérin pour les animaux à matrice intestiniforme. C'est là, suivant l'axe longitudinal de cette aire, que se formeront successivement le névraxe et le dos de l'embryon (fig. 5, A, ie, et B, ce').
Au fur et à mesure que, le mésoderme s'épaississant, le nouvel individu réel se forme par génération successive de ses systèmes organiques permanents et définitifs ; à mesure qu'il se délimite et se sépare ainsi de la portion péri-embryonnaire transitoire, à mesure que lui et cette portion grandissent, il gagne vers le centre de l'œuf représenté par celui de la vésicule ombilicale (o); la dépression de celle-ci qu'il amène ainsi au point où il existait avant sous forme
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d'aire embryonnaire se comble par le prolongement ectodermique replié en double derrière lui, amenant la formation et l'occlusion de l'anmios et du chorion simultanément indiqués plus haut (fig. 5, C, et 6, A et B).
Toute cette portion embryogène et la zone amniotique la circonscrivant échappent de la sorte à la contiguïté avec la muqueuse utérine (fig. 6, B), indiquée plus haut, comme propre au feuillet cellulaire ectodermique (i;o//. Amïnios).
L'œuf ainsi ne cesse pas d'être clos, d'avoir une enveloppe extérieure continue, sans communication de sa cavité intérieure avec l'extérieur. A mesure aussi que la portion extra-embryonnaire restant membraneuse se délimite et se distingue mieux de l'embryon qui prend corps (i', e') sans cesser d'être en continuité de tissu avec ces membranes, on le voit arriver à être le contenu essentiel de cette poche ou œuf; c'est du reste ce qu'était le vitellus même dans l'ovule, avant et au moment de la fécondation. Seulement ici tout est multicellulaire et provient du vitellus fécondé; ce dernier n'était au contraire qu'une unité anatoniique, enveloppée de parties organiques non cellulaires (fig. !, c, et fig. 4).
Le tout, comme nous l'avons déjà dit, s'accomplit graduellement sans hiatus ni interruptions.
L'article Système (§ III) expose la manière dont s'accomplit cette formation de lembryon et simultanément son enfoncement graduel dans la vésicule, c'est-à-dire dans la cavité de la portion de celle-ci qui devient et reste la membrane extérieure et multicellulaire de l'œuf, la seule que la multiplication cellulaire couvre de viUosités; la seule qui sur les mammifères entre en relation de contact immédiat avec la muqueuse utérine chez les vivipares ; la seule qui mérite le nom de chorion (fig. 6, B, q) et nullement celui de faux-amnios que lui ont attribué quelques-uns.
L'article Membranes de l'oeuf a de plus montré comment la succession de ces mêmes phénomènes détermine : \° la séparation de l'embryon et de la portion de l'ectoderme extra-embryonnaire avec lequel il était en continuité de tissu ; 2° l'occlusion de cette portion qui devient alors le chorion cellulaire (bientôt villeux) ou enveloppe externe de l'œuf dès le moment de cette occlusion derrière le dos de l'embryon (fig. 6, B, ce')-, occlusion qui coïncide avec celle des replis en capuchons de ce même feuillet externe dont la portion qui circonscrit au plus près l'embryon proprement dit ferme en même temps Yamnios (voy. Membranes, p. 447, et ci-contre fig. 6, A, c). Ce n'est qu'après qu'a eu lieu cette occlusion que se produit le liquide amniotique et que ce contenu devient ainsi une nouvelle partie constituante de l'œuf. Jusque-là les replis ou capuchons amniotiques (fig. 6, A, ce') étaient restés appliqués directement sur les extrémités et les flancs du corps de l'embryon. Jusque-là aussi la dissection ne montrait dans l'œuf d'autre liquide que celui de la vésicule ombilicale ; car la cavité pleuro-péritonéale montrait contiguës l'une à l'autre les deux faces de ses parois. Le liquide amniotique écarte peu à peu l'amnios pavimenteux de la surface épidermique de l'embryon proportionnellement à sa quantité et repousse en quelque sorte celui-ci ((ig. 0, A, m, et B, é).
C'est lorsque l'œuf atteint et dépasse le diamètre d'un milhmètre et au delà qu'on voit ainsi les trois feuillets du blastoderme prendre part en des proportions diverses à la formation de l'embryon au niveau de la portion de celui-là dite tache ou aire embryonnaire (fig. 5, A) et à celle de ses organes caducs.
Nous avons vu que de l'occlusion des capuchons amniotiques résulte pour la plus grande portion de l'ectoderme non embryonnaire, le chorion (fig. 5 et
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6, e), son isolement par rapport à l'amnios, et consécutivement à l'égard de tout l'embryon (fig. 6, i', e'). Ce dernier devient ainsi contenu indépendant, sinon flottant dans la vésicule choriale ou enveloppe externe de l'œuf \voy. Chorion). Or, au début la portion principale du contenu de cette enveloppe externe ectodermique n'est pas encore l'embryon et le liquide amniotique. C'est la portion extra-embryonnaire de Vendoderme avec son contenu, cette vésicule ombilicale dont la surface externe d'abord contiguë à l'ectoderme a été bientôt tapissée par le mésoderme vasculaire qui l'a séparée de celui-là {voy. Membranes, p. 447, d, e). La vésicule ombilicale, organe d'origine ainsi à la fois endodermîqiie et mésodermique, l'emporte tellement d'abord sur la masse que forme la portion emhryogène du blastoderme, que celle-ci, l'embryon, n'est en quelque sorte qu'une portion restreinte du tout, de l'œuf; portion qui est encore couchée, appliquée sur la vésicule ombilicale (fig. 5,B). Mais cette vésicule diminue graduellement de masse, ou dans quelques espèces son développement s'arrête seulement, pendant que l'autre grandit au contraire et passe de l'état d'embryon à celui de fœtus. Ce dernier devient bientôt, et reste jusqu'à la fin la portion prédominante de l'œuf [voy. Embryon et Fœtus).
C'est de cette manière que la portion non embryogène ou ombilicale tant de V endoderme que du mésodei-me, après avoir été contiguë à la portion homologue ou choriale de l'eclodcrme, apiès avoir fait partie comme celle-ci des enveloppes de l'œuf encore petit, s'écarte du chorion, cesse de grandir, contrairement à ce que fait celui-ci. C'est de la sorte que l'endoderme passe de l'état de contenant de l'a^uf à l'état de contenu ou vésicule ombilicale, en laissant le chorion multicellulaire comme seule enveloppe extérieure essentielle, tapissée extérieurement toutefois par la mince couche mésodermique vasculaire indiquée plus haut (p. 579) et bientôt par l'allantoïde (fig. 6, A, a).
C'est lorsque lœuf a environ de 3 à 5 millimètres chez les mammifères que deviennent manifestes ces dispositions. Mais auparavant déjà, dès l'époque susindiquée, vers laquelle (fig. 6, A) l'embryon par l'intermédiaire de l'amnios se sépare de la portion choriale ou non embryonnaire de l'ectoderme, pour tomber en quelque sorte à l'état de contenu dans la cavité de cette enveloppe, la génération, déjà notée, d'un organe nouveau, vient rétablir des relations anatomiques et physiologiques entre ce contenu et son contenant ectodermique (fig. 5, C, a, et 6, a, a).
Cet organe, bientôt étalé en membrane, Vallantoide reliant le contenu au contenant ectodermique qu'il double et renforce, en tant qu'enveloppe interne sur-ajoutée, n'est pas d'origine blastodermique à proprement parler, comme le sont le chorion et la vésicule ombilicale.
Nous devons revenir encore sur ce fait que l'allantoïde est un organe d'origine embryonnaire, qui vient en entier de l'embryon, alors que celui-ci est déjà .bien distinct des portions non-embryogènes du blastoderme {voy. p. 579).
L'allantoïde est un organe provenant d'une introrsion intra-fœtale de l'endoderme et de l'ectoderme en sa région sous-coccygienne se développant jusqu'à ressortir au-dessus de la région pelvienne; cet organe forme là une exsertion qui se double, x;omme nous l'avons dit, du tissu cellulaire ou endodermique vasculaire de l'embryon. 11 porte ainsi les vaisseaux de ce dernier sur toute la face interne du chorion ectodermique contre laquelle il s'étale en membrane en envoyant des prolongements dans la cavité des villosités de celui-ci. Or il le lait alors que cessent de grandir et que s'atrophient même la vésicule ombilicale.
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(organe endo-mésodermique) et ses vaisseaux omphalo-mésentériques {voy. Circulation). Les relations physiologiques nutritives, à la fois respiratoires et assimiiatrices entre l'embryon et la mère, par ces derniers vaisseaux d'abord, continuent ainsi à exister par l'interme'diaire des autres à mesure qu'elles cessent dans les premiers apparus [voy. p. 587, fig. 7).
Par son étalement à l'intérieur, par la part qu'il prend à la formation du placenta durant son évolution graduelle, coexistant avec celle des villosités choriales, ce double organe endo- et ecto-mésodermique fourni par l'embryon vient singulièrement compliquer la structure des enveloppes primitives ou directement blastodermiques de l'œuf.
L'article Membranes de l'œuf indique les noms divers qu'elles ont reçus alors qu'elles étaient décrites empiriquement sans qu'on connût encore leur origine, leur nature soit cellulaire proprement dite d'une part, soit cellulo-vasculaire ou raésodermique de l'autre.
Rappelons qu'au point de vue de la structure intime la portion non einbryogène ou extra- embryonnaire de l'ectoderme donne directement à l'œuf en général ou à l'embryon individuellement, savoir : 1» ici Vamnios, formé d'une rangée unique de larges et minces cellules pavimenteuses ou polygonales, comme celles de la couche superficielle de l'épiderme fœtal avec laquelle cette enveloppe se continue; 2° là, le chorion villeu.v, dit à tort deuxième chorion par quelques auteurs, membrane externe de l'œuf, formé aussi d'une rangée unique de cellules ayant le caractère épithélial, mais plus petites que les autres et polyédriques, aussi épaisses que larges, alors même que la continuité entre le chorion et l'amnios existe encore (fig. 5 et 6) ; cliorion qui ne disparaît jamais avant l'accouchement, ni comme membrane, ni comme villosités, alors même que les cellules le composant se soudent les unes aux autres et perdent ainsi la trace de leurs surfaces de contiguïté.
La portion extra-embryonnaire de l'endoderme fait partie d'une manière directe, de son côté, de la vésicule ombilicale qu'entoure directement ainsi l'aire vasculaire ou portion extra-embryonnaire du mésoderme vasculaire [voy . Membranes, p. 447); vésicule qui, suivant les espèces de vertébrés, s'arrête de bonne heure dans son développement et reste réduite en quelque sorte presque à rien comme sur l'iiomme ou, au contraire, grandit considérablement comme chez les ruminants et autres mammifères, les sélaciens parmi les poissons, etc. Au point de vue des connexions, cet organe transitoire, extérieur à l'embryon, reste en continuité complète ou non, jusqu'à la fin de la gestation, avec la portion moyenne de l'intestin, d'origine endo-mésodermique comme lui. L'amnios, autre organe transitoire, est au contraire en continuité vers le luême niveau avec l'épiderme, d'origine ectodermique comme lui, mais en quelque sorte retourné vers le dos en sens inverse de ce que montre la vésicule ombilicale [voy. Membranes, p. 447, </, r).
Enfin, comme nous l'avons dit, à ces organes transitoires d'origine blastodermique directe s'ajoutent les organes, transitoires aussi, d'origine embryonnaire. Us sont constitués par la double extrorsion ou exsertion ouraco-allantoïdienne. La portion allantoïdienne proprement dite, sous forme de poche creuse, bientôt pleine de liquide, est formée de cellules épithéliales juxtaposées, polyédriques, plus longues qu'épaisses ordinairement; cette poche cesse de croître et s'atrophie même de bonne heure dans diverses espèces, comme l'homme, et grandit pendant toute la durée de la gestation chez les ruminants et autres. Quant à la
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portion mésodermique, formée de tissu cellulaire gélatiniforme, avec des fibrescellules sur diverses espèces, très-vasculaire, elle est la seule portion de l'allantoide, qui prend part à la formation du placenta et qui grandit uniformément pendant tonte la gestation. Alors même que la poche ectodermique, d'origine embryonnaire, s'est atrophiée, résorbée, ou a simplement cessé de grandir, celle-lcà seule rend î^ascM/azres le chorion et ses villosités, d'origine ectodermique, ne devenant placentaires que par ce fait même {voy. Cordon ombilical. Membranes et Placenta).
Toutes les différences si nombreuses, que les œufs présentent d'une espèce animale à l'autre, résultent non-seulement des diversités spécifiques des embryons qui en sont devenus le contenu, mais aussi du plus et dn moins de développement et de persistance de chacun des organes extra-embryonnaires, tant membraneux proprement dits, comme le chorion et l'amnios, que vésiculeux ou Inbuleux, comme l'allantoide et la vésicule ombilicale.
Outre l'embryon, l'on ne trouve en effet aucun autre organe dans l'œuf des mammifères que ceux appartenant aux trois groupes précédents, savoir : 1" essentiellement eclodermiques et accessoirement mésodermiques, amnios et chorion; 2° endo-mésodermique, vésicule ombilicale, et o° ecto-endodermiques embryonnaires, allantoide ouracale ou vésiculeuse et sa couche cellulo-vasculaire ou lamineuse, qui va tapisser la face interne du chorion (et dite parfois à tort troisième chorion). Celte couche lamineuse en particulier offre, d'une espèce animale à l'autre, suivant que persistent ou non les vésicules allantoide proprement dite et ombilicale, des variétés nombreuses d'épaisseur, de mollesse, d'état gélatiniforme avec ou sans vascularité, eu tel ou tel point de son étendue.
Dans tous les cas, nulle partie constituante de l'œuf, à quelque époque que ce soit de son évolution, ne reste inconnue aujourd'hui, aussi bien sous le point de vue de sa provenance ovulaire que sous celui de sa nature et de sa structure propres, quelque singuliers qu'en soient les aspects comparativement à ceux des organes de l'adulte hors de l'état de grossesse.
IV. Connexions vasculaires de l'œuf avec l'utérus. L'articleCADDQUE (p. 457)
a montré comment, dès l'époque ou le chorion s'est clos derrière le corps de l'embryon que l'amnios enveloppe d'une manière immédiate (fig. 6, B), l'ovule humain est rapidement entouré par un gonllement circulaire de la muqueuse utérine qui le recouvre totalement d'une manière immédiate.
Il est possible qu'il en soit également ainsi chez quelques singes anthropoïdes. Mais sur la plupart des mammifères il y a simplement adhérence de l'œuf, du chorion cellulaire villeux avec la muqueuse des cornes utérines par contact iraméilial ; du reste, la forme de ces organes d'une part, des œufs de l'autre, fait que ce contact n'existe d'une manière immédiate et avec adhérence que sur une portion plus ou moins grande de la surface externe du chorion. Toutefois, que ce contact ait lieu avec toute la surface de l'œuf, comme chez la femme, ou avec une portion seulement, le mécanisme de son adhésion à la muqueuse et des relations vasculaires endosmo-exosmotiques qui en résultent reste le même.
Pour comprendre ce mécanisme, il faut tenir compte de ce que la muqueuse du corps utérin chez la femme présente un riche réseau capillaire superficiel qui s'étend dans toute l'étendue de sa couche hyaline limitante sous-épithéliale.
Ses mailles sont limitées par des capillaires flexueux eux-mêmes, et partout ailleurs qu'autour des orifices glandulaires elles sont étroites, plus longues que
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larges. Leurs configurations donnent à ce réseau un aspect analogue à celui que présente le réseau, superficiel aussi, de la muqueuse nasale. Les artérioles et les veinules afférentes et efférentes se comportent en arrivant au réseau comme elles le font à celui là et à la muqueuse du larynx [voy. Muqueuses, p. 445- 446), elles traversent ensuite la muqueuse presque perpendiculairement à sa surface en y décrivant des flexuosités et des spirales bien connues.
A la surlace des cotylédons de la muqueuse utérine des ruminants, la disposition des réseaux capillaires est la même, sauf des variétés d'importance secondaire. Même remarque pour la muqueuse utérine des cobayes, des lapines et des autres mammifères, partout où cette muqueuse manque de papilles.
Or, à l'endroit où l'œuf s'arrête, une fois arrivé dans l'utérus, les vaisseaux se congestionnent; la trame même de la mufjueuse rougit, s'épaissit, se gonfle en se ramollissant, avec augmentation de quantité de la matière amorphe accompagnant ses éléments. Elle produit un relief sous forme de pli ou bourrelet plus ou moins considérable, état rudimentaire de celui qui, entourant la totalité de l'œuf humain, constituera la caduque réfléchie {voy. p. 577).
Le chorion ectodermique de cet œuf est séparé des capillaires superficiels même par la rangée cellulaire épithéliale de l'utérus, dont les cellules persistent. Hypertrophiées individuellement , de prismatiques elles sont devenues polyédriques plus ou moins régulières. Or, au fur et à mesure qu'à la surface du chorion naissent et se développent ses villosités, cellule par cellule en réalité, l'hypertrophie de la muqueuse s'accomplit de même, d'une manière corrélative, molécule à molécule, entre chacune des saillies villiformes et autour d'elles; tissu propre et capillaires simultanément.
La génération de ces parties s'accomplit ainsi continûment du côté de l'œuf et de celui de la mère sans hiatus ni interruption, quelles que soient la durée du phénomène et les dimensions des parties qui naissent. L'un amène l'autre sous une coustante et complète solidarité, à la fois physiologique et analomique, à compter de l'arrivée de l'œuf fécondé et évoluant comme point de départ.
De là vient que, quelque longues, ramifiées et volumineuses que soient les villosités, de l'œuf humain en particulier, toujours il y a du tissu propre et des capillaires de la muqueuse utérine jusqu'à leur point d'attache ou de départ sur le chorion même de l'œuf (fig. 7, u). De là vient que du début surtout jusqu'à la fin de la gestation chaque villosité et chacune de ses subdivisions se trouvent immédiatement entourées par une couche d'épitliélium utérin qui les sépare des capillaires et du tissu de la muqueuse utérine, excepté dans les cas de grossesse extra-utérine péritonéale et interstitielle.
Outre cet épilhéliura il y a le tissu propre, et les vaisseaux de la portion correspondante de la muqueuse utérine, ayant augmenté le volume et le nombre de leurs éléments, représentent ce que l'on appelle le placenta maternel. Ici l'adhésion de l'œuf à l'utérus est surtout proportionnelle à la consistance, à la résistance de ce tissu maternel, car les villosités choriales ou placentaires d'origine ectodermique sont tenaces, inextensibles, résistantes dune manière remarquable sur la plupart des animaux {voy. p. 599 et fig. 7, q).
Les adhérences placentaires accidentelles chez la femme résultent précisément de ce qu'accidentellement aussi la vascularisation de la muqueuse interutéro-placentaire a eu lieu pendant que son tissu propre, sa trame, conservait la consistance qu'il a normalement hors de l'état de grossesse, c'est-à-dire sans présenter les modifications qui en amènent normalement la diminution de consis-
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tance, la caducité. Dans les cas d'enchevêtrement placentaire normal progressif dont il vient d'être question l'adhérence de l'œuf à l'utérus est donc proportionnelle à la consistance du tissu de la muqueuse utérine associé aux villosités.
Sur les portions non villeuses du chorion, dans les régions et sur les espèces (cochon, solipèdes, etc.) à villosités choriales disséminées, non placentaires, on est toujours frappé du peu d'adhérence des parties entre elles. Sur la jument et la truie, là où les villosités choriales non disposées en placenta prennent certainement aux vaisseaux de la mère les principes nécessaires à la uuti itiou du foetus, le décollement du chorion et du fœtus s'obtiennent avec la plus grande facilité. Il y a simple accoleraent par contiguïté sans enchevêtrement. L'adhésion par contiguïté est faible en raison d'une mince couche grisâtre et molle de mucus et de cellules épithéliales utérines, interposée à la muqueuse maternelle d'une part, au chorion fœtal et à ses villosités de l'autre.
Malgré les apparences résultant de ces diverses dispositions, ce ne sont pas des épithéliums glandulaires qui entoiu'ent les villosités choriales, qui sont interposées à elles et au tissu même de la muqueuse utérine hypertrophiée et ramollie. 11 n'y a pas à chaque grossesse formation nouvelle de glandes subdivisées comme ces villosités. Ce n'est par suite pas le produit de leur sécrétion, un prétendu lait placentaire, que l'œuf absorbe, qui le nourrit ainsi que son contenu, le fœtus. Ce n'est point d'autre part dans les follicules utérins normaux que se plongent les villosités, pour amener une subdivision de ces follicules (naturellement bifurques souvent déjà sur divers mammifères), sous forme de glandes en grappes, à mesure que poussent leurs ramifications multiples.
Quoi que répètent à cet égard nombre d'auteurs, il y a là erreur d'interprétation sur une disposition morphologique des éléments maternels et fœtaux contigus. Il n'y a pas entre l'œuf et la mère, entre la circulation fœtale et la circulation maternelle, un intermédiaire nutritif d'ordre secrétoire, tel que sera plus lard le lait, mais qui serait directement absorbé sans élaboration digestive préalable {voy. Fœtus, p. 508). Cela ne se voit ni au début de la grossesse pour cesser plus tard, lorsque les villosités choriales continuent à s'accroître en un point donné de l'œuf pour s'associer en placenta, ni pendant que ce dernier organe sert essentiellement à l'union physiologique du fœtus et de la mère, sur les mammifères où il se développe.
Ceci est surtout rendu manifeste par cette particularité que chez les ruminants les follicules manquent précisément dans les caroncules de la muqueuse utérine auxquelles s'accolent les cotylédons du chorion ou placentaires, tandis qu'ils existent dans les intervalles. D'autre part sur la femme les follicules naturels sont hypertrophiés, larges, pleins d'une matière demi-liquide, rendue blanchâtre par de grosses cellules glandulaires polyédriques, plus ou moins finement granuleuses, dans toute l'étendue de la caduque vraie, c'est-à-dire dans toute la portion, la plus grande, de cette muqueuse avec laquelle le chorion, puis le placenta, n'ont aucun rapport de contiguïté (fig. 7, n, n) ; l'œuf est en effet toujours séparé de la caduque vraie par la caduque réfléchie {s, s); celle-ci à son tour est précisément très -peu pourvue de follicules dans celle de ses faces ou portions par laquelle elle est en rapports anatomiques et de contiguïté avec le chorion villeux {voy. Caduque). Ajoutons enfin que des connexions choriales et placentaires s'établissent, comme il a été dit d'une manière générale, entre l'œuf et la muqueuse utérine des petits rongeurs, alors que cette muqueuse manque de glandes, sur les rats, par exemple, etc.
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Il est donc certain que ces follicules ne jouent aucun rôle dans l'établissement des connexions entre l'œuf et l'utérus, qu'il n'y a pas intromission des villosités choriales dans leur cavité ; qu'il n'y a pas de rapports entre la forme ni les dimensions de ces villosités et celle des cavités glandulaires ; que le produit de leur sécrétion, dont la composition est inconnue, ne sert pas à la nutrition ni au développement de l'œuf. Mais il faut savoir dire qu'on ne connaît pas les usages de ce produit. Il ne semble pas qu'il serve à autre chose qu'à faciliter les glissements de la muqueuse sur elle-même, qu'elle contienne ou non un ou plusieurs œufs ; il ne paraît pas qu'il ait d'autres usages, en un mot, que des usages physiques de protection directe ou indirecte.
Fig. 7. — Schéma de la disposition de l'œuf humain dans la cavité utérine après le troisième mois.
', embryon. — i, intestin. — p, pédicule de la vésicule ombilicale réduit à un cordon plein. — o, reste de la véhicule ombilicale; elle est située entre l'amnios et le mogma réticulé ou tissu cellulaire gélatiniforme, reste de l'allantoïde. — m, m, amnios qui entoure complètement le pédicule de la vésicule ombilicale et celui de l'allantoïde (le cordon). — «', q' , portion non placenlaire du chorion; entre lui et l'amnios est le magma réticulé, portion non placentaire de l'allanloïde. — a, portion placentaire du chorion et de l'allantoïde. — q, q, villosités ramuuses, concounmt pour la plus grande partie à la formation du placenta, et s'eiifonçant dans la caduque inter-utéro-placentaire ou sérotine. — s, caduque ovulaire ou réfléchie. — n', caduque inter-utéro-placentaire avec ses cloisonô inter-colylédounaires tt. — n, n, caduque utérine. La muqueuse de la cavité du col n'est pas caduque.
Tous les faits précédents sont surabondamment prouvés du reste par les nombreux cas de grossesse extra-utcrine dans lesquels on voit les connexions vasculaires fœtales de même ordre que celles qui ont été décrites plus haut s'établir de la manière la plus nette avec les vaisseaux maternels ovariens, du tissu cellulaire sous-péritonéal, de la trompe, etc., tant sur la femme que chez les mammifères. Or^dms ces conditions, la muqueuse utérine, et ses glandes en particulier, sont toutes très-développées, normalement hypertrophiées, si l'on
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veut, et rendues évidentes, même pour l'œil nu et la loupe, avec production du liquide sus -indiqué, comme dans les conditions de la grossesse naturelle. Le fœtus, d'autre part, a suivi son évolution normale. C'est là un fait, qu'après tant d'autres, j'ai eu plusieurs fois occasion de vérifier et qui a surtout été bien figuré et interprété par Cosle {Hist. gén. et part, du développement, PariSy in-4", pi. Xll, et explication, t. II, 1849). Il s'ajoute à ceux qui ont été notés p. 584 pour montrer que l'épilhélium maternel, dit organe glandidaire par Ercolani, qui dans les conditions ordinaires revêt les villosités choriales à mesure qu'elles se développent dans i'utérus, n'est pas un élément nécessaire à l'existence de l'œuf du placenta. Il manque en effet complètement dans les grossesses extrautérines, celles qui sont péritonéo-intestinales particulièrement.
On a vu plus haut comment, à mesure que croissent les villosités choriales, la muqueuse utérine, trame et vaisseaux, s'hypertrophient ; là d'une manière correspondante, par suite, il y a inévitablement une couche de l'épilhélium muqueux maternel (et caduque ultérieurement) entre cette muqueuse même et le corps éventuel que représente chaque villosité extérieure fœtale devenant cotylédon placentaire (fig. 1, q)\ autour de celles-ci, en un mot.
Toutefois il faut noter que non-seulement chez la femme, mais aussi sur divers mammifères, ce n'est que sur la coupe de tissus durcis, comprenant à la fois les villosités et le tissu correspondant de la muqueuse, qu'on voit cet épifhélium utérin tapissant les villosités. Souvent même dès le milieu de la grossesse il mantiue sur certaines d'entre elles, au moins par places. A l'état frais il se détache aisément de la muqueuse et de la villosité. De là vient qu'autrefois j'en ai à tort nié l'existence avec Weber, .1. Reid, Goodsir, etc.
Néanmoins il manque naturellement dans les diverses sortes de grossesses extra-utérines.
Tant que croissent ces villosités s'établit normalement et graduellement cette vascularisation utérine, qui est surprenante lorsqu'on l'observe lors de son achèvement sans avoir suivi les phases de son évolution. La cavité tubuleuse de chaque villosité choriale étant, à mesure qu'elles se développent, remplie par le tissu cellulaire vasculaire allantoïdien, la vascularité maternelle extérieure se prête aux échanges endosmotiques réciproques des deu\ sangs, au travers des parois capillaires d'abord, et finalement de l'épithélium utérin d'une part, de celui qui forme les villosités choriales de l'autre. La prédominance de la densité du sang fœtal sur le sang de la mère rend compte déjà de ce que le premier prend ou reçoit en principes assimilables bien plus qu'il ne rend au second en composés de désassimilation [voy. aussi p. 599).
Il faut noter en outre qu'une fois établies les dispositions vasculaires susindiquées, ce sont elles qui, en raison du rôle prédominant de la circulation dans la physiologie nutritive de l'œuf, prennent, du côté de la mère, le plus grand développement et présentent les modifications les plus considérables de formes et de dimensions des vaisseaux, non-seulement suivant les phases de l'évolution ovulaire sur un même animal, mais aussi d'une espèce à l'autre.
V. Constitution anatomique de Tœuf dans l'utérus. QuC l'œuf SOit ob-
servé en place ou soit abortif et accidentellement rejeté au dehors, il représente une partie organique naturelle, prenant part temporairement à la constitution de la femelle des mammifères. Elle est assez importante pour mériter une description propre et spéciale, aussi bien que toute autre partie, avec
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indication de la provenance, de la nature anatomique et du rôle physiologique de ses parties constituantes.
