DÉPARTEMENTS RICHES
ÛOCTEITBS
de leur nombre total.
Officiers de santé.
Docteurs
- — 7- de leur nombre total, ^8,04
Officiers de santé.
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Officiers de santé.
Docteurs . . . . , Officiers de samé.
de leur nombre total.
tr- de leur nombre total.
Enfin, si l'on recherche d>ins quelles proportions chacun des deux ordres de médecins se distribue entre les départements riches et les départements pauvres par rapport au chiffre total de son personnel, voici le résultat qu'on obtient {voij. le tableau ci-dessus, p. 646).
On voit que, pour 1866 comme pour 1876, relativement au chiffre du personnel de chaque ordre, les docteurs fournissent moins de médecins aii.v départements riches, plus de médecins aux départements pauvres que les oftîciers de santé.
En définitive : \° le nombre proportionnel des officiers de santé, par rapport à la population, est plus élevé dans les départements l'iches que dans les départements pauvres; 2" dans les départements riches, il y a plus d'officiers de santé que de docteurs, eu égard à leurs nombres respectifs ; dans les départements pauvres, il y en a moins ; 3° dans celte dernière catégorie de départements, la proportion des docteurs est moins inférieure à la moyenne que celle des officiers de santé. On voit par là quelle erreur ce serait de compter sur les médecins du second ordre pour remédier à la faiblesse numérique du personnel médical ■dans les contrées pauvres de la France.
Sur ces détails de st;itistique, nos calculs s'accordent avec ceux de M. Paul Bert (voir son remarquable rapport à l'Assemblée nationale en 1874). Les documents que nous avons joints aux siens, ceux qui sont fouruis par la statistique de 1876, n'ont fait que corroborer les résultats auxquels il était arrivé. Il faut consulter ce rapport, si l'on veut avoir une démonstration large et complète du désaccord qu'il y a entre l'intention déclarée de la loi voulant porter secours « aux habitants des campagnes », au « peuple industrieux et actif», et la répartition vraie des officiei's de santé et des docteui's sur le territoire. Dans ce rapport, la répartition est rendue visible par des cartes teintées. La carte concernant les officiers de santé', bien loin, dit le rapporteur, de présenter un aspect inverse de celle des docteurs en médecine, lui ressemble presque absolument, sauf une exception. Une carte plus particulièrement instructive est celle qui exprime la proportion du nombre des doc leurs par rapport à celui des officiers de santé. Cette carte, sur laquelle les teintes sont d'autant plus sombres qu'il y a plus d'officiers de santé relativement aux docteurs, montre au premier coup d'oeil ce qu'établit ci-dessus notre tableau. Les dix-huit départements laissés en blanc, qui sont ceux où le nombre des officiers de santé est moindre que le cinquième de celui des docteurs, sont presque tous des départements pauvres (d'une manière généiale, le plateau cenli'al et la région des Vosges comptent très-pou d'officiers de sauté). Au contraire, les onze départements où ils sont plus nombreux sont des départements riches.
11 ressort, en outre, des calculs empruntes par M. P. Bert à la statistique ministérielle, que non-seulement les olliciers de santé ne se sont pas précipités tout d'abord vers les départements pauvres, mai^ qu'ils ont une tendance visible à s'en éloigner; à l'époque où M. P. Bert a écrit son rapport, la diminution dans Je chiffre des olficiers de santé s'accentuait déjà. Or, c'est dans les départements [pauvres que le nombre des officiers de santé a le plus baissé de 1847 à 1866 (Ardèche, Cantal, Corrèze, Finistère, Lozère, Morbihan, Nièvre, Vosges) ; l'abaissement est beaucoup moindre dans les départements riches (Nord, Pas-de-Calaif , Aisne, Oise) ; et c'est aux contrées riches qu'appartiennent les seuls départements où le nombre des officiers de santé a augmenté dans la même période de temps (Aube, Bouclies-du-Rhône, Seine, Somme).
