PROPORTIONNELLEMENT AU NOMBRE DES HABITANTS
A LE PLUS AUGMENTÉ OU DIMINUÉ DE 1866 A i876.
DEPARTEMENTS
Aisne
Alpes-Marilimes . .
Aube
Aveyron
Bouclies-du-Iihône .
Calvados
Cliarente-Iriférieure.
Corrèze
Cor-e
Doidogne
Gurd
Garonne (Haute-) , .
Geis
Gironde
Landes. ......
Loiret
Lot-et-Garonne . . .
Manche
lUarne
Meunhe-el-Mo;elle .
Mèvre
Nord
Pas-de-Calais. . . .
Puy-de-Dome . . . .
Pyrénées (Haute;-) .
P j rénées-Orienl aies .
Rhône
Savoie (Haute-), . .
Seine
Seine-Inférieure . .
Somme
Vienne
Vûjges
Yonne
Totaux. . .
DOCTEURS
i pour
l.TOS 3,369 2,571 1,988 5,249 5,083 2,793 8,720 2,756 2,497 2,596 2,5j3 2,2o4 3,133 5,854 1,274 5,719 5,706
1 pour 5,189
117,481 Soit 1 pour 3,6ùO habitants.
151,011 Soit 1 pour 5,855 habitants.
1 pour 4,516
242,251 Soit 1 pour
pour 7,278
; 1,889 Soit 1 pour
7,370 habitants. |16,820 habitants.
Ce tableau ne fait qu'exprimer une seconde fois, mais d'une autre manière et avec plus de précision, les résultats fournis par le précédent. Il montre, par exemple, pour la période de 1866 à 1676 : que la Seine, où les deux ordres de médecins ont subi une diminution considérable, n'a plus que 1 docteur par 1693 habitants au lieu de 1 pour 1115 et 1 officier de santé pour 1-4 881 habitants au lieu de 1 pour 5508 ; que l'Aube, qui perd beaucoup plus d'officiers de santé que de docteurs, garde encore 1 docteur par 4525 habitants (au lieu de 5369) et n'a plus que 1 officier de santé pour 11 096 au lieu de 5326 ; que, dans le Rhône, qui perd près de 200 docteurs et à qui il ne reste que 8 officiers de santé, la proportion des docteurs est descendue de 1 pour 2528 à 1 pour 10 524, et celle des officiers de santé, de 15 520 à 88148 (c'est la plus faible proporticm de tous les départements) ; que dans l'Aisne, qui gagne quelques docteurs et perd beaucoup d'officiers de santé, le chiffre des docteurs s'élève de 1 pour 5555 à 1 pour 5189, tandis que celui des officiers de santé descend de 1 pour 4516 à 1 pour 7278. Nous nous en tenons à ces exemples; le lecteur fera aisément sur le tableau les autres constatations qu'il jugera utiles.
Ce n'est pas encore assez de suivre le mouvement du personnel médical dans les grandes circonscriptions du territoire ; il faut envisager à leur tour les centres plus étroits de population. Or on peut affirmer que le second examen confirme les résultats fournis par le premier. La statistique de 1866 montre en effet que le nombre des communes desservies exclusivement par des docteurs est plus considérable que celui des communes desservies exclusivement par des officiers de santé ; 2875 contre 2478. Il est vrai que le chiffre total des docteurs est plus que double de celui des officiers de santé ; mais, comme il ne peut s'agir ici que de petites communes, celles qui sont populeuses possédant presque toujours des médecins des deux ordres, il reste ce fait : que le docteur ne répugne pas du tout à s'établir dans les petits centres de population. Par contre, les officiers de santé sont loin, comme nous l'avons dit, de fuir les grandes villes. A Paris, où les médecins abondent, on comptait il n'y a pas longtemps 1 officier de santé pour 6 docteurs ; cette proportion a diminué par des raisons que nous indiquerons tout à l'heure, mais elle est encore d'un dixième : en chiffres ronds, 15ÛO]docteurs et 150 officiers de santé; et elle serait plus élevée, si l'on mettait en ligne de compte ceux des dentistes qui sont munis du diplôme du second ordre, ainsi que les médecins des facultés étrangères, dont les titres sont presque toujours inférieurs à celui de notre doctorat. Nous n'avons pas sous les yeux les chiffres relatifs aux autres grandes villes, mais il est notoire que les choses ne s'y passent pas autrement que dans la capitale.
Du reste, il est juste de rappeler que les calculs de Bonjean en 1864 lui avaient déjà donné des résultats analogues, quoique moins démonstratifs. Le rapporteur avait recherché la répartition des docteurs et des officiers de santé dans les 2484 chefs-lieux de canton qui ne sont pas chefs-lieux de déparlement ou d'arrondissement. Or sur les 10 062 docteurs et 5446 officiers de santé, exerçant en 1861, les chefs-lieux de canton regardés comme n'ouvrant pas de riches perspectives au praticien comptaient 5018 docteurs contre 1511 officiers de santé.
Le moins qu'on puisse conclure de ce qui précède, c'est, comme l'a dit Bonjean, que les officiers de santé « s'établissent indifféremment dans les villes et ■dans les campagnes. »
C. Une question importante à plusieurs égards est celle qui concerne, non plus la manière dont les docteurs et les officiers de santé, une fois munis de leur diplôme, se répartissent sur le sol, mais la manière dont ils naissent, les régions d'où ils viennent et les circonstances qui les portent vers une des deux voies de la profession médicale ; en d'autres termes, comment se répartissent les étudiants. Nous sommes obligés de tirer uniquement de la statistique de 1866 les éléments du tableau suivant, qu'on ne trouve pas dans la statistique de 1876.
Tableau YI.
DÉPAnTEMEiSTS.