Du seizième au dix-huitième jour de la grossesse chez la femme, l'œuf débarrassé de la caduque réfléchie, avec ou sans caillots, dans les cas abortifs, se présente sous forme d'une vésicule sphérique ou sphéroïdale ayant à peine 8 à iO millimètres de diamètre, à surface tomenteuse, molle, grisâtre ou rougefitre. On en reçoit qui, donnés pour avoir dix-huit à vingt jours, ont de 12 à 15 millimètres de diamètre. Une caduque réfléchie, molle, rougeàlre, à surface externe marquée de petites dépressions ou orifice glandulaire, les entoure. Elle est déchirée ou non çà et là. Il faut en tous cas en débarrasser l'œuf dont les villosités s'enfoncent dans cette membrane, par sa surftice interne, pour lui trouver l'aspect extérieur qui vient d'être décrit. Cet aspect est encore le même à la lin de la quatrième semaine, époque à laquelle la poche sphérique villeuse ci-dessus atteint un diamètre de 25 à 50 millimètres environ. Contrairement à ce que disent quelques accoucheurs, les œufs de dix-huit à vingt jours ne sont pas pleins. On y trouve une poche amniotique transparente, à surface lisse, brillante, contenant du liquide, en petite quantité, il est vrai, mais en quantité appréciable, entourant la portion céphalique et dorsale principalement d'un embryon, long de 3 à 5 millimètres, suivant les cas. Le corps de celui-ci est grisâtre ou blanchâtre, mou, facile à écraser et à dissocier, ce qui se produit souvent malgré toutes les précautions prises. A la face ventrale, du côté opposé à celui où, sous la loupe, on voit la poche amuiolique, se trouve appliquée la vésicule ombilicale, sphéroïdale, grosse comme un grain de chènevis ou environ, jaunâtre, laissant échapper son contenu liquide ou demi-liquide, dès qu'on l'incise ou la rompt. Elle n'est pas encore pédiculée ou est au début de la formation du cordon (fîg. 6, p).
11 n'est donc pas exact de dire avec quelques auteurs que les œufs du premier mois, bien que partout recouverts de villosités, sont pleins et ne possèdent pas de cavité remplie de liquide : outre celui de la vésicule ombilicale il y en a déjà un peu dans l'amnios. Ajoutons qu'à cette époque et tant que le resserrement par lequel débute le cordon ombilical n'est pas formé, tant que l'amnios n'a pas recouvert la vésicule ombilicale, la face interne du chorion est appliquée contre la face externe de la vésicule sans lui adhérer. Dans toute cette étendue, la face interne du chorion se détache sans dilficulté de la vésicule et reste lisse et brillante; la mince couche mésodermique qui tapisse cette face est tellement mince qu'elle ne change en rien cet aspect. Ce n'est qu'en plaçant sous le microscope un lambeau de chorion qu'on trouve du tissu cellulaire sur la surface que l'allantoïde et l'amnios n'ont pas encore atteinte. Là aussi au niveau du point d'émergence ou d'insertion de chaque villosité on aperçoit un point, ou une dépression, orifice ou abouchement du canal qui les parcourt.
Pour éviter quelques inutiles répétitions, indiquons de suite que chez la femme l'aspect de poche sphérique molle, ou vésicule s'alfaissant plus ou moins sur elle-même, à surface externe rendue tomenteuse uniformément par les villosités choriales plus ou moins ramifiées, bien visibles, surtout quand la pièce est mise dans l'eau, s'observe nettement jusqu'au deuxième ou deuxième mois et demi de la grossesse {voy. Caduque et Chorion). L'œuf atteint à cette époque un diamètre de 5 à 6 centimètres. Au quarantième jour il a 50 à 35 millimètres de diamètre. Au cinquantième jour il a de 40 à 45 millimètres. Dès cette période, vers le cinquantième jour, l'embryon étant long de 18 à 20 millimètres, des
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villosités plus grandes, plus ramifiées, sur un tiers environ de la surface choriale et à branches plus touffues qu'ailleurs, indiquent déjà l'endroit où sera le placenta ; c'est celui de la portion de l'œuf qui correspond à la paroi même de l'utérus, à la muqueuse ou caduque inter-utéro-placentaire. Sur le reste de l'étendue de l'œuf les villosités plus petites, paraissant plus écartées, sont déjà oblilérées (lig. 7, q'). Nous reviendrons du reste plus loin sur ces points.
L'œuf est parfois expulsé abortivement sous cet état, c'est-à-dire entier, sans rupture des membranes. On peut même, bien que plus rarement, en recevoir entiers du troisième et même du quatrième mois, alors que le placenta se dessine déjà nettement et que l'œuf a 8, 10 et 12 centimètres de diamètre. De plus, avant d'avoir l'œuf ainsi tomenteux directement sous les yeux, il faut le débai'rasser de la caduque réfléchie (fig. 7, s) plus ou moins épaisse, sous forme de membrane grisâtre ou rougeàtre, molle, friable, à surface extérieure ponctuée de petites dépressions ou orifices glandulaires, là où elle n'est pas déchirée; muqueuse que le plus souvent l'œuf entraîne avec lui [voy. Caduque et Membranes DE i/œuf). Ce produit peut ou non être accompagné de la portion de muqueuse utérine, d'aspect et de structure semblables, qui ne recouvre pas l'œuf et tapisse les parois de la matrice [caduque vraie, fig. 7, n, n). Ces deux portions de la caduque peuvent, ou non, montrer pleins de sang les riches réseaux des capillaires et des veinules de la muqueuse, dilatés sous forme de sinus ou canal plutôt prismatique que cylindrique, pouvant atteindre un diamètre de 2 millimètres et plus, renllés davantage sur certains points de leur trajet que sur d'autres.
Nous reviendrons plus loin sur les particularités offertes par les œufs dont les membranes rompues ne sont rendues qu'après l'évacuation et l'expulsion de leur contenu.
Sur les plus petits œufs, la membrane externe ou chorion, dans toute leur étendue, est uniformément recouverte de villosités cylindriques dont les plus longues ont de 1 millimètre à 1 millimètre et demi de long déjà divisées en deux, trois ou quatre branches, à sommet arrondi ou conoïde. Les plus courtes sont simples ou Lifurquées. Elles sont épaisses de 2 à 5 dixièmes de millimètre. Elles sont écartées les unes des autres de 1/4 à 1/2 millimètre. Les subdivisions ont la moitié de la largeur des troncs principaux et même plus ; à cette époque, en effet, les terminaisons des villosités sont deux ou trois fois plus larges qu'elles ne le sont dans le placenta complètement développé, lorsque ces subdivisions se sont beaucoup multipliées. Les villosités présentent souvent çà et là, surtout au-dessous de leurs subdivisions, de brusques renflements ampuUaires irrégulièrement cordiformes, lusiformes, etc., qui leur donnent une certaine et variable irrégularité d'aspect. Les extrémités terminales et flottantes des subdivisions sont souvent élargies, renflées, globuleuses.
Le chorion, qui supporte les villosités dont il vient d'être question, et ces dernières elles-mêmes, sont formés d'une seule rangée de cellules semblables. Ces cellules sont polyédriques, à angles nets, larges en moyenne de 15 millièmes de millimètre, et aussi épaisses que larges. Toutes possèdent un noyau sphérique ou un peu ovoïde, clair, à peine granuleux, avec un petit nucléole central. Le corps de la cellule entre le noyau et sa surface est riche en granulations grisâtres assez foncées, uniformément distribuées. L'acide acétique les pâlit notablement, mais sans les dissoudre, ni les faire disparaître tout à fait.
Ces cellules sont exactement juxtaposées, et leurs lignes de contact sont
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très-nettes, faciles à voir ; les bords de la déchirure du chorion ou ses vilJosités restent anguleux par suite de la séparation des cellules les unes des autres.
Chez la femme, ces cellules du chorion et des villosités se soudent de trèsbonne heure, ne sont plus distinctes les unes des autres vers la sixième semaine, ou ne le sont que difficilement et cessent de l'être un peu plus tard. En même temps leur nucléole disparaît, leur noyau devient moins transparent, moins régulier, et le corps de la cellule se remplit de nombreuses granulations, les unes fines et grisâtres, les autres sphériques, à contour foncé, à centre jaune et brillant, large de 1 à 2 millièmes de millimètre. Ces dernières surtout rendent le tissu du chorion et de ses villosités difficile à étudier et masquent les noyaux par places. C'est par suite de cette soudure des cellules les unes aux auties que ce tissu offre de bonne heure l'aspect d'une substance continue, plus ou moins granuleuse, parsemée de noyaux.
Cette soudure des cellules entre elles n'a pas lieu chez tous les mammifères ; sur la vache et autres, en particulier, elles restent toujours distinctes, dans les villosités des cotylédons particulièrement. Là, elles sont sphéroïdales, bombées à leur surface libre, polyédriques par pression réciproque, dans le reste de leur étendue, plus transparentes, moins granuleuses et à noyau un peu plus volumineux que chez la femme. Moins adhérentes que dans le chorion humain, ces cellules se détachent facilement les unes des autres jusqu'à la fin de la grossesse.
Sur les divisions des villosités de l'œuf humain, on voit par places de petites subdivisions, pédiculées ou non, sphéroïdales ou ovoïdes, simulant des espèces de bourgeons de la superficie des villosités ; mais elles sont pleines et, sur beaucoup, le pédicule étroit n'est représenté que par une seule ou deux rangées de cellules.
Ces espèces d'appendices pleins des villosités sont communs; ils se retrouvent pendant toute la durée de l'existence des villosités placentaires, et les cellules s'y soudent ensemble comme dans le reste du tissu chorial. Seulement, en général, les bourgeonnements deviennent moins granuleux que les parois des villosités dont ils dépendent; les noyaux sont facilement apercevables, et toujours en nombre considérable, parce que, comme ce sont des corps pleins, les cellules ou mieux leurs noyaux s'y trouvent superposés sur une plus grande épaisseur. 11 n'est pas rare de voir quelques-uns de ces courts prolongements qui présentent à leur centre une cavité claire sans communication avec celle de la division qui les porte ou ne communiquant que par un canal étroit et ne recevant pas d'anses vasculaires.
État intérieur de Vœuf. Quand l'embryon que contient l'œuf a une longueur de 8 millimètres environ, dans toute l'étendue du chorion, à sa face interne, existe la couche allantoïdienne d'un gris rosé, gélatiniforme, molle, épaisse de plus de 1 millimètre, indiquée plus haut. On y trouve des vaisseaux capillaires larges de 1 à 8 centièmes de millimètre encore pleins de globules sanguins pourvus d'un ou deux petits noyaux sphériques. Il est facile aussi de constater que toutes les villosités sont remplies par un tissu semblable, que dans toutes s'enfoncent avec lui des anses vasculaires déjà flexueuses, telles qu'on les retrouve plus tard dans celles de ces villosités qui forment le placenta ; on voit aussi que ces anses conservent dans la cavité des villosités le même type de subdivisions et d'anastomoses que dans leurs intervalles à la face interne du chorion.
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Le tissu allantoïdien mou, gélatiniformc, transparent, accompagnant les capillaires dans la cavité des villosités, est en continuité de substance avec celui qui tapisse toute l'étendue du chorion et qui a été appelé magma réticulé.
Dans les villosités des petits œufs, ce tissu, au lieu d'être formé principalement de libres lamineuses complètement développées, comme lors de l'accouchement, est constitué d':ibord comme l'est le tissu du magma réticulé et du cordon des très-jeunes embryons, c'est-à-dire de cellules fdjro-plasliques, mais presque toutes fusiformes, rarement étoilées. Les cellules fibro-plasliques sont entre-croisées en toutes directions dans la portion sous-choriale du tissu, mais dans la cavité des villosité? elles ï^ont presque toutes dirigées dan^ le sens de la longueur de ces prolongements. La couche du tissu est assez épaisse autour des capillaires dans les villosités pour que ceux-ci deviennent invisibles lorsqu'ils sont vidés de leurs globules sanguins par la pression et le contact de l'eau; mais après l'action de l'acide acétique on aperçoit de nouveau la paroi des capillaires, avec ses noyaux longitudhiaux ovoïdes, plus courts et un peu plus larges que dans les capillaires de la plupart des tissus de l'adulte. Ces diverses particularités peuvent être constatées sous toute l'étendue du chorion.
Bischoff pensait que, chez l'homme, l'allantoïde ne tapisse ni l'amnios ni le chorion; qu'elle ne fournit de vaisseaux ni à l'une ni à l'autre de ces membranes ; qu'elle disparait de très-bonne heure, dès qu'elle a conduit les vaisseaux ombilicaux au côté fœtal du chorion, et qu'alors elle se convertit eu un cordon dans lequel sont renfermés les troncs de ces vaisseaux; que le chorion n'a de vaisseaux qu'à l'endroit où l'œuf touche la matrice et la caduque sérotine, mais il n'en est pas ainsi. L'allantoïde est, chez l'homme, un organe membraneux relativement épais, sans cavité, au moins dans sa partie extra-abdominale, formé de tissu lamineux et de vaisseaux. Ce tissu et les vaisseaux pénètrent dans les villosités de tout le chorion, aussi bien au niveau de la caduque réfléchie que de la séroline ; seulement, lorsque la première s'amincit, ils disparaissent de bonne heure des villosités qui lui correspondent; ils s'atrophient dans ces villosités, puis au niveau du chorion correspondant, et leur place est occupée aussitôt par le tissu lamineux qui les accompagne, dont l'augmentation de densité marche parallèlement à cette atrophie, si l'on peut ainsi dire. Aussi trouvc-t-on, dès la cinquième semaine, les villosités du chorion qui correspondent à la caduque réfléchie privées de capillaires et oblitérées par du tissu lamineux devenu dense et fascicule. Le tissu allantoïdien inter-chorio-amniolique de cette région est alors également privé de vaisseaux à cette époque {voy. p. 578).
De bonne heure, c'est-à-dire dès la sixième ou la septième semaine, beaucoup des cellules fibro-plastiques passent à l'état de fibres lamineuses complètes ; cependant il en reste toujours à l'état fusiforme ou étoile, surtout dans la couche intermédiaire au chorion et à lamnios et dans le tissu du cordon. L'acide acétique met en évidence leurs noyaux dans les faisceaux du tissu cellulaire précédent et dans ceux qu'on arrache facilement des villosités oblitérées de la portion non placentaire du chorion; car, dès la cinquième semaine, les villosités sont oblitérées partout, excepté dans la portion de l'œuf qui correspond à la paroi utérine. Là les villosités demeurées vasculaires dessinent, dès cette époque, le commencement du placenta par leur plus grande longueur et la multiplicité de leurs subdivisions comparativement au reste du chorion. Dans les villosités oblitérées ou non, les noyaux sont tous dirigés dans le sens de la Ion-
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gueur des villosités, comme ils l'étaient auparavant. Dans ces mêmes villosités, dès la sixième semaine, alors que les faisceaux de ce tissu sont encore pâles, transparents, on voit souvent les noyaux se remplir de granulations graisseuses et être complètement remplacés par celles-ci. Elles forment de petits amas plus ou moins allongés, devenant quelquefois plus larges que les noyaux voisins et ordinairement prolongés en pointe effilée par une série de fines granulations. Chez la femme et chez les autres mammifères, il est donc facile de reconnaître que le tissu de l'allantoïde s'enfonce dans la cavité des villosités choriales, en quelque sorte en masse, c'est à-dire en conservant dans les terminaisons de ces villosités la même texture, le même type de subdivisions des capillaires et de configuration de leurs mailles qu'au dehors d'elles. Ce fait est très-frappant aussi sur les ruminants quand on compare les réseaux de l'allantoïde, qui sont interposés aux villosités, aux capillaires des extrémités de ces dernières. Ce sont les mêmes flexuosités onduleuses des capillaires, la même forme de leurs mailles. Dans ces animaux comme sur la femme, les plus gros vaisseaux dans le pédicule des villosités sont entourés de tissu lamineux, tel que nous l'avons signalé plus haut ; celui-ci est parcouru entre la paroi propre ou choriale de la villosilé et les deux troncs vasculaires principaux par des capillaires flexueux formant des mailles analogues à celles de l'allantoïde étalée en membrane et à celles des terminaisons des villosités.
A toutes les époques de la grossesse et au moment de la délivrance, on retire facilement des extrémités des villosités non oblitérées leurs capillaires flexueux et la mince couche de tissu cellulaire à fibres longitudinales pâles, qui est interposée à ces conduits et à la paroi du tissu chorial. On peut facilement constater aussi que, dans les modifications accidentelles des cotylédons placentaires, c'est par l'hypertrophie directe de ce tissu existant déjà normalement le long des vaisseaux que les villosités sont oblitérées à mesure que les capillaires s'atrophient, ou vice versa peut-être. Ces vaisseaux et le tissu lamineux qui les ~ accompagne ne s'avancent pas toujours jusqu'au fond de la cavité de chaque division des villosités, dont l'extrémité vide, claire, dépasse alors plus ou moins les dernières anses vasculaires {voy. Ch. Robin, Recherches sur les modifications graduelles des villosités du chorion et du placenta, in Comptes rendus et mémoires delà Société de biologie. Paris, 1854, in-8, p. 65; et Archives générales de médecine. Paris, 1854).
11 n'est pas rare de trouver la matière amorphe gélatiniforme, analogue à celle du cordon, qui existe entre les fibres du tissu interposé au chorion et à l'amnios, accumulée en certains point de la face foetale du placenta; elle s'y enkyste ordinairement. Ces kystes, dont le nombre varie, dépassent rarement le volume de la moitié d'un oeuf de pigeon. Leur paroi est formée de tissu cellulaire à faisceaux plus ou moins serrés. Elle est souvent tapissée à sa face interne de petits bourgeons ou mamelons blanchâtres, plus ou moins saillants, pédicules même quelquefois, qui sont composés d'une trame fibreuse accompagnée de beaucoup de matière amorphe assez tenace. Celle-ci est elle-mêmeparsemée de granulations graisseuses jaunâtres, très-rapprochées les unes des autres, auxquelles elle doit en grande partie sa couleur blanche. Le contenu de ces kystes n'a rien de celui des kystes hématiques anciens ou récents. 11 est transparent, gélatiniforme ou opalin, de consistance muqueuse, souvent un peu filant. Il est homogène, sans traces d'éléments anatomiques quelconques dans son épaisseur ; seulement, on y trouve des flocons grisâtres formés d'une substance DicT. ENc. 2° s. XIV. 38
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demi-solide, finement striée, comme la malicre de certains mucus concrets. Ils sont parfois accompagne's de granulations graisseuses qui les rendent blanchâtres, et le contenu du kyste en reçoit une teinte opaline, pins ou moins prononcée, surtout lorsque des granules semblables flottent dans le liquide même.
Pans les cas de fausse couche et principalement lorsque le fœtus mort a séjourné quelques jours dans l'utérus, le tissu cellulaire mou, interposé à l'amnios et an chorion, offre certaines particularités accidentelles importantes à notai'. Il devient plus épais, d'un blanc jaunâtre, puriforme et d'une consistance de mucus visqueux filant ou non. Cet aspect est dû à la production, dans ce tissu, d'une grande quantité de substance amorphe demi-liquide, semblable au sérum du pus concret sous-arachnoidien, et parsemée d'un très-grand nombre de fines granulations, les unes grisâtres, les autres graisseuses, qui la rendent opaque. 11 s'y trouve en outre des leucocytes plus ou moins nombreux et plus ou moins granuleux, selon les sujets.
Le tissu mou, gélatiniforme, dit magma réticulé, qu'en disséquant les œufs on trouve interposé à l'amnios et au chorion lorsque le premier ne tapisse pas encore de très-près la face interne du second, et dans lequel plonge la vésicule ombilicale (qui est à celte époque appliquée à l'amnios et n'arrive que plus tard au contact du chorion), ce tissu, dis-je, n'est pas une production nouvelle et spéciale. Ce n'est pas le contenu de l'allanloïde dont la cavité chez l'homme ne s'étend pas au delà de l'ombilic. C'est un reste de l'allantoïde mésodermique qui, d'abord, s'est étendue dans l'étroit intervalle qui existe alors entre l'amnios et le chorion, et qui, s'appliquant de plus en plus intimement à la face interne de ce dernier, s'écarte de l'autre enveloppe pendant que le chorion grandit, en ne conservant avec sa face externe que des relations médiates; elles ont lieu par l'intermédiaire de filaments déliés, entre-croisés, réticulés, dont les intervalles sont remplis par une matière amorphe, transparente, demiliquide. Ce tissu et cette matière ne dilfèrent pas des éléments de même apparence qui entrent dans la composition du cordon ombilical, encore court et épais à cette époque, éléments qui sont aussi les restes du tissu de l'allantoïde. J'ai pu m'assurer de ces faits sur des œufs humains entiers, dont la largeur totale était de 7, 13, 22 millimètres et au delà. Ce tissu ou magma, interposé an chorion et à l'amnios, subit la même augmentation de consistance que la gélatine de Warthon, lorsqu'il diminue d'épaisseur pendant que ces deux membranes se rapprochent. Le tissu mou du cordon ne diffère pas non plus de la couche inter-chorio-amniotique {membrana média de Bischoff) avec laquelle il se continue au niveau de l'adhérence du cordon au placenta. Cette couche, reste de l'allantoïde, qui tapisse la face interne du chorion, a été appelée endochorion par quelques auteurs, mot employé d'abord par Dutrochet (1827). Ce qu'il désignait ainsi chez les carnassiers est l'allantoïde. Dans le cordon, dans le magma réticulé, ainsi que contre la face interne même du chorion, bien que le tissu cellulaire ne soit pas parcouru par des capillaires, il est composé comme le tissu interposé aux vaisseaux allantoïdiens et qui s'enfonce avec eux dans les villosilés choriales {voy. p. 578 et 588).
Ce magma (aussi appelé liquide extra-amniotique, corps réticulé, corps vitriforme) montre entre ses éléments dans les œufs encore très-petits quelques cellules sphéroïdales larges de 25 à 35 millièmes de millimètre, pourvues d'un noyau ovoïde généralement nucléole. Ces cellules sont parsemées de gra-
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nulations grisâtres et renferment aussi de petites granulations graisseuses en quantité variable de l'une à l'autre. Elles ressemblent à des cellules épithéliales devenues sphériques et granuleuses. Le magma réticulé diminue de masse, s'amincit à mesure que l'amnios grandit et tend à s'appliquer plus intimement au chorion. En même temps, les fibres du tissu lamineux qu'i[ contenait augmentent de quantité et forment à la fin la couche de tissu lamineux grisâtre, de consistance presque muqueuse, qu'on trouve sur le délivre entre l'amnios et le chorion [membrana média ou membrane intermédiaire de Bisclioff, qui a tiès-exaclement décrit cette dispo>ilion, Histoire du développement, 1843, p. 157). Cette couche correspond à Vendochorion de quelques auteurs ; elle est, comme on le voit, de provenance mésodermique, un reste ou dérivé du tissu cellulaire -dlhnlQid'ien. C est h deuxième couche du chorion de divers embryologistes. Bischoff, qui a vu des fibres de tissu cellulaire dans le magma réticulé, ne le considère ni comme !e contenu de l'allantoïde, contrairement à Velpeau et autres, ni même comme un reste de rallantoïdej parce qu'il n'y a pas trouvé des vaisseaux. Il ne s'explique pas sur sa nature; il l'appelle incidemment matière ulbumineuse interposée au chorion et à l'amnios {Hist. du développement. Paris, Irad. fr., 1845, in-8, p. 143 et 144); mais l'alcool n'agit pas sur ce lissu comme il le fait sur l'albumine.
En un mot, sur aucun animal il n'y a de //Vy/dV/e entre 1 amnios et le chorion, à quelque époque que ce soit. Les seules humeurs qu'on trouve dans les œufs sont celles des vésicules ombilicale, allantoidienne, et celui de l'amnios.
La portion primitivement extra-embryonnaire du mésoderme, laissant inévitablement quelques-uns de ses éléments adhérents aux faces externes de l'amnios et de la vésicule ombilicale, ainsi qu'à la face interne du chorion {voy. p. 578), peut seule ajouter son tissu à celui de l'allantoïde, se développer plus ou moins entre les organes spéciaux précédents pour concourir à former le tissu cellulaire mou qui comble les intervalles qui les séparent.
Dès le cinquantième jour, hors de l'extrémité externe du cordon, le tissu cellulaire précédent ne mérite plus le nom de masse ou magma. Il est réduit à une mince couche qui, seule, sépare la face interne du chorion de la face externe de l'amnios. Ces deux membranes semblent alors, au premier abord, comme contiguës, mais sans grandes adhérences de l'une à l'autre. Il y a pourtant entre elles la couche de tissu cellulaire dont nous venons de parler, d'une épaisseur variable d'un sujet à l'autre, plus mince parfois vers la fin du deuxième mois qu'elle n'a été, et qu'elle ne sera plus tard.
C'est dans cette couche que la dissection fait trouver la vésicule ombilicale sur les œufs humains. Elle est ainsi logée ou fixée entre l'amnios d'une part, et le chorion villeux ou proprement dit de l'autre. Dès que son canal ou pédoncule s'est délimité ainsi que le cordon et la sépare de l'intestin, on suit ce canal dans le cordon même ; mais la vésicule est au dehors du cordon, à une distance qui varie suivant l'âge et la grandeur du fœtus. On la trouve vers le côté du point d'insertion ou de terminaison du cordon sur la face interne du placenta, ou de la portion du chorion qui deviendra le placenta. Elle est à une distance de l'extrémité externe du cordon qui varie avec l'âge de lœuf et qui, Sur ceux de l'homme de deux à trois mois, peut être de 3 à 5 centimètres. A une période plus avancée, tantôt elle manque, tantôt ou la trouve, mais on ne voit plus trace d'un reste de pédicule ou canal. Elle est d'un blanc grisâtre ou jaunâtre, rendu rosé parfois quand elle conserve encore des vaisseaux congestionnés;
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elle est ovoïdale ou sphéroïdale, aplatie ou non suivant les cas. Sa largeur, qui est de 5 à 4 millimètres quand son pédicule se dessine et la sépare de l'embryon vers le vingtième jour environ, peut s'élever à 4, 5 et même 6 millimètres vers le trentième ou le quarantième jour, diamètre qu'elle conserve dans les œufs de cinquante jours et au delà. Les phases et les formes de son atrophie au delà du quatrième mois ou plus chez la femme ne sont pas connues (Ch. Robin, Mémoire sur la structure de la vésicule ombilicale, etc. Journal de la physiologie, 1861, p. 306, et pi.).
Sur les œufs de vingt-huit jours environ, à embryon long de 7 millimètres, la dissection la montre ovoïde, longue de 5 millimètres sur 3 millimètres et demi de large. D'un blanc grisâtre, demi-transparent, un peu rosé par suite de la présence des vaisseaux ramifiés dans son épaisseur, elle est appendue à une anse de l'intestin grêle faisant hors de l'ombilic une saillie de 5 millimètres au plus; cette anse est contenue dans la base d'un cordon ombilical un peu plus long qu'elle, épais de 3 millimètres, un peu renflé en fuseau, et dont les enveloppes sont très-transparentes. Son conduit ou pédicule se détache de la convexité de l'anse intestinale; il est épais de près de 1 millimètre et long de 4 millimètres; son extrémité externe sort du cordon au niveau de son adhérence au chorion et gagne la vésicule après un court trajet. Celle-ci est comme logée ou plongée dans le magma réticulé ou résidu du tissu cellulaire allantoïdien. Ce dernier du reste, dès cette époque, adhère plus au chorion qu'à l'aninios, dont la surface externe se détache aisément de ce tissu.
Le pédicule de la vésicule ombilicale est alors canaliculé dans toute sa longueur, à l'exception d'une portion très-courte, rétrécie, voisine de son insertion sur l'anse intestinale. Le contenu est transparent, à peine opalescent. Sur les jeunes individus, sur les œufs plus avancés, il est tantôt tout à fait jaune ou d'un gris jaunâtre presque opaque, tantôt demi-transparent, jaunâtre ou blanchâtre.