El il faut ajouter, pour en finir sur ce point, que, la diminution des officiers de saute t'tant à peu près proporlionnclle à leur nombre dans les départements riches et dans les départements pauvres, il en résulte en même temps une diminution proportionnelle au chiffre de la population (tableau II). Le nombre des médecins de celte classe est tombé, dans les départements riches, de J294 à 963, soit de 25,58 pour 100, et, dans les départements pauvres, de 113 à 83, soit de 26,55 pour 100. Et quant à examiner, de 1806 à 1876, les variations du nombre des officiers de santé dans les divers départements, on peut dire que la matière (non la statistique) fait défaut. L'augmentation n'a plus lieu à peu près nulle part; la diminution est générale. Dans six départements seulement, on compte un ou plusieurs officiers de santé de plus, savoir : dans le Cantal, 1; dans la Seine-Inférieure, 1; dans le Loiret, 2; dans le Haut-Rhin (territoire de Belfort), 1 ; dans la Haute-Savoie, 5; dans Meurthe-et-Moselle, 43. 11 faut voir, dans ces résultats, surtout l'effet de la réduction du nombre des officiers de santé, sans en tirer d'autres inductions.
Mais, ce qu'il est intéressant d'examiner, ce sont les changements survenus, par suite du mouvement du personnel médical, de 1866 à 1876, sur toute la surface du territoire, et non plus seulement d;uis certaines circonscriptions. Pour cela, nous avons relevé tous les départements dans lesquels l'augmentation ou la diminution, soit du nombre des docteurs, soit de celui des officiers de santé, avait atteint ou dépassé un certain chiffre. Ce chiiïre est, pour les premiers, de 20 d'angnientaiion ou de diminution; pour les seconds, de 5 d'augmentation et de 40 de diminution. Ces chiffres ne sont pas fixés au hasard, mais bien d'après le mouvement général du personnel médical. Si ce chiffre minime de 5 est la limite à laquelle nous notons l'augmentation du nombre des officiers de santé, c'est qu'il compte parmi les chiffres élevés de la même catégorie. Si, au contraire, 40 est la limite choisie de la diminution de ce nombre, c'est qu'une diminution inférieure à ce chiffre a eu lieu dans la plupart des départements. Donc tous les départements (un nombre de 34) qui présentent une de ces quatre conditions : nombre des docteurs augmenté ou diminué de 20 et plus; nombre des officiers de santé augmenté de 5 au moins, ou diminué de 40 au moins, forment exclusivement le tableau ci-contre {voy. p. 649). Mais, en regard des chiffres exprimant une augmentation ou une diminution dans un ordre de médecins, nous avons toujours placé, comme terme de comparaison, la diminution ou l'augmentation de l'autre ordre dans le même département, si laibles qu'elles fussent.
De ce tableau il i-essort tout d'abord que les pertes faites en docteurs par les départements ne sont nullement réparées. Même quand, dans un département, le nombre des docteurs s'abaisse de 30, de 100, de 200, de 500 et plus, celui des officiers de santé, non-seulement n'augmente pas, mais diminue considérablement. Celui de la Seine appelle spécialement l'attention ; il perd en même temps 527 docteurs et 206 officiers de santé : d'oii il suit qu'en ce moment, si l'on ne considérait que ce département, ou pourrait d'autant moins accuser les officiers de santé d'envahissement que cette retraite de 206 des leurs s'est opérée sur un total de 5G8 seulement (1866), tandis que les 527 docteurs en moins sont prélevés sur un total de I75I. On pourrait en dire autant de l'Aube, pays jusqu'ici recherché des officiers de santé et qui en perd aujourd'hui 56 sur les 79 de 1866, avec 19 docteurs ; du Rhône, qui perd presque tous ses officiers de santé, 41 sur 49, maigre la diminution si considérable de ses docteurs (195);
Tableau IV.
DÉPARTEMENTS DANS LESQUELS LE NOMBRE DES DOCTEURS ET CELUI DES OFFICIERS DE SANTÉ A LE PLUS AUGMENTÉ OU DIMINUÉ, DE 1866 A 1876.
DÉPARTEMEiNTS.
DOCTEURS
OFFICIERS