Ce conduit offre la même structure que les parois de la vésicule avec lesquelles il est en continuité de substance. Le tissu de l'anse intestinale sur laquelle il s'insère n'offre pas une structure semblable à la sienne. Ce fait montre qu'on ne saurait considérer les diverticules de l'intestin grêle qu'on trouve chez certains sujets après la naissance comme un reste du pédicule ayant persisté et ayant continué à se développer ; car on sait que ces diverticules ont la même structure que l'intestin duquel ils dépendent. Les parois de l'anse intestinale sont formées de noyaux réunis par une petite quantité de matière amorphe finement granuleuse, et ne contiennent pas encore des fibrescellules.
Sur les œufs de cinquante jours et environ, le cordon, long de 5 à 4 centimètres, laisse voir encore dans son épaisseur l'artère et la veine omphalo-mésentériques, soit seules, soit accompagnant encore un petit filament grisâtre, large de 1 à 2 dixièmes de millimètre, reste du canal de la vésicule. On peut suivre ces vaisseaux au travers de l'ombilic jusque dans la cavité abdominale, et on les voit se détacher au bord concave d'une anse de l'iléum, comme branche des vaisseaux mésentériques correspondants. Au point où le cordon ombilical joint le chorion, en s'épanouissant en quelque sorte à sa face interne, le reste du canal de la vésicule ombilicale rampe entre l'amnios et le chorion sur une longueur qui, d'un sujet à l'autre, varie de 2 à 4 centimètres. Les vaisseaux oui plia lo-mésenlériques l'accompagnent jusqu'à son extrémité où ils s'épa-
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nouissent sur la vésicule ombilicale, qui est généralement ovoïde, plus ou moins aplatie, longue de 3 à 5 millimètres.
La surface extérieure de la vésicule ombilicale est lisse, assez brillante; sa face interne est, au contraire, molle, comme pulpeuse.
Il n'est pas difficile de diviser sa paroi en trois tuniques : 1° l'une extérieure, mince, lisse, formée de tissu lamineux, sous laquelle rampent les vaisseaux de la vésicule, qui sont visibles par transparence; 2o la seconde ou moyenne, très-mince, transparente, assez résistante, formée de cellules polyédriques ; 3" la plus interne est plus épaisse, presque opaque, mais plus molle que la précédente ; elle est composée aussi de cellules dont la forme est sphéroïdale, mais à caractère épithélial aussi.
Sur toutes les vésicules ombilicales des œufs humains qui n'ont pas dépassé le deuxième ou troisième mois de leur évolution, la tunique interne de la vésicule ombilicale est trois ou quatre fois au moins plus épaisse que la tunique extérieure. On ne voit pas non plus que chez l'homme cette paroi soit plissée à sa face interne, ni pourvue de prolongements villiformes ou autres, saillants dans sa cavité Elle est grisâtre, molle, friable, facile à écraser et à dissocier. Elle est formée par la juxtaposition immédiate d'assez grosses cellules qui ne sont pas trèsadhérentes entre elles, moins régulièi-ement polyédriques que celles de la paroi moyenne, et disposées sur plusieurs rangées.
Le contenu de la vésicule ombdicale est chez certains sujets jaunâtre, opaque ou presque opaque, friable ou pulpeux. Sur d'autres, il est opalin ou demitransparent, il est formé d'un liquide qui tient en suspension des granulations jaunes, libres, et des cellules en quantité d'autant plus considérable qu'il est plus opaque.
Les cellules composent dans la vésicule la partie solide du contenu en suspension avec une grande quantité de granulations libres, jaunâtres, semblables à celles que contiennent les cellules les plus foncées. Ces cellules sont généralement polyédi'iques, peu réj^ulières, quelquefois juxtaposées en nombre variable, en plaques plus ou moins grandes. 11 en est de sphéroïdales. Leur diamètre est de 0'""',014 à 0™'",035; elles ont en moyenne 0"""\020 à 0''^"\025. On en voit aussi de grisâtres, plus pâles que les autres, finement granuleuses, plus ou moins nombreuses que les suivantes, selon les sujets. Il est de ces cellules qui sont noirâtres en raison du grand nombre de granulations à centre jaunâtre, à contour foncé, qu'elles renferment. Tous ces éléments sont friables, faciles à écraser, de manière à mettre en liberté leur noyau quelquefois, et constamment une partie de leurs granulations. L'acide acétique dissout complètement ces granulations jaunâtres, tant intercellulaires que libres, qui par conséquent, malgré leur aspect, ne sont pas graisseuses. La plupart de ces cellules sont dépourvues de noyaux. Sur celles qui en ont il est spbérique, large de 5 à 6 millièmes de millimètre, finement granuleux, sans nucléole ; quelques cellules ont deux noyaux.
Les limites de cet article ne permettent malheui-eusement pas de donner ici les caractères de volume, de forme, de couleur, etc., et les particularités de structure que, sous un fond commun de constitution, présentent sous tant de variétés les œufs des divers mammifères et même des oiseaux.
État extérieur de Vœuf. A compter de l'époque où, vers deux mois et demi à trois mois, l'œuf acquiert un diamètre de 7 à 8 centimètres, il change notablement et graduellement d'aspect. Sur un quart environ de sa surface les villosités
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choriales sont plus grandes, à ramifications plus nombreuses, plus rapprochées plus touffues qu'ailleurs; elles forment ainsi sur une certaine étendue circulaire une plaque plus épaisse où le chorion frondomm uniformément annonce et dessine un gâteau ou placenta fromlosa; car dans chaque villosité et d'une villosité à l'autre les ramifications sont encore isolables, flottantes, lorsqu'on met l'œuf dans l'eau. Ce n'est qu'au fur et à mesure que tous les jours cet accroissement des villosilcs et de leurs branches va en augmentant, que celles-ci s'encbeviilrent, forment le tissu filamenteux plus résistant qui caractérise le placenta dès le milieu de la grossesse, que chaque villosité devient la petite masse, séparée des autres par un sillon, qu'on appelle cotylédon placentaire. En d'autres termes, le placenta n'est pas un organe qui d'emblée offre les caractères que les accoucheurs lui décrivent. Avant d'avoir l'aspect filamenteux et spongieux qu'il a lors de la délivrance, il a été floconneux, à ramifications ou filaments de ses villosilés ou cotylédons isolables (fig, 7, q).
Quant au reste de l'étendue de la surface extérieure de l'œuf ou du chorion, elle montre les mêmes villosités qu'elle avait auparavant, mais moins longues et plus minces que les précédentes. Cette petitesse relative va en se prononçant de plus en plus à mesure qu'on approche du neuvième mois. En outre, le cho rion grandissant, les villosités, restées petites et n'augmentant pas de nombre, sont écartées les unes des autres. 11 faut les rechercher avec plus de soin que par le passé, pour les retrouver sous forme de filaments grisâtres plus ou moins courts, partant du chorion pour se perdre dans le tissu mou de la caduque réfléchie (fig. 7, q'). Cet écartement et l'amincissement des membranes fait que cellesci laissent mieux voir l'aspect gris-bleuâtre du liquide amniotique remplissant l'amnios et dans lequel flotte le fœtus.
Un examen plus approfondi montre bientôt que la continuation du développement des villosités choriales qui conduit à la formation du placenta a lieii dans toute l'étendue de la portion de l'œuf qui, touchant directement la portion correspondante (p. 587) à la fois muqueuse et musculeuse de l'utérus, y trouve une vascularité continue, qui va croissant jusqu'à la fin de la grossesse. II montre qu'ici la muqueuse dite inter-utéro-placentaire ou sérotine ne devient pas caduque. 11 fait voir que dans toutes les autres parties de l'œuf, dans celles qui correspondent à la caduque réfléchie, l'augmentation de volume, la distension de l'œuf, amènent la diminution de la vascularité, puis la diminution des vaisseaux de la muqueuse. Mais il montre que d'une manière corrélative, dans toute cette portion du chorion où les villosités cessent de grandir, les vaisseaux allantoidiens qui pénétraient dans leur cavité se resserrent, cessent de recevoir du sang et s'atrophient. Mais le tissu cellulaire qui accompagnait ces vaisseaux reste et continue son évolution propre. Il remplit et oblitère les villosités chorialts devenues non-vasculaires.
Ce qu'il importe de bien spécifier, c'est que, contrairement à ce que disent tous les auteurs, ces villosilés-là ne s'atrophient aucunement; elles cessent de croître. II y a arrêt de leur développement pendant que celles qui restent intérieurement vasculaires et extérieurement au contact des vaisseaux maternels, utérins ou extra-utérins, continuent à croître tant que dure cet état organique.
Le. même examen montre d'autre part que les villosités creuses qui, touchant la portion toujours vasculaire de l'utérus, continuent à grandir et forment le placenta, restent remplies par du tissu cellulaire allantoïdien toujours vasculaire, dont les capillaires se multiplient généralement à mesure que s'allongent les
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ramifications choriales. Il fait voir enfin que généralement aussi le cordon avec ses vaisseaux arrive vers le centre de la portion choriale qui, contiguë à la matrice, donne lieu à la formation du placenta, ainsi qu'il a été dit (p. 58>, 58S).
Cette formation, du reste, a lieu sur toute portion de la surface choriale qui va toucher des tissus continûment vasculaires de la mère. C'est ce que montre bien la production des placentas irréguliers qu'on observe dans les cas de grossesse extra-utérine et même dans celles du col.
Ce sont les vaisseaux de la muqueuse utérine, flexueux, parallèles aux glandes, etc., qui, en se dilatant au niveau du placenta, finissent par former les sinus à parois minces et molles de la sérotine, qui s'enfoncent un peu entre les cotylédons avec les artères utéro-placentaires.
Les réseaux superficiels utérins jouent un grand rôle non-seulement dans l'acte de la menslrualion, mais encore dans l'évolution de l'œuf. Lorsque, large de2 à 3 millimètres, ce dernier commence à se couvrir de très-petites villosités, ces capillaires en se dilatant suffisent à combler leurs intervalles, et, en contact immédiat avec elles, fournissent à la nutrition de l'embryon. A mesure que ces villosités grandissent et se subdivisent de plus en plus, ces capillaires superficiels, s'élargissant considérablement, donnent des flexuosités saillantes sous forme de plis vasculaires délicats, inlerposés aux villosités encore courtes; ils s'étendent jusqu'à la base de leur pédicule au contact du choriou (fig. 7, m), comme le font des plis analogues pendant toute la durée de la gestation chez les rongeurs et quelques autres mammifères. Ils vont en quelque sorte au-devant des villosités qui s'accroissent, et cela surtout à la place, encore fort étroite, où l'œuf touche la paroi utérine et où existera bientôt la muqueuse inter-ntéro-placentaire (n'). Les villosiiés multipliant là leurs subdivisions de plus en plus, les capillaiies superficiels qui leur sont interposés se dilatant encore, leurs minces parois finissent par s'atrophier de telle sorte que leurs cavités se réunissent peu à peu les unes aux autres entre les villosités, en sinus ou lacs sanguins où s'ouvrent les subdivisions des artères utéro-placentaires dont les continuations formaient auparavant ce réseau. Ces lacs sanguins se trouvent compris entre le chorion, à la base des villosités, d'une part, et le tissu propre de la muqueuse utéro-placenlaire, vers la superficie des cotylédons, d'autre part. La trame sous-jacente au réseau superficiel concourt à la formation du placenta, mais sur une faible épaisseur seulement. Aussi ne retrouve-t-on des extrémités terminales des villosités que dans la couche mince entraînée par le placenta et non dans le reste de la sûrotine qui demeure adhérente à l'utérus ; en outre, au-dessous de la surface des cotylédons il n'y a dans le tissu placentaire que les éléments de la muqueuse utérine, accompagnant les capillaires superficiels dilatés qui s'y trouvaient au début et dont les cavités se sont réunies entre les villosités, enchevêtrées, contiguës, sans adhérence intime, cavités dans lesquelles passe le sang maternel. C'est par la succession graduelle des dispositions anatoraiques et des phénomènes évolutifs précédents que l'œut humain, après avoir offert au début des rapports, avec les capillaires maternels, qui sont analogues à ceux qui existent pendant toute la gestation chez divers mammifères, arrive à présenter un placenta dont les relations vasculaires sont en quelque sorte une anomalie par rapport à ce qu'elles ont été à l'origine, et à ce qui existe partout ailleurs chez l'homme et sur les autres animaux. Aussi est-il fort difficile de déterminer anatomiquement ces relations une fois qu'elles sont pleinement développées, et il est impossible de bien les interpréter, si l'on
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n'a suivi la série des dispositions qu'elles ont offertes et des modifications qu'elles ont subies pendant les diverses phases de la grossesse, à partir de leur origine {voy. Gh. Robin, loc. cit., 1861).
La persistance de la plus grande épaisseur de la sérotine, non caduque, à la face interne de Tulérus, après raccouchement, montre par conséquent dans quelles limites il est exact de dire que le placenta est un organe double, formé à la lois par les villosités choriales et les éléments de la caduque. Les épaississements ou cloisons pourvus d'artères utéro-placentaires spirales, qui s'enfoncent entre chaque cotylédon, appartiennent encore en effet autant à la mère qu'au placenta (fig. 7, u). Il n'y a que les vaisseauxdu réseau superficiel de la muqueuse utcro-placentaire qui s'iutriquent avec les villosités lorsqu'elles sont encore courtes, au début de la gestation, pour se iondre peu à peu en sinus sanguins, par résorption de leurs minces parois, à mesure que les villosités grandissent. Cbez l'homme, comme chez les autres mammifères, la masse placentaire reste saillante du coté du f(,»;tus, appliquée contre lu sérotine, et n'est pas enfoncée dans son épaisseur {n). On peut, en injectant du lait, de l'air, de l'eau ou de la gélatine colorées, directement dans ces sinus par la face fœtale du placenta, remonter, si l'on peut dire ainsi, de là vers des orifices irréguliers, mais à bords lisses et brillants ; orifices qu'on trouve plus près de la face utérine du placenta que de l'autre, et qui conduisent dans les sinus à parois minces et molles des cloisons intercotylédonaires [u] ; sinus qu'on suit, obliques et tortueux dans la sérotine, etc. On voit, en même temps, du côté de la circonférence du placenta, ces orifices lisses, arrondis ou triangulaires par lesquels ces lacs sanguins communiquent avec le sinus circulaire dont la cavité irrégulière s'enfonce un peu, par des prolongements obliques, conlic le chorion, sous le bord de la face fœtale des cotylédons périphériques. La face interne du simis circulaire est lisse comme celle des autres sinus, et ses parois sont également minces, glutineuses, transparentes et faciles à déchirer. Les meilleures descriptions des rapports vasculaires ci-dessus sont celles de M. Coste, déjà d'ancienne date (1857 et 18-48), puis celles de Schrœder van der Kolk (1851), et des excellents traités de M. Dalton (i Treatise on Human Pliysiology. Philadelphia, 1861, in-8°, 2-= édition, p. 609-611) et de Flint (p. 911, New-York, 1879).
On sait que Schrœder van der Kolk a déjà montré que les villosités choriales ne s'enfoncent pas dans les glandes utriculaires de la caduque [Waarnemingen over het maaksel van de menschlijke placenta en over liaren bloed aurlook. Amsterdam, 1851, in-4, p. 34). Kiwisch, Bochdalek, KôUiker et Yirchow (dans Kiwisch, Geburtskiinde. Erlangen, 1851, in-8°, 1" division, chap. iv; et Yirchow, Ueber Placenta und Nabelstrang, in Archiv fur pathologische Anatomie, 1851, in-8°, t. 111, p. 447), ont vu aussi que les artères communiquent avec les veines dans l'intérieur du placenta, entre les villosités, par de larges espaces et non par de fins résaux capillaires ; ces dernières seraient librement au contact du sang maternel (voy. aussi W. Priestley, Lectures on the Development of the Gravid Utérus. London, in-8°, p. 65). Yirchow [Ueber die Bildung der Placenta. Wûrzburg, 1853. Gesammelte Abhandlimge?i.,Fr3inMmi a. M., 1856, in-8°, p. 779) note que le placenta maternel provient évidemment d'une hypertrophie de la caduque et d'une ectasie de ses vaisseaux, d'abord simple, puis devenant caverneuse par confluence de leurs parois. Il croit que les veines particulièrement, mais les capillaires et les artères en partie également, y prennent part. Sur les pièces à divers âges que j'ai disséquées, les
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résaux capillaires superficiels surtout et les veines devenant des sinus subissaient seuls les changements décrits ci-dessus ; les artères ne faisaient que présenter une augmentation régulière de volume. Il n'y a également pas atrophie du tissu de la muqueuse interposé aux vaisseaux dilatés au niveau du placenta. Cette atrophie n'est qu'apparente en raison de l'agrandissement de l'utérus et des vaisseaux traversant la sérotine (fig. 7, n'), qui n'est pas caduque (î;oî/. Placenta).
Les villosités ci-dessus, encore une fois, en formant les flocons ou touffes cotylédonaires, ne s'enfoncent pas dans toute l'épaisseur de la sérotine, mais dans sa partie superficielle seulement; ce sont, au contraire, les vaisseaux de ce réseau superficiel qui, en se dilatant considérablement, forment des flexuosités saillantes, sous forme de plis délicats, et qui vont, en quelque sorte, au-devant des villosités qui s'accroissent, pour réunir les uns aux autres leurs capillaires en sinus, vers la base de celles-ci. Cette particularité peut être constatée aussi sur les vaisseaux de la trompe dans les cas de grossesse tubaire; elle le sera probablement aussi sur ceux du péritoine et de l'ovaire dans les grossesses abdominale et ovarique.
En disséquant les œufs abortifs ou non de la femme, les altérations du placenta qu'on observe et appelées lésions dues à la placentite, induration, cancer , dégénérescence, transformation fibreuse, fibrineuse, squirrheiise , tuberculeuse, graisseuse, calcaire du placenta, se rattachent à une seule et même modification des villosités du placenta. Cette lésion est caractérisée par Y oblitération fibreuse de la cavité des villosités placentaires, qui deviennent imperméables au sang fœtal. Ces villosités choriales ont, pour la plupart, leur conduit central exactement rempli par du tissu lamineux semblable à celui qui forme une mince couche entre l'amnios et le chorion. Celte oblitération n'est que l'apparition, dans le placenta, d'un phénomène qui est normal dans les villosités choriales non placentaires, mais qui est anormal lorsqu'il s'étend à celles qui, en prenant un grand développement, forment les cotylédons, et, par suite, le placenta. Elle peut avoir lieu avec ou sans dépôt de granulations graisseuses dans les parois propres des villosités. Les formations de grains calcaires isolés ou confluents qui se produisent à la surface et dans les interstices des ramifications des villosités placentaires, mais bien plus rarement que le dépôt des granulations graisseuses décrit plus haut, sont aussi précédées de l'oblitération des villosités. Des hémorrhagies ont lieu dans les cotylédons par rupture de leurs vaisseaux et les caillots y subissent toutes les modifications qu'ils présentent dans les autres régions du corps, sans se transformer là plus qu'ailleurs en quelqu'un des produits nommés ci-dessus ou aulres. Comme, dans ce cas-là, le séjour du sang dans l'économie n'est et ne peut jamais être aussi long que dans les autres tissus, il est rare que la fibrine du sang épanché arrive jusqu'à sa période de décoloration ; cependant le fait a lieu parfois et j'ai constaté qu'elle ne diffère pas alors de ce qu'elle est lorsque semblable phénomène se présente après une hémorrhagie quelconque. J'ai constaté aussi que, dans les cas dits de placentite supputée, de kystes purulents ou d'abcès enkystés du placenta, le liquide n'est pas du pus, mais du pseudo-pus fibrineux [voy. Ch. Robin et Verdeil, Chimie anatomique. Paris, 1853, t. IIl, p. 263); la paroi propre de ces cavités, ou membranes kysteuses, n'est autre que de la fibrine encore fibrillaire plus ou moins granuleuse ou déjà amorphe et très-granuleuse, sans éléments anatomiques quelconques ni vaisseaux ; au-dessous d'elle on trouve immédiatement les villosités dont la paroi est devenue grisâtre, granuleuse, et souvent les
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villosités elles-mêmes sont oblitérées {voij. Ch. Robin, loc. cit., 1854 et 1861).
liésumë. Ainsi, que l'œuf soit éloigné ou rapproché de la (erminaison de son cvoluliou maternelle, c'est-à-dire plus ou moins volumineux, la dissection y fait constamment retrouver les parties suivantes, dont la nature peut être déterminée tant par l'examen de leur provenance {voy. p. 578 et suiv., et Génération, g III) que par l'étude de leur structure propre, c'est-à-dire de leur composition par tels ou tels éléments ce'lulaires et de leur texture.
Du dehors au dedans ces parties sont :
1° Le Clwrion, de provenance ectodermique, devenant villeux par toute sa surface, avec formation d'un placenta lorsqu'il ne touche l'utérus que sur tel ou tel point de la surface externe, formé de petites cellules polyédriques, se soudant entre elles parfois comme chez la femme, avec ou sans passage à l'état granuleux [voy. Chorio.n).
2" Les restes de la portion extra-embryonnaire du mésoderme, à l'état de tissu cellulaire mou, avec ou sans fibrcs-cellules, à tels ou tels états de minceur ou d'épaississement selon les péiiodes évolutives de l'œuf (pages 578 et 579).
5° L'allantoïde ou ses restes évolutifs tant ectodermique que mésodermique vasculaire. C'est elle qui, parles dispositions vésiculeuses et intestiniformes de sa portion de provenance ectodermique, par son développement ou son atrophie et par les modilicalions évolutives de son tissu cellulaire avec ses vaisseaux, audessous du cliorion, entre lui et l'amnios, présente (chez l'homme jusqu'au cinquantième jour environ du moins) les vaiiélés d'aspect les plus nombreuses dans l'œuf [voy. p. 595 et ALLA^TOÏDE).
4" La vésicule ombilicale de provenance tant endodermique que raésodermique par son feuillet vasculaire présentant de nombreuses var étés de dispositions et de rapports avec le tissu cellulaire allantoïdien, muis que sa structure et la nature de son contenu font toujours aisément reconnaître tant qu'elle n'est pas atrophiée et résorbée (p. 596).
5° L'amnios, devenu la plus interne des membranes, de provenance ectodermique comme le chorion, mais plus voisine des organes permanents du nouvel être et plus directement en rapport avec lui, bien qu'elle resserre toujours plus ou moins l'allanto/de et la vésicule ombilicale entre sa face externe et la face interne du chorion. Sa nature ectodermique et épilhéliale est toujours facile à déterminer en raison de l'état pavimenteux, aplati, et de la grandeur de ses cellules juxtaposées en une couche ou membrane lisse, brillante, transparente et d'aspect séreux [voy. p. 578 et Asjnios).
Mais son épithélium diffère de celui des séreuses et la mince couche mésodermique qui en tapisse la face externe n'a pas la constitution spéciale de la trame des séreuses. Aussi le liquide amniotique n'a-t-il rien de la constitution des sérosités, et il faut se garder de coinparer anatomiquement et physiologiquement l'amnios à une séreuse {voy. Fœtus et Séreuses).
6" Enfin dans le liquide distendant la poche ou vésicule close que l'amnios forme par sa continuité cellulaire avec l'épiderme embryonnaire ou fœtal flotte le nouvel être, contenu essentiel de l'œuf, composé d'organes définitifs et permanents, au lieu d'être caducs, transitoires et destructibles aussitôt après la tin de la vie intra-utérine, comme le sont au contraire tous ceux qui viennent d'être décrits {voy. Embryon et Fœtus).
Qnant à la caduque, elle est de provenance maternelle ; elle est un organe de l'être antécédent, la muqueuse de son utérus, et ne provient pas du nouvel
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individu ; elle n'est réellement une enveloppe que sur les œufs abortifs seulement et l'une de celles qui après l'accouchement sont rejetées avec les organes transitoires des fœtus humains : aussi manque-t-elle à ceux du plus grand nombre des vivipares (i;oî/. pour ses usages p. 57G, 585, 587, 598, et Caduque).
DÉTERMIiNATION DE LA NATURE ANATOMIQUE DES MEMBliANES DES ŒUFS ABORTIFS.
Spécifions actuellement d'une manière toute particulière que, dans quelque état que soit rendu l'œuf, entier ou après rupture puis expulsion de son contenu, le liquide amniotique et l'embryon ou le fœtus, encore frais ou après compression, froissements, macération et même après séjour de plusieurs mois ou plusieurs années, avec ou sans putréfaction daus l'utérus ou le vagin, toujours la nature des parties précédentes peut être déterminée; toujours il est possible de reconnaître au milieu du sang, des caillots, du mucus puriforme, etc., ce qui est sang, caillot, etc., muqueuse devenue caduque ou produit de la conception de l'ordre des parties transitoires ou membranes, ou d'ordre embryonnaire et fœtal, à moins encore une fois d'expulsion antérieure de ces dernières parties.
Les caractères du sang, des caillots fibrineux, du mucus, de tout ce qui est de provenance maternelle, en un mot, ont été donnés aux articles Blastème, Lamineux, Leucocyte et Mdqueux.
L'œuf abortif rendu sans rupture de ses membranes, avec la muqueuse utérine, du premier au deuxième et même au troisième mois de la grossesse, se présente sous forme d'une masse ovoïde ou piriforme, molle, fluctuante, son extrémité la plus étroite est souvent comme prolongée par quelque lambeau membraneux. Sa couleur peut varier du gris de chair lavée au rouge de sang. Toute la surface est irrégulière, comme rugueuse, et sous l'eau montre un grand nombre de prolongements filamenteux, mous, flottants, qui la hérissent, longs de quelques millimètres, et que leurs irrégularités montrent être le résultat de déchirures par arrachement d'un tissu mou. Sous ce fond commun de dispositions, il y a de nombreuses variétés d'un œuf à l'autre. Vers la petite extrémité de la niasse un sillon plus ou moins visible permet de reconnaître les deux lèvres, minces, irrégulières et généralement accolées d'une déchirure. En les débarrassant des caillots, puis les écartant avec soin, on tombe sur une surface lisse, semée d'un grand nombre de petites dépressions. C'est la cavité, la face interne de la muqueuse du corps de l'utérus devenue caduque, avec les orifices de ses glandes, tandis que la face opposée est celle qui était adhérente à la musculeuse et en a été décollée par arrachement. L'étalement de la membrane met à découvert une portion ou poche saillante et fluctuante qui est la caduque réfléchie recouvrant 1 œuf lui-même. Souvent on voit une dépression ou orifice de chaque côté de cette portion saillante, indiquant le point d'abouchement des trompes dans la cavité du corps utérin. Le tissu de cette membrane est d'un gris rougeâtre, demi-transparent, mou, comme pâteux ou œdtmatié, presque tremblotant. La portion qui recouvre l'œuf est un peu moins consistante, moins épaisse que l'autre, mais de même structure {voy. Caduque), et de même aspect sur celle de ses faces qui regarde la cavité utérine. L'autre touche le chorion et s'enchevêtre avec ses villosités. Quand vers le troisième mois l'œuf grandit, que la surface utérine de la caduque réfléchie (fig. 7, s) se soude à la surface correspondante de la caduque vraie (n), ces membranes amincies prennent plus de consistance, sans cesser de se déchirer aisément.
Le chorion est de toutes les parties du nouvel être, du produit de la conception, celle qui se conserve et se reconnaît le plus longtemps et le plus aisé-
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ment. Il le doit à la nature cellulaire ectodermique ou épithéliale des éléments qui le composent. Malgré sa minceur, ses cellules ne se dissocient pas. Quelque petit que soit encore l'œuf et courtes les villosités choriales, leur forme et leurs ramitications sont d'un aspect tellement caractéristique, qu'une fois qu'on en a vu dans des conditions normales, fût-ce sur le délivre, on ne saurait me'connaître leur existence dans un produit accidenti;! sous la loupe ou un faible grossissement du microscope. Cn fort grossissement fait reconnaître les cellules polyédriques petites qui composent le chorion même et la paroi de ses villosités creuses. Il fait reconnaître aussi le tissu cellulaire au moins, et après l'action de l'acide acétique, parfois les vaisseaux qui remplissent ces villosités ou qui les oblitèrent [voy. Ch. Robin, loc. cit., 1854).
11 est vrai que, dès les premières semaines de l'évolution, ces cellules chez la femme se soudent les unes aux autres, que les plans ou faces de leur juxtaposition réciproque disparaissent, que la substance propre du chorion et de ses villosités se présente sous l'aspect d'une couche ou membrane homogène. Les noyaux pourtant restent généralement apercevables ; mais, surtout dans les cas pathologiques, après les épanchemenls sanguins ou les oblitérations morbides des villosités, des granulations et gouttes graisseuses peuvent les masquer tous ou en partie. Toutefois, alors même la résistance aux dissolvants de cette membrane et des villosités, la forme de celles-ci, l'aspect particulier de ce qui les compose, ne peuvent laisser de doute, rien de pareil ne se retrouvant dans l'économie que là et durant la vie utérine.
La minceur, la transparence, l'aspect lisse et séreux de l'amnios, d'autre part, quand on peut l'étaler et voir une portion de sa face interne, le font déterminer aisément aussi. II en est de même des caractères des cellules qui le composent; elles offrent, comme les précédentes, une résistance remarquable à la putréfaction.
Quant au tissu cellulaire de l'allantoïde humaine, il est facile à reconnaître à l'état frais, mais il s'altère aisément et rapidement. Sur les débris des avortements des deux ou trois premiers mois de la grossesse, s'ils ne sont rejefés qu'après quelques jours de rétention dans l'utérus, on ne peut parfois reconnaître ce tissu que dans la cavité des villosités choriales qu'il remplit. Mais les caractères des deux membranes, chorion et amnios, ceux mêmes de la preraièz'e seule, suffisent pour autoriser à dire, selon qu'on les trouve ou qu'ils manquent, qu'il y a eu ou non grossesse. Ils permettent souvent ;iussi de déterminer, à une semaine près environ, si celte dernière date de deux ou de trois mois.
On s'étonne de voir à quel point sont laissées de côté les déterminations anatomiques de ce genre dans les écrits classiques touchant à la Médecine légale des avortements {voy. AvortemeiNt),
États évolutifs accidentels des parties constituantes de l'œuf. Ce qui précède nous conduit inévitablement à parler des cas dans lesquels sont rejetés et à déterminer anatomiquement les produits précédents d'une grossesse plus ou moins avancée, les uns appartenant à l'œuf, à ses membranes, les autres à la mère, à sa muqueuse utérine devenue caduque. Hors quelques cas d'expulsioa spontanée de polypes et de caillots utérins, ce sont les produits précédents de provenance utérine qu'on retrouve dans les tumeurs appelés moles ou faux germes par les anciens chirurgiens et accoucheurs. Aussi est-ce à grand tort que quelques modernes repoussent et méprisent l'étude de ce sujet, comme trop plein de fables et d'obscurités.
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Les auteurs anciens décrivent généralement sous le nom de mole toute masse charnue qui se forme accidentellement dans l'utérus, sous l'influence de la fécondation.
Or, l'étude à l'aide du microscope de la texture de ces produits morbides en fait distinguer deux espèces, anatomiqueraenl et physiologiquement, sous le rapport de la provenance et sous celui de la composition.
Les uns de ces produits sont de provenance uniquement maternelle, mais leur formation a été déterminée par une fécondation antérieure.
L'œuf, l'embryon avec les membranes, ayant été expulsés en totalité dans une fausse couche, reconnue ou non, la muqueuse du corps de l'utérus normalement hypertrophiée continue lentement à se modifier et à devenir caduque, comme elle le fait durant les neuf mois de la grossesse normale. La muqueuse est alors expulsée quelques mois, un an et même deux ans après l'époque des accidents soit oubliés, soit reconnus ou non de l'avorteraent. Elle est rejetée après des douleurs expultrices et autres accidents divers, parfois d'intensité presque nulle. Elle forme une masse qui reproduit plus ou moins exactement la forme de la cavité du corps utérin, dont la longueur peut varier d'un cas à l'autre de 5 à 10 centimètres environ. La dissection fait reconnaître plus ou moins aisément la lace interne ou libre de la muqueuse, limitant autrefois la cavité utérine, oblitérée par contact réciproque et compression des diverses portions plus ou moins plissées de cette face, mais pourtant sans soudure histologique réelle. La face externe jadis adhérente du produit est tantôt irrégulière, comme déchirée, tantôt devenue lisse au contact de la face interne de la muqueuse utérine régénérée dont la précédente devenue caduque et repoussée par l'autre a rempli et distendu la cavité plus ou moins longtemps {voy. Boussi et Ch. Robin, Bulletins de la Société anatomique, 1846, in-8").
L'étude de la structure de ce produit fait reconnaître dans l'épaisse membrane comprimée plus ou moins longtemps qui le compose les caractères de structure de la muqueuse utérine, telle qu'elle est du premier au troisième mois environ de la grossesse, abstraction faite de la consistance et de la couleur (voy. Caduque). Ce fait joint aux données précédentes, d'un caractère si particulier, fait nettement déterminer la nature de ces productions morbides évolutives, dont la fécondation et le développement d'un œuf, arrêté plus ou moins tôt dans son évolution, a été le point de départ, la cause.
Ajoutons que parfois il est de ces produits dans l'épaisseur desquels, en quelque point, du côté de ce qui représente leur face interne, après étalement plus ou moins facile, on trouve des restes du chorion, ou seulement quelquesunes de ses villosités demeurées enclavées dans l'épaisseur du tissu sans se développer plus que ces produits ne l'avaient fait jusqu'au moment de la rupture de l'œuf.
Il est des cas dans lesquels la masse expulsée renferme des portions du placenta, du chorion et de l'amnios. Elles peuvent parfois même former dans le produit une masse plus considérable que celle que représente la muqueuse de provenance maternelle. Néanmoins, l'étude de la structure intime des parties est presque toujours nécessaire pour en déterminer la nature en raison des modifications qu'elles ont subies sous l'influence de la compression et des mauvaisCg conditions de nutrition dans lesquelles elles ont séjourné. Ce sont les productions accidentelles de ce genre, suites d'avortement, rejetées plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard, qui ont été appelées moles placentaires.
G06 ŒUF (anatomie et phïsiologie).
D'autres moles, soit placentaires, soit vasculaires, etc., sont de provenance fœtale principalement, c'est-à-dire soit essciiliellement représentées par le chorion et l'amnios, ayant continué à se développer anormalement après la destruction partielle ou complète de l'embryon; de sorte que la muqueuse utc'rine, devenue caduque, ne forme qu'une partie accessoire de la masse expulsée. Les premières de ces moles sont quelquefois appelées vraies moles ou moles légitimes, pour les distinguer des fausses moles [spurice molae), qui ne sont que des caillots formés par le sang menstruel ou métrorrhagique retenu dans l'utérus, des corps fibreux, des polypes muqueux, tantôt adhérents aux parois de l'utérus, tantôt libres dans sa cavité par suite de la rupture de leur pédicule.
Enfin les moles vésiculaires ou hydatifonnes {moles hydatiqites, hydatides de l'nlérus, etc.) sont celles que forment les villosilés de la totalité ou d'une partie du chorion ; dépourvues de vaisseaux allantoïdiens par suite de destruction précoce de l'embryon, elles se sont dilatées en vésicules pleines de sérosité claire. Ces vésicules sont disposées en grappes, ayant la forme de chaque villosité choriale ou placentaire avec ses ramifications, puisque ce sont leurs subdivisions qui sont dilatées d'espace en espace, sans que les vésicules communiquent les unes avec les autres. Les villosilés du chorion continuent à grandir en empruntant, par imbibition, des matériaux de nutrition à la caduque utérine, bien qu'elles n'aient pas de communications vasculaires directes avec elle et ne renferment pas de vaisseaux du fœtus. Par suite de ces dilatations hydatiformes, la masse expulsée est souvent celle de plusieurs litres de liquide, sous l'orme de grappes grisâtres faciles à dissocier. L'expulsion a lieu ordinairement avant le terme de neuf mois. L'utérus, ayant acquis ou non le volume qu'il aurait à la fin de la grossesse, est de forme moins régulière que dans un cas de grossesse réelle. Ces vésicules ne renferment jamais d'animaux parasites, tels que les échinocoqnes, etc. Il est commun de voir les femmes avoir plusieurs fois de suite des grossesses dont le produit est une mole de ce genre. Dans certains cas de monstruosités et même de grossesse normale, une partie seulement du placenta peut offrir cette altération hydatiforme des villosités.
Il est facile de reconnaître dans la paroi de ces dilatations vésiculaires la struc. ture propre, indiquée plus haut, du chorion et de ses villosités, avec production variable de granules graisseux ; et de même dans les portions filamenteuses non dilatées des villosités (p. 604).
Des restes du tissu de la trame muqueuse utérine devenue caduque accompagnent ces productions, comme dissociés entre elles, en certains points plus qu'ailleurs. Ils sont reconnaissables sous le microscope {voy. Caduque).
Dans tous les cas, quel que soit le nombre des variétés d'aspect et de volume que peuvent présenter ces productions accidentelles, il est aisé de déterminer : l°leur nature, qu'elles proviennent des enveloppes de l'œuf, des villosités choriales spécialement, et non des tissus de la mère ; 2° que leur développement a eu pour point de départ une fécondation et un trouble évolutif ultérieur de l'ovule fécondé ; 3" que leur étude est dans l'ordre morbide une sui'.e de celle de l'œuf dans l'ordre normal.
VL Physiologie de l'œuf. Depuis trente à quarante ans, la physiologie de l'œuf ne présente plus les obscurités dont elle était autrefois entourée.
Les pages précédentes et l'article Génération montrent que dans l'ovule la zone transparente (dite aussi membrane vitelline), après avoir rempli son rôle
ŒUF (anatomie et physiologie). 607
protecteur et celui qui est relatif à l'entrée endosmotique de principes immédiats arrivant au vitellus, disparaît et se résorbe comme corps étranger.
On a vu, là aussi, que le vitellus est pliysiologiquement la partie essentielle de l'ovule, celle à l'aide et aux dépens de laquelle, après la fécondation, se forment le nouvel être, le blastoderme, puis l'embryon et ses organes externes.
La nutrition, le développement, la génération, les mouvements, etc., de cet être dans son entier et ses oiganes permanents propres, ont été étudiés là et dans les articles Embryon et Fœtis.
Dès que se délimite la vésicule ombilicale et que se développe la lame vaaculaire du mésoderme, des principes nutritifs sont empruntés au contenu de cette vésicule, soit qu'il préexiste à la segmentation vilclline (p. 571), soit que nostérieurement à celle-ci les premières cellides endodermiques le sécrètent au contraire (p. 573). Ils sont alors distribués par le système circulatoire, timt dans les organes mésodermiques directement qu'indirectement dans ceux que forment les deux autres feuillets.
Dès que se clôt le cborion (p. 574), son rôle comme enveloppe ou organe protecteur n'est pas moins manifeste. Lorsque naissent et se développent à sa surface les villosités et que simultanément les capillaires maternels, tant de la muqueuse utérine que d'autres régions dans les cas de grossesses extra-utérines, sont en relation de contact immédiat, ou à peu près, avec elles, le rôle qu'elles remplissent est des plus évidents. Il est relatif d'abord à la fixation, à la stabilité de l'œuf dans l'utérus.
L'importance de ce rôle, rempli par le cborion en raison de ses connexions avec l'utérus, établies graduellement, évolutivement, molécule à molécule, ne saurait échapper. Le cborion et ses villosités, ou le placenta qu'elles forment, sont les seules parties de Vœuf qui maintiennent celui-ci dans l'utérus; maintien sans lequel l'évolution fœtale n'a pas lieu. Ce qui est dû à la dilatation de l'utérus au niveau de l'œuf, tandis que le col reste étroit, est naturellement laissé ici de côté {voy. Grossesse).
Le rôle du cborion concerne d'autre part les relations, tant nutritives proprement dites que respiratoires, entre le sang embryonnaire et fœtal et le sang maternel [voy. l'ŒTDs). Il est purement osmotique pour ce qui regarde le chorion même, car pour tout ce qui toucbe au sang fœtal, c'est Vallank'ide mésodermique qui remplit les usages dont il vient d'être parlé. Elle seule, en effet, reçoit les ramifications des artères ombilicales ou placentaires.
Quant aux usages de Vallantoïde proprement dite ou eclodermique, ils ont été signalés aux articles Allantoïde et L\mineux, p. 272,
Que les villosités vascularisées du cborion forment ou non un placenta, l'observation directe aussi bien que celle des grossesses extra-utérines et des insertions vicieuses de l'œuf montre quo le placenta n'a en quoi que ce soit la structure d'une glande, tant proprement dite que sans conduit excréteur. 11 ne l'a pas plus que ne l'ont sur les solipèdes et les oiseaux le cborion et rallanloïde.
Malgré les bypotbèses émises en debors de toute comparaison d'un animal à l'autre, l'étude de la structure du cborion aussi bien que celle du placenta ne montre là qu'une constitution analomique propre, permettant de rapprocher ces dispositions texturales de celles des tissus rangés parmi les parenchymes non glandulaires, à côté des poumons, des branchies en général et autres encore, mais nullement de glandes quelconques.
Le placenta, en un mot, est un parenchyme non glandulaire dont l'origine,
fiOS ŒUF (anatomte et physiologie).
le développement, la structure propre et la fin, sont nettement déterminés. Il est cela et rien autre, au même titre que le sont de leur côté les branchies, les poumons, etc. [voy. p. 562 et 565).
On sait qu'au point de vue physiologique les parenchymes non glandulaires sont caractérisés par ce fait qu'ils ne font que prendre au sang des principes qui s'y trouvent tout formés, venus d'ailleurs, pour les échanger osmotiquement avec d'autres, tout formés aussi, qui se trouvent dans les milienx gazeux, aqueux ou sanguins conligus. D'autres parenchymes non glandulaires comme les reins ne font que prendre au sang les principes cristallisables de désassimilation des tissus, tombés dans ce liquide. Mais ni pour ce cas ni pour les précédents ces parenchymes ne forment chimiquement, dans les épithéliums de culsde-sac on de vésicules closes, des principes spéciaux, qui manquent au sang, qui ne se forment que là ; acte qui caractérise physiologiquement les glandes.
Tous ces faits sont nettement déterminés depuis longtemps par l'anatomie des tissus et des humeurs {voy. Robin, dans Béraud, Éléments de physiologie, Paris, 2^ édit., 1855, t. I, p. 359, et Littré et Robin, Dict. de méd., 1855, et édit. suivantes, art. Placenta et Sécrétion). Or les recherches expérimentales si nombreuses publiées depuis lors et récemment sur le passage des principes toxiques et médicamenteux du sang maternel dans le placenta et le fœtus s'ajoutent à celles de la physiologie pure pour montrer le fait suivant. C'est que les villosités choriales, disséminées ou rassemblées en placenta, ne servent absolument qu'aux échanges endosmo-exosmotiques entre les principes assimihibles par le fœtus, fournis par le sang de la mère, et ceux en bien moindre quantité venant de la désassimilation des tissus fœtaux, que le sang placentaire rend exosmotiquement au sang de l'utérus.
Quant aux principes accidentellement ou expérimentalement introduits dans le sang maternel, qui passent les uns vite et en grande proportion dans le sang fœtal, ou réciproquement, l'étude spéciale de chacun d'eux peut seule faire noter ceux que les parois choriales et capillaires laissent plus ou moins aisément passer "smoliquement. Par rapport au fœtus, le chorion, le placenta, remplissent un rôle qui représente à la fois celui que sur la mère le poumon joue au contact de l'air et celui auquel le rein prend part en ce qui concerne l'excrétion de certains principes cristallisables solubles. Il exerce sur le sang maternel le rôle que la muqueuse absorbante de l'intestin remplit à l'égard des aliments liquéfiés. C'est pour le fœtus à la fois un organe d'absorption, un organe de respiration et un d'excrétion, en tant du moins que le rein fœtal n'élimine pas encore de l'urine.
En tout cas, on n'a jamais constaté qu'il formât un ou plusieurs principes coagulables ou cristallisables, n'existant pas dans le sang, tant maternel que fœtal ; formation qui est précisément ce qui caractérise physiologiquement les glandes, le fait de la Sécrétion.
Nous savons déjà que l'amnios et son liquide ne remplissent qu'un rôle purement physique à l'égard de l'embryon {voy. page 581 et Amnios). Les liquides allantoïdien et amniotique ont la composition des fluides excrémentitiels et rien qui les rapproche des humeurs récrémentitielles telles que le sang, le lait, les salives, les liquides pancréatique, intestinal, etc. Ils n'ont pas comme ceux-ci pour principe immédiat, constitutif, fondamental et prédominant, tel ou tel albuminoïde digestible et assimilable {voy. p. 580, 581 et 585).
A aucune péiioJe ils n'ont également ni composition, ni saveur les rappro-
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chant d'un liquide nutritif quelconque, tel que les préce'dents, la lymphe, la sève des plantes, ni même des sérosités {voy. Séreuses), etc.
Les assertions des auteurs classiques, malgré leur nombre, sur cette prétendue valeur nutritive du liquide amniotique, sont absolument en contradiction avec les données de l'analyse et de l'observation embryogénique. On n'a jamais trouvé dix parties de principes albuminoïdes, y compris le mucus, dans mille parties de liquide amniotique, et le plus souvent il y en a de une à six parties seulement. Dans les sérosités il y en a de vingt-cinq à soixante parties pour mille {voy. Lait, Lymphe, Sang, Séreuses). Les autres principes amniotiques sont de l'urée, de la créatine, de la créatinine, etc., des principes de l'urine, qui se forment par désassimilition des tissus. Les phosphates n'y vont jamais à 2 pour 4000.
C'est préjuger, sinon commettre une erreur formelle, que de répéter avec quelques médecins de nos jours quU est bien certain que le liquide amniotique joue un rôle important dans le transport des matériaux alimentaires qui doivent servir à l'embryon au moment oii il na pas encore de connexions vasculaires avec Vutérus. Dire cela est déjà méconnaître le développement et la constitution de l'amnios des oiseaux. D'autre part, c'est méconnaître ici le rôle de la vésicule ombilicale, en tant que réserve de principes assimilables ; rôle qu'elle ne remplit précisément chez les mammifères que durant l'époque où les vaissaux allantoïdieiis ne vont pas encore rejoindre ceux de l'utérus.
Du reste, rien absolument n'a été fait qui pz-ouve ce transport de matériaux.
Aux premières périodes de cette évolution comme plus tard, ce n'est ni par l'épiderme cutané, ni par celui des rudiments du pharynx, de la bouche et du nez, que pourraient être absorbés ces prétendus matériaux, s'ils existaient et étaient transportés pour servir à la nutrition et à la multiplication des organes embryonnaires, comme le disent les mêmes écrits.
C'est avec l'épiderme fœtal et jamais avec l'épithélium des séreuses que l'amnios est en continuité de tissu. Aussi ses larges cellules épithéliales ne sont nullement semblables à celles des séreuses. Nous savons déjà que le tissu cellulaire mésodermique que l'amnios entraîne en se formant n'a rien non plus de la texture de la trame des séreuses. Attribuer un rôle sécréteur à l'amnios est donc une de ces hypothèses que rien n'appuie, comme on en trouve tant dans les écrits des médecins qui ont laissé de côté l'étude de l'embryogénie, de l'anatomie générale et de la composition des humeurs en tant que choses superflues ; qui laissent de côté tout ce qu'on sait sur le rôle des épithéliums tégumentaires, glandulaires, de ceux des parenchymes non sécréteurs, etc.
Nulle expérience, pouvant prouver cette hypothèse, n'a été faite. Rapprocher cette prétendue sécrétion de celle qu'accomplissent les glandes, ou, si l'on veut, la structure amniotique de la structure soit glandulaire, soit séreuse, serait aller par trop contre toutes les données de la science {voy. p. 602).
On voit par ce qui précède que dans la physiologie de l'œuf il faut distinguer, d'une part, ce qui se rapporte directement à la vie du nouvel être, à la génération, au développement, à la nutrition, aux mouvements, etc., des parties permanentes qni se forment à l'aide et aux dépens du vitellus.
Il faut étudier d'autre part la génération, la nutrition, l'évolution et enfin les usages propres des organes transitoires et caducs, ou enveloppes et vésicules extra-embryonnaires, qui naissent également à l'aide et aux dépens au vitellus fécondé; usages relatifs aussi au nouvel être, en fait, bieu qu'indirt^ctement.
Ch. Robjx.
f(lCT. ENC. ^1" s. XIV^. 39
CIO ŒUF (pathologie).
Bibliographie. — Outre les écrits cites dans le cours de cet article, voyez la bibliographie des articles Avortement, Embrïom, Fécondation, Fœtus, Génération, Grossesse et Menstruation.
§ IL Pathologie. A l'exemple de Cazeaux et de plusieurs auteurs, nous comprendrons sous cette dénomination les annexes du foetus ; ce sont : la caduque {voij. p. 602, 605), le chorion, Vamnios et le cordon; quant au placenta, nous lui réserverons un article à part, à cause de son importance.
Les maladies de ces organes qui ont une existence transitoire et une structure très-simple ne sont ni nombreuses, ni compliquées. Chacune des membranes qui constituent les enveloppes de l'œuf jouit d'une fonction propre, a des attributs différents et possède par conséquent une pathologie spéciale. Néanmoins on conçoit qu'elles puissent être envahies simultanément par le même processus morbide, l'inflammation, par exemple. Mais les faits authentiques d'inflammation des membranes de l'œuf existent-ils dans la science ?
Ce n'est pas que ces organes de nouvelle formation ne soient pas susceptibles de s'enflammer ; ils ont, je crois, dans leur structure, tous les éléments qui conviennent à ce processus morbide ; mais, dès que l'inflammation commence, l'avortement se prépare et les membranes sont expulsées avant d'avoir foimé les produits habituels de la phlogose et amené une réaction générale intense.
La friabilité ou la résistance trop grande des membranes peuvent dépendre d'un vice de nutrition suivant les uns ou d'une inflammation suivant les autres. « N'est-il pas possible, dit Dubois, que cette rougeur, ce gonflement, ce ramollissement, cette consistance comme cartilagii>euse et presque osseuse, signalée par plusieurs auteurs, ces adhérences des feuillets entre eux et avec le fœtus, soient l'effet d'un travail inflammatoire antérieur ou encore existant? »
Actuellement, nous gardons quelque doute à cet égard, car il est vraiment regrettable que toutes les observations ne soient pas d'origine plus récente, et voilà bien des années que pas un fait nouveau n'a été relaté. Sur près de six mille délivres observés par moi, je n'ai pas gardé le souvenir d'un seul cas d'inflammation. Je suis donc disposé d'en conclure, avec Charpentier, qu'il y a eu erreur d'interprétation et que les caillots fibrineux stratifiés ou en régression ont été pris pour des fausses membranes et du pus. Cette distinction s'est faite tardivement et après bien des efforts. En 1854, je passais ma thèse sur le pus, avec Bérard et Cruveilliier pour juges. Une longue et vive discussion s'engagea précisément sur ce sujet entre ces deux professeurs, dont le premier soutenait les idées modernes et l'autre les idées anciennes à propos de la distinction du pus et des caillots de la phlébite.
Je reviendrai sur les détails à propos de chaque membrane en particulier, mais j'avoue de suite qu'il était très-commoJe, en invoquant l'inflammation, d'expliquer les proliférations exagérées, les épaississements, la résistance, la friabilité, les adhérences, les hydropisies et les sécrétions exagérées.
Enfin toutes les membranes sont soumises aux causes traumatiques et au vice syphilitique. Seulement je ne fais qu'en signaler la possibilité, car je n'ai pas de faits à citer.
1. Caduque. La fonction de cette membrane est de fournir des vaisseaux maternels aux villosités fœtales. Son existence est donc intimement liée aiix échanges vasculaires qui se font surtout dans les premiers mois entre l'utérus et l'embryon. Aussi on ne sera pas étonné de voir les hématomes occuper le premier rang comme fréquence et importance dans les affections de la caduque.
ŒUF (pathologie). CH
En 1843, à l'époque où M. Devilliers publia son mémoire sur la caduque, on n'avait que des idées très-incomplètes sur cette membrane, dont le développement et la structure n'avaient pas encore été élucidés par Coste; on admettait avec llunter qu'elle était le produit d'un exsudât amené par la grossesse.
Hématomes. Apoplexies ou hémorrhagie de la caduque. Cet accident est fréquent. 11 a surtout été bien étudié par Devilliers.
Causes. Au moment de la grossesse, un nombre considérable de vaisseaux se développent dans la caduque; ils sont le produit d'une dilatation rapide ; ils sont à parois très-minces et entourés d'un tissu mou, non résistant; toutes ces conditions les rendent friables, et ils se déchirent, soit sous l'influence d'une secousse trop violente, soit à la suite d'une brusque élévation de pression intravasculaire. La congestion menstruelle a suffi dans certains cas pour amener la rupture.
Siège. Jacquemier pensait que l'hémorrhagie provenait toujours des vaisseaux uléro-placentaires, mais Devilliers me semble avoir démontré que les deux surfaces profondes de la caduque utérine et réfléchie peuvent en être le point de départ.
11 est évident qu'on doit rencontrer plus fréquemment des caillots entre la pariétale et l'utérus ; mais ce n'est point une preuve de leur provenance directe de cette membrane ; c'est là le trajet forcé des écoulements sanguins migrateurs qui ont leur source à la périphérie du placenta et qui cheminent au dehors.
L'hémorrhagie se produit aussi entre la réfléchie et le chorion, car la circulation de cette portion de la caduque est très-active pendant l'existence des villosités choriales. Devilliers a cité le premier fait d'apoplexie de la caduque réfléchie et a mis cette variété hors de doute. Dans un avortement à deux mois et demi , on voyait manifestement sur la face choriale de cette membrane cinq petits foyers apoplectiformes disséminés çà et là, formés par des caillots de la grosseur d'un pois. Godefroy de Rennes a fait une observation semblable. 11 a vu des caillots d'ancienne et de nouvelle formation, à la surface choriale du feuillet réfléchi, entre les deux, et sur le feuillet utérin. On a trouvé aussi dans le tissu même de la caduque de petits foyers hémorrhagiques. Lesauvage et Heuzinger ont constaté des caillots sanguins entre les deux feuillets de la caduque. Enfin, quand le raptus sanguin est violent, il rompt toutes les autres membranes et le sang fait irruption dans la cavité amniotique.
État du sang. En s'épanchant, le sang prend des formes diverses, dont il importe de signaler les principales. Tantôt il s'échappe en nappe et décolle la face entière de la caduque utérine ; on le trouve alors sous forme de plaques plus ou moins grandes. Tantôt il présente des noyaux isolés, depuis la grosseur d'une tête d'épingle jusqu'à celle d'un œuf. Ces noyaux forment quelquefois des bosselures saillantes du côté de la cavité amniotique, c'est ce qu'on a appelé quelquefois moles sanguines, quand le sang était de récente formation, et moles charnues, quand il était d'origine ancienne. Je ne reviendrai pas sur ces variétés qui n'ont qu'une importance médiocre.
L'hématome se rencontre principalement au voisinage du placenta où la vascularisation est plus intense; il est même fréquemment disposé en couronne autour de cet organe, ce qui a valu à cette variété le nom de zonaire; on devrait, je crois, l'attribuer de préférence aux hémorrhagies du sinus circulaire.
L'état du sang varie aussi suivant l'époque de l'épanchement : au début c'est
612 ŒUF (pathologie).
du sang pur ; ensuite il ressemble à de la gelée de groseille ; plus tard on y voit des fibrillations ; puis il s'y opère un retrait ; on y découvre un état grenu, après quoi des stratifications apparaissent. A une époque ultérieure, la fibrine stratifiée subit la régression graisseuse et en se ramollissant ressemble à du pseudo-pus {voy. p. 595).
L'hématome de la caduque à terme se présente aussi sous l'aspect d'une plaque jaunâtre.
Symptômes. Si je voulais être complet, il me resterait à décrire les symptômes et le traitement de l'avortement. Ce n'est point ici le lieu. Je me bornerai à dire que l'hémorrhagie peut rester dans l'utérus ou apparaître au dehors; que si le décollement est partiel, la grossesse peut continuer son cours; si au contraire il occupe une étendue trop considérable, il y a avortement. D'après Devilliers, ce sont les aplopexies de la caduque qui en sont les causes ordinaires ; nous verrons à propos du placenta si cet auteur n'a pas été trop loin.
Ce genre d'hémorrhagie, on le conçoit, est plus fréquent au début de la grossesse ; cependant Devilliers a observé des traces d'épanchements récents sur la face utérine de caduques à terme.
Inflammation de la caduque. Si une membrane est susceptible de s'enflammer, c'est bien évidemment la caduque, et cependant j'avoue que tout ce qui a été dit à ce sujet n'est pas de nature à entraîner une conviction absolue.
Virchow l'admet et l'a décrite sous le nom d'endometritis decidua; il dit que la caduque est parfois épaissie et porte la trace d'un processus irritatif. Dugès a vu souvent des exsudais à la face interne de l'utérus et même des collections de pus. Dance a [cité des concrétions pseudo-membraneuses blanchâtres entre les cellulosités de la membrane. A ces faits nous joindrons ceux de Lesauvage, de Brachet et de Dubreuil. Après les avoir lus attentivement, on peut se demander si ce n'étaient pas là des caillots ou une simple hyperplasie.
L'hydrorrhée, la leucorrhée et les adhérences dont nous allons dire un mot ont, avec l'inflammation, un certain lien de parenté.
Hydrorrhée. Fausses eaux, faux travail; aquce spuriœ; Falsche, Wilde Wdsser en Allemagne. On appelle ainsi un écoulement d'eau qui ne trouble pas la grossesse.
Origine. Voici les opinions très-diverses qui ont été émises sur le point de départ de l'hydrorrhée.
Suivant Bœluner et Rœderer, elle serait due à la rupture d'une hydatide située entre l'utérus et les membranes. Cette opinion, qui n'a plus cours aujourd'hui, a régné longtemps dans la science. On a prétendu que le liquide provenait de l'infiltration œdémateuse du tissu cellulaire de l'utérus. Albinus et Fabrice d'Aquapendente le font venir de la rupture de la vésicule ombilicale. Baudelocque croyait à une transsudation amniotique. Burns expliquait celte affection par une augmentation de sécrétion des follicules muqueux du col de l'utérus sous l'influence d'une irritation locale. L'écoulement coulait goutte à goutte ou par flots intermittents, suivant que le col était ouvert ou fermé. Mais, dit Charpentier, la cavité du col est trop petite pour que cette hypothèse soit fondée. Fried et Sigwart admettent un œuf surnuméraire fécondé en même temps, et dont le fœtus a été dissous; Chambon en cite une observation. Delamotte croit à la rupture d'un kyste parliculier.
ŒUF (pathologie). 615
Deleurye soupçonne que le siège est dans l'espace amnio-chorial ; mais Gunther et Lobstein ont prouvé que cet espace disparaissait après le quatrième mois. De plus, Nsegele et Paul Dubois, dans les cas qu'ils ont observés, ont trouvé le chorion et l'amnios intimement accolés.
Camper, Stark et Capuron croient que le point de départ est la cavité amniotique et qu'il y a rupture des membranes dans un point élevé. L'écoulement intermittent serait ainsi expliqué par l'accumulation. Cette opinion a été soutenue par Moreau ; elle a été vivement combattue par Cazeaux, qui n'admet pas la persistance de la grossesse avec la rupture de la poche et qui, dans ce cas, juge l'avortement inévitable. Nous démontrerons plus tard que cette manière de voir est trop absolue, il n'en est pas moins vrai que plusieurs prétendues hydrorrhées ne sont que des cas méconnus de rupture des membranes : témoin le fait d'Ingleby rapporté par Charpentier.
Devilliers a considéré l'hydrorrhée comme une collection liquide produite entre les deux feuillets de la caduque.
Mauriceau, le premier, en a placé le siège entre les membranes et l'utérus; Puzos et Levret se rangèrent à son avis. Mais ce fut Naegele qui, dans un travail de Geil, son élève, en 1822, donna une base scientifique à l'hypothèse de Mauriceau.
L'observation suivante de Duclos, de Toulouse, est une preuve irréfutable de la certitude de cette opinion, puisque l'autopsie a été faite. Une fille de vingtquatre ans avait eu trois grossesses, dont une suivie de la mort de l'enfant, et les deux autres de fausses couches. Au sixième mois de la quatrième grossesse, elle perdit subitement une verrée de liquide jaunâtre. L'écoulement se fit ensuite goutte à goutte. Suicide à sept mois. A l'autopsie, M. Duclos trouva les membranes complètes. L'adhérence du chorion et de l'amnios était intime. Le liquide amniotique avait l'abondance ordinaire. Le fœtus n'offrait rien de particulier. Entre la face interne de Vutérus et les membranes se trouvaient deux poches situées sur les parties latérales. Elles étaient remplies d'un liquide transparent, d'un jaune citrin, analogue aux eaux de l'amnios. On remarquait encore une place d'une couleur opaque et blanchâtre, où les membranes n'adhéraient pas et qui semblait une poche affaissée ; elle avait un prolongement jusqu'au col.
Causes. Monro, Camper, Conradi, admettent un défaut d'équilibre entre l'exhalation et l'absorption. Mauriceau et Besnier ont invoqué la faiblesse de constitution. Basset a signalé la multiparité 24 fois sur 38. Cheston, Devilliers, Sédillot, citent les coups et les violences extérieures. Par le fait la cause réelle est inconnue.
Sijmptômes. Le liquide est jaune, très-limpide ; mélangé quelquefois d'un peu de sang; il a une odeur spermatique et fait des taches raides sur le linge. Ces caractères ne me semblent pas suffisamment précis et il serait utile de l'étudier mieux à l'aide de la chimie et du microscope, car se sont également les caractères du liquide amniotique.
Le mode d'écoulement varie: il est tantôt lent, tantôt brusque, peu considérable ou très-abondant. Hoffmann cite un cas où l'écoulement se faisait goutte à goutte. La déplétion rapide de l'utérus provoque parfois des contractions utérines très-prononcées, l'avortement peut commencer et s'arrêter. C'est à partir du cinquième et du sixième mois que l'écoulement devient plus fréquent. Il peut se répéter trois ou quatre fois avant l'accouchement. La quantité varie de une verrée à deux cents litres (Stein).
614 ŒUF (pathologie).
Un autre caractère de cet écoulement, c'est qu'il a surtout lieu la nuit. Voici à mon avis la raison de ce fait. La nuit, probablement sous l'influence du sommeil, l'utérus, comme tous les muscles innervés par le sympathique, a des contractions, principalement pendant les trois derniers mois de la grossesse, c'est le travail secret de Millot. C'est la cause de la fréquence plus grande la nuit des accouchements et des hémorrhagies par placenta praevia. Ce sont ces contractions qui chassent le liquide hydrorrhéïque.
Le volume du ventre devient quelquefois énorme, alors la fluctuation est trèsfacile à percevoir, les membres inférieurs sont œdématiés.
S'accumulaiit entre l'utérus et l'oeuf, le liquide fait poche et s'écoule quand il a décollé les membranes jusqu'à l'orifice interne de l'utérus. On a supposé que cet orifice était fermé par un bouchon muqueux qui se déplaçait à un moment donné. Il est possible d'expliquer de plusieurs façons le fait de l'écoulement intermittent. L'orifice interne de l'utérus peut être fermé de deux façons différentes, ou bien par l'application exacte de l'œuf; ou bien si le col fait sur le corps une flexion qui oblitère le calibre du canal cervical. Dans ces deux conditions la pression du liquide à un moment donné triomphe de l'obstacle et produit l'hydrorrhée intermittente. L'écoulement du liquide est également favorisé par un déplacement de la femme, par une contraction utérine, ou causé par la rupture spontanée d'un de ces kystes décrits dans l'observation de Duclos. Diagnostic. 11 n'est pas facile de l'établir en l'absence de caractères spécifiques fournis par le liquide conservé ; on constate que l'utérus n'est pas vide; qu'il a sa résistance et sa souplesse. Pour distinguer l'hydrorrhée de l'écoulement amniotique on se basera sur l'absence d'accidents et la continuation de la grossesse. Une erreur est quelquefois cause d'une intervention malencontreuse.
Quant au traitement, il consistera dans le repos et des lavements laudanisés. 11 est donc purement symptomatique et s'adresse seulement à la contraction utérine qu'on s'efforce de calmer pour prévenir l'avortement.
Leucorrhée. Tous les accoucheurs ont signalé des pertes blanches abondantes et glaireuses qui surviennent assez fréquemment chez certaines femmes lymphatiques au début de leur grossesse et qui n'en troublent point la marche. Elles proviennent de la cavité utérine et se forment par conséquent entre les deux feuillets de la caduque. Les follicules de l'utérus et du col excités par la grossesse sécrètent avec activité ; c'est du reste ce qui, pour ceux-ci, arrive normalement vers la fin du neuvième mois.
ADHÉRENCES. La caduquc est normalement adhérente à l'utérus dont elle ne peui se détacher que par un tiraillement produit par l'expulsion placentaire ; mais on a parlé aussi des brides fibreuses {voy. p. 585).
Examinons d'abord les adhérences normales. Dans les premiers temps de la grossesse la muqueuse s'épaissit, mais ne se détache pas. Vers le neuvième mois seulement la caduque tend à se séparer, grâce surtout à la rénovation de la mu- (pieuse utérine, d'oiî il résulte qu'à trois mois la caduque est très-épaisse et très-adhéi"ente. Pour se rendre compte du fait, il n'y a qu'à examiner l'épaisseur énorme de la caduque pariétale et réfléchie après une fausse couche de trois à cinq mois.
Une autre preuve de cette adhésion intime m'a été fournie par deux opérations césariennes post mortem que j'ai pratiquées avant terme. La délivrance a pu se faire avec lenteur, sans précipitation et à ciel ouvert ; tous les assistants ont vu que la caduque ne se détachait de l'utérus que par une série non interrompue
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de déchirures ; il fallait une certaine force pour opérer la séparation. Le fait a été d'autant plus évident que pas une goutte de sang n'a coulé pendant l'opération. Ces deux observations ont été publiées.
L'adhérence de la caduque a pour conséquence première la rétention fréquente du délivre dans les avortements. La caduque retient le placenta, principalement à son collet. Voilà, si je ne m'abuse, l'explication rationnelle de la fréquence plus grande de la rétention placentaire dans les avortements au cinquième mois. Souvent il arrive que le placenta est expulsé avec le chorion et l'amnios et que la caduque est retenue. J'ai fait publier plusieurs observations qui ne laissent aucun doute à cet égard. Pendant toute la période lochiale les femmes ont été surveillées et on n'a pu constater aucune trace de caduque chez la plupart ; sur quelques-unes on a trouvé de légers fragments de membranes et un écoulement fétide. Pour moi il est constant que la caduque, chez certaines femmes, ne mérite plus son nom et qu'elle est persistante après la grossesse.
Si l'union de la caduque et de l'utérus produit parfois la rétention placentaire, à plus forte raison elle peut causer celle du chorion et même de l'amnios en totalité ou en partie. Cette adhésion normale, physiologique lorsqu'elle est rencontrée au milieu des préoccupations d'un accouchement dystocique, est prise habituellement pour une adhérence vicieuse. Pour mon compte, après un nombre considérable de délivrances artificielles, j'en suis encore à chercher les placentas adhérents et les brides cicatricielles. Les adhérences vicieuses ont cependant été signalées par plusieurs auteurs. Brachet et Mordret en ont relaté des exemples, mais ils ne me paraissent pas suffisamment probants. C'est du reste une question qui ne sera tranchée que par des autopsies ; dans la pratique, en effet, les impressions sont trop diverses pour permettre d'établir ce point de la science. Je fus appelé il y a quelques années, pour faire une délivrance, par un confrère de la banlieue de Lyon, assisté d'une sage-femme. Ma lettre de convocation portait : Rétention placentaire par adhérence vicieuse. En arrivant je trouvai le placenta dans le vagin. Rien à la surface du délivre n'autorisait à rapporter la dystocie passagère à une bride. En somme, je ne connais aucun fait certain d'adhérence pathologique de la caduque. A une certaine époque on a fait remarquer que les caillots sanguins si fréquents, ainsi que nous l'avons dit, pourraient être cause de cette adhérence : c'est là une erreur qui a été redressée par les recherches modernes. Les caillots même anciens et parfaitement stratifiés rendent au contraire plus facile la séparation de la caduque et de plus ils augmentent sa friabilité en dissociant les éléments qui la constituent,
L'ExFOMATiox prématurée est considérée comme capable de produire l'avortement dans les premiers temps de la grossesse. Pour que cet acte physiologique important s'accomplisse il faut au début une vascularisation intense de la caduque pariétale et réfléchie. Si le phénomène manque, l'exfoliation se produit. Il ne faut pas alors faire confusion avec les faits nombreux d'exfoliation de la muqueuse utérine dans les cas de métrite pseudo-membraneuse et qui ont donné longtemps le change à cet égard. On croyait autrefois à une grossesse avec avortement au premier ou au second mois. Une observation plus attentive a redressé l'erreur longtemps commise.
IL Chorion. Cette membrane a pour fonction de mettre en rapport les villosités du fœtus avec les vaisseaux maternels que la caduque prépare à cet effet. Au point de vue pathologique ce qui prédominera dans la caduque, ce sont
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des altérations vasculaires et dans le choiion des altérations villeuses {voy. p. 601).
MÔLE vÉsicuLAiRE. Môle hydatiquc, môle hydatoïde, hydropisie des villosités, myxome vésiciilaire. Je place cet état morbide dans les altérations du chorion. Toutefois, je ferai cette réserve que le dernier mot de la science est encore à dire sur le siège de la mole, et qu'il me paraît utile de faire encore de nouvelles recherches à cet égard {voy. p. 606).
Définition. La môle est une tumeur développée dans l'utérus à l'occasion d'une grossesse et composée de vésicules adhérentes à une membrane d'enveloppe.
Division. Dubois et Désormeaux admettent: 1° la môle hydatique embryonnaire ; 2° la môle hydatique creuse ; 5° la môle hydatique en masse.
Je préfère la division de madame Boivin, môleembryonnéeet non embryonnée, qui est bien suffisante, à mon avis ; on pourrait encore admettre d'autres divisions suivant que l'altération a porté sur les villosités ou le placenta complètement organisé, suivant que toute la surface choriale aété envahie ou seulement une partie. Mais, les faits de môles étant rares, ces divisions sont dénuées d'importance.
Fréquence. Sur 20 575 accouchements. Madame Boivin en a observé un seul c;is.
Historique. Sous le nom de môle, dit Charpentier, déjà employé par Hippocrate, Aristote et Galien, les Arabes firent rentrer toutes les tumeurs qui se développaient dans l'utérus. Plus tard on voulut réserver cette dénomination aux tumeurs intra-utérines, produits de grossesse. Pendant longtemps on admit plusieurs espèces de mules, et on a écrit à leur sujet une histoire tout à fait fantaisiste; depuis on a fait justice de tous les faits mal observés, et actuellement ce nom est exclusivement dévolu à la môle vésiculaire. Elle a été signalée pour la première fois en 1565 par Schenck de Grafenberg. Cette intéressante altération a suscité ensuite une foule de travaux oîi les opinions les plus diverses ont été soutenues, nous allons en donner un aperçu.
JSature et siège. Bidloo, Vallisnieri, Soemmerring, en plaçaient le siège dans les vaisseaux lymphatiques ; Reuss, Bartholin, Cruveilhier, dans les vaisseaux sanguins ; Ruysch dans les tuniques vasculaires des villosités oîi s'accumulait de la sérosité ; Velpeau, Désormeaux, Dubois, Matteï, Cazeaux, Gourty, Joulin, Martin Saint-Ange, Robin et Virchow, dans les villosités choriales ; Muller et Ancelet dans la caduque ; Cloquet et Percy admettaient que les vésicules étaient produites par des acéphalocystes : de là le nom d'hydatides. D'après Gierse et Meckel c'est une hypertrophie des villosités avec œdème. Suivant Mettenheinier c'est une transformation en kystes des cellules contenues dans les villosités.
Actuellement trois opinions restent en présence : celle de Robin, qui fait procéder d'une hydropisie des villosités ; celle de Virchow, qui admet une hyperplasie du tissu muqueux fondamental de la villosité, et celle d' Ancelet, qui soutient que les vésicules ont leur point de départ dans la caduque.
Voyons les arguments mis en avant de part et d'autre.
Les idées de Robin ont été si bien exposées par Cayla (Thèse de Paris, 1849) que je crois bien faire de les reproduire longuement.
Description. Les villosités se détachent comme à l'ordinaire à la surface du chorion. Tantôt le pédicule est normal, tantôt il est un peu dilaté, mais toujours cylindrique, dans une longueur de 1 à 2 centimètres. Dans ce cas, il se présente sous forme d'un petit tube membraneux à parois transparentes et plein de
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sérosité ; d'autres fois il offre dès son origine un ou deux renflements fusiformes de 3 à 5 millimètres de long sur 2 ou 3 de large.
C'est au niveau du point où commence à se ramifier le pédicule que commencent aussi à apparaître les dilatations ou vésicules hydatiformes ; à partir du point où les villosités commencent à se ramifier, on voit les branches se renfler d'espace en espace. Leur volume est variable depuis une noisette jusqu'à être à peine perceptible à l'œil nu. Tantôt une villosité entière est transformée en grappe de groseilles ; sur les plus grosses vésicules se trouvent souvent insérées deux à ti'ois vésicules plus petites au moyen d'un pédicule très-étroit, portion de branche qui ne s'est pas dilatée; le volume du pédicule varie de 1 à 2 millimètres de long ; son épaisseur est environ de 1 millimètre de diamètre ; quelquefois il laisse refluer le liquide d'un vésicule à l'autre ; souvent il est oblitéré. D'autres fois, au lieu d'un grand nombre de vésicules uniformes, on n'en trouve que quatre à huit, du volume d'une noisette ; puis, soit sur les branches qui en partent, soit sur les rameaux voisins, on trouve un grand nombre d'autres vésicules, d'un grain de millet à un grain de chènevis. Toutes sont unies par des pédicules et forment ainsi des grappes bizarres.
Les vésicules sont ovoïdes et sphériques, étirées du côté du pédicule, piriformes à l'extrémité. Çà et Là, soit sur les pédicules, soit sur leurs divisions, on aperçoit de petites vésicules de forme irrégulière, hérissées de prolongements longs de l à 2 millimètres, tantôt sous forme de digitations, tantôt un peu renflés en vésicules.
Le microscope permet de reconnaître sur les pédicules ou sur les parois des tystes ou prolongements en cul-de-sac et d'autres vésicules en voie de formation.
Texture des grappes hydatiformes. En général, faciles à isoler les unes des autres, souvent intriquées comme dans le placenta. On a alors un gâteau de kystes épais comme le placenta et même plus à texture inextricable. Au milieu de cette masse, on trouve des villosités à peines altérées.
Contenu des vésicules. Parois minces de 0™'",2 à 0""",3 d'épaisseur, demitransparentes, résistantes. Face intei'ne lisse. Pas de divisions cellulaires admises par Cruveilhier. Pas de traces de la cloison médiane. Le contenu est une sérosité rougeàtre plus ou moins incolore, transparente, fluide, tenant en dissolution de l'albumine, coagulable par l'alcool ou l'acide nitrique. Aucune trace de cysticerques ni d'échinocoques.
Le liquide contient deux sortes de cellules spéciales à peu près en égal nombre, fort peu abondantes.
Les premières sont sphériques, transparentes, à bords nets, réguliers, mais pâles, à un ou deux noyaux sphériques de 0'"'",012 à 0""",015. Le contenu de la cellule est composé de très-fines granulations moléculaires grisâtres assez pâles, d'égal volume.
Les noyaux plus transparents renferment moins de fines granulations, on trouve à leur centre un nucléole de 0,001 au plus, à bords assez froncés, assez brillants. Ces cellules ne peuvent se rapporter à aucun élément anatomique des autres tissus.
La seconde espèce de cellules appartient à l'épithélium pavimenteux. Elles ont un noyau ovoïde et un nucléole parfaitement distincts, et ne diffèrent des autres cellules d'épithélium pavimenteux, à l'état naissant, que par des granu-
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lations moléculaires à contours nets, très-foncés, à centre brillant, réfractant la lumière en jaune. Quelques-unes sont sphériques. Les -autres sont inégalement polygonales comme dans tous les épilhéliums pavimenteux. Elles contiennent un grand nombre de granulations moléculaires situées surtout autour du noyau. Dans les intervalles de ces granulations se voit une très-fine poussière de granulations moléculaires grisâtres.
L'origine de ces cellules est difficile à comprendre, si l'on admet que les kystes se sont formés après la pénétration des vaisseaux, car il n'y a plus d'épilhéliuni pavimenteux dans les vaisseaux capillaires.
Ces cellules viennent-elles de la face externe de l'amnios et ont-elles pénétre dans la cavité des villosités non vasculaires ?
Les parois des vésicules sont formées par le tissu chorial, tissu spécial. Il n'y a de différence que dans une très-grande quantité de granulations moléculaires dont est parsemé le tissu cborial. Quelquefois, au lieu de ces granulations moléculaires brillantes, on trouve dans les parois des kystes et des pellicules une très-grande quantité de granulations grisâtres, en général très-fines, très-rapprochées les unes des autres, au point de masquer le tissu chorial.
Après cette description Cayla conclut que ces vésicules hydatiformes ne sont que des dilatations des villosités choriales.
Nous avons vu que l'hydropisie survient quand le placenta est complètement organisé, mais cette altération peut débuter à une époque plus rapprochée de l'apparition de cet organe. C'est ce qu'indiquent les grappes isolées et les exemples d'œufs expulsés en entier, dont toute la face choriale était couverte de grappes de vésicules; ce qui prouve que les villosités se sont altérées aune époque où le chorion était entièrement villeux, c'est-à-dire au début de la conception.
Voici encore quelques notions fournies par Robin. Les parois des vésicules sont formées de deux tuniques : l'une externe offrant la structure du chorion, l'autre interne, très-transparente, composée de tissu cellulaire entre croisé et de noyaux fibro-piastiques interposés. La face interne est lisse.
Le liquide qu'elles contiennent est transparent, quelquefois coloré en rouge par de l'hématine dissoute.
Dans les villosités envahies on ne trouve pas trace de vaisseaux, et, si le fœtus vit encore, c'est qu'un certain nombre de villosités a échappé à l'hydropisie, a reçu des vaisseaux allautoïdiens et a pu former un placenta.
Quand le processus morbide date du début de la grossesse, toutes les villosités-sont envahies, l'embryon frappé de mort se dissout; on trouve alors l'œuf vide ou un débris de cordon.
Pour Yirchow l'état morbide qui nous occupe est caractérisé par l'hyperplasie du tissu muqueux de l'élément fondamental normal des fines villosités choriales. On ti'ouve toujours à un degré quelconque cette hyperplasie morbide dans les avortements. Il lui donne le nom de Mijxome du chorion, c'est-à-dire de la gélatine de Warthon, qui est un tissu graisseux imparfait et qui a ses caractères propres.
D'après l'auteur allemand les villosités soit normales, soit atteintes de myxome, sont formées : i" par un revêtement épithélial provenant delà caduque ; 2" par un corps de tissu muqueux; 5° par des vaisseaux.
Les vésicules sont suspendues ensemble sous forme d'ombelles; si l'on en
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pique une, il s'écoule un liquide onctueux qui présente la réaction de la mucine.
L'afTection débute sous forme irritative par une multiplication de noyaux et de cellules ; il n'y a pas toujours atrophie des vaisseaux, cela dépend de l'époque où l'affection a débuté.
La lésion des membranes est primitive ; elle est transmise par une irritation qui vient soit de l'utérus, soit du sang de la mère.
Ces idées ont été adoptées par Scbrôder, et voici comment il décrit la genèse de la mole vésiculaire ou myxome multiple.
Le tissu conjonctif est apporté au chorion par l'allantoïde. C'est sur lui principalement que porte l'hyperplasie. Elle débute par l'épilhélium des villosités et par l'accumulation de la substance muqueuse intercellulaire, qui devient si considérable que les villosités hypertrophiées présentent l'aspect de petits kystes remplis d'une sérosité claire, disposés en grappes et suspendus par de fins pédicules. Si cette dégénérescence se produit dans les premiers mois, à l'époque où toutes les villosités choriales fonctionnent, l'œuf apparaît composé de vésicules rondes à toute sa périphérie. Si le placenta est déjà formé, la dégénérescence porte sur cet organe et rarement sur les villosités choriales qui sont alors atrophiées. Cependant Winogradow a trouvé à quelque distance du placenta un myxome circonscrit du chorion lœve du volume d'un oeuf d'oie.
Exposons maintenant les idées de M. Ancelet. D'après lui la théorie du point d'origine dans les villosités est basée sur trois ordres de preuves : l'identité de structure, le mode de ramification, la situation des grappes.
Au point de vue de la situation, M. Ancelet s'est livré à une étude sérieuse des faits. Voici son raisonnement : si les villosités sont le point de départ de la mole, les vésicules doivent être en dehors du chorion. Sur 106 observations qu'il a dépouillées 47 seulement ont pu lui servir pour résoudre la question ; 7 fois seulement les vésicules peu développées siégeaient à la face externe du chorion. Elles étaient suspendues à l'intérieur d'un sac membraneux dans 15 cas. Elles adhéraient au placenta plus ou moins dégénéré dans 17 observations ; mais c'était du côté de la face fœtale.
Examinons en second lieu le mode de ramification.
Millot parle de longues queues à chacune desquelles tiennent 8 ou 10 vésicules par des pédicules; Destrez, d'un pédicule commun ; Franche, d'une lige centrale ramifiée ;Depaul, d'une tige commune formant des gi-appes nombreuses; Gibert, d'un pédicule formé de tissu cellulaire. Suivant Pelvet, elles ibrment des chapelets couchés à la face interne de l'utérus et appendues à une membrane commune.
Dans les observations où la description est précise, dit Ancelet, on ne parle plus de grappes ; il y a un réseau. Les vésicules sont attenantes les unes aux autres et à une membrane commune. L'adhérence des vésicules se fait par un pédicule et des filaments. Le pédicule disparaît à mesure que la vésicule croît et est remplacé par des filaments.
Ancelet ne pense pas comme Yallisnieri et Cayla que les vésicules communiquent ensemble. En résumé, dit-il, le mode de ramification ne prouve pas que le point de départ est dans les villosités.
S'occupant ensuite de la structure, il n'y trouve pas la preuve suffisante que le chorion soit le point de départ de l'affection et, après avoir exposé toutes les recherches modernes, il est d'avis que la science n'est pas encore faite sur ce
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point et il arrive à cette conclusion : Les vésicules ont pour siège la caduque directe ou réfléchie. On peut admettre qu'elles ont leur point de départ dans les glandes de la muqueuse utérine. Sous l'influence de l'imprégnation il se fait une production, par poussées successives, par un travail exogène, de vésicules indépendantes, adhérentes les unes aux autres, revêtues d'une membrane commune tendant à s'isoler à mesure qu'elles se développent.
Les idées d'Ancclet ne sont pas adoptées, mais j'avoue qu'elles sont présentées avec talent et que pour mon compte elles ont ébranlé quelque peu mes convictions. Je lui ferai toutefois la remarque suivante : l'argument capital sur lequel il base sa théorie est la saillie que font les vésicules dans la cavité utérine où elles pendent. C'est là un fait dont personne ne nie la fréquence. Mais que les vésicules partent des utricules de la caduque ou des villosités du chorion, a faut toujours qu'elles repoussent cette seconde membrane, dont elles se coiffent pour devenir saillantes et pendantes dans la cavité utérine. Elles se comportent vis-à-vis du chorion comme le fibrome qui devient polype vis-à-vis de la muqueuse utérine. Le principal argument d'Ancelet ne me paraît donc pas avoir toute la valeur qu'il lui attribue.
Etiologie. L'hyperplasie peut provenir d'un processus irritatif ayant son point de départ dans la caduque ou le sang maternel; car on l'a vue survenir plusieurs fois chez la même femme et dans un cas de myome utérin interstitiel. D'autre part elle peut être primitive, puisqu'on l'a trouvée à côté d'un œuf normal.
Ces villosités ainsi altérées ne peuvent nourrir le fœtus qui succombe ; on le trouve habituellement macéré dans la cavité amniotique; quelquefois il est résorbé et il reste un rudiment de cordon.
Schrôder s'élève contre l'opinion d'Hecker que le bourgeonnement des villosités choriales est la conséquence d'une absence primitive de l'allantoïde, et de fait c'est là une hypothèse qui anéantirait l'explication de Schrôder. Admettre que l'allantoïde a végété sans vaisseaux me paraît difficile, car on ne peut comprendre le bourgeonnement de cette vésicule sans production vasculaire.
Symptômes et diagnostic. Les symptômes cliniques ne sont pas absolument constants. Ils varient nécessairement suivant que le fœtus est vivant ou qu'il est mort, et à plus forte raison s'il n'existe plus. Si le fœtus est vivant, les seuls symptômes sont habituellement l'écoulement séreux dans l'intervalle de métrorrhagies répétées, et l'expulsion de quelques vésicules détachées.
Quand le fœtus est mort ou n'existe plus, on peut soupçonner l'existence de la môle, si le volume de l'utérus ne correspond pas exactement à l'époque présumée de la grossesse ; si ce volume n'augmente pas suffisamment ou s'il augmente trop vite. Dans un fait de Depaul l'utérus à quatre mois dépassait l'ombilic de quatre doigts. A partir du cinquième mois on ne perçoit plus les battements du cœur, ni les mouvements actifs ; mais on entend généralement le bruit de souffle. En faisant le palper abdominal on perçoit à la surface de l'utérus des bosselures qui n'ont aucune analogie avec celles du fœtus. Enfin Gardien a encore signalé des syncopes.
L'avortement n'est pas la règle absolue, Schrôder cite des cas de prolongation de grossesse. Voici du reste un tableau dressé par madame Boivin sur 52 cas de grossesse hydatique.
La durée de la gestation hydatique a été :
ŒUF (pathologie). 021
1 fois de u mois.
'' 7 mois et 8 jours.
■* 7 mois.
"^ 5 mois et demi.
" 5 mois.
52 cas.
L'apparition de la perle de sang a varié du quarante-cinquième jour au quatorzième mois. Pendant la durée de cette grossesse pathologique les femmes sont parfois tombées dans l'anémie, dans l'émaciation, et ont été en proie à une fièvre continue, probablement sous l'influence de pertes séro-sanguinolentes et peut-être d'un peu de résorption putride. L'accouchement a été accompagné dans plusieurs cas de douleurs très-vives, d'une dilatation lente et de métrorrhaTies abondantes ; mais souvent aussi la môle a été expulsée très-facilement ou d'un seul bloc ou en deux ou trois fragments. Au moment de la dilatation du col le toucher fait percevoir une masse spongieuse. Dans la plupart des cas les suites de couches ont été bonnes ; la fièvre de lait s'est développée comme à l'état normal.
En résumé, les éléments essentiels du diagnostic sont d'abord les signes probables d'une grossesse pendant le deuxième, troisième ou quatrième mois • ensuite à partir de cette époque la constatation que l'utérus reste plein et que les autres signes de la grossesse ont cessé.
On conçoit combien d'incertitudes assiègent le praticien en face de symptômes aussi obscurs et aussi peu certains.
Pronostic. La gravité de l'affection dépend des hémorrhagies répétées qui peuvent produire la mort et qui tout au moins jettent la femme dans un état d'anémie progressive et surtout dans l'écoulement putride qui amène rapidement l'intoxication. Les cas de mort cités parles auteurs sont nombreux, Krieoer et Wilton en citent deux. Dans un cas, exceptionnel sans doute, publié par Volkmann, la masse des villosités dégénérées avait poussé des bourgeons à l'intérieur des sinus utérins et avait détruit le tissu de l'utérus. Jarotzky et Waldeyer ont publié un fait semblable. Cette pénétration dans le tissu utérin, dit Schrôder, doit rendre l'expulsion difficile. Mott a même cité un cas de rupture de l'utérus ; madame Boivin également. Depaul a vu la môle hydatiforme se reproduire dans trois grossesses successives.
Quant au fœtus, sa mort est la règle, mais, s'il ne succombe pas, il vient au monde malingre. Dans un cas ThuUier a vu un groupe de vésicules être expulsé et la grossesse continuer.
Traitement. On ne possède aucune donnée pour arrêter le développement de la néo-formation. Toute la médication devra consister à combattre les hémorrhagies et à solliciter l'expulsion. Le tampon et l'ergot de seigle remplissent cette double indication. On pourra recourir à des moyens plus actifs, si le cas est urgent.
Quand le col est dilaté il faut enlever la môle soit avec la main, soit avec une pince à faux germe.
622 ŒUF (pathologie).
Enfin je dirai qu'on a attribué à l'inflammation certaines altérations du chorion. Dance a vu entre cet organe et l'amnios une couche plastique de fausses membranes minces et molles avec un peu de pus véritable. Simpson a fait une remarque analogue. Velpeau a décrit un chorion opaque et rugueux. Ilohl et Cruveilhier ont signalé des adhérences anormales qu'ils attribuent à d'anciennes inflammations. Nous reviendrons dans un instant sur cette question.
Si l'allantoïde par suite de la mort du fœtus ou pour une cause quelconque ne porte pas de vaisseaux dans les villosités et que ces organes ne s'implantent pas dans la caduque, ils subissent l'atrophie.
L'hyperplasie conjonctive avec oblitération des jvillosités se rencontre aussi dans certains produits d'avortement,
m. Amnios. Cette membrane a pour fonction de sécréter le liquide amniotique {voy. p. 608, 609).
Inflammation. On a prétendu que l'amnios ne pouvait pas s'enflammer parce qu'il n'avait pas de vaisseaux; on n'a pas réfléchi que la cornée, la plèvre et le péritoine, étaient dans le même cas. Il n'y a pas de vaisseaux sur l'amnios, c'est vrai, mais il pourrait s'en former, et c'est même là un caractère essentiel et probant de l'inflammation. Examinons donc les faits. 11 y en a quatre dans la science ; ils sont anciens et classiques, à ce point qu'on les trouve dans tous les ouvrages.
1" Mercier en 1812 observa sur l'amnios une fausse raernbrane adhérente concrète; le liquide était trouble et renfermait des flocons albumineux; la surface était rouge, vascularisée ; il y avait de la fièvre;
2° Dance cite un cas analogue d'inflammation de l'amnios avec fièvre. C'était chez une primipare grosse de quatre mois. Le fœtus vint mort ; après l'avortement on trouva sur l'amnios des fausses membranes molles avec du pus. Le chorion était comme squirrheux ;
0° Ollivier d'Angers après un avorleraent trouva l'amnios épais, blanchâtre, avec vascularisation ;
4" Brachet cite également un cas analogue. Des fausses membranes et des vaisseaux existaient sur l'amnios.
Il est vraiment regrettable que tous ces faits ne soient pas d'origine plus récente; leur ancienneté atténue leur valeur, d'autant plus qu'ils ne se sont pas reproduits. Dance croit avoir vu du pus : j'ai dit déjà que cette simple affirmation pouvait être mise en suscipion à cause de l'époque où elle a été formulée, mais dans les faits de Mercier, d'Oilivier et de Brachet, la vascularisation de l'amnios a été positivement indiquée. Ou est donc dans la nécessité ou de nier les faits ou d'admettre l'inflammation de l'amnios.
Hydropisie de l'amnios. C'est une exagération de la quantité du liquide amniotique. A quel point précis commence l'état morbide? Nul ne peut le dire positivement. 11 me semble cependant qu'on peut admettre l'iiydramnios quand il y a plus de deux litres de liquide.
Jacquemier a établi une distinction dont l'observation des faits n'a pas paru démontrer la nécessité. Il admet une hydropisie active à marche rapide et une autre passive.
Causes. On a invoqué l'inflammation ; Mercier a cité un fait probant et Godefroy une plaque pseudo-membraneuse. Mais en général on n'a pas démontré
ŒUF (pathologie). 62j
son influence étiologique. Lee l'attribue à la mauvaise santé du foetus, mais c'est là une pétition de principes. Merriman a également invoqué l'hydropisie de la mère et l'influence de la syphilis, sans cependant en fournir des preuves décisives. D'après Mac-Clinlok, l'hydropisie est plus fréquente chez les multipares, et suivant Jacquemier dans les grossesses doubles ; la proportion est de 28 à 5. De plus sur 50 accouchements il y eut 25 filles contre 5 garçons. Elle est rare avant le cinquième mois.
Churchill reconnaît pour cause un excès d'activité sécrétoire. Faute de mieux on est bien obligé de se ranger à celte opinion avec Dubois et Désormeaux, qui ont cité des faits sans altération des membranes.
Symptômes. Le ventre augmente rapidement et présente vers le cinquième ou sixième mois un volume égal et même supérieur à celui de la grossesse à terme. C'est le phénomène capital. La fluctuation de la tumeur abdominale est facilement perçue. La quantité de liquide a été estimée de 16 litres par Baudelocque et a pu atteindre même 25 litres. Je ne connais pas d'analyse chimique faite. La malade éprouve une douleur vive ou sourde, et même une inflammation violente. Le ventre est tendu et dur comme une planche. La suffocation survient avant même que le ventre ait atteint le volume de la grossesse à terme; c'est, dit Scarpa, à cause de son développement brusque et rapide. Cette dyspnée provient de la compression des organes Ihoraciques ; la respiration devient sifflante, la malade éprouve des palpitations. C'est un état analogue ù celui qu'on observe dans les grossesses avec cyphose très-prononcée. La coexistence de l'ascite a été notée fréquemment ; on a aussi rencontré l'œdème des membres inférieurs ; l'enfant est mal développé, quelquefois mort. Sous l'influence des mouvements actifs ou passifs, il change très-facilement de place. L'avortement arrive souvent. Ingleby ayant dit avoir vu l'écoulement du liquide se faire et la grossesse continuer, Cazeaux lui a objecté qu'il avait été probablement en présence d'une hydrorrhée.
Diagnostic. 11 est difficile et obscur tant que la grossesse n'est pas avancée, car on pourrait croire à un fœtus énorme ou à une grossesse gémellaire. Plus tard, l'étendue du ballottement et le volume du ventre comparé à l'époque de la grossesse servent principalement à l'établir, toutefois il est bon de se souvenir que les mouvements du fœtus sont faibles. C'est avec les kystes de l'ovaire qu'il serait le plus facile de confondre l'hydramnios. Mais, dans cette dernière affection, il y a des signes de grossesse et, par le toucher vaginal, on peut apprécier le développement de la cavité utérine et même la fluctuation. L'ascite se différencie par le changement du liquide, suivant la position de la malade.
Pronostic. Il est grave pour l'enfant. Sur les trente-trois cas de Mac Clintok, il y eut 9 mort-nés, et 10 enfants moururent dans les premières heures.
Dans quatre cas que j'ai observés, un seul enfant vint au monde bien portant; un autre, affecté de spina bifida, était mort-né. Les deux autres étaient mal développés et succombèrent après quelques inspirations, malgré tous les moyens mis en usage. Bunsen, Kill et Tarnier ont cité l'hydrocéphalie, Godefroy le bec de lièvre. Dans un des cas vus par moi, le placenta avait un volume énorme, fait déjà signalé par Kill.
Le pronostic est habituellement dépourvu de gravité pour la mère. Beaucoup de femmes sont cependant incommodées plus ou moins sérieusement par le
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volume énorme de leur ventre. Quelquefois, on a vu la poche se rompre, le liquide s'écouler et la grossesse continuer. Enfin chez certaines femmes l'affection s'est reproduite dans des grossesses successives.
Traitement. Une médication variée a été employée. On a recommandé la diète sèche, le fer et le quina ; Burns a vanté les bains froids ; malgré tous ces moyens, le mal augmente toujours. Quand il acquiert une gravité incontestable, que la vie de la femme est menacée, il faut se résoudre à faire l'accouchement prématuré par un des procédés généralement usités. Celui qu'on préfère généralement est la ponction. Cette dernière opération se pratique par le vagin ou par la paroi abdominale. Si on agit par le vagin, ce qui est moins facile, Guillemot conseille, après avoir pénétré dans l'utérus, de perforer haut, afin de garder en réserve une certaine quantité de liquide et retarder ainsi l'accouchement. Camper et Scarpa, redoutant l'oblitération du col, ce qui est une crainte bien chimérique, vu la rareté de cet accident, conseillent la ponction abdominale. Cette opération a été pratiquée avec succès un certain nombre de fois, et entre autres par Levrat.
Sécheresse amniotique. Elle est dangereuse au début de la vie embryonnaire. Les capuchons de l'amnios, n'étant pas écartés par une quantité suffisante de liquide, forment des soudures anormales avec les organes et des brides qui peuvent persister, en produisant des incisions et même des amputations spontanées. Dans un cas, j'ai observé une brièveté du cordon et une déformation de la tête fœtale.
Altération du liquide. 11 peut subir certaines altérations compatibles avec la vie et la santé du fœtus, et d'autres qui se produisent quand il est malade ou mort.
Le caractère habituel du liquide amniotique est d'être limpide, incolore et transparent, mais il n'est pas rare, à la suite d'une bonne grossesse, heureusement terminée, de le rencontrer trouble, louche, filant, contenant des grumeaux blanchâtres, pris à tort pour des concrétions purulentes et qui ne sont que des débris d'épithélium et de la matière sébacée du fœtus ; on y voit aussi des poils follets. Je l'ai observé d'un jaune intense dans un cas de jaunisse.
Dans quelques cas rares, le liquide amniotique a une odeur désagréable, quoique lefœtus soit bien portant. D'après Stoltz, une ouvrière de la manufacture de tabac de Strasbourg répandit une odeur infecte de tabac au moment de l'issue du liquide amniotique. Niegele cite un cas difficile à croire, oiî le liquide, doué de propriétés irritantes, avait macéré l'épiderme d'un enfant vivant, qui ne se rétablit qu'au bout de quinze jours.
Un liquide qui est teinté de méconium est pour moi une preuve absolue que le fœtus souffre ou a souffert. Dans ce cas, en cherchant bien attentivement la cause, il est rare qu'on ne trouve pas, ou des circulaires du cordon, ou un décollement prématuré du placenta. La coloration méconiale peut varier depuis une nuance légère jusqu'au vert très-foncé. Je pense que c'est à l'intensité du principe colorant de la bile qu'il faut attribuer ces prétendues eaux noires signalées quelquefois.
Si le fœtus est en voie de macération, la matière colorante de son sang qui s'infiltre partout en s'altérant donne aux eaux de l'amnios une couleur rougeâtre et sanguinolente, qui est un indice positif de la mort. Cette coloration n'est jamais d'un rouge bien vif; en voici la raison : quand le fœtus est mort depuis peu de jours, une petite quantité d'hématine a pu s'extravaser dans l'amnios.
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Quand la mort est ancienne, l'hématine s'altère et perd son pouvoir colorant. On voit aussi le liquide devenir brunâtre comme le sang.
Déchirures des membranes pendant la grossesse. Soit à la suite d'un choc ou d'une contraction utérine, les membranes subissent des déchirures.
Des observations onte'té citées par Burgers, Dubois, Guillemot, Velpeau, et par Ingleby. Dans le fait, très-détaillé, de ce dernier, le liquide, sortant par une déchirure des membranes bien constatée, s'écoulait la nuit.
Cet accident n'est pas essentiellement suivi d'avortement, surtout quand la rupture a eu lieu dans un point élevé. En pareille circonstance, l'écoulement est intermittent. Poullet a fait de ce signe un élément de diagnostic de l'insertion vélamenteuse du cordon. Suivant sa théorie, lorsque cette anomalie existe, les mouvements du fœtus déchirent les membranes par les tiraillements qu'elles exercent sur elles. Le repos, dans ce cas, est susceptible de prévenir l'avortement.
Dans les derniers temps de la grossesse, l'amnios se déchire parfois, tandis que le chorion conserve à l'œuf son intégrité. La torsion de l'amnios dans l'œuf par suite des mouvements actifs du fœtus peut alors, d'après Braun, déterminer la formation de brides qui comprimant le cordon et compromettent ainsi la vie du fœtus.
Il n'est pas rare de voir le liquide amniotique s'écouler huit ou dix jours avant le début du travail. En examinant le délivre, on constate alors une déchirure près de l'insertion placentaire. C'est dans ce point que les tiraillements ont le plus de chance d'amener une solution de continuité. Cet accident est favorisé par une friabilité des membranes, qui provient d'un vice de nutrition ou de la dissociation de leur tissu par un hématome, ou bien encore d'une conformation vicieuse, comme dans les cas d'insertion vélamenteuse dont nous avons parlé.
IV. Cordon. Les états pathologiques de cet organe sont assez rares, mais non dénués d'intérêt.
Adhérences. D'après Simpson, Meckel, Wrisberg et Jacquemier, le cordon est susceptible de s'enflammer et de contracter des adhérences, soit avec le fœtus, soit avec les membranes.
Les adbérences du cordon ont été trouvées souvent, mais rien ne prouve que la phlogose les ait produites. C'est là un fait tératologique qu'on constate et dont l'explication nous échappe. Les adhérences du cordon au corps du fœtus viennent de la brièveté de cet organe, d'après Houel ; elles se font seulement à la voûte du crâne et à la région abdominale. Dans (e premier cas, il y a hernie ou absence de cerveau ; dans le second, éventration. Geoffroy Saint-Hilaire avait admis que toutes les difformités étaient produites par les adhérences de l'amnios ou du cordon. Cette théorie aussi exclusive ne compte plus de partisans. En résumé, les conditions pathogéniques du développement des adhérences funiculaires sont assez peu connues, mais il est probable qu'elles se font dans la période embryonnaire en dehors de l'inflammation.
Épaisseur du cordon. Le cordon est quelquefois trop volumineux. Mauriceau cite un cordon de la grosseur d'un bras de fœtus. Dans une observation rapportée par Voisin, l'avortement se produisit à six mois et le cordon offrait trois fois le volume qu'il doit avoir à cette époque {voy. Cordon ombilical).
DICT. ENC. 2' s. XIY. 40
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Il peut être axissi trop mince. Morgagni cite un cas de ténuité extrême à laquelle il attribua la mort du fœtus.
Lésions des vaisseaux du cordon. J'emprunte à la thèse de Chantreuil d'utiles renseignements sur ce sujet.
Veine ombilicale. Les varicosités de ce vaisseau forment quelquefois des tumeurs assez volumineuses. Elles peuvent avoir pour conséquence d'entraver la circulation, au point de s'opposer au développement de l'enfant; quelquefois elles se rompent dans la cavité amniotique et amènent la mort du fœtus. Dans le fait de Pluskal, le cordon volumineux était replié sur lui-même; sur ce point existait une poche variqueuse du volume d'un œuf de poule, à parois minces, dont la rupture spontanée avait déterminé la mort du fœtus à terme.
L'hémorrhagie consécutive à la rupture est, dans le cas suivant, restée dans l'épaisseur de l'organe. Deneux a observé dans l'épaisseur du cordon une virole fibrineuse complète, résultant d'un épancheraent sanguin qui étranglait et oblitérait les vaisseaux ombilicaux sur ce point. L'enfant était mort depuis longtemps.
Jacquemier signale aussi des dilatations considérables de la veine. Dougall rapporte un exemple d'anévrysme artério-veineux de la grosseur d'un œuf de poule, faisant communiquer ensemble les vaisseaux ombilicaux près de l'extrémité placentaire du cordon.
Les vaisseaux ombilicaux peuvent être rétrécis ou complètement oblitérés. On comprend que la santé et la vie du fœtus en soient compromises.
Les cas les plus intéressants de mort du fœtus par altérations vasculaires sont relatifs à la phlébite avec tbrombose de la veine ombilicale ; ils sont au nombre de trois. Dans le fait de Depaul, la veine ombilicale était dilatée à son point d'émergence du placenta ; ses parois étaient épaisses, sa surface interne rugueuse et, dans le point malade, il y avait un caillot adhérent de couleur grisâtre. Le fœtus était macéré.
Scanzoni rapporte un cas dans lequel la phlébite était généralisée dans tout le cordon et se continuait jusqu'au foie.
Le troisième cas est dû à Gavasse. Une femme enceinte de huit mois cesse de percevoir les mouvements de son enfant. Vingt jours après, elle accouche d'un fœtus macéré. Le cordon, à 2 centimètres de l'ombihc, diminue brusquement; il devient cordon fibreux. On trouve dans la veine ombilicale un caillot fibrineux blanc ; le rétrécissement porte exclusivement sur la veine. Ainsi, dit Gavasse, la veine ombilicale peut être atteinte de phlébite.
D'après Bley, on a recueilli dix-neuf observations de sténose du cordon, ayant produit l'atrésie et la mort du fœtus. Les causes les plus habituelles sont l'état athéromateux des artères. En résumé, la même question se pose de nouveau pour nous. Des hématomes ont été constatés dans la veine ombilicale; on a attribué leur formation à la phlébite : mais ne pouvait-on pas en expliquer autrement la formation ? Je pose la question sans me charger en ce moment de la résoudre. X. Delore.
<ELIF DE POULE. Bromatologie et emploi médical. 1. 11 a été déjà parlé des œufs de poule, à propos de l'espèce galline {voy. Goq). La détermination de la nature anatomique et physiologique de ses parties constituantes, la coque ou coquille, la membrane de la coque, le blanc 'et le jaune, a été donnée ci-contre (page 571) à l'article Œuf. Mais il n'y a été rien dit de leur emploi
ŒUF DE POULE (bromatologie et emploi médical). 627
alimentaire et the'rapeutique. Du reste, si nous ne nous occupons ici que des œufs de poule, c'est qu'ils sont presque les seuls employés en Europe à l'alimentation. Il s'en consomme à Paris, annuellement, 120 à 150 millions au moins ; mais on sait qu'il se vend aussi sur nos marchés des œufs de dinde, de €ane, d'oie, de pintade. Ceux d'autruche, de cygne, d'outarde, de vanneau, etc., peuvent être également utilisés.
Les œufs de poule, en dehors des influences de la constitution individuelle du père et de la mère, présentent des différences notahles de grosseur qui tiennent à la différence de race. Au marché de Paris, les plus gros viennent de Normandie, les plus petits de Picardie, les moyens de Flandre. Le genre de nourriture paraît être, à cet égard, assez indifférent ; mais il ne l'est pas quant à la saveur de l'aliment. Les œufs de poules nourries surtout de graines sont plus savoureux que ceux des poules qui consomment beaucoup d'herbe; l'odeur même de certaines piaules aromatiques peut s'y retrouver. 11 est des œufs qui manquent presque entièrement de coquille. Ce phénomène se produit particulièrement chez les poules tiop grasses; une trop petite quantité de substances calcaires avalées avec la graine peut vraisemblablement y contribuer.
A Paris, les œufs ne sont livrés à la consommation que rnii^és : celte opération qui consiste à les examiner un à un à la lumière transparente de la lampe est pratiquée dans les caves de la halle par des agents assermentés : elle leur suftit à distinguer nettement les œufs gâtés des œufs sains. Ces agents se rendent, si on le désire, au domicile des acheteurs en gros. Les œufs tachés sont mis de côté et le prix en est déduit à la charge du vendeur. Il n'est pas sûr néanmoins qu'ils ne rentrent pas souvent dans la circulation.
Leblanc d'œufde poule contient, pour 100 parties, environ 85 parties d'eau, 12 à 13 d'albumine, des graisses, de la glycose, des matières extractives, des sels (phosphates alcalins), de la magnésie, de la chaux, du fer, de la silice (Lehmann). Dans la membrane qui l'enveloppe, on trouve du carbone, de l'oxygène, de l'hydrogène, de l'azote, du soufre; par son incinération on obtient du phosphate de chaux.
Le jaune renferme d'après Gobley, pour 100 parties, environ 52,5 d'eau, 15,76 de vitclline, 50,47 de corps gras (oléine et margarine), 0,44 de cholestérine, 8,43 de lécitbine, 0,5 de cérébrine, 0,4 d'extrait alcoolique, 0,55 de matières extractives, avec traces d'acide lactique et de fer, 1 ,02 de phosphate terreux, 0,28 de chlorures et sulfates alcalins, 0,05 de sel ammoniac. Suivant C. Dareste, on y trouve encore des granules microscopiques qui polarisent la lumière à la manière des grains d'amidon, sont rendus bleuâtres par l'iode, sont décolorés, puis se gonflent comme ceux-là dans la solution de potasse et peuvent être changés en glycose. Ils sont en petit nombre et leur diamètre ne dépasse guère un centième de millimètre.
Il suffit de jeter un coup d'œil sur ces analyses pour comprendre toute la puissance alimentaire de l'œuf. (]omme le lait, et, à beaucoup d'égartis, comme le raisin, il offre à l'action digestive, sous une forme simple, des matières albuminoïdes, des matières grasses, du sucre et des sels semblables à ceux qui entrent dans la composition du sang. L'albumine y est presque en aussi grande proportion et les matières grasses en proportion plus élevée que dans la chair musculaire du bœuf.
Ainsi se trouvent réunies dans un même aliment des substances qui, au sein de l'économie vivante, jouent un rôle important et très-général. L'œuf présente
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donc tous les caractères d'un aliment complet, pouvant apporter des matériaux de formation à tous les tissus de l'économie, même au tissu osseux, par ces phosphates terreux et par la lécithine (consulter l'article Sang, page 469, pour des particularités relatives à la composition de la lécithine, et l'article Neorine). Ajoutons que Dastre et Morat ont montré que la lécithine sort toujours de ses dissolutions alcooliques et éthérces à l'état de sphéroïdes donnant une croix noire dans la lumière polarisée; mais ils ne bleuissent point par l'iode et ils sont solubles dans l'alcool. Ils ont considéré les corpuscules polarisants amylacés décrits par M. Dareste comme devant être rapportés à la lécithine seule, mais les réactions chimiques de ces deux sortes de corps les différencient nettement [voij. p. 572).
Si l'on veut conserver à l'œuf toute sa digestibilité, il importe de le manger cru, légèrement chauffé au bain-marie (à la coque). En cet état, le blanc et le jaune sont rapidement attaqués par le suc gastrique. C'est, avec le lait, l'aliment des convalescents, de ceux surtout qui relèvent d'une affection gastro-intestinale aiguë. Il n'en est pas de même de l'œuf cuit; toutefois la coagulation du jaune n'a pas, sous ce rapport, autant d'importance que celle du blanc. Il convient en général, si l'on veut manger les œufs sur le plat ou en omelette, de ne pas laisser durcir la partie albumineuse. Une bonne préparation culinaire est celle des œufs brouillés peu cuits, parce que l'albumine, y restant très-divisée, offre plus de prise à l'action du suc digestif.
Conservation des œufs. On a recours à la conservation des œufs principalement en vue du chômage qu'amène forcément la mue des poules. Les procédés employés sont variables; celui d'Appert {votj. Co>serves), si commode pour les viandes, les légumes, le serait moins pour les œufs, à cause des nombreux vides que ceux-ci laisseraient entre eux. Quand ils ne doivent pas rester longtemps en magasin, on se contente de les enfouir dans du blé, de l'avoine, des cendres, du son mêlé de sel gris, ou de les disposer sur des lits de paille, la pointe en bas, ou encore, aussitôt après la ponte, de les plonger pendant quelques secondes dans l'eau bouillante. Pour une conservation plus durable, on les enduit le plus souvent d'un vernis imperméable fait de cire et de corps gras; après quoi on les roule dans du charbon en poudre. D'autres fois, on les lient plongés dans de l'eau de chaux étendue et additiounée de crème de tartre ou dans une dissolution de sel gris et de chlorure de chaux. Dans ces divers procédés, on se propose généralement, comme on voit, de soustraire l'œuf à l'action de l'air et à celle des miasmes. Le plus efficace paraît être colui de l'immersion dans l'eau de chaux et de crème de tartre.
iXous n'avons pas à examiner ici si quelques-uns de ces moyens sont de nature à conserver l'œuf indéfiniment; il faudrait, pour cela, décider incideui'nent une question importante et qui se lie à celle, plus générale, de la fermentatiou : à savoir si, comme le veulent MM. Béchamp et Evislache, la membrane vitelline est absolument imperméable à tout organisme venu du dehors, ce qui obligerait à attribuer la putrcl'action du jaune au développement de mycrozymis passant ensuite à Tétit de bactéridies; ou au contraire, si toute puiréfaclion de l'œuf implique rigoureusement l'immigration d'organismes inférieurs venus de l'atmosphèi'e. Notons seulement que la pénétration de la coquille par des mucédinées est un fait reconnu par ces auteurs eu>c-mèmes ; ce qui rend très-problématique à priori l'imperméabilité de la membrane vitelline. Pour ne pas sortir de notre sujet, il est indubitable que les œufs traités par les moyens indiqués
ŒUF DE POULE (bromatologie et emploi médical). ô^O
plus haut finissent toujours par se gâter : mais aussi est-il évident que même les plus sérieuses de ces opérations ne sauraient avoir la rigueur qu'on doit exiger d'expériences scientifiques.
Il est un autre mode de conservation, concernant le blanc seulement et qui a son importance; c'est celui de la dessiccation. C'est presque exclusivement par le procédé décrit à l'article Albumine qu'on prépare l'albumine soliible très-employée dans l'industrie, utilisable en médecine, et dont la valeur marchande est assez considérabla (environ 100 francs le kilogramme). Stanislas Martin a proposé de faire avec de l'albumine fraîche et du charbon animal purifié une pâte qu'on laisse dessécher [charbon albuminé), ou, plus économiquement, de remplacer le charbon par du grès ou du sable très-fin. On se rend aisément compte de la richesse du sable ou du charbon en albumine en dissolvant celle-ci à l'eau chaude. Ce procédé aurait l'inconvénient d'augmenter le poids et le volume de la marchandise, si celle-ci devait être transportée ; et aussi celui de nécessiter une petite opération pour isoler l'albumine au moment de s'en servir. Généralement les pharmaciens, qui se servent de jaunes d'oeuf pour les liqueurs émulsives, se contentent de faire sécher les blancs sur des assiettes.
II. L'œuf trouve un emploi médical dans ses trois parties constituantes : la coquille, le blanc et le jaune.
1° La coquille composée, d'après Yauquelin, de carbonate de chaux, 89,6 ; phosphate de chaux mêlé d'un peu de magnésie, 57 ; matière animale contenant du soufre, 4,7, valent au moins, comme médicament anti-acide et reconstituant, les soi-disant yeux d'écrevisse. Si ces deux substances qu'on employait fréquemment autrefois sous forme pulvérulente sont aujourd'hui tombées en désuétude, et remplacées par le carbonate de chaux, cependant on voit encore figurer quelquefois sur des ordonnances les yeux d'écrevisse, sans doute parce que ce nom doit plus frapper l'imagination des malades que celui de coquille d'œuf de poule. Il est toutefois bon de rappeler que cette coquille, réduit en poudre et passée au porphyre, peut, à la dose de 1 ou 2 grammes avant le repas, rendre des services réels dans les cas de gastralgie.
2" Le blanc d'œuf seil à la clarification des sirops. On en propose une solution albumineuse excellente contre la diarrhée d'origine phlegmasique. Pour cela, battez quatre blancs d'œuf dans un litre d'eau versée lentement, enlevez la mousse formée, ajoutez du sucre ou du sirop (si l'eau n'a pas été suciée préalablement), de l'eau distillée de (leur d'oranger et, s'il y a lieu, une douzaine de gouttes de laudanum de Sydenham. A prendre par petites tasses, tiédies au bain-marie.
On a proposé de préparer avec le blanc d'œuf et le sucre un sirop à proportion définie pour l'usage thérapeutique (Stanislas Martin) ; nous ne sachions [las que cette idée ait passé dans la pratique.
On sait que l'albumine est administrée dans les empoisonnements par les acides et surtout par bs sels métalliques. Le blanc d'œuf qui se trouve partout est, sous ce rapport, une précieuse ressource. 11 se forme un albuminate insoluble. Depuis que l'article Albumine de ce Dictionnaire a paru, quelques recherches ont été faites par Rabuteau sur ce point de thérapeutique toxicologique. Les conclusions auxquelles il est arrivé sont les suivantes :
« a. L'albumine n'est pas coagulée par les solutions de sels de sodium, de potassium, d'ammonium, de rubidium, de tliallium, de baryum, de strontium, de calcium, de muguésium, de nickel, de cobalt, de protoxyde de fer, de man-
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ganèse, de chrome. Il est remarquable, par exemple, que le protoclilorure de fer ne coagule en aucune façon l'albumine.
& b. L'albumine est coagulée et le précipité de l'albuminate est soluble dans un excès d'une solution de perchlorure de fer neutre et des solutions des sels d'aluminium, de cuivre, d'élain, de platine, de cadmium, de zinc (le précipité se dissout très-facilement dans un excès d'acétate de zinc, moins facilement dans un excès de chlorure de ce métal). Le précipité est insoluble (sels d'aluminium), ou peu soluble (sels de zinc), ou facilement soluble (protochlorure d'étain), dans un excès d'albumine, lorsqu'il s'agit de ces sels ainsi que du bichlorure de mercure.
« c. L'albumine est coagulée et le précipité est insoluble dans un excès des solutions des sels d'argent, de plomb, d'uranium, d'étain, de palladium, d'or, d'iridium (le précipité formé par le bichlorure de mercure est insoluble dans un excès de bichlorure), mais peut se dissoudre dans un grand excès d'albumine ».
Enfin l'auteur a remarqué que « tels métaux, dont les solutions précipitent l'albumine, ne la coagulent pas ou ne la coagulent qu'au bout de quelque temps^ lorsque ces mêmes métaux se trouvent à l'état de sel double contenant un métal alcalin. Ainsi l'hyposulfite d'argent et de soude, l'iodiire double de mercure et de potassium ou de sodium, le chlorure double d'iridium et de potassium, ne coagulent pas l'albumine; le chlorure double de palladium et de sodium ne donne lieu à un précipité qu'au bout de quelques secondes. »
D'après ces dernières données l'administration de l'albumine, rationnelle et salutaire après l'ingestion du sublimé, serait peu utile dans les cas ou il y aurait eu ingestion d'iodure double de mercure et de potassium. Elle ne contribuerait pour ainsi dire qu'à la dilution du poison ; toutefois, elle pourrait en rendre l'absorption moins rapide {Éléments de toxicologie, 1873).
3° Le jaune d'oeuf sert comme émulsif, pour tenir en suspension les corps gras, les résines ; il suffit même pour suspendre momentanément des substances pulvérulentes. En pressant entre deux plaques ou en traitant par l'éther le jaune d'œuf, on en obtient une matière huileuse, dite huile d'œuf, qu'on employait vulgairement autrefois contre les engelures, les hémorrhoïdes, les gerçures et toutes les petites plaies superficielles.
Pour ce qui concerne diverses applications médicales de l'albumine, voy. ce lot. A. Dechambre.
OEUF VÉGÉTAL, Ce nom a été donné à certaines productions végétales qui, par leur forme ou leur couleur, rappellent plus ou moins un œuf d'oiseau. Tel est le fruit du Solanum ovigerum L., celui de VAchras mammosa L. Tels sont aussi certains champignons du groupe des Amanita, dans les Agarics, qui, au moment on ils apparaissent enveloppés de leur volva, ressemblent à un œuf de poule. L'oronge vrai en est un exemple. Pl.
ŒUFS DE A'ABOTH. Voy. UtÉRUS.
OFEIV (Eadx minérales d'). Hyperthermales ou athermales, amétallites ou sidfatées fortes, ou ferrugineuses faibles, carboniques fortes, moyennes ou faibles. Ofen ou Bude est une ville qui n'est séparée de Pest, capitale de la Hongrie, u par le Danube, sur lequel on a jeté un magnifique pont suspendu, un des
OFEN (Eaux minérales d ). 651
plus solides qui existent. Un tunnel élevé et spacieux, dont l'ouverture n'est séparée de la tête du pont que par la largeur du quai, traverse le Josefsberg, montagne de 450 mètres de hauteur, s'étendant de l'ouest au sud, continue la voie directe entre Pest, située sur la rive droite du Danube, et Ofen (Allemand) ou Buda (Hongrois), qui est sur la rive gauche. C'est de la chaîne de montagnes dont le Josefsberg fait partie que viennent toutes les sources qui alimentent les bains d'Ofen. Un peu au-dessus de Pest et d'Ofen, on remarque l'île boisée dans laquelle nous signalerons aussi des sources minérales restées inutiles jusqu'à ce jour. Gomme les bains d'Ofen sont situés à 1 kilomètre environ du pont et du tunnel, il faudrait, en venant de Pest, faire un long détour pour se rendre à la station, et surtout au Kaiscrbad, le plus fréquenté de tous les établissements ; mais un service de petits bateaux à vapeur est organisé entre les deux rives du Danube, de sorte que Pest n'est qu'à dix minutes du Kaiserbad ou du Lukaskid. Ofen n'est qu'à 145 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ceux qui fréquentent les bains d'Ofen doivent être prévenus que les matinées et les soirées sont froides et humides au bas des montagnes de Bude, tandis que de l'autre côté du Danube la ville de Pest est garantie des transitions brusques de température par le Josefsberg. La chaîne est interrompue devant Ofen, et quelquefois après avoir quitté Pest, où la chaleur est à peine supportable, on trouve même au milieu de la journée à Bude ou Ofen, de l'autre côté du pont et du tunnel, un froid tel qu'il semble que l'on ait changé de latitude.
Les établissements des divers bains d'Ofen appartiennent : le Kaiserbad, aux frères de la Miséricorde, dont le couvent est voisin ; le Lukasbad, à l'administration autrichienne; le Bruckbad, à la ville d'Ofen ; le Kônigsbad, le Raitzenbad et le Blocksbad, à des particuliers. La saison commence à tous ces établissements le 15 du mois de mai et finit avec le mois de septembre.
Neuf sources émergent à Ofen; les trois premières sont athermales, exclusivement employées en boisson et consommées surtout à l'étranger ; les six autres sont thermales ou hyperthermales, car elles ont toutes une température différente, quoiqu'elles viennent très-probablement de la même nappe souterraine, puisque leur composition est à peu près identique. Les trois premières de ces six sources sont les plus importantes et les plus anciennement connues : elles viennent de la pente orientale du Josefsberg ; les trois dernières sont sur sa pente méridionale et occidentale.
Nous allons suivre, pour l'énuméralion des sources d'Ofen, le cours du Danube, et nous trouvons : 1° la source du Bdkôczy; 2" la source de François- Josef; 3° la source d'Hunyadi Jdnos (Jean Hunyade) ; 4° das Kaiserbad (le bain de l'empereur) ; 5° das Lukasbad (le bain de Lucas) ; 6° das Kônigsbad (le bain du roi) ; 7" das Raitzenhad (le bain de Raitz, faubourg d'Ofen) ; 8» das Bruckbad (le bain du pont) ; das Blocksbad (le bain du bloc).
1» Source du Ràkôczy. Le bassin de captage de cette source d'Ofen est de grès et de pierres de taille ; il a une profondeur d'environ 4 mètres, une largeur de 1 mètre et une profondeur de d mètre 30 centimètres. Lorsqu'on le vide complètement, on constate que l'eau émerge d'une couche de glaise bleuâtre dans l'épaisseur de laquelle se rencontrent de nombreux agglomérats de carbonates calcaires. Le bassin de la source du Ràkôczy met six heures à se remplir : il contient 1466 mètres cubes d'eau et il donne 5,864 litres d'eau en vingtquatre heures.
L'eau du Râkoczy d'Ofen est claire, transparente et limpide, elle n'a pas
"0-: UttLl\ (hAUX MINÉRALES D).
d'odeur marquée; son goût est à la fois amer et salé; l'air extérieur marquant 11", 2 au Ihermomètre centigrade, celle de l'eau contenue dans le réservoir de captage de la source du Kâkoczy est de 12", 5 centigrade.
M. Hevniami Vohl, professeur de chimie à Cologne, a fait en 1878 une analyse complète de l'eau du Rakoczy d'Ofen, qui a été trouvée exacte par MM. Johann Molnâr, de Pesl, Tiiliborn, de Londres, et Hardy, chef du laboratoire de chimie de l'Académie de médecine de Paris. L'eau du Râkôczy d'Ofen contient dans 1,000 grammes les principes suivants :
Sulfate de magnésie , 23,3148
— soude 21,196-1
— chaux 7,Ot360
— lithine 0,1989
— polasse 0,0976
— cœsium \
— rubidium (
— baryte à '^«'="-
— strontiane /
Carbonate de soude 0,0293
— chaux 0,1224
— oxyde de fer 0,0i88
— manganèse traces.
Chlorure de sodium 2,7530
Bromure^de sodium 0>0078
loilure de sodium 0,0006
Acide phospliorique . , 0,0306
— silicique 0,0560
— borinue |
Fluor i "■^'«^•
Eau et perte 0,18iO
Total des matières fixes 56,8162
L'eau du Râkôczy, comme celle des sources sulfatées fortes d'Ofen, est peu employée sur place, elle est presque toute exportée. Nous traitons de ses propriétés thérapeutiques en même temps que de celles des eaux de François-Josef et d'Hunyadi, qui sont les mêmes, mais à des degrés différents,
2» Source de François-Josef. L'eau de cette source a à peu près les mêmes caractères physiques et diimiques que la précédente, seulement son goût est franchement amer sans être aussi salé. Son analyse chimique a été faite en 1877 par M. Bernât, qui a trouvé dans 1 ,000 grammes de l'eau de la source de François- Josef les principes suivants :
Sulfate de magnésie 24,7839
— soude 23,1888
— chaux 1,5529
— potasse 0,0063
Carbonate de soude 1,1849
Chlorure de magnésium l,7o65
Acide silicique 0,0104
Alumine 0,0032
Oxyde de fer 0,0059
Total des matièbes fixes 52,2930
Gaz acide carbonique libre 0,344
5° Source d'Hunyadi Jànos. Le captage de cette source est installé à Ofen, comme celui des deux sources précédentes. L'eau d'Hunyadi Jânos ne diffère de celle du Râkôczy et de François-Josef que par sa saveur qui est un peu moins amère et un peu plus salée rappelant, jusqu'à un certain point, celle des noisettes conservées. Sa densité est de 1,05525 et son analyse chimique, faite
OFEN (Eaux minérales d'). 635
en 1872, par le baron Liebig, a donné, par 1,000 grammes d'eau, les résullals suivants :
Sulfate de magnésie 16,0138
— soude 13,'9U8
— potasse 0,0849
Carbonate de chaux 0,9330
— soude 0'7960
Chlorure de sodium 1,5030
Alumine et oxyde de fer 0,00i2
Acide silicique 0,0011
Total DES MATiÈnES FIXES 54,8548
Gaz acide carbonique libre 0,5226
Mode d'administration et doses. L'eau d'Hunyadi Jânos est la plus anciennement connue et a été la première exportée en France. Presque tous les médecins de Paris s'en servent depuis une dizaine d'années, et il nous est facile d'indiquer son meilleur mode d'administration et ses doses habituelles. Après bien des essais, nous nous sommes depuis longtemps arrêté à cette prali(jue : conseiller trois verres à vin de Bordeaux, pris le matin à jeun et d'heure en heure. De celte façon, quand on ne veut qu'un effet laxatif, ce qui est le plus ordinaire, on peut s'arrêter après le premier ou le second verre quand le résultat est obtenu. Quand, après l'ingestion de trois verres, il n'y a pas d'évacuation, ce qui est rare d'ailleurs, il faut faire un premier déjeuner léger, qui suffit, presque toujours, pour provoquer une ou deux selles, une demi-heure ou une heure après le repas.
Emploi thérapeutique. L'eau d'Hunyadi est facilement ingérée même par les enfants et par ceux qui craignent le goût peu agréable des sels neutres; l'estomac la laisse aisément passer et elle ne produit aucune colique violente, elle occasionne tout au plus des borborygmes qui précèdent l'évacuation. La selle ou les selles sont faciles et non suivies de faiblesse ou de malaise. L'observation démontre aussi qu'on peut se servir souvent et longtemps de l'eau d'Hunyadi sans que les malades s'en fatiguent, sans que l'estomac et l'intestin en soient le moins du monde incommodes. Cette tolérance est trèsprécieuse, car elle permet d'user pendant des mois, des années même, de cette eau minérale chez les personnes qui ont une constipation opiniâtre ou qui sont sujettes à des congestions sanguines de l'un des organes essentiels à la vie, comme les poumons ou le cerveau. La constipation habituelle nécessite rarerement l'emploi journalier de l'eau d'Hunyadi, il n'en est pas de même des congestions ou des hémorrhagies très-limitées de la substance cérébrale, par exemple, qui exigent une action presque continuelle d'un moyen légèrement révulsif et occasionnant tous les jours, au moins une fois, une exonération intestinale.
Ce que nous venons de dire de l'eau sulfatée magnésienne et sodique d'Hunyadi Jânos, la moins chargée de principes fixes des eaux de cette nature qui émergent à Ofen, nous dispense d'insister beaucoup sur les propriétés de l'eau de la source de François-Josef et du Râkôczy de Buda. La somme des principes non gazeux de l'eau d'Hunyadi est, en effet, de 34,8548, celle de l'eau de François-Josef de 52,2930 et celle du Râkôczy de 56,8162. Celte quantité de sels indique du premier coup au médecin que, s'il veut obtenir un effet plus franchement laxatif, purgatif même, il n'a qu'à choisir l'une des deux dcrnièies sources d'Ofen, et particulièrement celle du P.âkôczy. 11 aura un
634 OFEN (Eaux minérales d').
l'ésultal avec une dose moins forte, un veire à vin de Bordeaux le plus souvent, et ce résultat sera ordinairement plus prompt qu"avec l'eau d'Hunyadi Jânos et surtout qu"avec les eaux naturelles de Birmenstorf, de Friedrichshall, de Pûllna de Saichùtz, beaucoup moins chargées de sels neutres que les eaux sulfatées fortes d'Ofcn,
4" Kaiserbad. Deux édifices complètement distincts sont construits sur les onze sources du Kaiserbad. L'un de ces établissements a conservé tout son cachet d'antiquité : il est du temps de l'occupation turque; l'autre est de construction récente et date de 1846. Les bains de l'ancien établissement étaient en grande vogue lors de l'occupation de la Hongrie par les musulmans. Ils se composent d'une grande piscine de pierre, dans laquelle quarante personnes peuvent se baigner à la fois, et de cinq autres, de pierre aussi, où quatre personnes prennent leur bain en même temps. On entre dans le grand bassin après avoir traversé trois salles dont la température augmente à mesure que l'on arrive plus près de la piscine : cette gradation successive est très-nécessaire, car la chaleur de la dernière pièce est si élevée qu'on aurait de la peine à la supporter tout d'abord, et les personnes qui y ont pris un bain prolongé (car c'est l'usage d'y passer au moins trois heures de suite, si l'on veut en retirer profit) s'exposeraient, en sortant immédiatement au grand air, à aggraver les douleurs rhumatismales dont elles viennent chercher la guérison. Les malades de l'un ou de l'autre sexe prennent en même temps ces bains de piscine, et nous sommes obligé de dire que l'odeur désagréable qui règne dans l'enceinte du grand bassin nous a fait malheureusement connaître qu'on n'y observe pas même les habitudes de la propreté la plus simple et la plus nécessaire. Une coupole élégante et hardie surmonte la grande piscine, et il est impossible de ne pas admirer les harmonieuses proportions de tous les détails de cette antique architecture. La durée du bain non prolongé doit être de 20 à 40 minutes, mais les habitants de la campagne y passent quelquefois des jours entiers. On prend aussi à l'établissement ancien du Kaiserbad des bains isolés, avec l'eau et le dépôt de certaines sources hyperthermales d'Ofen.
L'édifice des bains nouveaux contient cinquante-deux baignoires de pierre, dans lesquelles on descend par des escaliers de quatre marches, et dix-huit baignoires ordinaires. II y a en tout cent dix-sept pièces à la nouvelle construction du Kaiserbad, et chaque baigneur a ordinairement deux salles à sa disposition. L'une sert à la fois de vestiaire et de chambre de repos, l'autre est le cabinet de bains. Les baignoires, creusées dans le sol, sont très-grandes, et quatre personnes pourraient à la rigueur s'y trouver ensemble. La pièce où l'on se baigne est toujours sur un plan inférieur de 1 mètre environ à l'antichambre. Les nouveaux bains du Kaiserbad sont très-proprement tenus ; ils sont fréquentés exclusivement par les personnes de la société, tandis que les piscines des vieux bains turcs sont consacrées aux gens du peuple et aux pauvres. Onze sources alimentent les piscines et les bains particuliers du Kaiserbad ; mais un captage principal reçoit les eaux de presque toutes. Un autre bassin sert à la buvette. Le réservoir qui envoie l'eau aux baignoires isolées est situé dans la cour qui sépare les deux établissements. Cette fontaine est entretenue par une source qui, à son point d'émergence, a le volume du bras, et tout à fait auprès d'elle coule une autre source d'eau froide, plus grosse que le corps de deux hommes lorsqu'elle sort de terre. Deux couvercles ayant une charnière commune recouvrent ces deux sources si voisines et d'une température si différente.
OFEN (Eaux minérales d'). 635
Toutes les sources du Kaiserbud viennent de la partie méridionale de la grande cour et se rendent dans un bassin dont les parois sont de bois et la margelle de marbre blanc. On descend à cette fontaine par un escalier de 12 marches de granit, elle est de 2 mètres 66 centimètres en contre-bas du sol, et c'est elle qui sert à la buvette, quoique, au Kaiserbad, le traitement interne soit beaucoup moins suivi que le traitement externe. Une femme se lient chaque matin auprès de la source et emplit, au moyen d'une hampe, les verres des buveurs. On boit généralement l'eau des sources du Kaiserbad ou du Lukasbad de demi-heure en demi-heure, et à la dose de trois verres tous les matins à jeun, pure le plus souvent, et quelquefois coupée de lait ou de de petit-lait. L'eau de la source de la Trinkquelle du Kaiserbad est si claire et si limpide qu'il est facile de distinguer le degré où elle fait monter la colonne d'un thermomètre descendu à 2 mètres au-dessous de sa surface. Sa saveur et son odeur sont très-légèrement hépatiques, autrement elle ressemblerait à de l'eau chaude ordinaire. Cette source ne donne lieu, à proprement parler, à aucun dépôt ; on distingue seulement sur lesparoisde son bassin quelques cffloresccnces si petites qu'on n'a pas encore jugé à propos de les soumettre à l'analyse. Une assez grande quantité de bulles gazeuses viennent s'épanouira la surface delà Triuk(pielle du Kaiserbad, dont l'eau n'a du reste aucune influence sur la teinture de tournesol. Sa température est de 61°, 3 centigrade, l'air extérieur étant à 10" centigrade. Sa densité est exactement la même que celle de l'eau ordinaire. L'analyse chimique des eaux des sources du Kaiserbad, faite en 1849 par M. Johann Molnâr, a donné par 1,000 grammes les principes suivants :
Sulfate (le potasse 0,123927
— soude 0,012095
— chaux 0,073788
Crénate de soude 0,011810
Chlorure de sodium 0,089012
— magnésium 0,159673
Phosphate de soude 0,005605
— chaux 0,004024
— alumine 0,005612
Carbonate de fer 0,002791
— lithine 0,055995
— chaux 0,.'588361
Silice 0,001736
Substances bitumineuses et barégine 0,055808
Total des matières fixes 0,976275
( acide carbonique libre 11,30 pouces cubes = 303 c. c. 10
Gaz... < hydrogène sulfuré traces.
( azote traces.
Total des gaz 11,30 pouces cubes = 505 c. c. 10
5" Lukasbad. Les sources du bain Lucas sont aussi au nombre de onze et elles sortent du sol au sud de l'établissement du Kaiserbad. Le Lukasbad est trèsrapproché du précédent, et si les bâtiments du Kaiserbad présentent, par leur architecture et leur aménagement tant extérieur qu'intérieur, le caractère de la construction turque ancienne et moderne, le Lukasbad de création romaine ne fait reconnaître son époque que par les détails de ses ouvertures et par leur ornementation. Les murs du Lukasbad ont été refaits, ou au moins restaurés, de façon qu'il est bien diflicilede dire au juste le temps de leur fondation primitive. Mais la porte d'entrée de la piscine commune indique, par son ouverture ogivale sculptée et à bas reliefs du temps, l'âge de l'édifice autpiel elle appartient. Le
636 OFEN (Eaux minérales d').
moulin du Lukasbad est aussi des premiers moments de l'occupation romaine. Les sources du bain de Lucas sont d'autant plus nombreuses que les eaux du Danube sont plus basses. Elles alimentent la grande piscine et les bains particuliers. Les baignoires isolées de cet établissement ont presque toutes la forme ronde : elles sont creusées dans le sol et leurs parois sont de bois. Ce qui distingue surtout l'aménagement du Lukasbadde celui du Kaiserbad, c'est la forme et les dimensions de sa grande piscine, à laquelle on arrive après avoir traversé deux pièces où la température s'élève progressivement. La chaleur est encore plus élevée au Lukasbad qu'au Kaiserbad, et cela vient moins de la température de l'eau que de Timpossibilité où l'on est d'établir la moindre ventilation. Cette chaleur excessive a dû donner lieu souvent à des accidents, car il est d'usage que les bains à ia piscine du Lukasbad, où soixante ou soixante-dix personnes peuvent se baigner à la fois, se prolongent pendant trois heures au moins. Le réservoir principal des sources du Lukasbad est une sorte de citerne couverte dont le bassin a 2 mètres de longueur, 1 mètre 55 centanctrcs de largeur et 1 mètre 66 centimètres de profondeur. Lorsque la citerne est ouverte, il s'en dégage une odeur marquée d'hydrogène sulfuré. On observe à la surface de l'eau des taches assez semblables à des gouttes d'huile. Aucune boue minérale ne se dépose au fond du bassin, mais on trouve dans les angles des nmrs des paillettes de soufre cristallisé ; cette eau est beaucoup moins limpide et moins transparente que celle du Kaiserbad. Elle a à peu près la même odeur et la même saveur sulfureuses. L'eau du Lukasbad n'a pas d'action sensible sur les préparations de tournesol; sa température est de 56" centigrade; sa densité est la même que celle de l'eau commune. L'analyse chimique a donné à M. Johann Molnâr exactement les mêmes résultats que l'eau du Kaiserbad.
6° Kônigsbad. Le bain du Roi est entre le Kaiserbad, le Lukasbad et l'hôpital militaire. La source qui l'alimente est la dernière qui vienne de la partie méridionale du Josefsberg. Des trois corps de bâtiments qui composent l'établissement de Kônigsbad, le premier abrite une grande piscine et quatre petites, précédées chacune d'une chambre de repos ; le second contient six baignoires de pierre creusées dans le sol. Quatre sont du temps de l'occupation tinqne, car le Kônigsbad est aussi d'origine musuhnaue ; deux seulement ont été restaurées, et elles ont chacune leur pièce d'entrée très-confortable, très-élégante même. Le troisième corps de logis renferme cinq baignoires ordinaires de cuivre et huit de bois. Le Kônigsbad a aussi sa Trinkquelle. L'eau du bain du Roi a les mêmes propriétés physiques et chimiques que celle des deux sources précédentes. Elle n'en diffère que par sa température qui est de 50" centigrade, l'air extérieur étant à 17",5 centigrade. Les sources du Kaiserbad, du Lukasbad et du Kônigsbad, sont désignées par le nom de sources supérieures, parce qu'elles émergent d'un point plus élevé que celles dont il nous reste à parler et qui sont dites sources inférieures. La chaîne du Josefsberg devient très-droite dans sa partie orientale, et ail pied du rocher même émergent, dans un espace circonscrit, les dernières sources d'Ofen.
7" Raitzenbad. La source du bain de Raitz sort de la montagne dans une grotte tHpissce de stalactites, et son eau est reçue dans un bassin de trois mètres carrés et d'un mètre de profondeur. Une couche assez épaisse de boue minérale recouvre sa paroi inférieure, et des incrustations nombreuses se sont déposées sur l'orifice du conduit qui y vient aboutir. Elle donne 1,670 mètres cubes d'eau en 24 heures. L'eau de la Raitzenbadquelle est claire et incolore,
OFEN (Eaux minérales d'). 657
elle a un goût salé très-reconnaissable. On remarque à sa surface une matière semblable à celle qii'Anglada a désignée sous le nom de glairine, et des bulles gazeuses, rares et fines, la traversent à intervalles à peu près féguliers. Elle est sans action sur les préparations de tournesol. La température de l'air ambiant étant de 20° centigrade , celle de la Raitzenb;ukiueUe est de 42" centigrade; son poids spécifique est de 1,006. L'analyse cbimique de l'eau de cette source étant presque identiquement la même que celle du Blocksbad, nous renvoyons au tableau qui suit la description de cette source ; mais nous donnons ici, d'après Jobann Molnâr, la composition de la bouc et des incrustations de la Raitzeiibadquelle. Ce chimiste a obtenu, en 1849, avec 1,000 grammes de boues et dans 200 grammes d'incrustations, les résultats suivants :
BOHE«. INCRUST.STIONS.
Détritus de la montagne et silice 4,50 0,30
Silicates 0,90 »
Oxyde de fer 0,30 »
Bisulfate de fer 0,05 »
Phosphate basique de chauï 0,10 0,08
— - alumine 0,20 0,20
Carbonate de chaux 3,10 2,10
— magnésie » 8,19
— alumine » 1,90
— for » 0,10
— lithine » 0,09
Substances bitumineuses 0,80 »
Barégine et eau 0,8i 0,30
ToTADX 10,79 13,26
8° Bruckbad. La source qui alimente le bel édifice à colonnes du bain du Pont émerge au bord du Danube et à la base du Rocher qui, à cet endroit, prend le nom de Saint-Gerhardsberg. Une piscine commune, où vingt-cinq ou trente personnes peuvent prendre leur bain ; dix baignoires creusées dans le sol et dont les parois sont de pierre, enfin trente et une baignoires ordinaires de bois, composent les appareils balnéaires de cet établissement dans la cour duquel une l'ontaine sert spécialement à la buvette. Cinq sources qui émergent du rocher à pic de Saint- Gerbardsberg alimentent la maison des bains du Bruckbad. Trois sources sont captées dans des bassins particuliers, entourés de murs et couverts; elles sont en face de l'établissement principal. La quatrième est abritée par une charpente de bois couverte de tuiles, la cinquième ou Hauplquelle est à 20 mètres au nord. Ces sources laissent déposer un sédiment, mais on n'y voit pas d'incrustations ; une sorte de crème blanchâtre recouvre leur surface, et pourtant, lorsqu'on agite l'eau, elle n'a aucune odeur. Le dépôt est très-odorant, au contraire, et contient de l'hydrogène sulfuré. Des canaux conduisent l'eau de toutes ces sources à l'établissement du Bruckbad dans un réservoir commun, d'oii elles sont distribuées à chaque salle de bain. Il se dépose dans le réservoir une grande quantité de boue et des incrustations de tout volume et de toute forme. Auprès de l'ouverture du tuyau qui vient aboutir à la paroi inférieure du bassin, il s'est formé une stalactite d'une telle grosseur et d'une forme si grotesque que l'employé qui accompagne les visiteurs ne manque jamais de la faire remarquer. Le débit des sources du Bruckbad est évalué de 3 à 5,000 mètres cubes par heure. Cette eau est claire, incolore, et n'a aucune saveur marquée. Elle n'influence en rien la couleur des préparations de tournesol. Sa température est de 42», 5 centigrade et sa densité de 1,007. L'analyse chimique de l'eau
638 OFEN (Eaux minérales d').
du Bruckbad donne les mêmes résultats que l'eau du Blocksbad. La boue qu'elle laisse déposer a la même composition que celle de la source de Raitzenbad.
9" Blocksbad. Le point d'émergence de cette source est au sud du faubourg de Railz. Elle sort du point de la montagne de Saint-Gérard, connu sous le nom de Blocksberg. L'établissement de bains alimenté par cette source contient une très-grande et très-belle piscine où deux cents personnes peuvent se baigner en même temps, deux baignoires de pierre creusées dans le sol et assez vastes pour contenir deux et même trois personnes, et enfin huit baignoires ordinaires. La quantité d'eau donnée par la source du Blocksbad suit les variations de la hauteur deFeaudii Danube. Lorsque les eaux du fleuve sont basses, cette source donne en vingt-quatre heures de 5,500 à 4,000 mètres cubes d'eau ; lorsqu'elles sont hautes, au contraire, elle peut en donner, dans le même temps, de 4 à 4,500 mètres cubes. Si même le Donau (Danube) reste pendant longtemps à une grande hauteur, la Blocksbadquelle peut avoir un débit de 7,000 mètres cubes d'eau en vingt-quatre heures. L'expérience a démontré que c'est la pression hydrostatique seule qui explique le débit des sources d'Ofen, et non une communication directe entre leurs eaux et celle du fleuve. L'eau de la source du Blocksbad est transparente, incolore, inodore en petite quantité; elle a une odeur alumineuse plutôt que sulfureuse lorsqu'on entre dans la pièce de la grande piscine ; sa saveur est un peu hépati(juc après qu'on l'a bue ; elle semble salée lorsqu'on la laisse se refroidir. Elle perd de sa transparence pendant les temps orageux, mais ce phénomène est de courte durée. Elle peut se garder longtemps sans s'altérer lorsqu'elle est conservée en vase clos ; exposée à l'air, elle se trouble, prend un mauvais goût et laisse déposer un sédiment blanchâtre. Une boue très-ténue, très-fine, couvre le fond de son bassin, où l'on remarque aussi plusieurs stalactites. Elle rougit la teinture de tournesol lorsqu'elle n'est plus chaude, tandis qu'elle la ramène au bleu à sa température native. Elle fait monter la colonne d'un thermomètre centigrade à 45 degrés. On se sert de la vapeur qu'elle forme pour chauffer les cabinets et les couloirs de l'établissement. Sa densité est de 1,006. M. Molnar a fait l'analyse en 1849 de l'eau des trois sources de Raitzenbad, de Bruckbad et de Blocksbad, et il a trouvé dans 1,000 grammes les principes suivants :
Sulfate de potasse 0,061969
— soude 0.5689-28
— chaux 0,154548
Chlorure de sodium , 0.'264il6
— magnésium . 0,051004
Phosphate basique d'alumine , 0,015888
— chaux 0,000058
— soude 0.014805
— lithine 0,002821
Carbonate de chnux 0,357508
— magnésie 0.108985
— oxyde de fer 0,005585
Silice 0,010416
Bitume et substances organiques 0,010655
Total des matièbes fixes l,o65557
f aciile carbonique libre 18, GO pouces cubes = 492 c. c. 20
Gaz... I azote 2,00 — = S4 —
( hydrogène sulfuré traces.
Total ies gaz 20,60 pouces cubes = 546 c. c. 20
Nous devons noter au nombre des sources hyperthermales d'Ofen celles qui
OFEN (Eaux minérales d'). 639
ont leur point d'émergence dans le lit même du Danube, lorsque les eaux sont basses, ou dans l'île qui se trouve un peu au-dessus de la ville de Bude. La température de ces sources est de 40» centigrade. Leur analyse chimique n'a pas été faite complètement; ou sait cependant qu'elles ont une composition à peu près analogue à celles du Kaiserbad et du Lukasbad ; toutefois elles contiennent une plus notable proportion de glairine.
La station d'Ofen possède enfin une source sulfatée ferrugineuse qui émerge dans la partie de la ville nommée la Wasserstadt; sa composition chimique la place, au point de vue des eaux sulfatées, entre Seidlilz et Saidchûtz, mais elle contient beaucoup plus de gaz acide carbonique et elle renferme surtout une proportion notable de sel de fer. L'analyse chimique de la source ferrugineuse d'Ofen a été faite en 1857, par M. le docteur Daniel Wagner, chimiste distingué de Pest. Il a ti^ouvé dans 1,000 grammes d'eau les principes qui suivent :
Sulfate de magnésie , 4,4306
— soucie 2,9310
— chaux 1,0245
— potasse 0,0082
Bicarbonate de chaux 0,5300
— protoxyde do fer 0,0600
— magnésie 0,0556
— oxyde de manganèse 0,0728
Acide silicique 0,0418
Alumine 0,0(140
Chloi'ure de magnésium 0,5768
Substance bitumineuse O.OOiO
Total des matières fixes 9,5593
Gaz acide carbonique libre 5,458 pouces cubes = 15 c. c. 986
Emploi THÉRAPEUTIQUE des eaux hvperthermales d'Ofen. L'action physiologique de ces eaux, prises à l'intérieur, est peu marquée ; elles excitent la transpiration et elles sont légèrement diurétiques. On les conseille à la dose d'un à six verres ; malgré leur chaleur, elles sont bues sans dégoijt, et elles sont facilement digérées. Il est certaines personnes chez lesquelles elles agissent sur la digestion intestinale et provoquent une et quelquefois deux garde-robes ; mais elles n'ont, en général, aucun effet laxatif. Les eaux hyperthermales d'Ofen sont presque exclusivement employées à l'extérieur, nous pourrions ajouter en bains de piscine ou de baignoire. L'action de ces deux sortes de bains n'est pas la même, et il est aisé de comprendre qu'il doit en être ainsi, en se souvenant de la chaleur considérable de l'eau et de l'air des piscines, comparée à celle de l'eau amenée à la température du bain et à l'air d'une salle isolée où la ventilation se fait dans de bonnes conditions. On se l'expliquera mieux encore, si l'on se rappelle l'habitude qu'ont les ouvriers et les paysans hongrois de prendre toujours des bains tellement prolongés que quelques-uns durent une grande partie de la journée ; en sorte qu'ayant, pendant tout ce temps, le visage injecté et recouvert d'une sueur abondante, les baigneurs éprouvent les effets physiologiques d'un bain de vapeur ou d'eau trop fortement chauffée. L'action physiologique des eaux sulfatées pures et fortes d'Ofen consiste principalement dans leur effet laxatif ou purgatif. Les sffets physiologiques des eaux sulfatées ferrugineuses sont les mêmes, à cette différence près que les premières affaiblissent toujours un peu, lorsque les malades en font usage depuis longtemps, tandis que les secondes, tout en procurant des selles, reconstituent et tonifient.
Jamais les malades ne suivent un traitement exclusivement interne aux
C4"> OFEN (Eaux minérales d').
sources d'Ofen ; fréquemment, au coutraire, on emploie seulement les bains et les douches liyperthermales ; mais on fait aussi usage en même temps des eaux à l'intérieur et à l'extérieur. Dans les cas oii les médecins de Pest-Buda ont à combattre des dialhèses, comme la scrofule, la goutte, le rhumatisme etc.; des intoxications consécutives à l'emploi de certains métaux ; des affections générales comme l'anémie, la chlorose, les hémorrhoïdes, la gravelle, etc. ; des maladies locales, comme les dyspepsies, les engorgements de la rate et du foie, il leur est indispensable d'unir à la cure externe l'emploi intérieur des sources du Kaiseibad, du Lukasbad, etc., etc., et ils utilisent alors les propriétés toniques, diurélii[ues, quelquefois purgatives et fondantes, de ces eaux prises en boisson. Les eaux hyperthermales amétallites d'Ofen sont presque exclusivement usitées en bains, pris dans les baignoires ou dans les piscines, pour combattre les accidents rhumatismaux chroniques ; que le rhumatisme soit localisé et occupe un ou plusieurs muscles, qu'il siège dans une ou plusieurs articulations, qu'il affecte la face ou les membres inférieurs, que les malades soient en proie à une douleur dans le trajet d'un nerf et que cette douleur résulte d'un refroidissement subit ou prolongé, etc., etc., les bains thermaux d'Ofen ramènent presque toujours la santé. Il faut faire une distinction dans l'action curative des bains de baignoire etdesliains de piscine. L'ouvrier et le paysan qui supportent, pendant quatre ou cinq heures de suite, la température du bain et de l'air des pavillons non ventilés des piscines, sont assurément moins à leur aise dans leur bain commun que le Magyar hongrois ou le Magnat valaque dans les salles particulières de l'établissement nouveau et confortable du Kaiserbad, mais les premiers sont dans de meilleures conditions pour se débarrasser de leurs douleurs rhumatismales. Nous n'entrons pas, au reste, dans des détails plus explicatifs, car ils n'apprendraient rien après ce que nous avons dit des effets physiologiques des bains dans l'eau et dans l'air très-chauds des piscines, ou dans l'eau refroidie et dans l'air tempéré des salles de bains isolés. Le^ eaux hyperthermales d'Ofen, employées en bains et en douches, donnent encore les meilleurs résultats dans les contractures essentielles et dans les raideurs arliculaires ou musculaires consécutives à un grand traumatisme, et surtout aux luxations et aux fractures. Ces mêmes sources ont une grande célébrité contre les maladies de la peau, et principalement contre celles dont l'origine est scrofuleuse, comme le lupus et l'éléphantinsis, maladies très-communes en Orient. Nous accordons que, si raflection cutanée dépend d'une diathèse étrangère à l'herpétisme, les eaux d'Ofen en boisson et en bains ont le pouvoir de la modifier heureusement ou même de la guérir, et l'on doit préférer leur usage à celui des sources sulfurées ou sulfureuses, mais dans cette circonstance seulement. Dans les affections utérines avec granulations ou ulcérations légères du col, les thermes d'Ofen sont ti'ès-utiles en bains généi'aux pendant lesquels il convient de conseiller des injections vaginales.
Les eaux sulfatées ferrugineuses d'Ofen ont à peu près le même emploi thérapeutique que les eaux sulfatée^ simples de cette station; mais elles doivent leur être préférées lorsqu'il faut agir plus énergiquement par les purgatifs, et qu'il importe de ne pas débiliter. Le bicarbonate de fer qu'elles tiennent en dissolution en proportion notable leur donne une action analeptique précieuse chez des malades affaiblis déjà par une longue maladie, et dont la nutrition a été profondément altérée par suite d'une lésion intestinale.
hsidurée de la cure est de vingt jours à un mois.
On n exporte pas les eaux hyperthermales d'Ofen, mats on exporte beaucoup
les eaux sulfatées magnésiennes et sodiques du Ràkôczy, de François-Josef et d'Hunyadi Janos, journellement employées dans les principales villes de l'Europe. A. RoTcaEAU.
BiBUOGRAi'HiE. — Stocker. Tkermoffraphia Budensis. Budœ, 1729. — Oesterreiciiem (J.-M.). Analyses aquamm lludeiis/um prœmissa methodo Cl. prof. Winlerl. Veterobudie et Viennœ, 1781.— Berghoffer (Vincent-Joscf). Succincla notitia virlutum et usiis wedici agiiœ soleriœ Budœ ad therm. Cœsar. rect. inv. Budœ, 1804 — Szepeshâzy (C.-\V.) und Thiele (J.-C. von). Merkwurdigkeilen des Kônirjreichs Ungarn, 18-'5, th. II, § 8. — Kitaibel. 1. C, T. 1, p. 115, 174, 175. — CsAPLovics (L-V). Gcmâldc vun Ungarn., 18'29, S. 95. — Linzcauer ^Fr.). Conspectus thermarum Budensium. Buda, 1852. — Dy même. Die ivarmen Ueilquellen von Ofen. Ofen, 1837. — Lengel pe Przemysl (Daii.). Die Ueilquellen und Bàder Ungarns, etc. Pes( 1854, P. 68. — ToRMAY. Notes manuscrites. Pest, 1857. A. R.
O'ferrall (Joseph M). Chirurgien irlandais de mérite, né vers la fin du dix-huitième siècle, devint en 1825 fellow du collège royal des chirurgiens d'Irlande, et plus tard membre de l'Académie royale d'Irlande. Il se fixa à Dublin, où il fut nommé premier chirurgien et professeur de clini jue à Saint-Vincent' s Hospital, vice-président de la société pathologique, membre de la société royale, etc. Il mourut vers 1865. Nous connaissons de lui :
I. Essay on Tumeurs. In Edinb. Journ., 1831. — II. Slricture of the Pi/loric Orifice of the Slomach... In Dubl. Journ. of Med. Se., t. XIV. — III. Clinical Researches on Diseases of the Heart. Ibid., t. XXIII, p. 418, 1843. — IV. Malignant Tumour of the Scrotum. In Dubl. Quart. Journ. of Med. Se, t. I, p. 521, 1846. — V. Malignant Disposition in Anierior Mediastinum compressing and perfoniting the Superior Cava . Ibid., t. II, p. 227, 510 1846. — YI. Tubercular Cavity in Lung, with Symploms simulaling Pneumothorax. Ibid., t. II, p. 523, 1846. — VII. Cartilaginous Degeneration of the Bones of the Louer Extremity. ibid., t. IV, p. 236, 1847. — VIII. Practical Observations upon Pendulous Tumoui-s. Ibid., t. IV, p. 505, 1847. — IX. Case of Foreign Body in the Air Passages; Expulsion by the Rima after Four Months. Ibid., t. V, p. 550, 1848. — \. Malignant Tumour on the Head. Ibid., t. IX, p. 466, 1850. — XI. Senile Gangrené. Ibid., t. X, p. 477, 1850. — XII. Aneiiristn of the Superior Mesenteric Artery. Ibid., t. X, p. 487, 1850. — XIII. Aneurism of the Aorta. Ibid., t. XIIl, p. 198, 1852.— XIV. Chronic Cyslitis. Ibid., t. XIII, p. 205, 1852. — XV. On the Use of Chahjbeates in Cases of Dropsij after Scarlatina. In Dublin Hospital Gazette, January 1, 1846. — XVI. Lectures on Pelvic Abscesses. Ibid., t. I. — X\II. Treatment of Anthrax by Pressure. Ibid., t. V. — XVIII. On Diseases simulating Hip-Joint Diseuse. In Lond. Med. Gaz., t. XXIV. — XIX. Grand nombre d'autres articles dans les mêmes recueils. L. H.\.
OFFICIER DE SAINTE. On connaît, par l'étude consacrée dans ce Dictionnaire à l'enseignement et à l'exercice de la médecine {voy. Médecine), la loi qui a institué, au mois de ventôse de l'an XI, les deux classes encore existantes de médecins. On sait que, aux termes de cette loi, l'officier do santé n'est pas astreint aux mêmes études que le docteur en médecine, qu'il ne subit pas les mêmes examens, qu'il ne peut exercer que dans le département où il a été reçu; enfin qu'il ne peut, sauf urgence, pratiquer les grandes opérations chirurgicales sans l'assistance d'un docteur, dans les lieux où un docteur sera établi (art. 29 delà loi de ventôse), et que, en cas de contravention, le recours en indemnité est ouvert contre lui aux intéressés.
Parmi ces dispositions, il en est une qui a été examinée, avec toute l'autorité désirable, par M. le professeur G. Tourdes, dans l'article relatif à la responsabilité MÉDICALE {voy. cc mot) : c'est celle qui concerne la pratique des grandes opérations. On y a vu que, d'après notre savant confrère, le recours en indemnité est la seule sanction de l'acticle do loi; que dès lors la parte serait PICT. t.NC. r s. W'i. 4!
toute ^rrande ouverte à la contravention, puisque, la pénalité légale n'existant pas, rofficicr de santé ne serait plus retenu que par cette eliance lointaine, invraisemblable, facile à conjurer, d'un recours du malade ou de la l'amille ; lequel suppose d'ailleurs deux clioses : la production d'accidents imputables à l'opération, et la preuve faite de ces accidents devant le tribunal, tout comme s'il s'agissait d'un docteur. Nous devons pourtant faire remarquer qu'une décision de la Gourde cassation (1851) mentionnée par H. F. Rivière {Lois usuelles) van^e parmi les cas iVexercice illégal de la chirurgie toute infraction à l'article 29 de la loi de ventôse ; infraction passible d'amende et même, s'il y a récidive, de prison.
Mais d'autres dispositions ont été réservées à une appréciation ultérieure, et nous avons à nous occuper ici de la valeur de l'institution elle-même, et de certaines questions relatives à la limitation de l'exercice des médecins de seconde classe.
I. A. Reconnaissons tout d'abord que, à première vue, l'institution rencontre et froisse un sentiment qui s'est fait jour avec énergie toutes les fois qu'elle a été discutée dans la presse, dans les congrès, dans les assemblées politiques, et (jui a trouvé notamment d'éloquents interprètes à la Chambre des pairs en 1826 et en 1848, et au Sénat en 1864, dans la personne de Chaptal, de Salvandy, de Thénard et de l'infortuné Boiijean. Ce sentiment, c'est que tous sont égaux: devant la maladie. Par un véritable jeu d'esprit, on a cherché à établir entre les maladies des villes et les maladies des campagnes nous ne savons ([uelle distinction, à laquelle devrait correspondre la nécessité de praticiens citadins et de praticiens villageois. Caret disait déjà en l'an XI que les campagnards, ayant les mœurs plus douces, ont des maladies plus simples. Dans quel esprit, en quel mode, par quelles surfaces doit se faire cette ada|:tation, c'est ce que personne n'a jamais exprimé clairement, pas même Cousin à qui il a plu d'étaler sur ce thème, devant la Chambre des pairs, toutes les ressources subtiles et tout l'éclat de sa dialectique de Sorbonne. Oui, sans doute, et les lecteurs de ce Dictionnaire le savent mieux que personne, il y a une géographie pathologique comme il y a une géograpbie physique, ou politique ou sociale; certaines maladies sont propres à telle région, tandis que d'autres se déplacent comme des nuées malfaisantes, ravageant quelquefois une partie du globe. Entre ces deux catégories sont les maladies communes qui commencent et se terminent surplace, mais qui régnent en tout pays, empruntant seulement à la localité quelques caractères particuliers. En quoi tout cela affecte-t-il la question des deux ordres de médecins? Cette diversité de formes morbides, elle n'a qu'un sens pratique, qui est de proposer de nouveaux problèmes, et de très-difficiles, aux méditations de l'observateur ; et il n'y a aucune raison d'en faire un partage quelconque entre des médecins d'instruction inégale. D'ailleurs, ce partage eùt-il lieu, qu'il resterait encore, pour les uns comme pour les autres, ce fonds commun dont nous parlions à l'instant et qui ne peut être bien compris et bien soigné sans une éducation médicale complète.
A la vérité, c'est ce qu'on nie. On prétend que la médecine pratique n'a pas besoin d'être savante ; qu'elle est surtout affaire de bon sens et d'expérience. Soit. Il y a même dans cette affirmation une grande part de vérité, si l'on veut dire uniquement que, de l'observation attentive, répétée et raisonnée des maladies,
OFFICIER DE SANTÉ. &io
peut sortir un ensemble de notions suffisant pour tracer en beaucoup de cas une règle de conduite. C'est au médecin surtout que s'applique ce vers :
Un sot savant est sot plus qu'un sol ignorant.
Mais on conviendra aussi que le savoir n'est pas pour gâter le bon sens ni l'expérience ; que le bon sens n'est pas apparemment le privilège des officiers de santé, et que, pour ce qui est de l'expérience, d'autant plus tardive qu'elle est moins éclairée, il est assez fàclieux que ce soient les malades qui en fassent les frais.
Ce genre d'arguments qui pouvait frapper les esprits au commencement de ce siècle et même plus tard n'a plus aujourd'liui la même valeur. La médecine d'observation, la médecine hippocratique, ne peut suffire éternellement. Les ravages qu'y avait produits, dès les temps mêmes d'Hippocrate, une fausse science, n'ont pas condamné pour toujours la science véritable, celle qui procède d'une physiologie positive ou, à défaut de physiologie proprement dite, d'une détermination l'igoureuse de lois pathologiques. Or, qui ne connaît les grands progrès accomplis par la médecine contemporaine? Qui ne sait que nombre d'états morbides, que l'ignorance des anciens médecins rangeait, d'après de vagues caractères généraux, dans des classifications plus ou moins artificielles, ont trouvé maintenant leur explication, et leur explication réellement scientifi(|ue, par la découverte de phénomènes nouveaux, d'actions vitales nouvelles et de nouvelles lésions anatomiques ? Est-il nécessaire de rappeler l'action physiologique des médicaments, celle des sucs digestifs, celle des cellules hépatiques, celle des capillaires, celle des divers ordres de nerfs? Oublie-t-on le diabète, les embolies, l'albuminurie, la sclérodermie, la mélanodermie, etc.? Les exemples sont trop nombreux pour qu'on essaie d'en faire l'énumération. Eh bien, c'est cela qui élargit de jour en jour le champ de la science, agrandissant en même temps celui de la clini(|ue ; et rien de tout cela ne servirait au praticien, s'il essayait de séparer le fait des conditions qui le produisent. Ici il n'y a pas d'expérience qui tienne; on sait ou ou ne sait pas. iNous admettons que la thérapeutiquen'ait pas toujours à bénéficier de ces données modernes; mais elle y trouve au moms un avantage : celui d'apprendre à ne plus s'égarer dans des voies trompeuses, à ne plus chercher dans des interprétations surannées des indications de remèdes fallacieuses. N'apprît-on qu'à s'abstenir, que ce serait déjiî un sérieux profit.
Dans un autre ordre d'idées, on ajoute : « A des malades simples et pauvres il faut un médecin pauvre et simple comme eux, qui puisse comprendre le langage, les besoins, les préjugés de ses modestes clients ; qui, né dans une condition peu élevée, habitué dès son enfance à la vie sobre des chaumières, ayant conquis son grade à peu de frais, puisse mécontenter d'une modeste rétribution. » {Voy. le rapport de Bonjean, in Gaz. hebcL, 1864, p. 285.) Ici, c'est Berquin qui parle après Platon. Si nous complétions la citation, on verrait que rien n'y manque : ni le hameau, ni le curé de village, ni le maître d'école.
0 fortunatos nimiùm, sua si bona nôrint,
Agricolas !.
Ne dirait-on pas que les vertus champêtres sont toutes retirées chez l'officier de santé? Quel rôle jouent donc les docteurs établis dans les campagnes? Manquent-ils do dévouement, de mansuétude, de patience? Ceux qui le croient ne
les ont jamais connus ; ils ne les ont jamais rencontrés achevai, à pied, le jour, la nuit, sur les grands chemins, sur les montagnes couvertes de neiges ou brûlées par le soleil; ils ne les ont jamais vus au grabat du pauvre, aussi doux, aussi comt)alis?ants, aussi attachés h l'œuvre de salut que devant le lit du riche. Nous ne craignons pas d'aller plus loin et de dire, sans faire injure à personne, que, le cœur s'élevant avec l'instruction et l'éducition, il y a présomption que le docteur en médecine sera plus particulièrement pénétré du sentiment des devoirs professionnels.
B. Mais à quoi bon discuter là-dessus? Supposé que l'officier de santé et le paysan soient faits l'un pour l'autre, ce serait une fraternité stérile. On va voii- en effet que, si dans cert;iines régions les officiers de santé sont relativement nombreux, ce n'est aucunement par des motifs tirés de la pauvieté de^ habilanls, de la simpli< ité prétendue de leurs maladies tt de leurs mœurs, de la rareté de la population, des chemins difficiles ou des grandes distances à parcourir, enfin de tout ce qui constitue la raison d'existence d'un second ordre dt médecins. On verra plutôt qu'ils tendent à fuir les campagnes et à recherche, les grandes villes. Le mouvement du second ordre de médecins, son recrute ment comme sa répartition sur le sol, demeurent absolument livrés à la convenance ou à la fantaisie des individus.
Avant d'aborder la statistique, nous en indiquerons tout de suite les bases, parce que leur variation dans les périodes successives de temps est une condition à laquelle il faudra souvent se reporter pour se rendre compte des résultats obtenus.
Ces bases, empruntées aux statistiques du ministère de l'Instruction pubhque et à celles du ministère de l'Agriculture et du Commerce, sont les suivantes:
En 1847, le nombre des docteurs en médecine était de 10 645 ; celui des officiers de santé, de 7456; total général : 18 099.
En 1806, nombre des docteurs : \i 254; nombre des officiers de santé : 5568 ; total général: 16 822.
En 1876, nombre des docteurs : 10 743; des officiers de santé : 3653; total général .• 14 576.
Cela posé, recherchons quel contingent proportionnel les médecins des deux ordres fournissent à des dé] artemcnts choisis, d'un côté, parmi les plus riches de France, et, de l'autre, parmi les plus pauvres. 11 suffira à notre but de comparer sous ce i'a| port h s deux années J8C6 et 1876 {voy. le tableau ci-contrc).
Ainsi : En 1866 — la France, avec les pays annexés, mais sans l'Algérie, comptant 11 254 docteurs et 5568 officiers de sapté; la proportion des docteurs relativement à une population totale de 35 500000 habitants, en chiffres ronds, étant donc de 1 pour 5154 habitants et celle des officiers de santé de 1 pour 6575, — 8 départements riches possédaient 1 docteur pour 4297 habitants et 1 officier de santé pour 5856; 8 déparlements pauvres, 1 docteur pour 5009 habilanls et 1 officier de santé pour 26565.
En 1876 — la France, moins l'Alsace et la Lorraine, mais toujours avec les pays annexés*, comptant 10 745 docteurs et 5655 officiers de santé, et la proportion, relativement à la population, portée à 57 000 000 en chiffres ronds, étant donc de 1 docteur pour 5444 habitants et de 1 officier de santé pour 10 184 habitants, — 8 départements riches possédaient 1 docteur pour 4450 ha-
* La statistique du niinislère du Commerce pour 187G ne tient pas compte de l'Alirérie, dont la part est 'ia re le insi^'nifiante.
bitants, et 1 officier de santé pour 6196; 8 de'partements pauvres, 1 docteur pour 5227 habitants et 1 officier de santé pour 43 166.
Tableau I.
RAPPORT DU NOMBRE DES DOCTEURS ET DES OFFICIERS DE SANTE AVEC LA POPULATION DANS LES DÉPARTEMENTS RICHES ET DANS LES DEPARTEMENTS PAUVRES.
DEPARTEMENTS